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☕️ Quand l’IA générative épuise ses adeptes

9 février 2026 à 12:19

« J’ai produit davantage de code au dernier trimestre que pendant n’importe quel trimestre de ma carrière. Je me suis aussi senti plus épuisé que pendant n’importe quel autre trimestre de ma carrière. Ces deux faits ne sont pas indépendants. »

C’est par ces mots que le développeur Siddhant Khare introduit un article de blog qui a beaucoup fait réagir, ce 8 février, sur X, Bluesky, Linkedin, Hackernews ou ailleurs. Son propos : si l’IA générative rend de nombreux ingénieurs logiciel plus productifs (ce qui explique leur adoption rapide de ces outils), elle les épuise aussi plus rapidement.

Car qui gagne en productivité ne dégage pas nécessairement plus de temps libre. Au contraire, témoigne Siddhant Khare, « quand chaque tâche prend moins de temps, on ne fait pas moins de tâches, on en fait plus. Nos possibilités semblent s’étendre, donc le travail s’étend en fonction », que ce soit parce que les managers ajustent leurs attentes et demandent que le code soit livré plus vite, ou parce que les développeuses et développeurs eux-mêmes ajustent leurs propres attentes et cherchent à produire plus vite.

Entre autres évolutions, Siddhant Khare souligne notamment le passage d’une gestion lente mais concentrée sur un seul problème à celle de 5 ou 6 sujets différents en une journée, ce qui l’empêche de retrouver le même état de « concentration profonde » qu’il connaissait auparavant – mi-2025, une équipe de chercheurs repérait d’ailleurs une baisse de productivité chez les développeurs recourant à l’IA générative.

Le développeur pointe une autre problématique proche de celle exprimée par les traductrices et traducteurs : de créateur de son texte, il devient « post-éditeur », ou correcteur d’une première version de code déjà produite par les agents conversationnels. Or la correction est une tâche différente (et pas nécessairement moins chronophage) de la production d’un texte ou d’un code inédit.

Il souligne, enfin, un problème persistant dans l’industrie numérique : la peur de manquer le nouveau produit, le nouvel outil, la fonctionnalité qui viendrait réellement changer tout son processus de travail.

Ce FOMO (fear of missing out), dont certains témoignaient déjà auprès de Next à l’été 2025, implique directement de dépenser du temps à tester et évaluer différents outils, pour voir dans certains cas ses efforts d’affinage de prompts (requêtes soumises aux robots conversationnels) disparaître en fumée dès la mise à jour suivante d’un modèle.

Surtout, Siddhant Khare s’inquiète d’une potentielle « atrophie de la pensée » qui n’est pas sans rappeler la potentielle émergence d’une « bêtise artificielle » contre laquelle alerte la philosophe Anne Alombert.

Parmi les pistes qu’il indique avoir mises en place, Siddhant Khare évoque le fait de limiter le temps d’utilisation d’une IA : si, par exemple, le code obtenu au bout de 30 minutes n’est pas satisfaisant, il passe à une écriture à la main plutôt que de s’enfermer dans une boucle d’amélioration de son prompt.

Il sépare le temps de réflexion de celui d’usage de l’IA (pour de l’exécution). Il prend note, aussi, des cas dans lesquels l’IA l’a réellement aidé (plutôt des tâches répétitives, de documentation, ou de génération de tests) de ceux où elle lui a fait perdre du temps (décisions d’architecture, débogage complexe et autres tâches demandant de bien connaître son code).

☕️ Marc Prieur, fondateur de Hardware.fr, est décédé

9 février 2026 à 10:51

Le groupe lyonnais LDLC a annoncé lundi matin le décès de Marc Prieur, fondateur du site Hardware.fr, à l’âge de 46 ans.

« Marc Prieur a marqué l’histoire du numérique par sa vision avant-gardiste et son engagement inlassable dans l’univers technique. Fondateur du site Hardware.fr, qu’il crée en mai 1997, alors qu’il était encore lycéen. Il a su transformer ce projet de jeunesse en une référence incontournable dans le domaine du matériel informatique », salue le groupe dans un communiqué.

« En juin 2000, pour assurer la pérennité et la croissance de son projet, Il décide de vendre Hardware.fr au Groupe LDLC dont il rejoint le Directoire. Dans ce rôle, il met à profit son expertise, sa connaissance approfondie de l’écosystème numérique et sa vision stratégique pour contribuer au développement du Groupe. Sa contribution a été un atout précieux tout au long de ces 25 dernières années. », ajoute LDLC.

Piloté par une équipe resserrée aux côtés de son fondateur, Hardware.fr a longtemps été considéré comme l’une des références francophones pour les tests de matériel informatique, jusqu’à l’arrêt de son activité éditoriale, en 2018. Le site disposait également d’un volet e-commerce avec une boutique active jusqu’en juin dernier.

Impossible enfin de ne pas mentionner l’espace de discussion adossé à Hardware.fr (dit HFR) qui depuis plus de vingt ans, constitue l’un des forums communautaires francophones les plus dynamiques du Web. Et même un peu plus pour certains de ses membres, qui aujourd’hui rendent hommage à son créateur.

La page d’accueil de Hardware.fr est figée depuis 2018 et l’annonce du “clap de fin”

☕️ La divulgation des réseaux sociaux désormais obligatoire pour entrer aux États-Unis

9 février 2026 à 10:11

Depuis ce 8 février, les voyageurs prévoyant d’entrer aux États-Unis doivent divulguer leurs profils et activités sur les réseaux sociaux. 


Déjà demandé de manière facultative au moment de remplir l’ESTA, ce partage d’informations est désormais obligatoire pour les ressortissants de 38 pays, dont la France.

Les agences de voyage recommandent déjà à leur clientèle de préparer leur dossier longuement à l’avance, le temps de recenser tous les comptes de réseaux sociaux et adresses mail susceptibles d’être déclarés.

Cette requête pourrait avoir un effet d’intimidation sur les touristes concernés, alors que le pays américain a déjà enregistré un recul de plus de 4% du nombre de voyageurs internationaux venus en 2025.

Si les États-Unis ont adopté cette mesure dans le cadre du renforcement des contrôles aux frontières voulu par Donald Trump dès son retour au pouvoir, elle ne leur est pas spécifique.

La Colombie demande par exemple aux personnes requérant un visa de fournir leur nom d’utilisateur sur les principales plateformes sociales américaines, rappelle Le Figaro.

OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

9 février 2026 à 09:04
Le consentement est clé
OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

La sénatrice LR Marie Mercier a déposé une proposition de loi qui vise à créer une infraction d’« exploitation sexuelle en ligne ». L’exposé des motifs vise clairement les deux plateformes OnlyFans et Mym souvent utilisées pour faire du sexcaming. Alors que le texte original visait les consommateurs et les intermédiaires, celui sorti de la commission des lois du Sénat cible les personnes qui en contraindraient d’autres à s’exposer sexuellement en ligne. Il doit être examiné le 10 février en séance publique.

« Cette proposition de loi vise les nouvelles formes d’achat de services sexuels qui se développent sur les plateformes comme OnlyFans ou Mym (acronyme pour Me You More), lesquelles fonctionnent par abonnement. Une pratique telle qu’OnlyFans est surnommée l’Instagram du porno », expliquait l’exposé des motifs de la proposition de loi déposée par la sénatrice LR Marie Mercier et soutenue par son groupe mais aussi par des sénateurs centristes.

Originellement tourné contre les consommateurs de sexcaming

Si le dossier législatif s’intitule « lutter contre le proxénétisme en ligne », la proposition des sénatrices et sénateurs de droite n’était pas seulement de s’attaquer à la coercition au sexcaming mais bien de « prohiber l’achat de services sexuels virtuels personnalisés, exécutés en direct ou enregistrés d’après une commande, en sanctionnant le consommateur à travers la création d’une infraction ».

Le texte d’origine prévoyait notamment de punir le fait « de solliciter, d’accepter ou d’obtenir la diffusion ou la transmission en ligne d’images, de vidéos ou de représentations individualisées à caractère sexuel d’une autre personne majeure, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage » en récidive d’une amende de 3 750 euros.

Il ajoutait une peine de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende pour « le fait d’aider, d’assister ou de protéger la diffusion ou la transmission en ligne d’images, de vidéos ou de représentations individualisées à caractère sexuel en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération ».

Un texte visant finalement l’exploitation sexuelle en ligne

Mais en commission des lois, le texte a été largement remanié avec l’adoption de l’amendement de la rapporteure Lauriane Josende. Le texte qui sera discuté ce mercredi 10 février en séance publique prévoit surtout de s’attaquer à l’exploitation sexuelle en ligne, qui serait punie de sept ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende, portée à dix ans d’emprisonnement et à 1 500 000 euros d’amende si elle est commise sur un mineur.

On passe même à vingt ans et 3 000 000 euros si c’est en bande organisée ; des peines sans commune mesure avec le texte original. La nouvelle version ajoute de la réclusion criminelle à perpétuité et 4 500 000 euros d’amende en cas de torture ou d’actes de barbarie.

Il définit l’exploitation sexuelle en ligne comme « le fait de recruter une personne, de la transporter, de la transférer, de l’héberger ou de l’accueillir […] aux fins de mettre cette personne à sa disposition ou à la disposition d’un tiers, même non identifié, en vue de permettre la réalisation et la diffusion d’images ou de vidéos à caractère sexuel de cette même personne sur une plateforme en ligne ou sur un service de réseaux sociaux en ligne » avec l’emploi de menace, de contrainte, de violence, par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par abus d’une situation de vulnérabilité due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, apparente ou connue de son auteur. Ainsi, le texte vise maintenant plutôt les « agents » qui pratiqueraient de la coercition au sexcaming.

Selon la synthèse des travaux de la commission consultée par l’AFP, cette modification en profondeur est due au fait que les sénateurs et sénatrices ont estimé que le dispositif proposé originellement portait une « atteinte excessive à la liberté d’échanger ces contenus entre adultes consentants ».

Selon le site spécialisé Projet Arcadie, « il est assez probable que le texte soit adopté. Néanmoins, reste à savoir s’il sera inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ».

☕️ Disney+ perd 3D, Dolby Vision et HDR10+ en France… « en raison d’un souci technique »

9 février 2026 à 08:44

C’est en tout cas le message porté par le compte officiel Disney+ Help sur X en réponse à des questions d’internautes sur la prise en charge de Dolby Vision. Numerama a testé ces fonctionnalités sur un casque Apple Vision Pro et confirme leur disparition : « Le Dolby Vision et le HDR10+ ne sont plus proposés en France, il ne reste que le HDR10. Autre disparition : la 3D ».

Selon Heise online cette disparition serait la conséquence d’une décision d’un tribunal de Munich sur un « litige de brevets entre Disney et la société InterDigital ». InterDigital qui se félicitait fin novembre d’une injonction contre Disney : « Cette décision illustre une fois de plus comment Disney continue d’utiliser notre technologie et de violer notre propriété intellectuelle sans licence et gratuitement ».

Selon nos confrères allemands, la situation durerait depuis des semaines, mais ne concerne que l’Europe. Selon nos confrères de Numerama, passer par un VPN aux États-Unis permet de récupérer les fonctionnalités disparues.

☕️ Crypto.com s’offre le domaine AI.com pour 70M$ (qui plante pendant le Super Bowl)

9 février 2026 à 08:07

Si son montant n’a pas été artificiellement gonflé, c’est l’une des acquisitions de nom de domaine parmi les plus onéreuses jamais réalisées. Kris Marszalek, cofondateur et CEO de Crypto.com, aurait en effet mis 70 millions de dollars sur la table pour s’offrir AI.com, un nom de domaine particulièrement efficace, aussi bien par sa concision que par la thématique porteuse qu’il décrit.

« L’année dernière, j’ai eu l’occasion d’acquérir ce domaine et je me suis dit que si l’on se place dans une perspective à long terme, disons 10 à 20 ans, l’intelligence artificielle allait être l’une des plus grandes vagues technologiques de notre vie. Ce serait donc un bon investissement », a commenté Kris Marszalek auprès du Financial Times.

L’entrepreneur ne donne cependant aucun chiffre. C’est Larry Fischer, le fondateur de la plateforme GetYourDomain (achat vente de noms de domaines), qui révèle le montant de l’opération, « payé en une fois ». Il donne également l’identité du vendeur, le malaisien Arsyan Ismail.

Avec 70 millions de dollars au compteur, l’acquisition d’AI.com représente une enveloppe plus de deux fois supérieure aux 30 millions de dollars dépensés par MicroStrategy pour s’offrir Voice.com en 2019. AI.com est donc peut-être devenu le nom de domaine le plus cher de l’histoire… du moins sur le périmètre des transactions dont le montant a été rendu public. Fin 2024, OpenAI s’est par exemple offert Chat.com pour un montant non communiqué. L’année précédente, le domaine avait déjà changé de main pour 15,5 millions de dollars.

AI.com est exploité pour un service d’IA agentique

Kris Marszalek n’a de son côté pas tardé à exploiter sa nouvelle acquisition. Il a annoncé vendredi le lancement d’un service d’IA agentique, censé permettre aux particuliers comme aux entreprises de concevoir et déployer leurs propres agents IA, pour l’exécution autonome de tâches.

Le service avait planifié son lancement au dimanche 8 février, à l’occasion du Super Bowl, la finale du championnat états-unien de football américain. Il avait pour ce faire programmé (et payé) la diffusion d’un spot pendant l’une des pauses de cette grand-messe publicitaire, regardée par 130 millions de personnes aux États-Unis…

… et n’avait manifestement pas dimensionné correctement son site Web. AdWeek remarque en effet lundi matin qu’AI.com est tombé peu après la diffusion du spot (reproduit ci-dessous). « Un trafic de dingue ! On était préparés à une telle affluence, mais pas à ça ! 🔥🔥🔥 », a réagi Kris Marszalek.

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