Nouvelle tempête hivernale avec d’importantes chutes de neige attendue aux Etats-Unis

© Tony Gutierrez / AP

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Face aux menaces d'envahissement du Groenland, ou encore aux rapprochements vers la Russie de Vladimir Poutine, la dépendance européenne aux Etats-Unis en matière de défense semble de plus en plus difficile à tenir.
Face à ce constat, l'Allemagne tente d'en sortir. Selon une information du Financial Times, Berlin prévoit d'être la première puissance européenne à développer sa propre capacité de détection de missiles spatiaux. Autrement dit, il s'agit de la capacité à détecter le lancement d’un missile, d’en suivre la trajectoire tout au long de son vol et de transmettre les données en temps réel aux centres de commandement pour pouvoir prendre des contre-mesures adaptées, comme l'interception. Pour l'heure, l'Europe s'appuie principalement sur un système d'alerte spatial commun partagé fourni par les Etats-Unis pour repérer les menaces telles que les missiles à longue portée. Si l'Otan est un intermédiaire, les Etats-Unis restent aux commandes, a minima en observation. En outre, la véhémence du président américain à l'égard de l'institution n'apporte plus vraiment de sérénité.
L'un des derniers exemples, récent, de cette dépendance est très percutant et a certainement conforté Berlin dans ses choix vers davantage d'autonomie. Comme le raconte le journal Le Monde, alors que les Etats-Unis menaçaient il y a peu de prendre possession du Groenland, le Danemark, propriétaire de ce territoire autonome, protégeait son espace aérien avec des avions de chasse F-35 américains du fabriquant Lockheed Martin. Problème : pour préparer leurs missions, les pilotes des F-35 européens (dont le Royaume-Uni, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Finlande, la Norvège, le Danemark, la Pologne, la Roumanie, la Grèce, la Suisse et la République tchèque en possèdent), doivent envoyer leurs plans de vol vers des centres de données américains. Un processus qui ampute clairement l'autonomie des pays utilisateurs de l'avion miliaire. Mais au-delà des F-35, de nombreux pays européens sont également dépendants dans le domaine des télécommunications, des services numériques ou encore du spatial.
"L'Europe dépend des Etats-Unis... plus ou moins dans tous les aspects de la capacité spatiale", a déclaré le chef du commandement spatial allemand, le major-général Michael Traut, auprès du Financial Times. Interrogé par le quotidien économique britannique à l'occasion de la conférence spatiale européenne à Bruxelles les 27 et 28 janvier derniers, Michael Traut, a ainsi déclaré que Berlin voulait aller de l'avant avec des plans pour un système national de détection de missiles conçu pour identifier les menaces de missiles à longue portée depuis l'espace. Et d'ajouter que : "Le projet serait mené à l'échelle nationale, mais structuré pour permettre la coopération avec les partenaires européens". Si le projet voit le jour, il pourrait devenir la première capacité de détection opérationnelle de l'Europe. Une tentative similaire avait été tentée par la France, notamment en 2009 avec le programme Spirale, mais pas développée sur le long terme.
Josef Aschbacher, directeur général de l'Agence spatiale européenne, a de son côté déclaré dans une interview au magazine économique être "en discussion" sur la façon dont l'institution pourrait être impliquée dans le développement futur de la technologie de détection de missiles.
Déterminée à acquérir une certaine souveraineté, Berlin a annoncé investir près de 35 milliards d'euros pour étoffer ses capacités nationales de technologie spatiale militaire d'ici 2030. En octobre déjà, la France et l’Allemagne avaient annoncé poser la première pierre d’une capacité européenne d’alerte avancée quant à la détection de tirs de missiles. Le dispositif, nommé Jewel (Joint Early Warning for a European Lookout, ou Système d'alerte précoce conjoint pour une surveillance européenne en français), avait été conjointement signé par la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, et le ministre fédéral allemand de la Défense, Boris Pistorius.
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