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30 ans plus tard, la Déclaration d’indépendance du cyberespace à l’épreuve de la réalité

9 février 2026 à 17:32
Grateful Dead
30 ans plus tard, la Déclaration d’indépendance du cyberespace à l’épreuve de la réalité

John Perry Barlow a prononcé sa célèbre Déclaration d’indépendance du cyberespace il y a précisément trente ans, au forum de Davos. Écrits en réponse aux velléités de contrôle de l’administration américaine sur le fonctionnement d’Internet, ses mots résonnent toujours avec l’actualité récente.

Rédigée le 8 février 1996 et prononcée au Forum économique mondial de Davos dans la foulée, la Déclaration d’indépendance du cyberespace de John Perry Barlow s’est dans les jours qui suivent diffusée comme une traînée de poudre parmi les premiers adeptes de cette toile étrange qu’on appelait Internet. Elle est depuis conservée par l’Electronic Frontier Foundation (cocréée par Barlow), et constitue l’un des textes fondateurs de la cyberculture.

En 1996, ce drôle d’oiseau mi-poète, mi-essayiste, éleveur à la retraite d’origine mormone devenu hippie et parolier du Grateful Dead à ses heures perdues, réagit à une proposition de loi portée par Al Gore devant le Congrès des États-Unis et signée, précisément le 8 février, par Bill Clinton.

Déjà en 1996, surveiller Internet

Au sein de ce grand Telecommunications Act, pensé pour orchestrer le développement d’une industrie des télécoms en plein essor, figure en effet un sous texte, le Communications Decency Act, qui tente de réglementer l’indécence et l’obscénité en ligne en les sanctionnant pénalement.

Ce sont ces mesures, dénoncées par les défenseurs de la liberté d’expression et invalidées dès juin 1996 par des juges fédéraux, qui alimentent la verve de Barlow.

« Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d’acier, je viens du cyberespace, nouvelle demeure de l’esprit. Au nom de l’avenir, je vous demande, à vous qui êtes du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez aucun droit de souveraineté sur nos lieux de rencontre. », attaque ce dernier, dont on peut lire le texte traduit en français sur Wikipédia.

Tout au long de sa déclaration, Barlow défend l’idée d’un Internet autonome, affranchi des volontés de contrôle de gouvernements qui ne devraient tirer leur pouvoir que du « consentement des gouvernés ».

« Nous créons un monde où chacun, où qu’il se trouve, peut exprimer ses idées, aussi singulières qu’elles puissent être, sans craindre d’être réduit au silence ou à une norme. Vos notions juridiques de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement et de contexte ne s’appliquent pas à nous. Elles se fondent sur la matière. Ici, il n’y a pas de matière. »

Utopique, mais d’actualité

Trente ans plus tard, le monde a bien été « couvert de médias informatiques » comme le pressentait Barlow, mais la promesse d’une « transmission globale de la pensée », affranchie des « usines » et des « postes de garde aux frontières du cyberespace » sonne comme une utopie bien éloignée des réalités de la tech moderne, dont les contingences sociales et environnementales se heurtent à la collision de facteurs aussi bien politiques qu’économiques.

Barlow, décédé en 2018 à 70 ans, n’aura pas connu les dérives récentes de la tech. Deux ans auparavant, pour les 20 ans de sa Déclaration, il réaffirmait son propos : « Mon argument principal était que le cyberespace est naturellement immunisé contre la souveraineté, et qu’il le serait toujours […] Je croyais alors que c’était vrai, et je crois que c’est toujours vrai maintenant ». Mais comment aurait-il réagi aux provocations d’un Elon Musk, aux dérives totalitaires d’un Trump ou aux coupures totales d’Internet dans des régimes autoritaires en proie à des révoltes populaires ?

Sa déclaration revêt des accents prophétiques au regard de cette actualité, et continue d’ailleurs d’alimenter le débat entre tentatives de réécriture et réflexions en faveur de communs numériques. L’esprit de la Déclaration de Barlow n’est donc pas mort, comme en témoigne symboliquement la création, ce 9 février 2026, d’une association baptisée Libres de choix, dont les fondateurs appellent à ce que le cyberespace soit considéré et protégé comme un « espace public d’intérêt général ».

☕️ WhatsApp et l’IA : pour l’Europe, « Meta a enfreint les règles de l’UE »

9 février 2026 à 17:02

Il y a quelques semaines, la Commission européenne ouvrait une procédure formelle contre Meta, et plus particulièrement sur l’accès des fournisseurs tiers d’intelligence artificielle à WhatsApp. Cela faisait suite à une annonce en octobre du géant américain de restrictions sur l’IA avec WhatsApp Business.

En effet, depuis le 15 janvier de cette année, seul Meta AI est disponible sur WhatsApp, « tandis que les concurrents ont été écartés ».

Dans ses conclusions préliminaires, la Commission estime que « Meta a enfreint les règles de l’UE en matière de pratiques anticoncurrentielles en empêchant les assistants d’intelligence artificielle (IA) tiers d’accéder à WhatsApp et d’interagir avec ses utilisateurs ». Cela couvre l’Espace économique européen (EEE) sauf l’Italie, car l’autorité de la concurrence locale « a imposé des mesures provisoires à Meta en décembre 2025 ».

Meta risque ainsi « de barrer la route aux concurrents », tout en étant « susceptible d’occuper une position dominante » dans le domaine des messageries instantanées. La Commission craint donc que Meta abuse de sa position dominante, et annonce de possibles mesures à venir.

L’Europe a en effet « I’intention d’imposer des mesures provisoires » pour éviter un « préjudice grave et irréparable sur le marché ». La Commission ajoute que c’est d’ailleurs « urgent d’adopter des mesures de protection ». La balle est maintenant dans le camp de Meta qui peut accéder aux documents de la Commission et se défendre.

Si la Commission confirme ses conclusions préliminaires après le contradictoire, elle peut rendre une décision imposant des mesures. « L’adoption d’une décision de mesures provisoires ne préjuge pas des conclusions finales de la Commission sur le fond de l’affaire », ajoute-t-elle.

En fin de semaine dernière, la Commission concluait aussi à titre préliminaire que « TikTok enfreignait la législation sur les services numériques en raison de sa conception addictive ». L’enjeu est important au niveau européen, mais aussi (et surtout ?) en France puisque plus d’un tiers de la population de 12 ans et plus utilise l’IA générative chaque jour, et 75 % les messageries instantanées.

Signal : les services de sécurité allemands alertent sur une recrudescence du phishing

9 février 2026 à 16:34
Le chiffrement ne protège pas du phishing
Signal : les services de sécurité allemands alertent sur une recrudescence du phishing

Le service de renseignement allemand BfV et l’administration chargée de la sécurité numérique du pays ont publié une alerte au sujet d’attaques de phishing menées sur Signal par un « cyberacteur probablement contrôlé par un État ».

Le service de contre-espionnage allemand BfV et le BSI (équivalent à l’ANSSI) ont communiqué conjointement pour signaler une vague de phishing sur Signal. Selon eux, un « cyberacteur probablement contrôlé par un État » utilise la messagerie chiffrée pour viser notamment « des personnalités de haut rang issues du monde politique, militaire et diplomatique, ainsi que des journalistes d’investigation en Allemagne et en Europe ».

Des fonctions de sécurité légitimes exploitées par les pirates

« Les pirates exploitent les fonctions de sécurité légitimes des applications et les combinent avec des techniques d’ingénierie sociale. L’objectif est d’accéder discrètement aux discussions individuelles et de groupe ainsi qu’aux listes de contacts des personnes concernées », expliquent les deux agences allemandes dans un document [PDF].

Il y a tout juste un an, Google avait déjà détecté une campagne de phishing sur l’application de messagerie chiffrée menée par des pirates proches de la Russie contre des troupes militaires ukrainiennes.

Les services allemands évoquent l’utilisation de la même fonction de liaison vers un nouvel appareil via un QR-code : « Les pirates contactent leur cible sous un prétexte crédible et la persuadent de scanner un QR-Code. Ce code connecte effectivement un nouvel appareil au compte de la cible. Cependant, cet appareil est contrôlé par les pirates », expliquent-ils.

Comme Google, ils précisent que WhatsApp a le même genre de fonctionnalité qui pourrait donc tout aussi bien être utilisée de façon maligne. En décembre dernier, Gen Digital signalait justement une attaque sur la messagerie de Meta via la récupération de codes de vérification via QR code avec un lien supposé renvoyer l’utilisateur vers une photo à consulter.

Se faire passer pour l’assistance de Signal

Mais les services allemands ajoutent avoir détecté une autre manière de faire s’appuyant moins sur une fonctionnalité particulière de la messagerie que sur de l’ingénierie sociale. Ainsi, « les pirates se font passer pour l’équipe d’assistance officielle ou le chatbot d’assistance du service de messagerie (« Signal Support » ou « Signal Security ChatBot »). Ils contactent directement leur cible par message instantané. La conversation commence généralement par une prétendue alerte de sécurité. Les pirates créent également une pression immédiate en affirmant que sans action immédiate, la perte de données privées est imminente », expliquent-ils.

Et les pirates d’ajouter encore de la pression en affirmant que « seule la transmission du code PIN de sécurité privé de la personne ciblée ou d’un code de vérification reçu par SMS peut empêcher cette perte ». En récupérant le code PIN de l’utilisateur, les pirates peuvent alors s’enregistrer sur un autre appareil et contrôler la messagerie.

Encore une fois, WhatsApp n’est pas non plus à l’abri de ce genre d’attaque puisque la messagerie de Meta a, elle aussi, implémenté un système de code PIN pour sa vérification en deux étapes.

☕️ STMicroelectronics signe un contrat à plusieurs milliards avec AWS

9 février 2026 à 16:03

Déjà référencé parmi les fournisseurs d’Amazon Web Services (AWS), STMicroelectronics annonce la conclusion d’un nouvel accord pluriannuel et portant sur plusieurs milliards de dollars de commandes avec le géant américain du cloud.

Après une année difficile, 2026 démarre sous de bons auspices pour STMicroelectronics : le fabricant franco-italien de semiconducteurs vient en effet d’annoncer l’expansion des relations qui le lient déjà à l’américain AWS, dans le cadre d’un accord pluriannuel, portant sur plusieurs milliards de dollars de commandes.

« Cette collaboration positionne ST comme un fournisseur stratégique des technologies et produits semiconducteurs avancés qu’AWS intègre dans son infrastructure de calcul, permettant à AWS d’offrir à ses clients de nouvelles instances de calcul à haute performance, des coûts opérationnels réduits et une capacité à faire évoluer les charges de travail intensives en calcul plus efficacement », clame l’entreprise dans un communiqué.

STMicroelectronics ne détaille pas la nature exacte des commandes passées par AWS, mais évoque la fourniture de « fonctionnalités spécialisées pour la connectivité à haut débit, incluant le traitement du signal mixte à haute performance, des microcontrôleurs avancés pour la gestion intelligente de l’infrastructure, ainsi que des circuits intégrés analogiques et de puissance qui offrent l’efficacité énergétique requise pour les opérations des data centers à grande échelle ».

Logo STMicroelectronics

L’accord prévoit également un volet capitalistique : STMicroelectronics indique en effet avoir émis des warrants (un instrument boursier octroyant le droit d’acheter ou de vendre des titres à un prix et jusqu’à une date d’échéance déterminés à l’avance) permettant à AWS d’acquérir jusqu’à 24,8 millions d’actions du groupe franco-italien, soit une prise de participation pouvant atteindre 715 millions de dollars.

En bourse, l’action STMicroelectronics a réagi favorablement lundi, gagnant environ 7 % à la mi-journée. Fin janvier, le fondeur européen avait dévoilé un bilan en demi-teinte pour son exercice 2025 (marqué par un plan de départ volontaire), qui se concluait sur un chiffre d’affaires annuel de 11,8 milliards de dollars, en baisse de 11 % sur un an, avec un bénéfice net limité à 166 millions de dollars, en recul de 90 % par rapport à 2024.

Plus d’un tiers des Français utilise l’IA générative tous les jours

9 février 2026 à 15:29
Prompte qui peut
Plus d’un tiers des Français utilise l’IA générative tous les jours

En trois ans, l’IA générative s’est frayé une place dans les usages de près de la moitié de la population française. Ce chiffre grimpe jusqu’à 85 % pour les 15 à 24 ans qui s’en servent notamment pour de l’aide aux devoirs. Les utilisateurs sont moins de 20 % à payer un abonnement, mais cette statistique varie beaucoup en fonction des usages.

Selon une étude reprise par l’Arcep dans son baromètre du numérique, « près de la moitié de la population utilise déjà des services d’IA générative, un tiers des utilisateurs y a recours au quotidien ». Sur les 15 à 24 ans c’est, sans aucune surprise, largement plus avec 85 %.

Adoption deux fois plus rapide que les réseaux sociaux et les smartphones

Pour mettre les choses en perspective, le régulateur des télécoms compare l’adoption de l’IA générative à une autre « révolution », celle du smartphone. Là où la première a mis trois ans à toucher la moitié de la population, la seconde avait nécessité plus de deux fois plus de temps (sept ans). Pour les réseaux sociaux aussi il avait fallu attendre sept ans avant d’arriver à ce taux de pénétration.

L’IA générative est à la 8ᵉ place du Top 10 des outils numériques les plus utilisés. Les smartphones sont à 85 %, les messageries instantanées à 75 %, les ordinateurs à 65 %. Viennent ensuite les appels audio via les messageries, les réseaux sociaux (50 %), les tablettes et enfin les enceintes connectées.

L’étude a été menée en juin 2025 par le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Elle porte sur « un échantillon représentatif de 4 145 personnes de 12 ans et plus » et conclut que « l’usage semble se polariser autour de deux agents conversationnels ». Le PDF complet de 88 pages est disponible par ici.

ChatGPT représente 63 % des usages

Une écrasante majorité des usages – 63 % – passent par l’acteur « historique » : ChatGPT d’OpenAI. Gemini est deuxième, certainement grâce à son intégration dans Android et tout l’écosystème Google, mais reste très loin derrière avec 13 % seulement.

L’ensemble des autres IA (Grok, Claude…) représentent 24 % des usages, mais aucune ne s’approche ne serait-ce qu’un peu du duo de tête. Le Chat de Mistral est en effet troisième avec 6 %, Copilot de Microsoft à 4 %, DeepSeek à 3 %, etc. L’hégémonie d’OpenAI est donc impressionnante selon cette étude.

Sans surprise, l’IA Gen comme aide aux devoirs chez les jeunes

De manière générale, le constat est sans appel : « Les utilisateurs d’IA générative privilégient l’IA dans la plupart des cas d’usages ». Le plus populaire est la recherche d’informations avec 73 % des utilisateurs, puis la rédaction et la traduction de texte avec 58 % et enfin la génération d’idées nouvelles avec 57 % des utilisateurs.

Dans l’ensemble, deux facteurs sont plébiscités : le gain de temps pour 41 % des sondés et l’ergonomie pour 33 %. L’étude se penche aussi sur les cas d’usages des enfants (les sondés ont 12 ans et plus) : « une large majorité des jeunes utilise déjà l’IA pour l’aide aux devoirs (68 % des 12 - 17 ans, 73 % des 18 - 24 ans) ».

Des utilisateurs de moins en moins méfiants

Après les usages, passons de l’autre côté de la barrière avec la méfiance des utilisateurs et les questions environnementales. Dans le premier cas, « si la majorité de la population se déclare méfiante vis-à-vis de l’IA, cette réticence diminue à mesure que l’outil se répand ».

52 % des utilisateurs se déclarent ainsi méfiants, un chiffre en baisse de 5 points sur un an. Deux axes de méfiances sont mis en avant : « le manque de confiance dans les réponses fournies et l’incertitude sur l’usage de leurs données personnelles ».

Pour un peu moins d’un tiers des non-utilisateurs ce sont les principaux obstacles, tandis qu’ils sont un peu plus d’un quart « à ne pas utiliser l’IA par manque de compétences », ils sont 57 % à ne pas être très compétents ou pas du tout compétents.

Alors que la moitié de la population utilise l’IA générative, seuls 64 % déclarent vérifier « souvent, voire toujours, les informations fournies par l’IA ». Cela laisse tout de même 36 % des utilisateurs qui semblent y accorder une confiance importante, alors que, de par sa conception (des résultats statistiques, entre autres), cette problématique ne doit pas être oubliée.

Sur la question de l’usage des ressources et de l’empreinte écologique, « une majorité (46 %) de personnes estime que son impact environnemental est supérieur à celui des moteurs de recherche, alors que seulement 17 % pensent que son impact est moins élevé ».

19 % des utilisateurs payent, mais c’est très inégal

Sur les utilisateurs, « un Français sur cinq paye pour accéder à un service d’IA générative ». L’Arcep ne donne pas plus de détails sur le service d’IA générative et le montant de l’abonnement. Par payant, nous savons simplement que cela regroupe les abonnements, et le paiement en fonction des usages.

Le rapport pointe un écart important entre les types d’utilisateurs : « les actifs occupés (23 %), les
jeunes, les diplômés du supérieur, les cadres, les personnes à hauts revenus et les urbains sont
davantage enclins à payer pour accéder à des niveaux de service supérieurs
 ».

La « technicité » des usages est aussi mise en avant : « 61 % des utilisateurs quotidiens de l’IA pour la
programmation informatique déclarent payer, de même que 55 % pour la création de contenus visuels
(images, photos, vidéos), et 50 % pour la rédaction, la traduction ou l’amélioration de texte
 ».

Ces usages sont aussi bien plus consommateurs de « tokens » qu’une recherche, les limites des forfaits gratuits sont donc très rapidement atteintes.

Le reste du baromètre : messagerie, empreinte écologique…

L’étude s’intéresse à bien d’autres pans du numérique, à commencer par les messageries instantanées, qui « sont devenus un canal incontournable de communication : 86 % de la population utilise ces services et deux tiers y a recours quotidiennement », notamment sous l’influence de leurs contacts (ce qui pousse aussi à utiliser plusieurs messageries).

Sur les gestes environnementaux, « près d’une personne sur quatre a fait réparer au moins un appareil numérique (smartphone, ordinateur, téléviseur, etc.) au cours des trois dernières années ». Pour rappel, l’empreinte environnementale d’un smartphone est composée à 75 % de sa production et à 25 % de son usage.

Par contre, « la possession de smartphones reconditionnés ou d’occasion reste minoritaire. Elle ne concerne que 20 % des personnes interrogées, une proportion qui ne progresse plus ». Tous ses points sont détaillés dans le baromètre du numérique (pdf).

En 2025, 487 millions d’euros d’amende de la CNIL dont 475 millions pour Google et Shein

9 février 2026 à 14:07
Des cookies aux amandes ?
En 2025, 487 millions d’euros d’amende de la CNIL dont 475 millions pour Google et Shein

L’autorité française chargée de la protection des données publie un premier bilan de son action en 2025 avec une baisse sensible du nombre de sanctions. Leur montant cumulé affiche une multiplication par 9 par rapport à l’année d’avant, gonflé par les amendes contre Google et Shein.

En septembre dernier, la CNIL prononçait deux amendes importantes contre Google et Shein pour non-respect des règles sur les cookies. En tout, l’autorité imposait aux deux multinationales 475 millions d’euros d’amendes.

Ce montant représente finalement le gros du total des 83 sanctions que l’autorité a prononcées au cours de l’année 2025. La CNIL explique dans un communiqué avoir prononcé des amendes pour un montant cumulé de 486,8 millions d’euros. Le reste, 12 millions d’euros donc, rassemble 76 autres amendes, trois décisions de liquidation d’astreinte et deux rappels à l’ordre.

Une concentration des amendes sur les traceurs gonflées par les sanctions contre Google et Shein

Parmi ces décisions, 19 autres concernent aussi des « manquements aux règles régissant les traceurs : dépôt sans le consentement de l’utilisateur, insuffisance des informations délivrées (ne permettant pas de recueillir un consentement éclairé), ou encore absence de prise en compte effective du refus de l’utilisateur ou du retrait de son consentement ». Ainsi on peut se rappeler aussi des 750 000 euros prononcés à l’encontre de la société française Les publications Condé Nast éditrice de Vanity Fair, Vogue, GQ et AD.

La CNIL met donc en avant ses décisions concernant le sujet particulier des cookies et autres traceurs. Mais les cas de Google et Shein font gonfler l’addition et le problème reste entier pour l’internaute qui rencontre encore au quotidien des dark patterns sur les bandeaux d’acceptation de cookies.

16 sanctions concernant la vidéosurveillance des salariés

L’autorité affiche aussi pour l’année écoulée 16 sanctions pour non-respect des règles applicables à la vidéosurveillance des salariés. « En l’absence de circonstances exceptionnelles liées par exemple à des enjeux particuliers de sécurité ou de lutte contre le vol, la surveillance vidéo permanente de salariés constitue une atteinte à la protection des données personnelles », réaffirme-t-elle.

On peut rappeler le cas qu’avait choisi de rendre public l’autorité : La Samaritaine. Ainsi l’enseigne a reçu en septembre une amende de 100 000 euros pour des caméras et micros dissimulés aux salariés suite aux révélations de Médiapart en 2023.

L’autorité en profite aussi pour faire un rappel sur les manquements aux obligations des sous-traitants. Par exemple, en décembre, la CNIL a rendu publique l’amende d’un million d’euros d’amende adressée à un sous traitant de Deezer, à propos de la fuite des données de 46 millions d’utilisateurs dans le monde dont 9 millions en France intervenue en 2022.

Elle rappelle que les sous-traitants doivent :

  • « mettre en œuvre les mesures techniques et organisationnelles appropriées afin de garantir un niveau de sécurité adéquat ;
  • ne traiter les données que sur instruction du responsable de traitement ;
  • et supprimer les données à l’issue de leur relation contractuelle avec le responsable de traitement ».

Trois rappels qui correspondent typiquement aux soucis rencontrés dans le cas de Mobius Solutions, le sous-traitant de Deezer.

Une procédure simplifiée en vitesse de croisière

Parmi les 83 sanctions prononcées par la CNIL, 67 l’ont été dans le cadre de la procédure simplifiée mise en place en 2022. C’est peu ou prou le même nombre qu’en 2024 (69 à l’époque). « La sécurisation insuffisante des données personnelles, l’absence de coopération avec la CNIL et le non respect des droits des personnes constituent les trois principaux motifs » des décisions prises dans ce cadre.

Sur le manquement relatif à la sécurité des données personnelles, l’autorité compte 14 organismes qui n’avaient pas mis en œuvre les mesures nécessaires. 80 % des violations de données auraient pu être évitées, déplorait encore récemment la présidente de l’autorité, Marie-Laure Denis.

La CNIL note que 14 sociétés ou professionnels libéraux ont été sanctionnés pour tout simplement ne pas lui avoir répondu. Et 14 autres décisions sanctionnent le fait que le responsable du traitement de données personnelles n’a pas pris en compte des demandes d’effacement, d’opposition ou d’accès à ces données. Enfin, 10 sanctions concernent la prospection (commerciale ou politique) dont cinq candidats aux élections européennes et législatives de 2024.

Enfin, l’autorité a émis 143 mises en demeure, notamment dans « le secteur de l’aide sociale à l’enfance pour les manquements suivants : l’absence de politique rigoureuse de conservation de données pour les dossiers des mineurs, l’information des personnes, la politique de gestion des habilitations et des mots de passe, la tenue d’un registre des traitements et la réalisation d’une analyse d’impact relative à la protection des données ».

Si le nombre de 83 sanctions peut paraitre faible, on peut se rassurer sur le fait qu’au moins, l’autorité française recouvre la plupart des amendes infligées, comme nous l’expliquions récemment, puisqu’entre 2019 et 2024, 95 % de ses sanctions ont été recouvrées par le Trésor Public, alors que son homologue irlandaise n’en recouvre que 0,5 %.

☕️ Quand l’IA générative épuise ses adeptes

9 février 2026 à 12:19

« J’ai produit davantage de code au dernier trimestre que pendant n’importe quel trimestre de ma carrière. Je me suis aussi senti plus épuisé que pendant n’importe quel autre trimestre de ma carrière. Ces deux faits ne sont pas indépendants. »

C’est par ces mots que le développeur Siddhant Khare introduit un article de blog qui a beaucoup fait réagir, ce 8 février, sur X, Bluesky, Linkedin, Hackernews ou ailleurs. Son propos : si l’IA générative rend de nombreux ingénieurs logiciel plus productifs (ce qui explique leur adoption rapide de ces outils), elle les épuise aussi plus rapidement.

Car qui gagne en productivité ne dégage pas nécessairement plus de temps libre. Au contraire, témoigne Siddhant Khare, « quand chaque tâche prend moins de temps, on ne fait pas moins de tâches, on en fait plus. Nos possibilités semblent s’étendre, donc le travail s’étend en fonction », que ce soit parce que les managers ajustent leurs attentes et demandent que le code soit livré plus vite, ou parce que les développeuses et développeurs eux-mêmes ajustent leurs propres attentes et cherchent à produire plus vite.

Entre autres évolutions, Siddhant Khare souligne notamment le passage d’une gestion lente mais concentrée sur un seul problème à celle de 5 ou 6 sujets différents en une journée, ce qui l’empêche de retrouver le même état de « concentration profonde » qu’il connaissait auparavant – mi-2025, une équipe de chercheurs repérait d’ailleurs une baisse de productivité chez les développeurs recourant à l’IA générative.

Le développeur pointe une autre problématique proche de celle exprimée par les traductrices et traducteurs : de créateur de son texte, il devient « post-éditeur », ou correcteur d’une première version de code déjà produite par les agents conversationnels. Or la correction est une tâche différente (et pas nécessairement moins chronophage) de la production d’un texte ou d’un code inédit.

Il souligne, enfin, un problème persistant dans l’industrie numérique : la peur de manquer le nouveau produit, le nouvel outil, la fonctionnalité qui viendrait réellement changer tout son processus de travail.

Ce FOMO (fear of missing out), dont certains témoignaient déjà auprès de Next à l’été 2025, implique directement de dépenser du temps à tester et évaluer différents outils, pour voir dans certains cas ses efforts d’affinage de prompts (requêtes soumises aux robots conversationnels) disparaître en fumée dès la mise à jour suivante d’un modèle.

Surtout, Siddhant Khare s’inquiète d’une potentielle « atrophie de la pensée » qui n’est pas sans rappeler la potentielle émergence d’une « bêtise artificielle » contre laquelle alerte la philosophe Anne Alombert.

Parmi les pistes qu’il indique avoir mises en place, Siddhant Khare évoque le fait de limiter le temps d’utilisation d’une IA : si, par exemple, le code obtenu au bout de 30 minutes n’est pas satisfaisant, il passe à une écriture à la main plutôt que de s’enfermer dans une boucle d’amélioration de son prompt.

Il sépare le temps de réflexion de celui d’usage de l’IA (pour de l’exécution). Il prend note, aussi, des cas dans lesquels l’IA l’a réellement aidé (plutôt des tâches répétitives, de documentation, ou de génération de tests) de ceux où elle lui a fait perdre du temps (décisions d’architecture, débogage complexe et autres tâches demandant de bien connaître son code).

☕️ Marc Prieur, fondateur de Hardware.fr, est décédé

9 février 2026 à 10:51

Le groupe lyonnais LDLC a annoncé lundi matin le décès de Marc Prieur, fondateur du site Hardware.fr, à l’âge de 46 ans.

« Marc Prieur a marqué l’histoire du numérique par sa vision avant-gardiste et son engagement inlassable dans l’univers technique. Fondateur du site Hardware.fr, qu’il crée en mai 1997, alors qu’il était encore lycéen. Il a su transformer ce projet de jeunesse en une référence incontournable dans le domaine du matériel informatique », salue le groupe dans un communiqué.

« En juin 2000, pour assurer la pérennité et la croissance de son projet, Il décide de vendre Hardware.fr au Groupe LDLC dont il rejoint le Directoire. Dans ce rôle, il met à profit son expertise, sa connaissance approfondie de l’écosystème numérique et sa vision stratégique pour contribuer au développement du Groupe. Sa contribution a été un atout précieux tout au long de ces 25 dernières années. », ajoute LDLC.

Piloté par une équipe resserrée aux côtés de son fondateur, Hardware.fr a longtemps été considéré comme l’une des références francophones pour les tests de matériel informatique, jusqu’à l’arrêt de son activité éditoriale, en 2018. Le site disposait également d’un volet e-commerce avec une boutique active jusqu’en juin dernier.

Impossible enfin de ne pas mentionner l’espace de discussion adossé à Hardware.fr (dit HFR) qui depuis plus de vingt ans, constitue l’un des forums communautaires francophones les plus dynamiques du Web. Et même un peu plus pour certains de ses membres, qui aujourd’hui rendent hommage à son créateur.

La page d’accueil de Hardware.fr est figée depuis 2018 et l’annonce du “clap de fin”

☕️ La divulgation des réseaux sociaux désormais obligatoire pour entrer aux États-Unis

9 février 2026 à 10:11

Depuis ce 8 février, les voyageurs prévoyant d’entrer aux États-Unis doivent divulguer leurs profils et activités sur les réseaux sociaux. 


Déjà demandé de manière facultative au moment de remplir l’ESTA, ce partage d’informations est désormais obligatoire pour les ressortissants de 38 pays, dont la France.

Les agences de voyage recommandent déjà à leur clientèle de préparer leur dossier longuement à l’avance, le temps de recenser tous les comptes de réseaux sociaux et adresses mail susceptibles d’être déclarés.

Cette requête pourrait avoir un effet d’intimidation sur les touristes concernés, alors que le pays américain a déjà enregistré un recul de plus de 4% du nombre de voyageurs internationaux venus en 2025.

Si les États-Unis ont adopté cette mesure dans le cadre du renforcement des contrôles aux frontières voulu par Donald Trump dès son retour au pouvoir, elle ne leur est pas spécifique.

La Colombie demande par exemple aux personnes requérant un visa de fournir leur nom d’utilisateur sur les principales plateformes sociales américaines, rappelle Le Figaro.

OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

9 février 2026 à 09:04
Le consentement est clé
OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

La sénatrice LR Marie Mercier a déposé une proposition de loi qui vise à créer une infraction d’« exploitation sexuelle en ligne ». L’exposé des motifs vise clairement les deux plateformes OnlyFans et Mym souvent utilisées pour faire du sexcaming. Alors que le texte original visait les consommateurs et les intermédiaires, celui sorti de la commission des lois du Sénat cible les personnes qui en contraindraient d’autres à s’exposer sexuellement en ligne. Il doit être examiné le 10 février en séance publique.

« Cette proposition de loi vise les nouvelles formes d’achat de services sexuels qui se développent sur les plateformes comme OnlyFans ou Mym (acronyme pour Me You More), lesquelles fonctionnent par abonnement. Une pratique telle qu’OnlyFans est surnommée l’Instagram du porno », expliquait l’exposé des motifs de la proposition de loi déposée par la sénatrice LR Marie Mercier et soutenue par son groupe mais aussi par des sénateurs centristes.

Originellement tourné contre les consommateurs de sexcaming

Si le dossier législatif s’intitule « lutter contre le proxénétisme en ligne », la proposition des sénatrices et sénateurs de droite n’était pas seulement de s’attaquer à la coercition au sexcaming mais bien de « prohiber l’achat de services sexuels virtuels personnalisés, exécutés en direct ou enregistrés d’après une commande, en sanctionnant le consommateur à travers la création d’une infraction ».

Le texte d’origine prévoyait notamment de punir le fait « de solliciter, d’accepter ou d’obtenir la diffusion ou la transmission en ligne d’images, de vidéos ou de représentations individualisées à caractère sexuel d’une autre personne majeure, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage » en récidive d’une amende de 3 750 euros.

Il ajoutait une peine de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende pour « le fait d’aider, d’assister ou de protéger la diffusion ou la transmission en ligne d’images, de vidéos ou de représentations individualisées à caractère sexuel en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération ».

Un texte visant finalement l’exploitation sexuelle en ligne

Mais en commission des lois, le texte a été largement remanié avec l’adoption de l’amendement de la rapporteure Lauriane Josende. Le texte qui sera discuté ce mercredi 10 février en séance publique prévoit surtout de s’attaquer à l’exploitation sexuelle en ligne, qui serait punie de sept ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende, portée à dix ans d’emprisonnement et à 1 500 000 euros d’amende si elle est commise sur un mineur.

On passe même à vingt ans et 3 000 000 euros si c’est en bande organisée ; des peines sans commune mesure avec le texte original. La nouvelle version ajoute de la réclusion criminelle à perpétuité et 4 500 000 euros d’amende en cas de torture ou d’actes de barbarie.

Il définit l’exploitation sexuelle en ligne comme « le fait de recruter une personne, de la transporter, de la transférer, de l’héberger ou de l’accueillir […] aux fins de mettre cette personne à sa disposition ou à la disposition d’un tiers, même non identifié, en vue de permettre la réalisation et la diffusion d’images ou de vidéos à caractère sexuel de cette même personne sur une plateforme en ligne ou sur un service de réseaux sociaux en ligne » avec l’emploi de menace, de contrainte, de violence, par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par abus d’une situation de vulnérabilité due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, apparente ou connue de son auteur. Ainsi, le texte vise maintenant plutôt les « agents » qui pratiqueraient de la coercition au sexcaming.

Selon la synthèse des travaux de la commission consultée par l’AFP, cette modification en profondeur est due au fait que les sénateurs et sénatrices ont estimé que le dispositif proposé originellement portait une « atteinte excessive à la liberté d’échanger ces contenus entre adultes consentants ».

Selon le site spécialisé Projet Arcadie, « il est assez probable que le texte soit adopté. Néanmoins, reste à savoir s’il sera inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ».

☕️ Disney+ perd 3D, Dolby Vision et HDR10+ en France… « en raison d’un souci technique »

9 février 2026 à 08:44

C’est en tout cas le message porté par le compte officiel Disney+ Help sur X en réponse à des questions d’internautes sur la prise en charge de Dolby Vision. Numerama a testé ces fonctionnalités sur un casque Apple Vision Pro et confirme leur disparition : « Le Dolby Vision et le HDR10+ ne sont plus proposés en France, il ne reste que le HDR10. Autre disparition : la 3D ».

Selon Heise online cette disparition serait la conséquence d’une décision d’un tribunal de Munich sur un « litige de brevets entre Disney et la société InterDigital ». InterDigital qui se félicitait fin novembre d’une injonction contre Disney : « Cette décision illustre une fois de plus comment Disney continue d’utiliser notre technologie et de violer notre propriété intellectuelle sans licence et gratuitement ».

Selon nos confrères allemands, la situation durerait depuis des semaines, mais ne concerne que l’Europe. Selon nos confrères de Numerama, passer par un VPN aux États-Unis permet de récupérer les fonctionnalités disparues.

☕️ Crypto.com s’offre le domaine AI.com pour 70M$ (qui plante pendant le Super Bowl)

9 février 2026 à 08:07

Si son montant n’a pas été artificiellement gonflé, c’est l’une des acquisitions de nom de domaine parmi les plus onéreuses jamais réalisées. Kris Marszalek, cofondateur et CEO de Crypto.com, aurait en effet mis 70 millions de dollars sur la table pour s’offrir AI.com, un nom de domaine particulièrement efficace, aussi bien par sa concision que par la thématique porteuse qu’il décrit.

« L’année dernière, j’ai eu l’occasion d’acquérir ce domaine et je me suis dit que si l’on se place dans une perspective à long terme, disons 10 à 20 ans, l’intelligence artificielle allait être l’une des plus grandes vagues technologiques de notre vie. Ce serait donc un bon investissement », a commenté Kris Marszalek auprès du Financial Times.

L’entrepreneur ne donne cependant aucun chiffre. C’est Larry Fischer, le fondateur de la plateforme GetYourDomain (achat vente de noms de domaines), qui révèle le montant de l’opération, « payé en une fois ». Il donne également l’identité du vendeur, le malaisien Arsyan Ismail.

Avec 70 millions de dollars au compteur, l’acquisition d’AI.com représente une enveloppe plus de deux fois supérieure aux 30 millions de dollars dépensés par MicroStrategy pour s’offrir Voice.com en 2019. AI.com est donc peut-être devenu le nom de domaine le plus cher de l’histoire… du moins sur le périmètre des transactions dont le montant a été rendu public. Fin 2024, OpenAI s’est par exemple offert Chat.com pour un montant non communiqué. L’année précédente, le domaine avait déjà changé de main pour 15,5 millions de dollars.

AI.com est exploité pour un service d’IA agentique

Kris Marszalek n’a de son côté pas tardé à exploiter sa nouvelle acquisition. Il a annoncé vendredi le lancement d’un service d’IA agentique, censé permettre aux particuliers comme aux entreprises de concevoir et déployer leurs propres agents IA, pour l’exécution autonome de tâches.

Le service avait planifié son lancement au dimanche 8 février, à l’occasion du Super Bowl, la finale du championnat états-unien de football américain. Il avait pour ce faire programmé (et payé) la diffusion d’un spot pendant l’une des pauses de cette grand-messe publicitaire, regardée par 130 millions de personnes aux États-Unis…

… et n’avait manifestement pas dimensionné correctement son site Web. AdWeek remarque en effet lundi matin qu’AI.com est tombé peu après la diffusion du spot (reproduit ci-dessous). « Un trafic de dingue ! On était préparés à une telle affluence, mais pas à ça ! 🔥🔥🔥 », a réagi Kris Marszalek.

☕️ Cerveau en « pilote automatique » : l’Europe dénonce la conception addictive de TikTok

6 février 2026 à 17:52

Dans un communiqué publié ce vendredi, la Commission européenne « a conclu à titre préliminaire que TikTok enfreignait la législation sur les services numériques en raison de sa conception addictive. Cela inclut des fonctionnalités telles que le défilement infini, la lecture automatique, les notifications push et son système de recommandation hautement personnalisé ».

Toujours selon la Commission, le réseau social n’aurait pas « évalué de manière adéquate » les conséquences des « caractéristiques addictives » de sa plateforme et de la manière dont elles « pourraient nuire au bien-être physique et mental de ses utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables ».

Ce ne sont pas les seuls griefs ; la plateforme aurait dû considérer l’utilisation compulsive, le temps que les mineurs passent la nuit sur le réseau social, la fréquence d’ouverture, etc. Pour la Commission, les fonctionnalités de TikTok « alimentent l’envie de continuer à défiler et de déplacer le cerveau des utilisateurs en “mode pilote automatique” ».

Dessin satirique de Flock

De plus, « TikTok semble ne pas mettre en œuvre des mesures raisonnables, proportionnées et efficaces pour atténuer les risques découlant de sa conception addictive ». Cela concerne aussi bien les outils de gestion du temps que les fonctions de contrôle parental.

Bref, la Commission estime que « TikTok doit modifier la conception de base de son service ». Plusieurs pistes sont proposées : désactiver le scroll infini, mettre en place des temps d’interruption, revoir le système de recommandation, etc.

Henna Virkkunen, la responsable technologique de l’UE, attend « maintenant, après la publication de ces conclusions préliminaires, que TikTok prenne des mesures et modifie la conception de son service en Europe afin de protéger nos mineurs », comme le rapporte Reuters.

Ce ne sont pour le moment que des conclusions préliminaires qui « ne préjugent pas de l’issue de l’enquête », mais elles donnent le ton pour la suite des opérations de la Commission. La balle est maintenant dans le camp de TikTok qui a la possibilité de consulter les documents de la Commission pour répondre et se défendre. Si par contre la vision de la Commission était confirmée, TikTok risquerait « jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial ».

Bien évidemment, TikTok a déjà fait savoir son profond désaccord : « Les conclusions préliminaires de la Commission présentent une description catégoriquement fausse et totalement infondée de notre plateforme, et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour contester ces conclusions par tous les moyens à notre disposition », comme le rapporte Reuters.

La Commission a pour rappel ouvert une procédure formelle contre TikTok en février 2024, après une enquête préliminaire. D’autres inquiétudes ont été soulevées par l’Europe, notamment sur l’accès des chercheurs aux données et la transparence de la publicité.

Sur ce dernier point, l’affaire est close puisque la Commission « a obtenu l’engagement de TikTok de fournir des répertoires publicitaires qui garantissent une transparence totale des publicités sur ses services ». Les engagements sont contraignants et « répondent à toutes les préoccupations ».

Interdire les jeux vidéo violents ? La profession s’indigne de l’idée d’Emmanuel Macron

6 février 2026 à 16:53
Happy Tree Friends
Interdire les jeux vidéo violents ? La profession s’indigne de l’idée d’Emmanuel Macron

Dans une interview à Brut, Emmanuel Macron a annoncé qu’il allait confier à des experts le soin de conduire une étude pour mesurer l’effet que les jeux vidéo peuvent avoir sur les enfants, afin d’éventuellement décider s’il faut prendre des mesures visant à limiter l’impact des jeux violents sur le jeune public. Bien que très hypothétique à ce stade, l’idée a fait réagir les deux principaux syndicats de la profession vendredi.

Le télescopage n’avait probablement pas été anticipé. Vendredi matin, le jeu vidéo était à l’honneur rue de Valois, dans le Ier arrondissement de Paris. Rachida Dati y a reçu les 28 membres de l’équipe responsable de Clair-Obscur : Expédition 33, primé jeu de l’année aux Games Awards 2025, afin de les élever au rang de chevaliers des Arts et des Lettres.

« Ce succès dit quelque chose de très simple : le jeu vidéo n’est plus réservé à un âge, à une génération, à un milieu. Il a trouvé sa place, naturellement, dans nos vies culturelles. Par cette distinction, la République salue la diversité des talents de la filière du jeu vidéo et affirme que le jeu vidéo est une industrie essentielle et un art majeur, qui ont toute leur place au cœur de notre politique culturelle », a déclaré à cette occasion la ministre de la Culture, accompagnant son message sur les réseaux sociaux d’une photo souvenir.

Les membres de Sandfall Interactive ont été reçus rue de Valois par la ministre de la Culture – capture d’écran

La violence des jeux vidéo appellerait-elle la violence ?

Quelques heures plus tôt, Emmanuel Macron s’est lui aussi exprimé au sujet du jeu vidéo, mais en des termes moins flatteurs. Invité de Brut pour une longue interview (50 minutes) calibrée pour une audience plus jeune que celle des journaux télévisés, le président de la République a notamment eu l’occasion de réitérer sa volonté d’instaurer l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, quitte à ce qu’il soit nécessaire, pour les publics concernés, de justifier leur âge à chaque connexion.

Plus loin dans l’interview, le président a également été amené à réagir à la vidéo d’une femme blâmant les enfants « à la dérive » qu’on laisse jouer à Fortnite dès « 7 ou 8 ans », en réaction à la récente attaque de Sanary-sur-Mer, où un adolescent de 14 ans a poignardé sa professeure.

Pour Emmanuel Macron, « il est clair que la violence, qui s’installe dans la société et chez les plus jeunes, est aussi liée au fait que les enfants, les adolescents, sont beaucoup plus exposés à de la violence dans des vidéos qu’ils vont voir sur les réseaux sociaux. Ou dans les jeux vidéo qu’ils vont faire ».

Faut-il dans ce cas interdire les jeux vidéo violents ? « C’est trop tôt pour le dire », répond le chef de l’État, avant d’indiquer qu’il souhaite disposer d’un éclairage scientifique avant de se prononcer sur l’éventualité d’une mesure nationale. « Si on voit que l’impact sur les jeunes et les ados est très mauvais, on est légitimes à se poser la question, et c’est une bonne question ».

Tout en prenant soin d’affirmer qu’il ne souhaite pas tout mettre dans le même sac, il ajoute : « il est clair qu’on a des jeux vidéo violents qui conditionnent à la violence, qui créent une excitation, une dépendance où on a des jeunes et des ados qui vont passer des heures et des heures ». Rappelant aux familles leur responsabilité sur le sujet, il dit nécessaire d’« objectiver la question ».

Une étude devrait de ce fait être confiée « à des experts et au Conseil national du numérique et de l’IA » et réalisée sous deux mois, ce qui permettrait d’obtenir des conclusions aux alentours de mai ou juin.

Les deux principaux syndicats du secteur vent debout contre l’idée

En attendant cette nouvelle étude, sur un sujet déjà largement débattu, le syndicat national du jeu vidéo (SNJV), qui réunit les entreprises du secteur s’est insurgé vendredi après-midi dans un communiqué.

« Le SNJV rappelle que les études scientifiques existent, et que le consensus scientifique est aujourd’hui extrêmement clair : aucune corrélation n’existe entre jeu vidéo et violence. Les raccourcis ne peuvent plus être acceptés en 2026. Mettre en cause notre filière d’une telle façon est un signal préoccupant envoyé à l’ensemble des entreprises et des professionnels de notre secteur », écrit le syndicat, qui « déplore une si grande méconnaissance de notre industrie ».

Communiqué du SNJV diffusé vendredi 6 février

Même son de cloche du côté du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), qui défend les intérêts des éditeurs. « On ne peut pas se féliciter des succès du jeu vidéo français le matin, décorer le secteur le midi, pour mieux le dénigrer le soir », proteste son délégué général.

« Depuis plus de 25 ans, le jeu vidéo déploie des outils extrêmement sophistiqués aussi bien sur les équipements à travers les dispositifs de contrôle parental, que sur les jeux vidéo eux-mêmes à travers PEGI, pour apporter des informations aux parents sur les jeux vidéo adaptés à l’âge de leurs enfants. Des millions de familles les utilisent chaque jour, mais nous pouvons encore faire mieux avec le soutien des pouvoirs publics », affirme le syndicat.

Health Data Hub : le gouvernement promet une bascule sur SecNumCloud d’ici fin 2026

6 février 2026 à 15:15
Ça ne fait que 7 ans de retard
Health Data Hub : le gouvernement promet une bascule sur SecNumCloud d’ici fin 2026

En juillet dernier, le gouvernement a lancé un appel d’offres « intercalaire » pour la migration de la Plateforme des données de santé (autrement appelée Health Data Hub) vers un hébergement autre que Microsoft Azure. Alors que certaines réponses étaient prêtes, il a choisi finalement d’enjamber cette étape et de passer à une solution dite « cible » qui se veut plus complète, mais qui devra repasser par un nouvel appel d’offres.

Les données médicales françaises stockées dans le Health Data Hub devraient bientôt être hébergées ailleurs que sur Microsoft Azure, à travers une solution plus pérenne que ce qui avait été imaginé il y a six mois. C’est en tout cas ce que promet le gouvernement.

La polémique sur la souveraineté des données stockées dans le Health Data Hub date de sa création. Officiellement permise par une loi de juillet 2019, le choix Microsoft Azure pour l’hébergement a été critiqué dès mars 2020. Après plusieurs épisodes, en 2024, la CNIL a autorisé le stockage des données de santé chez Microsoft.

Une décision que certains qualifient de contrainte par le droit : « La CNIL met extrêmement bien les formes dans sa délibération. Quand elle nous dit “Je suis obligée de le faire”, elle le pense vraiment et elle n’a pas le choix », réagissait le député Renaissance Philippe Latombe. Il n’était alors pas tendre envers l’agence du numérique en santé, la DINUM et le HDH : « Ils se foutent de la gueule du monde ! ». Au moins le message est clair.

La solution « intercalaire » finalement abandonnée

En juillet 2025, le gouvernement de l’époque avait lancé un appel d’offres pour copier le Health Data Hub (HDH) vers une solution « intercalaire ». « L’idée consiste à anticiper en hébergeant une copie de la base principale du Système national des données de santé (SDSN) – aujourd’hui maintenue par l’Assurance maladie – dans une solution souveraine placée sous la maîtrise directe du HDH », expliquait à l’époque la directrice générale du Health Data Hub Stéphanie Combes (qui a maintenant quitté ses fonctions).

Cette solution semblait suivre son bonhomme de chemin encore récemment puisque nos confrères de l’Informé expliquaient qu’« une première sélection des candidats est intervenue en fin d’année dernière et la deuxième phase avec la parution du cahier des charges doit s’ouvrir d’ici peu ». Selon leurs informations, OVHCloud s’était positionné en s’associant avec Docaposte, filiale de La Poste. Cloud Temple et le groupe Atos allaient s’allier pour faire une proposition. Et Orange Business devait lui aussi concourir.

Si S3NS (partenariat entre Google et Thales, qualifié SecNumCloud depuis peu) ne pipait mot sur ses intentions à ce sujet, Scaleway expliquait à nos confrères préférer attendre le lancement du futur marché cible. À rebours, Scaleway a donc fait le bon choix puisque le gouvernement actuel a donc décidé finalement de faire l’impasse sur la solution « intercalaire ».

Le ministère de la Santé explique dans un communiqué que « la mission d’expertise mobilisée par le Gouvernement a confirmé qu’il est techniquement possible d’engager dès à présent la migration complète vers cette solution “cible” sécurisée, résiliente, non soumise aux législations extra-communautaires, délaissant les solutions extra-européennes actuellement utilisées ». En d’autres termes, une plateforme avec une qualification SecNumCloud de l’ANSSI. À l’AFP, le gouvernement a expliqué que la procédure sera lancée dès lundi 9 février.

Une attribution du marché fin mars 2026

Selon le ministère, cette solution « permettra d’héberger une copie complète de la base principale du Système national des données de santé d’ici fin 2026, rendant la solution intercalaire inutile ». En plus, elle doit ensuite permettre l’« hébergement d’autres bases de données et [la] mise à disposition d’environnements de traitement sécurisés pour les porteurs de projets », mais le ministère ne donne pas encore de date de livraison prévue pour ces fonctionnalité. Le communiqué assure que « l’attribution de ce marché interviendra fin mars 2026 ».

Les candidats devront scruter le marché « Nuage Public » porté par la Direction interministérielle du numérique et l’Agence des achats de l’État « qui permet de mobiliser rapidement un large catalogue de solutions d’hébergement souveraines dans le respect des règles de la commande publique », explique encore le ministère.

☕️ Pour éviter les 404 dans WordPress avec un plugin, Automattic s’allie à Internet Archive

6 février 2026 à 14:52

Les liens morts pourrissent le web depuis longtemps. Toujours aussi frustrant de cliquer sur un lien et de tomber sur une page d’erreur. Selon une étude du Pew Research Center publiée en mai 2024, « 38 % des pages web qui existaient en 2013 ne sont plus accessibles dix ans plus tard ». Une solution souvent utilisée est de s’appuyer sur la Wayback Machine d’Internet Archive. Firefox a eu l’idée en 2016, Internet Archive a créé une extension pour Chrome en 2017, Brave en 2020.

C’est au tour d’Automattic, l’entreprise du co-créateur de WordPress Matthew Mullenweg et éditeur de WordPress.com, d’utiliser l’astuce.

En collaboration avec Internet Archive, comme l’organisation à but non lucratif l’explique, elle a créé le plugin Link Fixer.

Celui-ci ne fait pas que rediriger vers l’archive quand la page n’existe plus. « Il analyse automatiquement le contenu de vos publications (lors de leur enregistrement et dans les publications déjà existantes) afin de détecter les liens sortants. Pour chacun d’entre eux, il vérifie la présence d’une version archivée dans la Wayback Machine d’Internet Archive et crée un snapshot si aucune n’est disponible », explique la notice.

GPT-5.3 Codex, Claude Opus 4.6 : OpenAI et Anthropic se tirent la bourre

6 février 2026 à 14:38
Quelqu’un pour siffler la fin de la récré ?
GPT-5.3 Codex, Claude Opus 4.6 : OpenAI et Anthropic se tirent la bourre

Hier en fin de journée, en l’espace de quelques minutes, Anthropic et OpenAI ont annoncé deux nouveaux modèles : Claude Opus 4.6 pour le premier, GPT-5.3 Codex pour le second. Dans les deux cas, avec la promesse d’être « toujours plus mieux ». Anthropic met aussi en avant une inférence aux États-Unis, avec un surcoût.

Selon TechCrunch, les deux concurrents « avaient initialement prévu de sortir leurs deux outils de codage agent exactement en même temps : à 10 h PST [soit 19 h, heure française, ndlr]. Cependant, peu de temps avant la sortie initiale, Anthropic a avancé sa date de sortie de 15 minutes, devançant légèrement OpenAI dans la course à la promotion des modèles ».

Le torchon brûle publiquement entre les deux entreprises qui s’écharpent par vidéos et déclarations interposées sur la question de la publicité, OpenAI en ajoute, Anthropic s’y refuse. La guerre de communication se transforme maintenant en course à l’échalote à celui qui dégainera le premier.

Opus 4.6 fait tout mieux, avec une fenêtre contextuelle d’un million de jetons

Mais de quoi parle-t-on précisément ? Chez Anthropic, de Claude 4.6 qui « améliore les compétences en codage ». Le nouveau modèle est capable de maintenir les agents plus longtemps, de fonctionner avec des bases de code plus volumineuses, détecte mieux ses propres erreurs, etc. La société annonce aussi « une première pour les modèles Opus » : une fenêtre contextuelle d’un million de jetons, en bêta pour l’instant. En sortie, il est question de 128 000 tokens.

Dans son communiqué, Anthropic annonce que, sur le test GDPval-AA, « Opus 4.6 surpasse le deuxième meilleur modèle du secteur (GPT-5.2 d’OpenAI) d’environ 144 points »… ouf, à 15 minutes près, GTP-5.3 Codex aurait rendu ce test caduc.

Anthropic propose aussi toute une série de mesures des performances d’Opus 4.6 face à Opus 4.5, Sonnet 4.5 (Anthropic également), Gemini 3 Pro de Google et GPT-5.2 d’OpenAI. L’entreprise est évidemment en tête dans une majorité des cas.

D’autres nouveautés sont mises en avant, notamment la gestion des équipes d’agents, la « pensée adaptative » pour permettre au modèle de mieux comprendre le contexte, plus de liberté aux développeurs pour avoir « un meilleur contrôle sur l’intelligence, la vitesse et le coût », des améliorations sur la prise en charge des documents Excel et PowerPoint, etc. Comme à chaque fois ou presque, c’est le modèle le plus puissant de l’entreprise.

GPT-5.3 Codex promet d’être « 25 % plus rapide »

Claude Opus 4.6 n’aura gardé le titre de dernier modèle que pendant un quart d’heure avant que GPT-5.3 Codex n’arrive. OpenAI aussi montre ses muscles et annonce que son modèle « repousse les limites des performances en programmation de GPT-5.2-Codex, tout en intégrant les capacités de raisonnement et de connaissances professionnelles de GPT-5.2, réunies au sein d’un seul modèle, avec en plus une exécution 25 % plus rapide ».

Dans son communiqué, OpenAI affirme que son modèle « établit de nouveaux records sur SWE-Bench Pro et Terminal Bench, et affiche d’excellents résultats sur OSWorld et GDPVal ». OpenAI ne compare toutefois pas son nouveau modèle à celui d’Anthropic, mais on peut voir que GPT-5.3 Codex est exactement au niveau de GPT-5.2 sur GDPval. Attention, cela concerne GDPVal alors qu’Anthropic parle de GDPVal-AA. GDPval est pour rappel un benchmark des IA génératives lancé par OpenAI en septembre dernier.

GPT-5.3-Codex a « contribué de manière décisive à sa propre création »

La société de Sam Altman affirme au passage que « GPT-5.3-Codex est le premier modèle d’OpenAI à avoir contribué de manière décisive à sa propre création ». « L’équipe Codex a utilisé des versions préliminaires pour déboguer son entraînement, gérer son déploiement et analyser les résultats des tests et d’évaluations », explique OpenAI.

Il est aussi intéressant de noter que le communiqué d’Anthropic parle à plusieurs reprises de GPT-5.2 et d’OpenAI, là où celui d’OpenAI ne fait aucune mention de son concurrent. GPT-5.3 Codex est mis en face de GPT 5.2 et 5.2 Codex.

De l’inférence « US-only » chez Anthropic

OpenAI en profite pour brosser NVIDIA dans le sens du poil : « GPT-5.3-Codex a été conçu pour fonctionner avec les systèmes NVIDIA GB200 NVL72, a été entraîné dessus et fonctionne sur ces mêmes systèmes. Nous remercions NVIDIA pour son partenariat ».

Du côté d’Anthropic, on met en avant la production locale avec l’US-only inference : « Pour les charges de travail qui doivent s’exécuter aux États-Unis, l’inférence aux États-Unis est disponible à 1,1x par jeton », soit 10 % de plus. Rien pour les autres pays du monde.

☕️ TrueNAS 26 se prépare, avec OpenZFS 2.4 et Linux 6.18 LTS

6 février 2026 à 13:59

Suivre la numérotation chez TrueNAS n’est pas une mince affaire. Il y a eu des chiffres classiques jusqu’à la version 13, puis une séparation en deux avec TrueNAS Core (basé sur FreeBSD, comme les versions historiques) et TrueNAS Scale (basé sur Debian).

Les deux branches ont alors évolué en parallèle avant la réunification avec TrueNAS 25.04 (Fangtooth). TrueNAS 25.10 est ensuite arrivé en version finale en octobre 2025, c’est la dernière mouture stable. Voilà qu’iXsystems, qui développe TrueNAS, parle de la prochaine version, avec une numérotation encore différente : TrueNAS 26, avec juste 26 pour 2026.

Les mises à jour suivront ensuite un cycle classique avec TrueNAS 26.1, 26.2, etc. Puis ce sera normalement au tour de TrueNAS 27 en 2027… si iXsystems ne décide pas encore une fois de changer d’avis. C’est également la fin des « noms de code sur le thème des poissons ». Enfin à voir, car dans sa documentation, iXsystems associe TrueNAS 26 au nom de code Halfmoon qui est aussi un poisson.

Il n’est pas encore question à ce stade d’une bêta de TrueNAS 26 qui n’arrivera qu’en avril, mais simplement de donner quelques lignes directrices.

Première nouveauté mise en avant : TrueNAS Webshare pour une « recherche intégrée afin de vous aider à trouver rapidement ce dont vous avez besoin sur votre stockage ». TrueNAS 26 proposera aussi une « détection et une protection contre les ransomwares », le passage à OpenZFS 2.4 (disponible depuis mi-décembre 2025), une prise en charge complète des conteneurs LXC, le passage au kernel Linux 6.18 LTS, etc.

☕️ Le Raspberry Pi 4 sans dessus dessous avec la mémoire vive

6 février 2026 à 13:18

Il y a quelques jours, la fondation Rasbperry Pi annonçait une nouvelle hausse de tarif quasi généralisée sur les micro-ordinateurs. La cause n’est pas à chercher bien loin : la pénurie sur la mémoire vive.

Via la PCN 45 (Product Change Notification) mise en ligne le 3 février et repérée par CNX (pdf), Raspberry Pi annonce une « Dual RAM variant » de son Raspberry Pi 4 Model B. Toutes les variantes de 1 à 4 Go peuvent en profiter. Une autre PCN 30 (pdf) ajoute de nouvelles références de puces pour la mémoire des Raspberry Pi 4.

Désormais, deux puces de mémoire peuvent prendre place sur le PCB (une dessus, une dessous), à la place d’une seule jusqu’à présent. Afin de laisser la place nécessaire, « certains petits composants passifs ont été déplacés ».

L’ancien PCB était en révision 9, le nouveau en révision 13a. Le software model number est désormais 1.5. Cela veut dire qu’une commande cat /proc/cpuinfo dans un terminal affichera « Raspberry Pi 4 Model B Rev 1.5 ».

Selon la fondation, cela permet une « plus grande flexibilité de la chaîne d’approvisionnement », avec au passage une « amélioration du processus de fabrication (cette nouvelle version utilise le soudage par refusion) ».

Seul le Raspberry Pi 4 Model B est concerné et les nouvelles cartes arriveront à partir de ce mois de février, le temps d’écouler les stocks chez les revendeurs évidemment.

Pour rappel, nous avons récemment comparé les performances du Raspberry Pi 4 à celles du Pi 5 et de l’Arduino Uno Q, tous en version avec 4 Go de mémoire vive.

☕️ L’Europe entend les arguments d’Apple et ne soumet pas Ads et Maps au DMA

6 février 2026 à 11:56

Fin novembre, la Commission européenne recevait une notification d’Apple expliquant que « ses services Apple Ads et Apple Maps ont atteint les seuils du Digital Markets Act (DMA) ». Sans surprise, Apple était contre le fait de désigner officiellement ses deux services comme des gatekeepers. L’Europe avait alors 45 jours pour se décider.

Les arguments ont visiblement fait mouche puisque la Commission vient d’annoncer que Ads et Maps « ne devaient pas être désignés en vertu de la législation sur les marchés numériques. Un argument retenu par l’Europe est qu’« aucun de ces services ne constitue un point d’accès important permettant aux entreprises utilisatrices d’atteindre les utilisateurs finaux ».

La Commission prend notamment en compte le fait « qu’Apple Maps a un taux d’utilisation global relativement faible dans l’UE et qu’Apple Ads a une échelle très limitée dans le secteur de la publicité en ligne dans l’UE ».

Apple se félicite évidemment de cette décision : « Ces services font face à une concurrence importante en Europe, et nous sommes heureux que la Commission ait reconnu qu’ils ne remplissent pas les critères de désignation prévus par la loi sur les marchés numériques », explique-t-elle à Reuters.

Côté publicité, Google, Amazon et Meta sont désignés comme gatekeepers, comme Google Maps sur les services. Apple reste soumis au DMA pour ses services App Store, iOS et iPadOS, ainsi que Safari. La liste complète des gatekeepers se trouve par ici.

Fake news sur Macron dans les Epstein files : le Quai d’Orsay dénonce une ingérence russe

6 février 2026 à 11:34
Le diable s'habille en Pravda
Fake news sur Macron dans les Epstein files : le Quai d’Orsay dénonce une ingérence russe

Publié jeudi 4 février sur un site usurpant l’apparence de France Soir, un article affirmait révéler une correspondance compromettante pour Emmanuel Macron au sein des millions de documents de l’affaire Epstein. Le gouvernement a rapidement dénoncé une fake news qu’il attribue, via son compte French Response, à une tentative d’ingérence russe.

S’il y a bien des mentions du président de la République française dans les millions de documents qui constituent les fameux Epstein files (environ 200), celles-ci ne revêtent, d’après nos constatations, aucun caractère compromettant. Elles ne témoignent d’ailleurs d’aucune correspondance directe entre Emmanuel Macron et le pédocriminel mort dans sa cellule en 2019.

Un faux France Soir clame révéler un scandale sexuel

Un article aux accents nettement plus scandaleux a toutefois fait surface, jeudi 4 février. Publié sur un site baptisé France Soir, il affirmait, avec des visuels, qu’Emmanuel Macron était évoqué dans une correspondance de mai 2017 entre Jeffrey Epstein et l’ancien agent de mannequins français Jean-Luc Brunel, lui aussi retrouvé mort dans sa cellule en 2022. Captures d’écran à l’appui, les propos rapportés laissaient entendre que le président allait organiser une soirée avenue Foch (adresse de l’appartement parisien d’Epstein), et qu’il fallait amener de jeunes garçons…

Le site, faussement baptisé France Soir, s’appuie sur des fichiers qui n’existent pas au sein des Epstein Files pour étayer son propos – capture d’écran Next

Problème : comme l’a signalé vendredi matin le site Les Surligneurs, les fichiers PDF dont auraient été extraits cette soi-disant conversation n’existent pas sur le dépôt dédié à l’affaire Epstein du ministère de la Justice américain. Le site en question (voir archive) se présente par ailleurs sous le nom France Soir, mais contrefait l’image et le nom de domaine de l’ancien quotidien français (qui n’est plus aujourd’hui reconnu comme un titre de presse).

Le « vrai » France Soir a d’ailleurs lui-même dénoncé ce parasitisme dès jeudi sur X, et s’est félicité, vendredi matin vers 4 heures, d’avoir obtenu la suspension du site en question, qui exploitait le nom de domaine france-soir.net.

French Response attribue la fake news à la Russie

Le Quai d’Orsay a lui aussi réagi sans tarder, par l’intermédiaire du compte French Response, que la diplomatie française exploite, sur X, pour essayer de dénoncer ou de désamorcer les opérations d’influence. Jeudi vers 15 heures, il a ainsi commenté le message d’une certaine Loetitia Halàsz, qui se présente comme une Hongroise, et relayait l’article du faux France Soir, accompagné d’une vidéo en résumant les soi-disant révélations. « Il s’est avéré que Macron était un invité fréquent de la résidence d’Epstein à Paris, 22 avenue Foch. », attaquait le compte Loetitia Halàsz.

« Il s’est avéré que Loetitia détient des secrets mondiaux. Il s’est avéré que l’IA les met en images. Il s’est avéré que l’article de France Soir n’existe pas. Il s’est avéré que des réseaux russes amplifient direct », a pour sa part retweeté French Response.

D’après BFM, une source gouvernementale aurait rapproché cette action du mode opératoire informationnel (MOI) du groupe russe ou pro-russe Storm1516, dont les actions avaient été expliquées et dénoncées en détail par Viginum, le service dédié à la lutte contre la désinformation du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Ce dernier indiquait à l’époque avoir recensé 77 opérations informationnelles visant la France entre le mois d’août 2023 et le 5 mars 2025.

☕️ Substack indique avoir découvert une intrusion survenue en octobre dernier

6 février 2026 à 10:25

Le calendrier décrit risque d’être perçu comme un facteur aggravant par les utilisateurs concernés. La plateforme de newsletters Substack a alerté cette semaine certains de ses utilisateurs au sujet d’une intrusion découverte dans son système informatique le 3 février. Cet accès non autorisé serait survenu en octobre dernier.

« Le 3 février, nous avons identifié une faille dans nos systèmes qui a permis à un tiers non autorisé d’accéder à certaines données utilisateur sans autorisation, notamment les adresses e-mail, les numéros de téléphone et d’autres métadonnées internes », décrit Chris Best, CEO de Substack dans ce courrier reproduit par plusieurs utilisateurs.

La page d'accueil de Substack, qui indique
Capture d’écran de la page d’accueil de Substack

« Nous avons corrigé la faille de sécurité qui a permis cet incident. Nous menons une enquête approfondie et prenons des mesures pour améliorer nos systèmes et procédures afin d’éviter que ce type de problème ne se reproduise », promet-il encore, tout en présentant ses excuses aux concernés. Il assure par ailleurs qu’aucune donnée de paiement ou élément financier n’a été exfiltré de la plateforme.

Substack joue en effet un rôle important dans la fameuse « creator’s economy », en offrant aux créateurs et créatrices la possibilité de commercialiser directement leurs contenus auprès de leur audience via une logique d’abonnement. « Aujourd’hui, le réseau d’abonnements de Substack compte plus de 50 millions d’abonnements actifs, dont 5 millions d’abonnements payants à l’échelle mondiale », revendique l’entreprise, un temps critiquée pour son laxisme en matière de modération.

Reste à connaître la portée exacte de la fuite de données. La coïncidence pourrait n’être que fortuite mais une annonce proposant à la vente un fichier de près de 700 000 lignes, soi-disant extraits des systèmes de Substack, a été mise en ligne le 2 février dernier sur un forum spécialisé.

L’ICE veut multiplier ses sources de données auprès des publicitaires et des Big Tech

5 février 2026 à 17:20
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L’ICE veut multiplier ses sources de données auprès des publicitaires et des Big Tech

Les services de l’immigration et des douanes s’intéressent aux données collectées par les sociétés de technologies publicitaires pour renforcer leurs pratiques d’enquête.

Les données sensibles récupérées par l’industrie publicitaire peuvent-elles servir des enquêtes menées par les autorités gouvernementales ? Si l’on en croit le service de l’immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE) des États-Unis, la réponse pourrait être : oui.

L’émanation de son ministère de l’Intérieur (DHS, Department of Homeland Security) cherche en effet à mettre la main sur les vastes sommes de données de localisation que s’échangent des courtiers de données publicitaires. Présentée comme une étude de marché plutôt qu’un appel d’offres, une récente Request for Information (RFI) de l’entité indique en effet rechercher des renseignements « d’entreprises conformes aux normes de l’AdTech et de services de données de localisation ».

En parallèle, le DHS a tenté à plusieurs reprises d’obtenir des informations sur des comptes de réseaux sociaux critiquant le gouvernement Trump. De manière moins publique, rapporte TechCrunch, ses services se sont adressés à Meta, Google et d’autres pour obtenir des informations sur les comptes d’opposants au président des États-Unis, ou le contenu de leurs échanges en ligne – des requêtes contestées en justice par des ONG, dont l’American Civil Liberties Union (ACLU).

Évaluation de marché

Le document a été émis par le service des enquêtes du ministère de l’Intérieur (Homeland Security Investigations) des États-Unis, relève Biometric Update, ce qui souligne un intérêt actif des services de l’ICE pour des démonstrations de plateformes et d’outils permettant d’accéder à ce type de données.

Comme toutes les RFI, elle précise néanmoins, en majuscule : « IL S’AGIT UNIQUEMENT D’UNE DEMANDE D’INFORMATIONS. Il ne s’agit pas d’un appel d’offres. Cette demande d’informations est uniquement destinée à des fins d’étude de marché, de planification et de collecte d’informations. »

Plus loin, l’ICE explique travailler avec un « volume croissant de dossiers criminels, civils, légaux et administratifs venus de multiples sources internes et externes ». Et déclare chercher à estimer si le marché de l’adtech (technologies publicitaires) propose « des solutions commerciales prêtes à l’emploi existantes et émergentes comparables à celles proposées par les grands fournisseurs de données d’enquête et d’analyses juridiques/de risques ».

L’ADINT, investigation via données publicitaires

L’écosystème de l’ « adtech » est composé d’une multitude de sociétés aussi bien spécialisées dans le logiciel, les plateformes d’analyse de données, que des courtiers de données. Des sociétés comme Gravy Analytics, Datastream, ou l’américain Xander ont ainsi pour activité de réunir des données publicitaires de multiples origines en de vastes jeux de données qu’elles redistribuent ensuite à leurs clients, souvent pour leur permettre de viser plus précisément des « segments d’audience ».

Comme l’ont montré de multiples enquêtes, leurs pratiques de collectes de données de localisation, d’identifiants d’équipements, d’adresses IP ou autres peuvent se révéler très invasives, y compris dans des pays protégés par le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), comme en Union européenne, ou par des textes similaires.

L’ICE est d’ailleurs loin d’être le premier service à s’intéresser à ce type de jeu de données. En 2022, l’Electronic Frontier Foundation constatait qu’un petit courtier nommé Fog Reveal (Dissipation de brouillard) revendait aux forces de l’ordre locales des milliards de données géolocalisées. Concrètement, ce type d’outil permet de géolocaliser un téléphone portable, sans que les autorités n’aient nécessairement les mandats de perquisition appropriés.

Dans un colloque organisé en 2024 par la CNIL et la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), le directeur général de la Sécurité extérieure (DGSE) Nicolas Lerner avait évoqué le boom de ce que les professionnels du renseignement qualifient d’ADINT (pour Advertising Intelligence). Une pratique qui peut d’ailleurs aussi bien compromettre la sécurité des personnels des armées ou de services de renseignement que celle des citoyens, comme l’ont démontré des journalistes allemands de Bayerischer Rundfunk et netzpolitik.org.

En un simple coup de téléphone, l’un d’eux avait en effet obtenu un fichier de 3,6 milliards de points de localisation via la plateforme Datarade, ce qui avait notamment permis de repérer des dizaines d’appareils (et leurs mouvements) dans des établissements soupçonnés d’accueillir des membres de la NSA, ou encore dans une base aérienne cruciale dans les opérations de drones américaines.

Dans le cas présent, cela dit, l’intérêt exprimé par l’ICE ne peut se lire sans évoquer le croisement de jeux de données sensibles déjà réalisé par l’éphémère ministère de l’efficacité gouvernementale (DOGE) dans les premiers mois du second mandat de Donald Trump. Ni sans être rapproché des actions violentes de l’ICE contre des citoyens des États-Unis comme des ressortissants d’autres pays présents sur le territoire.

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