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Microsoft envisagerait d’arrêter le forcing de Copilot et Recall dans Windows 11

4 février 2026 à 14:37
Total Recall
Microsoft envisagerait d’arrêter le forcing de Copilot et Recall dans Windows 11

D’après Windows Central, Microsoft aurait enfin accepté de tenir compte des nombreuses réactions négatives visant à démultiplier des agents IA Copilot dans son « système d’exploitation agentique » Windows 11.

En déclarant, en novembre dernier, que « Windows évolue vers un système d’exploitation agentique, connectant appareils, cloud et IA pour une productivité accrue et un travail sécurisé où que vous soyez », Pavan Davuluri, responsable de la division Windows chez Microsoft, ne s’attendait apparemment pas à recevoir l’accueil glacial que nous avions déjà chroniqué.

L’entreprise avait, dans la foulée, cherché à se justifier en expliquant comment on pourrait lancer et manipuler des agents depuis la barre des tâches, demander des résumés depuis un survol de la souris dans l’Explorateur, trouver plus efficacement ce que l’on cherche avec la nouvelle recherche sémantique, ou encore profiter de nombreux connecteurs pour presque tous les scénarios. Un Windows 365 for Agents était même prévu pour que des agents puissent créer des sessions distantes complètes pour réaliser leurs tâches… sans vraiment convaincre.

« Vous avez gagné : Microsoft revient sur la surcharge d’IA de Windows 11 »

« Au cours de l’année dernière, Microsoft a saisi toutes les occasions pour détériorer Windows 11 en plaçant des boutons Copilot partout où cela était possible dans les applications intégrées telles que l’Explorateur de fichiers et le Bloc-notes, même si leur implémentation était médiocre ou inutile », résume Zac Bowden de Windows Central dans un article intitulé « Vous avez gagné : Microsoft revient sur la surcharge d’IA de Windows 11, en réduisant Copilot et en repensant Recall dans le cadre d’un changement majeur ».

Notre confrère a cela dit appris que cette vague de réactions négatives ait été en partie entendue : « selon des personnes proches des projets de Microsoft, la société est en train de réévaluer sa stratégie en matière d’IA sur Windows 11 et prévoit des changements visant à rationaliser, voire à supprimer certaines fonctionnalités d’IA qui ne sont pas pertinentes ».

Microsoft aurait ainsi suspendu, « du moins pour l’instant », le développement de boutons Copilot supplémentaires pour les applications intégrées, et aurait l’intention d’adopter une « approche plus prudente et réfléchie » quant à l’emplacement de ces boutons Copilot et à leur intégration à l’avenir, avance Windows Central.

Recall, « dans sa forme actuelle, a échoué »

Windows Recall serait lui aussi « en cours d’examen ». Des sources ont indiqué à notre confrère que Microsoft estime que Recall, « dans sa forme actuelle, a échoué », et que la société explorerait des moyens de faire évoluer le concept plutôt que de l’abandonner complètement, « en supprimant peut-être le nom Recall dans le processus, bien que cela ne soit pas confirmé ».

« La bonne nouvelle, c’est qu’il est clair que Microsoft a pris en compte les commentaires concernant son approche trop autoritaire en matière de boutons Copilot dans les applications Windows », conclut Windows Central :

« L’entreprise prend du recul pour réajuster la meilleure façon d’implémenter ces intégrations d’IA dans le système d’exploitation, dans l’espoir d’offrir une expérience d’IA plus significative et utile sur la plateforme, plutôt que d’ajouter de manière aléatoire l’icône Copilot à toutes les interfaces utilisateur possibles. »

Soutenir les utilisateurs finaux, ou les agents IA effectuant des travaux ?

Une évolution qui tranche avec le discours tenu par le CEO de Microsoft, Satya Nadella qui, en novembre, avait déclaré :  « Notre activité, qui aujourd’hui est une activité d’outils pour les utilisateurs finaux, deviendra essentiellement une activité d’infrastructure pour soutenir les agents effectuant des travaux ».

Début janvier, il avançait que le débat sur le « slop » (bouillie) n’aurait plus lieu d’être et comparait l’IA à « un échafaudage pour l’esprit humain ». Il reconnaissait cela dit que  « nous sommes encore dans les premiers kilomètres d’un marathon. Beaucoup de choses restent imprévisibles ». 

Et ce, d’autant plus que, fin décembre, l’entreprise décidait de forcer de plus en plus l’intégration de Copilot à sa suite bureautique Microsoft 365, tout en augmentant les prix, afin de rentabiliser les milliards investis dans OpenAI en particulier et l’IA en général.

Le vibe coding met en danger l’open-source selon des économistes

4 février 2026 à 13:58
Aux sources de la vibe
Le vibe coding met en danger l’open-source selon des économistes

En générant du code à partir de multiples sources des logiciels libres, le vibe coding détourne en même temps nombre d’utilisateurs des personnes qui ont créé ces logiciels. Les financements, les rapports de bugs et les discussions s’amenuisent en parallèle à la destruction des communautés d’utilisateurs, constatent des chercheurs en économie.

« Dans le modèle commercial traditionnel [de l’open source], où les revenus des développeurs dépendent entièrement de l’engagement direct des utilisateurs, l’écosystème open source ne peut survivre à l’adoption généralisée de l’IA », affirment quatre chercheurs en économie.

Dans une étude mise en ligne sur la plateforme de preprint arxiv et non relue par leurs pairs, Miklós Koren, Gábor Békés, Julian Hinz et Aaron Lohmann, constatent que l’arrivée du vibe coding sur le marché du logiciel a eu des conséquences importantes sur les logiciels libres.

Les deux premiers sont chercheurs en économie à l’Université de Centre Europe (située à Budapest, cofondée et financée par George Soros). Julian Hinz est pour sa part à l’université allemande de Bielefeld et comme Aaron Lohmann, il travaille aussi pour le think tank allemand Kiel Institute.

En suivant le déclin de Stack Overflow ?

Les plateformes de discussions autour du code sur lesquelles les IA génératives ont aussi été entrainées, ont été touchées avant, à l’image de Stack Overflow. Si les volte-face de Stack Overflow à propos de l’IA ont sans doute eu des effets, en 2024, des chercheurs montraient les liens entre l’arrivée massive des LLM dans les outils de développement et la baisse de partage de connaissance sur la plateforme.

Pour illustrer un effet similaire sur les projets open-source, ces quatre chercheurs citent un message récent d’Adam Wathan, responsable de l’entreprise Tailwind Labs qui édite le projet Tailwindcss. Ce dernier explique que son entreprise a licencié 75 % de son équipe en raison de « l’impact brutal » de l’IA.

« Le trafic vers notre documentation a baissé d’environ 40 % depuis début 2023, malgré la popularité croissante de Tailwind », explique-t-il suite à une pull request qui demandait l’ajout d’une fonctionnalité permettant l’optimisation de l’utilisation de cette documentation par les modèles de langage. « Cette documentation est le seul moyen pour les gens de découvrir nos produits commerciaux, et sans clients, nous ne pouvons pas nous permettre de maintenir le framework ».

La monétisation sur la découverte du projet menacée

Les économistes expliquent dans leur étude que tous les projets open-source qui veulent monétiser leur logiciel ne s’appuient pas sur la même stratégie : « Une grande partie des activités monétisées liées aux logiciels libres concerne les services aux entreprises : le segment des grandes entreprises représentait plus de 69,0 % du marché des services open source en 2022 ».

Mais ils ajoutent qu’ « en revanche, une grande partie de l’utilisation des logiciels libres concerne la production en petites équipes et individuelle, où l’adoption peut être élevée, mais où la monétisation repose sur la découverte par le biais des canaux communautaires plutôt que sur des achats formels ». Et ce sont notamment ces projets, comme Tailwind, qui selon eux se trouvent menacés par le vibe coding.

Un détournement des utilisateurs par l’IA

Dans cet article, les économistes modélisent mathématiquement cet écosystème de l’open source reliant l’adoption des logiciels par les utilisateurs aux gains des développeurs. Puis ils ajoutent à leur modélisation l’arrivée du vibe coding. Ils regardent ensuite comment le marché évolue au sein de cette modélisation, et si les développeurs ne monétisent leur travail que via l’engagement direct et non via des alternatives s’appuyant sur l’IA (par exemple en faisant payer l’accès à des API), des dons ou autres.

De cette modélisation, les quatre chercheurs concluent qu’ avec le vibe coding, « les utilisateurs peuvent adopter plus facilement les paquets, et les développeurs peuvent s’appuyer plus efficacement sur le code existant » et la productivité augmente.

Mais « le canal de détournement de la demande fait passer les utilisateurs d’une interaction directe (lecture de la documentation, dépôt de rapports de bogues, collaboration avec les responsables de la maintenance) à une utilisation médiatisée par l’IA ». Dans les modèles commerciaux open source traditionnels basés sur la visibilité et l’engagement, ce détournement érode la base de revenus qui soutient la contribution.

Un changement de modèle économique plutôt qu’un ralentissement de l’adoption de l’IA ?

Dans leurs remarques, ces quatre chercheurs se positionnent contre un ralentissement de l’adoption de l’IA, car « les avantages sont trop importants et la technologie trop utile », mais ils plaident plutôt pour une adaptation des modèles économiques des petites entreprises d’open-source qui ne s’appuient actuellement que sur les interactions directes. Transferts directs, modes de monétisation alternatifs mais aussi et surtout « la redistribution au niveau des plateformes » sous forme de « Spotify de l’open source », seraient, selon eux, des solutions viables.

Encore faut-il, pour cette dernière solution évoquée, que la communauté de l’open-source accepte de lier directement une grande partie de ses revenues à un ou des acteurs centraux qui dirigeraient ces plateformes.

☕️ L’interopérabilité entre matériels Google Meet et Microsoft Teams se met en place

4 février 2026 à 13:06

L’idée faisait partie des engagements formulés en mai dernier par Microsoft pour éviter des sanctions européennes. Elle a depuis fait son chemin, au moins pour les clients entreprises : il sera en effet bientôt possible, sous conditions, de faire communiquer directement les solutions matérielles de visioconférence Google Meet avec leurs équivalents dédiés à Microsoft Teams.

C’est Google qui a annoncé le premier la mise en œuvre de cette interopérabilité native, réservée pour l’instant aux clients professionnels souscripteurs de l’offre Workspace. À ce stade, la passerelle n’est fonctionnelle qu’entre un appareil Google Meet fonctionnant sous Chrome OS et une Salle Teams, opérée depuis un matériel certifié Teams. L’administrateur du compte Workspace garde la possibilité de la désactiver.

Jusqu’ici, l’établissement d’une connexion entre une salle visio Teams et son équivalent Meet supposait le recours à un composant externe tel que Pexip Connect.

La connexion entre Meet et Teams est réservée aux appareils certifiés. Ici, un aperçu de la gamme Google Meet – capture d’écran Next

Dans la majorité des cas, la connexion entre une salle Meet et un outil tiers (Webex, Zoom, Teams via Pexip et maintenant Teams en natif) n’autorise que les fonctions visio de base : la présentation, la prise en charge du double écran, ou le chat interne à la visio ne sont par exemple pas pris en charge, comme le souligne la documentation de Google.

Reste à voir maintenant si et comment cette interopérabilité pourrait être étendue aux solutions exclusivement Web ou logicielles des deux rivaux.

☕️ Mozilla promet que son kill switch dédié aux fonctions IA arrivera avec Firefox 148

4 février 2026 à 10:37

Firefox 148, dont la sortie est prévue le 24 février, permettra-t-il d’éteindre la polémique ? Mozilla a annoncé lundi que la prochaine version mensuelle de son navigateur intègrerait un réglage permettant de désactiver, en une seule fois, l’ensemble des fonctionnalités du logiciel, actuelles ou futures, faisant appel à des outils d’IA générative.

« Vous pouvez également consulter et gérer des fonctionnalités d’IA individuelles si vous choisissez de les utiliser. Cela vous permet d’utiliser Firefox sans IA pendant que nous continuons à créer des fonctionnalités d’IA pour ceux qui le souhaitent », décrit Mozilla, qui ménage les susceptibilités mais ne change donc pas son fusil d’épaule.

La fonction permettra de bloquer les « améliorations IA » – crédit Mozilla

Anthony Enzor-DeMeo, CEO de Mozilla, a pour mémoire identifié l’IA comme l’un des axes stratégiques de travail autour de Firefox lors de sa prise de fonction, en décembre 2025. « Nous agirons avec urgence. L’IA change les logiciels. Les navigateurs deviennent le point de contrôle de la vie numérique. La réglementation modifie les défauts. Ces changements jouent en faveur des forces de Mozilla », déclarait-il à cette occasion.

Si les acteurs comme OpenAI et Perplexity incarnent une concurrence nouvelle pour Mozilla, via leurs projets de navigateurs Web, cette inflexion stratégique a fait polémique dans la communauté Firefox, ce qui a conduit la Fondation à rapidement promettre que le logiciel ne perdrait pas son âme… et surtout qu’il y aurait bien un « kill switch » pour désactiver les fonctions IA en un clic.

☕️ L’Espagne s’apprête à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans

4 février 2026 à 08:59

Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a indiqué ce 3 février que son gouvernement interdirait l’accès réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. Les plateformes devront « déployer des systèmes de vérification d’âge efficace pas de simples onglets à cocher, mais de vraies barrières qui fonctionnent » a-t-il déclaré à l’occasion du Sommet mondial des gouvernements, à Dubaï.

Une telle interdiction prendrait la forme d’un amendement à la loi actuellement au Parlement espagnol. Si le texte cherche pour le moment à restreindre l’accès de tous les mineurs aux réseaux sociaux, explique Politico, la nouvelle version interdirait clairement aux moins de 16 ans de s’y inscrire. L’interdiction devrait être approuvée en Conseil des Ministres dès la semaine prochaine.

Avec la France, le Danemark, la Grèce et l’Italie, l’Espagne fait d’ailleurs partie des cinq pays qui testent le dispositif européen de vérification de l’âge. L’annonce de son Premier ministre rejoint d’ailleurs les projets français (porté par Emmanuel Macron) et danois de limitation de l’accès aux moins de 15 ans. Le Parti Social Démocrate portugais (centre-droit) a par ailleurs déposé le 2 février une proposition de loi selon laquelle les mineurs de 16 ans devraient obtenir le consentement parental pour pouvoir accéder à des réseaux sociaux.

☕️ Premier lancement Ariane 64, « la fusée la plus puissante d’Europe », la semaine prochaine

4 février 2026 à 08:17

Ariane 6 existe en deux versions : 62 et 64. La différence ? Deux boosters pour la première, quatre pour la seconde, qui a donc bien plus de puissance au décollage pour emporter des charges plus lourdes. Le premier lancement d’Ariane 64 est programmé pour la semaine prochaine, le 12 février entre 17h45 et 18h13.

« Ariane 6 peut emporter environ 21,6 tonnes en orbite basse, soit plus du double des 10,3 tonnes qu’elle pouvait mettre en orbite avec seulement deux propulseurs », détaille l’Agence spatiale européenne (ESA).

« Le vol VA267 verra Ariane 6 emporter 32 satellites pour la constellation Leo d’Amazon en orbite basse ». Ce sera le sixième vol d’Ariane 6, mais surtout le « premier avec quatre propulseurs », explique l’ESA. La mission est prévue pour durer un peu moins de 2 h entre le décollage et la séparation des derniers satellites.

Les satellites sont disposés dans le haut de la fusée, qui est équipée d’une longue coiffe de 20 m de haut et 5.4 m de diamètre. Les satellites LEO sont assemblés sur « quatre girafes debout les unes sur les épaules des autres ».

« Comme il s’agit du premier vol avec une longue coiffe, ce lancement est le plus haut jamais réalisé par Ariane 6. Une fois assemblée sur la rampe de lancement du port spatial européen en Guyane française, elle atteindra 62 mètres de haut, soit à peu près la hauteur d’un immeuble de 20 étages ».

Ariane 6 enchaine pour le moment les succès, malgré quelques couacs lors des missions secondaires du vol inaugural.

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