Iran : les étudiants ont le "droit" de manifester, sans franchir les "lignes rouges"

© Alex Brandon/AP

© Xiao Yi / AP

© Bloomberg / Bloomberg via Getty Images

© JULIEN DE ROSA / AFP

© HENRY NICHOLLS / AFP
© Valentyn Ogirenko/REUTERS

© ATTA KENARE / AFP
© Nick Carey/REUTERS
Entouré d'une équipe entièrement acquise à sa cause depuis le début de son deuxième mandat, Donald Trump est rarement confronté à une opposition dans son camp, aussi légère soit-elle. Mais lorsqu'un conseiller ose émettre des doutes, le milliardaire les balaie. C'est le sort qu'a subi le chef d'état-major américain Dan Caine au sujet d'une potentielle guerre avec l'Iran. Alors que l'armée américaine masse ses navires, dont deux porte-avions, au Moyen-Orient, Donald Trump maintient la menace d'une intervention militaire contre la République islamique si un accord sur le nucléaire n'était pas trouvé rapidement entre les deux pays.
Alors que, dans un long message publié sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a affirmé lundi 23 février que Dan Caine prédisait qu'une guerre avec l'Iran serait "quelque chose de facilement gagné", la réalité semble tout autre. Selon le Washington Post et le Wall Street Journal, le général a fait part de ses préoccupations au président Trump en privé, lors d'une réunion à la Maison-Blanche la semaine dernière. En cause notamment : les stocks de munitions américains ont été largement consommés par le soutien militaire de Washington à Israël et à l'Ukraine. Une guerre ouverte avec l'Iran pourrait encore épuiser davantage les réserves, et compliquer la préparation d'un potentiel conflit futur avec la Chine, ont souligné des responsables auprès du Wall Street Journal. Selon le Washington Post, le ministère de la Défense a été forcé de demander 30 milliards de dollars au Congrès pour acheter des missiles et des intercepteurs face à la chute du niveau des stocks. Une demande partiellement satisfaite dans le budget du Pentagone.
Mais Dan Caine s'est aussi inquiété de la complexité d'une opération militaire en Iran. Si les États-Unis ont des bases dans la région, notamment au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, ces pays refusent qu'une offensive contre Téhéran soit lancée depuis leur territoire par peur des représailles, selon un haut responsable du Golfe persique au Washington Post. Une telle opération aurait donc des risques pour les militaires engagés sur le terrain mais aussi pour les ressortissants américains de la région.
Selon le média américain Axios, Dan Caine n'est pas sceptique mais "clair et réaliste" sur les chances de succès d'une opération américaine en Iran. Selon le porte-parole de l'état-major interarmées Joe Holstead, le général présente "une gamme d'options militaires", "des considérations secondaires et des risques et des impacts associés" aux dirigeants qui prennent la décision. En clair : il n'émet que des conseils, pas d'opinions, selon son cabinet. Dan Caine a d'ailleurs affirmé qu'il suivrait la décision prise par Donald Trump.
Alors que le milliardaire ne semble pas avoir pris sa décision sur l'Iran, la position de son responsable militaire pourrait avoir une influence, d'autant que ce dernier a supervisé les deux dernières opérations semblables, à savoir les frappes sur les sites nucléaires iraniens en juin dernier et la capture du président Vénézuélien Nicolas Maduro début 2026. Autre preuve de la confiance de Donald Trump envers son chef d'état-major : celui-ci est le seul chef militaire à avoir conseillé le président ces dernières semaines sur l'Iran selon Axios, qui affirme que le commandant Brad Cooper, le chef du Centcom chargé des opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient, n'était pas invité aux réunions sur l'Iran.
Dan Caine n'a pas été le seul à émettre des réserves sur une attaque en Iran. Le vice-président J.D. Vance a aussi émis des doutes, craignant que les États-Unis ne s'embourbent dans un conflit complexe, mais ne s'est pas opposé à des frappes sur le territoire iranien. De leur côté, les émissaires américains au Moyen-Orient, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont conseillé à Donald Trump de temporiser et de laisser une chance à la diplomatie. Un conseil que le président semble avoir écouté, laissant à ses deux envoyés plus de temps, alors qu'il souhaitait initialement frapper l'Iran depuis plusieurs jours.
C'est dans ce contexte que les deux pays doivent se rencontrer à nouveau jeudi 26 février à Genève, même si les États-Unis attendent toujours une proposition iranienne selon un haut responsable américain. D'après Axios, Donald Trump souhaite que l'accord avec l'Iran prévoie un "enrichissement zéro" de l'uranium, mais les États-Unis pourraient accepter un "enrichissement symbolique" si le pays peut prouver que l'accord conclu bloque toute possibilité de développer une arme nucléaire.

© UPI/MAXPPP

© Diego Moreno/Clasos Press/ABACA

© Marco Simoncelli

© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP