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“On reconnaît un régime autoritaire à la manière dont les journalistes sont traités”

Ces derniers jours, dans la presse internationale, la plupart des chroniques sur la situation au Venezuela étaient signées de Cúcuta, en Colombie. Pedro Gianello, journaliste au quotidien argentin “Clarín”, a publié un article le 11 janvier expliquant la frustration des quelque 500 journalistes qui, comme lui, se sont massés dans cette ville frontalière, espérant se rendre à Caracas. Sans succès.

© COURRIER INTERNATIONAL

Pedro Gianello, journaliste au service international du quotidien argentin “Clarín”, dans la ville de Cúcuta, en Colombie, à la frontière avec le Venezuela, en janvier 2026.
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EN DIRECT, guerre en Ukraine : la Russie a ciblé des « infrastructures critiques » dans l’oblast de Jytomyr, selon les autorités locales

Vitali Bounetchko, le chef de l’administration militaire de la région, située dans le nord-ouest du pays, a fait savoir que l’armée russe avait de nouveau frappé dans la nuit, comme tout au long de la semaine, des bâtiments essentiels, sans donner plus de précisions.

© Dan Bashakov/AP

Des électriciens effectuent des réparations d’urgence sur un poteau électrique, à la suite de bombardements russes sur les infrastructures énergétiques du pays, dans l’oblast de Kiev, le 14 janvier 2026.
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Les monarchies du Golfe tentent de dissuader Donald Trump d’intervenir en Iran

Bien qu’hostiles au régime islamique de Téhéran, les Etats de la péninsule arabique redoutent, en cas de frappes américaines, d’être la cible de représailles iraniennes. D’importants moyens militaires ont été prépositionnés par les Américains en vue d’une possible opération.

© Brendan SMIALOWSKI/AFP

Des soldats et du personnel américains et qataris attendent le président américain, Donald Trump, sur la base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar, le 15 mai 2025.
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Le Canada navigue toujours dans l’inconnu face à Trump

Entre Washington et Ottawa, les négociations commerciales sont toujours au point mort, tandis que l’épisode vénézuélien a ravivé les craintes sur la souveraineté du pays.

© YOAN VALAT / via REUTERS

Mark Carney, premier ministre canadien, à Paris, le 6 janvier 2026.
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En Corée du Sud, l'ex-président Yoon condamné à une première peine de cinq ans de prison

L'ancien président coréen Yoon Suk-yeol a été condamné vendredi à cinq ans de prison dans un premier procès où il était jugé pour obstruction à la justice et d’autres délits, pour sa tentative d’imposer la loi martiale en décembre 2024. Ce procès est distinct de celui intenté pour "insurrection", dans lequel le parquet a requis la peine de mort.

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Groenland: l'Europe s'en mêle

Face aux menaces d'annexion brandies par Donald Trump, plusieurs pays européens dont la France déploient des soldats au Groenland pour des exercices destinés officiellement à rassurer les Etats-Unis sur la capacité du Danemark à défendre ce territoire face à la Russie et la Chine. Le début de la fin de l'OTAN ? On va plus loin avec Marc Semo.

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Venezuela : face à Donald Trump, l’opération séduction de Maria Corina Machado

Donald Trump sourit, un énorme cadre doré serré entre les mains. À ses côtés, Maria Corina Machado, tailleur blanc immaculé, joue son va-tout. La scène, immortalisée par la Maison-Blanche, résume à elle seule un nouvel épisode de théâtre politique. Jeudi 15 janvier, l’opposante vénézuélienne a remis au président américain sa médaille du prix Nobel de la paix. Un geste hautement symbolique, destiné à peser sur les orientations de Washington quant à l’avenir politique du Venezuela, après le kidnapping de son président Nicolas Maduro. Selon un responsable de la Maison-Blanche, Donald Trump n’aurait en tout cas aucune intention de se séparer du prix.

Dans un message publié jeudi soir sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé à affluer. Donald Trump s’est félicité du geste : "Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Un magnifique signe de respect mutuel. Merci Maria !". De son côté, la principale intéressée a salué une rencontre "excellente" et présenté ce don comme la reconnaissance de l’engagement du président américain en faveur, selon elle, de la liberté du peuple vénézuélien. Le message joint à la médaille évoquait "un leadership exceptionnel pour la promotion de la paix par la force" et décrivait cette offrande comme un "symbole personnel de gratitude au nom du peuple vénézuélien".

Cette opération de séduction intervient après le refus du président américain de soutenir Maria Corina Machado comme alternative à Nicolas Maduro. The Washington Post y voit de fait "une offre de paix destinée à gagner les faveurs d’un Trump méfiant". Le geste n’a rien d’anodin. L'ex-magnat de l'immobilier avait publiquement fait campagne pour l’obtention du prix Nobel de la paix avant que Maria Corina Machado ne le reçoive le mois dernier, et n’avait pas caché son amertume face à ce qu’il considérait comme un camouflet. En lui offrant sa médaille, l’opposante vénézuélienne touche donc un point sensible.

"Aucune promesse de soutien"

Réfugiée hors du Venezuela depuis décembre après une fuite spectaculaire par la mer, Maria Corina Machado avance désormais ses pions avec prudence. Face aux représentants du pouvoir chaviste, elle cherche à s’imposer comme une interlocutrice crédible capable de peser, à terme, sur la gouvernance du pays. Jeudi, la quinquagénaire a ainsi rencontré plus d’une douzaine de sénateurs républicains et démocrates au Capitole, où elle bénéficie traditionnellement d’un accueil plus favorable. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a toutefois tempéré cet enthousiasme : si Donald Trump se dit "heureux" de l’avoir rencontrée, il juge toujours, de manière "réaliste", qu’elle ne dispose pas, à ce stade, du soutien nécessaire pour diriger le pays à court terme.

Offrir son Nobel de la paix ne lui a visiblement pas ouvert les portes espérées. "En échange, elle est repartie avec un sac de cadeaux, mais sans la moindre promesse de soutien", raille CNN. Une déconvenue qui en dit long sur les limites de l’opération de charme. Le Washington Post enfonce le clou : "La rencontre s’est tenue à huis clos — une rareté pour Donald Trump, coutumier des mises en scène diplomatiques. Cette discrétion inhabituelle pourrait moins traduire un appui à Maria Corina Machado qu’un signal adressé au pouvoir en place à Caracas, suggérant la volonté de Washington de préserver, voire de consolider, ses canaux avec le gouvernement vénézuélien actuel".

La veille de son entrevue avec Maria Corina Machado, Donald Trump s'est ainsi entretenu par téléphone avec Delcy Rodriguez, leur première conversation directe connue, et tous deux ont fait part de leurs impressions positives – un revirement de situation surprenant "compte tenu des échanges virulents qu'ils avaient eus par le passé", note le Washington Post. "Nous avons eu une excellente conversation aujourd'hui, et c'est une personne formidable " a déclaré le président américain aux journalistes dans le bureau Ovale mercredi.

Ni partage, ni transfert

Alors que la mise en scène diplomatique de Maria Corina Machado n’a manifestement pas produit les effets escomptés à Washington, elle a en revanche provoqué des remous à Oslo. Les tentatives de rapprochement avec Donald Trump ont suscité une franche désapprobation en Norvège, où le prix Nobel de la paix est perçu à la fois comme une distinction d’exception, lourdement chargée de symboles, et comme "l’un des principaux instruments de soft power du pays", rapporte The New York Times.

Toujours dans le quotidien américain, Lena Lindgren, chroniqueuse à l’hebdomadaire Morgenbladet, souligne les limites du pouvoir de l’institution : "Un comité Nobel ne peut jamais empêcher les lauréats du prix Nobel de la paix de commettre des actes contraires à l’esprit du prix". Avant d’ajouter : "La nouveauté, c’est que le prix est désormais instrumentalisé à des fins politiques, voire belliqueuses."

Le 9 janvier dernier, le comité du prix Nobel avait rappelé que l'attribution d'un prix était définitive, et que la récompense ne pouvait être ni révoquée, ni partagée ni transférée. Ce jeudi, le Centre Nobel de la paix, musée situé à Oslo, n'a pas manqué de réagir aux derniers événements, en faisant remarquer sur X qu'"une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat."

© via REUTERS

La dirigeante de l'opposition vénézuélienne Maria Corina Machado a remis son prix Nobel de la paix à Donald Trump lors d'une rencontre dans le bureau Ovale, jeudi 15 janvier.
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Le "service clandestin" de la DGSE dévoilé, le fiasco du Scaf franco-allemand

La CIA noyaute l'entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris... Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l'espionnage, c'est lui qui s'intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.

Scaf : blocage entre Paris et Berlin

"On n’a pas avancé d’un millimètre", reconnaît une source proche du dossier du Scaf, le système de combat aérien du futur, qui implique la France, l’Allemagne et l’Espagne. Alors que les désaccords entre Dassault et Airbus ne sont pas résolus, le sujet avait été évité lors du sommet franco-allemand de Toulon en août, et la rencontre entre les ministres Catherine Vautrin, Boris Pistorius et Margarita Robles, en décembre, n’a débouché sur rien. Lors de l’annonce du Scaf, en 2017, on prévoyait un premier vol du démonstrateur de l’avion en 2026. On n’a pas encore vu le moindre rivet de tôle.

Crouzet raconte le vrai Bureau des légendes

Le Bureau des légendes de la DGSE existe vraiment, Vincent Crouzet y a travaillé. Dans Le jour où je suis devenu espion (L’Observatoire), à paraître le 5 février, l’ex-agent secret, désormais auteur de polars à succès, relate pour la première fois son parcours au sein du renseignement français. Le "service clandestin" qu’il intègre n’a aucun lien avec le boulevard Mortier, il ne figure sur aucun organigramme. Sous la couverture d’un commercial, puis d’un consultant, - il se prétendra même agent du footballeur Lilian Thuram – Crouzet sillonnera l’Afrique à partir de l’Angola.

Les Européens contre-attaquent

Le think tank Europanova, présidé par le chef d’entreprise Guillaume Klossa, réunit son conclave annuel à Bruxelles, du 15 au 17 janvier. 50 responsables débattront de la puissance européenne, avant de transmettre leurs préconisations à António Costa, le président du Conseil européen. Andrius Kubilius, le commissaire européen à la Défense, est attendu. Europanova compte parmi ses administrateurs Cédric Villani (vice-président), le lobbyiste Paul Boury ou l’ex-député (LR) Victor Habert-Dassault, membre de la famille Dassault.

Et notre revue de presse vue d'Europe...

Entrisme. Le nombre d’investisseurs américains au Groenland a doublé entre 2024 et 2025. A la manœuvre, un petit groupe de proches de Donald Trump et de cadres du Parti républicain. On y dénombre Ronald Lauder, un milliardaire qui aurait soufflé au président américain l’idée d’acquérir le territoire danois, Josette Sheeran, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires économiques sous George W. Bush ou Drew Horn, conseiller du vice-président Mike Pence puis du directeur du renseignement national lors de la première présidence Trump. (Jyllands-Posten, Aarhus, 7 janvier)

Cyberdéfense. L’Allemagne et Israël ont signé un accord de cyberdéfense, annonce Alexander Dobrindt, le ministre de l’Intérieur allemand. Berlin a été touchée par une panne de courant géante début janvier, revendiquée par un groupuscule d’extrême gauche. (Der Spiegel, Hambourg, 11 janvier)

Disparition. L’oligarque russe Vladislav Baumgertner, 56 ans, est porté disparu depuis le 7 janvier à Chypre. En 2013, cet ex-associé de Dmitri Rybolovlev, le président du club de football de l'AS Monaco, avait été emprisonné par le KGB, le renseignement biélorusse, conséquence d’un règlement de comptes entre Minsk et Moscou. Ce 14 janvier, un corps a été retrouvé sur une plage de la région d'Avdimou, soupçonné d'être celui de Baumgertner. Alexei Panov, un diplomate russe de 41 ans, soupçonné d'être un agent du GRU selon The Guardian, est lui décédé ce 8 janvier dans l'ambassade de Russie à Limassol. (O Phileléftheros, Limassol).

Espion. Le renseignement intérieur révèle qu’un citoyen letton a été mis en examen pour espionnage au profit de la Russie, en août 2025. Il a transmis de nombreuses informations sur des installations de l’armée et de l’Otan. (Latvijas sabiedriskais medijs, Riga, 8 janvier)

© IP3 PRESS/MAXPPP

Le logo de la DGSE.
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La Nouvelle-Zélande ferme "temporairement" son ambassade en Iran

En raison de la dégradation de la situation sécuritaire en Iran, la Nouvelle-Zélande a annoncé la fermeture temporaire de son ambassade à Téhéran et déconseille tout voyage dans le pays. Son personnel diplomatique a déjà quitté l'Iran.

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Julio Iglesias dénonce des « accusations absolument fausses », après les plaintes d’ex-employées pour des faits relevant de la « traite d’êtres humains » et des délits « sexuels »

Le chanteur espagnol est accusé d’avoir « agressé et harcelé sexuellement » en 2021 deux femmes, alors âgées de 22 et 28 ans, et de leur avoir imposé des conditions de travail abusives dans ses résidences de République dominicaine et des Bahamas.

© Carlos Giusti/AP

Le chanteur espagnol Julio Iglesias, à San Juan (Porto Rico), le 29 septembre 2016.
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