L’administration Trump aurait-elle utilisé l’IA pour créer la formule des nouvelles taxes ?
Alors que les nouvelles taxes imposées par l’administration Trump continuent de provoquer des remous dans l’économie mondiale, allant jusqu’à provoquer une réaction alarmée de la directrice du Fonds Monétaire International, certains spécialistes se sont posé une question bien particulière : d’où viennent les calculs de taxes, et comment le président américain en est venu à ces résultats ?

Car le moins qu’on puisse dire, c’est que certains éléments de la liste paraissent pour le moins étranges : entre chiffres totalement aberrants (le Vietnam n’a jamais imposé des taxes de 90 % aux produits américains...), découpage des territoires étrange (pourquoi la Réunion ou encore la Polynésie française sont séparés de la France ?) ou îles n’ayant jamais eu autre chose qu’une base américaine (Diego Garcia) ou des pingouins (Heard Island), les bizarreries ne manquent pas !
Si dans un premier temps Gordon Chapman avait émis l’hypothèse que la liste des pays ait été établie selon celle des domaines « top-level » d’internet (les fameux .fr, .com, .uk, etc...), il est revenu sur cette affirmation, la liste correspondant trait pour trait à celle-ci, provenant d’une administration officielle. Cependant, la provenance des calculs des fameuses taxes pourrait être bien plus étrange.
Comme l’a remarqué The Verge, l’économiste James Surowiecki s’est penché sur la formule utilisée par l’administration Trump, et elle s’avère d’une simplicité désarmante, en plus d’être totalement aberrante. Vous prenez le déficit commercial des USA avec un pays donné, et vous le divisez par la somme de ses exportations vers les USA. Divisez le chiffre, et voilà : vous avez obtenu votre taxe !
Si le chiffre obtenu est en-dessous de 10 %, pas de panique : vous appliquez une taxe minimum de 10 %. Tout bêtement.
Just figured out where these fake tariff rates come from. They didn't actually calculate tariff rates + non-tariff barriers, as they say they did. Instead, for every country, they just took our trade deficit with that country and divided it by the country's exports to us.
— James Surowiecki (@JamesSurowiecki) April 2, 2025
So we… https://t.co/PBjF8xmcuv
L’administration Trump a bien entendu démenti cette affirmation, en publiant sa propre formule. Cependant, Politico a pu confirmer que celle-ci n’est qu’un habillage inutile sur la formule de base indiquée par l’économiste, pour tenter de noyer le poisson.
Mais qui pourrait bien être à l’origine de cette formule ? Il se pourrait bien que « il » ne soit pas le bon terme, mais plutôt « quoi ». En effet, de nombreux internautes ont pu constater qu’en posant la question « Trouve une solution simple pour calculer les taxes que les USA devraient imposer aux autres pays pour équilibrer la balance commerciale avec ses partenaires, dans le but de réduire le déficit commercial à zéro » (« an easy way for the US to calculate tariffs that should be imposed on other countries to balance bilateral trade deficits between the US and each of its trading partners, with the goal of driving bilateral trade deficits to zero. » en VO), les différentes IA répondaient... avec la même formule.
Quelques variations existent entre ChatGPT, Grok, Gemini ou Claude, mais tous arrivent à la formule de base, plus quelques petits ajouts comme la base de 10 % minimum. Tous les bots préviennent des précautions à prendre avec cette formule, rappelant qu’elle n’est pas sans risques pour l’économie mondiale, et est même propice à de nombreuses complications. Gemini est le plus clair sur ces dangers :
Bien que cette formule permet de cibler directement les déficits d’une balance commerciale entre pays, la réalité de l’économie mondiale est bien plus complexe, et son utilisation peut amener à de sérieuses conséquences négatives. De nombreux économistes rappellent que l’accumulation de taxes n’est pas un outil efficace pour équilibrer les relations commerciales.
Il est impossible de confirmer si oui ou non l’administration Trump a fait appel à l’intelligence artificielle pour trouver cette formule, ou si c'est une trop belle coïncidence : même si c'était le cas, il est certain que les proches du président américain ne s'en vanteraient pas. Quoi qu’il en soit, les nouvelles taxes que souhaite imposer la Maison Blanche provoquent déjà des remous terribles dans l’économie mondiale, ainsi que dans les relations internationales.