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Le ministère de la Culture relaie une « hallucination » générée par IA

6 janvier 2026 à 16:54
Rachida Data
Le ministère de la Culture relaie une « hallucination » générée par IA

Le tsunami de sites d’infos générées par IA que nous documentons depuis des mois a pris une telle ampleur que le ministère de la Culture vient lui-même de publier un communiqué de presse largement inspiré d’un billet de blog généré par IA, tout en y relayant une erreur « hallucinée » par l’IA.

Sur X.com, @nizzague s’étonne en effet de voir que l’hommage rendu au rappeur récemment décédé Calbony M’Bani, dit Calbo, vantait la « virtuosité du groupe et leur amour de la langue française maniant rimes multisyllabiques et métaphores sans jamais perdre leur ancrage dans le réel ».

Après avoir initialement avancé que le communiqué « illustre parfaitement les limites de l’IA », @nizzague a publié un second message relevant que « quasiment tout a été pompé et retravaillé à partir d’un site qui dressait la biographie de Calbo, juste avant son décès » :

« Avec la même erreur sur « Shalom » au lieu de « Shaolin » et le même plan de présentation avec des termes similaires. »

À gauche, le communiqué du ministère de la Culture, à droite, le billet de blog généré par IA

Des fautes d’accord, de conjugaison et de syntaxe

Pis, relève LePoint.fr : « des fautes d’accord, de conjugaison et de syntaxe se sont glissées dans le texte, qui manifestement n’a pas été relu », telles que « il était définitivement entrée »« des titres comme Boxe ou Shalom avait révélé » ou encore « la virtuosité du groupe et leur amour ».

Le communiqué du ministère de la Culture a depuis été corrigé, mais nous ne sommes pas suffisamment connaisseurs de l’œuvre de Calbo et du groupe Ärsenik qu’il avait créé avec son frère Lino pour savoir si y figuraient d’autres erreurs venant du billet de blog qui avait halluciné « Shaolin » en « Shalom ».

Le blog dont se serait inspiré le conseiller de Rachida Dati auteur du communiqué est lui-même truffé de biographies ou de billets consacrés à la maternité semblant, eux aussi, avoir été générés par IA. Étrangement, y figure également un billet intitulé « Grosse Bite : Définition, Perception et Réalité », alors que le blog est censé être celui d’une entreprise bordelaise de location d’équipements pour bébés.

Un spammeur qui rachète des noms de domaine expirés

Gambin, l’entreprise en question, avait en réalité cessé ses activités en août 2024, et son nom de domaine expiré a depuis été racheté pour y héberger des contenus générés par IA, à l’instar des milliers de sites d’infos générées par IA (GenAI) que nous avons identifiés ces derniers mois.

Une récente étude de Médiamétrie, basée sur notre base de données de sites d’infos « en tout ou partie » générées par IA (GenAI, qui vient de franchir ce week-end le cap des 9 500 sites GenAI !) a ainsi découvert qu’un quart des internautes français visitent chaque mois au moins un des 250 sites GenAI faisant partie du Top1000 des sites mis en avant par l’algorithme Discover de recommandation de contenus.

Occasion de rappeler que Next propose une extension web gratuite, pour les navigateurs basés sur Chrome et Firefox (y compris dans sa version Android) qui affiche un message d’alerte lorsque ses utilisateurs consultent ces sites d’infos GenAI.

Nous venons d’y rajouter gambin.co, ainsi que le site de l’école de tir de Chabris, celui du Fonds Alcuin pour l’école de la fondation Roi Baudouin et celui d’Au Vél’o Vert, un loueur de vélos de l’île de Groix, dont les noms de domaine expirés ont eux aussi été rachetés par le spammeur GenAI.

Message d’alerte apparaissant sur les sites d’infos générées par IA figurant dans l’extension de Next

☕️ La bibliothèque clandestine Anna’s Archive perd son .org

6 janvier 2026 à 16:48

Le nom de domaine annas-archive.org a été suspendu. Cette bibliothèque clandestine est, en fait, un métamoteur de recherche pour fouiller aussi bien dans Sci-hub que dans Libgen ou Z-Lib à la recherche d’epubs piratés. Son équipe s’est récemment illustrée en revendiquant la récupération de 300 To de musique de Spotify.

Mais, comme l’a repéré TorrentFreak, le registre en charge du domaine annas-archive.org semble l’avoir placé en statut « ServerHold », ce qui le désactive dans le DNS.

Comme le soulignent nos confrères, la suspension de domaines en .org, géré par le registre d’intérêt public PIR, est plutôt rare, ce qui laisse supposer qu’elle a été prise dans le cadre d’une décision de justice. Mais le directeur marketing du registre affirme à nos confrères que « malheureusement, le PIR n’est pas en mesure de commenter la situation pour le moment ».

De son côté, l’équipe de la bibliothèque clandestine a constaté sur Reddit cette suspension de façon flegmatique en indiquant : « Nos autres domaines fonctionnent correctement, et nous en avons ajouté quelques-uns supplémentaires. Nous vous recommandons de consulter notre page Wikipédia pour connaître les derniers domaines ». Elle ajoute ne pas croire que ça puisse avoir un lien avec la récupération de millions de fichiers qu’elle a effectuée sur Spotify.

Polymarket : un gain de plus de 430 000 $ sur la chute de Maduro

6 janvier 2026 à 14:58
Paris d'initiés
Polymarket : un gain de plus de 430 000 $ sur la chute de Maduro

En pariant sur la chute du chef d’État vénézuélien Nicolás Maduro juste avant son annonce, un internaute a gagné plus de 430 000 dollars sur Polymarket. Nouvelle lumière sur la plate-forme qui a permis de parier aussi bien sur la résistance du sous-marin touristique Titan en 2023 que plus récemment, sur des avancées militaires sur le front russo-ukrainien. Avec, pour les paris gagnants, leurs lots de soupçons de délits d’initiés ou même de manipulation de données.

Comme certains patrons du numérique très proches de Donald Trump, des utilisateurs de la plateforme de pari en ligne Polymarket ont misé sur la déstabilisation du Venezuela. L’un d’entre eux a opportunément créé un compte en décembre dernier et a commencé à parier sur le sujet « Maduro démis de ses fonctions avant le 31 janvier 2026 ? » le 31 décembre en augmentant sa mise de façon conséquente vendredi 2 janvier, juste avant l’enlèvement de Nicolás Maduro par l’armée états-unienne. Son gain ? 436 759,61 dollars après avoir misé 32 537,28 dollars en tout.

Un pic des paris sur la chute de Maduro juste avant son enlèvement

La plateforme permet de parier sur la réalisation ou non d’un événement jusqu’à une date donnée. Comme l’a repéré le Wall Street Journal, les paris en faveur du départ de Nicolás Maduro de ses fonctions avant le 31 janvier ont oscillé entre 5 % et 6 % pendant la majeure partie de la semaine dernière avant d’augmenter vendredi, atteignant 12,5 % dans la nuit peu de temps après que les États-Unis ont ordonné aux avions commerciaux de quitter l’espace aérien vénézuélien.

En tout, 56,6 millions de dollars ont été mis sur la table pour des paris sur le départ de Maduro dont 11 millions sur le fait que cela arrive avant le 31 janvier 2026 et 40 millions entre le 30 novembre 2025 et le 31 décembre 2025.

Le compte de l’utilisateur anonyme qui a remporté la plus grosse mise semble avoir été supprimé mais une sauvegarde de son profil existe sur archive.org. On peut y voir qu’il avait aussi parié de plus petites sommes sur l’invasion du Venezuela par les États-Unis et l’invocation par Donald Trump de la loi américaine sur les pouvoirs de guerre contre le Venezuela, de même avant le 31 janvier 2026 :

Aujourd’hui, sur la page d’accueil de Polymarket, on peut voir que l’actualité géopolitique est particulièrement visée par les parieurs même si le sport, et notamment le Super Bowl, est aussi présent :

Plusieurs paris gagnés sur la plateforme sont régulièrement mis en avant. Ainsi, la plateforme s’est fait remarquer vraiment pour la première fois en 2023, lorsque des utilisateurs ont parié sur la fin tragique des richissimes habitants du sous-marin touristique Titan. En novembre 2024, un utilisateur de la plateforme, se présentant comme français, a plus que doublé sa mise en remportant 155 millions de dollars sur l’élection de Donald Trump.

Mais ce cas particulier de pari sur Maduro pose plus que jamais des questions sur l’encouragement au délit d’initié et à la manipulation de l’information par ce genre de plate-forme où l’utilisateur peut faire des paris peu contrôlés sur tout et n’importe quoi.

Une manipulation des cartes en coïncidence avec un pari

Mi-novembre, ce n’est pas un délit d’initié qui a été repéré mais la manipulation de certaines données en sources ouvertes utilisées par Polymarket à propos du front opposant la Russie et l’Ukraine. En effet, certains utilisateurs parient froidement sur les différentes avancées militaires concernant l’invasion en cours de l’Ukraine par la Russie. On peut voir, par exemple, que certains internautes ont parié sur la possibilité que la Russie frappe la municipalité de Kyïv avant le 31 décembre ? Début décembre, le Kyiv Post dénonçait une « guerre transformée en casino mondial ».

Pour valider les gains sur ce sujet, Polymarket utilise notamment une carte éditée en direct par le think tank néoconservateur américain Institute for the Study of War. Celui-ci est censé mettre à jour sa carte avec une méthodologie qu’il décrit sur son site. Mais selon 404 Media, cette carte a été éditée pour afficher une fausse avancée russe sur la ville de Myrnohrad le 15 novembre, ce qui coïncide avec un pari fait sur la plateforme. La plateforme affiche plus d’1,3 million de dollars de paris concernant la prise par l’armée russe de cette ville.

Rappelons qu’en France, les jeux de hasard et d’argent sont strictement encadrés par le Code de la sécurité intérieure, même s’il a été récemment modifié par la loi 2010 - 476 du 12 mai 2010 relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne. En novembre 2024, l’Autorité nationale des jeux a examiné la plateforme et a conclu que son offre était illégale sur le territoire français.

Un système de prédiction pour le milieu financier ?

Mais Polymarket et Kalshi, son concurrent direct, ne se sont pas montées financièrement comme de simples plateformes de pari en vogue sur internet. Comme l’explique Bloomberg, elles prétendent pouvoir fournir des informations utiles aux sphères économiques. Polymarket et Kalshi vendent leur plateforme comme une nouvelle forme de sondages prédictifs basée sur l’argent misé par tout un chacun à propos de son quotidien.

De fait, si elles font la une des médias sur des paris politiques, géopolitiques ou de conquêtes militaires, une bonne partie des paris s’intéresse à d’autres sujets comme le résultat de matchs de football américains ou d’autres sujets de société.

C’est sur cette promesse en tout cas, que des entreprises de la finance comme CME, Intercontinental Exchange ou Cboe Global Markets ont investi des milliards de dollars dans ce secteur. Les valeurs des deux entreprises ont doublé pendant l’année 2025 en atteignant plus de 10 milliards de dollars.

« Il est dans leur intérêt de nous convaincre que cela va être extrêmement bénéfique pour la société », explique à Bloomberg l’économiste de la Dartmouth Business School Ken French, pour qui « [ces] marchés créent en grande partie des risques qui n’ont pas lieu d’être ».

Lego Smart Play : et les briques devinrent capables d’interactions contextuelles

6 janvier 2026 à 12:23
AFOLant
Lego Smart Play : et les briques devinrent capables d’interactions contextuelles

Lego lancera début mars les premiers sets d’une nouvelle collection baptisée Smart Play, articulée autour d’une brique intelligente, d’un tag et d’une figurine capables d’interactions croisées. Le groupe présente ce trio Smart Brique, Smart Tag et Smart Minifigurine comme une évolution majeure dans la façon de jouer avec ses kits de construction. Le tout sans écran, ni IA.

Dévoilée lundi à l’occasion du CES de Las Vegas, la gamme Lego Smart Play ne serait rien de moins que la « plus grande innovation » depuis l’introduction des mini-figurines, en 1978. Au-delà des superlatifs chers au marketing, l’annonce repose effectivement sur une nouveauté inédite chez le fabricant danois : l’intégration de fonctions connectées au niveau d’une brique de taille standard, la classique 2×4.

Une brique 2×4 centralise les interactions

Dotée d’un système électronique (un ASIC développé en interne) et d’une batterie rechargeable par induction (sur une base dédiée), cette Smart Brick fonctionne en adéquation avec deux éléments satellites : de petites tuiles (2×2 tenons) baptisées Smart Tags et des mini-figurines, elles aussi qualifiées de « smart ». Et ce sont les interactions entre ces trois éléments qui sont censées offrir une dimension supplémentaire aux jeux Lego.

« La technologie permet ainsi aux créations des constructeurs de devenir interactives, en réagissant aux actions par des sons et des comportements appropriés, pour une expérience de jeu véritablement réactive », promet le fabricant.

En pratique ? Dissimulée au sein d’une construction Lego (par exemple, un véhicule), la Smart Brick met à profit sa panoplie de capteurs (accéléromètres, micro, détecteur de lumière) pour déclencher son haut-parleur et ses éclairages en fonction de ses interactions avec les tuiles et les mini-figurines situées à proximité.

Une brique « intelligente » émet du son et de la lumière en fonction des interactions mesurées avec les tuiles et les figurines du set

Dans cette logique, ce sont les tags et les mini-figurines qui amènent le contexte. Le tag va par exemple permettre de définir si la construction en cours est une voiture, un vaisseau spatial ou un hélicoptère, tandis que la figurine servira à déclencher des réactions liées au contexte de jeu :

« Lorsqu’elle est placée au-dessus ou à proximité d’un Smart Tag, la Smart Brique devient ce que le Smart Tag lui demande. Cela signifie qu’elle peut être tour à tour un hélicoptère puis une voiture. 
Mais elle peut aussi détecter la présence de Smart Minifigurines pour donner vie à vos histoires d’une manière inédite. La Smart Brique génère les sons, les humeurs et les réactions uniques de chaque Smart Minifigurine. »

Un système de positionnement intégré

Outre les nombreux kits dédiés à l’apprentissage de la programmation, les amateurs de Lego ont certainement en tête l’expérience des figurines Mario « connectées », qui offraient une dimension interactive, mais sortaient des standards de construction de la marque. Ici, pas de personnage alimenté par des piles LR6 : les éléments Smart Play ont vocation à prendre place au cœur des sets traditionnels, et c’est via des constructions emblématiques de l’univers Star Wars que le groupe danois va tester le marché.

En jaune, le chargeur à induction qui permet d’alimenter la Smart Brique

Les trois premiers produits compatibles Smart Play sortiront ainsi début mars avec un Tie Fighter (set 75421, 473 pièces, figurine Dark Vador, 70 euros), un X-Wing (set 75423, 584 pièces, figurines Luke Skywalker et Princesse Leia, 90 euros) et une scène baptisée Throne Room Duel & A-Wing (set 75427, 962 pièces, deux briques, trois figurines et cinq tags, 160 euros).

Les possibilités en matière d’interactions sont censées s’enrichir au fur et à mesure que le nombre de composants Smart augmente. Lego affirme en effet que chaque élément est capable de se positionner dans l’espace par rapport à ses homologues. « Cela signifie que ces éléments peuvent réagir à la présence des autres, savoir dans quelle position il se trouvent, si on les fait tourner, balancer, si on les lance… tout ! », promet le groupe dans un article dédié à la genèse du projet.

Pour ce faire, Lego indique avoir mis au point un protocole baptisé BrickNet, basé sur le Bluetooth, adossé à un système de positionnement magnétique propriétaire, le Neighbour Position Measurement (NPM). La combinaison des deux doit par exemple permettre de déclencher des interactions différentes selon que la figurine de Luke ou celle de Leia est installée au cockpit du X-Wing. C’est également elle qui servira à détecter si le vaisseau est posé, en mouvement, ou situé à proximité d’un autre set équipé en Smart Play.

Lego, qui revendique neuf ans de R&D et 25 brevets déposés, laisse en effet entendre que son environnement Smart Play a vocation à s’enrichir de nouveaux appareils et donc de nouvelles possibilités d’interactions.

Telegram touché par le gel de 427 millions d’euros d’obligations russes

6 janvier 2026 à 11:52
Money money money
Telegram touché par le gel de 427 millions d’euros d’obligations russes

Alors que Pavel Durov multiplie les efforts pour distancier sa plateforme du pouvoir russe, 427 millions d’obligations émises par Telegram se retrouvent gelées dans le cadre des sanctions occidentales contre le pays de l’Est.

Mise à jour 15h40 : ajout de la précision de Telegram.

Le patron de Telegram Pavel Durov a beau avoir manœuvré pour élaguer les liens de son entreprise avec la Russie, 500 millions de dollars (427 millions d’euros) d’obligations sont gelées dans le cadre des sanctions occidentales contre Moscou.

Au fil des années récentes, la société a lancé une série d’émissions obligataires pour racheter sa dette existante, détaille le Financial Times, dont 1,45 milliard d’euros en mai dernier. Telegram aurait ainsi racheté l’essentiel des obligations arrivant à échéance en 2026. Les 427 millions d’euros d’obligations gelées viennent illustrer les liens que la société maintient néanmoins avec le pays d’origine de son fondateur.

Pavel Durov : une carrière de refus de partage de données utilisateurs

Historiquement, Pavel Durov s’est fait connaître pour avoir cofondé VKontakte, l’équivalent russe de Facebook, en 2007. Après avoir refusé de partager les données de certains utilisateurs ukrainiens avec les services secrets russes, en 2014, Pavel Durov a déclaré s’être fait licencier. Il a ensuite été contraint de vendre ses parts à des entités liées au Kremlin.

En 2013, avec son frère Nikolai, l’entrepreneur a co-fondé Telegram, dont il a refusé de partager le code source avec le FSB. D’abord implantée à Berlin, le siège de l’entreprise a rapidement été déménagé à Dubai.

En avril 2018, alors que son patron avait de nouveau refusé au Kremlin d’accéder à des données d’utilisateurs, la plateforme de messagerie était bannie de Russie. Le blocage a été levé deux ans plus tard, en juin 2020, après que l’entreprise a démontré sa « volonté » d’aider les autorités locales dans leur lutte contre le terrorisme. À l’été 2025, le service était de nouveau limité en Russie, aux côtés de WhatsApp (Meta), au motif qu’il n’agirait pas suffisamment pour lutter contre la fraude et le terrorisme.

L’épineuse question des liens de Telegram avec la Russie

Malgré ces passes d’armes, les doutes subsistent : quels sont les liens qu’entretient Telegram avec le Kremlin ? Pour Pavel Durov, toute spéculation sur le sujet relève de la « théorie du complot ». Son récent biographe Nikolay Kononov, qui décrit l’entrepreneur comme ayant « un QI très élevé », mais « enclin aux théories du complot », déclare n’avoir trouvé aucune preuve que Durov ait travaillé avec ou pour le gouvernement russe.

En 2025, une enquête de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) révélait néanmoins que le maintien de ses serveurs et la gestion d’une large part des adresses IP du service de messagerie étaient assurés par la société de Vladimir Vedeneev, un ingénieur russe ayant travaillé à plusieurs reprises avec des acteurs de la défense russe et les services du FSB.

L’information relative aux 427 millions d’euros d’obligations touchés par les sanctions occidentales, elle, émerge alors que Pavel Durov travaille à une possible entrée en bourse de sa société. Auprès de Next, Telegram note que le montant fait référence « à l’émission obligataire de 2021 » et ne présente, en soi, « aucun risque » pour l’entreprise. « Conformément aux pratiques standard, les fonds destinés au remboursement des obligations sont transférés à un intermédiaire international, et les paiements ultérieurs aux obligataires ne relèvent plus de la responsabilité de la société, même si certains détenteurs ne sont pas en mesure de les recevoir. »

Formulé dès le printemps 2024, le projet d’entrée en bourse de la société avait pris du retard sous le coup des sanctions que lui a imposées la justice française à partir de l’été 2024. Les mesures qui visaient son dirigeant ont été définitivement levées en novembre 2025.

Dell ressuscite finalement sa marque XPS, mais l’IA ne fait pas vendre

6 janvier 2026 à 11:19
Bonne épiphanie 2026
Dell ressuscite finalement sa marque XPS, mais l’IA ne fait pas vendre

Dans une même conférence, Dell a relancé sa gamme XPS et évoqué la « promesse non tenue de l’IA ». Le constructeur revient dans une position qui se veut à l’écoute des retours.

Il y a un an jour pour jour, Dell abandonnait ses gammes XPS (entre autres). Toutes les machines étaient réorientées selon trois gammes : Dell pour le grand public, Dell Pro pour la productivité et Dell Pro Max pour les performances maximales. Chaque gamme était découpée en trois segments : Base, Plus et Premium. Alienware restait une entité à part, toujours active et développée séparément, à destination surtout des joueurs.

Alors que revoilà les XPS

Pour fêter l’anniversaire de cette disparition, Dell relance les XPS. La réponse du marché semble avoir été particulièrement négative et le constructeur s’est adapté. Deux machines ont été présentées, les nouveaux XPS 14 et 16, tous deux équipés des Core Ultra Series 3 d’Intel, tout juste présentés eux aussi au CES de Las Vegas.

Selon le constructeur, tout est nettement mieux : le processeur, l’écran (allant du LCD classique au Tandem OLED), la partie graphique intégrée, la webcam intégrée, etc. Même l’autonomie est à l’avenant, annoncée pour 27 heures en usage classique et jusqu’à 40 heures en lecture vidéo locale (batterie de 70 Wh, densité de 900ED).

Les machines sont disponibles aux États-Unis pour respectivement 2 049 et 2 199 dollars dans leur configuration de base. D’autres configurations et une disponibilité plus générale dans d’autres marchés sont attendues pour février. Des versions Ubuntu seront également proposées plus tard dans l’année, de même qu’un nouveau XPS 13.

Parler d’IA à tout bout de champ ne fait pas vendre

Relancer la gamme XPS peut être vu comme un aveu d’échec. Dell en a d’ailleurs fait un autre : parler d’IA à tout bout de champ ne fait pas vendre, comme le rapporte notamment PC Gamer. Jeff Clarke, vice-président et directeur des opérations, était ainsi sur une scène du CES pour évoquer le marché, notant une migration lente. Il a surtout mentionné la « promesse non tenue de l’IA », couplée à une « pénurie de mémoire assez importante ». Durant la présentation des nouveaux produits, ce fut la seule mention de l’IA.

Interrogé à ce sujet par nos confrères, Kevin Terwilliger, responsable produit chez Dell, confirme : « Une chose que vous remarquerez, c’est que le message que nous avons transmis autour de nos produits n’était pas axé sur l’IA. Donc, un petit changement par rapport à il y a un an, quand tout tournait autour des PC IA ».

Toutes les machines annoncées contiennent un NPU, mais « ce que nous avons appris au cours de cette année, surtout du point de vue des consommateurs, c’est qu’ils n’achètent pas en fonction de l’IA », a reconnu Kevin Terwilliger. Il a ajouté : « En fait, je pense que l’IA les embrouille probablement plus qu’elle ne les aide à comprendre un résultat précis ». Des réponses jugées rafraichissantes et bienvenues par nos confrères.

☕️ Windows : Microsoft se débarrasse de l’activation par téléphone

6 janvier 2026 à 09:13

Plusieurs médias (dont Neowin et Tom’s Hardware) ont remarqué que l’activation par téléphone ne fonctionnait plus pour toutes les versions de Windows, de 7 à 11.

Si vous ne l’avez jamais utilisée, cette méthode permet d’activer Windows quand on se retrouve sans connexion internet. Elle était également utile à une certaine époque, chez les personnes qui modifiaient plusieurs pièces de leur PC. Windows détectait alors les modifications matérielles et il pouvait être nécessaire de procéder à une nouvelle activation, le processus étant lié à la configuration matérielle.

Selon les remontées constatées, cette méthode ne fonctionne plus. À la place, les personnes reçoivent un SMS avec un lien vers une page web. C’est bien sur celle-ci que les manipulations se feront ; mais avec une différence de taille : il est nécessaire d’entrer le compte Microsoft, ce que l’activation par téléphone n’exigeait pas.

Selon Ben Kleinberg, on tombe automatiquement sur un message vocal, qui annonce : « Le support de l’activation du produit a été déplacé en ligne. Pour le moyen le plus rapide et le plus pratique d’activer votre produit, veuillez visiter notre portail d’activation de produit en ligne à aka.ms/aoh ». On peut voir d’ailleurs sur l’adresse en question que le site est clairement pensé pour la navigation mobile. Sur ce point, Tom’s Hardware indique qu’un collaborateur a tenté l’opération sur la version iOS de Firefox, sans succès, mais que la procédure a bien fonctionné avec Safari.

La méthode ne semble plus fonctionner par aucun moyen, où que soit déclenchée la procédure. Pourtant, la documentation officielle de Microsoft indique que l’on peut activer par téléphone. Il est probable qu’elle n’ait pas été mise à jour, nous avons posé la question à Microsoft pour nous en assurer.

☕️ Les caméras « touristiques » des communes dans le viseur de la CNIL

6 janvier 2026 à 08:50

Lorsque la CNIL parle des caméras « touristiques », il s’agit de celles utilisées par des communes pour « valoriser un territoire ». La Commission rappelle qu’elles « ne devraient pas permettre la collecte de données personnelles ».

Problème : « lors de contrôles, la CNIL a constaté qu’il était parfois possible de distinguer, sur les vidéos et photographies diffusées par les communes sur leurs sites web à des fins de promotion touristique, des personnes dans leur quotidien ainsi que des plaques d’immatriculation des véhicules dans le champ des caméras ».

La Commission explique que cela constitue un traitement de données personnelles et qu’il doit donc respecter le RGPD. Certaines communes ont fait valoir « que l’utilisation de ces caméras […] reposait sur la base légale de l’intérêt légitime ».

La CNIL n’est pas du même avis et parle d’un « traitement de données personnelles disproportionné au regard de sa finalité ». De plus, « ce type de dispositif ne permet pas aux personnes de s’opposer à cet enregistrement avant le recueil des images ». Les communes ciblées et les griefs précis ne sont pas indiqués.

Les caméras permettaient d’observer « des moments de vie personnels » comme ceux aux terrasses de bars, ou lors de manifestations sur la voie publique, mais aussi des moments « intimes » avec des caméras sur les entrées et fenêtres d’habitations par exemple. La Commission rappelle aussi qu’il existe des risques de « cambriolages, harcèlement, chantage, violences conjugales ».

La CNIL n’interdit pas les caméras touristiques, mais à condition qu’elles respectent la vie privée des personnes. Un exemple de bonnes et mauvaises pratiques est donné avec Notre-Dame à Paris :

PC Copilot+, voitures et robots : le triptyque de Qualcomm au CES

6 janvier 2026 à 08:19
Triptyque et pas criptyque !
PC Copilot+, voitures et robots : le triptyque de Qualcomm au CES

Au CES, Qualcomm fait des annonces autour des ordinateurs portables avec ses deux nouvelles puces Snapdragon X2 Plus, des voitures (connectées) avec Snapdragon Digital Chassis et des robots avec Dragonwing IQ10.

Comme toujours avec le CES de Las Vegas, les annonces sont nombreuses du côté des fabricants de puces. On ouvre le bal avec Qualcomm et sa gamme de SoC Snapdragon X2 Plus, avec des cœurs Oryon de 3ᵉ génération.

Snapdragon X2 Plus : 6 ou 10 cœurs au choix, avec ou sans « Performance »

Le processeur vient donc se positionner en dessous des Snapdragon X2 Extreme et Elite annoncés en septembre dernier. Ils ont pour rappel eux aussi des cœurs Oryon de troisième génération : 18 jusqu’à 4,4 GHz pour la version Extreme, 18 ou 12 jusqu’à 4 GHz pour la version Elite.

La version Plus du Snapdragon X2 ne propose que six ou dix cœurs maximum, là encore jusqu’à 4 GHz. Qualcomm dispose de deux types de cœurs : les Prime (les plus rapides) et les Performance (moins énergivores).

La version du X2 Plus avec dix cœurs dispose de deux six cœurs Prime et de quatre cœurs Performances, tandis que la version à six cœurs laisse tomber les cœurs Performance pour n’avoir que des Prime. À voir les conséquences que cela aura, surtout sur l’autonomie des machines.

Voici notre tableau récapitulatif des SoC Qualcomm avec des cœurs Oryon de 3ᵉ génération :

Des ordinateurs Copilot+ arrivent, avec jusqu’à 80 TOPS pour l’IA

Pas de changement pour le NPU qui revendique une puissance de calcul de 80 TOPS sur des entiers en 8 bits. La LPDDR5x grimpe jusqu’à 9 523 MT/s (MegaTransferts par seconde) avec une capacité de 128 Go au maximum ; le bus est sur 128 bits, la bande passante de 152 Go/s.

Attention toutefois à la partie graphique sur laquelle Qualcomm ne donne que très peu d’informations (comme trop souvent) : il s’agit dans les deux cas d’un Adreno X2-45 cadencé à 1,7 GHz sur le Snapdragon X2 Plus avec dix cœurs, contre 0,9 GHz seulement sur la version six cœurs ; soit un rapport quasiment du simple au double…

Du classique pour le reste avec huit lignes PCIe 5.0, quatre lignes PCIe 4.0, de l’USB4 (40 Gb/s), du Wi-Fi 7 et Bluetooth 5.4 via le FastConnect 7800 System, de la 5G jusqu’à 10 Gb/s avec le modem Snapdragon X75, un ISP Spectra pour le traitement des images, etc. Tous les détails sont disponibles dans ce document (pdf).

Les nouveaux Snapdragon X2 Plus seront disponibles dans des PC estampillés Copilot+ durant le premier semestre de l’année. Ce sont pour rappel des portables avec au moins 40 TOPS pour le NPU. Les machines seront moins performantes que celles avec des SoC Snapdragon X2 Elite (et Extreme évidemment) : l’autonomie sera aussi à surveiller, surtout pour la version six cœurs.

Voitures et robots : les autres annonces de Qualcomm

Cette nouvelle gamme de puces n’était pas la seule annonce, loin de là. Qualcomm annonce aussi un renforcement de son partenariat avec Google autour de la voiture connectée et de sa plateforme Snapdragon Digital Chassis. Le fabricant veut notamment apporter de « l’IA agentique et du calcul haute performance aux véhicules ». Le CES est aussi l’occasion d’annoncer un partenariat avec Leapmotor.

Toujours dans le monde de l’automobile, mais plus particulièrement sur les fonctions d’aide à la conduite ADAS (Advanced Driver Assistance System), Qualcomm s’associe à ZF « pour fournir une solution ADAS de pointe et évolutive qui combine des capacités avancées de calcul et de perception de l’IA ».

L’autre gros morceau des annonces de Qualcomm concerne les robots avec la plateforme Qualcomm Dragonwing IQ10. Le constructeur parle du « cerveau du robot » avec un ensemble complet qui « intègre matériel, logiciel et IA ».

Qualcomm indique travailler avec plusieurs entreprises du secteur : Advantech, APLUX, AutoCore, Booster, Figure, Kuka Robotics, Robotec.ai et VinMotion « afin de proposer à grande échelle des robots ». Le robot VinMotion’s Motion 2 (présenté il y a une semaine) est exposé sur le stand de Qualcomm ; il est par contre équipé de la plateforme de la génération précédente, la Qualcomm Dragonwing IQ9.

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