En déplacement à Chypre ce lundi 9 mars, Emmanuel Macron a dit préparer avec ses partenaires une mission "purement défensive" pour permettre la réouverture du très stratégique détroit d'Ormuz et escorter les navires transportant du pétrole et du gaz, bloqués par le conflit au Moyen-Orient.
"Nous sommes en train de mettre en place une mission purement défensive, purement d'accompagnement, qui doit être préparée conjointement avec des Etats européens et non européens, qui a vocation à permettre l'escorte de porte-conteneurs et de tankers pour rouvrir le détroit d'Ormuz, qui est essentiel au commerce international et à la circulation du gaz et du pétrole", a déclaré le chef de l'Etat depuis Paphos, où il s'exprimait aux côtés de son homologue chypriote Nikos Christodoulides. "Nous préparons cette mission avec nos partenaires. Elle a pour but d'être strictement pacifique, strictement défensive", a précisé Emmanuel Macron.
Un total de huit frégates françaises mobilisées
Le président français a aussi annoncé que la France enverra deux frégates dans le cadre de la mission navale de l'Union européenne Aspides en mer Rouge. "Nous voulons assurer la liberté de navigation et la sûreté maritime en Méditerranée orientale et en mer Rouge", a fait valoir le chef de l'Etat.
Au total, "la présence française qui se déploiera de la Méditerranée orientale, en mer Rouge et justement au large d'Ormuz, mobilisera huit frégates, deux portes-hélicoptères amphibies et notre porte-avions", le Charles de Gaulle, qui se trouve actuellement non loin la Crète, en Grèce.
Quelques instants plus tôt, Emmanuel Macron avait assuré Chypre de la pleine solidarité de la France, alors que le pays a été ciblé par plusieurs drones et tirs de missiles iraniens la semaine dernière, au début du conflit au Moyen-Orient. "Quand Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a notamment déclaré le président français.
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une réunion du Conseil national de défense et de sécurité sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, au palais de l'Élysée, à Paris, le 1er mars 2026.
Nouvelle escalade dangereuse dans le golfe Persique : après les bases militaires, c’est désormais l’eau qui devient cible stratégique. Une manière de jouer avec la vie de millions de civils dans une région où les ressources en eau douce sont rares, et où chaque goutte compte. En effet, les nombreuses usines de dessalement du Moyen-Orient, qui extraient le sel de l'eau de mer, constituent la principale source d'eau potable pour des millions d'habitants de cette région aride. Visant la faille invisible, un drone iranien a frappé une usine de dessalement au Bahreïn, mettant en péril la ressource la plus vitale du Golfe, juste derrière le pétrole. L’attaque a provoqué des dégâts matériels et blessé trois personnes, a confirmé, dimanche 8 mars, le ministère de l’Intérieur bahreïni.
L'Iran n'a pas encore réagi à l'attaque, mais la veille, le ministre des Affaires étrangères du régime des mollahs, Abbas Araghchi, avait affirmé que Washington avait frappé une usine de dessalement iranienne sur l'île de Qeshm, dans le Golfe. "L’approvisionnement en eau de 30 villages est perturbé. Attaquer les infrastructures iraniennes est un acte dangereux aux graves conséquences. Ce sont les États-Unis qui ont créé ce précédent, et non l’Iran", a tancé Abbas Araghchi sur les réseaux sociaux. Un porte-parole du Commandement central américain, responsable du Moyen-Orient, a, cependant, démenti toute attaque militaire contre une usine de dessalement en Iran.
Quoi qu’il en soit, les auteurs de ces attaques savent parfaitement ce qu’ils visent. "Le Moyen-Orient concentre plus de 40 % de la capacité mondiale de dessalement, avec quelque 5 000 usines alimentant ses réseaux d’eau", rappelle le Wall Street Journal. Ces installations transforment l’eau de mer en eau douce grâce à des procédés comme l’osmose inverse, fournissant l’eau indispensable aux villes, hôtels, industries et même à une partie de l’agriculture dans l’une des régions les plus arides du globe. "Les infrastructures de dessalement figurent parmi les cibles militaires les plus vulnérables de la région : sans elles, les métropoles tentaculaires du Golfe s’effondreraient", insiste le New York Times. "C’est une menace directe pour la survie des populations civiles", ajoute Abdullah Baabood, universitaire omanais à l’université Waseda au Japon.
Les stocks d'eau pourraient s'épuiser en quelques jours
Le Bahreïn, frappé par un drone, dépend presque entièrement de ses usines de dessalement pour fournir de l’eau potable à ses 1,6 million d’habitants. Ces mêmes installations alimentent aussi Israël à hauteur d’environ 80 % de son eau potable. Au Koweït, le dessalement couvre près de 90 % des besoins, contre 86 % à Oman et 70 % en Arabie saoudite. Ce dernier, le plus vaste pays du Golfe, est mieux armé pour résister à une attaque sur ses ressources en eau que ses voisins immédiats, souligne Hussein Ibish, chercheur principal à l’Arab Gulf States Institute, cité par le Wall Street Journal. Pour des nations plus petites comme Bahreïn, en revanche, une panne prolongée de leurs usines pourrait rapidement épuiser leurs stocks, menaçant directement la vie de millions de personnes.
La menace est bien réelle. Pendant l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990-1991 et la guerre du Golfe qui s’ensuivit, les forces irakiennes ont détruit des centrales électriques et saboté des usines de dessalement en se retirant, rappelle Michael Christopher Low, directeur du Centre du Moyen-Orient à l’Université de l’Utah, interrogé par Associated Press. Simultanément, des millions de barils de pétrole furent déversés dans le golfe Persique, déclenchant l’une des plus importantes marées noires jamais enregistrées. L’immense nappe menaçait les conduites d’eau de mer utilisées par les usines de dessalement, poussant les équipes à installer en urgence des barrières flottantes pour protéger les principales installations.
Cette guerre de l’eau survient au cœur d’une semaine de tensions inédites dans le golfe Persique. Samedi 6 mars, un drone a explosé près de l’aéroport de Dubaï, forçant la suspension temporaire des vols, tandis que des projectiles ont endommagé des immeubles résidentiels dans la zone touristique de Dubai Marina. Des champs pétroliers stratégiques, tels que Berri en Arabie saoudite et Shaybah, ont également été pris pour cible par des drones, certains interceptés par les forces saoudiennes. Pour la première fois, même l’Iran a subi des frappes directes de l'armée israélienne sur des dépôts de carburant à Téhéran, entraînant des restrictions pour les automobilistes. Ces attaques révèlent la fragilité des infrastructures critiques et plongent des populations peu habituées à la guerre dans l’incertitude et la peur.
De la fumée s'élève après l'interception d'un drone iranien au-dessus des tours du Bahrain Financial Harbour, qui abritent l'ambassade d'Israël, à Manama (Bahreïn), le 6 mars 2026, dans un contexte de conflit israélo-américain avec l'Iran.
Imbibée de pétrole, la mèche d'une crise économique planétaire s'est allumée dans le golfe persique. Après l'attaque du 28 février menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran, le cours du Brent avait augmenté de près de 30 % en cinq séances. Ce lundi 9 mars, au sortir d'un week-end émaillé de frappes sur différents dépôts autour de Téhéran, il a bondi de 16 % en une seule journée, enfonçant la barre symbolique des 100 dollars le baril. Interrogé par le Financial Times, le ministre de l'Energie qatari, Saad al-Kaabi, le voit à 150 dollars d'ici deux ou trois semaines si le trafic des tankers, mais aussi des méthaniers, dans le stratégique détroit d'Ormuz ne reprend pas. Une flambée qui, après celle de 2022 liée au déclenchement de la guerre en Ukraine, pourrait de nouveau faire vaciller des pans entiers de l'industrie mondiale. Revue de détail.
Pétrole : une prime de risque durable
Cette fois, c'est peut-être la crise de trop. De celle qui peut tout faire basculer. Pour Seqens, le chouchou français du paracétamol, la guerre en Iran a un air de déjà-vu. En 2020, au cœur de la pandémie, la France, fiévreuse, s'inquiétait des pénuries de Doliprane et découvrait éberluée l'extrême dépendance européenne aux principes actifs venus d'Asie. Dans l'urgence, il fallait investir, relocaliser, ne plus rien sacrifier sur l'autel de la souveraineté européenne. Seqens a joué le jeu, ouvert une usine flambant neuve dans l'Isère fin 2025… Et patatras, l'Iran s'est embrasé. Depuis dix jours, Gildas Barreyre, le secrétaire général de l'entreprise, refait ses calculs quasiment en temps réel. Le gaz qui fait tourner les chaudières absorbe presque 5 % de son chiffre d'affaires.
Il faut aussi prendre en compte les matières premières comme le méthanol où le benzène, des dérivés pétroliers dont les prix suivent les cours de l'or noir. En cumulant le coût des intrants et de l'énergie, ce sont 30 à 40 % des revenus de Seqens qui peuvent être impactés si la guerre se prolonge. Déjà, la facture s'est alourdie de 10 à 15 %. Impossible d'en répercuter les effets sur les clients tant la concurrence chinoise est rude. Dans la pharma, comme dans la chimie, la sidérurgie, la papeterie, les matières plastiques ou le transport de marchandises, cette nouvelle tempête rebat les cartes pour des entreprises qui avaient tout juste terminé de panser les plaies du Covid et ne savent toujours pas où la guerre commerciale de Trump va les mener.
Quelques jours après les bombardements américains et israéliens en Iran, leur impact se fait aussi sentir sur l'économie mondiale.
L'ampleur du choc actuel dépendra évidemment de l'issue, plus ou moins rapide, du conflit. Les économistes font déjà tourner leurs modèles mathématiques. "Sur les prix du pétrole, on ne reviendra pas de sitôt à la situation antérieure car la prime de risque géopolitique va longtemps peser sur les cours", avertit Anthony Morlet Lavidalie, économiste chez Rexecode, qui table sur un prix moyen installé au-dessus de 100 dollars le baril et qui ne refluerait que modérément dans l'année, (contre 60 dollars avant le début de l'intervention militaire). A l'envolée des prix des hydrocarbures et des cours de certaines matières premières s'ajoutent les surcoûts de la désorganisation des chaînes d'approvisionnement et l'explosion des primes d'assurance. Les conséquences ? Un cercle vicieux bien connu : moins d'activité, plus d'inflation, moins de pouvoir d'achat et, en bout de course, moins de demande… Une forme de "stagflation".
Evidemment, tous les pays ne seront pas touchés de la même manière selon qu'ils sont importateurs ou exportateurs d'énergie. Selon aussi le poids de leur industrie. Pour les experts de la banque d'affaires Goldman Sachs, l'Europe centrale et orientale où l'industrie lourde est encore très puissante payerait le plus lourd tribut avec une croissance amputée de près de 0,4 % cette année, contre un impact de 0,1 % seulement aux Etats-Unis. En France, Rexecode craint désormais une récession industrielle, une progression du PIB réduite de 0,2 à 0,3 % et une inflation rehaussée de 0,7 %. Une mauvaise nouvelle pour les finances publiques alors que les retraites et une partie des prestations sociales sont indexées sur l'inflation et que certains ne manqueront pas d'appeler à un nouveau "quoi qu'il en coûte". Or, les marges de manœuvre budgétaire pour soutenir l'économie en cas de choc prolongé sont aujourd'hui plus minces qu'en 2022, pour ne pas dire inexistantes. Une différence de taille d'avec la plupart de nos voisins européens.
Le détroit d'Ormuz, casse-tête des armateurs
La nouvelle a sonné comme un coup de massue. Mais très vite, dès les premières heures de l'annonce, le 28 février, de la prise de contrôle du détroit d'Ormuz par les Gardiens de la révolution, les armateurs mondiaux se sont mis en ordre de marche pour trouver des solutions de repli. Ce point de passage situé entre l'Iran et Oman est crucial pour le commerce mondial : 20 % des volumes de pétrole et de GNL y transitent chaque année. L'Asie, particulièrement dépendante des matières premières en provenance des pays du Golfe, se retrouve en première ligne.
Et il n'y a pas que les hydrocarbures. "On oublie souvent le rôle du transport conteneurisé. Dubaï est l’une des plus grandes plateformes logistiques de transbordement au monde", rappelle Jean-Paul Rodrigue, professeur de géographie des transports à l’université A&M du Texas. Les Etats de la péninsule arabique sont particulièrement dépendants des importations de produits frais, impossibles à cultiver localement. "Les chaînes d’approvisionnement fonctionnent souvent en flux tendu, par exemple pour le poulet importé du Brésil", précise Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime. Les stocks permettront de tenir à court terme, mais des pénuries pourraient vite apparaître.
Cette bande marine de moins de 40 km de large voit transiter chaque jour des millions de barils de pétrole.
Les armateurs s'efforcent donc de trouver la parade. "Dans le transport conteneurisé, les routes alternatives sont peu nombreuses. L’idée serait d’acheminer les marchandises jusqu’au fond de la Méditerranée ou de la mer Rouge pour ensuite rejoindre les pays du Golfe par camions", détaille Anne-Sophie Fribourg, présidente de la commission maritime de TLF Overseas, l'organisation qui représente les commissionnaires de transport. Le port de Djeddah en Arabie saoudite pourrait être une option, mais les compagnies maritimes évitent la zone depuis les attaques des Houthis en 2024. Ailleurs, la situation évolue très rapidement. "Plusieurs transporteurs ont tenté d’utiliser le port de Salalah à Oman. Mais un incident impliquant un drone a vite remis ce choix en cause", souligne Peter Sand, analyste en chef de Xeneta. Sans compter que la logistique par voie terrestre reste limitée et beaucoup plus coûteuse. "Les volumes transportés n’ont rien à voir avec ceux du transport maritime, sans même parler des contraintes de sécurité. Un navire peut transporter environ 15 000 conteneurs. Pour déplacer un volume équivalent par la route, il faudrait plus de 10 000 camions", illustre Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président de l'Ecole nationale supérieure maritime.
Pour le pétrole, les alternatives se comptent sur les doigts d'une main. "Les trois oléoducs existants ne permettent de transporter qu’environ 15 % des volumes habituellement exportés dans la région. Dans ces conditions, les marges sont minces", avance Cyrille P. Coutansais, directeur du département recherches du Centre d'études stratégiques de la Marine. Depuis les attaques au Yémen et les tensions en mer Rouge, les grandes compagnies maritimes ont déjà adapté leurs flux. "Leur modèle économique s’est progressivement ajusté à des itinéraires bis", explique Arnaud Peyronnet, chercheur associé à la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques. Selon lui, les capacités militaires iraniennes vont finir par s'affaiblir. "Des dispositifs seront alors mis en place par les Etats-Unis et leurs alliés pour sécuriser le détroit", espère-t-il. Une gageure, tant ce goulet d'étranglement, à portée de drones des côtes iraniennes, semble difficile à protéger.
Coup dur pour le tourisme dans le Golfe
Quand la guerre s’invite au paradis des influenceurs, les sourires sur TikTok se figent. Ces derniers jours, les fans de Dubaï ont appris à leurs dépens que le royaume du bling-bling n’était pas à l’abri des conflits de ce monde. En s’attaquant aux bases américaines de ses voisins du Golfe persique, l’Iran a provoqué la panique parmi les vacanciers et autres passagers en transit dans les aéroports de la région. Pluie de missiles et de drones, bateaux de croisière bloqués, espace aérien fermé… L’embrasement aura-t-il raison de l’attrait touristique de ces pétromonarchies, qui avaient tant misé sur cette source alternative de revenus, instrument de soft power ? "Il sera plus compliqué, désormais, d’affirmer que vous êtes en sécurité absolue quand vous séjournez à Abu Dhabi, au Qatar ou à Dubaï", reconnaît le patron de Voyageurs du Monde, Jean-François Rial, qui a exfiltré 250 clients naufragés en 48 heures en les orientant vers Mascate, à Oman.
Certes, "Abu Dhabi a très bien réagi en annonçant couvrir les frais des visiteurs bloqués sur son territoire", relève-t-il. Mais quels seront les stigmates de cet épisode ? Les analystes spécialisés d’Oxford Economics se sont essayés à une estimation des dommages, non négligeables. Ils anticipent une chute de 11 à 27 % du nombre d’arrivants dans la région du Moyen-Orient cette année, selon que le conflit se cantonne à moins de trois semaines ou s’étire sur deux mois. En décembre dernier, les mêmes envisageaient encore une croissance de 13 % par rapport à 2025.
Des dizaines de millions de visiteurs perdus, ce sont des dizaines de milliards de dollars de dépenses qui s’évaporent. Car au-delà des nuitées d’hôtels annulées, la désertion des touristes menace les innombrables boutiques de luxe, logées dans les malls démesurés de Dubaï ou Abu Dhabi. Au lendemain des attaques, Kering, LVMH ou Richemont ont plongé en Bourse – certes, dans une moindre mesure que les compagnies aériennes et les groupes hôteliers. "Pour certaines sociétés européennes du luxe, le Moyen-Orient représente 5 % voire 10 % des ventes, un volume limité mais qui était censé compenser le ralentissement observé aux Etats-Unis et en Chine", pointe Claudia Panseri, directrice des investissements d'UBS Wealth Management. "Ces pays faisaient partie des rares poches de croissance du secteur", confirme Olivier Abtan, consultant chez AlixPartners.
Le scénario du pire n’est pas certain. D’autant que les voyageurs ont la mémoire de plus en plus courte, constatent les professionnels, qui en ont vu d’autres. "Avant le Covid, il fallait au moins deux ans pour que le tourisme reprenne dans une zone touchée par un attentat ou une guerre. Aujourd’hui, au bout de 15 jours, c’est oublié !", assure Laurent Abitbol. Le président de Selectour et d’Havas Voyages enregistre une baisse de 25 % des réservations mais espère bien être "débordé" par la demande à l’issue de cette crise. Chez Accor, on constate des reports vers l'Egypte ou la Turquie. Mais "les pays du Golfe ont une telle force financière qu’ils seront en mesure de baisser leurs prix de 30 %, pour faire revenir les touristes en masse", veut croire Laurent Abitbol.
C’est une scène qui semble tout droit sortie d’une dystopie politique : à peine la disparition du chef actée, que déjà la succession se met en place, comme si rien ne devait vraiment changer. Il suffit de regarder Mojtaba Khamenei, 56 ans, pour avoir cette impression troublante de continuité : mêmes petits yeux noisette, même turban noir, et cet air de fausse bonhomie que lui donnent un visage rond et une barbe fournie. À 56 ans, le second fils d'Ali Khamenei succède à son père, mort dans un bombardement américano-israélien samedi 28 février. "La légitimité du sang", se réjouit le quotidien libanais Al Akhbar, proche du Hezbollah, qui voit dans cette nomination "un message de cohésion politique et militaire", selon France 24.
Mojtaba Khamenei est le seul des six fils de l’ayatollah Ali Khamenei à avoir occupé une place visible dans les sphères du pouvoir. Religieux influent, il était réputé proche des appareils sécuritaires iraniens et à la tête de vastes réseaux d’affaires hérités de son père, rappelait déjà L'Expressavant sa désignation. Très lié aux Gardiens de la révolution, il supervisait le Beit, le bureau du guide suprême chargé de filtrer et de valider l’essentiel des décisions de l’État iranien. Né en 1969 à Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, Mojtaba Khamenei voit le nouveau régime engagé, au début des années 1980, dans une guerre contre l’Irak de Saddam Hussein, et rejoint les rangs de l’armée iranienne.
À 56 ans, Mojtaba Khamenei était depuis longtemps perçu comme l’héritier politique le plus probable de son père, Ali Khamenei. Avant le vote du dimanche 8 mars, son nom circulait déjà comme favori au sein de l’Assemblée des experts, cette instance composée de 88 religieux chargée de désigner le successeur du Guide suprême. Ces dernières années pourtant, le discours d’Ali Khamenei semblait avoir évolué. Le Guide aurait fait savoir qu’il ne souhaitait pas voir son fils lui succéder, "afin que la fonction ne devienne pas héréditaire", ont confié auThe New York Timesdes Iraniens proches du pouvoir. Une précaution loin d’être anodine : la Révolution iranienne s’est construite en opposition à la monarchie des Pahlavi. L’accession de Mojtaba Khamenei au pouvoir donne pourtant à ce principe des airs de succession dynastique.
"Un gage de continuité en pleine crise"
Quelles conséquences aura cette nomination ? Elle pourrait susciter l’ire du président américain Donald Trump, qui a affirmé, dimanche 8 mars, que Washington devrait avoir son mot à dire dans ce choix. "Le pire des scénarios serait que celui qui prend la relève soit aussi mauvais que le précédent", a-t-il martelé ces derniers jours, avant d’avertir qu’un nouveau dirigeant iranien "ne tiendrait pas longtemps" sans son aval. Jeudi 5 mars, le locataire de la Maison-Blanche avait déjà prévenu qu'il refuserait de voir Mojtaba Khamenei accéder au pouvoir, le qualifiant de "poids plume". Interrogé par le site Axios sur la possibilité que Mojtaba Khamenei succède à son père, Donald Trump n’a pas caché son scepticisme. Selon lui, le fils du Guide suprême est "un incapable" et toute tentative de le propulser à la tête de l’Iran serait "une perte de temps". Avant même l’annonce, Tel Aviv de son côté avait menacé de prendre pour cible le candidat désigné.
Pour le The New York Times, la succession du fils du dirigeant assassiné est perçue à la fois "comme un signe de défiance de la République islamique envers Israël et les États-Unis, et comme un gage de continuité en pleine crise". Sur le plan interne, cette nomination risque d’accentuer les divisions au sein d’une population déjà profondément fracturée, de nombreux Iraniens étant farouchement opposés au régime de la République islamique. Pour nombre d'entre eux, son nom est surtout associé à la répression et à la fraude électorale. "Mojtaba Khamenei est perçu comme un dur, hostile à toute ouverture politique, mais il reste extrêmement impopulaire et n’a jamais exercé de mandat électif", souligne Ali Vaez, directeur du programme Iran au centre de réflexion International Crisis Group, dans Le Figaro.
D’autres relèvent que son silence sur de nombreuses questions politiques laisse planer le doute sur sa véritable orientation idéologique. "S’il y a bien une personne capable d’amorcer une désescalade avec les États-Unis, c’est lui ; toute autre option s’exposerait à des représailles de la part de la classe dirigeante et des conservateurs", assure Abdolreza Davari, un homme politique proche de Mojtaba Khamenei, citant Mohammed ben Salman, à la tête du royaume d'Arabie saoudite, comme modèle. Ironie de l’exemple : un dirigeant tout aussi autoritaire et sanguinaire, rappelant que, pour l’Iran, rien ne semble devoir changer sous le soleil du pouvoir.
Mojtaba Khamenei, le deuxième fils du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une visite au bureau du Hezbollah à Téhéran, en Iran, le 1er octobre 2024.
Les 15 et 22 mars, les Français votent aux municipales. L'occasion pour L'Express de sélectionner chez nos voisins des idées innovantes, des concepts pertinents et des dynamiques vertueuses pour améliorer notre quotidien. Tour d'Europe des villes qui doivent nous inspirer, et surtout inspirer nos nouveaux élus.
À en croire TikTok et X, Londres détiendrait le record européen du "knife crime", les agressions par armes blanches. Les vidéos virales de rixes entre adolescents et les discours alarmistes ont alimenté l’image d’une ville dangereuse livrée aux gangs. Les chiffres racontent une toute autre histoire : en 2025, la capitale britannique a enregistré son plus faible nombre d’homicides depuis une décennie – 97 morts – soit environ 1,1 victime pour 100 000 habitants. Un taux inférieur à ceux de Paris (1,3), Berlin (1,4) ou New York (3,2).
Cette amélioration s’inscrit dans une tendance de long terme. Les homicides ont chuté d’environ un tiers depuis 2019, et ce malgré la croissance démographique de Londres. La baisse est particulièrement marquée chez les jeunes : les homicides d’adolescents ont reculé de plus de 70 % depuis 2021. Si Londres s’éloigne du sommet des statistiques criminelles, ce n’est pas un hasard : depuis cinq ans, la ville combine une répression extrêmement ciblée avec un investissement inédit dans la prévention, en s’inspirant notamment du modèle écossais de santé publique.
Premier pilier : le tournant pris par la Metropolitan Police. Arrivé à la tête de la Met en 2022, le commissaire Mark Rowley a fait de la lutte contre la violence par armes blanches sa priorité. Ses équipes ont mis en place un dispositif de "precision policing" : l’activité des gangs, des trafiquants d’armes et des multirécidivistes violents est cartographiée en temps réel, grâce au croisement de fichiers judiciaires, de données téléphoniques et d’informations de terrain. La police revendique plus de 1 000 arrestations supplémentaires par mois par rapport à 2022, ciblant les individus déjà connus pour port d’armes ou agressions.
Cette stratégie s’appuie sur une panoplie technologique controversée et assumée. Dans les gares ou les centres commerciaux, des caméras de reconnaissance faciale (plus de 900 000, selon certaines sources) comparent en temps réel les visages aux fichiers des personnes recherchées pour violences. Des opérations "intensives mais brèves" sont montées dans les quartiers sensibles, avec fouilles pour armes blanches, contrôles de scooters et vérifications de scooters-livraisons utilisés pour des vols de téléphone. La Met s’attaque aussi au nerf de la guerre : le trafic de drogue. Plus de 1 600 réseaux, qui exploitaient des adolescents pour livrer cocaïne et héroïne en province, auraient été démantelés en un an, avec des milliers d’armes saisies.
"La police seule ne peut pas mettre fin à la violence"
Mais Rowley et le maire Sadiq Khan insistent sur un point : "la police seule ne peut pas mettre fin à la violence". D'où le deuxième pilier de la stratégie londonienne : la Violence Reduction Unit (VRU), créée en 2019 et rattachée à la mairie, coordonne l’action des services sociaux, des écoles, du système de santé et des associations. Son modèle, inspiré de Glasgow, considère la violence comme une maladie contagieuse : il s’agit d’identifier les facteurs de risque, d’intervenir précocement, puis de suivre les jeunes sur la durée.
Concrètement, la VRU finance des travailleurs sociaux dans les services d’urgences et les commissariats. Chaque jeune admis à l’hôpital pour blessure par arme blanche est approché par un "youth worker" qui lui propose un accompagnement intensif : médiation avec la famille, sortie de gang, retour en formation ou vers l’emploi. Selon les évaluations, 90 % des 10‑17 ans ayant bénéficié de ces programmes de suivi après un passage en garde à vue pour violences n’ont pas récidivé dans l’année.
La VRU a également mis l’accent sur les quartiers les plus touchés par les agressions. Mentorat, soutien psychologique, clubs de sport, médiation scolaire : environ 40 000 activités ciblées ont été menées, pour quelque 350 000 "opportunités positives" offertes à des jeunes en cinq ans, selon la mairie. La ville affirme aussi avoir soutenu plus de 7 000 parents via des réseaux de voisins formés à la prévention des violences.
L’approche commence à produire des effets mesurables. Depuis 2019, date de création de la VRU, les homicides de jeunes ont été divisés par trois et les hospitalisations de jeunes pour agression au couteau ont chuté de 43 %. L’exemple londonien ne fournit pas de recette miracle, mais il montre qu’une grande métropole peut faire reculer durablement la violence en clarifiant ses priorités : cibler sans relâche les quelques milliers de récidivistes, investir dans les trajectoires des plus jeunes et accepter que la bataille de l’opinion – largement jouée sur les réseaux sociaux – se gagne d’abord avec des courbes et des statistiques plutôt qu’avec des vidéos virales.
Mojtaba Khamenei, fils de l'ayatollah Ali Khamenei assassiné au premier jour de la campagne militaire menée par les Etats-Unis et Israël en Iran, a été nommé par l'Assemblée des experts iraniens dimanche successeur de son père comme Guide suprême de la République islamique, selon la presse officielle. Aucun commentaire n'a été effectué dans l'immédiat par la Maison-Blanche à propos de cette annonce. Donald Trump a éludé la question dans une interview téléphonique au Times of Israel, déclarant simplement : "Nous verrons bien ce qui va se passer".
Il est probable que la décision de Téhéran provoque la colère du président américain, qui avait répété plus tôt sa volonté d'être impliqué dans le processus de sélection du nouveau dirigeant iranien, après des commentaires parfois contradictoires sur les objectifs de guerre de Washington. "S'il n'est pas approuvé par nous, il ne durera pas longtemps", a dit Donald Trump dimanche sur la chaîne ABC News. Israël avait déjà prévenu qu'il pourrait cibler quiconque serait désigné nouveau guide suprême de l'Iran.
Les bombardements se sont poursuivis dimanche en Iran et au Liban, où l'armée israélienne a de nouveau frappé la banlieue sud de la capitale Beyrouth. D'après l'ambassadeur iranien à l'ONU, les bombardements israélo-américains ont tué au moins 1 332 civils iraniens et blessé des milliers d'autres. L'armée américaine a fait état de la mort d'un septième soldat, qui a succombé aux blessures provoquées par une frappe de représailles de Téhéran. Les prix du pétrole continuent de grimper, alors que les livraisons via le détroit d'Ormuz sont perturbées. Le Brent a bondi de 17 % pour dépasser le seuil de 100 dollars le baril.
Les infos à retenir
⇒ Mojtaba Khamenei, fils de l'ayatollah Ali Khamenei, a été nommé Guide suprême de la République islamique
⇒ La Turquie annonce le déploiement de six avions de chasse F-16 dans le nord de Chypre
⇒ Le baril de pétrole dépasse les 115 dollars
⇒ Emmanuel Macron est en déplacement à Chypre, où il a dit préparer une "mission purement défensive" pour rouvrir le détroit d'Ormuz
14h35
Friedrich Merz s'inquiète de l'impact de la hausse des prix de l'énergie sur l'économie
Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que le gouvernement était préoccupé par la hausse des prix de l'énergie due à la guerre en Iran, qui pourrait potentiellement avoir un impact sur l'économie allemande.
"Nous sommes préoccupés par l'évolution des prix de l'énergie. Nous savons que cela pourrait avoir un impact sur l'économie allemande", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
14h10
Emmanuel Macron dit préparer "une mission strictement défensive" pour rouvrir le détroit d'Ormuz
La France enverra deux frégates dans le cadre de la mission navale de l'Union européenne Aspides en mer Rouge, a déclaré ce lundi Emmanuel Macron depuis Chypre. "Nous voulons assurer la liberté de navigation et la sûreté maritime en Méditerranée orientale et en mer Rouge", a fait valoir le chef de l'Etat.
"Et nous sommes en train de mettre en place une mission purement défensive, purement d'accompagnement, qui doit être préparée conjointement avec des Etats européens et non européens, qui a vocation à permettre l'escorte de porte-conteneurs et de tankers pour rouvrir le détroit d'Ormuz, qui est essentiel au commerce international et à la circulation du gaz et du pétrole. Nous préparons cette mission avec nos partenaires. Elle a pour but d'être strictement pacifique, strictement défensive", a ajouté Emmanuel Macron, après sa rencontre avec Nikos Christodoulides et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.
Le président de la République a précisé qu'au total, "la présence française qui se déploiera de la Méditerranée orientale en mer Rouge et (...) au large d’Ormuz, mobilisera huit frégates, deux portes hélicoptères amphibies et notre porte-avions", le Charles-de-Gaulle.
14h
Emmanuel Macron prend la parole depuis Chypre
Le chef de l'Etat est en déplacement à Chypre ce lundi après-midi, où il a pris la parole aux côtés du président chypriote, Nikos Christodoulides. "Le premier objectif de ce déplacement à vos côtés et de marquer la pleine solidarité avec Chypre, qui a été la cible la semaine dernière de plusieurs drones et tirs de missiles. Quand Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a déclaré le président français.
13h06
Un deuxième missile balistique iranien abattu par l'Otan, selon la Turquie
La Turquie a déclaré lundi que la défense aérienne de l'Otan avait abattu un deuxième missile balistique tiré depuis l'Iran et entré dans l'espace aérien turc, avertissant qu'elle prendrait toutes les mesures nécessaires contre les menaces.
Il s'agit du deuxième tir de missile balistique iranien en une semaine visant le sud de la Turquie, pays membre de l'Otan et voisin de l'Iran. Ankara avait mis en garde l'Iran contre toute nouvelle attaque samedi, mais n'a pas indiqué vouloir solliciter officiellement la protection des membres de l'Alliance.
"Nous réaffirmons que toutes les mesures nécessaires seront prises avec fermeté et sans hésitation contre toute menace visant le territoire et l'espace aérien de notre pays", a déclaré le ministère turc de la Défense, ajoutant que des débris de munitions étaient tombés dans la province de Gaziantep, dans le sud-est du pays, mais qu'il n'y avait eu aucune victime. "Nous réaffirmons également qu'il est dans l'intérêt de tous de tenir compte des avertissements de la Turquie à cet égard", a-t-il ajouté.
On ignore où se dirigeait le missile avant qu'il ne soit intercepté par les défenses de l'Otan stationnées dans l'est de la mer Méditerranée.
12h45
Israël annonce des attaques "à grande échelle" sur Téhéran et Ispahan
L'armée israélienne a annoncé sur Telegram avoir lancé des frappes "à grande échelle contre les infrastructures du régime terroriste iranien" sur les villes de Téhéran et Ispahan.
12h32
L'UE dispose de suffisamment de pétrole et de gaz, affirme la porte-parole de la Commission européenne
Les États membres de l'UE disposent de stocks suffisants de pétrole et de gaz malgré les perturbations des chaînes d'approvisionnement dues à la guerre au Moyen-Orient, a déclaré lundi la Commission européenne. "La sécurité de l’approvisionnement nous préoccupe bien moins que le prix élevé de l’énergie", a déclaré Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission européenne, aux journalistes à Bruxelles.
Elle a indiqué que les États membres de l'UE disposaient de stocks de pétrole ou d'équivalents suffisants pour tenir jusqu'à 90 jours, et qu'il n'y avait aucun signe de situation d'urgence.
Anna-Kaisa Itkonen a confirmé que les pays du G7 discuteraient de la possible libération des réserves stratégiques lors d'une réunion plus tard lundi.
11h17
Le Hezbollah signale un raid israélien dans l'est du Liban
Le Hezbollah a déclaré lundi que ses combattants s'étaient affrontés avec des troupes israéliennes dans l'est du Liban lors d'un raid aérien israélien dans la nuit, ce qui serait la deuxième opération de ce type dans la région ces derniers jours, alors que la guerre entre Israël et le groupe soutenu par l'Iran entrait dans une deuxième semaine.
Un porte-parole de l'armée israélienne n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat. Dans un communiqué, le Hezbollah a déclaré que ses combattants "ont affronté les hélicoptères et les forces infiltrées avec des armes appropriées".
Lundi, l'armée israélienne a poursuivi ses frappes aériennes dans la banlieue sud de Beyrouth, contrôlée par le Hezbollah, provoquant d'épaisses fumées qui ont envahi la ville. Elle a réitéré ses avertissements aux habitants, leur demandant d'évacuer, et a annoncé des mesures contre l'institution financière du Hezbollah, Al-Qard Al-Hassan.
11h02
Vladimir Poutine félicite Mojtaba Khamenei pour sa nomination à la tête de l'Iran
Le président russe Vladimir Poutine a félicité Mojtaba Khamenei pour sa nomination en tant que nouveau dirigeant de l'Iran, a déclaré le Kremlin lundi. Vladimir Poutine s'est dit convaincu que Khamenei poursuivrait l'œuvre de son père "avec honneur" et unirait le peuple iranien "face à de graves épreuves".
Il a ajouté que la Russie continuerait à soutenir Téhéran, déclarant qu'il souhaitait "confirmer son soutien indéfectible à Téhéran et sa solidarité avec nos amis iraniens".
10h28
600 Israéliens rapatriés de Dubaï
Les deux premiers vols directs rapatriant les Israéliens bloqués à Dubaï ont atterri aujourd'hui à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. Les deux vols opérés par la compagnie flydubai, basée à Dubaï, ont ramené chez eux un total de 603 passagers, a indiqué l'Autorité aéroportuaire israélienne au Times of Israel.
09h57
Téhéran menace de confisquer les biens des Iraniens à l'étranger qui soutiennent les attaques contre l'Iran
Les Iraniens vivant à l'étranger pourraient voir leurs biens confisqués et faire face à d'autres sanctions légales s'ils expriment leur soutien aux États-Unis et à Israël, a déclaré lundi le bureau du procureur général iranien.
Des membres de la diaspora iranienne, aspirant à un changement politique à Téhéran, ont manifesté dans les rues de villes européennes et américaines pour célébrer la mort du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lors de la guerre israélo-américaine contre l'Iran. Lundi, l'Iran a nommé Mojtaba Khamenei pour succéder à son père. "Un avertissement a été lancé aux Iraniens résidant à l'étranger qui, de diverses manières, sympathisent, soutiennent ou coopèrent avec l'ennemi américano-sioniste (israélien)", a déclaré le bureau du procureur général, cité par les médias d'État.
"Ils se verront infliger la confiscation de tous leurs biens et d'autres sanctions légales conformément à la loi."
09h03
Le G7 discutera d'un déblocage conjoint des réserves pétrolières d'urgence
Les ministres des Finances du G7 discuteront lundi de la possibilité de débloquer les réserves pétrolières d'urgence, a déclaré une source gouvernementale française, en réponse à la flambée des prix du pétrole résultant du conflit au Moyen-Orient .
L’information a été initialement rapportée par le Financial Times, qui a précisé que l’Agence internationale de l’énergie participerait aux discussions. Trois pays du G7, dont les États-Unis, ont jusqu'à présent exprimé leur soutien à cette idée, a indiqué le Financial Times, citant des sources.
Ce rapport intervient alors que les prix du pétrole ont bondi de plus de 25 % lundi pour atteindre leur plus haut niveau depuis mi-2022, certains grands producteurs ayant réduit leur production et la crainte de perturbations prolongées du transport maritime s'étant emparée du marché en raison de l'escalade du conflit israélo-américain avec l'Iran.
8h20
La Turquie annonce le déploiement de six avions de chasse F-16 dans le nord de Chypre
La Turquie a déployé lundi six avions de chasse F-16 et des systèmes de défense aérienne dans le nord de Chypre pour renforcer la sécurité de la communauté turque sur place dans le contexte de la guerre en Iran, a déclaré le ministère de la Défense, ajoutant qu'Ankara prendrait des mesures supplémentaires si nécessaire.
"Compte tenu des derniers développements dans notre région, six avions de chasse F-16 et des systèmes de défense aérienne ont été déployés à la République turque de Chypre du Nord à compter d'aujourd'hui", a déclaré le ministère dans un communiqué, ajoutant que cela faisait partie de la planification progressive visant à renforcer la sécurité de cet État sécessionniste.
"Suite aux évaluations qui seront effectuées en fonction de l'évolution de la situation, des mesures supplémentaires continueront d'être prises si nécessaire", a-t-il ajouté.
7h45
Bahreïn : une frappe iranienne provoque un incendie sur un site pétrolier
Une frappe iranienne a provoqué un incendie dans un complexe pétrolier de la ville d'Al-Maameer à Bahreïn. La compagnie nationale Bapco Energies évoque un "cas de force majeure" affectant ses activités. "Tous les besoins du marché intérieur restent pleinement couverts et que les approvisionnements se poursuivront sans interruption, grâce aux plans proactifs mis en place", a déclaré la société.
6h58
Les Emirats arabes unis font face à de nouvelles attaques de missiles
Les autorités des Emirats arabes unis ont annoncé lundi matin faire face à de nouvelles attaques de missiles. "Les systèmes de défense aérienne réagissent actuellement à une attaque de missile", a écrit le centre national de gestion des urgences et des catastrophes du pays sur X.
Air defense systems are currently responding to a missile threat. Please remain in a safe location and follow official channels for warnings and updates. pic.twitter.com/ldSZZCWI51
La hausse du baril de pétrole, "un petit prix à payer" selon Donald Trump
"Les cours du pétrole à court terme, qui chuteront rapidement une fois la menace nucléaire iranienne écartée, représentent un petit prix à payer pour la sécurité et la paix des États-Unis et du monde. Seuls les idiots peuvent penser le contraire !", a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Le prix du baril de pétrole s'est envolé lundi de 30 % en quelques heures et dépasse désormais les 115 dollars.
02h47
La fin de la guerre sera une décision "mutuelle" avec Benyamin Netanyahou, déclare Donald Trump
Donald Trump déclare que la décision de mettre fin à la guerre en Iran sera prise en collaboration avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, soulignant que celui-ci aura son mot à dire sur la question. "Ce sera mutuel (...) Nous discutons. Je prendrai une décision au moment voulu, mais tout sera pris en compte", a déclaré le président américain dans une interview téléphonique avec le Times of Israel.
Donald Trump a également affirmé que la République islamique aurait détruit Israël si lui et Netanyahu n'avaient pas été là. "L'Iran allait détruire Israël et tout ce qui l'entourait… Nous avons travaillé ensemble. Nous avons détruit un pays qui voulait détruire Israël."
Interrogé à propos de la nomination de Mojtaba Khamenei comme Guide suprême iranien, il refuse de répondre, déclaré que "nous verrons bien ce qui va se passer".
22h31
Mojtaba Khamenei choisi comme nouveau Guide suprême
L'Iran a nommé Mojtaba Khamenei pour succéder à son père Ali Khamenei au poste de Guide suprême, signalant ainsi que les conservateurs restent fermement aux commandes.
Mojtaba, un religieux influent au sein des forces de sécurité iraniennes et disposant de vastes réseaux d'affaires sous l'égide de son père, était considéré comme un favori avant le vote de dimanche par l'Assemblée des experts, un organe composé de 88 religieux chargés de choisir le successeur d'Ali Khamenei. "Par un vote décisif, l'Assemblée des experts a nommé l'ayatollah Seyyed Mojtaba Hosseini Khamenei troisième Guide du système sacré de la République islamique d'Iran", a déclaré l'Assemblée dans un communiqué. Ce poste confère à Mojtaba le pouvoir de décision final sur toutes les affaires d'Etat de la République islamique.
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une réunion du Conseil national de défense et de sécurité sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, au palais de l'Élysée, à Paris, le 1er mars 2026.