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Comment Pékin exploite les "Epstein Files" contre le Dalaï-Lama 

9 février 2026 à 18:54

Depuis la publication des "Epstein Files", une accusation, qui peut surprendre le public occidental, fleurit dans les médias d’Etat chinois… à l’encontre du Dalaï-Lama, incarnation bouddhiste de la compassion. Son nom, comme le souligne le médias public chinois China Global Television Network (CGTN), apparaît plus de 160 fois dans les 3 millions de documents concernant le prédateur sexuel décédé en 2019 Jeffrey Epstein, divulgués le 30 janvier dernier par le département de justice américain. La Chine n’a pas tardé à se saisir du chiffre pour attaquer de Dalaï-Lama, avec qui Pékin entretien une rixe depuis soixante dix ans. Le bureau du chef bouddhiste réfute fermement les accusations de lien avec le pédophile américain.

L’occasion de ce scandale au retentissement mondial est inespérée pour la Chine. Pour comprendre pourquoi, il faut se plonger dans le contexte. Dans les années 1950, l’armée chinoise avait envahi le Tibet, intégrant la région à la République populaire de Chine, conduisant à la fuite du 14ᵉ Dalaï-Lama, Tenzin Gyatso en Inde en 1959. Le prix Nobel de la paix qui fêtera ses 90 ans ce mois de février n’était alors âgé que de 23 ans. Depuis, Pékin contrôle politiquement et militairement le Tibet, tandis que le Dalaï-Lama, exilé, a continué de défendre toute sa vie l’autonomie culturelle et religieuse des Tibétains. Le désaccord actuel porte principalement sur sa succession : Pékin veut la contrôler, tandis que le Dalaï-Lama insiste pour que sa réincarnation soit trouvée selon la tradition tibétaine, sans ingérence de l’État chinois.

Le Dalaï-Lama est il vraiment mis en cause ?

Au coeur de l’accusation chinoise : un e-mail de 2012, provenant d’un expéditeur censuré par le DOJ et adressé à Epstein, suggérait d’assister à un événement sur une île où "le Dalaï-Lama allait venir". Un email, cette fois adressé par le physicien Lawrence Krauss à Jeffrey Epstein, s’enquiert d’une future "date de déjeuner avec Woody et le Dalaï L ?", sans plus de réponse ou d’informations. Rien néanmoins dans ces documents ne prouve une rencontre entre Epstein et la figure spirituelle tibétaine.

Le nombre d’apparition du nom du Dalaï-Lama dans les "Epstein Files" (disponibles en ligne), qui peut paraître impressionnant, ne traduit par ailleurs pas une présence récurrente de cette personnalité religieuse dans les interactions par email du criminel condamné : l’immense majorité des 160 documents consiste en quelques échanges de mails évoquant le Dalaï-Lama, publié par le DOJ en plusieurs fois — on retrouve parfois 10 fois le même mail dans ce chaos de documents. D’autres mentions de son nom apparaissent dans des liens d’articles de presse échangés entre Epstein et ses correspondants.

Le bureau du chef spirituel dément

Dimanche 8 février, le bureau du Dalaï-Lama a démenti directement ces accusations sur son compte X. "Certains articles récents dans les médias et certaines publications sur les réseaux sociaux concernant les dossiers Epstein tentent d’établir un lien entre Sa Sainteté le Dalaï-Lama et Jeffrey Epstein. Nous pouvons confirmer sans équivoque que Sa Sainteté n’a jamais rencontré Jeffrey Epstein et n’a jamais autorisé quiconque à le rencontrer ou à interagir avec lui en son nom", est-il écrit dans le court communiqué.

En 2023 lors d’une rencontre à Dharamsala, en Inde, le chef spirituel tibétain avait tenter d’embrasser un petit garçon, avant de lui demander en anglais de lui "sucer la langue", le tout enregistré sur une vidéo qui avait fait le tour des réseaux sociaux. La scène avait provoqué un tollé, et le bureau du Dalaï-Lama avait présenté ses excuses dans un communiqué, affirmant regretter un geste décrit comme une plaisanterie "innocente et ludique".

© Shailesh Bhatnagar/ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

Comment Pékin exploite les "Epstein Files" contre le Dalaï-Lama 

9 février 2026 à 18:54

Depuis la publication des "Epstein Files", une accusation, qui peut surprendre le public occidental, fleurit dans les médias d’Etat chinois… à l’encontre du Dalaï-Lama, incarnation bouddhiste de la compassion. Son nom, comme le souligne le médias public chinois China Global Television Network (CGTN), apparaît plus de 160 fois dans les 3 millions de documents concernant le prédateur sexuel décédé en 2019 Jeffrey Epstein, divulgués le 30 janvier dernier par le département de justice américain. La Chine n’a pas tardé à se saisir du chiffre pour attaquer de Dalaï-Lama, avec qui Pékin entretien une rixe depuis soixante dix ans. Le bureau du chef bouddhiste réfute fermement les accusations de lien avec le pédophile américain.

L’occasion de ce scandale au retentissement mondial est inespérée pour la Chine. Pour comprendre pourquoi, il faut se plonger dans le contexte. Dans les années 1950, l’armée chinoise avait envahi le Tibet, intégrant la région à la République populaire de Chine, conduisant à la fuite du 14ᵉ Dalaï-Lama, Tenzin Gyatso en Inde en 1959. Le prix Nobel de la paix qui fêtera ses 90 ans ce mois de février n’était alors âgé que de 23 ans. Depuis, Pékin contrôle politiquement et militairement le Tibet, tandis que le Dalaï-Lama, exilé, a continué de défendre toute sa vie l’autonomie culturelle et religieuse des Tibétains. Le désaccord actuel porte principalement sur sa succession : Pékin veut la contrôler, tandis que le Dalaï-Lama insiste pour que sa réincarnation soit trouvée selon la tradition tibétaine, sans ingérence de l’État chinois.

Le Dalaï-Lama est il vraiment mis en cause ?

Au coeur de l’accusation chinoise : un e-mail de 2012, provenant d’un expéditeur censuré par le DOJ et adressé à Epstein, suggérait d’assister à un événement sur une île où "le Dalaï-Lama allait venir". Un email, cette fois adressé par le physicien Lawrence Krauss à Jeffrey Epstein, s’enquiert d’une future "date de déjeuner avec Woody et le Dalaï L ?", sans plus de réponse ou d’informations. Rien néanmoins dans ces documents ne prouve une rencontre entre Epstein et la figure spirituelle tibétaine.

Le nombre d’apparition du nom du Dalaï-Lama dans les "Epstein Files" (disponibles en ligne), qui peut paraître impressionnant, ne traduit par ailleurs pas une présence récurrente de cette personnalité religieuse dans les interactions par email du criminel condamné : l’immense majorité des 160 documents consiste en quelques échanges de mails évoquant le Dalaï-Lama, publié par le DOJ en plusieurs fois — on retrouve parfois 10 fois le même mail dans ce chaos de documents. D’autres mentions de son nom apparaissent dans des liens d’articles de presse échangés entre Epstein et ses correspondants.

Le bureau du chef spirituel dément

Dimanche 8 février, le bureau du Dalaï-Lama a démenti directement ces accusations sur son compte X. "Certains articles récents dans les médias et certaines publications sur les réseaux sociaux concernant les dossiers Epstein tentent d’établir un lien entre Sa Sainteté le Dalaï-Lama et Jeffrey Epstein. Nous pouvons confirmer sans équivoque que Sa Sainteté n’a jamais rencontré Jeffrey Epstein et n’a jamais autorisé quiconque à le rencontrer ou à interagir avec lui en son nom", est-il écrit dans le court communiqué.

En 2023 lors d’une rencontre à Dharamsala, en Inde, le chef spirituel tibétain avait tenter d’embrasser un petit garçon, avant de lui demander en anglais de lui "sucer la langue", le tout enregistré sur une vidéo qui avait fait le tour des réseaux sociaux. La scène avait provoqué un tollé, et le bureau du Dalaï-Lama avait présenté ses excuses dans un communiqué, affirmant regretter un geste décrit comme une plaisanterie "innocente et ludique".

© Shailesh Bhatnagar/ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

Le dalaï-lama, chef spirituel tibétain, s’adresse aux fidèles lors des célébrations de son 90e anniversaire, organisées par les pays d’Asie du Sud-Est et la Corée au temple Tsuglakhang, à McLeod Ganj, Dharamsala.

(MaxPPP TagID: maxnewsfrsix097161.jpg) [Photo via MaxPPP]

Iran : les mollahs étendent la répression aux réformateurs sur fond de tension avec les États-Unis

9 février 2026 à 16:08

Les forces de sécurité iraniennes ont lancé ce lundi 9 février une campagne d’arrestations visant des figures du mouvement réformateur, rapporte l’agence de presse AP. Cette opération marque un nouvel élargissement de la répression. Elle intervient après l’écrasement sanguinaire de manifestations nationales en janvier, qui ont fait au moins 7 000 de morts (jusqu’à 20 000 selon le rapporteur spécial de l’ONU) et conduit à l’arrestation de plus de 50 000 personnes.

La militante et lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, qui est elle déjà incarcérée mais ne fait pas partie du mouvement réformateur, a aussi reçu une nouvelle condamnation de plus de sept ans de prison, selon AP. Cette décision illustre la volonté des autorités de réduire au silence toute voix critique à l’encontre de la répression sanglante menée par la théocratie iranienne, alors que l’Iran se prépare à de nouvelles discussions nucléaires avec les États-Unis dans un climat tendu : Donald Trump a répété récemment qu’il pourrait lancer une nouvelle attaque contre l’Iran si aucun accord n’était trouvé.

Les réformateurs dans le viseur du pouvoir

Au moins quatre membres du mouvement réformateur ont été arrêtés par le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC), selon ses responsables. A commencer par Azar Mansouri, la Dirigeante du Front des réformateurs iraniens qui regroupe plusieurs courants politiques et a joué un rôle clé dans l’élection du président Masoud Pezeshkian, toujours en poste malgré son influence limitée face au guide suprême. Selon le journal Al Jazeera, Javad Emam, porte-parole du Front des réformateurs, a également été arrêté à son domicile, ainsi que Mohsen Aminzadeh, ancien diplomate ayant servi sous le président réformateur Mohammad Khatami. Ebrahim Asgharzadeh aussi : il s’était fait connaître en dirigeant les étudiants ayant pris d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, à l’origine de la crise des otages de 444 jours.

Selon l’agence officielle du régime IRNA, le parquet de Téhéran a confirmé l’arrestation de quatre personnes. Les autorités les accusent d’avoir "organisé et dirigé des activités visant à perturber la situation politique et sociale du pays dans un contexte de menaces militaires de la part des États-Unis et du régime sioniste". Selon des médias locaux, ils sont accusés d’avoir travaillé "au bénéfice" des États‑Unis et d’Israël en coordonnant notamment la propagande ennemie. Plusieurs autres dirigeants réformistes ont été convoqués.

En sous-texte, ces arrestation seraient liées à une déclaration publiée en janvier. Dans ce texte, certains des réformateurs appelaient publiquement le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, âgé de 86 ans, à démissionner, et proposaient la mise en place d’un conseil de transition. Ce n’était néanmoins pas le cas de la dirigeante du mouvement Azar Mansouri, selon le journal britannique The Guardian. Pour l’analyste de l’International Crisis Group Ali Vaez, qui s’exprime auprès de AP, "après avoir réduit les rues au silence par une cruauté exemplaire, le régime a déplacé son attention vers l’intérieur, fixant désormais son regard sur son opposition loyale".

Négociations nucléaires sous pression militaire

Sur le plan international, l’Iran et les États-Unis ont tenu de nouveaux pourparlers nucléaires la semaine dernière à Oman. Mais ce dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré, lors d’un sommet à Téhéran, que l’Iran maintiendrait sa capacité à enrichir de l’uranium. C’est cette position qui reste un point majeur de désaccord avec le président américain Donald Trump, qui a fait bombarder en juin trois sites nucléaires iraniens, durant la guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël.

Ces derniers jours, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient en déployant le porte-avions USS Abraham Lincoln, ainsi que des navires et des avions de combat. Une démonstration de force qui vise à augmenter la pression sur l’Iran et à disposer des capacités militaires nécessaires en cas de décision de frappe. Parallèlement, l’Iran a averti lundi qu’il procéderait à des tirs de "roquettes" de lundi à mardi au-dessus de la province de Semnan, où se situe le port spatial Imam Khomeini.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou doit se rendre à Washington ce 9 février pour convaincre les États-Unis d’inclure dans les négociations avec l’Iran l’arrêt de l’enrichissement d’uranium, la fin du programme de missiles et la cessation du soutien iranien à ses alliés régionaux.

© via REUTERS

Iran : les mollahs étendent la répression aux réformateurs sur fond de tension avec les États-Unis

9 février 2026 à 16:08

Les forces de sécurité iraniennes ont lancé ce lundi 9 février une campagne d’arrestations visant des figures du mouvement réformateur, rapporte l’agence de presse AP. Cette opération marque un nouvel élargissement de la répression. Elle intervient après l’écrasement sanguinaire de manifestations nationales en janvier, qui ont fait au moins 7 000 de morts (jusqu’à 20 000 selon le rapporteur spécial de l’ONU) et conduit à l’arrestation de plus de 50 000 personnes.

La militante et lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, qui est elle déjà incarcérée mais ne fait pas partie du mouvement réformateur, a aussi reçu une nouvelle condamnation de plus de sept ans de prison, selon AP. Cette décision illustre la volonté des autorités de réduire au silence toute voix critique à l’encontre de la répression sanglante menée par la théocratie iranienne, alors que l’Iran se prépare à de nouvelles discussions nucléaires avec les États-Unis dans un climat tendu : Donald Trump a répété récemment qu’il pourrait lancer une nouvelle attaque contre l’Iran si aucun accord n’était trouvé.

Les réformateurs dans le viseur du pouvoir

Au moins quatre membres du mouvement réformateur ont été arrêtés par le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC), selon ses responsables. A commencer par Azar Mansouri, la Dirigeante du Front des réformateurs iraniens qui regroupe plusieurs courants politiques et a joué un rôle clé dans l’élection du président Masoud Pezeshkian, toujours en poste malgré son influence limitée face au guide suprême. Selon le journal Al Jazeera, Javad Emam, porte-parole du Front des réformateurs, a également été arrêté à son domicile, ainsi que Mohsen Aminzadeh, ancien diplomate ayant servi sous le président réformateur Mohammad Khatami. Ebrahim Asgharzadeh aussi : il s’était fait connaître en dirigeant les étudiants ayant pris d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, à l’origine de la crise des otages de 444 jours.

Selon l’agence officielle du régime IRNA, le parquet de Téhéran a confirmé l’arrestation de quatre personnes. Les autorités les accusent d’avoir "organisé et dirigé des activités visant à perturber la situation politique et sociale du pays dans un contexte de menaces militaires de la part des États-Unis et du régime sioniste". Selon des médias locaux, ils sont accusés d’avoir travaillé "au bénéfice" des États‑Unis et d’Israël en coordonnant notamment la propagande ennemie. Plusieurs autres dirigeants réformistes ont été convoqués.

En sous-texte, ces arrestation seraient liées à une déclaration publiée en janvier. Dans ce texte, certains des réformateurs appelaient publiquement le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, âgé de 86 ans, à démissionner, et proposaient la mise en place d’un conseil de transition. Ce n’était néanmoins pas le cas de la dirigeante du mouvement Azar Mansouri, selon le journal britannique The Guardian. Pour l’analyste de l’International Crisis Group Ali Vaez, qui s’exprime auprès de AP, "après avoir réduit les rues au silence par une cruauté exemplaire, le régime a déplacé son attention vers l’intérieur, fixant désormais son regard sur son opposition loyale".

Négociations nucléaires sous pression militaire

Sur le plan international, l’Iran et les États-Unis ont tenu de nouveaux pourparlers nucléaires la semaine dernière à Oman. Mais ce dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré, lors d’un sommet à Téhéran, que l’Iran maintiendrait sa capacité à enrichir de l’uranium. C’est cette position qui reste un point majeur de désaccord avec le président américain Donald Trump, qui a fait bombarder en juin trois sites nucléaires iraniens, durant la guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël.

Ces derniers jours, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient en déployant le porte-avions USS Abraham Lincoln, ainsi que des navires et des avions de combat. Une démonstration de force qui vise à augmenter la pression sur l’Iran et à disposer des capacités militaires nécessaires en cas de décision de frappe. Parallèlement, l’Iran a averti lundi qu’il procéderait à des tirs de "roquettes" de lundi à mardi au-dessus de la province de Semnan, où se situe le port spatial Imam Khomeini.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou doit se rendre à Washington ce 9 février pour convaincre les États-Unis d’inclure dans les négociations avec l’Iran l’arrêt de l’enrichissement d’uranium, la fin du programme de missiles et la cessation du soutien iranien à ses alliés régionaux.

© via REUTERS

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'exprime lors d'un message télévisé à Téhéran, en Iran, le 9 février 2026.
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