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Etats-Unis : pourquoi attaquer l'Iran serait plus risqué que capturer Nicolas Maduro

Une attaque en Iran peut-elle produire les mêmes effets que celle réalisée au Vénézuela contre Nicolas Maduro le mois dernier ? Autrement dit, permettrait-elle aux Etats-Unis d'évincer le guide suprême et de faire pression sur son successeur ? Garantirait-elle la suspension du programme nucléaire iranien ? Le New York Times a posé la question à plusieurs experts de la région, et leurs réponses sont unanimes : intervenir en Iran serait nettement plus complexe - et prolongé - qu'au Vénézuela. Et induirait a fortiori des pertes humaines côté américain, qui pourraient coûter cher à Donald Trump à l'approche des élections de mi-mandat.

"Il n’existe aucune option militaire simple, peu coûteuse et propre dans le cas de l’Iran", résume Ali Vaez de l’International Crisis Group, une ONG spécialisée dans la résolution de conflits. Si l'Iran a été affaiblie par les frappes israélo-américaines menées sur son sol en juin dernier, il bénéficie toujours d’importantes capacités militaires et d'un vaste réseau de forces supplétives régionales (Hezbollah, Houthis...).

Arsenal militaire conséquent

L'Iran dispose en effet de l'un des arsenaux de missiles les plus étendus et les plus diversifiés du Moyen-Orient. Parmi eux : drones, armes anti-navires, mais aussi missiles balistiques pouvant parcourir près de 2 000 kilomètres. Une contre-attaque iranienne pourrait viser de grandes villes en Israël, pays dont les stocks d’intercepteurs s’amenuisent après plus de deux ans de guerre à Gaza.

Les représailles pourraient aussi viser d'autres Etats du Golfe, qui abritent plusieurs bases américaines. Certains - Arabie saoudite et Emirats arabes unis - ont déjà interdit aux Etats-Unis d'utiliser leur espace aérien pour des attaques, en guise de mesure préventive. Selon Sanam Vakil, directrice du programme Moyen-Orient du think-tank Chatham House, la peur d'une guerre régionale serait perçue par de nombreux responsables iraniens, comme un facteur susceptible de dissuader Donald Trump.

Réseau de soutiens dans la région

D'autant que l'Iran n'est pas seule et pourrait compter sur le soutien de son "axe de la résistance" en cas d'attaque américaine. Téhéran a soutenu et armé diverses milices chiites, en Iraq mais aussi au Liban (Hezbollah) ou au Yémen (Houthis), afin d’étendre son influence et de défier ses adversaires dans la région. Des forces qui, bien qu'affaiblies, pourraient riposter contre les forces américaines et leurs alliés, ouvrant ainsi plusieurs fronts et amplifiant le conflit au-delà des frontières iraniennes.

Un groupe irakien aligné sur l’Iran a déjà assuré Téhéran de son soutien en cas d’attaque américaine, et averti de possibles "opérations martyr". Des experts estiment également que les Houthis pourraient reprendre le ciblage du trafic maritime commercial en mer Rouge, comme ils l’avaient fait fin 2023 en soutien au Hamas durant sa guerre avec Israël. L’Iran a de son côté menacé de fermer le détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus importantes au monde, par laquelle transite 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié. Toute perturbation risquerait de faire flamber les prix de l'énergie.

Plus qu'un homme, une structure entière

Enfin, autre aspect à prendre en compte : en Iran, renverser le gouvernement ne se résume pas à écarter le guide suprême. Le pouvoir réel en Iran repose sur une idéologie, soutenue par des partisans politiques radicaux et consolidée par une structure de pouvoir complexe façonnée sur près d’un demi-siècle. "Une opération copiée-collée du Venezuela serait plus difficile à réaliser si l’objectif est une décapitation du régime", explique Sanam Vakil.

On ignore s’il existerait une figure équivalente à celle de Delcy Rodríguez — vice-présidente de Nicolas Maduro et dirigeante par intérim du Venezuela — avec laquelle les responsables américains pourraient travailler si le guide suprême était écarté du pouvoir.

Par ailleurs, Téhéran se situe à environ 650 kilomètres à l’intérieur des terres depuis le golfe Persique. Une disposition géographique qui complexifie toute potentielle capture de dirigeants iraniens. En comparaison, Caracas, où Maduro et son épouse ont été enlevés par l'armée américaine le mois dernier, n'est situé qu'à environ 16 kilomètres de la mer des Caraïbes. Rien ne garantit, donc, que les Etats-Unis puissent dupliquer leur mode opératoire en Iran.

© via REUTERS

Une fresque anti-américaine sur un bâtiment à Téhéran, en Iran, le 24 janvier 2026. Majid Asgaripour/WANA (Agence de presse d'Asie occidentale) via REUTERS
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"Au moment d'envahir l'Ukraine, l'incompétence de l'armée était totale" : le témoignage exceptionnel d'un déserteur russe

"Quand avons-nous franchi la frontière ? Je ne m’en souviens plus. Peut-être avant le 24 février. Depuis plusieurs jours, nous étions comme hors du temps."

Attablé dans la cuisine de son appartement à Astana, au Kazakhstan, Evgueny Korobov cherche ses mots. Quelques semaines avant l’invasion de l’Ukraine, sa brigade, postée à proximité de Samara, dans le sud-est de la Russie, avait été envoyée dans la région de Koursk, à la lisière de l'Ukraine. "Nous sommes arrivés le 10 février. Je m’en souviens très bien, c’était le jour de la paie."

Officiellement, il s’agissait "d’exercices militaires". "Le commandement nous assurait que, malgré les tensions, il n’y aurait pas de guerre. Ce serait juste des démonstrations de force, et tout irait bien." Pourtant, l'offensive débute, sans que personne ne s'y attende. Les premiers jours se déroulent dans une étrange suspension, se souvient-il. Puis, soudain, "les tirs ont jailli de partout. Une véritable guerre a commencé".

D'abord stationné près de Kiev, Evgueny Korobov est affecté dans le Donbass, sur la ligne de front où il passe près de trois mois. Il désertera définitivement les tranchées en janvier 2023. Son témoignage, à visage découvert, est rare. Car même à l’étranger, les déserteurs russes sont activement recherchés par le Kremlin dans le cadre de procédures de répression transnationale. Il encourt jusqu’à quinze ans de prison pour désertion et vit depuis trois ans caché au Kazakhstan, pays voisin de la Russie.

Népotisme et impréparation

Au sein de la 15e brigade de fusiliers motorisés, ce trentenaire originaire de Krasnoïarsk commandait des dizaines d’hommes, au sein de cette unité pourtant créée pour participer à des missions de maintien de la paix sous l’égide des Nations unies. Fils d’une postière, élevé sans véritable figure paternelle, Evgueny Korobov avait embrassé la carrière militaire par conviction. "J’ai toujours voulu défendre ma patrie. Mais pourquoi devrais-je attaquer les Ukrainiens ? Cette guerre est absurde".

Passé par la Syrie en 2020, au sein de la coalition internationale antiterroriste à laquelle la Russie participait aux côtés des Américains, il dit avoir découvert en Ukraine l’envers du décor. "Beaucoup surestiment la capacité de combat de l’armée russe. Chez nous, l’incompétence est totale, à cause du népotisme et du copinage à tous les niveaux dans le pays." Pendant les premiers jours de l’offensive, certains chefs utilisaient Google Maps pour se repérer. "C’est dire le degré d’impréparation !" en rigole-t-il encore.

Les papiers militaires et décorations d'Evgueny Korobov, déserteur de l'armée russe. A Astana, le 15 février 2026.
Les papiers militaires et décorations d'Evgueny Korobov, déserteur de l'armée russe. A Astana, le 15 février 2026.

Dans les rangs, il voit affluer des volontaires sans formation. "Les premiers que j’ai vus étaient des hommes brisés, souvent des divorcés, qui allaient tout droit vers la mort. Une forme de suicide par procuration." Il marque une pause. "On dira que ce sont des monstres. Selon moi, le monde est plus compliqué que ça. Ils ont commis une erreur, certes, mais s’ils n’ont pas participé à des atrocités, ils méritent le pardon."

L’idée de déserter s’impose rapidement. Car en Russie, rompre son contrat est impossible avant son terme. Il lui reste deux ans à servir. Alors il commet un geste désespéré : il se tire une balle dans la jambe ainsi qu'à certains de ses hommes "pour les sauver de cet enfer".

Évacué vers un hôpital militaire en Russie, il guérit après une longue rééducation de six mois, au terme de laquelle il doit être renvoyé au front. Il tente alors de corrompre des médecins pour obtenir un certificat d’inaptitude, en vain. "Je suis même allé chez un ophtalmologue dans une clinique privée pour altérer ma vue au laser. Ils m'ont jeté dehors en me traitant d'imbécile !", raconte Evgueny.

Héros national à la télévision

Pendant son court séjour à l'arrière du front, la Russie lui semble inchangée. "Ceux qui soutiennent la guerre sont ceux qui ne la font pas. La propagande fonctionne, surtout auprès de ceux qui ne se battent pas".

Il a lui-même fait partie de cette opération de propagande : en décembre 2022, il est la vedette de l’émission "Makhalov", talk-show grand public diffusé sur la chaîne contrôlée par le Kremlin Russia-1, qui glorifie les soldats revenus du front. "C’était largement enjolivé, et préparé bien à l’avance par le commandement militaire", se souvient-il, alors décoré d'une médaille du "Courage" "grâce à un colonel dont j'ai sauvé la vie et qui, en guise de remerciement, a inventé tout un récit héroïque".

Evgueny Korobov participant à l'émission de télévision russe
Evgueny Korobov participant à l'émission de télévision russe "Makhalov" aux côté de sa mère, le 1er décembre 2022, à son retour du front.

Souffrant de troubles post-traumatiques - spasmes, accès d’agressivité - il parvient finalement à rejoindre la Biélorussie, puis le Kazakhstan, grâce à l'aide d'Iditié Lessom, organisation basée en Géorgie qui aide les soldats russes à fuir.

50 000 déserteurs russes

Plus de 50 000 soldats russes ont déserté depuis 2022, soit près de 10 % de l'ensemble des troupes russes en Ukraine, selon les estimations de l'ONU en 2025. "Bien que ce niveau ne soit pas encore critique pour l'armée russe, l'augmentation rapide de cette tendance révèle un problème grave que Moscou est incapable de résoudre, même par des mesures punitives sévères, y compris les exécutions extrajudiciaires", notait l'an dernier l'organisation ukrainienne FrontIntelligence Insight, spécialisée dans le décompte des déserteurs russes.

La vie de déserteur est "une vie où il faut tout le temps faire attention", dit Evgueny. "Je parle peu à mes parents. Nous avons convenu qu’ils devront me traiter de traître à la patrie si la police venait les interroger sur mon sort."

Aujourd'hui, il vit au Kazakhstan dans une quasi-clandestinité, comme une vingtaine d’autres déserteurs russes réfugiés à Astana. Il est dans une impasse administrative. Son passeport est périmé depuis 2024, sa demande d’asile a été rejetée. Or, le pays d'Asie centrale, resté proche de Moscou, est lié à son voisin par des accords d’extradition qui obligent les autorités kazakhes à remettre les citoyens visés par un mandat d’arrêt.

Evgueny Korobov peut être extradé à tout moment. Pour ces objecteurs de conscience, la pression s’accentue depuis le début de cette année : l’un d’eux, Semyon Bajoukov, a été arrêté sur le sol kazakh par la police d'une base militaire russe au Kazakhstan - le troisième cas recensé depuis 2023. Un autre originaire de Tchétchénie, Zelimkhan Mourtazov, est actuellement retenu à l’aéroport d’Astana après avoir tenté de rejoindre la Turquie.

"Les déserteurs russes sont en danger ici", selon son avocat, Artur Alkhastov, qui se bat pour le faire partir vers l’Europe, notamment vers la France. "A ce stade, tout espoir repose sur Paris, qui demeure l'un des seuls pays où les Droits de l'homme jouent un rôle significatif", assure Artur Alkhastov.

En 2024, six déserteurs, venus eux aussi du Kazakhstan, ont été accueillis sur le sol français - le seul pays de l'UE qui accueille officiellement des déserteurs russes. "Certains que j’ai hébergés chez moi à Astana, à l'époque, sont aujourd’hui là-bas !", glisse Korobov, une pointe d’envie dans la voix. À la fenêtre de son appartement donnant sur les barres d’immeubles de la ville, il jette un regard sur l’horizon figé. Il a déserté la guerre, mais reste prisonnier de son ombre.

© Emma Collet

Evgueny Korobov, déserteur de l'armée russe, à Astana, le 15 février 2026.
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La Hongrie bloque le prêt européen à l’Ukraine tant que l’oléoduc Droujba reste fermé

Budapest bloquera le prêt européen de 90 milliards d'euros à l'Ukraine tant que les livraisons de pétrole russe à la Hongrie via l'oléoduc Droujba ne seront pas rétablies, a déclaré vendredi le ministre hongrois des Affaires étrangères. La Hongrie et la Slovaquie sont les seuls pays membres de l'Union européenne encore approvisionnés en pétrole russe via cet oléoduc qui traverse l'Ukraine. Mais les livraisons ont été interrompues le 27 janvier dernier après une attaque de drone russe contre le pipeline, selon Kiev.

Budapest et Bratislava, alliés de Moscou, accusent depuis lors l'Ukraine de retarder la reprise des livraisons pour des raisons politiques. "En bloquant le transit de pétrole vers la Hongrie via l'oléoduc Droujba, l'Ukraine viole l'accord d'association UE-Ukraine et rompt ses engagements envers l'Union européenne. Nous ne céderons pas à ce chantage", a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, sur la plateforme X.

Les dirigeants de l'Union européenne (UE) sont convenus en décembre d'emprunter sur les marchés pour effectuer un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine afin de financer son effort de guerre face à la Russie au cours des deux prochaines années. La Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque avaient alors accepté de ne pas bloquer la démarche de l'UE à condition de ne pas avoir à subir de quelconques répercussions financières.

© REUTERS

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban pourrait perdre le pouvoir lors des élections d'avril 2026.
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Un multimilliardaire en mission : Charles Kushner, l'étonnant ambassadeur de Donald Trump à Paris

L’ambassadeur des Etats-Unis, Charles Kushner, se couche à 21 heures et se lève à 5 heures. Dès son réveil, entouré par ses officiers de sécurité, il quitte l’hôtel de Pontalba, la résidence officielle, marche jusqu’à l’hôtel Crillon, place de la Concorde, où il enchaîne les longueurs dans la piscine à la mosaïque couleur céladon - routine matinale immuable. Musculature drue, cheveux neige, le multimilliardaire septuagénaire paraît dessiné au couteau, comme taillé dans un arbre sec, tonicité dont son compte Instagram laisse penser qu’il n’est pas peu fier. Le 7 septembre, le nouvel émissaire de Donald Trump à Paris s’est ainsi laissé filmer dans un concours de planche contre des Marines bodybuildés et, quelle surprise, c’est lui, le plus âgé de la bande qui remporta l’épreuve en tenant 7,59 minutes sur les avant-bras.

Sa discipline sportive gouverne d’ailleurs son agenda, et partant celui de la représentation des Etats-Unis en France. Jamais de dîner officiel, déjeuners frugaux, à l’exception de furtifs passages au Cercle Interallié, comités toujours restreints. Certaines réunions sont présidées avec sa femme, l’élégante Seryl, qui comme lui, ne parle ni ne comprend le Français. Cordial, affable, le lointain successeur de Benjamin Franklin s’exprime avec simplicité, et comme son patron Trump, honnit les rendez-vous longs, assuré de pouvoir tout régler en dix minutes au téléphone. Son pragmatisme interroge. Et sa maladresse - très - volontaire, comme lorsqu'il somme via son compte X les autorités françaises de poursuivre les coupables du meurtre de Quentin Deranque. Une immixtion dans la politique intérieure si malvenue qu'elle lui vaut illico une convocation au quai d'Orsay. A l’aube d’une élection présidentielle française sous haute tension, qu’est venu faire dans la capitale européenne l’émissaire du chef de file des Maga ?

Le "fantôme" de l'avenue Gabriel

Il semble que son premier chantier soit de cesser de claquer de l’argent dans des événements mondains. Depuis juillet dernier, date de son installation, l’ambassade s’est retranchée. Finis les soirées, cocktails et autres garden-parties dont l’auguste bâtiment régalait la Ville lumière. Le palais aux 600 employés s’est mué en ruche besogneuse où l’on s’affaire, oublieux de toute velléité représentative. L’ascèse a d’ailleurs plongé la communauté expatriée – 100 000 citoyens – dans la perplexité, celle-ci s’alarmant de ne plus recevoir de cartons d’invitation, et s’étonnant, abasourdis, de ne jamais avoir rencontré leur musclé ambassadeur, les plus anciens s’étranglant qu’il n’ait en neuf mois visité qu’un seul des 11 cimetières américains en France (celui de Suresnes, le plus proche de Paris). "Kushner, c’est le fantôme de l’avenue Gabriel", pique le correspondant d’une chaîne de télévision américaine, exigeant l’anonymat.

Gracié par Donald Trump

Magnat de l’immobilier, à la tête d’une fortune estimée en 2024 à 7 milliards de dollars, l’homme d’affaires n’a en réalité rien d’un fantôme, et tout du soldat. Du soldat reconnaissant, tant il doit à Donald Trump. Un mois avant la fin de sa première présidence, en décembre 2020, celui-ci l’a gracié après qu’il fut, en 2005, condamné à deux ans de prison pour fraude fiscale et subornation de témoins. Il avait reconnu avoir engagé une prostituée pour séduire son beau-frère, qui collaborait à une enquête fédérale sur des financements de campagne.

Après quatorze mois derrière les barreaux, le voici blanchi in extremis par le président, dont la fille, Ivanka Trump, a épousé, en 2009, son fils, Jared. Aujourd’hui, les deux hommes ont en commun trois petits-enfants. Ça pèse. Cinq ans après la grâce, le repris de justice et père du gendre de Donald Trump se voit en mai dernier récompensé d’un poste à Paris. Etait-ce son souhait ? Ou plutôt une dette à rendre ? Lors de son audition devant le Sénat américain, il n’a pas donné d’indication sur sa vision, s’enorgueillissant de tout ignorer de la diplomatie. Compte tenu de l’importance du poste, il eut toutefois le droit de se choisir un collaborateur, les équipes en place demeurant inchangées. Il élit Gabriel Sheinman, 38 ans, débauché du think tank conservateur Alexander Hamilton Society promouvant "le leadership américain". La recrue lui fut conseillée par son fils, Jared, qui emploie une parente de Gabriel Sheinman. Parfaitement francophone, père de deux jeunes enfants scolarisés, le nouveau "chief of staff" a depuis lors séduit tous ses interlocuteurs français, vantant sa quantité de travail, à tel point que Nicolas Sarkozy, convié à déjeuner à la résidence, n’eut en sortant que des compliments à l’endroit de ce n° 2.

Au Quai d’Orsay, on chuchote n’avoir affaire qu’à lui, et s’en féliciter, le trentenaire se révélant plus souple que son patron. Tandis que Sheinman fait le job, Kushner met lui en scène son projet politique univoque. Dès son arrivée, il fait poser des mézouzas, objets cultuels juifs, aux chambranles des portes de la résidence, et lance un chantier de réfection des cuisines afin de servir une alimentation répondant aux exigences de la cacherout. Observant le shabbat avec scrupule, il se déplace à pied le samedi, coupe l’électricité et refuse ce jour de "toucher un micro" - son cabinet doit aménager ses rendez-vous en tenant compte de son recueillement. Dans la foulée, son premier déplacement, le 11 juillet, le conduit au mémorial de la Shoah, le 22 juillet, premier entretien bilatéral avec Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, puis, le 30 juillet, visite de la Grande synagogue de Paris. Fin août, sa lettre incendiaire reprochant à Emmanuel Macron de ne pas lutter suffisamment contre l’antisémitisme parachève la démonstration, d’autant qu’il néglige sa convocation au ministère des Affaires étrangères, y dépêchant son n° 3, tandis qu’il publie sur ses réseaux une vidéo de lui baguenaudant dans les rues de Saint-Rémy-de-Provence. Un camouflet inédit que ses services tentent d’adoucir, arguant qu’il ne se serait pas rendu compte, qu’il n’aurait pas pris la mesure, que personne de son cabinet n’osa insister et ajoutant qu’il respecterait le protocole. A voir.

Début décembre, le diplomate, qui déteste les mondanités a lui-même organisé dans ses salons la projection du documentaire, L’Ombre du commandant, (la rencontre entre une rescapée de l’Holocauste et un dirigeant d’Auschwitz), y conviant une centaine d’invités, tout comme il a, autre exception, organisé un débat autour du cinquième anniversaire des accords d’Abraham, en présence de son fils Jared qu’il interrogea en portant au micro les questions du public. "Il est venu avec l’idée de n’agir que contre l’antisémitisme", observe Simone Rozan Benzaquen, la présidente de l’American Jewish Committee en Europe. Un combat que son entourage explique en renvoyant vers sa biographie de petit-fils d’une famille juive exterminée pendant la Shoah, explication à laquelle le rabbin Tom Cohen, à la tête de la libérale synagogue franco-américaine de Paris, ajoute un élément. Selon lui, la communauté juive du New Jersey, à laquelle appartiennent les Kushner, considère depuis toujours la France comme un pays viscéralement antisémite.

Cuisine casher pour tous

En étant nommé à Paris, Charles Kushner se serait vu appelé en mission. Une vision nourrie par le courant religieux dont il se réclame et qu’il soutient financièrement. Conservateur orthodoxe, il se réclame en effet du mouvement Chabad Loubavitch, courant prosélyte très lié à Israël. L’affiliation expliquerait pourquoi il n’a jamais jugé utile de prendre contact avec la synagogue franco-américaine, s’empêchant ainsi de faire la connaissance d’un rabbin s’exprimant en anglais. A y regarder de près, il semble que l’ambassadeur américain combatte l’antisémitisme tout seul, n’ayant reçu aucune figure de la communauté juive - jusqu’à la semaine dernière, il n’avait même pas invité Yonathan Arfi, le président du Crif. Il se méfierait de ces personnalités, auxquelles il reproche de ne s’être pas élevés contre la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France, publiant d’ailleurs, le 26 septembre, sur ses réseaux sociaux un sondage – anonyme - clamant que "78 % des Français" seraient opposés à la reconnaissance d’un Etat de Palestine sans conditions.

En réalité, son emploi du temps révèle qu’il ne veut échanger qu’avec ceux qui, comme lui, considèrent que "la solution à deux Etats est une illusion", comme il l’a rappelé chez Darius Rochebin sur LCI, son unique intervention dans un média français à ce jour. Si BFM TV pourrait obtenir une entrevue, c’est parce que son propriétaire, l’armateur Rodolphe Saadé et son épouse, ayant promis d’investir 20 milliards dans l’industrie maritime américaine, s’en firent les porte-parole au cours de déjeuners à la résidence.

Des politiques priés de se déplacer

Après avoir été absent de Paris plusieurs semaines cet automne, voulant faire la connaissance de son 15e petit-enfant né aux Etats-Unis, il a dès son retour reçu plusieurs politiques français. Quand il n’a pas le choix, il se déplace, comme pour rencontrer Gérard Larcher, le président du Sénat. Pour les autres, il préfère les faire venir, nonobstant les usages. Ainsi ce n’est pas au Sénat qu’il rencontre Bruno Retailleau, ex-ministre et toujours sénateur, ni à la mairie du Havre qu’il découvre l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, mais dans ses bureaux de la Résidence. Tout comme Marine Le Pen et Jordan Bardella, reçus pendant une heure, entrevue laissant le couple à la tête du RN pantois, leur hôte ignorant tout de leur calendrier judiciaire et ne cherchant pas à l’appréhender.

Marine Le Pen et Jordan Bardella ont été reçus par Charles Kushner le 12 décembre 2025.
Marine Le Pen et Jordan Bardella ont été reçus par Charles Kushner le 12 décembre 2025.

Charles Kushner s’est récemment enquis de savoir s’il y aurait un élu LFI "fréquentable", et faute de réponse probante à ses yeux, n’a pas donné suite. En revanche, les patrons eux défilent en rangs serrés. Mc Donald, Le Duff, Sanofi, Thales, Sodexo, TotalEnergies, tous eurent droit à leur entretien, afin de fournir la cohorte de 40 chefs d’entreprise qu’il souhaite convoyer en mai 2026 au sommet "Select USA" dans le Maryland. Une grand-messe pro business, qui tient à cœur à l’homme d’affaires, veillant dans le même temps à rassembler des mécènes aux poches pleines pour financer la commémoration le 4 juillet du 250e anniversaire de l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, "250 America", raout mondial dont il prépare la déclinaison parisienne et à laquelle il a déjà convié Bernard Arnault, le PDG de LVMH, et son épouse.

Dans les couloirs de l’Elysée, on sourit que plusieurs grands patrons américains de passage s’indignent – à voix basse - des pressions appuyées de Kushner pour qu’ils mettent au pot. Son entourage décrit en outre son atavique tropisme immobilier. Il a fait le tour des quatre immeubles, propriétés de son pays à Paris, demandé des plans, noté leur faible taux d’occupation, le roi du "real estate" n’aime pas que l’argent dorme. En octobre, le Stade de France accueillera pour la première fois l’équipe de football américain, les Saints de la Nouvelle-Orléans, une rencontre de saison régulière de la National Football League (NFL), dont il s’est occupé en passant des centaines d’appels pour l’organiser. Se frottant les mains, il jure triomphal que les billets se vendront en quelques minutes. Et à ses yeux, c’est une sacrée victoire pour un ambassadeur.

© Philippe Labrosse/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

L'ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles Kushner, à l'ambassade américaine, le 23 juillet 2025.


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The United States Ambassador to France, Charles Kushner, in his office in Paris, on July 23, 2025 (MaxPPP TagID: maxnewsspecialtwo291789.jpg) [Photo via MaxPPP]
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Tentative d’intrusion armée à Mar-a-Lago dans la résidence de Donald Trump : un homme abattu

Un homme d'une vingtaine d'années a été abattu après avoir tenté de pénétrer illégalement dans le périmètre sécurisé du complexe Mar-a-Lago, à West Palm Beach, en Floride, du président américain Donald Trump, a déclaré dimanche les services secrets. Le président américain se trouve actuellement à Washington. "Un homme armé a été abattu (...) après avoir pénétré illégalement dans le périmètre sécurisé de Mar-a-Lago tôt ce matin", a annoncé Anthony Guglielmi, le porte-parole du Secret Service sur X. L'homme transportait ce qui semblait être un fusil et un bidon d'essence, a déclaré le Secret Service, ajoutant qu'il avait été aperçu à l'entrée nord du complexe vers 01h30 du matin (06h30 GMT).

Cet événement intervient alors que les Etats-Unis sont traversés par des épisodes de violence politique. En 2024, Donald Trump a échappé à deux tentatives d'assassinat, dont une sur le parcours de golf du président américain à West Palm Beach. La représentante démocrate du Minnesota, Melissa Hortman, a été assassinée en juin 2025 en compagnie de son mari. Quelques mois après, le militant conservateur Charlie Kirk était à son tour assassiné.

© REUTERS

The presidential limousine is parked outside on the day of the wedding of Dan Scavino, White House deputy chief of staff, and Erin Elmore, the director of Art in Embassies at the U.S. Department of State, at Mar-a-Lago in Palm Beach, Florida, U.S., February 1, 2026. REUTERS/Nathan Howard
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Mort de Quentin Deranque : la France convoque l'ambassadeur américain Charles Kushner

La France va convoquer l'ambassadeur américain Charles Kushner à la suite des publications de ce dernier concernant le militant identitaire Quentin Deranque, a déclaré dimanche le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui critique toute ingérence étrangère dans cette affaire. "Oui, nous allons convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis en France, puisque l'ambassade des Etats-Unis en France a fait un commentaire sur ce drame (...) qui concerne la communauté nationale", a déclaré le chef de la diplomatie française dans l'émission "Questions Politiques" sur Franceinfo, France Inter et Le Monde. "Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame qui endeuille une famille française", a-t-il ajouté. "Nous n'avons aucune leçon, s'agissant de la violence en particulier, à recevoir de l'internationale réactionnaire", a-t-il poursuivi.

Des milliers de personnes ont défilé samedi à Lyon pour rendre hommage à ce militant identitaire, mort après avoir été frappé le 12 février par des militants antifascistes. Le rassemblement, qui s'est tenu sous forte présence policière, a été émaillé de quelques légers accrochages avec des riverains. Des chants comme "On est chez nous !" ont été par ailleurs entonnés par des manifestants.

Le Quai d'Orsay dénonce des ingérences

La préfecture du Rhône a annoncé avoir saisi la justice au sujet des saluts nazis et des insultes proférées. "Je condamne évidemment les signes et saluts nazis qui ont été observés hier lors de la manifestation et la préfecture du Rhône a eu raison de saisir la justice à leur sujet", a déclaré Jean-Noël Barrot.

L'ambassade des Etats-Unis en France et le Bureau de lutte contre le terrorisme du département d'Etat américain ont dit suivre de près l'"affaire Quentin". Sur le réseau social X, l'ambassade des Etats-Unis en France a écrit : "Les informations, corroborées par le ministre français de l'Intérieur, selon lesquelles Quentin Deranque aurait été tué par des militants d'extrême gauche, devraient tous nous préoccuper." "L'extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu'il représente pour la sécurité publique", peut-on également lire.

Jean-Noël Barrot a par ailleurs dit qu'il évoquerait les sanctions américaines visant Thierry Breton, ancien commissaire européen, et Nicolas Guillou, membre de la Cour pénale internationale (CPI). "Les sanctions dont il fait l'objet sont une atteinte à l'indépendance de la justice internationale", a déclaré Jean-Noël Barrot. "Et s'agissant de Thierry Breton, les sanctions dont il fait l'objet, sont une atteinte à l'autonomie décisionnelle de l'Union européenne", a-t-il déclaré.

Le journal La Tribune a rapporté samedi soir que le président Emmanuel Macron avait écrit à son homologue américain Donald Trump pour lui demander de lever les sanctions à la rencontre des deux Français.

© afp.com/Ludovic MARIN

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, à la sortie de l'Élysée, le 18 novembre 2025 à Paris
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Occupation israélienne au Moyen-Orient: Tollé après les propos de l'ambassadeur américain en Israël

Invité sur le podcast du commentateur conservateur américain Tucker Carlson, l'ambassadeur américain à Jérusalem Mike Huckabee a estimé qu'Israël avait un droit sur des terres s'étendant sur une large partie du Moyen-Orient, au grand dam des pays arabes voisins. Notre correspondent Stéphane Amar nous en dit plus depuis Jérusalem.

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La survie des femmes en Afghanistan

Islamabad a indiqué dimanche avoir mené des frappes « sélectives » contre des groupes armés en Afghanistan, à la suite de plusieurs attentats, dont une attaque meurtrière dans une mosquée à Islamabad. Kaboul accuse le Pakistan d’avoir visé des civils dans les provinces de Nangarhar et Paktika. Hamida Aman, journaliste afghane et fondatrice de la Radio Begum, nous éclaire sur la situation des femmes en Afghanistan.

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Volodymyr Zelensky

Né le 25 janvier 1978 à Kryvyï Rig, une ville industrielle ukrainienne au cœur d'une région majoritairement russophone, Volodymyr Zelensky a succédé à Petro Porochenko et est devenu président de l'Ukraine le 20 mai 2019. Avant de se lancer en politique, il s'était forgé une belle carrière dans la comédie - en Ukraine, comme en Russie d'ailleurs. À partir de 2015, il interprète dans Le Serviteur du peuple, une série à succès, un professeur d'histoire honnête mais naïf qui devient par hasard président de l'Ukraine. La fiction rattrape donc la réalité avec son élection en 2019 par des Ukrainiens fatigués de leur classe politique corrompue et de leur président milliardaire, Petro Porochenko. Si Volodymyr Zelesnky n'a pas su répondre aux attentes de ses électeurs au début de son mandat, la guerre a tout changé. Quelques semaines avant l'invasion russe du 24 février 2022, sa présidence semblait en perte de vitesse, l'ancien comédien peinant à tenir ses promesses électorales dans un pays rongé par la pauvreté et la corruption. Facile alors pour ses rivaux de dire que le costume présidentiel est trop grand pour un amuseur public. Et aux Occidentaux de se désoler que le nouveau dirigeant ukrainien se montre incapable de réformer le pays. Quand, à l'aube du 24 février 2022, Vladimir Poutine lance l'invasion de l'Ukraine, Moscou est convaincu que l'offensive sera courte, que le faible pouvoir ukrainien s'écroulera. Kiev, Kharkiv, Lviv, Dnipro, Odessa: toutes les grandes villes ukrainiennes sont frappées, l'armée russe se dirige vers la capitale ukrainienne. Volodymyr Zelensky marque les esprits, apparaissant dans une vidéo filmée devant les bâtiments de l'administration présidentielle, en plein centre de Kiev, flanqué de ses conseillers. Depuis, Volodymyr Zelensky et son armée ont infligé des humiliations surprises à Vladimir Poutine: en avril 2022, le Kremlin renonce à Kiev, en septembre il perd la région de Kharkiv puis en novembre Kherson, capitale de la région éponyme. Faisant de lui son homme de l'année, le quotidien britannique Financial Times n'hésite pas à le comparer à Winston Churchill, chef de guerre britannique face aux nazis. Lui-même présente régulièrement son pays comme un rempart face à l'impérialisme russe, en défenseur des valeurs démocratiques, comme en juin, lorsqu'il dit devant les députés tchèques que Moscou vise "un vaste territoire de Varsovie à Sofia, de Prague à Tallinn".

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EN DIRECT, guerre en Ukraine : la Hongrie compte mettre son veto à l’adoption de la vingtième série de sanctions européennes contre la Russie, prévue pour lundi

La Hongrie et la Slovaquie menacent depuis plusieurs jours Kiev de mesures de rétorsion si l’oléoduc Droujba, qui traverse l’Ukraine depuis la Russie, n’est pas remis en marche.

© NICOLAS TUCAT/AFP

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, à Bruxelles, le 18 décembre 2025.
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« Maintenant, toute la Syrie est à nous! » : la vie en transit des familles libérées du camp d’Al-Hol

REPORTAGE - Ce camp, où étaient gardés des membres de l’État Islamique, abritait aussi des déplacés, sans lien avec lui. Après que les combattants kurdes l’ont abandonné aux forces de Damas, un grand nombre de djihadistes et de leurs familles se sont enfuis, ce qui pose un enjeu sécuritaire dépassant les frontières syriennes.

© Philémon Barbier / Hors Format

Deux enfants regardent l'horizon derrière les barrières grillagées depuis le camp Aq Burhan dans la campagne d'Akhtarine dans le gouvernorat d'Alep, en Syrie, en janvier 2026.
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Un homme armé, entré dans la résidence de Trump en Floride, tué par les forces de l'ordre

Un homme muni d'un fusil et d'un bidon d'essence a été abattu par les forces de l'ordre dans l'enceinte de la résidence Mar-a-Lago de Donald Trump en Floride, où il était entré illégalement, ont annoncé les autorités. Au moment des faits, le président américain se trouvait dans la capitale, Washington.

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Le Venezuela libère 80 prisonniers politiques

Une loi d’amnistie est entrée en vigueur au Venezuela et samedi, environ 80 prisonniers politiques ont été libérés à Caracas, selon le président du parlement national. Cette mesure a été adoptée sous la pression des États-Unis, à la suite de la capture militaire américaine du président Nicolás Maduro le mois dernier. La loi a déjà donné lieu à plus de 1 500 demandes d’amnistie et devrait entraîner la libération de nouvelles personnes détenues pour des raisons politiques, même si des critiques soulignent qu’elle exclut certaines catégories de prisonniers et s’interrogent sur l’étendue réelle de son application. Récit de Nicolas Chamontin.

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En Chine, le repos impossible des retraités des champs

« Cartes vermeil ». Une fois par mois, un de nos journalistes à l’étranger raconte comment on vieillit hors de nos frontières. Dans les campagnes chinoises, la faiblesse des pensions contraint de nombreux paysans retraités à l’exil urbain où, pour survivre, ils se résignent à accepter les emplois les plus précaires.

© Jordan POUILLE pour « Le Monde »

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En Turquie, la crise de l’industrie textile fait trembler le pays

Alors que 4 600 entreprises turques de l’habillement ont fermé leurs portes rien qu’en 2025, les manifestations et les grèves des ouvriers se sont multipliées ces derniers mois.

© OZAN KOSE / AFP

Dans un atelier textile à Gaziantep, en Turquie, le 30 janvier 2025.
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