Guerre en Ukraine : la Russie fragilisée par la coupure des antennes Starlink
C'est une décision qui risque de couter cher à la Russie. Depuis quelques mois, son armée utilise, le réseau internet satellite de Starlink, dont Elon Musk est propriétaire. Le but : doter ses drones de cette technologie afin de conduire des frappes plus précises et moins détectables par les brouilleurs ukrainiens.
Une pratique documentée depuis fin décembre par l'Institute for the Study of War - traduisez : Institut pour l’étude de la guerre -. Selon ce think tank américain, l'utilisation de Starlink, pourtant interdite dans le contexte d’attaques militaire, augmenterait la portée des drones à 500 km. Aussi, un tel rayon permettrait aux engins moscovites de survoler "la majeure partie de l’Ukraine, toute la Moldavie et certaines régions de la Pologne, de la Roumanie et de la Lituanie".
Les communications coupées
Selon une information du média Kyiv Independent, la Russie aurait également recours à des terminaux de la même société pour communiquer sur le champ de bataille. Et ce, depuis bien plus longtemps.
A la demande de l'Ukraine, Elon Musk a annoncé prendre des mesures pour y remédier. Parole tenue. Le 4 février, sur Telegram, le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov, a annoncé la désactivation de ces terminaux internet. Trois commandants ukrainiens ont aussi affirmé aux journalistes du Kyiv Independent avoir intercepté des messages des forces russes "se plaignant de la défaillance des terminaux Starlink en grand nombre". "Ils ont été complètement coupés. Cela signifiera potentiellement que leur activité baissera pendant qu'ils trouveront d'autres moyens de communication", se réjouit un commandant de drone.
"Une catastrophe"
Car la fin de Starlink n'est pas seulement un "problème" mais bien une "catastrophe" pour Moscou, a jugé un conseiller Mykhailo Fedorov. Cette tournure d'évènement, les troupes adverses en ont parfaitement conscience. Sur son canal Telegram, Alexandre Kots, journaliste russe au Komsomolskaïa Pravda, a retranscrit les paroles de l'un de ses compatriotes et officier : Starlink était "le talon d'Achille des forces du Kremlin".
La cause des ces inquiétudes ? La Russie ne dispose d'aucune technologie comparable à Starlink et devra faire preuve d'imagination pour palier son absence. En réfléchissant aux solutions envisageables, le blogueur militaire russe, Roman Alekhine, n'en n'a vu qu'une : le déploiement de câbles à fibre optique sur le terrain. Problème, une telle opération serait non seulement bien plus "complexe" et coûteuse" à mettre en place. "C'est très préoccupant, surtout compte tenu des besoins de communication sur le terrain", ajoute Roman Alekhine sur un canal Telegram dédié à ces antennes.
Et il n'est pas le seul à s'en inquiéter. Un autre blogueur, caché derrière le nébuleux pseudo "Informateur militaire" craint que la fin de Starlink rime avec un retour en arrière de "quelques années" des troupes du Kremlin. Comprenez ici l'utilisation de technologies obsolètes, dont l'Internet filaire, le Wi-Fi et les communication radio.
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