Iran: l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

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Une hausse de la TVA pour fournir davantage de ressources à l'armée ? En Suisse, le Conseil fédéral l'envisage sérieusement. La proposition, portée par Martin Pfister, à la tête du département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, fait débat dans la nation alpine. Concrètement, le plan du responsable prévoit d'augmenter de 0,8 % la taxe sur la valeur ajoutée pour améliorer les capacités de défense suisses. Dans un contexte de menace sécuritaire accrue pour l'Europe, et donc pour la Confédération suisse, "des moyens financiers supplémentaires sont nécessaires pour protéger la population et le pays", justifie Martin Pfister dans un communiqué. "L’augmentation prévue des dépenses de l’armée à 1 % du PIB d’ici à 2032 n’est pas suffisante."
Si ce projet aboutissait, il permettrait à Berne de récupérer 31 milliards de francs suisses sur une période de dix ans, soit environ 33,6 milliards d'euros. Et donc, à terme, de pousser l'effort en matière de défense entre 1,3 et 1,5 % du PIB. Encore bien loin des 5 % du PIB (dont 3,5 % strictement dédiés aux dépenses militaires) décidés en juin dernier par la quasi-totalité des membres de l'Otan, mais un pas important pour le pays d'un peu plus de 9 millions d'habitants traditionnellement neutre. Avec ces possibles fonds, la Suisse serait en mesure de financer de nouveaux systèmes de défense antiaériens, dont elle manque aujourd'hui. Les États-Unis s'étaient engagés à lui livrer un précieux système antimissile Patriot, mais ils ont depuis reporté cette livraison à une date inconnue.
La Suisse, qui a identifié les menaces hybrides comme un des principaux risques sécuritaires dans les prochaines années, cherche aussi à se doter de systèmes antidrones. Si le territoire helvétique n'a pas directement été concerné, plusieurs États européens ont dû faire face depuis l'été dernier à de multiples incursions d'engins volants de ce type, difficiles à identifier et abattre sans technologies spécifiques à cette lutte. Si un incident similaire au survol d'une vingtaine de drones russes au-dessus de la Pologne en septembre avait eu lieu en Suisse, les appareils "n'auraient pas pu être abattus", avait à l'époque alerté Martin Pfister, lors d'un entretien au Aargauer Zeitung. Le principal modèle d'avion de chasse à disposition de l'armée suisse, le FA-18, n'aurait pas été "capable de détecter de tels drones, notamment en raison des performances insuffisantes de son système radar", soulignait-il.
Dans ces circonstances, la plupart des forces politiques suisses s'accordent sur la nécessité de renforcer les capacités armées du pays. En revanche, le mécanisme présenté par Martin Pfister pour financer cette action ne convainc pas les différents partis du pays. À part les centristes, camp auquel il appartient, l'immense majorité des responsables des autres formations politiques ont exprimé de véhémentes critiques à l'égard de cette idée de hausse de la TVA. "En un mot, c’est non : nous ne soutenons pas une nouvelle hausse fiscale", a évacué Damien Cottier, élu fédéral du Parti libéral-radical (centre-droit), auprès du Temps. Même opposition dans les rangs des Vert'libéraux (centre gauche), des Vert-e-s (gauche) ou de l'Union démocratique du centre (droite radicale). Ce dernier parti populiste, qui détient le plus de sièges à l'Assemblée fédérale, appelle avant tout à reverser des fonds liés "au chaos de l'asile" pour financer le renforcement de l'armée.
Un autre argument est avancé par le Parti socialiste suisse, seconde formation la plus représentée au Parlement. Dans un communiqué, son coprésident, Cédric Wermuth, s'est en effet dit "très sceptique" quant à la réalisation du plan porté par Martin Pfister. Le responsable pointe du doigt l'ampleur des contrats passés en matière militaire par Berne à Washington. 36 avions de combat F-35 de fabrication américaine avaient ainsi été commandés en 2022 par la Confédération, pour un montant de 6 milliards de francs suisses (6,4 milliards d'euros).
Mais, en décembre, les États-Unis ont notifié qu'il leur était impossible d'honorer ce contrat sans surcoût, contraignant Berne à annoncer sa décision d'acheter finalement moins d'appareils. "Si le Conseil fédéral veut augmenter la TVA pour l’armée, il ne peut pas en même temps engloutir des milliards dans des chars, des systèmes d’artillerie et des avions de combat F-35", tacle ainsi l'élu socialiste, dans un communiqué. La hausse de ce prélèvement indirect est de toute façon encore loin d'être actée. Pour entrer en vigueur, la mesure devra passer par une révision de la Constitution. Une évolution qui, afin d'être effective, doit absolument être validée par le peuple suisse, par voie de référendum.

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