Syrie : avec l'échec du cessez-le-feu, qu'en est-il des prisonniers de l’EI ?

© ERIC PIERMONT / AFP

© JORGE GUERRERO/AFP

© ESTELLE RUIZ / Hans Lucas via AFP

© AMAURY CORNU / Hans Lucas via AFP
Donald Trump n'en finit pas de brandir la menace de droits de douane supplémentaires. Une première vague, annoncée en avril, avait ahuri les Européens, qui avaient fini par plier, considérant qu'il s'agissait du prix à payer pour maintenir le soutien des Etats-Unis à l'Ukraine. Voilà désormais que le président américain recommence. Cette fois, le motif invoqué n'est plus un "rééquilibre de la relation commerciale" entre Washington et ses partenaires. Il s'agit bel et bien de sanctionner huit pays européens pour leur refus de céder le Groenland aux Etats-Unis.
Mais contrairement à ce que maintient Donald Trump, cette mesure pourrait se révéler très défavorable pour les Américains. A en croire une nouvelle étude, ce sont eux qui payent en effet la quasi-totalité du coût de ces surtaxes. Publiée ce lundi 19 janvier par le très réputé Institut de Kiel pour l'économie mondiale, elle démontre que les droits de douane entraînent en réalité une diminution des volumes exportés vers les Etats-Unis et un report vers d'autres marchés. Avec pour conséquence de cette contraction de l'offre une hausse des prix pour les consommateurs américains.
Selon le Wall Street Journal, les recherches allemandes font écho aux récents rapports du Budget Lab de Yale et des économistes de la Harvard Business School, qui ont constaté que seule une petite partie des tarifs douaniers était supportée par les producteurs étrangers. En analysant 4 000 milliards de dollars d'exportations entre janvier 2024 et novembre 2025, les chercheurs de l'Institut de Kiel ont conclu que les exportateurs étrangers n'avaient absorbé qu'environ 4 % du surcoût lié à l'augmentation des droits de douane de l'année passée en baissant leurs prix, tandis que les consommateurs et importateurs américains en avaient absorbé 96 %.
En cause : les surtaxes ont eu un effet significatif sur les volumes commerciaux. Confrontés à des droits de douane américains plus élevés, les exportateurs indiens ont par exemple maintenu leurs prix mais ont réduit le volume de leurs expéditions vers les États-Unis de 18 % à 24 % par rapport à l'Union européenne, au Canada et à l'Australie. Plutôt que d'agir comme une taxe sur les producteurs hors Etats-Unis, les droits de douane ont fonctionné comme une taxe à la consommation sur les Américains, avance l'étude de l'Institut de Kiel.
"Les 200 milliards de dollars de recettes supplémentaires provenant des droits de douane américains l'année dernière ont été payés presque exclusivement par les Américains. Cela risque d'alimenter une inflation plus élevée aux États-Unis à long terme", souligne auprès du WSJ Julian Hinz, professeur d'économie à l'université Bielefeld et coauteur de l'étude.
Mais cette dernière ne nie pas pour autant les effets néfastes pour l'économie européenne. Elle démontre simplement que toutes les parties seraient perdantes, et que les Américains le seraient encore plus. Quant aux pays de la zone euro, les analystes anticipent une baisse de 0,2 à 0,5 % de leur production économique en cas d'entrée en vigueur des nouveaux droits de douane annoncés en janvier.
Cependant, l'étude note également que la répartition du coût des droits de douane américains pourrait évoluer au fil du temps. Les exportateurs étrangers pourraient absorber une plus grande partie de la facture à mesure que les entreprises américaines trouvent de nouvelles sources concurrentielles de produits, fait savoir Julian Hinz.
Reste que pour que ces droits de douane soient mis en place, la Cour suprême doit encore se prononcer sur leur conformité à la Constitution. Car Donald Trump entend recourir en janvier, comme il l'avait fait en avril dernier, à une loi de 1977, qui autorise le président à contourner le Congrès pour prendre ce type de mesures, en cas d'urgence pour la sécurité américaine. Rien ne dit aujourd'hui que la Cour suprême rendra un avis favorable.
Mais l'administration américaine, elle, a déjà donné le ton. Dans le New York Times lundi, le représentant américain au commerce Jamieson Geer a déclaré qu'en cas de rejet, l'administration remplacerait "dès le lendemain" ces droits de douane par d'autres taxes, en recourant à d'autres lois. Le secrétaire au Trésor n'a d'ailleurs pas hésité à sortir les grands moyens pour convaincre les juges de la Cour. "L'urgence nationale est d'éviter une urgence nationale", a déclaré Scott Bessent. "Le président emploie la force économique des États-Unis pour éviter une guerre ouverte (sur le Groenland, NDLR)".
© REUTERS



© 11th Airborne Division

© cnsphoto / REUTERS

© YOAN VALAT / via REUTERS
© Gleb Garanich/REUTERS
© KYODO / via REUTERS

© BRENDAN SMIALOWSKI/AFP

© Julia Demaree Nikhinson/AP