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Le secrétaire d’État états-unien à la Guerre Pete Hegseth a posé un ultimatum à Anthropic. L’entreprise a jusqu’à vendredi pour changer ses conditions d’utilisation de Claude par l’armée des États-Unis (qui l’utilise déjà sur certains projets) ou celle-ci la mettrait sur liste noire.
Dans une réunion avec Dario Amodei, le CEO d’Anthropic, le secrétaire d’État états-unien à la Guerre Pete Hegseth a posé un ultimatum à la startup, lui demandant de lever, pour l’armée américaine, toute restriction d’usage de son IA générative Claude actuellement en place dans ses conditions d’utilisation.
La startup sous menaces de rétorsions par l’administration Trump
Si elle n’exécute pas les volontés de l’administration Trump, l’enjeu de la menace est la mise au ban de la startup des fournisseurs du Pentagone ou l’utilisation d’une loi américaine de réquisition pour la défense « les obligeant à être utilisés par le Pentagone, qu’ils le veuillent ou non », explique une source de CNN.
Pete Hegseth a affirmé au patron de la startup, selon Axios, qu’il ne laisserait aucune entreprise dicter les conditions dans lesquelles le Pentagone prend ses décisions opérationnelles, ni s’opposer à des cas d’utilisation particuliers.
Le Pentagone utilise déjà Claude
Anthropic travaille déjà pour le Pentagone. En novembre 2024, elle communiquait sur un partenariat qu’elle avait noué avec Palantir et AWS pour fournir aux agences de renseignement et de défense des États-Unis un accès aux modèles Claude d’Anthropic. À l’époque, les conditions d’utilisation chez Anthropic étaient floues.
Depuis, l’entreprise les a un peu modifiées en septembre dernier en précisant que les utilisateurs de ses modèles ne doivent pas « développer ou concevoir des armes » avec, alors que le texte précédent interdisait seulement leur utilisation pour en acquérir (ce qui est toujours le cas dans les nouvelles conditions).
Mais comme nous le disions, pour les contrats spécifiques avec l’armée américaine, la startup peut choisir à loisir d’appliquer ou non ses conditions d’utilisation, ou d’avoir un accord spécifique avec le gouvernement américain.
En juin 2025, Anthropic annonçait avoir développé des modèles nommés « Claude Gov », spécifiquement pour les agences de renseignement des États-Unis. Et mi-janvier, le Wall Street Journal assurait que Claude avait été utilisé dans l’enlèvement du président Nicolás Maduro en début d’année, sans donner de détail. Selon CNN, la somme des contrats entre le Pentagone et la startup s’élève à 200 millions de dollars.
Refus d’utilisation pour des armes autonomes et la surveillance de masse
Mais Anthropic refuserait toujours de laisser l’armée américaine utiliser ses modèles pour mettre en place des armes autonomes et de la surveillance de masse, et selon des sources de CNN, la startup n’aurait pas l’intention de céder.
Du côté du Pentagone, un responsable réfute toute volonté de ce genre d’utilisation mais déclare à nos confrères qu’ « on ne peut pas mener des opérations tactiques par exception […] La légalité relève de la responsabilité du Pentagone en tant qu’utilisateur final ».
Pete Hegseth mènerait, selon le Financial Times, des négociations parallèles avec Google, OpenAI et xAI pour remplacer les modèles d’Anthropic dans les systèmes de l’armée états-unienne. Grok serait même « déjà prêt à être utilisé dans un cadre confidentiel, tandis que les autres entreprises sont sur le point de l’être ».