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Près de la moitié des moins de 30 ans a voté Donald Trump en 2024 : un record, alors qu'ils n'étaient qu'un tiers à avoir glissé son bulletin dans l'urne en 2020. Le referaient-ils aujourd'hui, un an après son retour à la Maison-Blanche ? Pas nécessairement, à en croire les derniers sondages, cités par le Wall Street Journal. Selon le Cook Political Report, deux tiers des 18-29 ans disent aujourd'hui désapprouver les priorités du président américain. Ils déplorent le manque de mesures sociales pour répondre à leurs besoins et se sentent souvent en décalage avec les choix faits en matière d'immigration et de politique étrangère.
Au cours de l'année écoulée, plusieurs événements survenus dans le pays ont indigné les plus jeunes électeurs de Donald Trump. A commencer par les vidéos d'arrestations et de déportations de migrants conduites par l'ICE, la police de l'immigration, qui ont fait le tour des réseaux sociaux, et ont choqué par leur violence inédite. Une trentaine d'immigrés sont morts dans des centres de détention de l'ICE en 2025 - ce qui en fait l'année la plus meurtrière depuis plus de vingt ans - et rien que ce mois-ci, deux Américains ont été tués - Renée Good et Alex Pretti - alors qu'ils s'opposaient à ces arrestations. La photo d'un petit garçon de cinq ans, arrêté par l'ICE à la sortie de l'école, a également heurté de nombreux jeunes électeurs.
La plupart d'entre eux s'informent d'ailleurs sur les réseaux sociaux et sont friands de podcasteurs et influenceurs qui avaient largement soutenu Donald Trump pendant sa campagne. Mais désormais, même les figures de référence de la jeune génération haussent le ton sur certains agissements de son administration. Parmi eux, le podcasteur Joe Rogan, jusqu'alors fervent soutien du président américain, a par exemple exprimé son effroi après la mort de Renée Good.
Toujours en matière de politique intérieure, la communication peu transparente de l'administration Trump autour du scandale Epstein - et de l'implication supposée du président américain dans ce dossier - est également mal passée chez la jeune génération.
Mais ce sont aussi les prises de position sur la scène internationale qui ont déplu. Parmi elles, le soutien inconditionnel de Donald Trump au premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a également été perçu comme une faillite morale au sein de la frange la plus jeune de son électorat, alors que le bilan des morts à Gaza s'alourdit de jour en jour et a désormais franchi la barre des 70 000.
Certains des 18-29 ans ayant voté Donald Trump en 2024 disent également se sentir mal à l'aise quant aux velléités d'annexion affichées par leur candidat sur le Groenland, et plus généralement à la manière dont il traite ses Alliés de l'Otan. "Je ne reconnais pas le parti auquel j'ai adhéré et dans lequel je me suis engagée", déplore dans le Wall Street Journal une étudiante qui a voté pour la première fois lors de la présidentielle 2024, et espérait avant tout une amélioration de sa situation économique.
Cette baisse de popularité chez les moins de 30 ans semble avoir effrayé le président à l'approche des midterms. Celui-ci vient d'annoncer des mesures directement ciblées pour reconquérir son jeune électorat. Entre autres : le plafonnement des taux d'intérêt des cartes de crédit et une plus grande régulation dans l'accès au logement. Mais Donald Trump joue aussi sur des leviers plus "légers", comme l'accès aux drogues, et a notamment fait savoir son intention de revoir la classification du cannabis en drogue moins dangereuse.
Les élections de mi-mandat permettront sans doute d'évaluer l'état du soutien des jeunes électeurs à Donald Trump. Pour l'heure, environ la moitié des moins de 30 ans affirment qu'ils voteraient pour les démocrates si les midterms avaient lieu demain. Mais les jeunes comptent aussi parmi les principaux abstentionnistes lors des élections américaines. Rien ne dit, pour l'instant, si un changement de cap de leur part est de nature à rebattre les cartes de la politique américaine.
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