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A Kamechliyé, dernière étape de l’errance sans fin des kurdes syriens

La reprise des territoires kurdes par les forces gouvernementales syriennes provoque un nouvel exode de milliers de personnes dans des conditions déplorables. Déplacées parfois à plusieurs reprises, ces familles kurdes espèrent rentrer chez elles dans le cadre de l’accord entre Damas et les FDS.

© Laurent Van der Stockt pour « Le Monde »

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Affaire Epstein: qui est Ghislaine Maxwell?

La complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, a sans surprise refusé lundi de répondre aux questions d'une commission de la Chambre américaine des représentants mais s'est dit prête à le faire en échange d'une grâce du président Donald Trump.

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L’opposante biélorusse Sviatlana Tsikhanovskaïa quitte la Lituanie pour la Pologne

La leader des forces démocratiques biélorusses en exil, Sviatlana Tsikhanovskaïa, s’est installée à Varsovie, quittant Vilnius, où elle résidait depuis son départ en exil en août 2020, après la répression postélectorale du dictateur Alexandre Loukachenko. Sous la pression d’une opinion publique de plus en plus gagnée par les idées populistes, les autorités lituaniennes avaient abaissé le niveau de protection dont elle bénéficiait.

© PHOTO MARTIN BERTRAND/HANS LUCAS/AFP

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Comment Emmanuel Macron compte sur l'Europe pour soulager les maux de la France

Longtemps la France a compté sur l’Europe, avec succès, pour subventionner son agriculture. Le modèle a beau avoir trouvé ses limites ces dernières années, on ne change pas une idée qui gagne : Emmanuel Macron compte désormais sur nos voisins pour soulager deux problèmes majeurs de la France, l’endettement excessif des finances publiques et la désindustrialisation du pays.

Guère découragé par son affaiblissement politique à domicile qui mine sa crédibilité à l’international, le président de la République expose ses idées dans une interview accordée lundi 9 février à plusieurs journaux européens. Il plaide d’une part pour un accroissement massif de l’endettement commun de l’Union européenne, et d’autre part pour la généralisation du principe de préférence européenne, selon le slogan "Buy European".

La première proposition permettrait de financer des investissements que la disette budgétaire française rend hors d’atteinte ; la seconde vise à lutter contre les délocalisations industrielles en favorisant l’achat de produits à fort contenu européen. Cela concernerait notamment les commandes publiques, qui forment un levier puissant : leur total dans les 27 Etats membres de l’UE s’élève à quelque 2 000 milliards d’euros par an.

Sur la création d’eurobonds, c’est-à-dire des titres d’emprunts émis par l’Union européenne, Emmanuel Macron invoque l’autorité de Mario Draghi, l’ancien président de la Banque centrale européenne, qui recommandait dans son rapport publié en 2024 de financer chaque année par l’emprunt commun quelque 800 milliards d’euros d’investissements publics et privés. Mais lui augmente la facture de 50 % et évoque le chiffre de 1 200 milliards d’euros ! Sa justification : l’accroissement des besoins dans la défense et la sécurité.

Des idées contestées, mais qui progressent

Le plaidoyer du président de la République a été calibré pour influencer les discussions que les 27 chefs d’Etat et de gouvernement doivent avoir jeudi 12 février, lors d’un séminaire de réflexion qui doit les réunir dans un château de la province belge du Limbourg. Ils doivent débattre des moyens de restaurer la compétitivité de l’économie européenne face au dynamisme des deux autres mastodontes mondiaux, les Etats-Unis et la Chine.

Pour cela, les chantiers les plus évidents - évoqués par Mario Draghi comme par Enrico Letta, auteur d’un autre rapport en 2024 sur le marché intérieur - portent sur la simplification administrative, sur la levée des barrières nationales à la fluidité des échanges de biens et services dans l’UE, sur la création d’un marché unifié des capitaux et sur l’élaboration d’un code européen du droit des affaires.

Présentées par Emmanuel Macron comme complémentaires, les idées françaises visant à favoriser la préférence européenne et à développer l’endettement commun sont beaucoup plus contestées. Elles progressent néanmoins, à la faveur des chocs que l’Union européenne a encaissés ces dernières années. Le Brexit, l’épidémie de Covid, la guerre en Ukraine, le mercantilisme chinois et enfin la politique douanière agressive de Donald Trump ont contraint les partisans de la rigueur financière et de l’ouverture maximale des frontières à céder du terrain. L’Allemagne par exemple semble s’ouvrir au principe de la préférence européenne, à condition qu’il soit circonscrit à quelques rares domaines stratégiques bien délimités.

Emmanuel Macron, il le rappelle dans son interview, plaide depuis neuf ans pour une souveraineté européenne renforcée dans tous les domaines. Mais sa capacité de convaincre ses partenaires serait plus forte si la France avait mené, sous sa présidence, les réformes structurelles indispensables pour maîtriser ses finances publiques et libéraliser son économie.

Emmanuel Macron le reconnaît benoîtement : "Nous n’avons jamais eu des réformes comme celles qui se sont tenues dans les années 2010 au Portugal, en Espagne, en Italie ou en Grèce, et dont les dividendes arrivent à plein aujourd’hui". Lui aurait bien besoin de tels dividendes pour donner du poids à ses propos. Mais au bout de neuf ans de pouvoir, avec de surcroît des marges de manœuvre en politique intérieure réduites à néant, il est un peu tard pour s’en rendre compte.

© REUTERS

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Préférence européenne : cette idée défendue par Emmanuel Macron qui gagne du terrain

L’idée revient une nouvelle fois dans le débat. Cette fois, c’est Emmanuel Macron qui la remet sur la table, dans un entretien accordé au Monde, ce mardi 10 février. "Il faut protéger notre industrie. Les Chinois le font, les Américains aussi. L’Europe est aujourd’hui le marché le plus ouvert au monde", affirme le président. En creux, le président français esquisse la mise en place d’une préférence européenne ciblée, qui concernerait des secteurs stratégiques comme l’automobile, l’acier, la chimie ou encore la défense. Une forme d’armure économique, pensée pour renforcer la souveraineté industrielle du continent — sans pour autant adopter un ton offensif. Le chef de l’État tempère en effet, assurant qu’il ne souhaite pas "basculer dans le protectionnisme".

L’idée d’une "préférence européenne" gagne progressivement du terrain à Bruxelles. "L’Europe doit être capable de défendre ses intérêts stratégiques" et de soutenir activement sa propre base de production, et "la préférence européenne est un outil nécessaire pour contribuer à cet objectif", a ainsi expliqué lundi 9 février la présidente de l’exécutif européen, Ursula von Der Leyen. La Commission européenne a pris position en faveur d’un mécanisme qui conditionnerait l’accès aux fonds publics à l’achat de composants fabriqués en Europe. Cette proposition, qui viserait à renforcer la souveraineté industrielle du continent, doit être examinée par les dirigeants des Vingt-Sept lors d’un sommet prévu ce jeudi en Belgique.

Cependant, les visions divergent sur le sujet, illustrant encore une fois la difficulté des pays européens à s'accorder. D'un côté, la France pousse depuis plusieurs mois en faveur de cette idée, notamment à travers la voix de Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission chargé de ce dossier, dans une tribune cosignée par plus d’un millier de dirigeants d’entreprises. "Nous devons établir, une fois pour toutes, une véritable préférence européenne dans nos secteurs les plus stratégiques". Parmi les objectifs de l'Hexagone : forcer les constructeurs automobiles chinois qui souhaitent produire en Europe à travailler davantage avec des sous-traitants locaux.

L'Allemagne et l'Italie assouplissent leur position

À l’opposé, certains des Etats parmi les plus attachés au libre-échange, dont la République tchèque et l’Irlande, rechignent face au projet, redoutant qu’une telle orientation ne fragilise certains accords commerciaux existants. Dans un document commun publié la semaine dernière, six États du nord de l’Europe (l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas et la Suède) ont aussi mis en garde contre le principe de préférence européenne, qui risquerait selon eux de "réduire à néant nos efforts de simplification" et d’ajouter "une couche supplémentaire de réglementation complexe" pour les entreprises de l’UE. Ces pays ont néanmoins laissé la porte ouverte à une certaine dose de préférence, en n'écartant pas une mesure "limitée, proportionnée et tenant compte de ses répercussions".

Auparavant chef de file des opposants, l'Allemagne, première puissance économique de l’Union européenne, a elle aussi adouci sa position, avec l'Italie, en ouvrant la porte à une telle mesure, mais de manière très encadrée. Son angoisse : qu'une telle orientation ne renchérisse les coûts d’approvisionnement de ses constructeurs automobiles et de son industrie, au risque de fragiliser ses performances à l’export. Les constructeurs allemands "craignent surtout des rétorsions commerciales de la part de la Chine alors que l’Empire du Milieu reste un marché important", expliquait récemment dans L'Express Arnaud Aymé, directeur France du cabinet Sia Conseil.

En clair, une telle obligation ne doit pas entraver les exportations allemandes ou italiennes, ou risquer de brusquer les relations avec les principaux alliés. Une chose est certaine : le sommet de jeudi s’annonce électrique. Chacun y viendra armé d’arguments solides, prêt à défendre ses intérêts nationaux dans un débat qui promet d’être serré.

© REUTERS

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Cuba : la pénurie de pétrole, coup de grâce pour un régime mis sous pression par Donald Trump ?

Le ciel au-dessus de l'île se vide. Cuba a informé les compagnies aériennes internationales qu’elle ne serait plus en mesure de les approvisionner en kérosène à compter de ce mardi 10 février. La mesure restera en vigueur jusqu'au 11 mars. En cause : la réduction drastique des livraisons pétrolières au pays, imposée par le président américain Donald Trump. La décision de La Havane, annoncée en pleine haute saison touristique, a déjà contraint Air Canada à suspendre ses 16 vols hebdomadaires vers l’île. D’autres transporteurs américains, espagnols, panaméens et mexicains pourraient suivre.

La compagnie aérienne canadienne a précisé qu'elle enverrait des avions vides de Montréal et de Toronto à Cuba afin de rapatrier environ 3 000 Canadiens actuellement en visite sur l'île. Comme le rappelle le New York Times, le Canada constitue le premier pays d’origine des visiteurs à Cuba. De quoi accentuer la pression sur le secteur touristique cubain, qui a enregistré une baisse de 18 % du nombre de visiteurs l’an dernier par rapport à 2024, souligne de son côté le Financial Times. A noter que le pays n'a pas été aidé non plus par les avertissements à l'attention des voyageurs à destination de Cuba, émis par le Canada, l'Espagne ou encore le Royaume-Uni, qui ont appelé leurs ressortissants à une "extrême prudence".

Cuba n’a reçu ni pétrole ni carburant depuis un mois, après que Donald Trump a interrompu les livraisons vénézuéliennes – dont l’île dépend largement – et exercé des pressions sur le Mexique pour qu’il suspende ses expéditions, évaluées entre 17 000 et 180 000 barils par jour. La production locale est insuffisante : Cuba ne couvre qu’environ 40 % de ses besoins, un niveau jugé trop faible pour assurer le fonctionnement du pays. Les experts prévoient que l’île pourrait épuiser ses réserves d’ici la fin mars.

La Chine et la Russie en guise de soutien

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a déclaré la semaine dernière qu'il était ouvert à des pourparlers avec les États-Unis, à condition qu'un changement de régime ne soit pas envisagé. En attendant, le chef d'Etat communiste tente de colmater les trous. Parmi les autres mesures prises par le gouvernement cubain : rationnement du carburant, semaine de travail réduite à quatre jours pour les employés des entreprises publiques et suspension des cours à l’Université de La Havane. De leur côté, les compagnies aériennes qui continuent de desservir l’île pourraient être contraintes d’ajouter des escales de ravitaillement dans d’autres îles des Caraïbes.

Sur le plan international, la Chine a affirmé son soutien à Cuba, en soulignant son engagement pour " la sauvegarde de la souveraineté et de la sécurité nationales de l’île" et son opposition à toute ingérence étrangère. "Nous apporterons toujours notre soutien et notre aide à Cuba dans la mesure de nos moyens", a martelé ce mardi Lin Jian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse régulière. Dans le même esprit, la Russie a qualifié lundi la situation du carburant à Cuba de "critique", dénonçant les tentatives américaines pour "asphyxier" l’économie de l’île et les graves difficultés qu’elles engendrent.

Un régime politique qui résiste... Pour combien de temps ?

Le pouvoir en place tiendra-t-il face à cette crise profonde ? Celle-ci survient alors que Washington chercherait "activement à provoquer un changement de régime" d’ici la fin de l’année, une pression maximale depuis l’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier 2026. Mais le pouvoir cubain était déjà sur les nerfs avant cet épisode, notamment sur le plan économique : alors qu’une douzaine d’œufs se vend 5 dollars sur le marché noir, "le salaire mensuel moyen est de seulement 14 dollars", souligne le média France-Guyane. Autrefois fleuron de l’économie cubaine, la production de sucre s’est également effondrée, passant de 10 millions de tonnes à 150 000 tonnes.

La crise est aussi démographique : le taux de natalité a plongé à 1,59 et l’émigration est massive, avec un quart des 11 millions de Cubains ayant quitté l’île ces cinq dernières années. Pour ceux qui restent, la vie est loin d’être facile : déjà en 2024, des milliers de personnes, poussées par la faim, étaient descendues dans les rues pour réclamer l’aide de l’État et protester contre les coupures d’électricité. Reste à savoir si le régime cubain, acculé par la pression américaine mais aussi par la lassitude intérieure, saura résister. Pas sûr que le locataire du Palais de la Révolution dorme sur ses deux oreilles.

© REUTERS

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