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© HENRIQUE CAMPOS / Hans Lucas via AFP
Les médias officiels iraniens ont confirmé ce dimanche 1er mars que l'ayatollah Ali Khamenei avait été tué dans les frappes menées par Israël et les Etats-Unis, tandis que l'armée israélienne a déclaré dans la nuit de samedi à dimanche qu'elle avait lancé de nouvelles frappes contre l'Iran.
Israël et les Etats-Unis ont lancé samedi une campagne de frappes aériennes présentée comme "préventive" contre l'Iran, précisant que celle-ci devrait durer "plusieurs jours", alors que les médias officiels iraniens ont fait état de nombreuses explosions à Téhéran et dans d'autres villes du pays.
08h05
Retrouvez l'analyse de David Rigoulet-Roze, spécialiste de l'Iran, dans notre entretien en cliquant ici.
07h59
Abdolrahim Mousavi, nommé chef d’état-major des forces armées iraniennes en juin 2025, a été tué lors des frappes américaines et israéliennes, selon la télévision d’État iranienne.
07h55
Le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué dans les frappes israélo-américaines, ont déclaré dimanche les médias officiels iraniens. Ali Khamenei a été tué aux premières heures de samedi, alors qu'il se trouvait dans son bureau, ont indiqué les médias.
Le président américain Donald Trump avait annoncé samedi soir vers 23 heures la mort de l'ayatollah.
"Khamenei, one of the most evil people in History, is dead. This is not only Justice for the people of Iran, but for all Great Americans, and those people from many Countries throughout the World, that have been killed or mutilated by Khamenei..." - President Donald J. Trump pic.twitter.com/oXZTFGg5pS
— The White House (@WhiteHouse) February 28, 2026
07h45
Les Etats-Unis frapperont l'Iran avec "une force sans précédent" si Téhéran décidait d'user de représailles après les frappes israélo-américaines menées samedi, a déclaré le président américain Donald Trump. "L'Iran vient de dire qu'ils frapperont très fort aujourd'hui, plus fort qu'ils ne l'ont jamais été", a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.
"Ils feraient mieux de ne pas faire ça cela dit, car s'ils le font, nous les frapperont avec une force sans précédent", a-t-il ajouté.
© REUTERS

© ATTA KENARE/AFP

© Jonathan Ernst / REUTERS
Noël, le temps des cadeaux, des retrouvailles, de la chaleur au coin du feu et… des réprimandes. L'hiver dernier, en rentrant dans leurs pays respectifs pour les fêtes, les élus et les hauts fonctionnaires européens de Bruxelles ont reçu un accueil pour le moins chahuté. "Partout, sauf peut-être en Pologne, ils s'en sont pris plein la tête à propos de la soumission d'Ursula von der Leyen à Donald Trump lors du deal écossais de Turnberry, raconte un observateur bien placé. Début janvier, nombreux sont revenus à Bruxelles en défendant une ligne dure européenne sur la politique internationale, que ce soit face aux Etats-Unis ou à la Russie."
Au fil du mois, les menaces de Donald Trump sur le Groenland, puis le tumultueux forum de Davos ont achevé de convaincre les derniers ingénus, persuadés que les relations volcaniques entre les deux côtés de l'Atlantique ne relevaient que du malentendu. "Même les Néerlandais sont devenus partisans de la manière forte", raconte, ébahie, une source à Bruxelles. L'Europe des herbivores et des colombes aurait donc fait son temps.
A leur place, les faucons européens ont pris le pouvoir. Leur profil ? Ils ne considèrent plus les Etats-Unis comme un allié, soutiennent une augmentation massive des dépenses militaires nationales et approuvent l'action de l'Union européenne. Dans une étude passionnante, publiée mi-février et basée sur des sondages réalisés en novembre dernier dans 14 pays, le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) dresse le portrait de ce nouvel animal géopolitique, en plein essor un an après le retour de Donald Trump au pouvoir.
"Sous la force des événements, des pays qui ont longtemps été dans le camp atlantiste ou des colombes, comme l'Allemagne, se convertissent rapidement à cette posture stratégique de faucon, relève Célia Belin, coauteure du rapport de l'ECFR et spécialiste des relations transatlantiques. C'est un groupe de pensée qui pour l'instant ne dépasse pas 28 % à l'échelle européenne, mais qui est très présent dans l'establishment, c'est-à-dire les partis de gouvernement du centre gauche au centre droit." Ce profil de faucons représente ainsi 44 % des électeurs du parti Renaissance en France, 48 % de la Coalition civique au pouvoir en Pologne et une majorité de la CDU (centre droit, 51 %) et du SPD (centre gauche, 55 %) en Allemagne. Plus étonnant, ils sont fortement présents dans l'électorat de Giorgia Meloni (32 %), ce qui pourrait influencer le comportement international de la dirigeante italienne.

Il ne faut toutefois pas confondre le faucon géopolitique européen avec son homologue américain. Longtemps incarnés par Dick Cheney, le vice-président de George W. Bush qui a précipité la Maison-Blanche dans le chaos irakien, ou plus récemment par John Bolton, ancien conseiller de Donald Trump et partisan d'une large intervention militaire en Iran, les faucons américains militent pour que les Etats-Unis soient le gendarme du monde, dans leur propre intérêt. "L'Euro-faucon n'est pas interventionniste, mais il est prêt à défendre le territoire européen et à répondre à la Russie, poursuit Célia Belin. C'est aussi l'idée, comme on l'a vu avec le Groenland, de ne pas avoir peur de l'escalade, là où les Euro-colombes peuvent craindre les conséquences de certaines décisions. L'exemple le plus frappant est la livraison d'armes à l'Ukraine : sous la pression des colombes, les Européens ont mis des années à s'autoriser à livrer certaines catégories d'armes plus offensives à Kiev."
Ce nouvel état d'esprit, symbolisé par l'envoi de troupes européennes au Groenland en janvier, signifie-t-il pour autant que l'Europe est devenue carnivore ? Constanze Stelzenmüller, directrice du Centre sur les Etats-Unis et l'Europe à la Brookings Institution, se montre sceptique sur la pérennité de ce changement. "La crise diplomatique autour du Groenland a certes constitué un choc mais, de facto, les Européens semblent continuer de partir dans toutes les directions dans leur relation avec les Américains", estime l'experte allemande depuis Washington. Mi-février, les applaudissements à Munich, après le discours plus apaisé du secrétaire d'Etat Marco Rubio, ont montré que les colombes européennes n'avaient pas (encore) perdu toutes leurs illusions.
Il n'empêche, les chiffres sont là. "Pour une majorité d'Européens, les Américains ne sont plus un allié, mais un partenaire nécessaire, au même rang que la Turquie ou la Chine, appuie Pawel Zerka, politologue polonais à l'ECFR. La population européenne n'est pas aveugle et voit bien que les Etats-Unis de Donald Trump ne s'expriment plus nécessairement en alliés de notre continent." Un état d'esprit qui aura, aussi, des conséquences dans les urnes.

Cette semaine, Mette Frederiksen a surpris tout le Danemark en annonçant des élections anticipées le 24 mars, en un temps record. En décembre, son parti sociodémocrate stagnait autour de 16 % dans les sondages : après l'épisode du Groenland et les menaces de Donald Trump, sa cote est remontée à 22 %, ce qui pourrait sauver son poste. "Mette Frederiksen est devenue l'un des principaux visages des faucons européens, note Célia Belin. Pendant longtemps, Emmanuel Macron a été l'inspiration des faucons et il reste leader sur ces sujets, mais sa faiblesse politique en interne l'oblige à se contenter d'être main dans la main avec les Allemands, les Polonais et les Danois."
D'après l'étude de l'ECFR, 44 % des électeurs danois entrent à présent dans la catégorie des faucons. Pari payant pour leur cheffe de file ? Réponse le 24 mars.
© via REUTERS