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Donald Trump : son rêve d'acquérir le Groenland analysé par la presse américaine
Voilà plus d'une semaine que Donald Trump s'imagine prendre le contrôle du Groenland. Après avoir émis cette idée quelques mois après son élection et le début de son second mandat, le président américain a relancé la machine, rêvant de faire du territoire autonome, sous contrôle danois, le 51e Etat américain, multipliant les déclarations provocantes, voire belliqueuses.
Et pourtant, le président américain peine à embarquer le peuple américain derrière lui, selon le Time. "Les Américains ne souhaitent absolument pas conquérir le Groenland, affirme le magazine centenaire, chiffre à l'appui. Ils ne sont même pas convaincus par l’achat de ce territoire semi-autonome qui fait partie du Danemark et, surtout, qui n’est pas à vendre." Selon un sondage Reuters-Ipsos, seulement 17 % des Américains souhaitent une intervention au Groenland. Alors que, sans surprise, seuls 2 % des démocrates sont en faveur d'un contrôle américain du Groenland, les républicains peinent à être convaincus (40 %).
Pour Politico, le président américain n'est pas vraiment plus populaire chez les habitants du territoire d'Arctique. Les nombreux ultimatums de Donald Trump renforcent l'opposition, souligne le média en ligne, qui remarque le même rejet chez les indépendantistes. D'autant que le mépris de Donald Trump envers les groenlandais et sa fâcheuse tendance à penser que l'argent peut les acheter facilement n'aide en rien. "En affichant si clairement cette conviction, Trump semble susciter un ressentiment plus profond chez les Groenlandais — et une nouvelle résistance à un éventuel rapprochement avec les Etats-Unis", analyse le pure player.
"Pulsions néo-impérialistes"
Peu importe pour le milliardaire. "Il a pour habitude de s'emparer d'une idée et de la mettre en œuvre avec détermination, comptant souvent sur le soutien inconditionnel de sa base électorale pour compenser son influence néfaste auprès des démocrates", estime le Time, pour qui le kidnapping de Nicolas Maduro le 3 janvier dernier lors d'une opération militaire américaine montre bien que Donald Trump ne répond pas aux règles du droit international. Pour le Washington Post, cet épisode marque un tournant dans le fonctionnement de l'administration Trump, qui agit selon "des pulsions néo-impérialistes héritées d'il y a plus d'un siècle".
Comme de nombreux titres de presse américains, CNN reconnaît l'intérêt stratégique du Groenland. "Mais le défaut du raisonnement de Trump est que rien ne l'empêche de renforcer sa présence au Groenland s'il estime que la sécurité nationale des Etats-Unis est menacée", estime le média, alors que le pays a déjà une base militaire sur le territoire danois et pourrait très bien y consolider sa présence dans le cadre des accords de l'Otan. "Rien n'empêche M. Trump de renforcer la position américaine au Groenland, notamment par l'exploitation minière afin de réduire la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine", estime de son côté le Wall Street Journal, considérant qu'un accord avec le Danemark pourrait très bien aller dans ce sens. D'autant que la fonte des glaces en Arctique ouvre les voies navigables selon le Washington Post, facilitant l'accès à "d'immenses gisements de terres rares, ainsi que d'autres ressources naturelles".
Au détriment de l'Otan
Mais Donald Trump gagne-t-il réellement à ouvrir la voie à une invasion américaine du Groenland par la force ? Pour le quotidien de Washington, cette nouvelle lubie trumpienne ne peut qu'affaiblir un Otan déjà en difficulté et laisser de la place aux ambitions chinoises ou russes : "Saboter délibérément l'alliance encouragerait une Russie revancharde et ravirait la Chine, ainsi que l'Iran et les successeurs de Maduro qui dirigent actuellement le Venezuela." Même son de cloche au Wall Street Journal, qui estime que cette querelle entre les Etats-Unis et l'Europe offre à Vladimir Poutine un moyen de diviser les deux principaux alliés et financiers de l'Ukraine. "Les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping se réjouissent certainement de nous voir nous disputer, estime la députée danoise Ida Auken dans une tribune dans le New York Times. Cela ne renforce la sécurité de personne. Au contraire."
Mais la volonté de Donald Trump de récupérer de nouveaux territoires semble être intimement liée à une obsession croissante pour son héritage matériel" pour CNN, qui compare ses ambitions expansionnistes à la création d'une immense salle de bal à l'est de la Maison-Blanche ou l'inscription de son nom sur le Kennedy Center à Washington, au-dessus de celui du président assassiné. "Trump rêverait sans doute d'entrer dans l'histoire aux côtés du président Thomas Jefferson, qui acheta la Louisiane en 1803 pour 15 millions de dollars", estime le média américain, qui parierait presque sur le fait qu'il ne donne son nom à ce nouveau territoire : "La prochaine conquête américaine pourrait devenir Trumpland".
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