"Le régime iranien est affaibli", affirme Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France
© Denis Balibouse/REUTERS

© AFP

© TIKTOK @le.candidat.des.je
© Evelyn Hockstein/REUTERS

© LIGHT ORIYE TAMUNOTONYE/AFP
© Remo Casilli / REUTERS
Lors de son adhésion dans l'Union européenne en 2004, la Pologne ne pouvait pas se permettre d'intégrer la zone euro. 22 ans plus tard, alors que le pays s'est mué en moteur de la construction européenne, il ne le souhaite plus. Dans un entretien accordé au Financial Times lundi 26 janvier, le ministre des Finances polonais Andrzej Domanski a refroidi les dirigeants européens en annonçant ce qui se profilait ces derniers mois. "Notre économie se porte maintenant clairement mieux que la plupart de celles qui ont l'euro, a estimé le ministre polonais. Nous avons de plus en plus de données, de recherches et d'arguments pour conserver le zloty polonais."
En avril 2024, l'ancien conférencier en économie, entré au gouvernement en fin 2023, s'était déjà exprimé contre une entrée de la Pologne dans la zone euro. Un sondage de United Surveys pour Wirtualna Polska, également publié au même moment, a affirmé que 66,8 % des Polonais préféreraient conserver le zloty et que près de la moitié d'entre eux y étaient "définitivement opposés". Seuls un peu plus d'un quart des polonais étaient en faveur d'un passage à l'euro.
Moins d'un mois après l'entrée de la Bulgarie dans la zone euro, la position polonaise marque un coup dans le développement européen. D'autant plus que l'économie du pays est en pleine croissance depuis le retour de Donald Tusk au pouvoir en octobre 2023. S'il militait pour un passage à l'euro en 2008, l'ancien président du Conseil européen voit désormais le zloty monter en flèche, passant de 0,2231 euro par zloty le 16 octobre 2023, jour de l'élection de Tusk, à 0,238 le 27 janvier 2026. Le cours est même monté jusqu'à 0,2421 fin février 2025.
"Il y a deux ans, j'étais un peu inquiet que la Pologne ne soit laissée pour compte dans une UE à deux niveaux et en dehors de la zone euro, mais aujourd'hui, la Pologne est clairement au premier niveau économique, et je ne vois aucune raison forte d'abandonner notre propre monnaie", ajoute Andrzej Domanski, qui assure que cette position pour la monnaie polonaise est uniquement économique et non politique.
Pourtant, les pays européens sont tenus d'intégrer la zone euro dès qu'ils cochent les critères nécessaires comme la stabilité des prix, du taux de change, la viabilité des finances publiques et plusieurs critères juridiques. Des points que remplit désormais la Pologne. Mais le ministre des Finances les balaie d'un coup de main, estimant que cette décision est politique et reste dans la main de Varsovie.
Sixième puissance européenne, la Pologne dépasse désormais les 1 000 milliards de PIB selon les chiffres du FMI. Pour l'OCDE, le pays devrait même connaître une croissance de 3,4 % cette année, la plus haute prévision des 27 de l'UE. Seul point noir pour la Pologne : son déficit, à hauteur de 6,8 % l'année dernière, qui dépasse largement les 3 % demandés par l'Union européenne. Un chiffre qui devrait baisser à 6,3 % en 2026 selon les prévisions de la Commission européenne. Selon Andrzej Domanski, cette baisse du déficit est permise notamment par un marché du travail fort et l'un des taux de chômage les plus bas de l'Union européenne.
Alors que les relations entre le gouvernement polonais et la banque centrale étaient compliqués depuis le retour de Donald Tusk aux affaires en 2023, les relations se sont normalisées, affirme le ministre des Finances. Le Premier ministre Tusk avait accusé le président de la Banque nationale de Pologne, Adam Glapinski, un allié du PiS, le parti d'opposition, de mal gérer l'institution et de politiser la politique monétaire, menaçant même de porter l'homme de 75 ans devant les tribunaux. "En tant que ministre des Finances, je traite très, très au sérieux l'indépendance de la banque centrale", avance Andrzej Domanski, qui a rencontré Glapinski deux fois dans l'année.
Après l'entrée de la Bulgarie dans la zone euro, six pays européens restent désormais à sa porte. Si des critères économiques peuvent justifier cette situation pour certains pays comme la Hongrie, le cas du Danemark est un précédent qui peut intéresser les Polonais. Le pays nordique avait signé une clause d'exemption en 1992 lors de la signature du traité de Maastricht. Sans signer d'accord, la Suède avait pu justifier leur souhait de conserver la couronne suédoise au nom de l'indépendance monétaire et la souveraineté monétaire.
Sans rejoindre la zone euro, la Pologne n'en perd pas pour autant son ambition. Invité comme observateur par Donald Trump pour assister à la réunion du G20 à Miami, le gouvernement polonais y cherche désormais une place permanente.

© OLIVIER MATTHYS/EPA/MaxPPP
Tenues kakis sur le dos, armes en main, les agents fédéraux anti-immigration de l'ICE sont devenus le symbole de la militarisation de la police aux Etats-Unis depuis plusieurs semaines. A l'origine de la mort de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, en moins de trois semaines, cette police fédérale est largement décriée pour ses actions violentes, en faveur de la politique anti-immigration de Donald Trump. Désormais, ils sont au cœur d'une polémique outre-Atlantique. Alors que la rumeur enflait depuis quelques jours, elle a été officialisée ce mardi 27 janvier : l'ICE sera présente aux Jeux olympiques de Milan-Cortina qui s'ouvrent le 6 février prochain.
L'information, dévoilée par une enquête d'Il Fatto Quotidiano avait pourtant été démentie dans un premier temps par le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi : "La présence de l'ICE à Milano-Cortina est une polémique pour rien. (...) Mais je tiens à préciser : l'ICE, en tant que tel, n'opérera jamais en Italie." D'autant que la question de l'immigration est au cœur du programme de la première ministre italienne Giorgia Meloni, qui n'a pas caché sa proximité avec Donald Trump ces dernières années. "Pour l’instant, rien de tel ne nous a été signalé, et même si c’était le cas, la coordination de la sécurité resterait entièrement sous contrôle italien", a complété le ministre de l'Intérieur.
Il n'en a pas fallu moins pour l'opposition de gauche de s'opposer à cette présence, à commencer par le maire de Milan, Giuseppe Sala. "Il est clair qu'ils ne sont pas les bienvenus à Milan, il n'y a aucun doute", a affirmé l'édile au micro de la radio RTL 102.5 ce mardi 27 janvier, dénonçant cette "milice qui tue" et "entre chez les gens en s'autodélivrant l'autorisation". "Je me demande, pouvons-nous dire non à Trump pour une fois ?", s'est agacé Sala. "Ils sont une milice violente et non préparée, ils ne doivent pas mettre les pieds dans notre pays", a surenchérit l'ancien ministre de Matteo Renzi, Carlo Calenda. Une pétition de l'Azione Milano contre la présence de l'ICE aux JO d'hiver a dépassé les 16 000 signatures.
Mais quelle forme prendra la présence de l'ICE aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina ? Alors que leur présence a été rendue officielle, l'organisation est désormais plus claire. L'ICE sera présente en Italie par le biais de son service d'enquête Homeland Security Investigations (HSI). "Aux Jeux olympiques, le service de sécurité intérieure de l'ICE soutiendra le service de sécurité diplomatique du département d'Etat américain et le pays hôte afin d'évaluer et d'atténuer les risques liés aux organisations criminelles transnationales", a précisé le porte-parole de la police anti-immigration. Elle devrait notamment être chargée de la sécurité du vice-président J.D. Vance et du secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui seront tous les deux présents à la cérémonie d'ouverture le 6 février. Une hypothèse qui avait été avancée par le président de la région Lombardie Attilio Fontana, lundi 26 février, alors même que l'information n'avait pas été officialisée. L'élu de la Lega de Matteo Salvini avait été obligé de rétropédaler par communiqué, indiquant qu’il n’avait finalement aucune information sur leur présence.
A l'instar de ce qui s'était fait pour les JO de Paris en 2024, de nombreuses forces de l'ordre étrangères seront présentes en Italie lors des Jeux olympiques. Mais l'annonce de l'ICE tombe au mauvais moment. Ces dernières semaines, le président américain s'est fait remarquer par ses nombreuses attaques envers les pays européens pour leur refus de céder le Groenland aux Etats-Unis. Les images des exactions commises sont diffusées sur les chaines d'information et les réseaux sociaux. Forcément, les craintes d'ingérences américaines sur le sol italien inquiètent en Italie, d'autant que le Homeland Security Investigations est déjà présent à Roma, selon Il Fatto Quotidiano. L'agence aurait un bureau au sein de l'ambassade italienne et ce, depuis 2003. Une situation normale puisque 90 annexes de Washington sont installées dans plus de 50 pays mais qui renforce la polémique en Italie.
© REUTERS