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Etats-Unis : le traitement inédit d’une plainte visant Tulsi Gabbard, directrice du renseignement, interroge

Une plainte enfermée dans un coffre-fort, le congrès écarté, et à en croire le Wall Street Journal, un "mystère digne d’un roman de John le Carré"… Voilà l’affaire qui fait frémir les couloirs du renseignement national américain. Selon les informations du quotidien, une plainte a été déposée en mai dernier auprès de l’inspecteur général des services de renseignement à l’encontre de la directrice de l’agence, Tulsi Gabbard.

La sulfureuse militaire devenue femme politique n’en est pas à sa première controverse depuis qu’elle a rejoint l’entourage Trump. Adorée des médias russes, un animateur populaire la surnommait "notre copine" en 2022. Désormais, la mission d’enquêter sur les résultats de l’élection présidentielle américaine de 2020 a été rajoutée à son portefeuille. Et la directrice a déjà un avis très tranché : la victoire a été volée. "Le président Trump et toute son équipe sont déterminés à faire en sorte qu’une élection américaine ne soit plus jamais truquée. Tulsi Gabbard joue un rôle de premier plan dans cet effort crucial", avait déclaré l’attachée de presse du président des Etats-Unis, Karoline Leavitt.

Une plainte "sans fondement"...

Quant à la plainte qui la vise, elle en a été informée par un courrier de l’avocat du lanceur d’alerte, envoyé quelques mois plus tard, en novembre.

La lettre, consultée par le Wall Street Journal, reproche au bureau de la femme politique "d’avoir entravé la diffusion de la plainte auprès des législateurs en ne fournissant pas les consignes de sécurité nécessaires à cet effet". Une accusation que Tulsi Gabbard n’a pas cherché à démentir. Bien au contraire, son porte-parole a confirmé avoir rejeté la plainte, considérée comme étant "sans fondement et motivée par des raisons politiques".

Si le bureau de la dirigeante a transmis aux deux chambres américaines une copie de la lettre dès novembre, afin de prendre connaissance de l’affaire, aucune n’a pu consulter la plainte en tant que tel. De quoi irriter les élus démocrates qui, ces dernières semaines, se sont attelés à dénicher davantage d’informations… En vain. Car l’inspecteur général aurait pris des mesures drastiques pour protéger le secret : verrouiller le document dans un coffre-fort. "Certaines plaintes concernent des documents extrêmement sensibles qui nécessitent des conditions particulières de traitement et de stockage. C’est le cas ici", s’est justifié un représentant auprès du WSJ.

… Jamais transmise

Et il ne serait pas ici question d’un retard de courrier. Andrew Bakaj, l’avocat du lanceur d’alerte, n’a lui même pas eu l’opportunité de lire la plainte, jugée trop confidentielle. "D’après mon expérience, il est déconcertant que [le bureau de Gabbard] mette des semaines, voire huit mois, pour transmettre une divulgation au Congrès", a-t-il déclaré dans les colonnes du Wall Street Journal.

Une chose est certaine : que les chambres restent dans l’ombre si longtemps est une première. Selon les experts contactés par le quotidien américain, "l’inspecteur général est généralement tenu d’évaluer la crédibilité de la plainte dans les deux semaines suivant sa réception et, s’il la juge crédible, de la transmettre aux législateurs dans un délai d’une semaine supplémentaire." Il est également possible pour un employé de transmettre directement sa plainte aux commissions du renseignement parlementaire, "à condition que le directeur du renseignement national lui fournisse des instructions sur la manière de la transmettre en toute sécurité". Un processus qui n’est pas régi par des délais précis mais qui "prend généralement quelques semaines".

Une fonction très politique

Quelques jours après son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump, qui avait déjà été visé par un lanceur d’alerte, a licencié une série d’inspecteurs généraux au sein du gouvernement. Une tentative de "purger" les organismes de contrôle indépendants afin de dissimuler des actes répréhensibles, selon le parti Démocrate.

En octobre 2025, le Sénat, majoritairement Républicains, a voté la nomination d’un nouvel inspecteur général de la communauté du renseignement, Christopher Fox. L’homme d’Etat avait été l’assistant de Tulsi Gabbard.

© Eric Lee - Pool via CNP/picture alliance / Consolidated News Photos/Newscom/MaxPPP

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Epstein : jusqu'où ira le scandale ?

Le ministère américain de la Justice a publié vendredi dernier une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein. Trois millions de pages accablantes, qui s’ajoutent au dossier et éclaboussent au passage de nombreuses personnalités politiques à travers le monde.

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Washington annonce avoir abattu un drone iranien ayant approché un porte-avions "de manière agressive"

Alors que l'administration de Donald Trump tergiverse sur la réponse à apporter au dossier iranien, un avion furtif américain a abattu ce mardi 3 février dans la mer d'Arabie un drone iranien ayant approché "de manière agressive" un porte-avions américain à propulsion nucléaire, a annoncé un haut responsable militaire. "Un chasseur F-35 a abattu un drone iranien en état de légitime défense, afin de protéger le porte-avion et son personnel", a précisé le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du commandement central de l'armée américaine, ajoutant qu'aucun blessé ni dégât n'avait été signalé.

Les discussions prévues entre l’émissaire spécial américain Steve Witkoff et des responsables iraniens demeurent maintenues, a tout de même assuré Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, peu après l’incident. Steve Witkoff "doit avoir des discussions avec les Iraniens plus tard dans la semaine. Elles restent programmées pour l’instant mais le président Donald Trump a évidemment plusieurs options sur la table et utiliser la force militaire en fait partie", a-t-elle commenté sur la chaîne Fox News. Une perspective qui suscite des inquiétudes parmi certains Etats du Golfe persique, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ayant déclaré la semaine dernière qu'ils n'autoriseraient pas les Etats-Unis à utiliser leur espace aérien et leur territoire pour attaquer l'Iran, et ce pour se protéger d'éventuelles représailles iraniennes en cas de frappe américaine.

L'administration Trump, elle, exerce pour l'instant une pression considérable et croissante sur l'Iran par un renforcement militaire massif dans la région. Pour autant, des frappes aériennes contre l'Iran ne sont pas imminentes, selon des responsables américains interrogés par le Wall Street Journal (WSJ). Le Pentagone préfère actuellement déployer des systèmes de défense aérienne supplémentaires afin de mieux protéger Israël, ses alliés arabes et les forces américaines en cas de représailles iraniennes et de conflit potentiellement prolongé, rapporte le quotidien américain.

© FAZRY ISMAIL / PISCINE/EPA/MaxPPP

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« La guerre a brisé nos foyers, nos maisons, notre horizon » : les Kurdes de Turquie, entre espoir et inquiétude

REPORTAGE - Les yeux rivés sur la Syrie, les habitants de la « capitale » turque des Kurdes assistent avec prudence et crainte au crépuscule du Rojava. Ils craignent que leur communauté ne soit à nouveau sacrifiée sur l’autel des intérêts géopolitiques.

© Bilal Seckin/Middle East Images/StringersHub/Sipa USA via Reuters Connect / by Bilal Seckin/Middle East Imag

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La tech au chevet de Donald Trump : 429 millions de dollars de dons avant les élections de mi-mandat

Donald Trump et son entourage ont engrangé un montant inédit de 429 millions de dollars de dons l'an dernier, grâce notamment à l’appui de milliardaires de la tech et d’entreprises cherchant à influencer les orientations politiques, révèle le Financial Times. Cette manne financière constitue un atout majeur pour le président américain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre prochain, alors que celui-ci n'est plus en capacité de financer directement sa propre campagne.

Selon le quotidien économique britannique, un comité d’action politique contrôlé par des alliés de Donald Trump, Maga Inc, dispose à lui seul de 304 millions de dollars — davantage que n’importe quelle structure de ce type. Cette somme dépasse de plusieurs dizaines de millions de dollars les fonds disponibles pour l'ensemble des groupes liés au Parti démocrate. Une telle collecte, exceptionnelle, illustre en creux l’emprise persistante de Trump sur le Parti républicain, bien que certains électeurs modérés se soient éloignés de lui en raison de sa politique migratoire répressive et de ses interventions à l'étranger.

De nombreux donateurs

Cette dynamique révèle aussi l’enthousiasme de grands donateurs, prêts à soutenir une administration favorable aux secteurs des cryptomonnaies et de l’intelligence artificielle (IA), hostile à une réglementation jugée excessive, et disposée à mettre un terme à certaines enquêtes visant des alliés politiques. Si Trump n’a pas encore précisé comment il comptait utiliser ces ressources, ses soutiens ont déjà financé des actions, via des fonds distincts, contre le député républicain Thomas Massie, critique de la Maison-Blanche sur les questions budgétaires et la publication des dossiers Epstein. Cette manne pourrait également servir à soutenir des candidats fidèles lors de scrutins clés au Sénat et à la Chambre des représentants, ou encore à maintenir l’influence politique de Trump après son départ de la Maison-Blanche.

Ces derniers mois, Maga Inc a attiré d’importantes contributions issues des milieux de la crypto, de l’IA, ainsi que d’investisseurs et d’entreprises ayant des intérêts économiques liés au pouvoir exécutif. Crypto.com, une plateforme d’échange de cryptomonnaies, s’est distinguée avec un don de 30 millions de dollars, peu après la clôture d’une enquête de la SEC (NDLR : l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers) ouverte sous l’administration Biden. L’entreprise a par ailleurs conclu des accords avec des sociétés de cryptomonnaies affiliées à la famille Trump.

Soutenir le programme America First

Parmi les autres donateurs figurent Greg Brockman, dirigeant d’OpenAI, et son épouse, qui ont versé ensemble 25 millions de dollars. Brockman soutient activement des initiatives visant à freiner les réglementations locales sur l’IA et justifie son engagement par la volonté de promouvoir l’innovation technologique américaine. Enfin, l'investisseur Jeff Yass, donateur politique de longue date, a versé un total de 16 millions de dollars à Maga Inc en 2025. Sa société de trading, Susquehanna, détient une participation de plusieurs milliards de dollars dans ByteDance, propriétaire chinois de TikTok, que l’administration Trump a aidé à éviter une interdiction aux États-Unis dans le cadre d’un accord favorable aux actionnaires existants.

Interrogée par le Financial Times sur l'utilisation de ces fonds, la Maison-Blanche a renvoyé les questions vers Maga Inc. "Grâce au leadership du président Trump, Maga Inc disposera des ressources nécessaires pour aider les candidats qui soutiennent le programme America First du président Trump : sécuriser la frontière, garantir la sécurité dans nos rues, dynamiser notre économie et rendre la vie plus abordable pour tous les Américains", a répondu le comité.

© REUTERS

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«Aujourd’hui le nombre de bâtiments est insuffisant» : face au risque de guerre, les marines occidentales veulent se réarmer

DÉCRYPTAGE - Lors de la conférence navale organisée par l’institut français des relations internationales (Ifri), les chefs d’état-major des marines française, britannique, néerlandaise, italienne, et le chef des opérations navales américaines se sont inquiétés de la menace représentée par les sous-marins russes.

© THIBAUD MORITZ / AFP

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Investiture de Donald Trump

Il a promis d'agir "à une vitesse et avec une force sans précédent" pour mettre fin au "déclin" de l'Amérique: Donald Trump va être investi ce lundi 20 janvier 2025 président des États-Unis, pour la seconde fois. À midi précis, heure de Washington (18 heures, heure de Paris), le 47e président de la première puissance mondiale débutera son second mandat, succédant au démocrate Joe Biden. Il deviendra aussi, à 78 ans, le chef d'État américain le plus âgé jamais investi, après un premier passage à la Maison Blanche entre 2017 et 2021. Une main posée sur une bible héritée de sa mère, il jurera de "protéger la Constitution" sous la coupole du Capitole, là même où le 6 janvier 2021, ses partisans avaient tenté d'empêcher le Congrès de certifier la victoire du président démocrate sortant. La cérémonie se déroule habituellement à l'extérieur, mais le protocole a été chamboulé pour cause de vague de froid. Ni les poursuites pénales - dont une lui a valu une condamnation historique - ni la violence inouïe de sa rhétorique de campagne n'ont rebuté les électeurs. Donald Trump l'a emporté nettement le 5 novembre 2024 face à la vice-présidente démocrate Kamala Harris. Le républicain a promis un déferlement de décrets dès ce lundi 20 janvier 2025, notamment pour endiguer ce qu'il qualifie d'"invasion" de migrants sans papiers. Il a aussi promis de "sauver Tiktok" en suspendant l'application de la loi qui interdit la plateforme aux plus de 170 millions d'utilisateurs, laquelle a été rétablie avant même son investiture. Le milliardaire républicain, qui vient de lancer une cryptomonnaie susceptible de faire flamber sa fortune personnelle, veut en outre s'attaquer à la "folie transgenre" et aux programmes scolaires de sensibilisation au racisme. Il devrait annoncer des grâces pour les assaillants du Capitole condamnés à la suite du 6 janvier 2021, lever des mesures de protection de l'environnement afin de doper la production de pétrole, augmenter les droits de douane. À plus long terme, il veut mettre fin au conflit en Ukraine, se "venger" de ses adversaires politiques, "redresser" la presse et réduire massivement la dépense publique - il sera conseillé en cela par l'entrepreneur multimilliardaire Elon Musk, figure incontournable du nouveau pouvoir.

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"Il fallait transformer Donald Trump en bon père de famille": les intentions cachées derrière le documentaire "Melania"

A l'affiche d'un documentaire, Melania Trump incarne un outil central dans la communication politique trumpiste. Dans le podcast Le titre à la Une, BFM reçoit Romuald Sciora, chercheur associé à l'IRIS et directeur de l'observatoire politique et géostratégique des États-Unis, pour décrypter les intentions du documentaire d'Amazon Prime.

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