Nvidia : Jensen Huang défend les éditeurs face à l’IA, complémentarité logicielle
Le patron de Nvidia, Jensen Huang, a jugé « illogique » l’idée selon laquelle l’IA rendrait obsolètes les éditeurs de logiciels et leurs outils. Selon Reuters, l’intervention a eu lieu à San Francisco lors d’une conférence IA organisée par Cisco, dans un contexte de correction marquée des valeurs logicielles après l’annonce du nouveau chatbot d’Anthropic la semaine dernière et l’élargissement des craintes à l’ouverture ce lundi.
Huang estime que l’IA ne supplantera pas l’écosystème logiciel existant, mais s’y adossera. Il réfute la thèse d’une « substitution » des stacks et des outils par des modèles génératifs, rappelant que les avancées récentes de l’IA reposent précisément sur la capacité des modèles à utiliser des outils déjà normalisés et documentés, plutôt qu’à réinventer l’infrastructure logicielle de base.
Un marché ébranlé par l’accélération perçue de l’IA
La correction des éditeurs et services data s’est intensifiée après la mise à jour des modèles d’Anthropic, le marché redoutant une désintermédiation de certains métiers et briques logicielles. Dans ce climat, la prise de parole du CEO de Nvidia cible une inquiétude devenue récurrente chez les investisseurs : l’IA tuerait la valeur des outils « traditionnels ».
Pour Huang, face au choix entre réutiliser des outils mûrs ou les réinventer, humains comme robots opteront pour la première option. Il y voit la raison pour laquelle les percées actuelles portent sur l’orchestration et l’usage d’outils plutôt que sur une table rase logicielle. Traduction business immédiate : la demande en logiciels, frameworks et plateformes d’intégration resterait structurelle, y compris dans un cycle d’adoption rapide de l’IA.
Une lecture industrielle plutôt qu’idéologique
Au-delà du message aux marchés, la position s’inscrit dans la trajectoire de Nvidia, dont l’offre IA combine matériel, piles logicielles et SDK maison. L’argument de la complémentarité évite l’écueil d’une opposition stérile entre modèles et logiciels, et renvoie à une réalité opérationnelle : les gains proviennent de l’intégration, des API et des workflows outillés, pas d’une élimination des couches existantes.
Si l’anxiété se porte sur des segments de services standardisables par les modèles, la valeur se déplace déjà vers l’outillage, la gouvernance des données, l’optimisation des coûts d’inférence et l’observabilité. La consolidation pourrait toucher des niches, mais l’ossature logicielle, elle, reste le lieu où l’IA se branche, se contrôle et se facture.
Source : ITHome
































