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Guerre en Ukraine : ces pertes colossales de l'armée russe qui interrogent

Bientôt quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, le pouvoir russe n’en finit plus de serrer la vis. Le 18 février, la Douma d’Etat, la chambre basse du Parlement russe, a adopté en première lecture un projet de loi visant à renforcer les mesures préventives contre la "distorsion de la vérité historique" et "le manquement au devoir de défendre la patrie". L’objectif, selon le vice-président du comité sur la sécurité Anatoly Vyborny : "sensibiliser l'opinion publique afin que toute tentative de se soustraire à la défense de la patrie soit perçue comme socialement inacceptable", retrace le média d’Etat RIA Novosti. Et de facto, faciliter toujours plus le musellement de toute voix discordante quant au bien-fondé de la guerre. Il faut dire que sur le front, la tendance de ce début d’année n’est pas réjouissante pour Moscou.

Au cours des deux derniers mois, les pertes militaires russes (morts, blessés, disparus) auraient dépassé le nombre de nouvelles recrues, selon des déclarations du ministre britannique de la Défense John Healey à l'agence Bloomberg le 15 février, confirmant de précédentes informations ukrainiennes en ce sens. Rien qu’en décembre, celles-ci auraient atteint les 35 000 hommes, et 30 000 en janvier. Une stratégie d’usure de l’ennemi dont l’Ukraine a fait l’un de ses objectifs prioritaires. Au moment de sa prise de fonction en janvier, le nouveau ministre de la Défense, Mykhailo Fedorov, avait ainsi annoncé vouloir porter les pertes russes à 50 000 par mois d’ici à l’été prochain.

17 fois plus de morts qu’en Afghanistan

Après quatre ans de guerre, les forces russes ont d’ores et déjà payé un très lourd tribut. Dans une étude publiée fin janvier, le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un think tank de référence à Washington, a estimé les pertes russes totales à plus de 1,2 million depuis le début de l’invasion. Cela comprendrait entre 275 000 et 325 000 morts sur le champ de bataille, soit 17 fois plus que les 15 000 soldats soviétiques tués lors de la décennie de guerre en Afghanistan (1979-1989) qui avait précipité la chute de l’URSS. "C’est absolument inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, abonde le général Nicolas Richoux, ancien commandant de la 7e brigade blindée. Sur le plan militaire, les offensives de Poutine sont un échec cuisant."

Et tout ça pour quoi ? Quatre années après le lancement de son "opération militaire spéciale", la Russie n’a mis la main que sur environ 12 % du territoire ukrainien - auxquels s’ajoutent les 8 % pris en 2014 lors de l'annexion de la Crimée et la conquête d’une partie du Donbass. Sur la seule année 2025, l’armée russe n’a mis la main que sur 4 800 kilomètres carrés de territoire ukrainien, soit un peu moins que le département de l’Ariège, au prix de 415 000 pertes. Les parallèles historiques ne jouent guère en faveur du Kremlin. Le 13 janvier dernier, le conflit en Ukraine a officiellement dépassé la durée de 1 418 jours de la "Grande Guerre patriotique", le chapitre soviétique de la Seconde Guerre mondiale, qui avait commencé le 22 juin 1941 au lancement de l’opération Barbarossa et pris fin avec la capitulation allemande, signée à Berlin, le 9 juin 1945 (heure de Moscou).

"Les Russes ne sont pas en train de gagner, comme certains le pensent, a résumé le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, mi-février, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité. Ce que nous voyons en Ukraine, c'est essentiellement la vitesse laborieuse d'un escargot de jardin." Difficile de lui donner tort. Avec une progression moyenne de 70 mètres par jour durant l’offensive de Pokrovsk entre 2024 et 2026, les troupes russes ont avancé plus lentement que les forces alliées lors de la bataille de la Somme de 1916, pendant la Première Guerre mondiale (80 mètres/jour), relève le CSIS. Sur les fronts de Tchassiv Iar et de Koupiansk, les offensives russes ont même été encore moins performantes : respectivement 15 et 23 mètres par jour.

Pendant ce temps, le nombre de victimes continue de croître. Au regard de l’avancée russe sur le front ces derniers mois, l’Institute for the Study of War (ISW), estime dans une récente note que chaque kilomètre carré pris en décembre a coûté 76 pertes à la Russie en décembre, et 87 en janvier. Et les dégâts sur l’armée russe ne sont pas que quantitatifs. "La qualité de l'encadrement, qui n’était déjà pas très bonne avant le début du conflit, s'est encore dégradée, glisse une source militaire. Beaucoup d’officiers et de sous-officiers expérimentés sont morts et ne peuvent pas être remplacés à brève échéance, car la formation nécessite du temps." De quoi sérieusement nuancer le narratif du Kremlin autour d’une victoire inévitable. "Le grand objectif de guerre de Poutine reste de soumettre l’Ukraine, mais la réalité est que la Russie n’a ni les capacités matérielles, ni humaines, de faire plus, ou mieux, que ce qu’elle fait à l’heure actuelle", note Mathieu Boulègue, chercheur associé à la Chatham House, un think tank londonien.

Combattants étrangers

Le risque de mourir au combat n’est toutefois pas le même pour tous. Selon une analyse menée par le journal indépendant russe The Bell à partir des données de 170 000 victimes identifiées de la guerre, les habitants de régions pauvres et reculées comme la Bouriatie ou la Tchoukotka ont 25 fois plus de risques de périr sur le front que ceux de métropoles urbaines comme Moscou ou Saint-Pétersbourg. En cause : la proportion plus élevée de combattants issus de ces régions défavorisées dans les rangs, attirés par les soldes mirobolantes promises lors de l'engagement.

Pour tenter de combler les trous, Moscou s’est en parallèle tourné vers le recrutement de combattants étrangers. Dans Bloomberg, le ministre britannique de la Défense, John Healey, a évoqué la présence de soldats indiens, pakistanais, népalais ou même cubains, en plus des 17 000 Nord-Coréens envoyés se battre. Quelques mois plus tôt, en novembre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, avait aussi indiqué qu’au moins 1436 ressortissants de 36 pays d’Afrique se battaient aux côtés des Russes. De quoi compenser les pertes ? "Absolument pas, tranche Mathieu Boulègue, de la Chatham House. Ce sont de petits incréments qui peuvent servir de renfort par endroits, mais les effectifs sont loin d’être suffisants pour réellement changer la donne."

En attendant, certains pays ont commencé à s’émouvoir de cette utilisation de leurs ressortissants comme de la "chair à canon". La jugeant "inacceptable", Nairobi a annoncé le 10 février une visite de son ministre des Affaires étrangères à Moscou le mois prochain pour discuter de la question. Une enquête des services de renseignements présentée une semaine plus tard devant le Parlement kényan a estimé le nombre de personnes recrutées dans le pays à "plus de 1 000"…

© REUTERS

Des militaires russes tirent une salve d'honneur lors des funérailles de Vladimir Pozdnyakov, sergent-chef des forces armées russes tué au cours du conflit russo-ukrainien, dans le village d'Orzhitsy, région de Leningrad, en Russie, le 18 février 2026
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La Cour suprême, premier frein inattendu aux pouvoirs présidentiels de Trump ?

DÉCRYPTAGE - En majorité conservateurs, et pour un tiers, nommés par Trump, les juges de la Cour suprême ont rappelé à la Maison-Blanche leur indépendance en s’opposant à la politique douanière du président américain.

© Kevin Lamarque / REUTERS

Donald Trump tient une conférence de presse vendredi après la décision de la Cour suprême.
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Que pouvait-on savoir des crimes sexuels de Jeffrey Epstein au fil du temps ?

Les accusations contre l’homme d’affaires étaient largement relayées par les médias, y compris en France, bien avant son arrestation et sa mort en 2019.

© « Le Monde » d’après TRIBUNAL DE DISTRICT DES ÉTATS-UNIS POUR LE DISTRICT SUD DE NEW YORK/AFP

Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein (photo non datée).
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Donald Trump annonce qu’un navire-hôpital américain va se rendre au Groenland « pour prendre soin des nombreuses personnes qui sont malades et qui ne sont pas soignées »

Quelques heures avant l’annonce de l’envoi du bateau, l’armée danoise avait procédé à l’évacuation d’un membre de l’équipage d’un sous-marin américain au large de Nuuk, la capitale groenlandaise.

© OLIVIER LABAN-MATTEI/MYOP POUR « LE MONDE »

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Après un “examen approfondi” de la décision de la Cour suprême, Trump augmente encore ses droits de douane

Vingt-quatre heures après avoir sorti de sa manche de nouveaux droits de douane de 10 % pour remplacer ceux qui venaient d’être annulés par la Cour suprême, Donald Trump a décidé samedi de porter leur taux à 15 %.

© Aaron Schwartz / REUTERS

Le président américain Donald Trump assiste à un dîner organisé à l’occasion de la venue des gouverneurs à la Maison-Blanche, à Washington, le 21 février 2026 (REUTERS/Aaron Schwartz).
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"L'ennemi attaque": à la veille du quatrième anniversaire de l'invasion russe, Kiev à nouveau bombardée

Vers 4 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche 22 février la capitale ukrainienne a été la cible de frappes russes. L'alerte a été donnée sur tout le territoire et l'armée polonaise a déployé des avions pour protéger son espace aérien, comme souvent en cas d'attaques russes de grande ampleur et menaçant les régions frontalières.

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En Libye, quinze ans après la chute de Kadhafi, l’essor du modèle autoritaire du maréchal Haftar

Depuis Benghazi, capitale de facto de l’Est libyen, l’homme qui se présente comme le « sauveur » de la nation a étendu son emprise sur les trois quarts du pays, mêlant poigne sécuritaire et développement des infrastructures.

© ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »

Un portrait du maréchal Khalifa Haftar, commandant de l’Armée nationale libyenne et homme fort de l’Est Libyen, devant l’université Garyounis, à Benghazi (Libye), le 13 décembre 2025. Sur l’affiche, on peut lire : « D’une main nous construisons et, de l’autre, nous reconstruisons nos forces armées. »
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La Libye, eldorado pétrolier saigné par les malversations

Malgré des réserves de pétrole parmi les plus importantes d’Afrique, le pays souffre de graves pénuries d’essence. En cause, une mauvaise gestion, des détournements de cargaison et de la contrebande.

© ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »

Dans la file d’une station d’essence de la compagnie Al-Charara, qui subit, comme toutes les autres, une pénurie liée au manque de réserves, à Benghazi (Libye), le 13 décembre 2025.
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L’enjeu politique du crime organisé en Israël

La vague de violence criminelle qui cible la minorité arabe d’Israël met le gouvernement Nétanyahou devant ses responsabilités, estime l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique.

© LAURENCE GEAI/MYOP POUR « LE MONDE »

Lors d’une manifestation contre les crimes dans la communauté arabe, à Tamra, dans le nord d’Israël, le 28 janvier 2026.
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Tension autour du Groenland

Depuis sa réélection en 2024, Donald Trump fait pression sur le Danemark pour récupérer le Groenland et en faire le 51e État des États-Unis. Il assure que le territoire est "indispensable" pour la sécurité de son pays. L'Europe et le Danemark font front commun en s'opposant aux velléités américaines. Ce qui ne semble pas freiner les ambitions de la Maison Blanche. Le 15 janvier 2025, la France a envoyé des troupes sur places.

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Tensions entre l'Iran et les États-Unis: Téhéran a obtenu l'accord de Washington pour continuer à enrichir de l'uranium, selon les médias américains

Le président américain, qui oscille entre promesses d'une issue négociée et menaces militaires, avait peu auparavant confirmé l'envoi "très bientôt" d'un deuxième porte-avions américain dans la région. Deux semaines après le déploiement du porte-avions Lincoln au Moyen-Orient, le département américain de la Défense annonce l'envoi d'un deuxième porte-avions dans la région du Golfe. Donald Trump s'est exprimé et a justifié l'envoi de ce deuxième porte-avion et menace, au passage, une nouvelle fois l'Iran.

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En Iran, les étudiants manifestent dans les rues de Téhéran contre le pouvoir en place

Des étudiants iraniens ont scandé samedi à Téhéran des slogans contre le pouvoir, nouvelle démonstration de colère après le mouvement de contestation de janvier, au moment où les Etats-Unis accentuent leur pression militaire malgré des pourparlers.  Les rassemblements dans plusieurs universités de la capitale ont été organisés dans le sillage des vastes manifestations qui avaient été étouffées dans le sang en janvier.

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« Ici Gaza », la renaissance de la radio dans un territoire en ruines

Média indépendant lancé sur les ondes le 11 février, Hona Ghazza est la première radio à émettre dans l’enclave palestinienne depuis plus de deux ans. Les 23 stations locales qui existaient avant la guerre ont toutes été détruites par l’armée israélienne.

© HONA GHAZZA

Extrait d’une interview filmée de la radio Hona Ghazza, présentant la journaliste Sylvia Hassan et Abdullah Sharsha, président du conseil d’administration de l’Association Génération, le 15 février 2026.
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Derrière la célèbre photo de la gare d’Odessa publiée dans « Le Monde », l’histoire d’une famille ukrainienne déchirée par la guerre et l’exil

Quelques jours après l’invasion russe, la photojournaliste Laurence Geai a immortalisé les adieux d’une famille ukrainienne à la gare d’Odessa. Quatre ans plus tard, la mère a reçu « Le Monde » à Cologne, en Allemagne, où elle vit réfugiée avec son fils et sa mère, loin de son mari, enrôlé depuis dans l’armée.

© Laurence Geai /MYOP pour « Le Monde »

Artem (au centre), avec sa mère Kateryna (à droite) et sa grand-mère Iryna, disent au revoir à Oleksandr, le mari de Kateryna. Des trains d’évacuation ont été mis en place pour permettre aux civils de fuir l’invasion russe, à la gare d’Odessa (Ukraine), le 3 mars 2022.
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Comment les Etats-Unis monnaient les expulsions de migrants avec les gouvernements africains

« Paiements secrets en espèces », « concessions discrètes », aide et visas : l’administration Trump conclut des accords troubles avec des pays africains pour accélérer sa chasse aux immigrés clandestins.

© SERGENT NICHOLAS J. DE LA PENA / DÉPARTEMENT DE LA DÉFENSE VIA AFP

Expulsion de migrants sans papiers à bord d’un avion C-17 américain à Fort Bliss, au Texas, le 23 janvier 2025.
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