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De plus en plus de sociaux-démocrates allemands veulent renouer le dialogue avec Vladimir Poutine
Renouer le dialogue avec le Kremlin. C'est le nouveau mantra adopté par de plus en plus de voix au sein du parti social démocrate d'Allemagne (SPD), qui font pression sur le chancelier conservateur Friedrich Merz pour l'en persuader. Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, plusieurs membres du parti estiment que le silence diplomatique avec Moscou pénalise les Européens et les marginalise sur le plan international.
Une position cohérente avec celle historiquement adoptée par le parti, qui a toujours entretenu de bonnes relations avec le Kremlin. Et qui s'inscrit dans la lignée des dernières déclarations de la présidente du Conseil des ministres d'Italie et du président français sur la question. "Le moment est venu pour l'Europe de dialoguer avec la Russie", a ainsi résumé Giorgia Meloni début janvier.
Changement de ton au sein des cercles "pro-ukrainiens" du SPD
Les Européens ont été les grands absents des dernières négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Etaient uniquement présents les Ukrainiens, les Russes et les Américains. Une situation dont ne s'accommode pas le SPD, qui plaide pour un format similaire à celui des accords de Minsk de 2014. "Le fait que nous laissions à deux pontes américains de l’immobilier, à savoir Steve Witkoff et Jared Kushner, le soin de mener les négociations me rend considérablement sceptique", explique au journal Süddeutsche Zeitung le porte-parole pour la politique étrangère du groupe parlementaire du parti, Adis Ahmetovic.
"Je préconise la recherche de nouvelles voies, notamment la clarification du niveau et des instances qui devraient établir des contacts diplomatiques avec la Russie", fait-il valoir. Sa prise de position semble signaler un changement de ton au sein des cercles pro-ukrainiens du SPD, qui défendent depuis le début de la guerre la livraison de matériel militaire à Kiev.
La défiance se renforce vis-à-vis des négociateurs américains
Sa déclaration est corroborée par plusieurs membres de l'aile la plus à gauche du SPD, qui ont depuis le début du conflit tenu un discours pour le moins ambivalent vis-à-vis de Moscou. Parmi eux, le parlementaire Rolf Mützenich, ténor de la gauche allemande, s’est ainsi prononcé récemment en faveur d’une reprise du dialogue direct avec Vladimir Poutine. L'ancien chef du groupe SPD a fait remarquer qu'au vu des propos tenus ces derniers mois par Donald Trump, il était impossible de faire confiance aux négociateurs américains pour prendre en compte les intérêts européens. Rolf Mützenich jouit toutefois d'une réputation controversée depuis sa proposition, il y a deux ans, de geler le conflit afin de mettre fin aux combats, qui était très mal passée.
Une autre figure clé - et controversée - de la gauche allemande, l'ex-chancelier Gerhard Schröder, réputé proche du Kremlin et ayant travaillé un temps comme conseiller pour l'entreprise russe Gazprom, a également publié une tribune le 23 janvier dans les colonnes de la Berliner Zeitung, pour appeler à "utiliser tous les moyens diplomatiques pour mettre fin à la guerre". Non sans faire quelques vagues avec sa mise en garde dans cette tribune contre une "diabolisation de la Russie comme ennemi éternel".
Vers un appel Merz-Poutine ?
Les ambivalences de l'aile pacifiste du SPD avec le Kremlin - en contradiction avec la ligne majoritaire du parti - ne sont pas nouvelles. Déjà en juin dernier, un groupe de personnalités issues majoritairement de cette aile avait dévoilé un "manifeste" pour la paix en Europe, qui reprenait plusieurs éléments de propagande du Kremlin et appelait notamment à stopper la course aux armements en Europe, estimant en outre qu'il n'y avait "aucune justification en matière de politique de sécurité" pour augmenter le budget de la défense à 3,5 %, voire 5 % du PIB.
Reste à voir si l'adoption par de plus en plus de voix au sein du SPD, de certaines propositions initialement soumises par l'aile pacifiste, convaincra le chancelier Friedrich Merz, de s'entretenir avec Vladimir Poutine, ce qu'il n'a jamais fait depuis sa prise de fonction en mai 2025. Son prédécesseur, le social-démocrate Olaf Scholz, s'était entretenu une fois avec le maître du Kremlin, le 15 novembre 2024, après deux ans de silence.
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