« Les Russes essaient de nous faire craquer mais ça n’arrivera pas » : à Kiev, la résistance des Ukrainiens plongés dans le froid et le noir par les bombardements

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Le Mondial du tatouage ouvre ses portes ce vendredi, pour trois jours à la Grande Halle de la Villette à Paris. Tin-Tin, tatoueur parisien et organisateur de ce grand salon emblématique qui rassemble cette année plus de 550 artistes internationaux, dresse un bilan mitigé du marché du tatouage en France.

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Les relations entre les Etats-Unis et le Canada sentaient déjà la poudre. Il n'a fallu que quelques réunions entre l'administration Trump et des séparatistes albertains pour lancer une polémique nationale. Selon un article du Financial Times, publié jeudi 29 janvier, des membres de l'Alberta Prosperity Project (APP), un groupe d'extrême droite qui milite pour l'indépendance de l'Alberta, une province canadienne frontalière avec les États-Unis, ont rencontré des responsables du département d'État américain à trois reprises depuis avril dernier.
Alors que l'APP souhaite une nouvelle réunion le mois prochain, notamment avec des responsables du Trésor américain pour demander une facilité de crédit de 500 milliards de dollars dans l'optique d'un potentiel référendum sur l'indépendance de la province, la nouvelle a provoqué une réelle secousse politique au sein du Canada. "Aller dans un pays étranger et demander de l'aide pour briser le Canada, il y a un mot à l'ancienne pour cela, et ce mot est trahison", a fustigé ce jeudi David Eby, le Premier ministre de la Colombie-Britannique, une province frontalière avec l'Alberta, lors du Conseil de la fédération entre les Premiers ministres canadiens. Sans reprendre les mots d'Eby, la Première ministre de l'Alberta Danielle Smith, opposée à l'indépendance, a souhaité que les Américains "laissent les discussions sur le processus démocratique de l'Alberta aux Albertains et aux Canadiens".
"Je m’attends à ce que l’administration américaine respecte la souveraineté du Canada en tout temps, sans exception, a réagi de son côté le Premier ministre canadien Mark Carney, nommé en mars dernier, en remplacement de Justin Trudeau. Quand j’ai des conversations avec le président des États-Unis, je suis très clair là-dessus." Si le chef du gouvernement canadien conserve un discours bien plus policé que son homonyme de Colombie-Britannique, difficile de balayer le sujet de ces réunions d'un coup de main.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump n'a cessé de faire du Canada son souffre-douleur, menaçant à plusieurs reprises d'augmenter les droits de douane imposés au pays. Ce vendredi, le président américain a récidivé, faisant peser une augmentation de 50 % des droits de douane sur les avions fabriqués au Canada, après que celui-ci a retardé la certification d'avions américains Gulfstream. La semaine dernière, le Premier ministre canadien avait exhorté les nations à accepter la fin de l'ordre mondial fondé sur des règles que Washington avait autrefois défendues.
L'ombre de Donald Trump sur l'Alberta ravive des souvenirs très récents au Canada. Ces dernières années, le milliardaire a répété à maintes reprises son souhait de voir le pays du nord de l'Amérique devenir le 51e État des États-Unis. Ce qui passait pour les lubies d'un enfant capricieux jusque-là est devenu bien plus palpable. Car les velléités expansionnistes de Donald Trump se sont concrétisées avec la tentative de bras de fer du président américain avec le Danemark au sujet du Groenland, dans la foulée de l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro.
D'autant que l'Alberta est assise sur un trésor pétrolier. La province du sud concentre 97 % des réserves prouvées du pays selon le cahier d'information sur l'énergie 2024-2025, et produit plus de 90 % du pétrole national. Rien d'étonnant si le secrétaire au Trésor Scott Bessent a qualifié de "partenaire naturel des Etats-Unis" l'Alberta la semaine dernière.
Pour le moment, la Maison-Blanche nie toute proposition d'aide, financière ou matérielle à l'APP. "Le département rencontre régulièrement des acteurs de la société civile. Comme c'est typique dans les réunions de routine comme celles-ci, aucun engagement n'a été pris", a répondu l'un des porte-parole du département d'État au Financial Times. Mais les soutiens de Donald Trump gardent un œil sur l'Alberta alors que l'APP tente de recueillir 177 000 signatures pour présenter une pétition d'indépendance, celle-ci étant souhaitée par trois résidents de l'Alberta et du Québec sur dix.
De leur côté, les dirigeants du Parti québécois ont calmé les tensions politiques en assurant ne pas vouloir d'aide de Washington pour organiser un référendum, alors que le parti indépendantiste et son chef Paul St-Pierre Plamondon sont en tête des sondages, à quelques mois des élections provinciales. "Le seul fait pour des citoyens, ou un mouvement, de rencontrer des élus américains, non, ça ne constitue pas de l’influence étrangère", a tout de même plaidé le leader québécois, refusant le terme de "trahison".
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