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L'arrestation d'un enfant de 5 ans à Minneapolis suscite l'émoi sur les réseaux sociaux

Après l'arrestation, largement diffusée sur les réseaux sociaux, d'un enfant de 5 ans en compagnie de son père par la police de l'immigration à Minneapolis, le vice-président américain, JD Vance, s'est rendu dans le Minnesota, où les manifestations contre la politique migratoire de Donald Trump continuent depuis la mort de Renee Good. 

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Groenland : ces zones d'ombre qui demeurent sur le projet négocié entre Donald Trump et l'Otan

Les Etats-Unis "n'emploieront pas la force" pour se saisir du Groenland, mais ils exigent "des négociations immédiates" : c'est le message qu'a tenté de faire passer Donald Trump, lors du forum économique mondial de Davos. Mercredi 21 janvier, le président a annoncé avoir posé "le cadre d'un futur accord" sur l'île appartenant au Royaume du Danemark, lors de discussions avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, rapporte la chaîne TV5Monde.

L'esprit de l'accord consisterait à accroître la présence de l'Otan dans l'Arctique et à renforcer le contrôle des Etats-Unis sur certaines parties du territoire, tout en empêchant la Chine et la Russie de s'approcher des ressources minières de l'île, rapporte, de son côté, le New York Times. Les détails des discussions restent néanmoins flous : voici ce que l'on sait sur le projet des Etats-Unis pour le Groenland.

La révision d'un accord de défense

Selon le New York Times, et des sources au fait des discussions, les Américains envisagent une renégociation de l'accord de défense de 1951 entre les Etats-Unis et le Danemark, afin de consacrer la pleine souveraineté de Washington sur ses bases militaires, sans rendre de comptes au Danemark. "Cette solution, si elle aboutit, sera excellente pour les Etats-Unis d'Amérique et tous les pays membres de l'Otan", avait déclaré Donald Trump au sujet de l'accord, lors de son discours à Davos.

En effet, selon l'accord conclu en 1951, les Etats-Unis assurent la défense du Groenland, en contrepartie du droit d'être présents via leurs bases militaires sur l'île, et d'établir de nouvelles bases ou "zones de défense", si l'Otan le juge nécessaire. Les Etats-Unis n’ont cependant pas la main sur tous leurs mouvements. Ils ont le droit d’envoyer autant de troupes qu’ils le souhaitent vers leur base, mais doivent informer le gouvernement danois de toutes leurs opérations.

"Les représentants de l'Otan ont envisagé d'étendre le pacte de 1951 au sein du territoire. Un tel accord s'inspirerait probablement de l'accord de "zone de souveraineté" en vigueur à Chypre, où les bases militaires britanniques sont considérées comme faisant partie du territoire britannique", résume le New York Times.

Pleine souveraineté sur la base de Pituffik

Cela conférerait notamment aux Etats-Unis la pleine souveraineté sur leur base spatiale de Pituffik, au nord-ouest de l'île de glace. Cette installation militaire, qualifiée de "sommet du monde", est l'une des plus isolées. Selon la Force spatiale américaine, elle sert, entre autres, à effectuer des missions "d'alerte antimissile, de défense antimissile et de surveillance spatiale", protégeant ainsi le territoire américain des missiles ennemis depuis l'arctique. "Ce territoire groenlandais pourrait s'avérer crucial pour le projet américain de construction du système de défense antimissile "Dôme d'or", dont certains éléments pourraient être déployés au Groenland", note le quotidien new-yorkais.

L'accord visera également à empêcher les pays non membres de l'Otan, en particulier la Russie et la Chine, d'exploiter les terres rares qui se trouvent sous la calotte glaciaire du Groenland, et qu'ils "ne puissent avoir accès économiquement et militairement" à l'île, ainsi qu'au sept pays de l'arctique (les Etats-Unis, le Canada, le Danemark, l'Islande, la Suède, la Finlande et la Norvège), a révélé Mark Rutte sur Fox News.

Pas de légitimité politique

Néanmoins, si les Etats-Unis tentent de trouver une solution sur le plan militaire, ils pâtissent d'un manque de légitimité politique et de consensus avec le Danemark. En effet, une telle révision de l'accord de défense ne peut aboutir sans l'accord du royaume, qui contrôle le Groenland. Or, la Première ministre danoise a affirmé ne pas avoir été consultée à ce sujet.

"Il va de soi que seuls le Danemark et le Groenland eux-mêmes peuvent prendre des décisions concernant les questions relatives au Danemark et au Groenland", a ainsi martelé Mette Frederiksen, au lendemain de l'annonce. Pour sa part, si Donald Trump tente désormais d'obtenir satisfaction en utilisant un ton moins martial, il a néanmoins prévenu les principales puissances mondiales : "si nous n'obtenons pas le Groenland, nous nous en souviendrons". Une menace à peine voilée, symptôme des tensions toujours à l'oeuvre dans cette région stratégique.

© REUTERS/Kevin Lamarque/File Photo

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Groenland : les vraies raisons de la défaite de Donald Trump

Donald Trump a été défait dans sa bataille du Groenland par le front uni des Européens mais aussi par les marchés financiers américains, qui ont perdu 1 000 milliards de dollars en un jour, le 20 janvier. "Nos marchés ont connu hier leur première baisse à cause du Groenland, qui nous a donc déjà coûté beaucoup d’argent", a reconnu Trump le lendemain, avant de renoncer à annexer l’île de force et à taxer les Européens qui s’y opposeraient.

La tragi-comédie a mis au jour la grande vulnérabilité financière de Washington, qui s’explique d’abord par son endettement public record. Une fragilité que les Européens pourraient être tentés d’exploiter dans de prochaines querelles transatlantiques, si d’aventure le président américain devait renouveler ses prétentions sur le Groenland ou ouvrir un autre front.

La crainte des effets destructeurs des guerres commerciales

La dépendance à l’égard du mégalomane de Washington et de ses foucades est périlleuse, non seulement pour les pays du Vieux Continent qui ont besoin de son appui face à l’impérialisme russe, mais aussi pour les investisseurs. Ceux qui disposent de grandes quantités de dollars américains et de bons du trésor US sont de moins en moins disposés à financer le déficit de la balance américaine des paiements courants, par crainte des effets destructeurs des guerres commerciales de Trump. Vendre l’Amérique est devenu tendance.

Ainsi George Saravelos, analyste de Deutsche Bank, écrivait le 18 janvier à ses clients : "Alors que la stabilité géoéconomique de l’alliance occidentale est perturbée de manière existentielle, il n’est pas évident que les Européens soient toujours aussi enclins à jouer leur rôle" quant à la dette américaine. Deux jours plus tard, un fonds de pension danois annonçait qu’il allait vendre ses bons américains. Un fonds suédois lui emboîtait le pas peu après.

Les Européens ne sont pas seuls. Le montant de dette américaine détenu par la Chine est au plus bas depuis 18 ans, car Pékin a choisi de privilégier l’or aujourd’hui. Les investisseurs japonais, plus gros détenteurs de dette américaine dans le monde, sont tentés de profiter de la hausse des taux au Japon. Même le géant américain de la gestion d’actifs Pimco a fait savoir qu’il allait vendre une partie de ses bons américains.

La dette publique des États-Unis atteint le montant faramineux de 38 000 milliards de dollars et la montagne continue de croître : 6 milliards de dollars s’y ajoutent chaque jour, depuis que Trump est revenu à la Maison-Blanche il y a un an ! "Le dollar est notre monnaie mais votre problème" se vantait il y a un demi-siècle John Connally, le ministre des Finances du président Richard Nixon, devant des Européens estomaqués. Entre-temps, il est devenu aussi le talon d’Achille de l’Amérique.

L’Union européenne aurait d’ailleurs intérêt à juguler les flots d’épargne européenne qui partent aux Etats-Unis (quelque 300 milliards d’euros par an) pour investir dans les pays européens eux-mêmes. Car l’épargne des citoyens européens finit souvent dans des fonds étrangers, notamment américains, qui s’en servent pour acheter des entreprises européennes. L’argent serait mieux utilisé s’il servait à financer l’innovation et le réarmement en Europe même.

Pour cela cependant, l’UE doit commencer par balayer devant sa porte. Il serait nécessaire de réaliser enfin l’union des marchés de capitaux, comme l’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi l’a préconisé dans son rapport de 2024. Il faudrait aussi permettre à l’Union européenne d’emprunter plus largement, afin que les investisseurs disposent de bons du Trésor européens à acheter - les 90 milliards d’euros que l’UE va emprunter pour aider l’Ukraine sont un pas dans la bonne direction.

Enfin et surtout, il faut accroître l’attractivité et le dynamisme de l’économie européenne, tant il est vrai que si les Européens envoient autant d’argent aux Etats-Unis, c’est d’abord parce que ce type de placement rapporte. L’indépendance de l’Europe n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui, mais elle a un prix.

© REUTERS

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« Les pressions de Donald Trump contre la Fed s’inscrivent dans un effort sans précédent d’extension des pouvoirs de l’exécutif »

Ce qui se joue dans cette lutte entre l’exécutif et la banque centrale, c’est le sort de la séparation des pouvoirs aux Etats-Unis, affirme, dans une tribune au « Monde », le politiste Antoine de Cabanes, spécialiste de la Réserve fédérale.

© Elizabeth Frantz / REUTERS

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Syrie : dans Kobané assiégée, les Kurdes se préparent à défendre le Rojava

Depuis deux semaines, le nouveau pouvoir syrien a lancé une offensive pour étendre son autorité sur les territoires administrés par les forces kurdes à Alep, puis dans le Nord-Est. Les Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes, ont appelé à la mobilisation générale pour défendre la ville.

© PHILÉMON BARBIER/HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

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Sarah Mullally, nouvelle archevêque de Canterbury, face aux défis de l’Église anglicane

C’est l’équivalent du pape pour la communauté anglicane : Sarah Mullally deviendra, mercredi 28 janvier, la nouvelle archevêque de Canterbury. C’est la première femme élue à ce poste – son prédécesseur, Justin Welby, a dû démissionner il y a un an, accusé d’avoir mal géré un scandale d’abus sexuels au sein de l’Église anglicane. Sarah Mullally va devoir reconstruire la confiance dans l’institution, et surtout réunifier une communauté divisée sur les grandes questions sociales (comme l’acceptation des couples de même sexe).

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Entre la Colombie et l’Équateur, la guerre commerciale est déclarée

En taxant les importations de Colombie, le président équatorien a adopté les méthodes de Donald Trump en Amérique du Sud. Mais cette manœuvre, perçue comme une diversion face à son incapacité à enrayer la violence interne, a provoqué une riposte cinglante de Bogota, qui a suspendu l’approvisionnement en électricité de son voisin.

© Photo Camila Leon/REUTERS

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“La guerre n’a jamais cessé” : à Gaza, le conflit se poursuit à bas bruit

Alors que les regards sont tournés vers le Venezuela, l’Iran ou le Groenland, les violations israéliennes du cessez-le-feu dans la bande de Gaza se multiplient et font des morts, raconte le quotidien israélien “Ha’Aretz”. La ligne jaune, symbole d’une guerre inachevée, semble surtout avoir “légalisé l’occupation de l’est de Gaza”, déplorent des habitants sur place.

© PHOTO / DAWOUD ABU ALKAS / REUTERS

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“Fafo”, la folle doctrine que Trump veut imposer au reste du monde

Le pays qui a donné au monde la doctrine Truman ainsi que la doctrine Monroe épouse désormais la plus rudimentaire et la plus ouvertement belliqueuse des politiques de sécurité nationale, analyse “The Atlantic”. Une politique qui se résume à l’acronyme Fafo pour “Fuck around and find out” : “Jouez au con et vous verrez.”

© Photo Tuane Fernandes/REUTERS

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EN DIRECT, guerre en Ukraine : alors que la Russie, l’Ukraine et les Etats-Unis se retrouvent aux Emirats arabes unis, le Kremlin exige que les troupes ukrainiennes quittent le Donbass

Le contrôle des territoires de l’est de l’Ukraine sera abordé par les délégations lors de la réunion trilatérale prévue à partir de vendredi à Abou Dhabi, a déclaré, de son côté, Volodymyr Zelensky.

© Alexander Kazakov via REUTERS

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