Iran : "Aucun tabou" sur la désignation des gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, assure Maud Bregeon

© PHOTO / ATTA KENARE / AFP

© Bastien Ohier / Hans Lucas

© PHOTO MANDEL NGAN/AFP

© CHUNG SUNG-JUN/AFP
Le quotidien El Pais y voit une "décision courageuse", "à une époque où il est devenu normal de traiter les étrangers de criminels" : le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a présenté mardi 27 janvier un projet de décret visant à accélérer la régularisation de près d'un demi-million de sans-papiers afin de faciliter leur intégration, une démarche à contre-courant de nombreuses politiques migratoires en Europe. Selon les estimations du gouvernement socialiste, quelque 500 000 personnes, principalement originaires d'Amérique latine, devraient bénéficier de cette mesure qui vise à intégrer les travailleurs immigrés.
La ministre des Migrations, Elma Saiz, a déclaré lors d'une conférence de presse que les personnes en situation irrégulière vivant en Espagne depuis au moins cinq mois à fin 2025 et n'ayant pas de casier judiciaire seraient éligibles au permis de séjour accéléré. Les demandes d'asile déposées avant la fin de l'année dernière seront également concernées.
Le titre de séjour sera valable un an - ou cinq ans dans le cas des enfants - et renouvelable. Les bénéficiaires pourront devenir des citoyens après dix ans, ou plus rapidement s'ils sont originaires de pays d'Amérique latine ou réfugiés. "Ce que nous faisons, c’est reconnaître et donner de la dignité, et offrir des garanties, des opportunités et des droits aux personnes qui se trouvent déjà dans notre pays", a déclaré Elma Saiz à la presse.
La croissance économique de l'Espagne a largement dépassé celle de la plupart des pays européens au cours des deux dernières années, en partie grâce à l'ouverture à l'immigration qui a dynamisé des secteurs clés tels que l'hôtellerie et les soins, et a renforcé l'État-providence.
"Nous renforçons un modèle migratoire fondé sur les droits de l'homme et l'intégration, compatible avec la croissance économique et la cohésion sociale", a aussi affirmé la ministre des Migrations, notant que les économistes de la région ont attribué la baisse du chômage et la forte croissance de l'Espagne en partie à son ouverture aux étrangers.
Des recherches menées par le groupe de réflexion Funcas suggèrent qu'environ 840 000 personnes, soit un tiers de tous les migrants non européens en Espagne, étaient sans papiers au début de l'année dernière. Ce chiffre s'élevait à environ 100 000 il y a huit ans.
La proposition de régularisation des sans-papiers, qui découle d'une initiative populaire signée par 700 000 personnes et soutenue par 900 groupes de défense des droits et par l'Église catholique, a été déposée il y a plus d'un an. Celle-ci est restée bloquée au Parlement, où l'exécutif est minoritaire et où les différends de l'ensemble de l'échiquier politique ont de ce fait paralysé la capacité du gouvernement à approuver des textes législatifs. Dans sa forme actuelle, le "décret royal" présenté par l'exécutif peut être promulgué par le cabinet dans un délai de quelques semaines sans passer par un vote des députés.
Autrefois favorable à la régularisation, le chef de l'opposition conservatrice, Alberto Nuñez Feijoo, a promis de renverser les politiques migratoires du gouvernement si son parti remporte les prochaines élections, qui auront lieu au plus tard l'année prochaine. "Dans l'Espagne socialiste, l'illégalité est récompensée", a-t-il notamment fustigé après les annonces de mardi. Allant plus loin encore, le leader du parti d'extrême droite Vox, Santiago Abascal, a accusé "Sanchez le tyran" d'"haïr le peuple espagnol" : "Il veut le remplacer", s'est-il offusqué.
© REUTERS

© REMKO DE WAAL/AFP

© PHOTO JOËL SAGET/AFP

© SAJJAD HUSSAIN/AFP
© KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »

© FREDERIC J. BROWN/AFP
"Il ne faut pas avoir des armes, arriver avec une arme, il ne faut pas faire ça". La réaction de Donald Trump ce mardi 27 janvier à la mort d'Alex Pretti, tué par la police de l'immigration (ICE) trois jours plus tôt à Minneapolis, ne risque pas d’apaiser les remous au sein de son propre camp. Car depuis le drame dans le Minnesota, le président américain fait face à une opposition pour le moins inattendue : celle des groupes pro-armes, largement acquis au parti républicain. Leurs réactions se sont enchaînées en cascade ces derniers jours : Gun Owners of America (GOA), National Rifle Association (NRA), Minnesota Gun Owners Caucus... Tous ont appelé au respect du Second Amendement sur le droit au port d'armes et fustigé la rhétorique de l'administration Trump qui revient à dire, en clair : "Il l'avait bien cherché".
Alex Pretti, infirmier de 37 ans, portait un pistolet sur lui samedi lorsqu’il a été tué. Dans la foulée, la garde rapprochée de Donald Trump s'est servie de cela pour défendre l'action des agents fédéraux. Sur les plateaux de Fox News, la ministre de l'Intérieur Kristi Noem a été l'une des premières à réagir : "Vous ne devriez pas vous pointer avec des armes" à une manifestation, a-t-elle soutenu, accusant même Alex Pretti de "terrorisme". Est ensuite venu le tour du chef du FBI, Kash Patel, qui a estimé sur la même chaîne qu’"aucune personne souhaitant agir de manière pacifique n’arrive à une manifestation avec une arme chargée et deux chargeurs remplis".
Sans tarder, le chef de la patrouille frontalière, Gregory Bovino, a quant à lui redit son attachement au deuxième amendement, mais à certaines conditions : "Ces droits ne comptent pas lorsque vous participez à des émeutes, agressez, retardez, entravez et gênez les agents des forces de l'ordre et, surtout, lorsque vous avez l'intention de le faire à l'avance". Et pour couronner le tout, un procureur fédéral de Californie, Bill Essayli, s'est fendu d'un tweet inflammatoire : "Si vous approchez des membres des forces de l’ordre avec une arme, ils auront des raisons légales de vous abattre", a-t-il écrit.
Ces remises en cause du droit au port d'armes - pourtant cher à Donald Trump - n'ont pas tardé à faire réagir les divers lobbies et associations du secteur. "La première chose que les politiciens veulent faire, c’est accuser l’arme à feu", a ainsi déclaré Taylor Rhodes, porte-parole de la National Association for Gun Rights. La NRA, le puissant lobby américain pro-armes, a de son côté fustigé les propos "faux et dangereux" du procureur Essayli et appelé à ne pas "diaboliser des citoyens respectueux des lois". Le GOA a également exhorté le gouvernement à ne "pas bafouer" le droit au port d'armes. Quant au Minnesota Gun Owners Caucus, il a qualifié la déclaration du chef du FBI de "totalement incorrecte au regard du droit du Minnesota".
Pour comprendre l'émoi causé par les déclarations de l'administration, il faut revenir quelques années en arrière. En plein mouvement Black Lives Matter, la mouvance Maga encensait des individus comme Mark et Patricia McCloskey, qui avaient à l'époque pointé leurs pistolets sur des manifestants pour les dissuader de défiler devant chez eux. L'entourage de Donald Trump les avait alors présentés comme des héros ayant usé de leurs armes comme moyen légitime d'intimidation. "C'est à ça que servent les armes, et je le referais sans hésiter si la foule m'approchait", avait déclaré Mark McCloskey après avoir plaidé coupable en 2021. Lundi, ce même homme a exprimé sa profonde indignation face aux informations qu'il recevait de Washington. "Kash Patel, censé défendre la Constitution, déclare désormais que porter légalement une arme et des munitions lors d'une manifestation est un crime capital", s'est-il offusqué.
Pendant des décennies, le droit de porter des armes a été considéré comme un acquis par les conservateurs. Il faut dire que ce n'est la principale préoccupation que d'une minorité d'électeurs, généralement entre 3 et 5 % d'entre eux selon les sondages. Toute remise en cause de ce droit a d'ailleurs toujours été perçue comme une hérésie, un motif de disqualification. Les prises de position de Donald Trump, élu avec le soutien massif de la NRA et autres, signalent donc un changement de ton. La répression menée par l'ICE l'emporterait-elle sur la Constitution ? Les élections de mi-mandat pourraient être un bon moyen d'évaluer le prix à payer pour avoir instillé le doute dans l'esprit des pro-armes.
© REUTERS


Bruno Guillon était aux commandes d'une nouvelle édition de Chacun son tour sur France 2 ce mardi 27 janvier 2026. L'animateur a fait face à un coup dur…