Anthropic lève 30 milliards de dollars et se voit valorisée à 380 milliards
Anthropic mange à tous les râteliers
Pour son septième tour de table, Anthropic lève 30 milliards de dollars et voit sa valorisation doublée par rapport à septembre. Le père de l’IA générative Claude annonce une projection de son chiffre d’affaires annuel à 14 milliards de dollars, dont 2,5 milliards pour Claude Code.
30 milliards et les usual suspects
Six mois après son dernier tour de table (13 milliards de dollars en septembre 2025), Anthropic remet le couvert : la société éditrice des modèles Claude a annoncé le 12 février une levée de fonds en série G (c’est-à-dire son septième tour de financement après l’amorçage initial) de 30 milliards de dollars. L’opération se fait sur la base d’une valorisation d’entreprise fixée à 380 milliards de dollars, contre 183 milliards en septembre dernier.
La valeur d’Anthropic a donc plus que doublé pour la longue liste des participants à cette levée de fonds. Le tour est emmené par les fonds GIC et Coatue, avec en deuxième ligne D. E. Shaw Ventures, Dragoneer, Founders Fund, ICONIQ, et l’émirati MGX, par ailleurs impliqué dans le projet Campus IA de Fouju, en région parisienne.
Derrière ces fonds figure encore une longue liste d’investisseurs, parmi lesquels Baillie Gifford (aussi chez GraphCore), BlackRock (bien implanté dans l’IA), Blackstone (présent au Royaume-Uni avec un datacenter IA), D1 Capital Partners, Qatar Investment Authority… ainsi que les usual suspects du financement de la Silicon Valley (Sequoia Capital, Menlo Ventures, Lightspeed Venture Partners) et plusieurs grandes banques (PMorganChase et Goldman Sachs).
Le tour intègre par ailleurs une partie des financements qui avaient déjà été promis par Microsoft et NVIDIA dans le cadre de l’accord stratégique de novembre dernier.
Chiffre d’affaires annuel estimé (run-rate) : 14 milliards de dollars
Anthropic profite de cette annonce pour afficher une projection de chiffre d’affaires annuel, calculée à partir de ses rentrées d’argent actuelles, à 14 milliards de dollars, contre un peu plus d’un milliard de dollars en janvier 2025.

L’indicateur ne tient pas compte des perspectives de croissance envisagées pour la suite (le véritable nerf de la guerre, puisque ce sont elles qui devront à terme compenser les dépenses). À défaut de valeurs absolues quant à ses clients ou son chiffre d’affaires mensualisé, Anthropic revendique un x7 en 2025 sur le nombre de clients dépensant plus de 100 000 dollars par an (valeur déjà avancée en septembre dernier lors de son précédent tour de table). Le nombre de clients consommant plus d’un million de dollars par an serait supérieur à 500.
Claude Code se présente comme l’un des contributeurs majeurs à cette dynamique : son chiffre d’affaires annuel projeté s’établirait aujourd’hui à 2,5 milliards de dollars, un montant qui aurait doublé depuis le 1ᵉʳ janvier dernier, tout comme le nombre d’utilisateurs enregistrés. Plus de la moitié de ce chiffre d’affaires émane des entreprises, indique Anthropic.
La levée de fonds alimentera les besoins en fonds de roulement de la société (et donc le développement de ses futurs modèles), ainsi que son approvisionnement en infrastructures. Sur ce point, l’entreprise dirigée par Dario Amodei prend soin de souligner qu’elle ne dépend d’aucun partenaire de façon exclusive.
« Claude demeure le seul modèle d’IA de pointe disponible pour les clients sur les trois plus grandes plateformes cloud au monde : Amazon Web Services (Bedrock), Google Cloud (Vertex AI) et Microsoft Azure (Foundry). Nous entraînons et exécutons Claude sur une gamme diversifiée de matériel d’IA (AWS Trainium, Google TPU et GPU NVIDIA), ce qui nous permet d’adapter les charges de travail aux puces les mieux adaptées. Cette diversité de plateformes se traduit par de meilleures performances et une plus grande résilience pour les entreprises clientes qui dépendent de Claude pour leurs tâches critiques. »