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Visites turque et israélienne : pourquoi l’Éthiopie est-elle aussi courtisée ?

À moins d’une semaine d’intervalle, les présidents turc et israélien se sont rendus en visite officielle à Addis-Abeba. Israël comme la Turquie mais aussi l’Arabie saoudite cherchent à jouer un rôle plus important dans la Corne de l’Afrique, devenue centrale pour les intérêts respectifs de ces pays.

© PHOTO MARCO SIMONCELLI/AFP

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, au Palais national d’Addis-Abeba (Éthiopie), le 17 février 2026.
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En Chine, les purges auraient touché “la moitié du haut commandement militaire”

Les purges au sein de l’armée chinoise se poursuivent et font toujours couler beaucoup d’encre. Des rapports publiés le 24 février par deux groupes de réflexion occidentaux évaluent leurs conséquences sur l’appareil militaire chinois, en évoquant d’“importantes lacunes” structurelles.

© PHOTO GREG BAKER/AFP

Des membres de la Commission militaire centrale en 2023, lors de la prise de fonction de Zhang Youxia (en bas de l’image, au milieu), général récemment démis de ses fonctions.
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Avec la “diplomatie des ports”, la Chine étend son influence en Afrique

Présente dans un quart des ports africains, la Chine dispose d’une immense influence économique et diplomatique sur le continent, notamment sur les routes commerciales des minerais critiques. De plus, certains de ces ports sont également convertis en bases militaires, observe “The East African”.

© SOURCES : “THE TELEGRAPH”, AFRICA CENTER FOR STRATEGIC STUDIES

En Afrique, la Chine est présente dans 78 ports à travers 32 pays.
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Au Tchad, Amdjarass, ville symbole du règne de la famille Déby

La localité est le fief historique de l’ex-président tchadien Idriss Déby Itno et dorénavant de son fils, Mahamat Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 2021. Frontalière du Soudan, Amdjarass était, jusqu’à fin 2025, un hub de soutien logistique aux rebelles paramilitaires soudanais.

© JORIS BOLOMEY POUR « LE MONDE »

Devant la résidence présidentielle tchadienne d’Amdjarass, dans la province Ennedi-Est, au Tchad, le 9 février 2026.
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L’île de Jersey légalise l’aide à mourir pour certains malades en phase terminale

Cette législation est cependant en attente de l’approbation du roi Charles III. Ce vote à Jersey intervient au moment où une législation similaire, qui s’appliquerait en Angleterre et au Pays de Galles, semble dans l’impasse au palais de Westminster.

© CARLOS JASSO/AFP

Lors d’une manifestation pour l’inscription dans la loi de l’aide médicale à mourir devant le palais de Westminster, siège du Parlement, à Londres, le 20 juin 2025.
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Au Mexique, l’attitude de touristes américains lors des violences liées à la mort d’« El Mencho » choque

Pillages de supérettes, mises en scène sur les réseaux sociaux : les Mexicains s’indignent de l’attitude de certains Américains lors des violences dues au Cartel de Jalisco Nouvelle Génération après la mort de leur chef.

© Daniel Becerril/REUTERS

Un magasin d’alimentation détruit pendant les violences qui ont suivi la mort du chef de cartel Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », à Puerto Vallerta, au Mexique, le 24 février 2026.
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Le parti d’extrême droite allemand AfD ne peut pas être classé « extrémiste avéré » à ce stade malgré un « fort soupçon », selon la justice

Une décision inverse aurait permis au service de renseignement lié au ministère de l’intérieur d’intensifier la surveillance policière du parti, par l’interception, par exemple, des communications privées de ses dirigeants.

© KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP

Lors d’un congrès du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), à Giessen (Allemagne), le 29 novembre 2025.
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Affaire d’écoutes illégales en Grèce : quatre accusés condamnés à huit ans de prison

Plus de 90 responsables politiques, dont des ministres du gouvernement de Kyriakos Mitsotakis, des journalistes, des entrepreneurs et des hauts gradés de l’armée ont été la cible d’un logiciel sophistiqué permettant d’infiltrer des téléphones portables.

© ANGELOS TZORTZINIS/AFP

Le journaliste grec Thanasis Koukakis, devant la Cour suprême d’Athènes, le 16 août 2022.
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Affaire Epstein : pourquoi l’audition des Clinton est-elle aussi attendue ?

Depuis le 30 janvier, pas un jour ne passe sans que l'affaire Epstein ne fasse les gros titres. Mais certaines journées sont charnières dans la compréhension de ce dossier explosif, qui ne cesse d'être noyé par le flot de révélations médiatiques. Ces jeudi et vendredi pourraient être l'une d'elles : après avoir longtemps refusé, les époux Clinton vont témoigner, à huis clos, devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants, jeudi pour Hillary et vendredi pour Bill. Des témoignages sous serment alors que les deux personnalités politiques sont accusées depuis plusieurs années par Donald Trump d'être proches du prédateur sexuel.

L'organisation de ces deux auditions résulte d'un long bras de fer entre le couple et James Comer, le chef républicain de la puissante commission sur le dossier Epstein à la Chambre des représentants, spécialement créée pour enquêter sur les crimes de l'homme d'affaires. Pendant plusieurs mois, Hillary et Bill Clinton ont refusé d'honorer les convocations de la commission, estimant qu'elles étaient politiquement motivées et "légalement non valables". Le 13 janvier dernier, ils ne s'étaient pas rendus au Capitole devant la Commission, à majorité républicaine, un choix qu'avait regretté Comer, menaçant le couple de poursuites judiciaires pour entrave au Congrès. "Personne n'accuse Bill Clinton de quoi que ce soit de répréhensible, nous avons seulement des questions", avait-il alors réagi. Acceptant finalement de répondre aux questions du Congrès, ils avaient demandé à ce que ce soit fait publiquement, sans succès. Seules les transcriptions seront rendues publiques a finalement annoncé James Comer.

Des liens documentés

Si Donald Trump a évidemment pu instrumentaliser ces accusations pour détourner l'attention sur sa propre proximité avec Epstein, les liens entre les Clinton et le millionnaire, accusé aujourd'hui de trafic sexuel, sont bien réels, bien qu'aucun acte répréhensible n'ait été établi. Président américain de 1993 à 2001, Bill Clinton est mentionné plus de 1 600 fois dans les documents rendus publics par le département de Justice fin janvier. Selon des documents de la Commission électorale fédérale, Epstein a financé une partie de la campagne présidentielle victorieuse de Bill Clinton en 1992 et celle pour les sénatoriales d'Hillary Clinton en 1999.

Plusieurs photos des deux hommes ont été rendues publiques par le département de justice, ainsi que des photos de Bill Clinton en compagnie de jeunes femmes, anonymisées par un carré noir sur leur visage. Une en particulier, reprise de nombreuses fois sur les réseaux sociaux, montre l'ancien président avec une femme assise sur ses genoux. Alors qu'il a invité Jeffrey Epstein au moins 17 fois à la Maison-Blanche, et qu'il apparaît plus d'une vingtaine de fois sur la liste des passagers de son jet privé, Bill Clinton assure avoir coupé les ponts avec le millionnaire bien avant que ses crimes ne soient rendus publics. Contrairement à ce qu'affirme Donald Trump depuis plusieurs années, aucune preuve d'un séjour de Bill Clinton sur l'île d'Epstein, où de nombreuses femmes affirment avoir été sexuellement agressées, n'existe. En revanche, la commission pourrait s'attarder sur un voyage en Afrique du Sud en 2002 à bord de l'avion d'Epstein : selon un rapport du FBI, quatre jeunes femmes de 20 à 22 ans faisaient partie des voyageurs, dont une masseuse, une mannequin et une ballerine, rapporte le Washington Post.

#ClintonBodyCount

Pour les époux Clinton, l'absence d'audience publique va à l'encontre de la promesse de "transparence" faite par James Comer. "Vous aimez parler de transparence. Il n'y a rien de plus transparent qu'une audience publique, les caméras allumées. Nous serons là", s'était agacée Hillary Clinton sur X début février. Une manière pour eux d'éviter les fantasmes autour de ce dossier, alors que Donald Trump n'a cessé de l'instrumentaliser, n'hésitant pas à reprendre les nombreuses théories du complot sur le sujet. En 2019, après qu'Epstein ait été retrouvé pendu dans sa cellule, l'actuel président américain avait relayé des messages avec le hashtag #ClintonBodyCount, accusant le couple d'avoir tué le prédateur sexuel.

For six months, we engaged Republicans on the Oversight Committee in good faith. We told them what we know, under oath.

They ignored all of it. They moved the goalposts and turned accountability into an exercise in distraction.

— Hillary Clinton (@HillaryClinton) February 5, 2026

À quelques heures de l'audience d'Hillary Clinton, qui a toujours nié avoir des liens avec Jeffrey Epstein, assurant n'avoir jamais voyagé dans son avion, la stratégie que le couple va adopter est encore floue. Si les liens entre Bill Clinton et le millionnaire sont documentés, ils pourraient utiliser leur audition pour ajouter des éléments au dossier et ainsi nourrir cette enquête interminable. D'autant que les révélations ne vont pas dans leur sens : mercredi 25 février, l'ancien ministre des Finances de Bill Clinton, Larry Summers, a annoncé sa démission de son poste d'enseignant à Harvard, l'université du Massachusetts qu'il a présidé de 2001 à 2006. Il avait déjà annoncé se retirer de la vie publique en novembre dernier alors que des correspondances entre lui et Epstein, après la condamnation de ce dernier en 2008, avaient été révélées. "J’assume l’entière responsabilité de ma décision mal avisée de continuer à communiquer avec M. Epstein", avait-il déclaré dans un communiqué.

© Nancy Kaszerman/ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

Bill et Hillary Clinton ont refusé de témoigner au Capitole dans le cadre de l’enquête Epstein menée par la commission de surveillance de la Chambre des représentants, malgré la menace de poursuites pour outrage au Congrès.
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Cisjordanie : face aux colonies israéliennes, les Etats-Unis à rebours du reste du monde

Une décision symboliquement lourde de conséquences. Pour la première fois, les États-Unis vont fournir cette semaine des services de passeport dans une colonie israélienne en Cisjordanie, ont annoncé mardi 24 février plusieurs officiels américains. "Des officiers consulaires vont fournir des services routiniers de passeport à Efrat le vendredi 27 février", a ainsi indiqué, sur X, l'ambassade américaine à Jérusalem. Cette localité est une colonie située au sud de la ville palestinienne de Bethléem. La même source a ajouté qu'un projet similaire était prévu à Ramallah, ainsi que dans d'autres colonies et villes. Des dizaines de milliers de ressortissants américains disposant de la double nationalité israélienne résideraient en Cisjordanie, selon des estimations.

Marqueur fort

L'annonce de Washington constitue un nouveau marqueur fort de son soutien à Israël, qui ne cesse d'étendre son influence en Cisjordanie. Au sein du gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou, de nombreux élus nationalistes prônent une annexion du territoire occupé. Ce mois-ci, le pouvoir israélien a d'ailleurs approuvé de nouvelles mesures destinées à renforcer son contrôle sur cette région. Celles-ci permettent notamment de faciliter l'achat de terres par les colons israéliens – une initiative dénoncée par les Palestiniens comme une "annexion de facto".

Avec ce nouveau plan, l'État hébreu se laisse aussi la possibilité d'agir dans certaines zones cisjordaniennes jusque-là sous contrôle de l'Autorité palestinienne. Une décision officiellement justifiée "afin de lutter contre les infractions liées à l'eau, les atteintes aux sites archéologiques et les nuisances environnementales polluant l'ensemble de la région", mais qui vise avant tout à renforcer un peu plus l'influence israélienne dans ces territoires. Israël a également annoncé sa volonté d'administrer plusieurs sites religieux des villes d'Hébron et de Bethléem, aujourd'hui également sous responsabilité palestinienne.

Une "claire violation du droit international"

Fervent soutien d'Israël, le président américain Donald Trump a déclaré par le passé être opposé à une annexion par Israël de la Cisjordanie. Mais il n'a pris aucune mesure pour empêcher l'élargissement des colonies dans le territoire palestinien. D'après plusieurs ONG, leur nombre a d'ailleurs grimpé depuis que Donald Trump est revenu au pouvoir à la Maison-Blanche, en janvier 2025. Israël s'est donc logiquement empressé de saluer la décision de proposer de créer ou renouveler un passeport dans une colonie. "Nous saluons l’importante décision de l’ambassade américaine d’étendre ses services consulaires à Efrat", s'est félicité mercredi le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar. Une commission liée à l'Autorité palestinienne a à l'inverse appelé les États-Unis à revenir sur ce projet, fustigeant une "claire violation du droit international".

La position américaine apparaît comme à rebours de celle adoptée par la plupart des alliés occidentaux et arabes de Washington. Dans une déclaration conjointe publiée lundi 24 février, un groupe de ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays, dont la France, l'Espagne, la Turquie, l'Égypte et l'Arabie saoudite, ont condamné "avec la plus grande fermeté" les mesures décidées par l'État hébreu qui "étendent considérablement le contrôle illégal d'Israël sur la Cisjordanie". "De telles actions constituent une attaque délibérée et directe contre la viabilité de l’État palestinien et la mise en œuvre de la solution à deux États", ont-ils dénoncé.

Après l'annonce du plan israélien, un responsable de l'administration Trump avait de nouveau fait part de l'opposition du président américain quant à la prise de contrôle du territoire palestinien par l'État hébreu. "Une Cisjordanie stable garantit la sécurité d'Israël et est conforme à l'objectif de cette administration d'instaurer la paix dans la région", a ajouté ce responsable, dans un communiqué envoyé à plusieurs médias. Malgré tout, l'annonce de la mise en place de services de passeport dans une colonie pourrait renvoyer à une certaine légitimation de l'action israélienne en Cisjordanie. Une vision dont se défend Washington. Interrogé par Reuters, un porte-parole de l'ambassade américaine a soutenu que des services similaires étaient proposés dans le territoire aux citoyens américains disposant également de la nationalité palestinienne.

En marge de la guerre dans la bande de Gaza contre le Hamas, Israël a intensifié ses opérations militaires et renforcé son contrôle en Cisjordanie, qu'il occupe depuis la guerre de 1967. L'ONG Human Rights Watch a accusé dans un rapport publié en novembre dernier l'État hébreu de crimes de guerre avec des déplacements forcés dans le territoire palestinien. Benyamin Netanyahou et les membres de sa coalition gouvernementale donnent régulièrement des gages aux colons, l'un de leurs socles électoraux. Au total, plus de 500 000 d'entre eux vivent en Cisjordanie.

© REUTERS

La colonie israélienne d'Efrat, en Cisjordanie occupée, en 2020.
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Missiles intercontinentaux, programme nucléaire... L’Iran pourrait-il bientôt être en mesure de frapper le territoire des États-Unis ?

DÉCRYPTAGE - Donald Trump a affirmé que Téhéran concevait des armes capables de frapper les États-Unis tout en poursuivant ses «ambitions nucléaires». La République islamique dénonce de «gros mensonges».

© Sepahnews / ZUMA Press Wire via Reuters Conn

Un missile du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est lancé lors d’un exercice militaire au large de la côte sud de l’Iran, le 4 décembre 2025.
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