Opération américaine au Venezuela : une violation du droit international ?
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C'est un drame survenu alors que l'administration de Donald Trump mène une répression accrue contre les immigrés depuis son retour au pouvoir. Un agent fédéral des services américains de l'immigration (ICE) a abattu mercredi 7 janvier une femme de 37 ans qui se trouvait dans sa voiture à Minneapolis, dans l’Etat du Minnesota. L'Express fait le point sur la mort de Renee Nicole Good, qui a déclenché des manifestations et un vif débat sur les circonstances de ce décès.
Un agent de l'ICE a tiré en état de légitime défense après qu'"une émeutière violente" a tenté de renverser des policiers, a assuré une porte-parole du Département de la Sécurité intérieure dans un communiqué, ajoutant que l'agent avait craint pour sa vie. Toutefois, des vidéos de la fusillade, diffusées en ligne et authentifiées par Reuters, remettent en question la version officielle. L'une d'elles montre un agent s'approcher d'un SUV, ordonner à la conductrice de sortir et saisir la poignée de la portière, tandis qu'un autre agent apparaît devant la voiture. La conductrice recule dans un premier temps puis avance, et l'homme qui se trouve devant elle dégaine son arme, recule et tire trois coups de feu. On ignore si la voiture a heurté le policier, et ce dernier a tiré au moins un coup de feu après que le véhicule l'a dépassé.
You’re lying. There was no attempt to run the officer over and no ICE agents appear to be hurt.
— Ilhan Omar (@IlhanMN) January 7, 2026
Get out of our city. https://t.co/Pehycaaeei https://t.co/fMnubawQiD
Dans une conférence de presse mercredi soir, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem a affirmé que la victime avait "suivi et entravé le travail de (la police) tout au long de la journée" et défendu la réaction de l'agent de l'ICE qui, selon elle, avait été, lors d'une précédente mission en juin, percuté par une voiture "et traîné sur plusieurs mètres".
Renee Nicole Good avait obtenu une licence d'anglais à l'université Old Dominion de Norfolk, en Virginie, en décembre 2020, selon un communiqué de l'université. Elle vivait depuis peu à Minneapolis. Cette mère de famille a remporté un prix de poésie universitaire, selon une publication Facebook de 2020 du département d'anglais de l'université, qui la décrivait comme originaire de Colorado Springs, dans le Colorado. "Quand elle n'écrit pas, ne lit pas ou ne parle pas d'écriture, elle enchaîne les marathons de films et fait des activités artistiques avec sa fille et ses deux fils", précisait la publication. Le Washington Post a rapporté que cette poétiste a une fille âgée de 15 ans et deux fils ayant 12 et 6 ans.
Renee Nicole Good était une bénévole active au sein d'un réseau de "patrouilles de quartier" regroupant des centaines de membres de la communauté et organisé par des militants locaux pour suivre, surveiller et enregistrer les opérations de l'ICE à Minneapolis, selon Michelle Gross, présidente de l'association Community United Against Police Brutality (basée au Minnesota) et assistante juridique de la National Lawyers Guild.
Michelle Gross, qui a déclaré à Reuters avoir eu connaissance de première main de la participation de Good aux patrouilles "d'observation" de l'ICE, a affirmé que c'est ce qu'elle faisait lorsqu'elle a été interpellée et abattue par un agent fédéral. Contestant les affirmations des autorités fédérales selon lesquelles Renee Nicole Good aurait entravé le travail des agents de l'ICE, Michelle Gross a déclaré qu’elle tentait de faire demi-tour et de quitter les lieux lorsque des policiers ont encerclé sa voiture et que l'un d'eux a ouvert le feu.
"Renee était l'une des personnes les plus gentilles que j'aie jamais connues", a confié sa mère Donna Ganger au Minnesota Star Tribune. "Elle était extrêmement compatissante. Elle a toujours pris soin des autres. Elle était aimante, indulgente et affectueuse. C'était une personne extraordinaire." Donna Ganger a déclaré que sa fille n'était "absolument impliquée dans ce genre de choses", faisant référence aux manifestants qui s'en prenaient aux agents de l'ICE. Son ex-mari a affirmé ne l'avoir jamais vue participer à des manifestations.
La loi du Minnesota relative à l'usage de la force autorise la police d'État à recourir à la force létale uniquement si des agents estiment que cela est nécessaire pour se protéger eux-mêmes ou protéger autrui contre la mort ou des blessures graves. La loi fédérale applique une norme similaire, autorisant l'usage de la force létale lorsqu'un agent a des motifs raisonnables de croire qu'une personne représente une menace immédiate de mort ou de blessures graves.
Les agents fédéraux bénéficient généralement de l'immunité de poursuites au niveau de l'État pour les actes accomplis dans le cadre de leurs fonctions officielles. Cette immunité ne s'applique que si les actions de l'agent étaient autorisées par la loi fédérale et étaient nécessaires et appropriées. Si le Minnesota poursuivait l'agent, celui-ci pourrait demander le transfert de l'affaire devant un tribunal fédéral et invoquer son immunité de poursuites.
Les agents fédéraux bénéficient de l'immunité civile, sauf si leur conduite a manifestement violé un droit constitutionnel. Cette norme juridique, connue sous le nom d'immunité qualifiée, est devenue un outil très efficace pour protéger les policiers accusés d'avoir fait un usage excessif de la force, comme l'ont révélé plusieurs enquêtes de Reuters en 2020.
Dès mercredi, Donald Trump a estimé que l’agent avait tiré "en légitime défense". "Cette situation est examinée, dans son intégralité, mais la raison pour laquelle ces incidents surviennent est que la gauche radicale menace, agresse et cible quotidiennement les forces de l’ordre et les agents de la police de l’immigration", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Jeudi, le vice-président J.D. Vance a également pris la défense de l'agent depuis la Maison-Blanche. Il a qualifié la mort de "tragédie" tout en défendant l'agent, qui faisait partie des 2 000 agents fédéraux déployés cette semaine dans la région de Minneapolis par l'administration Trump. Après avoir visionné les vidéos, J.D. Vance a tenu la conductrice pour seule responsable. "Ce dont je suis certain, c'est qu'elle a enfreint la loi", a-t-il déclaré lorsqu'un journaliste l'a interrogé sur ses doutes quant à son analyse. "Ce dont je suis certain, c'est que l'agent avait toutes les raisons de penser qu'il était gravement menacé, voire que sa vie était en danger."
Pour sa part, le maire de Minneapolis a catégoriquement rejeté la version des faits rapportée par l'administration Trump. Lors d'une conférence de presse, Jacob Frey a reproché aux autorités fédérales de "tenter de faire passer cela pour un acte de légitime défense". "Ayant moi-même vu la vidéo, je veux le dire directement à tout le monde : ce sont des foutaises", a-t-il ajouté. L'élu démocrate a reproché aux agents de l’ICE de semer le chaos à Minneapolis, leur demandant de "foutre le camp" hors de la ville. Il a également appelé les habitants à rester calmes alors que des manifestations ont lieu dans cette ville depuis la mort de Renee Nicole Good.
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L'armée russe a déclaré ce vendredi 9 janvier avoir tiré un missile hypersonique Orechnik sur une cible en Ukraine dans le cadre de ce qu'elle a décrit comme une frappe massive menée pendant la nuit contre des installations énergétiques et des sites de fabrication de drones. L'armée de l'air ukrainienne a confirmé un tir russe de missile hypersonique à portée intermédiaire.
Le ministère de la Défense a déclaré dans un communiqué que cette frappe était une riposte à une tentative d'attaque de drone ukrainienne contre l'une des résidences du président Vladimir Poutine fin décembre. Kiev a qualifié de "mensonge" l'affirmation russe selon laquelle elle aurait tenté d'attaquer la résidence, située dans la région russe de Novgorod.
D'après l'armée de l'air ukrainienne, Moscou a lancé 36 missiles et 242 drones au total au cours de son attaque nocturne. Le gouverneur de la région de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, avait déclaré plus tôt qu'une attaque russe avait touché une infrastructure, qui, selon des informations non vérifiées diffusées sur les réseaux sociaux, était une immense installation de stockage de gaz souterraine. Reuters n'a pas pu vérifier ces informations.
Les médias ukrainiens ont cité l'armée de l'air ukrainienne qui a déclaré qu'un missile balistique avait été utilisé lors de la frappe, et qu'il se déplaçait à une vitesse de près de 13 000 km/h.
Le missile Orechnik est une arme de dernière génération, hypersonique et capable de transporter une charge nucléaire. Comme le fait remarquer le New York Times, "l'utilisation d'une telle arme – même équipée d'ogives conventionnelles ou factices", représente "une menace sérieuse pour l'Ukraine et ses alliés occidentaux, et une escalade de la part du président russe Vladimir Poutine".
La Russie n'a tiré ce missile sur l'Ukraine qu'une seule fois depuis le début du conflit, en novembre 2024. En représailles à l'autorisation accordée à Kiev par les États-Unis et le Royaume-Uni de frapper en profondeur le territoire russe avec des armes de fabrication occidentale, elle avait alors frappé une usine militaire dans la ville de Dnipro, dans le centre de l’Ukraine. Le missile transportait des ogives factices, et non des explosifs, et n'avait causé que des dégâts limités."Cette fois, les explosions se sont produites bien plus près de la frontière polonaise. La Pologne étant membre de l'Otan et de l'Union européenne, cela laisse supposer une volonté de signaler une menace plus imminente", souligne le New York Times.
D'après Vladimir Poutine, le missile Orechnik à portée intermédiaire est impossible à intercepter en raison de sa vitesse, qui serait plus de 10 fois supérieure à celle du son. Le président russe affirme également que sa puissance destructrice est comparable à celle d'une arme nucléaire, même lorsqu'il est équipé d'une ogive conventionnelle.
Certains responsables occidentaux ont toutefois exprimé leur scepticisme quant aux capacités de l'Orechnik. Un responsable américain a ainsi déclaré en décembre 2024 que cette arme n'était pas considérée comme un élément déterminant sur le champ de bataille.
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La CIA noyaute l'entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris... Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l'espionnage, c'est lui qui s'intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.
Il n’a pas troqué la casquette pour le képi… mais presque. Ces dernières semaines, des hauts gradés ont eu la surprise de croiser Didier Lallement, l’ex-préfet de police des années gilets jaunes, à l’état-major des armées. Pas pour une visite de courtoisie : depuis juillet 2025, ce réserviste de la Marine prépare un rapport commandé par Matignon. Le sujet ? L’articulation entre les administrations civiles et l’armée, en cas de conflit majeur impliquant la France. Rendu prévu à l’été 2026.
Charles Beigbeder s’intéresse au Collimateur, le podcast consacré aux questions militaires, soutenu par le think tank Ifri et la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées. Le patron, proche de la droite catholique, aimerait nouer un partenariat avec l’émission animée par Alexandre Jubelin. But avoué ? Faire connaître Straton, son nouveau fonds d’investissement dédié aux PME de la défense française.
Le commissaire Olivier Brun publiera début septembre 2026 aux éditions Perrin une version retravaillée de sa thèse sur Roger Wybot, patron inamovible du contre-espionnage français de 1944 à 1959, récompensée en décembre du prix de l’Académie du renseignement. Il y détaille comment cet ancien militaire a inspiré les méthodes modernes du contre-espionnage français. On y apprend également davantage sur la vie privée du haut fonctionnaire, mordu d’acupuncture au point d’y consacrer un ouvrage érudit, et célibataire endurci. Une des trouvailles du texte : avant-guerre, Wybot a été condamné pour attentat à la pudeur, à une époque où l’homosexualité était réprouvée.
Défection. Un officier de l’armée russe a obtenu l’asile politique en Finlande, courant décembre. "Andreï" (le nom a été changé) avait franchi la frontière russo-finlandaise à ski, en 2023. Il a depuis témoigné de crimes de guerre russes en Ukraine, dans le plus grand secret (Helsingin Sanomat, Helsinki, 1er janvier).
Testament. Avant de céder la place, au 1er janvier, à Benedikt Ross, le chef de l’armée suisse, Thomas Süssli, a livré un dernier entretien. Il y révèle que, selon le renseignement local, 80 espions russes vivent en Suisse. Un chiffre important, puisqu’en 2024, la DGSI française chiffrait également à 80 le nombre d’agents russes à Paris. (Neue Zürcher Zeitung, Zürich, 27 décembre)
Ecoutes. Les services secrets allemands ont écouté Barack Obama à bord d’Air Force One pendant plusieurs années et jusqu’en 2014. Des interceptions rendues possibles grâce à des vulnérabilités dans le cryptage des communications en vol. (Die Zeit, Hambourg, 4 janvier)
Nazisme. Une enquête tentaculaire est actuellement menée contre le régiment des parachutistes de Zweibrücken, en Allemagne. Quelque 63 soldats sont suspectés de nazisme et de harcèlement sexuel. "Sierra-Hötel" criaient par exemple certains militaires en guise de salutation, une allusion au "Sieg Heil" hitlérien. (Frankfurter Allemeigner Zeitung, Francfort, 29 décembre)
Contrat. Le ministère de la Défense espagnol charge Airbus et l’entreprise espagnole Indra d’une première étude pour concevoir son futur avion espion. Montant du contrat : 16 millions d’euros. (Cinco Dias, Madrid, 30 décembre)

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© KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »