↩ Accueil

Vue lecture

Six câbles sous-marins endommagés dans la mer Baltique ces derniers jours

Deep internet
Six câbles sous-marins endommagés dans la mer Baltique ces derniers jours

La mer Baltique a de nouveau été le théâtre de plusieurs alertes aux sabotages de câbles sous-marins fin 2025-début 2026. Les câbles concernés relient la Lituanie et la Lettonie, mais aussi l’Estonie à la Finlande, à la Suède et à son île Hiiumaa.

La police criminelle centrale de Finlande a annoncé mercredi 7 janvier avoir saisi le navire Fitburg qu’elle suspecte d’avoir endommagé un câble de télécommunications sous-marin dans la mer Baltique. Ce premier câble endommagé relie l’Estonie à la Finlande. La police finlandaise avait pris le contrôle du bateau le 31 décembre alors qu’il était sur sa route de Saint-Pétersbourg à Haïfa. L’enquête est ouverte pour « dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et interférence aggravée avec les télécommunications ».

« Les polices finlandaise et estonienne ont terminé leur travail à bord du navire, et la saisie peut donc être levée. Hier, dimanche 11 janvier, le tribunal de district d’Helsinki a placé en détention provisoire un membre d’équipage du navire Fitburg dans l’attente d’un nouveau procès. Certains membres d’équipage du navire restent soumis à une interdiction de voyager », a déclaré Risto Lohi, le responsable de l’enquête ce lundi 12 janvier dans un communiqué annonçant la levée de l’ordre de saisie du navire.

Au nord de la mer Baltique

Selon Euronews, le câble aurait été endommagé dans la zone économique exclusive de l’Estonie. Un deuxième câble reliant l’Estonie à la Finlande, exploité par la société suédoise Arelion, aurait été aussi sectionné le 31 décembre.

Mais la police lettone a aussi saisi et inspecté dimanche 4 décembre un autre navire dans le port de Liepāja, explique le Financial Times. Cette fois, les autorités suspectent le bateau d’avoir endommagé le 2 janvier le câble BCS East, un câble de 65 km qui relie Sventoji en Lituanie à Liepaja en Lettonie. Mais leurs investigations ne leur ont apporté aucun lien avec l’incident. L’Estonie a signalé des incidents sur deux autres câbles la reliant à la Suède et à son île de Hiiumaa.

Des suspicions sur la Russie mais aucune preuve formelle et peu d’intérêt stratégique

Ces divers incidents sur des câbles dans la mer Baltique relancent les suspicions de sabotage évoquées l’année dernière, alors que le même genre de problèmes avait été constaté dans la région.

Mais pour Andres Vosman, ancien directeur adjoint des services de renseignement extérieur estoniens, les raisons pour lesquelles ces câbles sont abîmés sont sans doute à trouver ailleurs. « Je suis convaincu que la plupart des incidents récents dans la mer Baltique sont en grande partie le résultat d’une conjonction de facteurs : un trafic maritime beaucoup plus intense vers la Russie, des navires en mauvais état avec un équipage peu compétent, davantage d’infrastructures sous-marines que par le passé et une attention accrue du public », expliquait-il au journal estonien Eesti Express (voir la traduction en anglais publiée par l’auteur de l’interview). Pour lui, « chaque incident de ce type suscite de nouveaux appels à des mesures restrictives concernant les flottes fantômes et autres, les missions de l’OTAN, les sanctions. D’un point de vue stratégique, Moscou n’a pas besoin de ce désordre ».

La saisine du Fitburg par les autorités finlandaises émet néanmoins un message de dissuasion envers Moscou. Car l’année 2025 a attiré l’attention sur d’autres signaux faibles : de multiples pays européens ont été survolés et plusieurs aéroports comme ceux d’Oslo, Bruxelles ou Munich ont préféré fermer suite à ce genre de signalements.

  •  

☕️ Cloudflare crie à la censure et menace de quitter l’Italie après une amende salée

Le régulateur italien des télécommunications AGCOM vient d’infliger une amende de 14,2 millions d’euros à Cloudflare à payer dans les 30 jours, une somme représentant 1 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise.

L’AGCOM reproche au géant états-unien de ne pas avoir mis en œuvre le blocage par son résolveur DNS 1.1.1.1 de sites pirates qu’elle lui avait demandé en février 2025 en s’appuyant sur la loi anti-piratage italienne votée en 2023.

Celle-ci permet d’imposer le blocage de noms de domaine et d’adresses IP liés au piratage dans un délai de 30 minutes, comme l’explique TorrentFreak. « Il avait été demandé à la société, en tant que fournisseur de services numérique impliqué dans l’accès à des contenus diffusés illégalement, de désactiver la résolution DNS des noms de domaine et le routage du trafic réseau vers les adresses IP signalées par les titulaires des droits via la plateforme Piracy Shield, ou, en tout état de cause, de prendre les mesures technologiques et organisationnelles nécessaires pour rendre les contenus diffusés illégalement inaccessibles aux utilisateurs finaux », explique l’AGCOM dans son communiqué de presse.

Comme l’explique le média Heise, Cloudflare s’est défendu en affirmant que la demande était « disproportionnée et déraisonnable », car cette demande l’obligeait à mettre un filtre sur les 200 milliards de requêtes que reçoit son DNS 1.1.1.1 par jour, ce qui entrainerait une latence importante de son service et son efficacité. L’entreprise a aussi pointé le risque de « surblocage », avec un ciblage trop large.

L’entreprise pourra mettre de nouveau en avant ces arguments devant la Cour d’appel administrative régionale du Lazio auprès de laquelle elle a déjà annoncé qu’elle ferait appel.

Le CEO de Cloudflare, Matthew Prince, a vertement réagi vendredi sur X dans un long message en estimant que cette amende était infligée à son entreprise pour « ne pas s’être conformée à [un] programme de censure d’Internet ».

Il y explique aussi que Cloudflare réfléchit à « 1) mettre fin aux services de cybersécurité pro bono d’une valeur de plusieurs millions de dollars qu’ [elle fournit] aux prochains Jeux olympiques de Milan-Cortina ; 2) mettre fin aux services de cybersécurité gratuits de Cloudflare pour tous les utilisateurs basés en Italie ; 3) retirer tous les serveurs des villes italiennes ; et 4) mettre fin à tous les projets de création d’un bureau Cloudflare en Italie ou d’investissements dans le pays ».

  •  

☕️ Le ministère des Armées signe un accord-cadre avec Mistral

Le ministère des Armées et des Anciens Combattants a annoncé [PDF] ce jeudi 8 janvier avoir signé un accord-cadre avec Mistral.

Cela doit permettre « à l’ensemble des armées, directions et services du ministère, ainsi qu’à des établissements publics dont le ministère a la tutelle, dont le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, l’Office national d’études et de recherches aérospatiales et le Service hydrographique et océanographique de la marine, d’accéder aux solutions d’intelligence artificielle avancées proposées par Mistral AI ».

C’est la récente Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD) qui pilotera cet accord-cadre. Celui-ci permet à toutes les entités du ministère d’accéder « aux modèles, logiciels et prestations d’IA de pointe développés par Mistral AI ».

logo de Mistral AI
Logo Mistral

Chargée de mettre en oeuvre la stratégie ministérielle pour l’IA de défense, l’AMIAD a inauguré en septembre dernier son supercalculateur classifié installé au Mont-Valérien à Suresnes, aux portes de Paris, dont la construction avait été confiée à Orange et HPE.

Contacté par Next, Mistral n’a pas souhaité en dire plus au sujet de cet accord-cadre.

De l’autre côté de l’Atlantique, fin décembre, le ministère de la Guerre (DoW, ex-ministère de la Défense renommé en septembre) de Donald Trump annonçait des accords avec Google Gemini et xAI afin d’alimenter sa nouvelle plateforme GenAI.mil.

  •  

NASA : un budget moins catastrophique que prévu mais Mars Sample Return est abandonné

Can you hear me, Major Tom?
NASA : un budget moins catastrophique que prévu mais Mars Sample Return est abandonné

Alors que l’administration de Donald Trump voulait diviser par deux le budget scientifique de la NASA, après négociation entre démocrates et républicains, le Congrès des États-Unis prévoit une baisse de 1 %. Toutefois le Sénat et la Chambre des représentants ont entériné la mort du projet Mars Sample Return que les États-Unis avaient déjà quasiment abandonné.

L’année 2026 devrait être moins problématique que prévu concernant le budget scientifique de la NASA. Alors que l’administration de Donald Trump proposait dès mars 2025 une baisse de 50 %, les élus républicains et démocrates du Congrès des États-Unis ont négocié qu’il baisse de 1 %, rendant à l’agence spatiale états-unienne les moyens dont elle a besoin pour effectuer ses recherches.

Une baisse de 2 % du budget total de la NASA au lieu des 25 % prévus par Trump

Comme l’explique ArsTechnica, le projet de budget total de la NASA avec notamment l’exploration spatiale (comprenant les missions vers la Lune voulues par Donald Trump) prévu par les élus pour 2026 devrait atteindre les 24,4 milliards de dollars. C’est 2 % de moins que les 24,9 milliards de dollars du budget de l’agence pour 2025, une baisse aussi beaucoup moins importante que celle voulue par Donald Trump qui avait prévu de l’amputer d’un quart. À titre de comparaison, le budget de l’ESA est de 22,1 milliards d’euros pour 2026, avec 3,787 milliards d’euros pour le programme scientifique.

« Franchement, c’est mieux que ce que j’aurais pu espérer. Il y a très peu de choses à redire à ce sujet », a déclaré Casey Dreier, responsable de la politique spatiale pour The Planetary Society à nos confrères, même s’il regrette la perte de temps et d’énergie qu’ont dû endurer ses équipes pour réfléchir à la manière de fonctionner avec les coupes drastiques prévues par Donald Trump.

Cette décision n’annulera cependant pas le plan de départs volontaires mis en place l’année dernière au sein de l’agence ni la fermeture de bâtiments et de services comme la principale bibliothèque.

Plus de budget pour Mars Sample Return

Le compromis sur le budget [PDF], explique par contre que « l’accord ne soutient pas le programme Mars Sample Return (MSR) existant ». C’est donc l’arrêt définitif du financement par les États-Unis du retour des échantillons géologiques de sol martien récoltés par le rover Perseverance. Le programme était déjà sur la sellette avant le retour de Trump au pouvoir. En avril 2024, la NASA lançait un appel pour trouver des solutions moins coûteuses.

En octobre dernier, des chercheurs de la NASA et de l’ESA publiaient quatre articles sur le sujet de la récupération de ces échantillons dans la revue scientifique Astrobiology. Une autre équipe de chercheurs proposait son regard sur la question dans la même revue en décembre dernier. Une des questions, explique l’ESA dans ce billet de blog est d’éviter la contamination des échantillons avec la chimie terrestre.

Mais le Congrès des États-Unis met donc une croix quasiment définitive sur le financement du projet de son côté de l’Atlantique. « Cependant, les capacités technologiques développées dans le cadre du programme MSR sont non seulement essentielles à la réussite des futures missions scientifiques, mais aussi à l’exploration humaine de la Lune et de Mars », explique quand même le document de compromis sur le budget.

« Par conséquent, l’accord prévoit une demande de 110 000 000 dollars pour le programme Mars Future Missions, y compris les efforts MSR existants, afin de soutenir les systèmes radar, spectroscopie, entrée, descente et atterrissage, ainsi que les technologies précurseurs translationnelles qui permettront de mener à bien les missions scientifiques de la prochaine décennie, y compris les missions lunaires et martiennes ».

« Mars Future Missions » n’était jusque là pas un nom de programme connu au sein de la NASA. L’argent prévu pour cette nouvelle mission pourrait permettre à la NASA d’appuyer sur le bouton reset, selon Jack Kiraly, directeur des relations gouvernementales à la Planetary Society cité par la revue Science.

ZefZERO, le plan B de l’ESA pour utiliser autrement l’Earth Return Orbiter

Vu les projets de coupes drastiques dans le budget de la NASA de Trump l’année dernière et les déboires passés du programme MSR, l’ESA a présenté en novembre dernier un plan B, nommé ZefZERO pour réutiliser sa contribution principale au projet, l’Earth Return Orbiter. Celui-ci devait récupérer les échantillons après s’être positionné en orbite martienne.

Dans cette nouvelle mission européenne, l’orbiteur devrait mesurer des vents martiens à différentes altitudes de la planète rouge, selon La Tribune. « Ces mesures directes de vents n’ont jamais été faites en dehors de la Terre à ce jour. Ce serait vraiment une première », expliquait Daniel Neuenschwander, le directeur de l’exploration humaine et robotique de l’ESA.

  •  

☕️ Les États-Unis se retirent de 66 organisations dont le GIEC et la Freedom Online Coalition

Par un mémorandum présidentiel signé par Donald Trump, les États-Unis se retirent d’une liste de 66 organisations, collaborations et traités internationaux dont le GIEC, la Freedom Online Coalition, le Global Counterterrorism Forum ou encore le Global Forum on Cyber Expertise.

Dans cette liste, 31 organisations appartiennent à l’ONU dont, par exemple, l’Université des Nations unies, le Centre du commerce international, l’International Energy Forum ou encore l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche.

Hors ONU, y figurent aussi la Commission for Environmental Cooperation, l’European Centre of Excellence for Countering Hybrid Threats, l’Intergovernmental Forum on Mining, Minerals, Metals, and Sustainable Development ou l’Intergovernmental Panel on Climate Change.

Le mémorandum précise que « j’ai déterminé qu’il était contraire aux intérêts des États-Unis de rester membre, de participer ou d’apporter un soutien » à ces organisations.

  •  

La FDA réduit sa surveillance des dispositifs de santé portables ou s’appuyant sur l’IA

Porte ouverte
La FDA réduit sa surveillance des dispositifs de santé portables ou s’appuyant sur l’IA

Le directeur de la FDA, Marty Makary, a annoncé au CES assouplir la régulation sur les appareils de santé numériques, notamment concernant les logiciels d’aide à la décision clinique (dont ceux utilisant l’IA générative) et les produits portables pour surveiller les problèmes de santé, tant que ceux-ci ne s’affichent pas comme des dispositifs médicaux.

« Une nouvelle ère pour la santé numérique », c’est le titre de la conférence qu’a donnée Marty Makary, le directeur de la FDA (Food and Drug Administration, l’agence états-unienne responsable de la régulation concernant les médicaments et les produits alimentaires), ce mardi à l’occasion du CES. Cette nouvelle ère ressemble fortement à celle de l’IA voulue par Donald Trump lors de son second mandat : celle d’un assouplissement de la régulation de ces industries. Ainsi Marty Makary a affirmé vouloir favoriser un environnement propice aux investisseurs et faire évoluer la réglementation de la FDA « à la vitesse de la Silicon Valley », comme l’explique le site d’informations médicales Statnews.

L’agence a publié, de fait, une nouvelle interprétation [PDF] des critères à prendre en compte pour savoir si un logiciel d’aide à la décision clinique rentre ou non dans son périmètre de régulation.

« Laissons le marché décider »

Sur Fox Business, Marty Makary a insisté sur les assouplissements concernant les appareils considérés comme « fournissant des informations non médicales ». « Nous voulons faire savoir aux entreprises, à l’aide de directives très claires, que si leur appareil ou leur logiciel se contente de fournir des informations, elles peuvent le faire sans être soumises à la réglementation de la FDA », affirme-t-il.

« S’ils ne prétendent pas être de qualité médicale, laissons le marché décider. Laissons les médecins choisir parmi un marché concurrentiel ceux qu’ils recommandent à leurs patients. Bon nombre de ces dispositifs médicaux basés sur l’IA et ces technologies logicielles s’améliorent avec le temps. Il n’est donc pas vraiment approprié pour nous, à la FDA, d’utiliser un ancien modèle consistant simplement à apposer un cachet sur quelque chose, dans un marché en pleine évolution », ajoute le responsable de l’agence de régulation.

Marty Makary ne détaille pas les appareils qui ne figureront plus dans la liste des produits que la FDA régulera. Selon Statnews, cette nouvelle doctrine indique que cela va concerner des appareils qui mesurent des paramètres physiologiques tels que la pression artérielle, la saturation en oxygène et la glycémie, et qui sont destinés uniquement à des fins de bien-être. Mais cela va aussi « ouvrir la voie à l’utilisation non réglementée de produits d’IA générative pour certaines tâches médicales, telles que la synthèse des conclusions d’un radiologue ».

Conseillé par des personnes impliquées dans le business du numérique en santé

Pourtant, si une régulation était en place depuis 2022, certains chercheurs appelaient en octobre dernier dans la revue scientifique médicale JAMA à faire exactement le contraire de ce qu’annonce Marty Makary. Ils expliquaient que les lois états-uniennes excluaient déjà trop les logiciels (dont les logiciels avec de l’IA) de la définition des « dispositifs médicaux » si leur fonction est d’apporter un soutien administratif, un soutien général au bien-être, certains types d’aide à la décision clinique ou certaines fonctions de gestion de dossiers médicaux.

Mais, sur le numérique dans la santé, la FDA a indiqué à Statnews que Marty Makary est notamment conseillé par Jared Seehafer, Shantanu Nundy et Richard Abramson. Tous les trois ont travaillé pour des entreprises spécialisées dans le numérique en santé (Enzyme pour le premier, Accolade Health pour le deuxième et annalise.ai maintenant nommée Harrison.ai pour le troisième).

Selon Statnews, une des principales critiques contre la régulation de 2022 concernait le fait que si un dispositif indiquait un résultat et une voie à suivre, il entrait alors dans le périmètre de surveillance de l’agence. Du point de vue de l’industrie, il suffisait alors de proposer plusieurs résultats, même non appropriés, pour passer outre. La nouvelle directive simplifie le problème en permettant à la FDA d’exercer un pouvoir discrétionnaire sur le classement d’un dispositif dans la catégorie des produits qu’elle n’a pas à contrôler.

Enfin, Marty Makary ne veut surtout pas mettre le nez dans les affaires des entreprises de l’IA grand public, même si leurs produits génèrent des contenus sur la santé : « Si quelque chose se contente de fournir des informations comme ChatGPT ou Google, nous ne pouvons pas rivaliser avec ce géant. Nous n’allons pas intervenir et dire : « il y a un résultat qui est inexact, nous devons donc fermer ce service » », affirme-t-il à Fox Business. Les AI Overviews de Google ont pourtant généré récemment plusieurs exemples de conseils de santé erronés.

  •  

L’UE va négocier avec les USA l’accès à des données sensibles pour l’exemption de visa

Frontières biométriques
L’UE va négocier avec les USA l’accès à des données sensibles pour l’exemption de visa

Alors que Donald Trump menace d’annexer le Groenland, la Commission européenne va négocier en 2026 avec les États-Unis l’accès à des données sensibles de citoyens européens comme l’origine ethnique, les opinions politiques, l’orientation sexuelle ou des données biométriques pour recourir à l’exemption de visa aux frontières étatsuniennes. Les ministres des Affaires européennes des pays européens ont donné leur feu vert aux négociations.

Mi-décembre, le Conseil des affaires générales (qui rassemble tous les ministres des Affaires européennes des États membres de l’UE) a autorisé « sans débat » la Commission européenne à entamer des négociations avec les États-Unis concernant un accord-cadre prévoyant le partage de données sensibles dans le cadre de leur programme « Visa Waiver ».

Celui-ci, mis en place en 1986, permet à des ressortissants de 42 pays (dont la France) de « voyager aux États-Unis pour affaires ou pour le tourisme pour des séjours d’une durée maximale de 90 jours sans visa ».

De nouvelles conditions introduites en 2022

Mais, sous Joe Biden en 2022, les États-Unis ont introduit une nouvelle condition pour qu’un pays puisse en bénéficier : la signature d’un « Partenariat renforcé pour la sécurité des frontières », PRSF (« Enhanced Border Security Partnership », EBSP) avec le département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Dans ce « partenariat », ce département exige, pour donner accès au programme « Visa Waiver » aux ressortissants d’un pays, d’avoir accès à des informations sur « les voyageurs qui se rendent aux États-Unis et sont susceptibles d’avoir un lien avec le pays partenaire du programme d’exemption de visa », mais aussi toute personne qui voudrait immigrer aux États-Unis ou avoir une protection humanitaire, et enfin « les personnes détectées par les services répressifs du ministère américain de la sécurité intérieure dans le cadre des contrôles frontaliers et de l’immigration aux États-Unis », explique la Commission européenne dans un document de recommandation publié en juillet 2025. Bref, les bases de données européennes pourraient être consultées lors d’une bonne partie des contrôles d’immigration.

Rappelons que, depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les services de l’immigration et des douanes états-uniens, l’ICE, ont massifié leur système de surveillance, scrutant les réseaux sociaux et mettant en place une reconnaissance biométrique sans échappatoire pour les contrôles d’identité dans les rues. Les services des douanes américains envisagent de conditionner l’entrée des candidats au programme « Visa Waiver » au partage, entre autres, de 5 ans d’historique de réseaux sociaux.

Un accès conditionné à des données à caractère personnel sur les opinions politiques, l’origine, les données biométriques et génétiques…

Toujours selon le document de la Commission, l’accord-cadre pourrait autoriser « le transfert de données à caractère personnel qui révèlent l’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l’appartenance syndicale, ainsi que le transfert de données génétiques, de données biométriques aux fins de l’identification d’une personne physique de manière unique, et de données relatives à la santé et à la vie sexuelle ou à l’orientation sexuelle d’une personne […] pour prévenir ou combattre les infractions pénales, dont le terrorisme, visées dans l’accord-cadre, et sous réserve de garanties appropriées parant aux risques propres au traitement des données ».

Le texte affirme que ce transfert devra se faire « lorsque cela est strictement nécessaire et proportionné ». L’administration Trump a montré, par exemple avec l’enlèvement récent de Nicolás Maduro ou ses menaces d’annexer le Groenland, qu’elle pouvait passer outre ce genre de considérations. Pourtant, les gouvernements européens ont donc tous, « sans débat », donné le feu vert à la Commission européenne pour négocier cet accord-cadre.

Selon un document de travail [PDF] de la présidence danoise du Conseil obtenu par le site Statewatch datant de quelques semaines avant l’autorisation donnée par le Conseil des affaires générales, l’accord-cadre doit couvrir « le contrôle et la vérification de l’identité des voyageurs nécessaires pour déterminer si leur entrée ou leur séjour présenterait un risque pour la sécurité publique ou l’ordre public ». Et les informations pourront être utilisées « pour lutter contre l’immigration irrégulière et pour prévenir, détecter et combattre les infractions graves et les infractions terroristes, à condition que ces efforts s’inscrivent dans le cadre de la gestion et du contrôle des frontières ».

Un cadre puis des négociations bilatérales pour le détail du type de données partagées

La Commission va donc négocier ce cadre et chaque pays devra ensuite engager des négociations en bilatéral avec Washington pour préciser quels types de données pourront être utilisés et quelles bases de données seront interrogeables. Mais selon un autre document obtenu par StateWatch [PDF], ces négociations doivent aller vite, puisque les États-Unis s’attendent à ce que ces « partenariats » soient mis en place au 31 décembre 2026.

Si le Conseil met en avant une unanimité des positions, une note diplomatique allemande datant du 1e décembre [PDF] obtenue par Euractiv indiquait qu’à ce moment-là « un État membre a posé une ligne rouge ». La diplomatie allemande indiquait ensuite « (probablement la France) ». Contacté dans la matinée par Next sur le sujet, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pour l’instant pas répondu à nos demandes de précisions sur le sujet.

En septembre, le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) a émis un avis sur le sujet [PDF], affirmant que cet accord-cadre « créerait un précédent important, car il s’agirait du premier accord conclu par l’UE impliquant un partage à grande échelle de données à caractère personnel, y compris de données biométriques, à des fins de contrôle des frontières et de l’immigration par un pays tiers ». Il estimait « nécessaire de procéder à une analyse approfondie de l’impact sur les droits fondamentaux de l’accord-cadre proposé et des partenariats renforcés avec les États-Unis en matière de sécurité aux frontières ».

Dans son document de préparation, la Commission européenne précise que le Danemark et l’Irlande ne sont pas concernés par le texte (le premier en référence à sa position sur le fonctionnement de l’Union européenne, le deuxième car il ne fait pas partie de l’espace Schengen).

  •  

☕️ La bibliothèque clandestine Anna’s Archive perd son .org

Le nom de domaine annas-archive.org a été suspendu. Cette bibliothèque clandestine est, en fait, un métamoteur de recherche pour fouiller aussi bien dans Sci-hub que dans Libgen ou Z-Lib à la recherche d’epubs piratés. Son équipe s’est récemment illustrée en revendiquant la récupération de 300 To de musique de Spotify.

Mais, comme l’a repéré TorrentFreak, le registre en charge du domaine annas-archive.org semble l’avoir placé en statut « ServerHold », ce qui le désactive dans le DNS.

Comme le soulignent nos confrères, la suspension de domaines en .org, géré par le registre d’intérêt public PIR, est plutôt rare, ce qui laisse supposer qu’elle a été prise dans le cadre d’une décision de justice. Mais le directeur marketing du registre affirme à nos confrères que « malheureusement, le PIR n’est pas en mesure de commenter la situation pour le moment ».

De son côté, l’équipe de la bibliothèque clandestine a constaté sur Reddit cette suspension de façon flegmatique en indiquant : « Nos autres domaines fonctionnent correctement, et nous en avons ajouté quelques-uns supplémentaires. Nous vous recommandons de consulter notre page Wikipédia pour connaître les derniers domaines ». Elle ajoute ne pas croire que ça puisse avoir un lien avec la récupération de millions de fichiers qu’elle a effectuée sur Spotify.

  •  

Polymarket : un gain de plus de 430 000 $ sur la chute de Maduro

Paris d'initiés
Polymarket : un gain de plus de 430 000 $ sur la chute de Maduro

En pariant sur la chute du chef d’État vénézuélien Nicolás Maduro juste avant son annonce, un internaute a gagné plus de 430 000 dollars sur Polymarket. Nouvelle lumière sur la plate-forme qui a permis de parier aussi bien sur la résistance du sous-marin touristique Titan en 2023 que plus récemment, sur des avancées militaires sur le front russo-ukrainien. Avec, pour les paris gagnants, leurs lots de soupçons de délits d’initiés ou même de manipulation de données.

Comme certains patrons du numérique très proches de Donald Trump, des utilisateurs de la plateforme de pari en ligne Polymarket ont misé sur la déstabilisation du Venezuela. L’un d’entre eux a opportunément créé un compte en décembre dernier et a commencé à parier sur le sujet « Maduro démis de ses fonctions avant le 31 janvier 2026 ? » le 31 décembre en augmentant sa mise de façon conséquente vendredi 2 janvier, juste avant l’enlèvement de Nicolás Maduro par l’armée états-unienne. Son gain ? 436 759,61 dollars après avoir misé 32 537,28 dollars en tout.

Un pic des paris sur la chute de Maduro juste avant son enlèvement

La plateforme permet de parier sur la réalisation ou non d’un événement jusqu’à une date donnée. Comme l’a repéré le Wall Street Journal, les paris en faveur du départ de Nicolás Maduro de ses fonctions avant le 31 janvier ont oscillé entre 5 % et 6 % pendant la majeure partie de la semaine dernière avant d’augmenter vendredi, atteignant 12,5 % dans la nuit peu de temps après que les États-Unis ont ordonné aux avions commerciaux de quitter l’espace aérien vénézuélien.

En tout, 56,6 millions de dollars ont été mis sur la table pour des paris sur le départ de Maduro dont 11 millions sur le fait que cela arrive avant le 31 janvier 2026 et 40 millions entre le 30 novembre 2025 et le 31 décembre 2025.

Le compte de l’utilisateur anonyme qui a remporté la plus grosse mise semble avoir été supprimé mais une sauvegarde de son profil existe sur archive.org. On peut y voir qu’il avait aussi parié de plus petites sommes sur l’invasion du Venezuela par les États-Unis et l’invocation par Donald Trump de la loi américaine sur les pouvoirs de guerre contre le Venezuela, de même avant le 31 janvier 2026 :

Aujourd’hui, sur la page d’accueil de Polymarket, on peut voir que l’actualité géopolitique est particulièrement visée par les parieurs même si le sport, et notamment le Super Bowl, est aussi présent :

Plusieurs paris gagnés sur la plateforme sont régulièrement mis en avant. Ainsi, la plateforme s’est fait remarquer vraiment pour la première fois en 2023, lorsque des utilisateurs ont parié sur la fin tragique des richissimes habitants du sous-marin touristique Titan. En novembre 2024, un utilisateur de la plateforme, se présentant comme français, a plus que doublé sa mise en remportant 155 millions de dollars sur l’élection de Donald Trump.

Mais ce cas particulier de pari sur Maduro pose plus que jamais des questions sur l’encouragement au délit d’initié et à la manipulation de l’information par ce genre de plate-forme où l’utilisateur peut faire des paris peu contrôlés sur tout et n’importe quoi.

Une manipulation des cartes en coïncidence avec un pari

Mi-novembre, ce n’est pas un délit d’initié qui a été repéré mais la manipulation de certaines données en sources ouvertes utilisées par Polymarket à propos du front opposant la Russie et l’Ukraine. En effet, certains utilisateurs parient froidement sur les différentes avancées militaires concernant l’invasion en cours de l’Ukraine par la Russie. On peut voir, par exemple, que certains internautes ont parié sur la possibilité que la Russie frappe la municipalité de Kyïv avant le 31 décembre ? Début décembre, le Kyiv Post dénonçait une « guerre transformée en casino mondial ».

Pour valider les gains sur ce sujet, Polymarket utilise notamment une carte éditée en direct par le think tank néoconservateur américain Institute for the Study of War. Celui-ci est censé mettre à jour sa carte avec une méthodologie qu’il décrit sur son site. Mais selon 404 Media, cette carte a été éditée pour afficher une fausse avancée russe sur la ville de Myrnohrad le 15 novembre, ce qui coïncide avec un pari fait sur la plateforme. La plateforme affiche plus d’1,3 million de dollars de paris concernant la prise par l’armée russe de cette ville.

Rappelons qu’en France, les jeux de hasard et d’argent sont strictement encadrés par le Code de la sécurité intérieure, même s’il a été récemment modifié par la loi 2010 - 476 du 12 mai 2010 relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne. En novembre 2024, l’Autorité nationale des jeux a examiné la plateforme et a conclu que son offre était illégale sur le territoire français.

Un système de prédiction pour le milieu financier ?

Mais Polymarket et Kalshi, son concurrent direct, ne se sont pas montées financièrement comme de simples plateformes de pari en vogue sur internet. Comme l’explique Bloomberg, elles prétendent pouvoir fournir des informations utiles aux sphères économiques. Polymarket et Kalshi vendent leur plateforme comme une nouvelle forme de sondages prédictifs basée sur l’argent misé par tout un chacun à propos de son quotidien.

De fait, si elles font la une des médias sur des paris politiques, géopolitiques ou de conquêtes militaires, une bonne partie des paris s’intéresse à d’autres sujets comme le résultat de matchs de football américains ou d’autres sujets de société.

C’est sur cette promesse en tout cas, que des entreprises de la finance comme CME, Intercontinental Exchange ou Cboe Global Markets ont investi des milliards de dollars dans ce secteur. Les valeurs des deux entreprises ont doublé pendant l’année 2025 en atteignant plus de 10 milliards de dollars.

« Il est dans leur intérêt de nous convaincre que cela va être extrêmement bénéfique pour la société », explique à Bloomberg l’économiste de la Dartmouth Business School Ken French, pour qui « [ces] marchés créent en grande partie des risques qui n’ont pas lieu d’être ».

  •  

Vague massive de deepfakes générés par Grok : la justice française étend son enquête

IA pas de consentement
Vague massive de deepfakes générés par Grok : la justice française étend son enquête

Grok a généré des deepfakes de femmes déshabillées sans leur consentement, parfois des mineures, à la demande massive d’utilisateurs de X qui ont créé une tendance sur ce réseau. La justice française ajoute cette pièce au désormais épais dossier contre les deux entreprises d’Elon Musk.

La semaine dernière, avant le réveillon de la Saint-Sylvestre, nombre d’utilisateurs du réseau social X ont profité de la publication par des utilisatrices de photos d’elles-mêmes dans des tenues de fête pour les déshabiller virtuellement sans leur consentement, à l’aide de Grok. Saisi par plusieurs députés français et par des membres du gouvernement, le parquet de Paris va élargir l’enquête qu’il a déjà ouverte à propos de X et de xAI.

L’humiliation des femmes par le montage d’images à caractère sexuel n’est pas nouvelle. Mais l’IA générative permet une massification du phénomène depuis 2023 alors que des chercheuses et chercheurs avaient repéré dès 2021 que les ensembles de données utilisés pour entraîner les LLM comme LAION-400M contenaient de la misogynie, de la pornographie et des stéréotypes malveillants.

Début 2024 marquait une nouvelle étape : des utilisateurs de X partageaient massivement des deepfakes pornographiques de Taylor Swift, et quelques mois plus tard des influenceuses moins connues étaient aussi attaquées sur Instagram.

Massification via X et Grok

En cette fin d’année 2025, c’est Grok qui refait parler de lui à ce sujet. En effet, des utilisateurs du réseau social X ont massivement utilisé l’IA générative d’Elon Musk pour déshabiller virtuellement des femmes. Souvent avec une simple demande sous le partage d’une photo d’une utilisatrice, Grok générait une version de cette photo mais en représentant la personne en bikini ou plus ou moins dénudée.

En mai dernier, nos confrères de 404 expliquaient que l’outil de xAI posait très peu de freins à une demande d’utilisateur de déshabiller des femmes en reprenant des photos déjà existantes pour les trafiquer en objet de désir des utilisateurs du réseau social X. Mais cette « tendance » dégradante a été tellement suivie en cette fin d’année 2025 que n’importe quel utilisateur pouvait voir ce genre d’images dans la colonne « pour vous » du réseau social, avec certaines images ciblant des jeunes filles mineures.

« Je me suis retrouvée plus ou moins dévêtue sur plusieurs photos totalement sans mon consentement », raconte Fafa, une streameuse de 28 ans à France Info. « Trois ou quatre personnes s’étaient amusées à utiliser l’IA de X en vue de me dévêtir » en faisant un deepfake à partir d’un selfie de réveillon qu’elle avait posté le 31 décembre. Elle envisage de porter plainte. La doctorante en études théâtrales Marie Coquille-Chambel a vécu le même genre de violences sur le réseau social d’Elon Musk et a ensuite subi un harcèlement massif après l’avoir signalé sur X.

Devant la justice française

Le 2 janvier, les députés Arthur Delaporte (PS) et Éric Bothorel (Renaissance) ont tous deux saisi le procureur de la République de Paris, dénonçant ces deepfakes à caractère sexuel qui « contreviennent de fait à l’article 226-8-1 du Code pénal et portent atteinte à la dignité des personnes représentées et dont les contenus ont été détournés », comme l’affirme le signalement du député du Parti socialiste.

Quelques heures plus tard, le parquet de Paris expliquait à Politico qu’il allait élargir l’enquête déjà ouverte en juillet à propos de X, au départ pour ingérence étrangère. Il l’avait déjà étendue une première fois pour prendre en compte les propos négationnistes générés en novembre dernier par Grok, toujours publiés sur X.

Le gouvernement français réagissait un peu plus tard dans un communiqué expliquant que plusieurs de ses membres avaient aussi effectué des signalements à la justice : « les ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé signalent au procureur de la République ainsi qu’à la plateforme Pharos, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, des contenus manifestement illicites générés par l’intelligence artificielle générative Grok et diffusés sur la plateforme X, afin d’obtenir leur retrait immédiat ».

Alors qu’Elon Musk n’avait réagi à cette « tendance » sur son réseau social qu’avec des « 🤣🤣 » à propos d’une image de lui-même en bikini générée par IA, son entreprise a communiqué via le compte de Grok en publiant un message affirmant avoir « identifié des lacunes dans [ses] mesures de sécurité » pour répondre à un signalement d’un deepfake sur une enfant. xAI affirmait « s’ [employer] à les corriger de toute urgence » et ajoutait que « le CSAM [child sexual abuse material, la pédopornographie] est illégal et interdit » en accompagnant son message d’un lien de signalement vers un site du FBI.

L’autorité malaisienne de la communication a elle aussi réagi, expliquant sur Facebook qu’elle avait « pris note avec une vive inquiétude des plaintes du public concernant l’utilisation abusive des outils d’intelligence artificielle (IA) sur la plateforme X, en particulier la manipulation numérique d’images de femmes et de mineurs afin de produire des contenus indécents, grossièrement offensants et autrement préjudiciables » et annonçait, elle aussi, lancer une enquête à ce sujet.

  •  
❌