Atom RPG 2 : la suite du "Fallout soviétique" pour les puristes de l’isométrique




Décidément, les jeux de course ont la cote en ce début d’année 2026. Après l’excellent portage de GRID Legends: Deluxe Edition sur Nintendo Switch 2, il est temps de s’attarder sur un nouveau portage, cette fois destiné aux consoles de salon. Nous avons reçu JDM: Japanese Drift Master il y a quelques jours sur PS5 et, après une dizaine d’heures passées à enchaîner les dérapages, le résultat final s’avère globalement convaincant, même s’il manque encore d’un certain peaufinage.
Testé sur PS5 Pro grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur
Avant de s’attaquer directement à la trame scénaristique de JDM: Japanese Drift Master, il est important de rappeler que le titre est disponible depuis le 21 mai 2025 sur PC. Aux commandes, on retrouve Gaming Factory, un studio polonais notamment derrière le récent Ghost Keeper (toujours en accès anticipé). Cette version consoles arrivera quant à elle le 6 février 2026 sur PS5 et Xbox Series X|S, sans qu’aucune version Nintendo Switch 2 ne soit prévue pour le moment. Contrairement à de nombreux jeux du genre, il faut préciser que JDM: Japanese Drift Master est un jeu exclusivement solo : aucun mode multijoueur en ligne (classé, non classé, classements…) n’est proposé. Un mode split‑screen local est toutefois en développement et devrait arriver via une future mise à jour.
L’histoire suit l’ascension de Touma, passionné de mécanique qui débarque dans la préfecture fictive de Guntama, berceau du drift japonais. Polonais d’origine et pilote dans son pays natal, il se voit rapidement retirer son permis, ce qui le pousse à quitter son pays pour rejoindre le Japon. Très vite, il plonge dans une scène automobile vibrante, faite de routes de montagne sinueuses, d’autoroutes nocturnes et de pilotes locaux aussi talentueux qu’exigeants. Le joueur découvre la culture du tuning, les rivalités entre drifteurs et l’apprentissage progressif des techniques de glisse, le tout dans un Japon stylisé mêlant tradition, néons et adrénaline.

Pour raconter cette ascension, le jeu ne propose aucune cinématique, mais mise sur des planches de manga illustrant le parcours de Touma. L’aventure débute modestement, en tant que livreur de sushis, avant que le héros ne tisse progressivement des liens avec des figures influentes du milieu, jusqu’à devenir une véritable star du drift. Si le titre ne propose que des doublages anglais, une traduction française est bien présente… mais elle se révèle assez bancale. Certaines phrases sont longues, maladroites, voire difficiles à comprendre. On peut espérer que de futures mises à jour viendront corriger ces approximations.
JDM: Japanese Drift Master n’a cessé de s’améliorer depuis sa première mise à jour sur PC, et un premier DLC vient tout juste d’arriver sur cette même plateforme. Mais concrètement, que propose ce nouveau titre ? On retrouve un open-world situé au Japon, avec une carte vaste et plus de 250 km de routes, permettant de progresser à travers plusieurs arcs scénaristiques. Toutefois, la liberté n’est pas totale : inutile d’espérer une expérience façon The Crew: Motorfest ou Forza Horizon 5, car les rails de sécurité et diverses clôtures empêchent tout hors‑piste. L’accès à la carte se fait via le pavé tactile de la DualSense, et au fil de la progression dans la trame principale, de nouvelles missions secondaires se débloquent, offrant davantage d’argent pour acquérir des véhicules plus performants.

Comme son nom l’indique, le jeu repose sur une mécanique centrale : le drift. Si la maîtrise des dérapages n’est pas votre fort, l’expérience risque de vous frustrer, car la très grande majorité des épreuves reposent sur cette compétence. Le frein (L2) et le frein à main (X) seront vos meilleurs alliés pour réussir les virages les plus serrés. Le système de multiplicateur de points rend les épreuves particulièrement addictives : la moindre erreur – arrêt du drift ou tête‑à‑queue – annule le bonus et ajoute vos points sans multiplicateur. Lors du premier lancement, deux modes de conduite sont proposés : arcade ou simucarde. De notre côté, le mode arcade s’est révélé le plus plaisant et le plus adapté à l’expérience recherchée.
Depuis son lancement, le nombre de véhicules a nettement augmenté : on compte aujourd’hui plus d’une quarantaine de voitures, disponibles auprès d’un vendeur dédié. La personnalisation est également au rendez‑vous, aussi bien esthétique que technique, afin de trouver le bon équilibre entre vitesse et contrôle dans les nombreux virages du jeu. Parmi les marques représentées, on retrouve notamment Honda et Mazda, tandis que des marques fictives remplacent Toyota et Mitsubishi. Un point reste toutefois à améliorer : l’IA, encore instable, qui effectue parfois des manœuvres étranges entraînant des collisions imprévisibles. De plus, les sensations de vitesse sont peu mises en avant : même à plus de 200 km/h, difficile d’avoir l’impression de rouler vite, contrairement à d’autres jeux du genre.

En complément de la carte accessible via le pavé tactile, un smartphone intégré permet de suivre sa progression, les quêtes principales, les missions secondaires et les véhicules acquis. Comptez une dizaine d’heures pour terminer la trame principale, et plus de trente heures pour tout débloquer. Avec les mises à jour gratuites régulières, ce chiffre devrait continuer à grimper, d’autant que les quêtes secondaires bénéficient elles aussi de planches de manga pour leur mise en scène. Côté épreuves, on alterne entre objectifs de drift à atteindre et courses où il faut remplir généralement deux conditions : finir premier et obtenir le meilleur score. C’est d’ailleurs l’une de nos petites déceptions : les variantes restent limitées, et on retombe très souvent sur les mêmes règles.
Si le gameplay de JDM: Japanese Drift Master est une réussite, il est désormais temps d’aborder un point essentiel : la technique et la réalisation globale. Sur PS5, deux modes graphiques sont proposés : Qualité et Performance. Le premier offre un 30 fps stable avec des détails visuels plus poussés, tandis que le second privilégie un framerate à 60 images par seconde, que nous avons préféré. En contrepartie, plusieurs concessions sont immédiatement perceptibles : gestion des ombres moins aboutie, popping très présent et aliasing plus marqué. À noter également que le titre ne bénéficie d’aucune optimisation spécifique pour la PS5 Pro, même si la DualSense est pleinement exploitée grâce aux vibrations haptiques et aux gâchettes adaptatives.
Propulsée par l’Unreal Engine 5, cette production affiche un rendu parfois étrange, avec un aspect plastique qui donne aux environnements un manque de vie et de réalisme. Les nombreuses vues disponibles sont appréciables, notamment la vue cockpit, même si les intérieurs auraient mérité un soin supplémentaire : certaines textures restent perfectibles. En revanche, l’un des grands points forts du jeu réside dans sa bande-son et ses nombreuses radios proposant des musiques sous licence. La sélection est excellente : rock, électro, jazz… chacun y trouvera son compte. Le sound design des véhicules bénéficie lui aussi d’un vrai travail, renforçant l’immersion et la sensation de piloter.

Autre élément montrant que JDM: Japanese Drift Master nécessite encore quelques mises à jour : les collisions, toujours assez étranges. Il arrive qu’un simple contact envoie notre voiture dans le décor en une fraction de seconde. Nous avons même vécu des situations où, en tentant de nous appuyer sur un adversaire, notre véhicule devenait totalement incontrôlable, partant en tête‑à‑queue sans possibilité de rattrapage. Contrairement à la majorité des jeux du genre, aucun retour en arrière n’est disponible, et dans les courses dans lesquelles l’on mise nos précieux yens, l’option Recommencer est désactivée pour préserver l’immersion. Un choix malin, mais parfois frustrant.
JDM: Japanese Drift Master est un jeu conçu par des passionnés, et cela se ressent à chaque instant. Malgré un budget limité, le projet bénéficie d’un gameplay vraiment agréable, avec une maniabilité qui varie nettement selon le véhicule choisi. L’ambiance japonaise est globalement bien retranscrite, portée par des planches de manga qui servent de fil conducteur à la narration. En revanche, l’optimisation et les problèmes techniques restent présents, ce qui a parfois nui à notre expérience de jeu. On regrette également des épreuves qui se ressemblent un peu trop, manquant de variété sur la durée. Nul doute que les prochaines mises à jour viendront combler une partie des lacunes évoquées dans ce test, d’autant que le titre est tout de même proposé à un peu plus d’une trentaine d’euros à son lancement.
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Alors que la concurrence se compte aujourd’hui sur les doigts d’une main sur Nintendo Switch 2, les jeux de course aux graphismes réalistes (en excluant notamment Mario Kart World et Kirby Air Riders) arrivent petit à petit. Tandis que Gear.Club Unlimited 3 est attendu pour février 2026, Feral Interactive saisit l’occasion pour dégainer quelques semaines plus tôt un portage de GRID Legends, un épisode sympathique mais qui manquait quelque peu de contenu lors de sa sortie initiale. Mais qu’en est-il de cette version Deluxe en 2026 ? Réponse dans notre test complet.
Testé sur Nintendo Switch 2 grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur
Depuis sa sortie en 2022 sur consoles et PC, GRID Legends a connu de nombreuses évolutions. Entre la publication de multiples DLC et son adaptation sur smartphones (iOS et Android), le jeu développé par Codemasters s’est ouvert à de nouveaux supports. Déjà à l’origine du portage mobile, Feral Interactive est de nouveau à la manœuvre pour adapter le titre sur Nintendo Switch 2, et uniquement sur la dernière console du constructeur japonais. Bien que le jeu soit également disponible sur PS4 et Xbox One, les développeurs londoniens ont fait le choix de ne pas proposer cette version sur l’ancienne Switch.
Rappelons que Feral Interactive n’est pas un novice en la matière : sa spécialité est justement de porter des jeux sortis depuis plusieurs années vers de nouvelles plateformes. On leur doit notamment les portages de Hitman: Absolution et Hitman: Blood Money sur Nintendo Switch, ainsi que celui de GRID Autosport en 2019. Si les deux premiers titres ont été largement critiqués pour leur optimisation décevante, GRID Autosport reste l’un des meilleurs jeux de course disponibles sur Switch, même s’il s’agissait d’un portage PS3/Xbox 360.

Cette nouvelle adaptation de GRID Legends arrive donc à un prix compétitif de 29,99 €, incluant l’ensemble des contenus additionnels sortis à ce jour. Mais la question demeure : s’agit-il réellement d’une bonne affaire en 2026 ?
Au vu de la faible concurrence dans ce secteur, GRID Legends s’impose comme le précurseur d’un genre apprécié par de nombreux joueurs, mais encore trop peu représenté sur Nintendo Switch 2. On retrouve ici un jeu simu-arcade signé par des spécialistes du domaine : Codemasters. Le gameplay est à la fois plaisant, stimulant et très accessible, avec une large palette d’options de personnalisation. Si vous souhaitez éviter la gestion des dégâts ou profiter d’aides à la conduite, tout est prévu. Avec plus de 120 voitures et 156 circuits répartis sur 24 territoires (France, Russie, Japon…), les sensations varient réellement selon les combinaisons choisies. On ne s’ennuie jamais et le feeling est au rendez-vous, surtout avec 7 types de vues (cockpit, capot…) qui conviendront à tous les joueurs.

Ce portage a été réalisé dans de bonnes conditions, et Feral Interactive a tenu compte de la capacité de stockage limitée de la console. Disponible uniquement en version numérique, le jeu pèse 28,4 Go, un volume conséquent puisqu’il représente plus d’un septième de l’espace disponible par défaut. Mais le luxe visuel a un prix, et pour le coup, vous en aurez pour votre argent : le portage est une très grande réussite technique. Avec quatre modes graphiques en portable et deux en mode docké, chacun peut trouver le compromis idéal selon l’expérience recherchée.
En mode portable, le mode Graphismes propose un affichage stable à 30 fps, avec une meilleure résolution et davantage de détails. Le mode Économie d’énergie conserve les 30 fps mais réduit fortement la résolution (540p). De notre côté, nous avons privilégié le mode Équilibré, qui offre une résolution dynamique (entre 540p et 864p) pour un affichage à 40 fps. Enfin, le mode Performance est le seul à atteindre les 60 fps (aidé par le VRR), au prix d’une résolution oscillant entre 684p et 828p et de réglages graphiques réduits. En mode docké, le mode Performance maintient les 60 fps, tandis que le mode Graphismes tourne en 1080p / 30 fps, avec de très rares ralentissements.

Au-delà de l’aspect technique pur, le jeu est visuellement très réussi, riche en détails aussi bien sur les pistes que sur les nombreux véhicules. Mis à part un peu de popping parfois gênant, les effets visuels sont de qualité, et courir sous la pluie devient presque plus agréable que dans la réalité. Le titre prend également en charge plusieurs éléments importants : l’écran tactile pour naviguer dans les menus, la manette Pro, la manette GameCube, ainsi que les vibrations HD des Joy-Con 2. Là où ces vibrations se révèlent souvent grossières dans d’autres portages, elles sont ici finement calibrées, parfaitement synchronisées avec l’action à l’écran.
Vendu uniquement avec ses précédents contenus téléchargeables, GRID Legends se destine clairement aux joueurs en quête d’un jeu de course solo orienté simu-arcade. Entrons directement dans le vif du sujet : le titre est, à l’heure où nous écrivons ces lignes, dépourvu de mode en ligne, pourtant présent sur les autres supports. Tout n’est pas perdu : pour GRID Autosport, une mise à jour était arrivée six mois après le lancement pour combler cette absence. Reste à savoir si l’histoire se répétera. Dans les faits, il n’est donc possible de jouer qu’en solo, aucun mode local n’étant proposé. On devra se contenter des deux modes principaux de cet opus : Histoire et Carrière.

Lors de la sortie du jeu sur PS5, nous gardions le souvenir d’un titre plein de qualités mais finalement assez vide. Avec l’intégralité des DLC inclus, l’offre devient enfin plus consistante, et le mode Histoire qui ne comptait qu’une trentaine de courses à l’époque, s’étoffe grâce à de nouveaux arcs scénaristiques. La trame principale nous place dans la peau du pilote numéro 22, jeune talent approché par une écurie en perdition. L’objectif est simple : remonter la hiérarchie pour décrocher le titre de champion. Pour illustrer ces scénarios, le jeu propose des cinématiques doublées en français… parfois assez malaisantes. Entre clichés et jeu d’acteur approximatif, l’immersion en prend temps en temps un coup.
Les quatre autres histoires suivent la même logique, enchaînant les épreuves avec des objectifs généralement faciles à atteindre. Même en dépassant largement les attentes, ne vous attendez pas à des récompenses particulièrement gratifiantes. Là où GRID Legends tire réellement son épingle du jeu, c’est dans son mode Carrière, bien plus varié, tant dans les objectifs que dans les catégories de véhicules. Le fonctionnement reste classique, mais la possibilité de créer son écurie, d’attirer des sponsors et de monétiser ses performances pour débloquer de nouvelles voitures ou améliorer son staff technique apporte une vraie profondeur.

On retrouve également un mode Libre pour lancer rapidement une course, tandis que la seule fonctionnalité en ligne permet de participer à des épreuves renouvelées régulièrement. Fait étonnant : les scores sont partagés uniquement avec les joueurs iOS et Android. Avec du recul, cela s’explique par le fait que Feral Interactive était déjà derrière le portage mobile et en profite pour mutualiser les données. Néanmoins, il aurait été appréciable d’y inclure les joueurs consoles et PC.
Enfin, un mot sur l’ambiance sonore : si les thèmes musicaux deviennent rapidement lassants, le sound design, lui, est solide et contribue efficacement à l’immersion, que l’on soit sur circuit ou en pleine course urbaine.
GRID Legends: Deluxe Edition est un solide portage sur Nintendo Switch 2. Techniquement impressionnant pour le support, le titre adapté par Feral Interactive s’en sort très bien, aussi bien en mode portable qu’en mode docké. Si vous recherchez un jeu de course arcade agréable à prendre en main, son prix contenu – incluant l’ensemble des DLC sortis à ce jour – constitue un argument supplémentaire pour passer (ou repasser) à la caisse. On regrettera simplement l’absence d’un mode local, mais surtout la disparition pure et simple du véritable multijoueur en ligne : dommage.
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L’histoire de Dragon Quest VII est, à elle seule, une longue aventure. Initialement paru sur la première PlayStation en 2000 au Japon, le jeu a ensuite eu droit à un remake sur Nintendo 3DS en 2013, toujours au Japon, avant de connaître une sortie européenne en 2016. Nous voilà aujourd’hui dix ans après ce premier remake et vingt-six ans après sa parution originale, prêts à accueillir ce JRPG iconique dans une version reimagined proposée sur Xbox Series, Nintendo Switch 1 et 2, PC et PlayStation 5.
Test réalisé sur Xbox Series X grâce à une version numérique fournie par l’éditeur
Toujours édité par Square Enix, ce remake est développé en collaboration entre Square Enix et le studio japonais HEXADRIVE. Il s’inscrit dans la lignée des remakes récents de l’éditeur, à l’image de Dragon Quest I & II ou encore Dragon Quest III. Développé sous Unreal Engine, Dragon Quest VII Reimagined est présenté comme une refonte en profondeur de l’histoire, des graphismes et du gameplay. Et il y a matière, tant le titre était réputé à la fois pour la richesse exceptionnelle de son aventure que pour son démarrage particulièrement lent et sa durée intimidante.
Dès les premiers instants, les nouveautés se font ressentir. Takeshi Ichikawa, producteur de Dragon Quest VII, avait déclaré vouloir concevoir ce remake de manière à satisfaire à la fois les nouveaux venus et les joueurs ayant déjà parcouru l’aventure originale. Le jeu propose ainsi quatre niveaux de difficulté : détente, équilibré, parcours du combattant et personnalisé. Ce dernier permet d’ajuster librement l’expérience selon ses préférences. Autre différence notable, notamment par rapport à la version 3DS : la caméra adopte ici une vue du dessus, presque panoramique, là où l’opus portable proposait une caméra plus rapprochée du groupe. Ce choix offre une meilleure lisibilité de l’environnement, mais se fait parfois au détriment de l’immersion.

Ici, pas de création de personnage : le joueur incarne le héros iconique de Dragon Quest VII et n’a pour seule liberté que le choix de son nom. Pour la première fois dans cet opus, le jeu propose un doublage quasi intégral des personnages principaux, avec le choix entre voix anglaises et japonaises. Les deux options sont convaincantes, mais nous avons privilégié le doublage anglais pour des raisons de compréhension.
L’histoire de Dragon Quest VII Reimagined reprend le scénario originel du titre. L’aventure débute sur les côtes paisibles de l’île de Melyor, où des amis d’enfance sont convaincus que le monde s’étend bien au-delà de leur île natale. Animés par le désir d’aventure, ils rêvent de découvrir ce qui se cache au-delà de l’océan. Pourtant, rattrapés par la réalité et les échecs répétés des expéditions passées, les habitants ont depuis longtemps abandonné toute ambition de découverte. Cela ne suffit toutefois pas à décourager notre joyeuse troupe, qui met la main sur les fragments d’une ancienne tablette de pierre, vestige d’une carte mystérieuse. En réunissant les fragments disséminés sur l’île, les protagonistes accèdent à un temple énigmatique. Grâce à ladite carte, ils sont alors téléportés depuis le temple vers une île inconnue, en proie à de multiples dangers et infestée de monstres. En libérant cette île et ses habitants de ses menaces, ils découvrent de nouveaux fragments menant à d’autres terres inconnues, et ainsi de suite. Très vite, ils comprennent que ces voyages ne les transportent pas seulement dans l’espace, mais aussi dans le temps. Chaque île visitée correspond à une époque différente, parfois très éloignée de la leur. Cette structure narrative épisodique constitue le cœur même de l’expérience de Dragon Quest VII, fidèle à l’esprit du titre original, comme le suggérait déjà son sous-titre : La Quête des vestiges du monde.
Une fois sauvées, ces îles réapparaissent mystérieusement au large de Melyor, dans le présent. Les habitants découvrent alors avec stupeur qu’ils ne sont pas seuls au monde. Ces terres nouvellement émergées peuvent être revisitées et, pour beaucoup, ont profondément changé depuis le passage des héros. Ceux-ci y sont parfois vénérés comme des figures légendaires, intégrés au folklore local ou totalement tombés dans l’oubli. Le jeu incite ainsi le joueur à voyager d’île en île pour trouver de nouveaux fragments de tablette. Et lors des premières heures de l’aventure, c’est un peu le seul but de nos jeunes aventuriers : passer d’une île à une autre sans trop savoir pourquoi ni comment ils doivent le faire. Là où l’opus de 3DS était réputé pour être très long à véritablement rentrer dans le cœur de l’intrigue, l’annonce de Takeshi Ichikawa laissait potentiellement entrevoir une refonte profonde du début de l’aventure, ce qui n’est pas véritablement le cas sur les premières heures de jeu.
Fort heureusement, au fil de l’aventure, et après plusieurs heures de jeu, les enjeux deviennent plus clairs. Le présent se peuple progressivement de nouvelles îles à explorer, et, à travers les dialogues avec les PNJ et même certains monstres, le joueur commence à saisir les contours d’un récit plus vaste, évoquant des divinités, un roi-démon et un affrontement ancien ayant conduit à la fragmentation du monde. C’est à vous qu’il incombera de lui redonner sa forme originelle.

Si le postulat paraît simple, la narration se révèle en réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît, grâce à son découpage temporel et épisodique. Chaque île raconte une histoire unique, souvent mature, parfois tragique, indépendante des autres, donnant l’impression de participer à une aventure d’une ampleur colossale.
Et pour cause : le contenu proposé est particulièrement dense. Déjà avoisinant les 80 heures de jeu sur Nintendo 3DS, Dragon Quest VII Reimagined a été repensé pour répondre aux attentes des anciens comme des nouveaux joueurs. Certains arcs narratifs jugés trop déconnectés de l’intrigue principale ont été supprimés, tandis que de nouvelles histoires optionnelles ont été ajoutées afin d’approfondir certains personnages. Malgré ces ajustements bienvenus, l’histoire principale souffre encore de longueurs. L’intrigue met beaucoup de temps à se dévoiler, tout comme certaines mécaniques clés. Il nous a fallu une quinzaine d’heures pour débloquer les vocations, et près de vingt heures pour accéder aux doubles vocations. Le début de l’aventure se montre donc répétitif et peu engageant : on se contente d’enchaîner les îles et de combattre les ennemis rencontrés. Heureusement, l’intérêt grandit au fil du temps ; lorsque le récit s’étoffe, que de nouveaux personnages jouables rejoignent l’équipe et que l’on interagit avec les mêmes protagonistes à travers différentes époques. De nouveaux items vous inciteront à retourner dans le passé, puis dans le présent, et ainsi de suite. De véritables voyageurs temporels en somme. Malheureusement, le jeu ne récompense que très peu l’exploration et les retours dans le passé. Il n’y a souvent que très peu de choses à faire, si ce n’est chercher les quelques coffres qui traînent ici et là ou encore, les mini-médailles.
Les modifications de ce remake ne se limitent pas à la narration. Le gameplay a lui aussi été largement retravaillé pour gagner en confort et séduire un public plus large. Comme dans les récents remakes de la série, il est possible d’accélérer les animations de combat ou d’activer des stratégies automatiques qui gèrent les actions des personnages : priorité aux soins, pas de pitié, agir avec sagesse, etc. Autre ajout notable : lorsque le joueur affronte des ennemis largement en dessous de son niveau, les combats peuvent être remportés automatiquement. Un gain de temps appréciable, évitant des affrontements devenus inutiles.

Le design des personnages, initialement imaginé par Akira Toriyama, a été fidèlement transposé en 3D. PNJ, monstres, environnements et donjons bénéficient d’un style artisanal évoquant des dioramas. Cette direction artistique, très enfantine, a l’avantage d’être charmante et accessible, tout en atténuant la gravité de certaines situations. Un choix qui pourra diviser : s’il rend l’aventure plus accessible aux plus jeunes, il crée parfois un décalage entre la dureté des thèmes abordés et leur représentation visuelle, donnant lieu à des situations presque involontairement comiques. Le sound design a lui aussi été amélioré pour coller aux nouvelles animations lors des combats, mais aussi des cinématiques. La bande originale reprend sans surprise le thème de Dragon Quest si cher au cœur des fans et si agréable à écouter. Les différents thèmes manquent toutefois de diversité sonore et peuvent parfois être très répétitifs, en particulier lorsque l’on s’attarde plusieurs heures sur une même île.
L’aventure nous mène à travers de nombreuses îles et continents aux paysages variés : plaines verdoyantes, déserts arides, villes, villages et donjons aux inspirations diverses. Certaines régions empruntent des références culturelles marquées, avec des accents et expressions inspirés de langues européennes, souvent caricaturales mais amusantes. Chaque lieu possède sa propre identité, et l’on prend plaisir à y revenir à différentes époques pour observer l’impact de nos actions. Les donjons ont eux aussi été repensés par rapport à la version 3DS : plus lisibles, moins punitifs, ils profitent de la vue du dessus pour faciliter la navigation, là où la caméra rapprochée de la version portable pouvait parfois mener le joueur dans des guets-apens. Ici, il est désormais bien plus facile de se repérer et d’éviter les ennemis alentours. Encore une fois, cette nouveauté pourra diviser puisque le sentiment d’exploration est fortement dégradé.

Le système de combat reste fidèle aux standards du JRPG au tour par tour. Il faudra choisir son équipement avec soin en fonction des adversaires rencontrés. Au fil de l’aventure, de nouvelles armes et armures sont obtenues dans des coffres ou auprès des marchands. Les combats ont été enrichis de nouvelles animations et de designs de monstres inédits. La grande nouveauté réside dans le système de double vocation. Là où la version 3DS limitait chaque personnage à une seule vocation à la fois, il est désormais possible d’en combiner deux, en conservant les acquis de la première tout en développant une seconde. Les vocations sont à Dragon Quest VII ce que les classes sont au RPG traditionnels. Les vocations telles que prêtre, voleur, berger, guerrier et bien d’autres permettent de débloquer de nouvelles compétences et sorts à utiliser lors des combats. De nouvelles vocations font également leur apparition dans cet opus et les frénésies combatives permettent à nouveau de réaliser des attaques spéciales. Malgré la présence de nombreuses options de confort, comme l’augmentation de l’expérience gagnée, la réduction de la difficulté des ennemis ou les soins automatiques après les combats, l’aventure ne nous a pas semblé particulièrement exigeante en difficulté normale. Les K.O. restent rares. Pour apprécier pleinement l’expérience, nous déconseillons l’usage excessif de ces facilités, qui atténuent le sentiment de progression. À l’inverse, il est aussi possible de durcir l’expérience en augmentant la puissance des ennemis ou en réduisant celle des personnages. Square Enix a clairement souhaité offrir une aventure modulable, adaptée aux préférences de chacun, ce qui constitue un véritable atout au regard de la densité du jeu.


En revanche, certains aspects de la personnalisation font défaut. Changer d’armure n’affecte pas l’apparence des personnages, un choix cohérent avec les récents remakes de la licence, mais regrettable dans une aventure de cette ampleur. Contrairement à la version 3DS, où les tenues variaient selon les vocations, il faudra ici se tourner vers des contenus additionnels, souvent liés à des bonus de précommande, pour modifier l’apparence des héros. Sauver le monde vêtu de guenilles nuit quelque peu à la crédibilité de l’ensemble. Seules les armes et les boucliers visibles permettent de distinguer visuellement la progression.
Techniquement, la proposition de ce Dragon Quest VII Reimagined est solide puisque notre aventure s’est déroulée sans accros avec des images fluides et une qualité visuelle vraiment apprécibable. Toutefois, cela reste un JRPG à l’ancienne qui tente de se moderniser avec des améliorations graphiques et de gameplay déjà vue par le passé sur Nintendo 3DS. Là où d’autres remakes de Dragon Quest tels que le remake du I & II ou encore, du III proposaient une véritable rupture entre l’opus original et le remake, Dragon Quest VII Reimagined n’est pas véritablement une version améliorée de la version Nintendo 3DS mais plutôt, une proposition différente. Avec ses points positifs et négatifs. Il reste toutefois une très bonne porte d’entrée dans la licence pour ceux qui souhaiteraient découvrir la franchise.


Dragon Quest VII Reimagined propose une réinterprétation d’un monument du JRPG, fidèle à son héritage. Riche, dense et narrativement ambitieux, le jeu conserve cette structure épisodique unique qui fait toute sa singularité, tout en lissant de nombreuses aspérités grâce à des améliorations de confort bienvenues. Toutefois, son démarrage toujours très lent, la révélation tardive de mécaniques majeures et une exploration parfois peu gratifiante risquent encore d’éprouver la patience des joueurs les moins persévérants. La nouvelle direction artistique saura convaincre la majorité des joueurs tandis que la difficulté modulable permettra à chacun d’adapter l’expérience à son rythme. Plus qu’un simple remake, Dragon Quest VII Reimagined s’impose comme une interprétation alternative de l’opus original et en particulier de l’opus sorti sur 3DS : imparfaite, parfois frustrante, mais profondément généreuse. Une aventure exigeante par sa durée, mais gratifiante pour qui accepte de s’y investir pleinement. Dragon Quest VII Reimagined est la porte d’entrée idéale de la franchise pour ceux qui souhaitent la découvrir. Les joueurs ayant déjà eu l’occasion de jouer à Dragon Quest VII par le passé auront plaisir à redécouvrir cette aventure haute en couleur avec nostalgie. Bien que les améliorations apportées à ce remake soient en majorité bienvenues, elles ne changent pas en profondeur l’aventure.
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