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Finalement, le gouvernement prévoit de donner la régulation de l’IA à la CNIL

13 février 2026 à 15:44
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Finalement, le gouvernement prévoit de donner la régulation de l’IA à la CNIL

Alors que le projet de loi « portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne » va passer devant le Sénat, le gouvernement a proposé un amendement qui prévoit que la CNIL prenne la main sur la régulation de l’IA en France. L’Arcom ne devrait jouer qu’un second rôle.

La CNIL semble avoir gagné la bataille d’influence dans la régulation de l’IA. En tout cas, c’est le sens que prend un amendement déposé par le gouvernement dans le projet de loi qui prévoit, entre autres, d’adapter le droit français à l’AI Act.

Ce projet de loi « portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne » a été déposé au Sénat en novembre dernier par le gouvernement en engageant la procédure accélérée.

Le législateur doit notamment décider quelle institution sera chargée, en France, de la régulation de l’intelligence artificielle prévue par le règlement européen.

Intense bataille entre potentiels régulateurs

Depuis 2023, et donc avant même le vote du texte européen, la CNIL essaye de faire sienne cette place de régulateur de la technologie, devenue centrale politiquement et économiquement ces dernières années. Après avoir écarté les divers comités créés par l’exécutif ces dernières années, la CNIL avait obtenu l’appui de certains députés en 2024, à condition qu’elle se transforme.

L’ARCOM et le ministère de l’Économie, via la DGCCRF, essayaient aussi de prendre l’ascendant sur ce dossier. Les trois organisations avaient mis en avant, en juin 2024, la signature d’une « convention de coopération » entre elles pour la mise en œuvre du règlement européen sur les services numériques.

En septembre dernier, Bercy semblait avoir pris l’ascendant et communiquait pour assurer que « la DGCCRF, experte de la surveillance de marché et accomplie dans la collaboration avec d’autres régulateurs, ainsi que la DGE, représentante de la France au Comité européen de l’IA, coordonneraient les actions des autorités ». Le ministère de l’Économie diffusait aussi un « schéma de gouvernance des autorités de surveillance de marché » sur lequel la DGCCRF, avec la DGE, était clairement aux manettes :

Mais finalement, le gouvernement a choisi la CNIL comme autorité chargée d’assurer la mise en œuvre de l’AI Act sur le sol français. De fait, le texte initial du projet de loi présenté au Sénat n’avait pas tranché la question.

Selon nos confrères de Contexte, le Conseil d’État estimait que le schéma prévu par Bercy risquait « d’enfreindre la règle du “non bis in idem” », c’est-à-dire l’impossibilité de double sanction. En effet, selon l’institution, le plan prévu par le ministère de l’Économie risquait de mettre en place des doubles affectations d’autorités sur certaines catégories d’IA. Le gouvernement a donc dû revoir sa copie.

La CNIL ramasse la mise

Finalement, l’amendement au texte qu’il a déposé ce jeudi 12 février veut modifier la loi Informatique et libertés de 1978 pour donner de nouvelles compétences à la CNIL, qui devra « assurer la mise en œuvre effective » de l’AI Act.

L’autorité aura aussi à charge le contrôle des pratiques d’intelligence artificielle interdites. Sur la notation sociale, elle partagera cette charge de contrôle avec la DGCCRF.

Elle se voit aussi confier « le contrôle du respect des obligations de transparence applicables à certains systèmes d’intelligence artificielle, notamment ceux mettant en œuvre des dispositifs de reconnaissance des émotions ou de catégorisation biométrique », comme l’explique le gouvernement dans l’objet de son amendement.

La CNIL est également désignée comme autorité compétente à l’égard des obligations de transparence de certains systèmes d’intelligence artificielle au sens de l’article 50 du même règlement, qui obligera les contenus générés par IA à être labellisés comme tels.

Elle est désignée comme organisme notifié qui doit intervenir pour « l’évaluation du système de gestion de la qualité et de l’évaluation de la documentation technique » des systèmes d’IA considérés comme à « haut risque » par le règlement européen concernant les systèmes d’identification biométrique, de décisions relatives au travail (emploi, recrutement…) et « certaines applications relevant de la répression, des contrôles aux frontières ou de la gestion des migrations ». Même chose concernant les systèmes à haut risque dans l’éducation, mais la DGCCRF récupère la compétence sur les systèmes concernant la formation professionnelle.

Dans ce texte, l’Arcom ne retrouve plus qu’un rôle de consultation lorsque les systèmes d’intelligence artificielle concernés présentent un lien direct avec les processus démocratiques.

« Il y a quelques incertitudes sur les périmètres respectifs des uns et des autres », a quand même estimé la rapporteure du texte Marie-Lise Housseau (UC) auprès de nos confrères de Contexte, alertée par l’Arcom. La sénatrice pourrait proposer quelques modifications pour éclaircir les choses.

Le Sénat doit examiner le texte en séance publique lundi 16 février.

Mistral effectue un premier investissement hors de France, en Suède

13 février 2026 à 11:09
Ventil
Mistral effectue un premier investissement hors de France, en Suède

L’entreprise d’IA générative française a annoncé qu’elle allait investir 1,2 milliard d’euros en Suède pour un projet de datacenters. Cette annonce est le premier investissement de la startup française hors de France. Il doit augmenter, à terme, les capacités de calcul globales de Mistral de 50 % dès 2027, si tout va bien.

Ce mercredi 11 février, Mistral a annoncé investir 1,2 milliard d’euros pour la construction de centres de données à Borlänge, en Suède. L’entreprise affirme dans son communiqué que cite l’AFP que l’investissement «comprend le développement de data centers spécialisés en intelligence artificielle, de capacités de calcul avancées et de solutions d’IA localisées» sans plus de détails techniques.

Le tout doit être mis en service en 2027 et doit permettre à Mistral d’augmenter ses capacité de 50 %, explique la Tribune.

Mistral s’insère dans un projet déjà en cours de l’acteur local EcoDataCenter

De fait, les datacenters de Mistral actuellement sur le territoire français demandent une puissance de 40 mégawatts. Ici, le nouveau projet de la startup française demandera 23 mégawatts sur le réseau électrique suédois. L’entreprise d’Arthur Mensch explique qu’elle ne se lance pas toute seule dans ce projet à l’étranger. Elle va en effet s’appuyer sur l’entreprise locale EcoDataCenter dont le projet à Borlänge a été lancé en 2025.

L’investissement de 1,2 milliard d’euros semble supérieur à ce qui est généralement pratiqué. Mistral confirme cependant à Next : « notre investissement en Suède correspond bien à une puissance énergétique de 23MW » sans plus de précision sur ce que recouvre l’accord. EcoDataCenter a déjà un premier data site qui se situe à Falun qui demande une puissance de 80MW. Son projet à Borlänge est de 240MW selon son site web. Ainsi, Mistral devrait prendre un dixième du site en construction. L’entreprise suédoise précisait même dans un communiqué en septembre dernier que le projet pourrait bénéficier ensuite d’une extension pour aller jusqu’à 600 MW.


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EcoDataCenter indique que le datacenter hébergera des GPU Vera Rubin de dernière génération de NVIDIA.

Arthur Mensch a justifié ce choix de la Suède au Financial Times en affirmant que l’énergie y était « à la fois peu polluante et relativement bon marché ».

En février dernier, l’entreprise avait annoncé implanter un data center en Essonne à Bruyères-le-Châtel, hébergé par Eclairion et qui utilisait une puissance de 40 mégawatts.

Selon Le Mag IT, les deux infrastructures seront aussi utilisé pour l’offre « Compute » de Mistral qui propose des services d’hébergement pour d’autres acteurs d’IA.

Mistral, un chiffre d’affaire annualisé de 400 millions de dollars

« Nous diversifions et répartissons nos capacités à travers l’Europe », a-t-il déclaré aussi à nos confrères, « L’Europe a pris conscience que sa dépendance vis-à-vis des services numériques américains était excessive et avait atteint aujourd’hui un point critique. Nous leur apportons un avantage concurrentiel, car nous leur fournissons des modèles, des logiciels et des capacités de calcul totalement indépendants des acteurs américains ».

« Il s’agit en fait d’une activité assez prévisible, ce qui explique le fort intérêt pour la souscription d’investissements dans les infrastructures » assure-t-il encore et il prévoit que le nouveau site générerait plus de 2 milliards d’euros de revenus au cours des cinq prochaines années.

Le responsable de l’entreprise en a profité pour expliqué à nos confrères britanniques que le chiffre d’affaires annualisé de Mistral (calculé en multipliant par 12 le chiffre du dernier mois) dépassait les 400 millions de dollars, 20 fois plus qu’un an avant. Il espère pouvoir dépasser le milliard annuel d’ici la fin de l’année.

Rappelons qu’en septembre dernier ASML avait pris 11 % de Mistral AI pour 1,3 milliard d’euros sous la forme d’un partenariat stratégique de long terme, de quoi écarter les rumeurs de rachat par Apple qui avaient pu circuler quelques mois avant.

☕️ Elon Musk repousse son narratif de la conquête de Mars

12 février 2026 à 09:36

Une semaine après avoir annoncé la fusion de ses deux entreprises SpaceX et xAI, Elon Musk a repoussé ses plans messianiques de conquête de Mars.

Dans un message envoyé sur X dimanche, le milliardaire semble s’être rendu compte, au bout de près de 25 ans, qu’ « il n’est possible de se rendre sur Mars que lorsque les planètes s’alignent tous les 26 mois (durée du voyage : six mois), alors que nous pouvons nous rendre sur la Lune tous les 10 jours (durée du voyage : 2 jours) ». Il confirme donc ce que le Wall Street Journal annonçait deux jours plus tôt.

Elon Musk affirme que son entreprise « s’est déjà tournée vers la construction d’une ville autonome sur la Lune, car nous pouvons potentiellement y parvenir en moins de 10 ans, alors que Mars prendrait plus de 20 ans ».

Et il ajoute, comme une évidence : « cela signifie que nous pouvons itérer beaucoup plus rapidement pour achever une ville lunaire qu’une ville martienne ».

Pourtant, l’année dernière, il affirmait encore : « Non, nous allons directement sur Mars. La Lune est une distraction ».

Comme l’explique ArsTechnica, « À court terme, cela ne change pas grand-chose. […] SpaceX n’était pas en mesure d’envoyer un vaisseau spatial vers Mars en 2026, et l’échéance de 2028 semblait également peu probable. Mars a toujours été un objectif lointain, et cela restera le cas ».

Mais ça replace SpaceX dans les traces du projet Artemis étatsunien d’établir des missions habitées vers la Lune. L’entreprise participe déjà au projet mais Elon Musk était, en décembre 2024, très critique sur la manière dont il était géré.

C’est en tout cas une nouvelle promesse du milliardaire dont la date est repoussée. En 2024, il lançait sur son réseau social que « les premiers Starship à destination de Mars seront lancés dans deux ans, lorsque la prochaine fenêtre de transfert Terre-Mars s’ouvrira ».

[MàJ] Après les accusations de collusion avec l’ICE, Ring jette l’éponge avec Flock Safety

13 février 2026 à 08:51
Oh, regardez, un chien perdu retrouvé !
[MàJ] Après les accusations de collusion avec l’ICE, Ring jette l’éponge avec Flock Safety

Dans une publicité diffusée lors du Super Bowl, Ring a mis en avant une fonctionnalité de ses produits appelée « Search Party » permettant de retrouver les chiens perdus. Mais ce spot est arrivé juste après une recrudescence de critiques de l’entreprise pour ses récents partenariats avec l’industrie de la vidéo-surveillance américaine qui travaille avec les autorités du pays et notamment l’ICE.

Mise à jour du 13 février à 8h30. Après les accusations de collusion avec l’ICE suite à la signature d’un contrat avec l’entreprise Flock Safety en octobre dernier, comme nous le racontions ci-dessous, Ring a annoncé ce jeudi 12 février avoir annulé ce partenariat. La raison évoquée, cependant, est que « l’intégration prévue de Flock Safety nécessiterait beaucoup plus de temps et de ressources que prévu ».


Article initialement publié le 11 février à 15h57. Ring, la filiale d’Amazon spécialisée dans les caméras et sonnettes connectées, a annoncé en octobre 2025 un nouveau partenariat avec Flock Safety, une société récemment passée de la surveillance de plaques d’immatriculation à celle des humains.

La dénonciation de ce partenariat a gagné en intensité sur les réseaux sociaux mi-janvier, comme l’expliquait Futurism, avec des accusations de collusion avec l’ICE sur Bluesky ou, sur TikTok, de « partager les données de surveillance recueillies devant votre porte avec l’ICE et Flock Safety, utilisant ainsi la surveillance comme une arme contre le peuple américain ».

Pas de contrat direct avec l’ICE mais un contournement possible déjà utilisé par Flock Safety

« Les services américains de l’immigration et des douanes (ICE) ne peuvent pas initier de demandes communautaires. Ring n’a aucun partenariat avec l’ICE, ne lui fournit pas de vidéos, de flux ou d’accès back-end, et ne partage pas de vidéos avec eux. Comme toutes les entreprises, Ring peut recevoir des demandes d’informations légalement valables et contraignantes de la part des forces de l’ordre, telles que des mandats de perquisition, des assignations à comparaître ou des ordonnances judiciaires. Nous ne divulguons pas les informations de nos clients, sauf si la loi l’exige ou dans de rares situations d’urgence où il existe un danger imminent de mort ou de blessures physiques graves. En dehors de ce processus légal, les clients contrôlent les vidéos qui sont partagées avec les forces de l’ordre », affirme l’entreprise dans un communiqué envoyé au New York Times.

Mais rappelons que bien que Flock Safety n’ait pas de contrat non plus avec l’ICE, l’agence se procure les données de ses caméras en adressant des demandes aux forces de l’ordre locales.

Ring a, depuis son rachat, un parcours en zigzag concernant la surveillance des humains. En 2018, Amazon rêvait déjà d’associer vidéosurveillance et reconnaissance faciale aux sonnettes des portes après avoir racheté Ring. Mais après quelques années et quelques déboires, l’entreprise était revenue un petit peu en arrière, annonçant en 2024 qu’elle ne laisserait plus les services de police lui réclamer aussi facilement les enregistrements des caméras.

« Mignon et terriblement dystopique »

Ce week-end, elle préférait montrer sur tous les écrans étatsuniens lors du SuperBowl une publicité pour sa fonctionnalité « Search Party » en montrant que son réseau de caméras-sonnettes connectées permettait, avec de l’IA, de rechercher un chien perdu dans un quartier :

« Un dispositif mignon et terriblement dystopique » selon 404 Media, qui souligne qu’ « il ne faut pas beaucoup d’imagination pour envisager que ce système soit détourné à des fins répressives contre des criminels présumés, des immigrés sans papiers ou d’autres personnes jugées “suspectes” par les habitants du quartier ».

Malgré son enthousiasme pour la fonctionnalité partagée dans un long post publié sur X affirmant que « l’impact est stimulant », le CEO d’Amazon, Andy Jassy, le reconnait lui-même : « des millions de chiens disparaissent chaque année aux États-Unis » et « Search Party » n’en a retrouvé que 99 en trois mois.

Mais la publicité sur ce dispositif ne semble pas avoir eu l’effet escompté. Ainsi, le compte We Rate Dogs a publié sur tous ses réseaux sociaux une vidéo dans laquelle est expliqué que « Ni les produits de Ring, ni son business model ne sont construits pour retrouver des chiens perdus, mais plutôt de créer un réseau de surveillance de masse lucratif en transformant les maisons privées en postes de surveillance et des voisins bien intentionnés en informateurs pour l’ICE ».

we need to talk about that Ring Super Bowl ad

[image or embed]

— WeRateDogs (@weratedogs.com) 10 février 2026 à 21:18

Et depuis le début de la semaine, sur Reddit, des utilisateurs poussent d’autres à demander le remboursement de leurs caméras Ring : « N’aidez pas l’ICE à arrêter vos voisins ».

☕️ Bannières cookies : la CNIL met en demeure AliExpress, Darty, Ouest-France, OVHcloud, SFR…

11 février 2026 à 12:12

Saisie par l’Association Pour Un RGPD Respecté (PURR), la CNIL semble maintenant prête à mettre en demeure plus massivement les entreprises qui ne respectent pas certaines obligations concernant les bandeaux d’informations sur les cookies déposés lors de la visite de leur site.

L’association, présidée par le militant des droits à la vie privée Aeris, a diffusé sur les réseaux sociaux un « déluge » d’extraits de décisions de l’autorité concernant Developpez.com, la Banque Postale, Ouest-France, AliExpress, Darty, OVHcloud ou encore Red by SFR.

main prise la main dans le sac de cookies par la cnil

Octave Klaba, PDG d’OVHcloud a confirmé avoir reçu la mise en demeure et explique que son équipe est en train de corriger le problème : « On utilise un outil / service externe et visiblement il bug. On va voir pour fixer ce bug en qq jours puis on va l’internaliser pour faire tout ca en propre au lieu de sous-traiter ».

Dans sa plainte, l’association a soulevé l’ « ineffectivité du retrait de consentement » qui a été prise en compte par l’autorité. « L’impossibilité technique de tenir compte du retrait de consentement », affirme-t-elle, « rend illégal l’intégralité des bannières cookies existantes ».

PURR explique continuer à auditer « l’ensemble des sites Internet français » sur cette question et invite à la rejoindre.

Signal : les services de sécurité allemands alertent sur une recrudescence du phishing

9 février 2026 à 16:34
Le chiffrement ne protège pas du phishing
Signal : les services de sécurité allemands alertent sur une recrudescence du phishing

Le service de renseignement allemand BfV et l’administration chargée de la sécurité numérique du pays ont publié une alerte au sujet d’attaques de phishing menées sur Signal par un « cyberacteur probablement contrôlé par un État ».

Le service de contre-espionnage allemand BfV et le BSI (équivalent à l’ANSSI) ont communiqué conjointement pour signaler une vague de phishing sur Signal. Selon eux, un « cyberacteur probablement contrôlé par un État » utilise la messagerie chiffrée pour viser notamment « des personnalités de haut rang issues du monde politique, militaire et diplomatique, ainsi que des journalistes d’investigation en Allemagne et en Europe ».

Des fonctions de sécurité légitimes exploitées par les pirates

« Les pirates exploitent les fonctions de sécurité légitimes des applications et les combinent avec des techniques d’ingénierie sociale. L’objectif est d’accéder discrètement aux discussions individuelles et de groupe ainsi qu’aux listes de contacts des personnes concernées », expliquent les deux agences allemandes dans un document [PDF].

Il y a tout juste un an, Google avait déjà détecté une campagne de phishing sur l’application de messagerie chiffrée menée par des pirates proches de la Russie contre des troupes militaires ukrainiennes.

Les services allemands évoquent l’utilisation de la même fonction de liaison vers un nouvel appareil via un QR-code : « Les pirates contactent leur cible sous un prétexte crédible et la persuadent de scanner un QR-Code. Ce code connecte effectivement un nouvel appareil au compte de la cible. Cependant, cet appareil est contrôlé par les pirates », expliquent-ils.

Comme Google, ils précisent que WhatsApp a le même genre de fonctionnalité qui pourrait donc tout aussi bien être utilisée de façon maligne. En décembre dernier, Gen Digital signalait justement une attaque sur la messagerie de Meta via la récupération de codes de vérification via QR code avec un lien supposé renvoyer l’utilisateur vers une photo à consulter.

Se faire passer pour l’assistance de Signal

Mais les services allemands ajoutent avoir détecté une autre manière de faire s’appuyant moins sur une fonctionnalité particulière de la messagerie que sur de l’ingénierie sociale. Ainsi, « les pirates se font passer pour l’équipe d’assistance officielle ou le chatbot d’assistance du service de messagerie (« Signal Support » ou « Signal Security ChatBot »). Ils contactent directement leur cible par message instantané. La conversation commence généralement par une prétendue alerte de sécurité. Les pirates créent également une pression immédiate en affirmant que sans action immédiate, la perte de données privées est imminente », expliquent-ils.

Et les pirates d’ajouter encore de la pression en affirmant que « seule la transmission du code PIN de sécurité privé de la personne ciblée ou d’un code de vérification reçu par SMS peut empêcher cette perte ». En récupérant le code PIN de l’utilisateur, les pirates peuvent alors s’enregistrer sur un autre appareil et contrôler la messagerie.

Encore une fois, WhatsApp n’est pas non plus à l’abri de ce genre d’attaque puisque la messagerie de Meta a, elle aussi, implémenté un système de code PIN pour sa vérification en deux étapes.

En 2025, 487 millions d’euros d’amende de la CNIL dont 475 millions pour Google et Shein

9 février 2026 à 14:07
Des cookies aux amandes ?
En 2025, 487 millions d’euros d’amende de la CNIL dont 475 millions pour Google et Shein

L’autorité française chargée de la protection des données publie un premier bilan de son action en 2025 avec une baisse sensible du nombre de sanctions. Leur montant cumulé affiche une multiplication par 9 par rapport à l’année d’avant, gonflé par les amendes contre Google et Shein.

En septembre dernier, la CNIL prononçait deux amendes importantes contre Google et Shein pour non-respect des règles sur les cookies. En tout, l’autorité imposait aux deux multinationales 475 millions d’euros d’amendes.

Ce montant représente finalement le gros du total des 83 sanctions que l’autorité a prononcées au cours de l’année 2025. La CNIL explique dans un communiqué avoir prononcé des amendes pour un montant cumulé de 486,8 millions d’euros. Le reste, 12 millions d’euros donc, rassemble 76 autres amendes, trois décisions de liquidation d’astreinte et deux rappels à l’ordre.

Une concentration des amendes sur les traceurs gonflées par les sanctions contre Google et Shein

Parmi ces décisions, 19 autres concernent aussi des « manquements aux règles régissant les traceurs : dépôt sans le consentement de l’utilisateur, insuffisance des informations délivrées (ne permettant pas de recueillir un consentement éclairé), ou encore absence de prise en compte effective du refus de l’utilisateur ou du retrait de son consentement ». Ainsi on peut se rappeler aussi des 750 000 euros prononcés à l’encontre de la société française Les publications Condé Nast éditrice de Vanity Fair, Vogue, GQ et AD.

La CNIL met donc en avant ses décisions concernant le sujet particulier des cookies et autres traceurs. Mais les cas de Google et Shein font gonfler l’addition et le problème reste entier pour l’internaute qui rencontre encore au quotidien des dark patterns sur les bandeaux d’acceptation de cookies.

16 sanctions concernant la vidéosurveillance des salariés

L’autorité affiche aussi pour l’année écoulée 16 sanctions pour non-respect des règles applicables à la vidéosurveillance des salariés. « En l’absence de circonstances exceptionnelles liées par exemple à des enjeux particuliers de sécurité ou de lutte contre le vol, la surveillance vidéo permanente de salariés constitue une atteinte à la protection des données personnelles », réaffirme-t-elle.

On peut rappeler le cas qu’avait choisi de rendre public l’autorité : La Samaritaine. Ainsi l’enseigne a reçu en septembre une amende de 100 000 euros pour des caméras et micros dissimulés aux salariés suite aux révélations de Médiapart en 2023.

L’autorité en profite aussi pour faire un rappel sur les manquements aux obligations des sous-traitants. Par exemple, en décembre, la CNIL a rendu publique l’amende d’un million d’euros d’amende adressée à un sous traitant de Deezer, à propos de la fuite des données de 46 millions d’utilisateurs dans le monde dont 9 millions en France intervenue en 2022.

Elle rappelle que les sous-traitants doivent :

  • « mettre en œuvre les mesures techniques et organisationnelles appropriées afin de garantir un niveau de sécurité adéquat ;
  • ne traiter les données que sur instruction du responsable de traitement ;
  • et supprimer les données à l’issue de leur relation contractuelle avec le responsable de traitement ».

Trois rappels qui correspondent typiquement aux soucis rencontrés dans le cas de Mobius Solutions, le sous-traitant de Deezer.

Une procédure simplifiée en vitesse de croisière

Parmi les 83 sanctions prononcées par la CNIL, 67 l’ont été dans le cadre de la procédure simplifiée mise en place en 2022. C’est peu ou prou le même nombre qu’en 2024 (69 à l’époque). « La sécurisation insuffisante des données personnelles, l’absence de coopération avec la CNIL et le non respect des droits des personnes constituent les trois principaux motifs » des décisions prises dans ce cadre.

Sur le manquement relatif à la sécurité des données personnelles, l’autorité compte 14 organismes qui n’avaient pas mis en œuvre les mesures nécessaires. 80 % des violations de données auraient pu être évitées, déplorait encore récemment la présidente de l’autorité, Marie-Laure Denis.

La CNIL note que 14 sociétés ou professionnels libéraux ont été sanctionnés pour tout simplement ne pas lui avoir répondu. Et 14 autres décisions sanctionnent le fait que le responsable du traitement de données personnelles n’a pas pris en compte des demandes d’effacement, d’opposition ou d’accès à ces données. Enfin, 10 sanctions concernent la prospection (commerciale ou politique) dont cinq candidats aux élections européennes et législatives de 2024.

Enfin, l’autorité a émis 143 mises en demeure, notamment dans « le secteur de l’aide sociale à l’enfance pour les manquements suivants : l’absence de politique rigoureuse de conservation de données pour les dossiers des mineurs, l’information des personnes, la politique de gestion des habilitations et des mots de passe, la tenue d’un registre des traitements et la réalisation d’une analyse d’impact relative à la protection des données ».

Si le nombre de 83 sanctions peut paraitre faible, on peut se rassurer sur le fait qu’au moins, l’autorité française recouvre la plupart des amendes infligées, comme nous l’expliquions récemment, puisqu’entre 2019 et 2024, 95 % de ses sanctions ont été recouvrées par le Trésor Public, alors que son homologue irlandaise n’en recouvre que 0,5 %.

OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

9 février 2026 à 09:04
Le consentement est clé
OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

La sénatrice LR Marie Mercier a déposé une proposition de loi qui vise à créer une infraction d’« exploitation sexuelle en ligne ». L’exposé des motifs vise clairement les deux plateformes OnlyFans et Mym souvent utilisées pour faire du sexcaming. Alors que le texte original visait les consommateurs et les intermédiaires, celui sorti de la commission des lois du Sénat cible les personnes qui en contraindraient d’autres à s’exposer sexuellement en ligne. Il doit être examiné le 10 février en séance publique.

« Cette proposition de loi vise les nouvelles formes d’achat de services sexuels qui se développent sur les plateformes comme OnlyFans ou Mym (acronyme pour Me You More), lesquelles fonctionnent par abonnement. Une pratique telle qu’OnlyFans est surnommée l’Instagram du porno », expliquait l’exposé des motifs de la proposition de loi déposée par la sénatrice LR Marie Mercier et soutenue par son groupe mais aussi par des sénateurs centristes.

Originellement tourné contre les consommateurs de sexcaming

Si le dossier législatif s’intitule « lutter contre le proxénétisme en ligne », la proposition des sénatrices et sénateurs de droite n’était pas seulement de s’attaquer à la coercition au sexcaming mais bien de « prohiber l’achat de services sexuels virtuels personnalisés, exécutés en direct ou enregistrés d’après une commande, en sanctionnant le consommateur à travers la création d’une infraction ».

Le texte d’origine prévoyait notamment de punir le fait « de solliciter, d’accepter ou d’obtenir la diffusion ou la transmission en ligne d’images, de vidéos ou de représentations individualisées à caractère sexuel d’une autre personne majeure, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage » en récidive d’une amende de 3 750 euros.

Il ajoutait une peine de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende pour « le fait d’aider, d’assister ou de protéger la diffusion ou la transmission en ligne d’images, de vidéos ou de représentations individualisées à caractère sexuel en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération ».

Un texte visant finalement l’exploitation sexuelle en ligne

Mais en commission des lois, le texte a été largement remanié avec l’adoption de l’amendement de la rapporteure Lauriane Josende. Le texte qui sera discuté ce mercredi 10 février en séance publique prévoit surtout de s’attaquer à l’exploitation sexuelle en ligne, qui serait punie de sept ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende, portée à dix ans d’emprisonnement et à 1 500 000 euros d’amende si elle est commise sur un mineur.

On passe même à vingt ans et 3 000 000 euros si c’est en bande organisée ; des peines sans commune mesure avec le texte original. La nouvelle version ajoute de la réclusion criminelle à perpétuité et 4 500 000 euros d’amende en cas de torture ou d’actes de barbarie.

Il définit l’exploitation sexuelle en ligne comme « le fait de recruter une personne, de la transporter, de la transférer, de l’héberger ou de l’accueillir […] aux fins de mettre cette personne à sa disposition ou à la disposition d’un tiers, même non identifié, en vue de permettre la réalisation et la diffusion d’images ou de vidéos à caractère sexuel de cette même personne sur une plateforme en ligne ou sur un service de réseaux sociaux en ligne » avec l’emploi de menace, de contrainte, de violence, par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par abus d’une situation de vulnérabilité due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, apparente ou connue de son auteur. Ainsi, le texte vise maintenant plutôt les « agents » qui pratiqueraient de la coercition au sexcaming.

Selon la synthèse des travaux de la commission consultée par l’AFP, cette modification en profondeur est due au fait que les sénateurs et sénatrices ont estimé que le dispositif proposé originellement portait une « atteinte excessive à la liberté d’échanger ces contenus entre adultes consentants ».

Selon le site spécialisé Projet Arcadie, « il est assez probable que le texte soit adopté. Néanmoins, reste à savoir s’il sera inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ».

Health Data Hub : le gouvernement promet une bascule sur SecNumCloud d’ici fin 2026

6 février 2026 à 15:15
Ça ne fait que 7 ans de retard
Health Data Hub : le gouvernement promet une bascule sur SecNumCloud d’ici fin 2026

En juillet dernier, le gouvernement a lancé un appel d’offres « intercalaire » pour la migration de la Plateforme des données de santé (autrement appelée Health Data Hub) vers un hébergement autre que Microsoft Azure. Alors que certaines réponses étaient prêtes, il a choisi finalement d’enjamber cette étape et de passer à une solution dite « cible » qui se veut plus complète, mais qui devra repasser par un nouvel appel d’offres.

Les données médicales françaises stockées dans le Health Data Hub devraient bientôt être hébergées ailleurs que sur Microsoft Azure, à travers une solution plus pérenne que ce qui avait été imaginé il y a six mois. C’est en tout cas ce que promet le gouvernement.

La polémique sur la souveraineté des données stockées dans le Health Data Hub date de sa création. Officiellement permise par une loi de juillet 2019, le choix Microsoft Azure pour l’hébergement a été critiqué dès mars 2020. Après plusieurs épisodes, en 2024, la CNIL a autorisé le stockage des données de santé chez Microsoft.

Une décision que certains qualifient de contrainte par le droit : « La CNIL met extrêmement bien les formes dans sa délibération. Quand elle nous dit “Je suis obligée de le faire”, elle le pense vraiment et elle n’a pas le choix », réagissait le député Renaissance Philippe Latombe. Il n’était alors pas tendre envers l’agence du numérique en santé, la DINUM et le HDH : « Ils se foutent de la gueule du monde ! ». Au moins le message est clair.

La solution « intercalaire » finalement abandonnée

En juillet 2025, le gouvernement de l’époque avait lancé un appel d’offres pour copier le Health Data Hub (HDH) vers une solution « intercalaire ». « L’idée consiste à anticiper en hébergeant une copie de la base principale du Système national des données de santé (SDSN) – aujourd’hui maintenue par l’Assurance maladie – dans une solution souveraine placée sous la maîtrise directe du HDH », expliquait à l’époque la directrice générale du Health Data Hub Stéphanie Combes (qui a maintenant quitté ses fonctions).

Cette solution semblait suivre son bonhomme de chemin encore récemment puisque nos confrères de l’Informé expliquaient qu’« une première sélection des candidats est intervenue en fin d’année dernière et la deuxième phase avec la parution du cahier des charges doit s’ouvrir d’ici peu ». Selon leurs informations, OVHCloud s’était positionné en s’associant avec Docaposte, filiale de La Poste. Cloud Temple et le groupe Atos allaient s’allier pour faire une proposition. Et Orange Business devait lui aussi concourir.

Si S3NS (partenariat entre Google et Thales, qualifié SecNumCloud depuis peu) ne pipait mot sur ses intentions à ce sujet, Scaleway expliquait à nos confrères préférer attendre le lancement du futur marché cible. À rebours, Scaleway a donc fait le bon choix puisque le gouvernement actuel a donc décidé finalement de faire l’impasse sur la solution « intercalaire ».

Le ministère de la Santé explique dans un communiqué que « la mission d’expertise mobilisée par le Gouvernement a confirmé qu’il est techniquement possible d’engager dès à présent la migration complète vers cette solution “cible” sécurisée, résiliente, non soumise aux législations extra-communautaires, délaissant les solutions extra-européennes actuellement utilisées ». En d’autres termes, une plateforme avec une qualification SecNumCloud de l’ANSSI. À l’AFP, le gouvernement a expliqué que la procédure sera lancée dès lundi 9 février.

Une attribution du marché fin mars 2026

Selon le ministère, cette solution « permettra d’héberger une copie complète de la base principale du Système national des données de santé d’ici fin 2026, rendant la solution intercalaire inutile ». En plus, elle doit ensuite permettre l’« hébergement d’autres bases de données et [la] mise à disposition d’environnements de traitement sécurisés pour les porteurs de projets », mais le ministère ne donne pas encore de date de livraison prévue pour ces fonctionnalité. Le communiqué assure que « l’attribution de ce marché interviendra fin mars 2026 ».

Les candidats devront scruter le marché « Nuage Public » porté par la Direction interministérielle du numérique et l’Agence des achats de l’État « qui permet de mobiliser rapidement un large catalogue de solutions d’hébergement souveraines dans le respect des règles de la commande publique », explique encore le ministère.

☕️ Pour éviter les 404 dans WordPress avec un plugin, Automattic s’allie à Internet Archive

6 février 2026 à 14:52

Les liens morts pourrissent le web depuis longtemps. Toujours aussi frustrant de cliquer sur un lien et de tomber sur une page d’erreur. Selon une étude du Pew Research Center publiée en mai 2024, « 38 % des pages web qui existaient en 2013 ne sont plus accessibles dix ans plus tard ». Une solution souvent utilisée est de s’appuyer sur la Wayback Machine d’Internet Archive. Firefox a eu l’idée en 2016, Internet Archive a créé une extension pour Chrome en 2017, Brave en 2020.

C’est au tour d’Automattic, l’entreprise du co-créateur de WordPress Matthew Mullenweg et éditeur de WordPress.com, d’utiliser l’astuce.

En collaboration avec Internet Archive, comme l’organisation à but non lucratif l’explique, elle a créé le plugin Link Fixer.

Celui-ci ne fait pas que rediriger vers l’archive quand la page n’existe plus. « Il analyse automatiquement le contenu de vos publications (lors de leur enregistrement et dans les publications déjà existantes) afin de détecter les liens sortants. Pour chacun d’entre eux, il vérifie la présence d’une version archivée dans la Wayback Machine d’Internet Archive et crée un snapshot si aucune n’est disponible », explique la notice.

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