«Un seul État ne peut pas répondre assez rapidement» : comment s’organise le soutien des pays de l’UE après l’incendie à Crans-Montana ?

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Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis étaient prêts à intervenir pour défendre les manifestants en Iran en cas de répression violente des autorités de Téhéran. "Nous sommes prêts à intervenir", a déclaré le président américain dans un message publié sur Truth Social. Les États-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin dernier, se joignant ainsi à Israël dans une brève guerre contre Téhéran.
Cette prise de position américaine intervient alors que plusieurs personnes ont été tuées jeudi en Iran lors de troubles liés aux plus importantes manifestations depuis trois ans, déclenchées par une inflation exponentielle - 42,5 % en décembre. Le mouvement de protestation a été déclenché par des commerçants, qui ont défilé dimanche dans les rues de Téhéran pour dénoncer la plaie de l'inflation et sa gestion par le gouvernement.
Dans plusieurs provinces du pays, les manifestations ont pris une tournure violente. Un responsable local de l'ouest de l'Iran, où plusieurs décès ont été signalés, a averti que toute agitation ou tout rassemblement illégal seraient traités "de manière décisive et sans indulgence", selon des propos rapportés par les médias officiels. Les médias affiliés à l'État et les groupes de défense des droits humains ont fait état d'au moins six morts depuis mercredi, dont un homme qui, selon les autorités, était membre du Bassidj, milice affiliée aux Gardiens de la révolution. Le groupe Hengaw, une ONG de défense des droits humains kurde basée en Norvège, a déclaré que 29 manifestants avaient été arrêtés lors de la dernière vague de manifestations, dont 14 Kurdes, sept Lors (minorité apparentée aux Persans), sept femmes et deux enfants.
Répondant aux commentaires de Donald Trump, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a averti qu'une ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures iraniennes équivaudrait à déstabiliser toute la région. L'Iran soutient des groupes armés au Liban, en Irak et au Yémen.
La flambée des prix est attisée par l'effondrement de la monnaie nationale. Le rial chute sous l'effet des sanctions occidentales contre l'économie iranienne et a perdu près de la moitié de sa valeur en un an. Il a atteint mardi un plus bas record de 1 400 000 rials par dollar, d'après des chiffres agrégés par des plateformes en ligne.
S'exprimant jeudi, avant les propos de Donald Trump, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que les défaillances des autorités étaient à l'origine de la crise. "Nous sommes responsables... Ne cherchez pas à blâmer les États-Unis ou qui que ce soit d'autre. Nous devons servir correctement afin que les gens soient satisfaits de nous... C'est à nous de trouver une solution à ces problèmes", a-t-il déclaré.
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Le président vénézuélien Nicolas Maduro a tendu la main au président américain Donald Trump, proposant des discussions sérieuses sur la lutte contre le trafic de drogue et offrant aux entreprises américaines un accès facile au pétrole vénézuélien. Nicolas Maduro a déclaré que le Venezuela était un "pays frère" des États-Unis et un gouvernement ami. Il a souligné que lors de leur dernier entretien en novembre, le président américain avait reconnu son autorité en l'appelant "Monsieur le Président".
Le dirigeant vénézuélien, au pouvoir depuis de nombreuses années, s'est exprimé dans une interview filmée la veille du Nouvel An et diffusée sur la télévision d'État vénézuélienne le soir du jour de l'An. Dans l'émission, Nicolas Maduro et son intervieweur traversent une zone militarisée de la capitale, Caracas. On y voit le président au volant d'une voiture, le journaliste étant assis à ses côtés et son épouse, Cilia Flores, à l'arrière – un geste que les commentateurs ont interprété comme une tentative d'afficher sa confiance face aux craintes d'une frappe américaine, malgré la réduction de ses apparitions publiques ces dernières semaines.
Ces déclarations marquent un changement de ton dans la position de Maduro à l'égard des États-Unis depuis le déploiement militaire massif de ces derniers dans le sud des Caraïbes. Donald Trump a accusé Nicolas Maduro, qu'il qualifie d'"illégitime", de diriger un narco-État et a menacé de le destituer. Nicolas Maduro affirme que les États-Unis cherchent à l'évincer pour prendre le contrôle des vastes réserves de pétrole et des gisements de terres rares du Venezuela.
Lors d'un événement organisé peu avant Noël, Nicolas Maduro a exhorté Donald Trump à se concentrer sur les problèmes intérieurs, déclarant : "Honnêtement, si je lui reparle, je lui dirai que chacun devrait s'occuper de ses affaires intérieures." Dans ses dernières déclarations, Nicolas Maduro a déclaré à son interlocuteur : "Au peuple des États-Unis, je dis ce que j'ai toujours dit : le Venezuela est un pays frère… un gouvernement ami."
"Nous devons commencer à parler sérieusement, en nous basant sur les faits. Le gouvernement américain le sait, car nous l'avons répété à maintes reprises à ses interlocuteurs : s'il souhaite discuter sérieusement de l'accord de lutte contre le trafic de drogue, nous sommes prêts à le faire. S'il veut le pétrole vénézuélien, le Venezuela est prêt à accepter des investissements américains comme ceux de Chevron, quand, où et comment il le souhaite."

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Des juges français dans le collimateur de Washington. Dans une enquête, le magazine allemand Der Spiegel révèle que l'administration Trump aurait envisagé de mettre en place de nouvelles sanctions contre plusieurs fonctionnaires de pays européens, responsables selon le département d'État américain d'alimenter une "censure" qui serait à l'œuvre sur le continent. Parmi ses cibles ? Les trois magistrats qui ont fait condamner en première instance l'ex-candidate à l'élection présidentielle du Rassemblement national, Marine Le Pen.
Quatre ans de prison, dont deux fermes aménagés sous bracelet, ainsi que cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, avaient été prononcés contre elle lors du délibéré le 31 mars dernier. Son procès en appel dans cette affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front national doit se tenir à Paris à partir du 13 janvier prochain. Alors que Donald Trump avait appelé à "libérer" Marine Le Pen après sa condamnation, les États-Unis auraient donc réfléchi à punir les juges français ayant mené les débats lors de l'audience.
Cette décision américaine, qui n'est pas encore actée, marquerait une nouvelle étape d'une défiance grandissante entre Washington et ses alliés du Vieux continent. Outre ses désaccords avec les Européens en matière géopolitique, notamment sur le dossier ukrainien, l'administration républicaine n'a cessé ces derniers mois d'afficher un certain mépris à l'égard des responsables des différents pays alliés de la zone. "La liberté d’expression est en déclin" en Europe, avait ainsi déploré le vice-président américain, J.D. Vance, lors de son discours à la conférence de Munich (Allemagne), en février dernier. Lors de cette prise de parole, il avait par exemple dénoncé la réglementation européenne en matière de numérique ou le traitement réservé selon lui à certains partis d'extrême droite.
Durant ce discours, J.D. Vance avait plus particulièrement fait allusion à la logique du "pare-feu" mise en place en Allemagne contre le parti nationaliste allemand AfD. Les formations politiques traditionnelles, y compris la CDU/CSU de l'actuel chancelier Friedrich Merz, se refusent ainsi à trouver des accords avec l'AfD. Or, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le mouvement populiste allemand multiplie les contacts avec la sphère MAGA ("Make America Great Again", du nom du slogan phare du président américain). Plusieurs hauts responsables américains, dont le secrétaire d'État Marco Rubio, s'étaient insurgés au printemps lorsque l'Office fédéral de protection de la Constitution, une branche des services secrets allemands, avaient classifié l'AfD comme un "parti d'extrême droite".
Aujourd'hui suspendue en raison d'une plainte déposée par le parti allemand, cette qualification aurait également pu déboucher sur des sanctions américaines. En effet, toujours d'après Der Spiegel, le département d'État américain aurait ainsi réfléchi à prononcer des interdictions de séjour aux États-Unis contre les responsables des services secrets allemands à l'origine de la classification de l'AfD comme une formation d'extrême droite. Dans son article, l'hebdomadaire mentionne même l'option d'hypothétiques sanctions financières à l'égard de ces hauts fonctionnaires. Contacté par le journal à la fois sur ce dossier, mais aussi sur celui concernant Marine Le Pen, le département d'État n'a ni confirmé, ni nié avoir la volonté d'entreprendre ce genre de sanctions.
Les États-Unis attendraient-ils l'issue des prochaines étapes judiciaires en France et en Allemagne pour mettre à exécution de telles mesures ? C'est un scénario à ne pas écarter. Ces derniers mois, le pouvoir américain a montré qu'il était prêt à passer à l'acte pour défendre sa vision du monde. Ainsi, le 23 décembre, Washington a ainsi interdit de séjour cinq personnalités européennes promouvant la régulation de la tech ou la lutte contre la désinformation et la haine en ligne dans des organisations basées au Royaume-Uni et en Allemagne. Le Français Thierry Breton, ex-commissaire européen à l'initiative du Digital Services Act (DSA), fait également partie de ces figures ciblées par les États-Unis, au prétexte qu'il aurait contribué à construire "un complexe industriel mondial de la censure" avec cette réglementation.
Au Brésil, Alexandre de Moraes, le juge le Cour suprême chargé de la procédure judiciaire visant Jair Bolsonaro avait aussi été concerné cet été par des sanctions américaines. L'administration Trump estimait alors que sa position lui avait permis de "cibler des opposants politiques", tel que l'ex-président d'extrême droite. En première instance, l'ex-dirigeant avait été condamné à 27 ans de prison pour "tentative de coup d'État", mais était resté soutenu par Donald Trump durant tout son procès.
Une peine finalement rapportée à un peu plus de 2 ans à rester derrière les barreaux, après le vote d'une loi par les parlementaires brésiliens avant Noël. Ce texte semble en tout cas avoir contenté le président américain et ses soutiens : avant même que cette réduction de peine ne soit définitivement votée, Washington avait déjà retiré Alexandre de Moraes de sa liste des personnalités sous sanctions.

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