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Guerre en Iran : Reza Pahlavi - Ali Ahmad Khomeini, la bataille des héritiers

3 mars 2026 à 07:00

L'histoire comme un éternel recommencement. 47 ans après la Révolution islamique, la mort de l'ayatollah Khamenei ouvre une nouvelle page de l'histoire de l'Iran : une page remplie d'inconnu et de chaos potentiel. Alors, dans cette période de doutes, des noms familiers refont surface : celui d'Ali Ahmad Khomeini, petit-fils du premier Guide suprême ; celui de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, en exil depuis 1979. Deux camps de la Révolution, deux incarnations d'un avenir possible de l'Iran.

Du côté du régime iranien, la mort de l'ayatollah Khamenei laisse un vide béant. A 86 ans, le Guide suprême régnait à la fois sur le gouvernement, les religieux, l'armée régulière et les Gardiens de la révolution. D'après la Constitution, une assemblée des experts, composée de 88 hauts dignitaires religieux, doit se réunir bientôt pour nommer le prochain chef d'Etat. "Mais la République islamique n'a connu qu'une seule succession dans son histoire, et jamais en temps de guerre, souligne Alex Vatanka, auteur de The Battle of the Ayatollahs in Iran (2021). La dernière transition, en 1989, était le résultat d'arrangements occultes. Les 88 religieux valident seulement le nom d'un candidat, qui sera probablement choisi par les Gardiens de la révolution cette fois."

Le nom qui émerge des coulisses du pouvoir iranien est bien connu : Ali Ahmad Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique. "Il est le favori dans la course à la succession, assure le chercheur Nozar Vaziri dans une analyse pour New Lines Institute. Dans les traditions du clergé chiite, le pouvoir se transmet du père à son fils le plus âgé ou le plus capable. [...] Ali Ahmad Khomeini, qui est à la fois un islamiste et un homme politique astucieux et efficace, apparaît comme le meilleur candidat au poste de Guide suprême au sein de son clan." Autre atout : sa femme, petite-fille du grand ayatollah Ali al-Sistani d'Irak, donnerait au nouveau Guide une assise régionale, utile en temps de guerre.

Quel choix pour Donald Trump ?

Ces dernières semaines, le petit-fils de l'ayatollah Khomenei s'est distingué par plusieurs apparitions publiques. D'abord dans une interview au média Al Mayadeen, dans laquelle il loue les "innombrables qualités" d'Ali Khamenei ; puis au lendemain de sa mort, il a prononcé un éloge funèbre très remarqué en Iran. "A l'inverse, le propre fils de Khamenei, Motjaba [NDLR : lui aussi pressenti pour succéder à son père] n'a pas pris la parole, ce qui laisse supposer que le petit-fils du fondateur de la République islamique a de grandes chances d'être nommé Guide suprême", estime Nozar Vaziri.

Dans le camp d'en face, un nom ressort d'une opposition fracturée : celui de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran et incarnation de la monarchie en exil. Ses soutiens l'appellent "prince" même s'il ne revendique pas officiellement l'héritage du trône. "Il veut incarner une autre voie pour le peuple d'Iran, une transition vers la démocratie, nous expliquait récemment un membre de son entourage. Ces dernières années, il a décidé de ne plus mener la lutte depuis les coulisses et de construire une grande coalition du changement en Iran."

Reza Pahlavi multiplie les apparitions depuis son arrivée sur la scène publique en 2022, dans la foulée du mouvement "Femme, vie, liberté". Il court les médias européens (TF1 et Le Point en France le mois dernier) mais surtout américains, où il est un invité régulier de Fox News. Son discours vise à convaincre un téléspectateur en particulier : Donald Trump. Jusqu'ici, le président américain a refusé de le recevoir, déclarant tout de même en janvier : "Il semble très sympathique, mais je ne sais pas comment il se comporterait dans son propre pays. […] Je ne sais pas si son pays accepterait ou non son leadership. Si c’était le cas, je m’en réjouirais." Une autre inconnue, une autre bataille des récits à mener.

© REUTERS

Guerre en Iran : Reza Pahlavi - Ali Ahmad Khomeini, la bataille des héritiers

3 mars 2026 à 07:00

L'histoire comme un éternel recommencement. 47 ans après la Révolution islamique, la mort de l'ayatollah Khamenei ouvre une nouvelle page de l'histoire de l'Iran : une page remplie d'inconnu et de chaos potentiel. Alors, dans cette période de doutes, des noms familiers refont surface : celui d'Ali Ahmad Khomeini, petit-fils du premier Guide suprême ; celui de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, en exil depuis 1979. Deux camps de la Révolution, deux incarnations d'un avenir possible de l'Iran.

Du côté du régime iranien, la mort de l'ayatollah Khamenei laisse un vide béant. A 86 ans, le Guide suprême régnait à la fois sur le gouvernement, les religieux, l'armée régulière et les Gardiens de la révolution. D'après la Constitution, une assemblée des experts, composée de 88 hauts dignitaires religieux, doit se réunir bientôt pour nommer le prochain chef d'Etat. "Mais la République islamique n'a connu qu'une seule succession dans son histoire, et jamais en temps de guerre, souligne Alex Vatanka, auteur de The Battle of the Ayatollahs in Iran (2021). La dernière transition, en 1989, était le résultat d'arrangements occultes. Les 88 religieux valident seulement le nom d'un candidat, qui sera probablement choisi par les Gardiens de la révolution cette fois."

Le nom qui émerge des coulisses du pouvoir iranien est bien connu : Ali Ahmad Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique. "Il est le favori dans la course à la succession, assure le chercheur Nozar Vaziri dans une analyse pour New Lines Institute. Dans les traditions du clergé chiite, le pouvoir se transmet du père à son fils le plus âgé ou le plus capable. [...] Ali Ahmad Khomeini, qui est à la fois un islamiste et un homme politique astucieux et efficace, apparaît comme le meilleur candidat au poste de Guide suprême au sein de son clan." Autre atout : sa femme, petite-fille du grand ayatollah Ali al-Sistani d'Irak, donnerait au nouveau Guide une assise régionale, utile en temps de guerre.

Quel choix pour Donald Trump ?

Ces dernières semaines, le petit-fils de l'ayatollah Khomenei s'est distingué par plusieurs apparitions publiques. D'abord dans une interview au média Al Mayadeen, dans laquelle il loue les "innombrables qualités" d'Ali Khamenei ; puis au lendemain de sa mort, il a prononcé un éloge funèbre très remarqué en Iran. "A l'inverse, le propre fils de Khamenei, Motjaba [NDLR : lui aussi pressenti pour succéder à son père] n'a pas pris la parole, ce qui laisse supposer que le petit-fils du fondateur de la République islamique a de grandes chances d'être nommé Guide suprême", estime Nozar Vaziri.

Dans le camp d'en face, un nom ressort d'une opposition fracturée : celui de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran et incarnation de la monarchie en exil. Ses soutiens l'appellent "prince" même s'il ne revendique pas officiellement l'héritage du trône. "Il veut incarner une autre voie pour le peuple d'Iran, une transition vers la démocratie, nous expliquait récemment un membre de son entourage. Ces dernières années, il a décidé de ne plus mener la lutte depuis les coulisses et de construire une grande coalition du changement en Iran."

Reza Pahlavi multiplie les apparitions depuis son arrivée sur la scène publique en 2022, dans la foulée du mouvement "Femme, vie, liberté". Il court les médias européens (TF1 et Le Point en France le mois dernier) mais surtout américains, où il est un invité régulier de Fox News. Son discours vise à convaincre un téléspectateur en particulier : Donald Trump. Jusqu'ici, le président américain a refusé de le recevoir, déclarant tout de même en janvier : "Il semble très sympathique, mais je ne sais pas comment il se comporterait dans son propre pays. […] Je ne sais pas si son pays accepterait ou non son leadership. Si c’était le cas, je m’en réjouirais." Une autre inconnue, une autre bataille des récits à mener.

© REUTERS

Qui sera le successeur du guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe israélo-américaine ?
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