VIGINUM annonce pouvoir collecter les données issues des petites plateformes où sont souvent pensées les opérations de manipulations contre la France, relève l’AFP.
Un décret, présenté hier en Conseil des ministres et publié ce 12 février au Journal officiel, dote en effet le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères de « moyens renforcés ».
Il supprime le « seuil minimal de 5 millions de visiteurs uniques par mois » qui fixait le « périmètre des plateformes sur lesquelles Viginum (pouvait) collecter des données à caractère personnel ».
Il élargit également le champ de cette collecte, « en particulier en l’étendant aux interfaces en ligne au sens du DSA », et allonge par ailleurs les durées de conservation des données et de renouvellement des collectes. Cette extension permet de conserver des « archives » pour faire face aux acteurs dits « persistants », explique une source sécuritaire à l’AFP.
Après quelques années en service, les autorités se sont aperçues qu’« un certain nombre d’opérations d’ingérence numérique étrangère se préparaient sur des petites plateformes pour que cela soit moins visible des outils de modération », poursuit cette source, citant notamment l’exemple de Discord.
Le décret octroie par ailleurs au service de nouvelles missions en matière de documentation des modes opératoires, de recherche et d’information du public, ainsi qu’aux actions d’éducation aux médias, et précise le cadre d’action de certaines missions déjà exercées, en particulier en matière électorale.
Viginum
Dans sa délibération associée, la CNIL « prend acte des justifications » présentées par le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), et « considère que le projet de décret comporte des garanties propres à assurer le respect du principe de minimisation des données lors de la collecte des données qui est rendue possible dès la phase de veille/détection ».
Elle relève par ailleurs que sa « nouvelle mission de recherche et développement implique la réutilisation des données collectées par Viginum pour une nouvelle finalité, de conception, d’entraînement et de développement d’outils utilisant l’IA en appui aux missions du service. »
Challenges rappelle de son côté que VIGINUM a publié en décembre dernier un guide de sensibilisation à la protection du débat public numérique en contexte électoral, en prévision des municipales les 15 et 26 mars prochains.
« D’ores et déjà, tous les cadres dirigeants des partis politiques ont été reçus ces dernières semaines par Nicolas Roche, le patron du SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale), pour un brief sur les risques d’ingérences étrangères à l’occasion des municipales. »
Une étude de chercheuses de la Business School de Berkeley montre que le recours volontaire à l’IA augmente certes la productivité des employés, mais au prix d’un « nouveau rythme » de travail multitâche et d’un « cercle vicieux » générant workslop, burnout et turnover. Elle appelle les managers et employés à prendre la mesure du phénomène avant qu’il ne soit trop tard.
Dimanche dernier, un billet de blog intitulé « La fatigue liée à l’IA est bien réelle, mais personne n’en parle » faisait le buzz sur les réseaux sociaux. Le développeur Siddhant Khare y déplorait que « quand chaque tâche prend moins de temps, on ne fait pas moins de tâches, on en fait plus. Nos possibilités semblent s’étendre, donc le travail s’étend en fonction ».
Il y soulignait également que le passage d’une gestion lente mais concentrée sur un seul problème à celle de cinq ou six sujets différents en une journée l’empêche de retrouver le même état de « concentration profonde » qu’il connaissait auparavant, s’inquiétant d’une potentielle « atrophie de la pensée ».
Lundi, une étude publiée dans la Harvard Business Review est venue confirmer ses dires. « L’IA ne réduit pas la charge de travail, elle l’intensifie », y écrivent Aruna Ranganathan et Xingqi Maggie Yew, chercheuses à la Business School de l’université de Berkeley.
Elles ont étudié pendant huit mois, d’avril à décembre 2025, la manière dont l’IA générative avait modifié les habitudes de travail dans une entreprise technologique américaine comptant environ 200 employés. Elles y sont allées deux fois par semaine afin d’observer comment y travaillaient les employés, suivant également leurs canaux de communication internes, et procédant à plus de 40 entretiens approfondis :
« Nous avons constaté que les employés travaillaient à un rythme plus soutenu, assumaient un éventail de tâches plus large et prolongeaient leur journée de travail, souvent sans qu’on leur demande de le faire. De leur propre initiative, les employés en faisaient plus parce que l’IA leur donnait le sentiment que “faire plus” était possible, accessible et, dans de nombreux cas, intrinsèquement gratifiant. »
Les chercheuses soulignent que l’entreprise en question ne leur imposait aucunement de recourir à l’IA, se bornant à leur proposer des abonnements d’entreprise à des IA disponibles dans le commerce. « Si cela peut sembler être un rêve devenu réalité pour les dirigeants, les changements induits par l’adoption enthousiaste de l’IA peuvent s’avérer insoutenables et causer des problèmes à long terme », alertent cela dit les autrices :
« Une fois l’enthousiasme des premiers essais retombé, les employés peuvent se rendre compte que leur charge de travail a augmenté discrètement et se sentir dépassés par toutes les tâches qui leur incombent soudainement. Cette augmentation insidieuse de la charge de travail peut à son tour entraîner une fatigue cognitive, un épuisement professionnel et une prise de décision affaiblie. La hausse de productivité observée au début peut laisser place à une baisse de la qualité du travail, à un turnover élevé et d’autres problèmes. »
Un pharmakon : à la fois remède, poison, et bouc émissaire
Les chercheuses ont identifié trois formes principales d’intensification : l’élargissement du périmètre des tâches effectuées, le flou qui s’instaure entre travail et vie privée, la banalisation du multitâches.
L’IA pouvant assister ses utilisateurs dans des domaines où ils n’ont pas de compétences particulières, « les employés ont progressivement assumé des responsabilités qui incombaient auparavant à d’autres », relèvent les chercheuses. Les chefs de produit ont commencé à écrire du code, les chercheurs se sont attelés à des tâches d’ingénierie quand d’autres « se sont essayés à des tâches qu’ils auraient auparavant externalisées, reportées ou évitées ».
L’IA générative a en effet rendu envisageable d’effectuer des tâches qui, jusque-là, paraissaient a priori infaisables, faute de compétences dédiées. Les chercheuses ont constaté que les employés ont commencé à prendre en charge des tâches qui auraient préalablement nécessité une aide ou du personnel supplémentaires. Non content de réduire la dépendance vis-à-vis des autres, ce recours à l’IA offre en outre « une amélioration cognitive stimulante » aux personnes ainsi « augmentées ».
Sauf que, à la manière des prises de risque que peuvent générer de faux sentiments de sécurité, cette émancipation est aussi un pharmakon, et donc à la fois un remède, un poison, et un bouc émissaire.
Les chercheuses évoquent par exemple le temps passés par des ingénieurs à devoir réviser et corriger les mémos générés par IA de personnes ne disposant pas de compétences appropriées, ou encore le temps perdu à finaliser des pull requests et à remettre au propre du code développé en mode « vibe-coding » par des dev’ ne maitrisant pas le langage de programmation en question.
Un temps perdu que nous avions déjà chroniqué dans un article consacré au « workslop », terme désignant précisément les travaux de piètre qualité obligeant employés et managers à « refaire le job » que des gens moins qualifiés ont effectué grâce à l’IA dans des domaines qu’ils ne maitrisent pas, ou pas assez.
La frontière entre travail et temps libre devient poreuse
Les chercheuses ont également constaté que le fait de pouvoir expérimenter des tâches jusqu’alors inenvisageables contribue également à alimenter un flou entre ce qui relève du travail et de la vie privée. Des employés ont ainsi commencé à expérimenter de nouvelles compétences professionnelles sur leurs temps de pause déjeuner, le soir ou le week-end.
Le fait de pouvoir avoir des « conversations » avec les chatbots, et que ces tâches s’apparentent à la fois à des défis, énigmes, missions et nouveaux apprentissages, accroît également la propension à pouvoir s’y atteler, ou y retourner, en-dehors de ses horaires de travail.
« La frontière entre le travail et le temps libre n’avait pas disparu, mais elle était devenue plus facile à franchir », résument les chercheuses, à qui des employés ont déclaré avoir réalisé, souvent après coup, qu’à mesure que le fait de travailler pendant les pauses devenait une habitude, les temps morts ne leur procuraient plus le même sentiment de récupération.
Un « nouveau rythme » de travail multitâche
Le fait de pouvoir être assisté par un « partenaire » ou « assistant » dédié, susceptible de les aider en matière de productivité dans leur charge de travail, a aussi poussé certains employés à vouloir en faire plus qu’avant, dans le même temps. L’IA a ainsi introduit un « nouveau rythme » de travail permettant à des employés de gérer plusieurs tâches actives à la fois.
Si ce mode « multitâches » peut donner l’impression d’être « boosté » voire « dopé », il requiert aussi de devoir fréquemment changer de sujet d’attention, pour vérifier et relancer les propositions de l’IA, et de faire face à un nombre croissant de tâches à la fois. De quoi générer une charge mentale cognitive supplémentaire, facilitant de surcroit les problèmes de concentration.
Cette façon de courir sur plusieurs fronts entraîne elle-même une fatigue accrue. De nombreux travailleurs ont ainsi remarqué qu’ils faisaient plus de choses à la fois et ressentaient plus de pression qu’avant d’utiliser l’IA, « même si le gain de temps résultant de l’automatisation était censé réduire cette pression », soulignent les chercheuses.
Un cercle vicieux : on ne travaille pas moins mais autant, voire plus
Alors que l’IA faisait miroiter des gains de productivité, ces derniers pourraient dès lors et dans le même temps entraîner des risques de burnout et de turnover, et donc de baisse de la productivité. Les chercheuses en concluent que ces combinaisons de travaux et (multi)tâches « augmentés » ont « créé un cercle vicieux », et que « cela place les dirigeants dans une situation délicate », voire au risque de « ne pas se rendre compte du coût de ces gains avant qu’il ne soit trop tard » :
« L’IA a accéléré certaines tâches, ce qui a accru les attentes en matière de rapidité ; cette rapidité accrue a rendu les travailleurs plus dépendants de l’IA. Cette dépendance accrue a élargi le champ d’action des travailleurs, ce qui a encore augmenté la quantité et la densité du travail. Plusieurs participants ont fait remarquer que, même s’ils se sentaient plus productifs, ils ne se sentaient pas moins occupés, et dans certains cas, ils se sentaient même plus occupés qu’auparavant. »
Comme l’a résumé un ingénieur : « On pensait que, peut-être, grâce à l’IA, on serait plus productif, on gagnerait du temps et on travaillerait moins. Mais en réalité, on ne travaille pas moins. On travaille autant, voire plus. »
Or, ce type de surmenage peut altérer le jugement, augmenter le risque d’erreurs, la fatigue voire l’épuisement professionnel, et un sentiment croissant qu’il est plus difficile de se détacher du travail, résument les chercheuses.
Contrer les effets épuisants et individualisants de l’IA
Cherchant à anticiper ce que les managers pourraient faire pour aider leurs employés à sortir de ce « cercle vicieux », elles écartent d’emblée le fait de leur demander de s’autoréguler. Elles estiment que les entreprises devraient élaborer un ensemble de normes et standards destinés à recadrer l’utilisation de l’IA, plutôt que de la laisser dévorer le temps de cerveau disponible des employés.
Elles incitent les managers à mettre en place des « pauses intentionnelles » afin d’évaluer l’état d’avancement des travaux, voire reconsidérer les hypothèses de base avant de continuer plus avant. Des propositions qui font écho à celles de Siddhant Khare, qui recommande de passer à autre chose si 30 minutes de conversation avec un chatbot ne s’avèrent pas satisfaisantes.
Les chercheuses proposent aussi de séquencer le temps de travail, avec des plages horaires protégeant les employés de toute interruption, et le regroupement des notifications non urgentes :
« Plutôt que de réagir à chaque résultat généré par l’IA au fur et à mesure qu’il apparaît, le séquençage encourage le travail à progresser par phases cohérentes. Lorsque la coordination est rythmée de cette manière, les travailleurs subissent moins de fragmentation et moins de changements de contexte coûteux, tandis que les équipes maintiennent leur rendement global. En régulant l’ordre et le calendrier du travail, plutôt qu’en exigeant une réactivité continue, le séquençage peut aider les organisations à préserver l’attention, à réduire la surcharge cognitive et à favoriser une prise de décision plus réfléchie. »
Les chercheuses invitent également les entreprises à organiser des temps de dialogue et de débriefing permettant aux employés d’échanger sur leurs pratiques respectives et ce que l’IA a pu changer. L’objectif serait tout autant d’ « interrompre l’utilisation continue et isolée de l’IA » que d’aider à « retrouver une certaine perspective », réancrer le travail dans un contexte social et « contrer les effets épuisants et individualisants d’un travail rapide et médiatisé par l’IA ».
« L’IA facilite l’accomplissement de tâches supplémentaires, mais rend plus difficile de s’arrêter », concluent les chercheuses, qui appellent à « préserver des moments de récupération et de réflexion, même lorsque le rythme de travail s’accélère » :
« La question qui se pose aux organisations n’est pas de savoir si l’IA va changer le travail, mais si elles vont activement façonner ce changement ou le laisser les façonner discrètement. »
Critiqué pour son déploiement de publicité dans ChatGPT et son projet de donner accès à des fonctionnalités de contenu érotique, OpenAI voit plusieurs membres quitter ses effectifs au moment même où l’entreprise supprime son équipe dédiée à l’énoncé clair de sa mission.
Que se passe-t-il au sein d’OpenAI ? Sous la pression d’un « code rouge » déclaré début décembre pour tenter de rattraper le retard perçu sur la concurrence, les relations se sont visiblement tendues, au sein de l’entreprise créatrice de ChatGPT.
En janvier, la société se défaisait de l’une de ses cadres en charge de la sécurité des utilisateurs, Ryan Beiermeister. Cette dernière s’était exprimée publiquement pour critiquer le déploiement de contenu érotique généré par IA sur les produits liés à ChatGPT. Elle est licenciée au motif qu’elle aurait commis une discrimination de genre à l’encontre de l’un de ses collègues masculins.
En ce début février, la chercheuse Zoë Hitzig a de son côté publié dans le New-York Times une prise de parole dans laquelle elle décrit OpenAI « en train de faire les erreurs de Facebook ». Sa démission s’est faite le jour où son entreprise a commencé à tester la diffusion de publicité au sein de ChatGPT.
Ce 11 février, OpenAI indiquait par ailleurs mettre fin à son équipe dédiée à « l’alignement de la mission ». Fondée en 2024, celle-ci devait expliciter la mission de l’entreprise aussi bien au public qu’aux propres équipes d’OpenAI. Le chef de cette équipe, Josh Achiam, est désormais nommé « futurologue en chef », tandis que les six ou sept personnes sous sa responsabilité ont été réaffectées. Initialement, le projet public d’OpenAI était de s’assurer que l’intelligence artificielle « générale » profite à toute l’humanité.
Ryan Beiermeister a donc été remerciée au retour d’un congé, en amont du lancement d’un produit prévu pour le courant 2026, avec lequel les utilisateurs de ChatGPT pourraient créer des contenus érotiques générés par IA et tenir des conversations à caractère sexuel.
En janvier, cette ancienne de Palantir et Meta se serait vu licenciée pour avoir discriminé un collègue masculin en fonction de son genre, d’après des sources du Washington Post. Auprès du média, l’ancienne vice-présidente en charge des politiques d’utilisation de l’entreprise déclare que « l’allégation selon laquelle j’aurais discriminé quiconque est totalement fausse ». OpenAI indique de son côté que Ryan Beiermeister « a fourni des contributions de valeur pendant son passage chez OpenAI », et que son départ n’est « pas lié au moindre problème qu’elle aurait soulevé alors qu’elle travaillait pour l’entreprise ».
Les fonctionnalités érotiques contre lesquelles elle s’était élevée ont été critiquées par divers acteurs. Celles-ci seraient en effet déployées dans un contexte de diffusion à grande échelle de deepfakes pornographiques générés avec Grok, ce qui vaut plusieurs enquêtes à son propriétaire Elon Musk, et contre le réseau social X sur lequel l’essentiel de ces contenus sont diffusés. Par ailleurs, des chercheurs soulignent que les relations parfois très fortes que certains internautes lient avec les robots conversationnels ne sont pas encore assez étudiées ni comprises. Dans certains cas, elles ont mené jusqu’à des suicides – dans l’affaire médiatisée du décès de l’adolescent Adam Raine, OpenAI a d’ailleurs rejeté en novembre la responsabilité sur la victime.
Plusieurs employés d’OpenAI ont exprimé des inquiétudes au sujet de ce nouveau mode. Le patron de l’entreprise Sam Altman en défend le déploiement comme une manière de « traiter les adultes comme des adultes ».
Un lancement publicitaire publiquement décrié
En parallèle de ces questions, l’entreprise vient par ailleurs de lancer le test de fonctionnalités publicitaires dans ChatGPT. Une évolution présentée comme un « test afin d’apprendre, de recueillir des commentaires et de nous assurer que l’expérience est satisfaisante ». Pour l’économiste et poète Zoë Hitzig, en poste depuis deux ans au sein de l’entreprise, cette stratégie n’est qu’une reproduction des erreurs commises par Facebook il y a quinze ans.
« J’ai cru un jour pouvoir aider les développeurs d’IA à anticiper les problèmes que celle-ci allait poser, écrit-elle dans le quotidien. Cette semaine m’a confirmé ce que je commençais lentement à comprendre : OpenAI semble avoir cessé de se poser les questions auxquelles je devais aider à répondre. » Pour elle, la nature des données traitées par les machines de l’entreprise rend la publicité particulièrement dangereuse. Les internautes partagent en effet des éléments comme leurs inquiétudes médicales, leurs problèmes relationnels ou encore les croyances religieuses avec le chatbot conversationnel.
Et de souligner que, comme Facebook aux débuts de ses expérimentations publicitaires, OpenAI promet qu’elle suivra des principes d’étiquetage clair et veillera à ce que ses activités publicitaires n’influent pas sur les réponses. Si Zoë Hitzig « croit que les premières itérations » rempliront ces critères, elle craint que les suivantes, comme chez Meta, voient ces promesses s’éroder.
« Beaucoup de gens considèrent le problème du financement de l’IA comme un choix entre deux maux : restreindre l’accès à une technologie transformatrice à un petit groupe de personnes suffisamment riches pour se le permettre, ou accepter les publicités, même si cela implique d’exploiter les peurs et les désirs les plus profonds des utilisateurs », écrit encore la chercheuse.
Pour elle, cette vision binaire est un faux choix : les sociétés technologiques sont en capacité de créer des options permettant de rendre des outils largement accessibles sans créer d’incitation à « surveiller, utiliser le profilage et manipuler ses utilisateurs ».
La dissolution de l’équipe dédiée à réfléchir et rendre explicite la mission que se fixe OpenAI laisse néanmoins supposer que la recherche de ce type d’options ne fait pas ou plus partie des priorités de l’entreprise.
Roskomnadzor, l’agence russe des télécommunications, a annoncé la mise en place de nouvelles restrictions d’accès aux messageries WhatsApp et surtout Telegram. Fait rare, ces nouvelles velléités de blocage entrainent des protestations publiques d’une partie de la classe politique, au nom des soldats engagés sur le front ukrainien.
Moscou serre la vis sur les messageries qui échappent à son contrôle direct. Roskomnadzor, l’agence nationale en charge des télécoms, a annoncé mardi que le pays allait progressivement limiter l’accès à la célèbre messagerie Telegram. « La loi russe continue de ne pas être appliquée (…), aucune mesure réelle n’est appliquée pour lutter contre l’escroquerie et l’utilisation de la messagerie à des fins criminelles et terroristes », a justifié le régulateur dans un message transmis aux agences de presse russes, relayé et traduit par l’AFP.
Roskomnadzor n’en est pas à son coup d’essai en la matière. L’agence russe a déjà à de nombreuses reprises volontairement ralenti ou dégradé l’accès à des services ou applications édités par des entreprises étrangères, invoquant à chaque fois des ingérences dans l’application souveraine de la politique nationale sur Internet.
« Nous sommes tout à fait disposés à collaborer avec toutes les ressources Internet, nationales et étrangères. Mais à une condition très simple : le respect de la Russie et de ses citoyens, ainsi que la conformité aux lois de la Fédération de Russie », indique encore l’agence, reprenant des arguments déjà employés par le passé à l’encontre de Google, de X ou de WhatsApp.
Un tour de vis supplémentaire sur Telegram, puis WhatsApp
À l’époque, la mesure avait été interprétée comme la réponse à deux objectifs. D’abord, réduire l’influence des entreprises de la tech occidentale sur la population russe, à plus forte raison dans le contexte de la guerre avec l’Ukraine. Ensuite, limiter les alternatives disponibles à Max, la nouvelle plateforme de messagerie opérée sous contrôle de l’administration russe.
Roskomnadzor a, dans les mois qui suivent, régulièrement perturbé le fonctionnement de WhatsApp, ce qui a conduit Meta à réagir publiquement, mais sans aller jusqu’au blocage complet. La question d’une interdiction pure et simple semblait encore écartée lors des discussions à la Douma (le parlement russe) en janvier, rapporte le média privé RBC.
La donne semble cependant avoir changé cette semaine. Les nouvelles restrictions visant Telegram ont commencé à se faire sentir à partir du 9 février, soit la veille de l’annonce faite par Roskomnadzor, ce que confirme le relevé des signalements sur la version russophone de Downdetector.
Mercredi après-midi, c’est l’accès à WhatsApp qui aurait soudainement été coupé pour des millions d’utilisateurs d’après les déclarations faites par un porte-parole de Meta :
« Aujourd’hui, le gouvernement russe a tenté de bloquer totalement WhatsApp afin d’inciter les utilisateurs à se tourner vers une application de surveillance d’État. Tenter d’isoler plus de 100 millions de personnes de toute communication privée et sécurisée constitue un recul et ne peut qu’accroître l’insécurité des citoyens russes. »
WhatsApp a relayé son message en anglais et en russe via son compte X – capture d’écran Next
Pavel Durov réagit publiquement
Pavel Durov, fondateur et CEO de Telegram, avait déjà réagi à ces restrictions. « La Russie restreint l’accès à Telegram pour contraindre ses citoyens à utiliser une application d’État conçue pour la surveillance et la censure politique. Cette mesure autoritaire ne nous fera pas changer d’avis. Telegram défend la liberté et la vie privée, quelles que soient les pressions. », a publié l’intéressé mardi, toujours sur X. Avant de rappeler que l’Iran avait déjà essayé, sans succès, d’imposer ses vues sur le fonctionnement des messageries mobiles.
« Il y a huit ans, l’Iran a tenté la même stratégie, sans succès. Sous de faux prétextes, le pays a interdit Telegram, cherchant à imposer une alternative d’État. Malgré cette interdiction, la plupart des Iraniens continuent d’utiliser Telegram (contournant ainsi la censure) et le préfèrent aux applications surveillées. La liberté triomphe. »
YouTube également limité, un blocage DNS en cause ?
Sur les réseaux sociaux circulent des captures d’écran qui laissent supposer un blocage réalisé à l’échelle des DNS nationaux russes, administrés par Roskomnadzor. Une hypothèse également accréditée par certains médias russes, selon qui les domaines whatsapp.com et web.whatsapp.com auraient été retirés du registre national.
Le blocage DNS concernerait YouTube et WhatsApp – crédit Habr
Bien que le blocage DNS de services occidentaux ne soit pas précisément une première en Russie, cette mesure constitue une inflexion dans la stratégie de Roskomnadzor, remarque un contributeur du site russe Habr. Lors de ses différentes offensives contre les services étrangers, l’agence russe cherche en effet généralement à perturber l’accès, c’est-à-dire à en dégrader la qualité de service sans totalement l’interrompre, de façon peut-être à installer l’idée que WhatsApp, Telegram ou Signal ne fonctionne plus bien, et qu’il est donc temps de se tourner vers une autre messagerie.
D’après les ONG et observateurs internationaux, l’agence russe exploite une technologie baptisée Technical Means of Counteracting Threats (TPSU) pour contrôler les échanges à l’échelle du pays. Basée sur l’inspection de paquets (via analyse des entêtes par exemple), c’est elle qui permettrait de brouiller une partie des flux sans totalement interrompre le service visé. Problème : son déploiement à l’échelle de la population russe sur plusieurs services aussi populaires représenterait une charge, technique ou financière, difficile à assumer, et c’est ce qui pourrait avoir poussé Roskomnadzor à basculer vers un blocage DNS, plus radical mais également plus facile à contourner (au moyen d’un VPN par exemple).
Les restrictions font des mécontents
Quelle que soit la méthode mise en œuvre, la décision ne fait pas l’unanimité dans le pays, où plusieurs voix s’élèvent pour souligner que Telegram et WhatsApp sont les outils du quotidien de nombreux Russes.
Le Guardian remarque que la grogne se manifeste notamment dans les boucles de discussion consacrées au suivi de la guerre en Ukraine, dont les participants sont pourtant plutôt favorables à l’offensive décidée par Moscou. Plusieurs engagés interpellent directement le gouvernement, en faisant remarquer que Telegram est parfois l’unique canal reliant le front aux autorités militaires, mais aussi aux proches.
« Telegram demeure quasiment le seul moyen de communication au sein des unités de combat actives et contribue à la coordination des groupes de tir mobiles inter-agences », illustre par exemple un post de la chaîneDva Maïora (Два майора), au milieu de messages d’apaisement soulignant que tout de même, Telegram devrait respecter la loi.
L’une des charges les plus virulentes est à mettre au crédit de Sergei Mironov, député russe du parti Russie juste (considéré comme faisant partie de l’opposition systémique). Mercredi, il s’est insurgé, lors d’une allocution à la Douma.
« Qui ralentit Telegram ? Allez voir sur le front, c’est la seule façon pour les gens de communiquer avec leurs proches. Qu’est-ce que vous faites, bande d’idiots ? Je dis les choses comme elles sont. Crétins ! Que chacun choisisse le moyen qui lui convient de communiquer. »
Le journaliste Vladimir Solovyov, considéré comme l’une des voix officieuses du Kremlin, semble lui aussi regretter cette décision, du moins si l’on en croit la traduction de son émission réalisée par le compte Russian Media Monitor sur YouTube.
S’il se dit partisan et respectueux de la messagerie nationale Max, il déplore les limites de cette dernière, pointant par exemple du doigt l’absence de conversation vidéo. Il affirme par ailleurs que Max compterait quelque 410 000 utilisateurs enregistrés, là où Telegram compterait 60 millions d’adeptes, et WhatsApp aux alentours de 100 millions… sans parler bien sûr de l’audience réalisée en dehors des frontières russes.
« Le système d’information russe se replie de plus en plus sur lui-même et il est peu probable qu’il ait un quelconque impact à l’étranger », font remarquer les auteurs de Dva Maïora. C’est peut-être ce dernier point qui conduira le Kremlin à réviser ses positions : comme l’ont démontré les jeux d’influence d’un Pavel Durov ou les sordides desseins d’un Terrorgram, les chaînes Telegram peuvent jouer un rôle significatif dans la guerre informationnelle engagée par la Russie à l’égard de nombreux pays, dont la France.
Pour les utilisateurs des caméras de sécurité Nest de Google dont les flux sont conservés dans le cloud, impossible d’obtenir un stockage de long terme sans payer un tarif mensuel. Google garde néanmoins les données sur ses serveurs. Ainsi, lorsque Nancy Guthrie, la mère d’une présentatrice star aux États-Unis, Savannah Guthrie, disparaît, l’entreprise a pu les récupérer et les fournir aux autorités.
Âgée de 84 ans, Nancy Guthrie a été enlevée de chez elle le 1ᵉʳ février. Sur le coup, les forces de police ont déclaré qu’aucune vidéo de ce kidnapping n’était disponible : Nancy Guthrie ne payait pas d’abonnement pour sa Google Nest Cam, situation dans laquelle l’entreprise technologique ne donne habituellement accès qu’aux dernières heures d’enregistrement.
Pour accéder à l’enregistrement des 30 derniers jours de vidéos « limité aux événements », il faut normalement payer 10 dollars (ou 10 euros) par mois, et 20 dollars (ou 18 euros) pour pouvoir revenir sur les 60 derniers jours, toujours limités aux événements (mais avec aussi 10 jours d’historique en continu 24 h/24).
Le 10 février, le FBI publiait finalement deux vidéos prises par le dispositif, dans lequel on observe distinctement un homme cagoulé et armé chercher dans le jardin de quoi obstruer l’objectif. D’après les enquêteurs, les deux extraits ont été « récupérés de data résiduelles restées dans les systèmes backend ». Google aurait eu besoin de plusieurs jours pour remettre la main dessus.
Sur le perron de la maison de Nancy Gutrhie, un homme cagoulé utilise des plantes pour obstruer l’objectif d’une caméra Google Nest / Vidéo publiée par le FBI, capture Next
L’épisode rappelle néanmoins qu’en cas de stockage de données dans un cloud – c’est-à-dire, concrètement, sur les serveurs de quelqu’un d’autre, en l’occurrence d’un géant numérique –, ce n’est pas parce que l’internaute a supprimé ou perdu l’accès à ses données que celles-ci ont entièrement disparu. Dans le cas des caméras Google Nest, même avec un abonnement gratuit, les flux vidéos sont envoyés sur les serveurs, et donc accessibles à Google.
Dans le cas présent, Google a indiqué à Ars Technica ne pas utiliser les vidéos enregistrées pour d’autres services internes (par exemple : pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle). L’entreprise s’intéresse néanmoins à la manière dont les internautes interagissent avec tous ses services pour améliorer la manière dont elle les construit.
Cette affaire rappelle une réalité que les géants du Net évitent de mettre en avant : toutes les données envoyées sur leurs serveurs leur sont accessibles. Avec des lois étasuniennes telles que le Cloud Act et FISA, les autorités peuvent tout à fait demander à récupérer des données stockées par des sociétés locales, quelle que soit la localisation géographique des serveurs. L’occasion de rappeler l’importance de chiffrer ses données avant de les envoyer dans le cloud.
Que l’on utilise Google Nest Cam ou Amazon Ring, pour ne citer que ces deux exemples, ce n’est pas parce que les vidéos ne sont plus visibles pour l’utilisateur qu’elles n’existent plus dans les serveurs des fournisseurs de services de stockage.
Une semaine après avoir annoncé la fusion de ses deux entreprises SpaceX et xAI, Elon Musk a repoussé ses plans messianiques de conquête de Mars.
Dans un message envoyé sur X dimanche, le milliardaire semble s’être rendu compte, au bout de près de 25 ans, qu’ « il n’est possible de se rendre sur Mars que lorsque les planètes s’alignent tous les 26 mois (durée du voyage : six mois), alors que nous pouvons nous rendre sur la Lune tous les 10 jours (durée du voyage : 2 jours) ». Il confirme donc ce que le Wall Street Journal annonçait deux jours plus tôt.
Elon Musk affirme que son entreprise « s’est déjà tournée vers la construction d’une ville autonome sur la Lune, car nous pouvons potentiellement y parvenir en moins de 10 ans, alors que Mars prendrait plus de 20 ans ».
Et il ajoute, comme une évidence : « cela signifie que nous pouvons itérer beaucoup plus rapidement pour achever une ville lunaire qu’une ville martienne ».
Pourtant, l’année dernière, il affirmait encore : « Non, nous allons directement sur Mars. La Lune est une distraction ».
Comme l’explique ArsTechnica, « À court terme, cela ne change pas grand-chose. […] SpaceX n’était pas en mesure d’envoyer un vaisseau spatial vers Mars en 2026, et l’échéance de 2028 semblait également peu probable. Mars a toujours été un objectif lointain, et cela restera le cas ».
Mais ça replace SpaceX dans les traces du projet Artemis étatsunien d’établir des missions habitées vers la Lune. L’entreprise participe déjà au projet mais Elon Musk était, en décembre 2024, très critique sur la manière dont il était géré.
C’est en tout cas une nouvelle promesse du milliardaire dont la date est repoussée. En 2024, il lançait sur son réseau social que « les premiers Starship à destination de Mars seront lancés dans deux ans, lorsque la prochaine fenêtre de transfert Terre-Mars s’ouvrira ».
SFR montre son plus beau sourire et affirme que « les résultats sont là », sur tous les plans (financier, satisfaction clients…). Le calendrier n’est pas anodin puisque l’opérateur est en train d’être scruté à la loupe par ses concurrents en vue d’un rachat à la découpe. SFR en profite pour lancer une nouvelle offre destinée aux adolescents avec un smartphone « sans réseaux sociaux ni navigateur internet ».
En pleine négociations pour son rachat, SFR affirme être « revenu à l’équilibre commercial courant 2025 avec une baisse historique de ses taux de churn (jusqu’à – 6 points) », dans un communiqué publié ce 11 février. On parle aussi de « taux d’attrition », qui correspond à la perte d’abonnés sur une période donnée. La fin de l’hémorragie ?
L’opérateur évoque un « marché très concurrentiel où les prix attractifs restent la norme »… alors que ce n’est pas le dernier à jouer des promotions avec sa marque low cost RED by SFR. Mais la marque au carré rouge préfère mettre en avant un autre aspect : son forfait SFR Fibre Premium à 45 euros par mois avec sa Box10+ lancée en juillet 2025, qui « représente désormais 25 % des ventes ».
SFR affirme aussi que, suite aux différents changements mis en place ces dernières années, « les résultats sont là ». L’entreprise met notamment en avant le NPS (Net Promoter Score), un « indicateur mesurant le score de recommandation des clients » : il a progressé de 14 points en un an, selon le communiqué.
L’opérateur évoque aussi des améliorations sur deux de ses points noirs : « les appels au service client et le taux de SAV ont été divisés par deux », tandis que « les incidents réseaux ont diminué de 20 % ». En 2026, « l’entreprise amplifiera ce mouvement de reconquête ». Affaire à suivre.
Regardez comme elle est belle ma marque SFR !
Une telle communication n’est pas anodine : il s’agit pour la maison mère Altice d’« habiller la mariée », en l’occurrence SFR. L’opérateur est en effet au cœur des discussions de Bouygues Telecom, Free et Orange qui ont déjà déposé officiellement une offre de rachat en octobre dernier, offre refusée dans la foulée, car jugée trop basse.
C’était la première manche d’une partie qui devrait encore durer encore des mois. Certains aimeraient que l’opération soit bouclée avant les présidentielles. Il y a quelques semaines, les trois comparses indiquaient officiellement que les discussions continuaient avec « des travaux de due diligence ont été engagés depuis début janvier 2026 ».
Selon La Lettre, cette procédure « a été menée en cinq semaines seulement » et le « consortium composé d’Orange, de Free et de Bouygues Telecom devrait présenter une offre ferme d’ici à la fin avril », ajoutent nos confrères. De 17 milliards, certaines rumeurs font état d’une proposition à venir aux alentours des 20 milliards d’euros.
Pack ado protégé avec un smartphone sans réseau social ni navigateur
L’entreprise annonce aussi son « pack ado protégé » composé d’un smartphone Neow Safe Plus « pensé pour accompagner les adolescents » et d’un forfait mobile sans engagement. Le terminal mobile est fabriqué « par une marque française » et le pack a été initialement lancé à la Réunion.
Il est pensé pour les jeunes à partir de 14 ans, avec un SoC huit cœurs Unisoc Tiger T606, 4 Go de mémoire, 128 Go de stockage, des capteurs de 13 et 8 Mpixel, de la 4G, une batterie de 5 150 mAh… La fiche technique est disponible par ici. Rien d’exceptionnel pour un smartphone dans cette gamme de prix.
Côté logiciel, le fabricant explique que vous pouvez gérer les applications dans le Store, géolocaliser le smartphone, « bloquer l’accès à Internet et aux moteurs de recherche », qu’il n’y a « aucun accès aux réseaux sociaux », voir les applications installées, gérer le temps d’écran, couper à distance des fonctionnalités (appels, Wi-Fi, etc.), passer par une validation obligatoire pour installer une nouvelle application, etc.
L’offre de SFR est un pack smartphone avec forfait, mais rien ne vous empêche évidemment de prendre le smartphone dans une autre boutique en ligne et d’y ajouter le forfait de n’importe quel opérateur. Selon les propres mots de SFR, ce pack a pour but de renforcer « les services de SFR relancés l’année dernière ».
Apple a mis en ligne lundi soir iOS 26.3, qui prend la forme d’une mouture intermédiaire de son système d’exploitation (OS) mobile, avant le nouveau Siri attendu dans quelques semaines au sein d’iOS 26.4. Cette version iOS 26.3 ne fait pas l’objet de notes de version détaillées, mais elle introduit tout de même quelques nouveautés.
Elle inaugure par exemple une nouvelle option de transfert simplifié des données (contacts, messages, notes, photos etc.) en direction d’un smartphone Android. L’arrivée de cette fonctionnalité était pressentie depuis l’automne dernier, date de la publication, par Apple, d’un framework dédié baptisé AppMigrationKit, qui permet aux développeurs d’application de gérer la migration des données utilisateur. Cette possibilité de transfert s’étend également aux cartes e-SIM.
DMA oblige, Apple cède par ailleurs avec iOS 26.3 sur l’une des exigences formulées par la Commission européenne : l’ouverture des notifications aux montres ou bracelets connectés autres que l’Apple Watch, via une option baptisée Transfert des notifications. La fonction de détection automatique, qui permet d’appairer simplement une Apple Watch ou des écouteurs AirPods en les approchant de l’iPhone, s’ouvre elle aussi aux fabricants tiers. Ces deux nouveautés ne concernent en revanche que les utilisateurs européens.
iOS 26.3 simplifie le transfert des données vers Android – capture d’écran Next
Outre de nouveaux fonds d’écran météo, et la traditionnelle panoplie (non détaillée) de correctifs de sécurité, iOS 26.3 introduit une option supplémentaire en matière de protection de la vie privée : la limitation de la précision avec laquelle le smartphone peut être géolocalisé au travers de sa connexion aux réseaux mobiles.
Cette fonctionnalité, qui fait l’objet d’une notice dédiée, exige un iPhone ou un iPad Pro cellulaire équipé d’un modem Apple C1 (iPhone Air, iPhone 16e ou iPad Pro M5) et n’est prise en charge que chez quelques opérateurs : Deutsche Telekom en Allemagne, EE et BT au Royaume-Uni, Boost Mobile aux États-Unis et AIS ou True en Thaïlande.
iOS 26.3 est accessible aux iPhone 11 et modèles ultérieurs. Apple a par ailleurs publié lundi la mise à jour 26.3 de ses autres systèmes d’exploitation, dont macOS 26.3.
Dans une publicité diffusée lors du Super Bowl, Ring a mis en avant une fonctionnalité de ses produits appelée « Search Party » permettant de retrouver les chiens perdus. Mais ce spot est arrivé juste après une recrudescence de critiques de l’entreprise pour ses récents partenariats avec l’industrie de la vidéo-surveillance américaine qui travaille avec les autorités du pays et notamment l’ICE.
Ring, la filiale d’Amazon spécialisée dans les caméras et sonnettes connectées, a annoncé en octobre 2025 un nouveau partenariat avec Flock Safety, une société récemment passée de la surveillance de plaques d’immatriculation à celle des humains.
La dénonciation de ce partenariat a gagné en intensité sur les réseaux sociaux mi-janvier, comme l’expliquait Futurism, avec des accusations de collusion avec l’ICE sur Bluesky ou, sur TikTok, de « partager les données de surveillance recueillies devant votre porte avec l’ICE et Flock Safety, utilisant ainsi la surveillance comme une arme contre le peuple américain ».
Pas de contrat direct avec l’ICE mais un contournement possible déjà utilisé par Flock Safety
« Les services américains de l’immigration et des douanes (ICE) ne peuvent pas initier de demandes communautaires. Ring n’a aucun partenariat avec l’ICE, ne lui fournit pas de vidéos, de flux ou d’accès back-end, et ne partage pas de vidéos avec eux. Comme toutes les entreprises, Ring peut recevoir des demandes d’informations légalement valables et contraignantes de la part des forces de l’ordre, telles que des mandats de perquisition, des assignations à comparaître ou des ordonnances judiciaires. Nous ne divulguons pas les informations de nos clients, sauf si la loi l’exige ou dans de rares situations d’urgence où il existe un danger imminent de mort ou de blessures physiques graves. En dehors de ce processus légal, les clients contrôlent les vidéos qui sont partagées avec les forces de l’ordre », affirme l’entreprise dans un communiqué envoyé au New York Times.
Mais rappelons que bien que Flock Safety n’ait pas de contrat non plus avec l’ICE, l’agence se procure les données de ses caméras en adressant des demandes aux forces de l’ordre locales.
Ring a, depuis son rachat, un parcours en zigzag concernant la surveillance des humains. En 2018, Amazon rêvait déjà d’associer vidéosurveillance et reconnaissance faciale aux sonnettes des portes après avoir racheté Ring. Mais après quelques années et quelques déboires, l’entreprise était revenue un petit peu en arrière, annonçant en 2024 qu’elle ne laisserait plus les services de police lui réclamer aussi facilement les enregistrements des caméras.
« Mignon et terriblement dystopique »
Ce week-end, elle préférait montrer sur tous les écrans étatsuniens lors du SuperBowl une publicité pour sa fonctionnalité « Search Party » en montrant que son réseau de caméras-sonnettes connectées permettait, avec de l’IA, de rechercher un chien perdu dans un quartier :
« Un dispositif mignon et terriblement dystopique » selon 404 Media, qui souligne qu’ « il ne faut pas beaucoup d’imagination pour envisager que ce système soit détourné à des fins répressives contre des criminels présumés, des immigrés sans papiers ou d’autres personnes jugées “suspectes” par les habitants du quartier ».
Malgré son enthousiasme pour la fonctionnalité partagée dans un long post publié sur X affirmant que « l’impact est stimulant », le CEO d’Amazon, Andy Jassy, le reconnait lui-même : « des millions de chiens disparaissent chaque année aux États-Unis » et « Search Party » n’en a retrouvé que 99 en trois mois.
Mais la publicité sur ce dispositif ne semble pas avoir eu l’effet escompté. Ainsi, le compte We Rate Dogs a publié sur tous ses réseaux sociaux une vidéo dans laquelle est expliqué que « Ni les produits de Ring, ni son business model ne sont construits pour retrouver des chiens perdus, mais plutôt de créer un réseau de surveillance de masse lucratif en transformant les maisons privées en postes de surveillance et des voisins bien intentionnés en informateurs pour l’ICE ».
Et depuis le début de la semaine, sur Reddit, des utilisateurs poussent d’autres à demander le remboursement de leurs caméras Ring : « N’aidez pas l’ICE à arrêter vos voisins ».
Les tuyaux d’Internet ne sont pas tous blindés, certains sont percés, des données personnelles sont volées par des pirates ou « fuitent » et sont ensuite échangées sur des forums. Entre les pirates qui affirment tout et n’importe quoi, tandis que d’autres relayent leur communication, pas facile de faire la part des choses. Cela arrange les sites et services qui laissent filer des données qui se retrouvent ainsi noyées dans le flot des messages.
Il y a deux ans, nous publiions un édito sur les fuites massives de données de l’époque, en concluant qu’Internet était « un annuaire des Français à ciel ouvert ». Le reste de l’année 2024, 2025 et les premières semaines de 2026 ne sont pas à l’apaisement, loin de là.
Revendications, fuites, cyberattaques, prestataires… vous avez les bases ?
Presque à se demander s’il reste encore des informations personnelles à siphonner. La réponse est oui : il ne faut pas baisser les bras. Un exemple du danger de croiser certaines informations : d’après le parquet de Paris, plusieurs cambriolages réalisés à l’adresse d’adhérents la Fédération française de tir (FFTir) découlent directement du vol de données dont elle a été victime.
Les fuites sont toujours aussi nombreuses, dans tous les domaines d’activités, des associations aux entreprises commerciales en passant par des institutions. Il ne se passe pas une semaine sans la revendication d’au moins un vol de données. Vous avez noté le glissement sémantique ? Nous avons utilisé le mot revendication, pas fuite ou cyberattaque. La distinction est très importante.
Revendication : des pirates affirment avoir des données, il faut les croire sur parole, ou réussir à valider l’authenticité de l’éventuel échantillon proposé. Fuite : des données ont été récupérées, mais cela peut venir d’un système défaillant, d’un email avec 10 000 adresses emails, etc. Cyberattaque : des pirates ont forcé les protections pour accéder aux données. Il y a aussi le cas des défauts de sécurisation : comment classer le fait de récupérer des mots de passe de précédentes fuites pour s’identifier sur d‘autres systèmes ? (Rappel : un mot de passe unique par service, c’est une règle importante).
Il faut également distinguer le cas des prestataires : quand un prestataire se fait trouer, le pirate peut récupérer des données pour l’ensemble de ses clients, impliquant alors des enseignes, associations et entités en cascade. C’est ce qui s’est passé en France pour des boutiques en ligne et des associations.
Quand des « influenceurs » deviennent les agents des « pirates »
Le grand jeu des pirates est de faire parler d’eux le plus possible et, s’ils arrivent en plus à faire passer des vessies pour des lanternes, c’est le jackpot. Les vessies sont souvent de vieilles données déjà disponibles sur Internet (via des précédentes fuites, du scraping…), tandis que les lanternes sont des informations « fraîches ».
Pour celui qui veut se lancer comme « commercial » des pirates en relayant leur com’, il y a une source inépuisable : BreachForums. Tout le monde peut y poster tout et n’importe quoi. Les messages y sont rapidement relayés par certains en quête de notoriété, sans vérification particulière. S’il tombe juste, c‘est parfait, l’« influenceur » en herbe passe en mode « je vous l’avais bien dit, je suis trop fort ». S’il tombe à côté : pas grave, il suffit de laisser couler et de passer à la prochaine « fuite ». Des messages, il y en a tous les jours sur BreachForums.
Faire du sensationnalisme, c’est facile puisque BreachForums prémâche même le travail avec un « index non officiel » des fuites de données en France. Ce « topic » revendique 279 746 410 (près de 280 millions) « d’enregistrements issus des 131 bases de données ». Entre hier et aujourd’hui, quelques centaines de milliers de données ont été ajoutées à partir de deux nouvelles bases.
Pour y entrer, il faut que la fuite concerne (ou affirme concerner) au moins 25 000 utilisateurs (sans doublon). L’auteur du message explique aussi que « l’authenticité de la fuite doit être vérifiée » avec, comme exemple, « un article de presse confirmant l’authenticité de votre fuite ». Le serpent ne serait-il pas en train de se mordre la queue ?
Sur Next, ce n’est pas notre manière de traiter l’information et encore moins celle sur les fuites de données. Il y a quelques semaines, nous expliquions comment nous avions vérifié l’email annonçant une fuite de données ColisPrivé. Cela prend du temps, mais c’est un temps nécessaire pour ne pas faire le jeu des pirates.
Attention, il n’est pas question de minimiser les fuites : elles sont clairement nombreuses, inquiétantes et toutes importantes ! Par contre, il faut faire attention à ne pas faire le jeu des pirates, à accorder du crédit à ce qui ne le mérite pas, à jouer sur la peur, etc.
Next pourrait, comme certains, relayer une bonne partie des publications de BreachForums avec du conditionnel (cela n’excuse pas tout, loin de là), mais nous avons décidé de faire autrement. Nous avons relayé les nombreuses fuites dans des briefs ou des actus selon les cas (et l’importance), mais cette manière de faire ne nous donne pas entièrement satisfaction, tout en prenant un temps non négligeable.
Si des « gentils pirates » et autres vendeurs de peur multiplient les messages anxiogènes, de l’autre côté les entreprises touchées peuvent avoir tendance à jouer la montre et à essayer de passer sous le tapis des fuites pour « épargner » leur image. C’est aussi pour cela qu’il faut en parler, la sécurité est l’affaire de tous.
Vincent Strubel, patron de l’ANSSI, remettait à sa manière l’église au centre du village : « les vrais méchants, ce sont les attaquants, pas les victimes ». Il reconnait volontiers que « 100 % des victimes auraient pu faire quelque chose pour éviter la cyberattaque », mais ajoute qu’elles restent « des victimes ». Comme les utilisateurs dont les données ont été dérobées, ce sont eux-aussi des victimes.
Ces derniers temps, on voit aussi arriver les vendeurs de VPN sur ce secteur (spoiler : ce n’est pas une bonne nouvelle). Surfshark par exemple affirme que « l’hémorragie continue avec 40,3 millions de comptes compromis en 2025 ». Bien évidemment, un VPN ne changerait rien, mais l’entreprise en profite pour vendre sa soupe « d’outils complets pour une navigation sécurisée et anonyme ». Nous n’allons pas refaire l’histoire des VPN et de leur (in)utilité pour le grand public, nous avons déjà longuement exposé notre point de vue dans un édito, qui reste encore valable quasiment deux ans plus tard.
Quelques heures plus tard, c’était au tour de Kaspersky de cibler les associations sportives, dont plusieurs ont été victimes de fuites : « Sport et fuites de données : les risques cachés liés aux trackers d’activité connecté ». Évidemment l’entreprise en profite pour glisser sa solution maison : « installer un logiciel de sécurité de confiance capable de détecter et de bloquer toute activité malveillante », avec un lien vers ses produits. La peur fait vendre.
No Doubt : Don’t speak ? Non, c’est le contraire !
Les signalements sont obligatoires en cas de violation de données à caractère personnel, mais à la CNIL seulement (article 33 du RGPD). L’article 34 énonce néanmoins que « lorsqu’une violation de données à caractère personnel est susceptible d’engendrer un risque élevé pour les droits et libertés d’une personne physique, le responsable du traitement communique la violation de données à caractère personnel à la personne concernée dans les meilleurs délais ».
C’est souvent par ce biais que les fuites sont confirmées : les utilisateurs sont informés, ils font suivre le message et nous vérifions alors son authenticité. Pour rappel, il est très facile d’envoyer un email en se faisant passer pour quelqu’un d’autre en changeant l’expéditeur.
Depuis un certain temps, nous réfléchissons d’ailleurs à la manière d’aborder le sujet… comme en témoigne le cas de ManoMano. Vous avez été très nombreux à nous signaler l’email envoyé par la boutique en ligne, merci mille fois déjà à vous ! Nous n’en avons pas encore parlé, pourtant cela l’aurait mérité.
D’autant que, quelques jours après le début des envois d’e-mails, une publication est arrivée sur BreachForums avec la revendication de 37,8 millions de « lignes d’utilisateurs » pour plusieurs déclinaisons géographiques de ManoMano. Que dire de plus ? Rien. Le chiffre n’est pas confirmé, la ventilation entre les pays non plus. Y a-t-il des doublons ? D’anciennes données ajoutées en douce pour gonfler la note ? Seul ManoMano pourrait confirmer, mais les entreprises ne le font que trop rarement, ce qui est aussi un problème. Pourtant cela n’empêche pas certains de reprendre ces gros chiffres quasiment comme argent comptant.
Ces derniers jours, vous nous avez aussi signalé des messages provenant de Batteriedeportable, de la Fédération de la montagne et d’escalade, de la CNAM, d’Easysystème (application utilisée par les auto-écoles), de Chronopost (encore…), etc. Nous n’avons pas tout vérifié, notamment car nous cherchons encore le meilleur moyen d’en parler.
Parler des fuites de données est générateur de trafic, que ce soit pour les sites d’actualités ou sur les réseaux sociaux ; pour cela que vous pouvez voir des reprises basées sur des promesses de pirates dont le « métier » est de voler et/ou mentir. Puisque les seuls revenus de Next sont les abonnements, nous n’avons pas besoin de faire la course à l’audience. Le nombre de pages vues n’entre pas en compte dans notre équation.
Entendons-nous bien, ce n’est pas une raison pour ne pas parler des fuites ; et redisons-le encore une fois : elles sont une réalité et représentent des dangers potentiels pour les utilisateurs, aggravés lorsqu’il s’agit de l’adresse physique, d’informations sur nos habitudes, de données bancaires…
Les pirates n’hésitent pas à recouper les données, à monter de toutes pièces des sites dédiés au phishing et à envoyer des courriers dans les boîtes aux lettres des logements de leurs cibles, comme en témoigne le cas Ledger.
Quoi qu’il en soit, la hausse des attaques, fuites et signalements est confirmée aussi bien par l’ANSSI que la CNIL sur leur périmètre respectif.
Fuuuuuuuuuuuuuuud !
Mais une chose est sûre : nous ne voulons pas tomber dans le « FUD » pour Fear, Uncertainty and Doubt (ou littéralement peur, incertitude et doute), mais nous devons vous tenir informés, ne serait-ce que pour savoir si nous avons eu ou non confirmation d’une fuite.
Il existe déjà des sites comme Bonjourlafuite lancé par Aeris et Fuite Infos de Christophe Boutry, mais dans les deux cas il s’agit de référencer un maximum de fuites, qu’elles soient « confirmée », « revendiquée (crédible) » ou « revendiquée (peu fiable) » pour reprendre la présentation de Bonjourlafuite. Ce n’est pas l’approche que nous voulons car elle met, à notre sens, trop en avant la parole des pirates.
Cela n’empêchera évidemment pas de traiter de manière plus approfondie certaines failles qui le méritent par leur ampleur, leur sophistication, le type de données dérobées, etc. Nous l’avons déjà fait et nous le referons, c’est une certitude.
Saisie par l’Association Pour Un RGPD Respecté (PURR), la CNIL semble maintenant prête à mettre en demeure plus massivement les entreprises qui ne respectent pas certaines obligations concernant les bandeaux d’informations sur les cookies déposés lors de la visite de leur site.
L’association, présidée par le militant des droits à la vie privée Aeris, a diffusé sur les réseaux sociaux un « déluge » d’extraits de décisions de l’autorité concernant Developpez.com, la Banque Postale, Ouest-France, AliExpress, Darty, OVHcloud ou encore Red by SFR.
Octave Klaba, PDG d’OVHcloud a confirmé avoir reçu la mise en demeure et explique que son équipe est en train de corriger le problème : « On utilise un outil / service externe et visiblement il bug. On va voir pour fixer ce bug en qq jours puis on va l’internaliser pour faire tout ca en propre au lieu de sous-traiter ».
Dans sa plainte, l’association a soulevé l’ « ineffectivité du retrait de consentement » qui a été prise en compte par l’autorité. « L’impossibilité technique de tenir compte du retrait de consentement », affirme-t-elle, « rend illégal l’intégralité des bannières cookies existantes ».
PURR explique continuer à auditer « l’ensemble des sites Internet français » sur cette question et invite à la rejoindre.
Microsoft a précisé mardi le plan de déploiement de Windows 11 version 26H1. Contrairement aux mises à jour annuelles classiques programmées sur le deuxième semestre de l’année, cette version attendue au printemps se destine à un périmètre matériel limité : celui des machines équipées de processeurs Arm sorties en 2026, à commencer par le Snapdragon X2 de Qualcomm.
La prochaine mise à jour majeure de Windows 11 sera bien estampillée 26H1 (pour première moitié de 2026), mais elle n’intéressera qu’un nombre limité d’utilisateurs. Microsoft a en effet confirmé mardi que cette mouture intermédiaire du système ferait l’objet d’un déploiement très limité, dans la mesure où il s’agit d’une « version ciblée qui prend en charge certaines des nouvelles innovations en matière d’appareils prévues pour 2026 ».
En pratique, l’éditeur ne mentionne pour l’instant qu’une seule gamme de machines : les ordinateurs équipés d’un Snapdragon X2, la famille de puces conçues par Qualcomm pour alimenter, entre autres, le segment des PC Copilot+.
Une branche à part en attendant la 26H2
Pourquoi dans ce contexte communiquer spécifiquement sur le sujet ? L’existence de Windows 11 version 26H1 est connue depuis l’automne dernier et cette version particulière du système fait déjà l’objet de tests auprès des membres du programme Windows Insiders.
Bien que Microsoft ait précisé dès le départ que cette mise à jour n’a vocation qu’à prendre en charge des matériels spécifiques, l’arrivée programmée de cette nouvelle version est susceptible d’influencer les décisions d’achat ou de renouvellement de machines, notamment en entreprise… Et c’est bien aux professionnels que l’éditeur adresse sa communication :
« Windows 11, version 26H1, n’est pas une mise à jour fonctionnelle pour la version 25H2. Il n’est pas nécessaire de suspendre les achats d’appareils ni les déploiements de systèmes d’exploitation, et aucune modification n’est requise pour les plans de déploiement en entreprise existants. Windows continuera de bénéficier de mises à jour de fonctionnalités annuelles au cours du second semestre. »
L’introduction de cette 26H1 n’est cependant pas totalement neutre du point de vue de l’administration de parc. Cette version spécifique recevra bien les mêmes mises à jour mensuelles que les actuelles versions 24H2 et 25H2 de Windows 11, mais elle ne sera pas éligible à la migration vers la 26H2 prévue pour cet automne. « En effet, Windows 11 version 26H1 repose sur un noyau Windows différent de celui des versions 24H2 et 25H2, ainsi que de la prochaine mise à jour de fonctionnalités ».
De ce fait, Microsoft recommande aux administrateurs IT de privilégier les versions 24H2 et 25H2 pour leurs déploiements en entreprise.
Emmanuel Macron n’est pas le dernier à s’élever contre Elon Musk et son réseau social X, mais ce n’est pas non plus le dernier à y publier des messages en « exclusivité ». Le président est absent de Bluesky et Mastodon, mais afin de l’aider (lui et ses équipes), Next lui propose un tuto pour crossposter. Il faut le reconnaitre : Internet, c’est compliqué et il n’est pas forcément facile de trouver le bon logiciel. Comme nous pensons aux caisses de l’État, ce tuto est en accès libre. Plus d’excuse !
Emmanuel Macron a déjà annoncé qu’il pourrait quitter certaines plateformes sociales, notamment X. Une déclaration forte, qui n’est pour le moment pas suivie de faits. Pire encore, X reste un réseau social où le président est actif, sans être présent sur des alternatives comme Bluesky et Mastodon.
Il s’affiche comme un fervent défenseur des solutions européennes et françaises, mais aussi de la « souveraineté numérique », d’autant plus dans un contexte géopolitique compliqué avec les États-Unis, la Russie et la Chine. S’il n’existe pas de concurrent européen à X, il y a une alternative open source : Mastodon. La Direction Interministérielle du Numérique (DINUM) a lancé une instance, disponible pour « des comptes institutionnels et certifiés ». Elle dispose pour le moment de 32 comptes actifs.
Bluesky est une autre alternative, lancée par Jack Dorsey, cofondateur du prédécesseur de X, Twitter. L’entrepreneur a quitté le conseil d’administration de Bluesky en 2024. La plateforme, elle, a dépassé le million d’utilisateurs en 2023 et attire bon nombre de déçus des dérives de X et de son IA Grok.
Rappel à Emmanuel Macron : il n’y a pas que X dans la vie
Le chef d’État est présent sur plusieurs réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram, Tiktok et X. Les contenus publiés ne sont pas les mêmes et s’adaptent généralement aux codes du réseau social… avec parfois des faux pas sur des fakes news.
Revenons à X, le réseau social d’Elon Musk et de son IA Grok qui est tout à la fois générateur de deepfakes et de deepnudes, superdiffuseur de désinformation, raciste… N’en jetez plus, la coupe est pleine. Des alternatives existent pourtant – Bluesky et Mastodon, comme nous venons de le voir –, mais le président de la République n’est présent sur aucune des deux.
Dans ce tuto simple et rapide, Next explique à Emmanuel Macron (et ses équipes) comment publier du contenu à la fois sur X, Bluesky et Mastodon. Une manière de casser l’exclusivité de certains messages et ainsi de permettre à tout un chacun de suivre ses déclarations en temps réel ailleurs que sur X.
Emmanuel Macron pourrait et devrait surtout montrer l’exemple. C’est d’autant plus important à l’heure des fakes news et des contenus modifiés par IA de toujours vérifier la source. Au lieu d’une capture ou d’un copier/coller, il serait ainsi possible de voir directement sur Bluesky ou Mastodon un message du président et s’assurer ainsi qu’il n’a pas été modifié.
Une seule interface, une publication sur plusieurs réseaux
Un vieux de la vieille dans la publication multiplateforme est Dlvr.it, une société basée à Portland aux États-Unis. Elle revendique actuellement la prise en charge de 21 réseaux sociaux (dont X, Bluesky et Mastodon) et permet à plusieurs personnes de gérer les comptes. La publication cross-plateforme peut directement se faire depuis l’interface, fonctionnement classique pour ce genre de service.
Agorapulse est une alternative française spécialisée dans la gestion des réseaux sociaux. Si l’entreprise est basée à Paris, elle passe par un acteur américain pour son infrastructure : Amazon Web Services. Bluesky est supporté, mais pas Mastodon.
Publier sur Bluesky et/ou Mastodon en plus de X ne demande qu’un ou deux clics supplémentaires. Voici deux captures de l’interface avec Dlvr.it et Agorapulse :
Avec des solutions telles que l’espagnol Metricool, les canadiens Hootsuite et Fedica, l’indien Zoho Social, etc, les outils ne manquent pas dans ce domaine.
Le crossposting a posteriori de X vers d’autres réseaux sociaux
Peut-être qu’Emmanuel Macron préfère gérer lui-même son compte X et ses publications. Dans ce cas, nous lui proposons (à lui et ses équipes) une approche différente : le crossposting des messages mis en ligne sur un réseau social vers un autre, de manière automatisée.
Changeons de crémerie et prenons Nuelink en exemple. Comme vous pouvez le voir sur les captures d’écran ci-dessous, ce ne sont pas les automatisations qui manquent. Le problème de ce genre d’outils est que la vérification des nouveaux tweets ne se fait que toutes les 30 minutes. De la latence à la place du vide, c’est déjà mieux que rien pour les usagers des alternatives à X.
D’autres services sont également disponibles, comme MicroPoster développé par un Australien. Là encore, nous n’avons cité que deux exemples dans un océan de possibilités.
Conseil cybersécu : vérifez les autorisations !
Dernier conseil et pas des moindres, valable pour Emmanuel Macron et ses équipes, mais aussi pour tous les utilisateurs des réseaux sociaux, qu’ils essayent ou non différentes solutions de crosspublication : vérifiez régulièrement les applications connectées à vos différents comptes.
Sur X, c’est par ici tandis que la page se trouve par là sur Bluesky. Pensez à révoquer les accès inutiles et à ne garder actifs que ceux réellement utilisés. Autrement, laisser un tiers accéder à vos publications, voire à vos messages privés, pourrait être lourd de conséquences !
Deux élues démocrates ont déposé un projet de loi afin de garantir l’intégrité des informations et de leurs travailleurs contre l’intelligence artificielle.
Un nouveau projet de loi présenté à l’Assemblée législative de l’État de New York entend obliger les organes de presse à signaler les contenus générés par l’IA et imposerait une vérification humaine préalable à leur publication, relève le Nieman Journalism Lab.
La sénatrice Patricia Fahy ( démocrate, comté d’Albany) et la députée Nily Rozic (démocrate, Eastern Queens) ont en effet présenté un projet de loi, intitulé « The New York Fundamental Artificial Intelligence Requirements in News Act » (loi sur les exigences fondamentales en matière d’intelligence artificielle dans les médias d’information de l’État de New York), ou « NY FAIR News Act » en abrégé.
« Au cœur de l’industrie de l’information, New York a tout intérêt à préserver le journalisme et à protéger les travailleurs qui le produisent », souligne Rozic dans un communiqué annonçant le projet de loi.
Il voudrait apporter « des protections claires et significatives pour les journalistes, les professionnels des médias et le grand public afin de garantir l’intégrité des informations et de leur personnel contre l’intelligence artificielle ».
La loi exigerait pour ce faire que les organes de presse apposent des avertissements sur tout contenu publié « essentiellement composé, rédigé ou créé à l’aide d’une intelligence artificielle générative ». Les articles, images et sons créés à l’aide d’une IA générative devraient également être examinés par un employé humain « ayant un contrôle éditorial » avant leur publication.
Le journalisme, une des industries les plus menacées par l’IA
Les législateurs se justifient au motif que les contenus générés par l’IA peuvent être « faux ou trompeur ». Ils soutiennent également que ces derniers « plagient » les sources originales dont les IA s’inspirent « sans autorisation ni citation appropriée ».
« L’une des industries les plus menacées par l’utilisation de l’intelligence artificielle est sans doute le journalisme et, par conséquent, la confiance du public dans l’exactitude des informations diffusées », précise la sénatrice Fahy dans le communiqué, ajoutant que « Plus de 76 % des Américains s’inquiètent du fait que l’IA puisse voler ou reproduire des articles journalistiques et des informations locales. »
La proposition a également été approuvée par une large coalition de syndicats représentant les travailleurs du secteur des médias d’information de New York. « Alors que la technologie de l’IA continue d’évoluer rapidement, nous devons mettre en place des mesures de protection plus strictes pour protéger les travailleurs et garantir la surveillance et la transparence lors de son utilisation », a déclaré le président de l’AFL-CIO de l’État de New York, Mario Cilento :
« La loi NY FAIR News Act permettra de préserver la crédibilité des journalistes, de garantir l’intégrité des reportages et de renforcer la confiance du public. Ces garde-fous de bon sens sont essentiels à une démocratie saine. »
Le texte prévoit aussi l’interdiction du remplacement des journalistes par des IA
Le texte prévoit également que l’utilisation de systèmes d’intelligence artificielle générative ne puisse entraîner de licenciement, remplacement ni transfert de tâches et fonctions actuellement exécutées par des employés ou des travailleurs, pas plus que de réduction de temps de travail, salaires ou avantages sociaux, ni de dégradation des conventions collectives existantes.
Le Nieman Lab relève que des dispositions similaires ont été négociées dans les conventions collectives individuelles de nombreuses salles de rédaction à travers le pays au cours des deux dernières années.
L’an passé, le gouvernement espagnol avait de son côté prévu de sanctionner les contenus ne précisant pas qu’ils sont générés par IA. Les sanctions, découlant de l’application de l’AI Act européen, s’échelonneraient de 500 000 à 7,5 millions d’euros, ou de 1 % à 2 % du chiffre d’affaires mondial des entités prises en défaut.
Accusé d’avoir contribué à vendre l’équivalent de plus de 105 millions de dollars de drogues sur le « dark web », un ex-étudiant taïwanais en sécurité informatique avait réussi à en tirer plus de 6 millions de dollars, à raison de 5 % de chaque transaction. Qu’il avait en partie transféré sur un compte à son nom.
Avec 45,5 millions de revenus en 2023, Incognito Market figurait alors en 4ᵉ position des places de marché du dark web les plus profitables. Le communiqué du département de la Justice US avance qu’elle aurait contribué à écouler plus de 105 millions de dollars de stupéfiants, dont plus de 1 000 kg de cocaïne, plus de 1 000 kg de méthamphétamines, des centaines de kg d’autres stupéfiants et plus de 4 kg d’une substance prétendument de l’« oxycodone », dont une partie était mélangée à du fentanyl.
« Rui-Siang Lin était l’un des trafiquants de drogue les plus prolifiques au monde, utilisant Internet pour vendre plus de 105 millions de dollars de drogues illégales dans tout le pays et à travers le monde », tout en prélevant 5 % des transactions, a déclaré le procureur américain Jay Clayton :
« Il est responsable d’au moins un décès tragique, et il a exacerbé la crise des opioïdes et causé la misère de plus de 470 000 consommateurs de stupéfiants et de leurs familles. La sentence prononcée aujourd’hui met en garde les trafiquants : vous ne pouvez pas vous cacher dans l’ombre d’Internet. Et notre message plus général est simple : Internet, la « décentralisation », la « blockchain » – toute technologie – ne sont pas un permis pour exploiter un commerce de distribution de stupéfiants. »
« Et oui, il s’agit d’une extorsion !!!! »
En mars 2024, Incognito Market, l’« une des plus grandes » places de marché (noir) de vente de drogues sur le dark web, parvenait successivement à escroquer puis rançonner ses utilisateurs. D’ordinaire, ceux qui procèdent à de tels « exit scam » cherchent à se faire discrets. Pharoah, l’administrateur de la place de marché, fit de son côté tout pour se faire remarquer.
Se disant « surpris du nombre de personnes qui se sont fiées à notre fonctionnalité de “chiffrement automatique” », Pharoah précisait en effet aux utilisateus d’Incognito Market que les « messages et identifiants de transaction n’ont jamais été supprimés après la période d'”expiration”… SURPRISE SURPRISE !!! »
Pour les inciter à payer leurs rançons (de 100 à 20 000 dollars), il menaçait même de « fuiter auprès des forces de l’ordre » l’intégralité des 557 000 commandes et 862 000 identifiants de transactions de crypto-monnaies à la fin du mois de mai : « Le fait que vos informations et celles de vos clients figurent sur cette liste ne dépend que de vous », précise le message : « Et oui, il s’agit d’une extorsion !!!! ».
Un CV incompatible avec sa fortune en cryptos
Fin mai, le département de la Justice des États-Unis avait annoncé l’arrestation d’un Taïwanais de 23 ans, qu’il accuse d’être Pharoah. Rui-Siang Lin, un ex-étudiant en sécurité informatique passionné par les cryptos – et également connu sous les noms de Ruisiang Lin, 林睿庠, et faro – avait en effet été arrêté à l’aéroport John F. Kennedy de New York.
Le communiqué précisait alors qu’Incognito Market aurait permis la commercialisation de plus de 1 000 kilos de stupéfiants, dont « au moins 364 kilogrammes de cocaïne, 295 kilogrammes de méthamphétamine et 92 kilogrammes de MDMA », pour « environ 80 000 000 $ en crypto-monnaies ».
Incognito Market dénombrait plus de 1 000 vendeurs, plus de 200 000 acheteurs, et « au moins un employé ». Le communiqué annonçant la sentence infligée à Rui-Siang Lin avance désormais qu’y figuraient 1 800 « vendeurs », et plus de 400 000 « acheteurs » ayant effectué plus de 640 000 transactions.
Les quatre portefeuilles de cryptos stockés dans le serveur saisi en janvier 2024 comprenaient 1 316 BTC (équivalant à 37 millions de dollars, précisait l’acte d’accusation), dont 123,14 (3,35 M$) pour le seul portefeuille de l’administrateur d’Incognito Market.
L’analyse des transactions indiquait que, depuis son lancement, Incognito Market aurait généré 83,6 millions de dollars de revenus et rapporté à son administrateur « au moins 4 181 228 $ grâce à sa commission de 5 % ».
Or, l’un des portefeuilles de cryptoactifs, créé par Rui-Siang Lin fin juillet 2023, avait reçu l’équivalent de 4,5 millions de dollars de dépôts en cryptos fin novembre. Des sommes incompatibles avec ses activités professionnelles, résumait l’acte d’accusation :
« Sur les quatre “expériences professionnelles” énumérées dans le CV de Lin, la première est un “stage”, la seconde est “étudiant chercheur”, la troisième “cofondateur” d’une obscure société de technologie et la quatrième est employé des “technologies de l’information” pour un bureau du gouvernement étranger. Aucun de ces postes ne suggère que LIN aurait gagné des millions de dollars. »
Spécialiste de l’OPSEC, il tombe pour des erreurs d’OPSEC
Étrangement, Rui-Siang Lin avait non seulement commis l’erreur de se rendre aux États-Unis, mais aussi et surtout d’effectuer quatre paiements auprès d’un registrar pour des noms de domaine faisant la promotion d’Incognito Market depuis un portefeuille de cryptos lui étant associé.
Ce même portefeuille avait en outre reçu des sommes en provenance d’une plateforme de « swapping » (souvent utilisée pour « blanchir » des BTC notamment en les convertissant en d’autres cryptoactifs, NDLR) dont les montants correspondaient à ceux que l’administrateur d’Incognito Market venait de tenter de blanchir.
Des erreurs d’autant plus surprenantes qu’Incognito Market obligeait ses utilisateurs à déchiffrer des messages chiffrés au moyen de PGP, mais qu’il les testait également via des quizz portant notamment sur leurs connaissances de la sécurité de Monero ou encore des principes de la sécurité opérationnelle (ou OPSEC, pour « OPerations SECurity »), s’étonnait Wired.
Recruté comme spécialiste des technologies de l’information par le ministère des Affaires étrangères de Taïwan, il avait en outre été envoyé diriger, à l’Académie de police de l’île de Sainte-Lucie, dans les Caraïbes, une formation de quatre jours consacrée à… la cybercriminalité et aux crypto-monnaies.
Et dans sa dernière publication sur LinkedIn, il se disait « très heureux de vous annoncer que j’ai obtenu la nouvelle qualification de Chainalysis : Chainalysis Reactor Certification (CRC) ! », la société d’analyse des blockchains et cryptoactifs utilisée par les principales polices occidentales.
Dans son dernier tweet, posté le 18 mai (jour de son arrestation), il partageait un graphe de Chainalysis montrant qu’avec 45,5 millions de revenus en 2023, Incognito Market figurait en 4ᵉ position des places de marché du dark web les plus profitables.
Qualifiant le journalisme de « relique du siècle dernier », OpenAI constate que ses utilisateurs posent à ChatGPT un nombre croissant de questions au sujet d’informations locales. Le nombre de journalistes locaux ayant chuté de 60 % en 20 ans aux États-Unis, il annonce un partenariat avec Axios pour contribuer à en financer une centaine, afin d’alimenter sa base de connaissances.
Aux États-Unis, l’accaparement de la publicité par Google et les plateformes, couplé au fait de pouvoir s’informer depuis son smartphone, ont contribué à la disparition de 3 500 journaux papiers de la presse régionale, passés de près de 9 000 à moins de 5 500 en 20 ans, estime la Local News Initiative de l’université de Northwestern.
Aux USA, le nombre de journaux locaux a chuté de 40 %, celui des journalistes de 60 %, en 20 ans
Près de 40 % des titres de la presse locale ont disparu, laissant 50 des 342 millions de citoyens sans accès à de l’information journalistique. 39 des 50 États dénombrent moins de 1 000 journalistes. Le nombre d’employés d’entreprises de presse a dans le même temps chuté de 75 %, celui des journalistes de 60 %.
Or, ChatGPT enregistrerait environ 1 million de requêtes et demandes d’informations locales par semaine, relève OpenAI, pour qui les gens « continuent à faire davantage confiance aux informations locales qu’aux informations nationales » : « La plupart de cet intérêt se concentre sur la vie civique quotidienne : événements communautaires et entreprises locales, criminalité et interventions d’urgence, législation, tribunaux et politiques publiques ».
OpenAI note également que les internautes s’enquièrent aussi des conditions météorologiques hivernales : les questions au sujet de la météo et des fermetures d’écoles ont ainsi plus que quadruplé, au point de devenir l’un des sujets les plus populaires après le 17 janvier, lorsque la tempête hivernale Fern s’est abattue sur les États-Unis.
Problème : « ChatGPT peut aider les gens à trouver des informations locales, à condition que les journalistes locaux continuent à les couvrir ». Ce pourquoi OpenAI annonce vouloir adopter « une approche différente en matière de partenariats dans le domaine de l’information ».
Le journalisme ? Une « relique du siècle dernier »
La start-up souligne que « pendant des années, les relations entre les grandes entreprises technologiques et les organes de presse ont été marquées par des tensions », au point de qualifier le journalisme de « relique du siècle dernier » (sic), résume Adam Cohen, responsable de la politique économique chez OpenAI :
« À mesure que les plateformes numériques transformaient la manière dont les gens découvraient et consommaient l’information, le journalisme était souvent considéré comme une activité « traditionnelle », une relique du siècle dernier imprimée sur du papier ou récité de manière rigide devant un téléprompteur. Les blogueurs, les vlogueurs et les podcasteurs étaient considérés comme l’avenir du discours public, et les entreprises technologiques rejetaient instinctivement l’idée que le journalisme professionnel puisse mériter une attention particulière. »
Dès lors, « les partenariats étaient rares » et « le dialogue limité » entre les deux professions, la Silicon Valley considérant l’information comme « un mauvais modèle économique », « sans se soucier outre mesure de son impact sur notre compréhension du monde qui nous entoure et du rôle essentiel que joue la fiabilité de l’information dans le soutien de nos idéaux démocratiques ».
43 communautés, couverts par 100 journalistes
« Nous avons choisi une voie différente », se targue aujourd’hui OpenAI, au motif qu’ « un secteur médiatique prospère et indépendant n’est pas seulement compatible avec l’IA, il en est essentiel », que « les gens veulent connaître les sources des informations qu’ils voient sur ChatGPT, et le fait de proposer un journalisme de haute qualité rend ChatGPT plus utile et plus informatif ».
Lancé en janvier 2025, le partenariat entre OpenAI et Axios vise à étendre le nombre de villes couvertes afin de fournir aux utilisateurs de ChatGPT des informations locales validées par des journalistes. Axios Local, qui avait lui-même été initié en 2021, couvrait l’an passé 30 villes et ses newsletters dépassaient les 2 millions d’abonnés.
Axios et OpenAI veulent aujourd’hui y rajouter neuf autres villes, portant le réseau à 43 communautés, couverts par 100 journalistes, co-financés par 13 000 abonnés payants. « Grâce à OpenAI, Axios peut désormais embaucher davantage de journalistes locaux pour couvrir les petites agglomérations urbaines, un modèle qui lui permettra à terme d’atteindre des milliers de zones défavorisées en matière d’information à travers le pays », résume le communiqué d’Axios.
Ni Axios ni OpenAI ne détaillent les montants dont il serait question.
La fête aura été de courte durée : moins d’un mois après avoir lancé son dernier jeu vidéo, 2XKO, l’éditeur américain Riot Games a annoncé le licenciement d’une partie de l’équipe responsable de son développement.
La décision a été relayée par Tom Cannon, le producteur exécutif de 2XKO, qui justifie cette réduction d’effectifs par la réception en demi-teinte réservée à ce jeu de combat 2v2 distribué en free-to-play.
« Après mûre réflexion et de nombreuses discussions, nous réduisons la taille de l’équipe 2XKO. Sachez que cette décision n’a pas été prise à la légère. Lors de notre passage du PC aux consoles, nous avons constaté des tendances constantes dans l’engagement des joueurs avec 2XKO. Le jeu a su trouver un écho auprès d’un noyau dur de joueurs passionnés, mais la dynamique globale n’a pas atteint le niveau nécessaire pour assurer la pérennité d’une équipe de cette taille. »
2XKO applique au jeu de combat les mécaniques compétitives et économiques de LoL ou Valorant – crédit Riot Games
Le jeu n’est pas abandonné, mais l’équipe désormais resserrée est censée s’atteler maintenant à des « améliorations clés » non spécifiées. Riot Games (propriété du chinois Tencent, éditeur de League of Legends et de Valorant) ne précise pas le nombre d’employés concernés, mais l’un des membres de l’équipe 2XKO a évoqué le chiffre de 80 licenciements auprès de Game Developer.
La nouvelle semble avoir été communiquée sans avertissement préalable aux équipes. « Dix ans chez 2XKO, douze chez Riot, et je me fais virer avec 30 minutes de préavis, lol », lâche sur Bluesky l’un des licenciés.
La décision parait d’autant plus abrupte que 2XKO a connu une phase de développement de près de dix ans sous l’égide de Riot Games. Le projet découle en effet du rachat, en 2016, de Radiant Entertainment, un petit studio spécialisé dans les jeux de combat fondé par Tom Cannon et son frère.
Initialement pensé pour le PC avant d’être porté sur PS5 et Xbox, 2XKO incarne la première offensive de Riot Games sur la scène des jeux de combat à dimension compétitive. Le jeu, qui dispose d’un mode classé, fait s’affronter des équipes de deux joueurs (2v2), avec une galerie de personnages inspirés de l’univers de League of Legends, tel qu’il a été mis en scène dans la série animée Arcane. Comme League of Legends ou Valorant, le jeu est accessible gratuitement, mais il faut souscrire un Battle Pass payant et saisonnier pour accéder plus facilement aux récompenses offertes par le jeu et aux animations événementielles.
Début février, une étude réalisée sous l’égide de la Game Developer Conference révélait que près d’un tiers des postes de l’industrie du jeu vidéo avaient été supprimés ou transformés au cours des deux dernières années.
Louvain, en Belgique, peut désormais s’enorgueillir de disposer d’une salle blanche de 2 000 m² dans laquelle seront bientôt conçus, développés et testés des procédés visant à produire des semiconducteurs avec une finesse de 2 nm ou moins. Baptisée NanoIC, cette ligne pilote a été inaugurée lundi 9 février dans les locaux de l’Imec (Institut de microélectronique et composants), l’institut de recherche interuniversitaire flamand responsable de ses opérations.
NanoIC devrait recevoir dès le mois de mars la dernière pièce majeure nécessaire au lancement de ses activités, un scanner lithographique EUV High-NA fourni par ASML. Une machine de pointe, dont le prix se compte en centaines de millions de dollars, et qui entre en œuvre dans les procédés de gravure les plus avancés du marché, chez TSMC comme chez Intel avec le procédé Intel 14A, annoncé début 2024.
Contrairement à ces projets industriels, qui servent une logique de production de masse, la ligne NanoIC est pensée pour la R&D. « En donnant accès à des technologies de semi-conducteurs de pointe, la ligne pilote NanoIC jouera un rôle crucial dans le renforcement du tissu industriel européen à l’ère de l’IA et dans la garantie d’un climat de croissance économique, de sécurité et de prospérité pour les décennies à venir », promet ainsi Luc Van den hove, directeur de l’Imec, selon qui une nouvelle salle blanche, de 4 000 m² cette fois, est déjà en préparation.
L’Imec de Louvain dispose désormais d’une salle blanche de 2 000 m² dédiée aux dernières technologies de fabrication de semiconducteurs – crédit Imec
Dans son ensemble, le projet a également vocation à essaimer au sein des structures partenaires de l’Imec, dont le CEA-Leti (France), l’institut Fraunhofer (Allemagne) et les centres de recherche techniques VTT (Finlande), CSSNT (Roumanie) et Tyndall National Institute (Irlande).
Cette ligne pilote représente un investissement global de 2,5 milliards d’euros, dont 700 millions d’euros apportés par la Commission européenne. Le principe en avait été validé au printemps 2024, dans le cadre du Chips Act de l’Union européenne, qui prévoit une enveloppe totale de 43 milliards d’euros pour promouvoir la fabrication européenne de puces électroniques et répondre aux plans d’investissements chinois et états-uniens.
Fin janvier, le CEA-Leti a lui aussi inauguré sa propre ligne pilote, surnommée FAMES et installée dans ses locaux de Grenoble. Cofinancée par France 2030, elle représente un investissement de 830 millions d’euros, tourné vers cinq technologies considérées comme stratégiques : les prochaines générations de procédés FD-SOI, les mémoires non volatiles embarquées, l’intégration 3D, les composants RF passifs et les composants passifs pour la gestion de puissance.
Discord a annoncé lundi le déploiement prochain d’un système de vérification d’âge à grande échelle. Par défaut, tous les comptes seront basculés vers le « mode ado », qui désactive les contenus sensibles, et il faudra passer par l’une des méthodes de contrôle proposées pour que « Discord s’adapte à la tranche d’âge vérifiée ».
« Notre travail en matière de sécurité n’est nulle part plus important que lorsqu’il s’agit d’utilisateurs adolescents », affirme Discord. Lundi, le réseau social a annoncé la généralisation d’une mesure déjà en vigueur au Royaume-Uni et en Australie : la vérification systématique de l’âge de l’utilisateur ou, à défaut, l’activation d’un « mode adolescent » (teen mode) dans lequel les paramètres liés notamment aux contenus sensibles (à caractère sexuel ou violent) sont masqués ou floutés.
Vérification d’âge pour tous
Le changement devrait intervenir début mars et concerner l’ensemble des utilisateurs de Discord, comptes existants comme nouveaux inscrits. Après ce déploiement, une simple déclaration ne sera donc plus suffisante pour activer l’accès aux contenus sensibles. Le floutage des contenus sensibles, l’accès limité aux espaces considérés comme adultes, l’acheminement des nouveaux contacts vers une boîte de réception séparée et les restrictions liées aux salons vocaux seront paramétrés sur tous les comptes.
Pour s’affranchir de ces restrictions, il faudra donc faire vérifier son âge. Sur ce volet, Discord indique qu’il sera possible de procéder à une estimation de l’âge par reconnaissance faciale, ou de fournir un document attestant de son âge à un service de vérification partenaire. L’entreprise américaine ne liste pas, pour l’instant, les partenaires en question, et n’indique pas non plus si ces derniers varieront selon les pays.
Elle promet en revanche que la vérification par reconnaissance faciale est opérée en local (au niveau de l’appareil de l’utilisateur), et que les documents d’identité fournis aux services tiers sont supprimés « rapidement » de leurs serveurs. Le statut âge vérifié d’un compte constitue par ailleurs un paramètre confidentiel, invisible des autres utilisateurs, affirme Discord.
Ces différents modes opératoires rappellent les mesures techniques de vérification d’âge à l’efficacité contestable mises en place, en France, pour limiter l’accès aux sites pornographiques. Dans le cas de Discord, le contournement par VPN (pour simuler la connexion au site visé depuis l’étranger) ne devrait toutefois pas constituer une option valide, puisque la plateforme instaure ces nouvelles règles dans le monde entier.
Un modèle d’inférence d’âge
Outre ces méthodes déjà mises en œuvre dans l’industrie des contenus pornographiques, Discord évoque également l’implémentation d’un modèle d’inférence, présenté comme « un nouveau système fonctionnant en arrière-plan pour aider à déterminer si un compte appartient à un adulte, sans exiger systématiquement des utilisateurs qu’ils vérifient leur âge ».
À l’inverse, le modèle pourrait-il analyser que l’utilisateur se comporte comme un mineur, et rétablir les restrictions dans l’attente d’une nouvelle vérification d’âge ? Discord ne le dit pas explicitement, mais l’hypothèse semble plausible : « Il se peut que certains utilisateurs soient invités à utiliser plusieurs méthodes si des informations supplémentaires sont nécessaires pour déterminer une tranche d’âge », indique la plateforme.
En attendant, Discord semble satisfait des expériences déjà menées sur le sujet : « L’année dernière, Discord a lancé avec succès une expérience par défaut pour les adolescents au Royaume-Uni et en Australie, et ce déploiement mondial s’appuie sur cette approche pour offrir des protections cohérentes et adaptées à l’âge dans le monde entier. »
L’entreprise, qui cherche peut-être à donner des gages de sérieux en vue de sa prochaine introduction en bourse, devra peut-être fournir des garanties supplémentaires quant à la sécurité des systèmes de vérification d’âge. En octobre dernier, Discord a en effet été victime d’une fuite de données imputée à un prestataire tiers. Les informations dérobées incluaient notamment « un petit nombre de documents d’identité officiels (par exemple, permis de conduire, passeport) d’utilisateurs ayant fait appel d’une décision de détermination de l’âge. »
Cette annonce de la vérification d’âge systématique intervient à l’occasion de l’Internet Safer Day (10 février), rendez-vous annuel de sensibilisation aux usages du numérique à destination des jeunes créé par l’UE en 2004. En 2025, Discord avait à cette même date présenté sa nouvelle fonction ignorer, visant à protéger des risques de harcèlement.
Les utilisateurs de ChatGPT aux États-Unis sont désormais susceptibles de voir apparaître des publicités dans l’interface de discussion. OpenAI a en effet confirmé lundi 9 février l’introduction concrète des premières réclames pour les utilisateurs de la version gratuite du service et les détenteurs du nouvel abonnement ChatGPT Go, lancé mi-janvier.
« Nous commençons par un test afin d’apprendre, de recueillir des commentaires et de nous assurer que l’expérience est satisfaisante », promet OpenAI, qui avance sur des œufs en matière de communication. L’entreprise de Sam Altman a en effet été prise à partie par sa rivale Anthropic, qui a mis à profit les séquences publicitaires du Super Bowl pour la tourner en dérision, et promettre que les modèles Claude ne seront jamais associés à de la pub.
La publicité est doublement contextualisée, en fonction de la conversation et de l’utilisateur
OpenAI réaffirme de son côté qu’elle envisage la publicité comme un levier nécessaire à l’accessibilité de ChatGPT. « Pour garantir la rapidité et la fiabilité des abonnements Free et Go, il est nécessaire de disposer d’une infrastructure importante et de réaliser des investissements continus. Les publicités contribuent à financer ce travail, favorisent un accès plus large à l’IA grâce à des options gratuites et à faible coût de meilleure qualité, et nous permettent d’améliorer continuellement l’IA et les capacités que nous offrons », précise l’entreprise, avant de rappeler que les abonnements Plus et Pro n’affichent aucune réclame.
L’éditeur de ChatGPT renouvelle ses promesses quant à l’impartialité de ses modèles vis-à-vis des annonceurs. « Les publicités n’influencent pas les réponses fournies par ChatGPT », affirme OpenAI, qui assume en revanche un ciblage contextuel. « Au cours du test, nous déterminons quelle publicité afficher en associant les publicités soumises par les annonceurs au sujet de votre conversation, à vos discussions passées et à vos interactions antérieures avec des publicités. »
OpenAI s’engage à fournir des « contrôles publicitaires » adaptés
L’entreprise assure que l’annonceur n’accèdera jamais au contenu des conversations, et que l’utilisateur disposera des contrôles nécessaires à la vérification ou à la suppression des données publicitaires le concernant. « Pendant la phase de test, aucune publicité ne sera affichée sur les comptes pour lesquels l’utilisateur indique avoir moins de 18 ans, ni lorsque nous estimons qu’un utilisateur est mineur. Par ailleurs, les publicités ne seront pas diffusées à proximité de sujets sensibles ou réglementés, tels que la santé, la santé mentale ou la politique. », promet enfin OpenAI.
John Perry Barlow a prononcé sa célèbre Déclaration d’indépendance du cyberespace il y a précisément trente ans, au forum de Davos. Écrits en réponse aux velléités de contrôle de l’administration américaine sur le fonctionnement d’Internet, ses mots résonnent toujours avec l’actualité récente.
Rédigée le 8 février 1996 et prononcée au Forum économique mondial de Davos dans la foulée, la Déclaration d’indépendance du cyberespace de John Perry Barlow s’est dans les jours qui suivent diffusée comme une traînée de poudre parmi les premiers adeptes de cette toile étrange qu’on appelait Internet. Elle est depuis conservée par l’Electronic Frontier Foundation (cocréée par Barlow), et constitue l’un des textes fondateurs de la cyberculture.
En 1996, ce drôle d’oiseau mi-poète, mi-essayiste, éleveur à la retraite d’origine mormone devenu hippie et parolier du Grateful Dead à ses heures perdues, réagit à une proposition de loi portée par Al Gore devant le Congrès des États-Unis et signée, précisément le 8 février, par Bill Clinton.
Déjà en 1996, surveiller Internet
Au sein de ce grand Telecommunications Act, pensé pour orchestrer le développement d’une industrie des télécoms en plein essor, figure en effet un sous texte, le Communications Decency Act, qui tente de réglementer l’indécence et l’obscénité en ligne en les sanctionnant pénalement.
Ce sont ces mesures, dénoncées par les défenseurs de la liberté d’expression et invalidées dès juin 1996 par des juges fédéraux, qui alimentent la verve de Barlow.
« Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d’acier, je viens du cyberespace, nouvelle demeure de l’esprit. Au nom de l’avenir, je vous demande, à vous qui êtes du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez aucun droit de souveraineté sur nos lieux de rencontre. », attaque ce dernier, dont on peut lire le texte traduit en français sur Wikipédia.
Tout au long de sa déclaration, Barlow défend l’idée d’un Internet autonome, affranchi des volontés de contrôle de gouvernements qui ne devraient tirer leur pouvoir que du « consentement des gouvernés ».
« Nous créons un monde où chacun, où qu’il se trouve, peut exprimer ses idées, aussi singulières qu’elles puissent être, sans craindre d’être réduit au silence ou à une norme. Vos notions juridiques de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement et de contexte ne s’appliquent pas à nous. Elles se fondent sur la matière. Ici, il n’y a pas de matière. »
Utopique, mais d’actualité
Trente ans plus tard, le monde a bien été « couvert de médias informatiques » comme le pressentait Barlow, mais la promesse d’une « transmission globale de la pensée », affranchie des « usines » et des « postes de garde aux frontières du cyberespace » sonne comme une utopie bien éloignée des réalités de la tech moderne, dont les contingences sociales et environnementales se heurtent à la collision de facteurs aussi bien politiques qu’économiques.
Barlow, décédé en 2018 à 70 ans, n’aura pas connu les dérives récentes de la tech. Deux ans auparavant, pour les 20 ans de sa Déclaration, il réaffirmait son propos : « Mon argument principal était que le cyberespace est naturellement immunisé contre la souveraineté, et qu’il le serait toujours […] Je croyais alors que c’était vrai, et je crois que c’est toujours vrai maintenant ». Mais comment aurait-il réagi aux provocations d’un Elon Musk, aux dérivestotalitaires d’un Trump ou aux coupures totales d’Internet dans des régimes autoritaires en proie à des révoltes populaires ?
Sa déclaration revêt des accents prophétiques au regard de cette actualité, et continue d’ailleurs d’alimenter le débat entre tentatives de réécriture et réflexions en faveur de communs numériques. L’esprit de la Déclaration de Barlow n’est donc pas mort, comme en témoigne symboliquement la création, ce 9 février 2026, d’une association baptisée Libres de choix, dont les fondateurs appellent à ce que le cyberespace soit considéré et protégé comme un « espace public d’intérêt général ».
Il y a quelques semaines, la Commission européenne ouvrait une procédure formelle contre Meta, et plus particulièrement sur l’accès des fournisseurs tiers d’intelligence artificielle à WhatsApp. Cela faisait suite à une annonce en octobre du géant américain de restrictions sur l’IA avec WhatsApp Business.
En effet, depuis le 15 janvier de cette année, seul Meta AI est disponible sur WhatsApp, « tandis que les concurrents ont été écartés ».
Dans ses conclusions préliminaires, la Commission estime que « Meta a enfreint les règles de l’UE en matière de pratiques anticoncurrentielles en empêchant les assistants d’intelligence artificielle (IA) tiers d’accéder à WhatsApp et d’interagir avec ses utilisateurs ». Cela couvre l’Espace économique européen (EEE) sauf l’Italie, car l’autorité de la concurrence locale « a imposé des mesures provisoires à Meta en décembre 2025 ».
Meta risque ainsi « de barrer la route aux concurrents », tout en étant « susceptible d’occuper une position dominante » dans le domaine des messageries instantanées. La Commission craint donc que Meta abuse de sa position dominante, et annonce de possibles mesures à venir.
L’Europe a en effet « I’intention d’imposer des mesures provisoires » pour éviter un « préjudice grave et irréparable sur le marché ». La Commission ajoute que c’est d’ailleurs « urgent d’adopter des mesures de protection ». La balle est maintenant dans le camp de Meta qui peut accéder aux documents de la Commission et se défendre.
Si la Commission confirme ses conclusions préliminaires après le contradictoire, elle peut rendre une décision imposant des mesures. « L’adoption d’une décision de mesures provisoires ne préjuge pas des conclusions finales de la Commission sur le fond de l’affaire », ajoute-t-elle.
En fin de semaine dernière, la Commission concluait aussi à titre préliminaire que « TikTok enfreignait la législation sur les services numériques en raison de sa conception addictive ». L’enjeu est important au niveau européen, mais aussi (et surtout ?) en France puisque plus d’un tiers de la population de 12 ans et plus utilise l’IA générative chaque jour, et 75 % les messageries instantanées.
Le service de renseignement allemand BfV et l’administration chargée de la sécurité numérique du pays ont publié une alerte au sujet d’attaques de phishing menées sur Signal par un « cyberacteur probablement contrôlé par un État ».
Le service de contre-espionnage allemand BfV et le BSI (équivalent à l’ANSSI) ont communiqué conjointement pour signaler une vague de phishing sur Signal. Selon eux, un « cyberacteur probablement contrôlé par un État » utilise la messagerie chiffrée pour viser notamment « des personnalités de haut rang issues du monde politique, militaire et diplomatique, ainsi que des journalistes d’investigation en Allemagne et en Europe ».
Des fonctions de sécurité légitimes exploitées par les pirates
« Les pirates exploitent les fonctions de sécurité légitimes des applications et les combinent avec des techniques d’ingénierie sociale. L’objectif est d’accéder discrètement aux discussions individuelles et de groupe ainsi qu’aux listes de contacts des personnes concernées », expliquent les deux agences allemandes dans un document [PDF].
Il y a tout juste un an, Google avait déjà détecté une campagne de phishing sur l’application de messagerie chiffrée menée par des pirates proches de la Russie contre des troupes militaires ukrainiennes.
Les services allemands évoquent l’utilisation de la même fonction de liaison vers un nouvel appareil via un QR-code : « Les pirates contactent leur cible sous un prétexte crédible et la persuadent de scanner un QR-Code. Ce code connecte effectivement un nouvel appareil au compte de la cible. Cependant, cet appareil est contrôlé par les pirates », expliquent-ils.
Comme Google, ils précisent que WhatsApp a le même genre de fonctionnalité qui pourrait donc tout aussi bien être utilisée de façon maligne. En décembre dernier, Gen Digital signalait justement une attaque sur la messagerie de Meta via la récupération de codes de vérification via QR code avec un lien supposé renvoyer l’utilisateur vers une photo à consulter.
Se faire passer pour l’assistance de Signal
Mais les services allemands ajoutent avoir détecté une autre manière de faire s’appuyant moins sur une fonctionnalité particulière de la messagerie que sur de l’ingénierie sociale. Ainsi, « les pirates se font passer pour l’équipe d’assistance officielle ou le chatbot d’assistance du service de messagerie (« Signal Support » ou « Signal Security ChatBot »). Ils contactent directement leur cible par message instantané. La conversation commence généralement par une prétendue alerte de sécurité. Les pirates créent également une pression immédiate en affirmant que sans action immédiate, la perte de données privées est imminente », expliquent-ils.
Et les pirates d’ajouter encore de la pression en affirmant que « seule la transmission du code PIN de sécurité privé de la personne ciblée ou d’un code de vérification reçu par SMS peut empêcher cette perte ». En récupérant le code PIN de l’utilisateur, les pirates peuvent alors s’enregistrer sur un autre appareil et contrôler la messagerie.
Encore une fois, WhatsApp n’est pas non plus à l’abri de ce genre d’attaque puisque la messagerie de Meta a, elle aussi, implémenté un système de code PIN pour sa vérification en deux étapes.
Déjà référencé parmi les fournisseurs d’Amazon Web Services (AWS), STMicroelectronics annonce la conclusion d’un nouvel accord pluriannuel et portant sur plusieurs milliards de dollars de commandes avec le géant américain du cloud.
Après une année difficile, 2026 démarre sous de bons auspices pour STMicroelectronics : le fabricant franco-italien de semiconducteurs vient en effet d’annoncer l’expansion des relations qui le lient déjà à l’américain AWS, dans le cadre d’un accord pluriannuel, portant sur plusieurs milliards de dollars de commandes.
« Cette collaboration positionne ST comme un fournisseur stratégique des technologies et produits semiconducteurs avancés qu’AWS intègre dans son infrastructure de calcul, permettant à AWS d’offrir à ses clients de nouvelles instances de calcul à haute performance, des coûts opérationnels réduits et une capacité à faire évoluer les charges de travail intensives en calcul plus efficacement », clame l’entreprise dans un communiqué.
STMicroelectronics ne détaille pas la nature exacte des commandes passées par AWS, mais évoque la fourniture de « fonctionnalités spécialisées pour la connectivité à haut débit, incluant le traitement du signal mixte à haute performance, des microcontrôleurs avancés pour la gestion intelligente de l’infrastructure, ainsi que des circuits intégrés analogiques et de puissance qui offrent l’efficacité énergétique requise pour les opérations des data centers à grande échelle ».
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L’accord prévoit également un volet capitalistique : STMicroelectronics indique en effet avoir émis des warrants (un instrument boursier octroyant le droit d’acheter ou de vendre des titres à un prix et jusqu’à une date d’échéance déterminés à l’avance) permettant à AWS d’acquérir jusqu’à 24,8 millions d’actions du groupe franco-italien, soit une prise de participation pouvant atteindre 715 millions de dollars.
En bourse, l’action STMicroelectronics a réagi favorablement lundi, gagnant environ 7 % à la mi-journée. Fin janvier, le fondeur européen avait dévoilé un bilan en demi-teinte pour son exercice 2025 (marqué par un plan de départ volontaire), qui se concluait sur un chiffre d’affaires annuel de 11,8 milliards de dollars, en baisse de 11 % sur un an, avec un bénéfice net limité à 166 millions de dollars, en recul de 90 % par rapport à 2024.