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Menace russe en Europe : l’ombre de Wagner derrière des opérations de sabotage

Wagner est impliqué dans les opérations de sabotage russe en Europe, révèlent des responsables des services de renseignement occidentaux dans les colonnes du Financial Times. Des agents passés par le groupe paramilitaire jouent un rôle majeur dans ces attaques orchestrées par le Kremlin.

Actifs depuis 2014, les mercenaires de la milice Wagner ont pour rôle de défendre les intérêts extérieurs de la Russie, notamment via l'exploitation de plusieurs ressources naturelles en Afrique. Sur ce continent et depuis 2022, en Ukraine, le groupe est connu pour son extrême violence, ses exécutions sommaires, son recours à la torture, au viol comme arme de guerre, et autres crimes. En 2023, son fondateur et dirigeant, Evgueni Prigojine, tente un coup contre l'armée russe, en vain. Deux mois plus tard, le chef de la milice meurt dans un accident d'avion - dont les circonstances sont suspectes - en compagnie de son bras droit et d'autres responsables de Wagner.

Depuis, le statut de la milice au sein des troupes russes est incertain, relève le Financial Times. Mais l'implication de ses recruteurs dans les missions de sabotage ne laisse plus l'ombre d'un doute.

A la recherche d'Européens vulnérables

Ces agents, jusqu'alors spécialisés dans l’enrôlement de jeunes hommes originaires des régions isolées de Russie pour combattre en Ukraine, se sont vus attribuer une nouvelle tâche : recruter des Européens en situation de vulnérabilité économique afin de commettre des actes violents sur le territoire de l’Otan, indique le titre britannique. Après les vagues d’expulsions diplomatiques de 2022, les services de renseignement intérieur russes ont dû faire face à la réduction importante de leurs effectifs d’agents secrets en Europe. En réponse, ils s'activent désormais pour dénicher des agents "jetables" dans l'objectif de semer le chaos sur le Vieux Continent, a assuré un responsable du renseignement occidental aux journalistes du FT.

Ce nouveau genre de recrues s'est vu confier un large éventail de mission. Entre autres, des opérations de déstabilisation politique et des incendies ciblant des personnalités publiques européennes leur ont été attribués. En 2023, le ministre de l’Intérieur Estonien, Lauri Läänemets, dont la propriété a été visée par un cocktail molotov, en a par exemple fait les frais. Ces feux criminels ont également visé des entrepôts contenant de l'aide à l'Ukraine. En 2024, cinq hommes ont été condamnés à Londres, reconnus coupables d'avoir déclenché l'un de ces incendies.

Internet au cœur de la stratégie

L'un des auteurs de l'opération à Londres a écopé de 23 ans de prison. Dylan Earl, un petit criminel originaire de la ville anglaise de Leicester, a été recruté sur Internet. Et il n'est pas le seul. Selon le Financial Times, les réseaux sociaux, et tout particulièrement les messageries cryptées telles que Telegram, sont privilégiés par Wagner pour dénicher ses agents de sabotage en Europe.

Cette exploitation des réseaux sociaux n'a rien d'une nouveauté pour le groupe paramilitaire. En 2023, Evgueni Prigojine avait admis être à l'origine de l’Internet Research Agency - traduisez : Agence de recherche Internet - aussi surnommée la "ferme à trolls" ou "Kremlinbots". Son rôle : semer le chaos sur le côté occidental d'Internet à coups de désinformation et de propagande.

© imageBROKER/Siegra Asmoel/MAXPPP

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Israël : la police exfiltre deux soldates après des heurts dans une ville ultraorthodoxe

La police israélienne a déclaré avoir secouru deux soldates des mains d'une foule ultraorthodoxe dans la ville de Bnei Brak, près de Tel Aviv, le 15 février. Plus de 20 personnes ont été arrêtées. Les soldates effectuaient une visite dans le cadre de leur service dans l'armée israélienne lorsqu'elles ont été poursuivies et encerclées. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné l'attaque.

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Défense européenne : Emmanuel Macron parle, Friedrich Merz agit

Le français Emmanuel Macron veut saisir l’occasion de la crise transatlantique pour qu’enfin l’Europe s’émancipe de l’Amérique. Il se heurte à l’allemand Friedrich Merz qui refuse de prononcer l’acte de divorce, du moins tant que le Vieux Continent dépendra de Washington pour sa sécurité. Le dilemme d’une Europe qui n’est plus en paix mais pas encore en guerre est apparu au grand jour à la Conférence de Munich sur la sécurité, ce week-end.

Le chancelier l’a exprimé ainsi : "Les grandes puissances réordonnent le monde plus vite et plus amplement que nous ne sommes capables de nous renforcer". Trois temporalités se font concurrence. D’abord, la perspective d’une attaque de l’armée russe contre l’UE, qu’une défaite ukrainienne pourrait accélérer. Puis, la prise de distance américaine que le secrétaire d'Etat Marco Rubio a confirmée, bien qu’en termes onctueux, à Munich. Enfin, les efforts de réarmement européens, qui ne permettront que dans quelques années à l'Europe de dissuader Moscou même si Washington est aux abonnés absents.

Dans l’immédiat, l’Allemagne continue à miser sur la protection américaine, quand bien même elle la sait hypothétique. Pas dupe, elle débloque des sommes gigantesques pour son réarmement : 650 milliards d’euros sont prévus dans les cinq ans qui viennent. Merz entend faire de la Bundeswehr "l’armée la plus puissante d’Europe, le plus rapidement possible". Un rôle aujourd'hui revendiqué par Paris au sein de l'UE.

Cependant, le cœur du dilemme est nucléaire. La guerre en Ukraine a confirmé combien la Bombe avantageait une nation, en l’espèce la Russie, même dans un conflit conventionnel. L’Allemagne, qui ne l’a pas, compte sur la garantie américaine. Les Etats-Unis ont confirmé, à l’Otan le 12 février, qu’elle restait valable. Le chancelier a certes mentionné que des pourparlers discrets étaient en cours entre Berlin et Paris sur une éventuelle alternative. Mais la force de frappe française n’est pas dimensionnée pour le territoire européen. Or, Merz a rappelé son opposition à des zones de sécurité différentes au sein de l’Union.

Le chancelier souhaite comme Emmanuel Macron l’avènement d’une "Europe souveraine". Mais là où le président français aspire à des progrès urgents - "Nous devons accélérer le processus", a-t-il lancé à Munich -, lui veut d’abord agir sur les fondements de la puissance, réarmement d’un côté, relance de la machine économique de l’autre. En outre, l’Allemagne se méfie d’un allié français de plus en plus fragile, du fait de son instabilité politique et de la possibilité de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national l’an prochain. L’incapacité de l’Elysée à faire confirmer par les industriels français la poursuite du projet d’avion de combat franco-allemand, projet pourtant porté par Emmanuel Macron lui-même, est vu comme un nouveau témoignage de la paralysie de l’Elysée.

L’Allemagne met les bouchées doubles au moment où la France, empêtrée dans ses difficultés budgétaires, n’a pas les moyens de s’aligner. Côté français, l’impuissance nourrit la frustration et les craintes de déclassement de l’Hexagone, au point que la vieille rancœur antigermanique affleure parfois. Le désengagement américain accentue la rivalité entre Paris et Berlin pour le leadership de l’Europe.

Conscient des craintes que suscite la réémergence d’une puissance militaire allemande au cœur de l’Europe, le chancelier s'est voulu rassurant : "Nous, les Allemands, ne suivrons plus jamais un chemin seuls, c’est une leçon durable de notre histoire". Après la Seconde Guerre mondiale, l’Otan fut conçu pour encadrer le réarmement de l’Allemagne de l'Ouest. Dans les années 1990, c'est l’euro qui fut créé pour canaliser la puissance de l’Allemagne nouvellement réunifiée. Aujourd’hui, c’est à nouveau dans le cadre européen que le réarmement allemand doit s’inscrire. Mais pour qu’une véritable "Otan européenne" soit conduite sur les fonts baptismaux, il faudrait que la France retrouve ses marges de manœuvre et sa crédibilité, afin de passer du discours aux actes.

© REUTERS

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Nucléaire : comment la Chine continue d'étendre son arsenal

C'est une révélation qui n'a pas tardé à créer des remous à Washington. Alors que la Chine multiplie les exercices militaires à proximité de Taiwan, sous l'œil inquiet de la communauté internationale, est-elle en train de se doter du matériel nucléaire essentiel pour mettre à exécution ses menaces d'annexion ? C'est l'une des hypothèses qui ressort d'une récente enquête du New York Times, images satellites à l'appui.

Les analyses de ces images indiquent que la Chine serait en train d'accélérer et de moderniser son équipement nucléaire, au cœur des montagnes, même si l'objectif précis derrière cette modernisation reste incertain. Deux types d'infrastructures ont notamment été identifiés dans la province du Sichuan : une usine où Pékin fabriquerait des cœurs de plutonium destinés à des ogives nucléaires, mais aussi de nouveaux bunkers et remparts, qui laissent supposer la manipulation de matières dangereuses en leur sein, comme de puissants explosifs.

Croissance depuis 2019

"Les changements que nous observons sur le terrain sur ces sites s'inscrivent dans le cadre des objectifs plus larges de la Chine visant à devenir une superpuissance mondiale. Les armes nucléaires en font partie intégrante", explique au New York Times Renny Babiarz, expert en renseignement géospatial qui a analysé des images satellites de ces sites. Selon lui, leur croissance rapide s'est accélérée à partir de 2019.

Les sites du Sichuan ont été construits il y a soixante ans dans le cadre du "Troisième Front" de Mao Zedong, un projet visant à protéger les laboratoires et usines de production d'armes nucléaires chinoises contre les frappes des États-Unis ou de l'Union soviétique. S'en est suivie une période de retenue à partir des années 1980, lorsque les tensions entre la Chine, Washington et Moscou se sont apaisées. De nombreuses installations ont fermé ou réduit leur activité. Avant de repartir de plus belle il y a environ sept ans.

Inquiétude américaine

Ce mois-ci, le sous-secrétaire d'État américain chargé de la sécurité internationale a même accusé la Chine de mener secrètement des essais nucléaires, en violation du moratoire international. Des accusations balayées d'un revers de la main par Pékin et qui font débat parmi les experts.

A l'heure actuelle, l'arsenal nucléaire de la Chine reste nettement inférieur aux milliers d'ogives détenues par les États-Unis - il devrait atteindre 1 000 têtes d'ici 2030, selon les dernières estimations annuelles du Pentagone. Mais Washington redoute qu'un arsenal plus conséquent et plus moderne ne modifie le comportement de la Chine en cas de crise, notamment vis-à-vis de Taïwan. "Je pense que sans un véritable dialogue sur ces sujets, il est vraiment difficile de dire où cela va nous mener, et c'est dangereux à mes yeux", confie au NYT Matthew Sharp, chercheur en sécurité nucléaire au MIT.

Surtout dans un contexte où le dernier traité de non-prolifération nucléaire - liant les Etats-Unis et la Russie - vient d'expirer, ravivant les craintes de prolifération et de concurrence entre grandes puissances. Washington soutient que tout accord de remplacement doit également inclure la Chine, mais Pékin a exclu de participer aux discussions. "Les capacités nucléaires de la Chine sont à une échelle totalement différente et elle ne participera donc pas à des négociations à ce stade", a fait savoir Lin Jian, porte-parole chinois des affaires étrangères. C'est donc un grand saut dans l’inconnu, qui pose des questions à la fois sécuritaires, technologiques et politiques.

© REUTERS

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Mort d'Alexeï Navalny : la réponse de la Russie aux accusations européennes

La Russie a déclaré ce lundi 16 février qu'elle rejetait fermement les accusations de cinq pays européens, selon lesquels Moscou aurait tué Alexeï Navalny en 2024, en l'empoisonnant avec une toxine rare et mortelle présente dans la peau des grenouilles-dards d’Équateur. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dénoncé devant la presse de fausses accusations : "Naturellement, nous n'acceptons pas de telles accusations. Nous les contestons. Nous les considérons comme partiales et infondées. Et, en fait, nous les rejetons fermement", a-t-il martelé.

Samedi dans une déclaration conjointe, le Royaume‑Uni, la France, l'Allemagne, la Suède et les Pays-Bas se sont dits convaincus qu'Alexeï Navalny avait été empoisonné alors qu'il était enfermé dans une colonie pénitentiaire de l'Arctique. Les cinq gouvernements ont affirmé que leur conclusion s'appuyait sur des analyses d'échantillons prélevés sur le corps de l'opposant russe, qui, selon eux, "confirmaient de manière concluante" la présence d'épibatidine, une toxine provenant de grenouilles venimeuses sud‑américaines et qui n'est pas présente naturellement en Russie.

Alexeï Navalny, le plus éminent critique russe de Vladimir Poutine, est mort le 16 février 2024 à l'âge de 47 ans, alors qu'il purgeait une peine de 19 ans de prison pour "extrémisme". Son équipe ainsi que son épouse, Ioulïa Navalnaya, accusent depuis le président russe d'avoir ordonné son assassinat. "J'étais certaine dès le premier jour que mon mari avait été empoisonné, mais maintenant, j'en ai la preuve (...). Je suis reconnaissante aux États européens pour le travail minutieux qu'ils ont accompli pendant deux ans et pour avoir révélé la vérité", a déclaré samedi Ioulïa Navalnaya sur les réseaux sociaux, alors qu'elle assistait à la Conférence annuelle sur la sécurité de Munich.

De la "propagande occidentale", selon Moscou

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Suède et les Pays-Bas ont souligné que Moscou avait les moyens, le mobile et l'occasion d'administrer le poison à Alexeï Navalny. "La Russie a affirmé que Navalny était mort de causes naturelles. Cependant, compte tenu de la toxicité de l'épibatidine et des symptômes rapportés, l'empoisonnement est la cause très probable de son décès", ont-ils écrit dans leur déclaration conjointe, publiée quasiment deux ans jour pour jour après la mort de l'opposant russe. "Ces dernières découvertes soulignent une fois de plus la nécessité de tenir la Russie responsable de ses violations répétées de la Convention sur les armes chimiques et, dans le cas présent, de la Convention sur les armes biologiques et à toxines", ont-ils ajouté.

Moscou, qui a nié à plusieurs reprises toute responsabilité dans la mort d'Alexeï Navalny, avait déjà qualifié samedi ces déclarations de "propagande occidentale". "Lorsque les résultats des tests seront disponibles et que les formules des substances seront divulguées, nous ferons des commentaires en conséquence", a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, à l'agence de presse russe Tass. "D'ici là, toutes ces affirmations ne sont que de la propagande visant à détourner l'attention des questions urgentes qui se posent en Occident", a-t-elle ajouté, en qualifiant Alexeï Navalny de blogueur "officiellement désigné comme terroriste et extrémiste en Russie".

Dimanche, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a qualifié de "préoccupant" le rapport européen, ajoutant que Washington n'avait aucune raison de le remettre en question.

© EPA

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Négociations sur le nucléaire : Téhéran disposé à des compromis

Pour éviter des frappes américaines et amener les États-Unis à un compromis sur le dossier nucléaire, Téhéran met sur la table des négociations "une offre alléchante pour que des compagnies américaines puissent participer au développement des champs pétroliers, mais aussi des investissements dans les secteurs miniers et gaziers" détaille Slavosh Ghazi, le correspondant de France 24 à Téhéran. 

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L'Allemagne juge les efforts français en matière de dépenses de défense «insuffisants»

Le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a appelé la France à « faire des économies », notamment « dans le domaine social », pour « disposer de la marge de manœuvre nécessaire pour atteindre l'objectif central d'une capacité de défense de l'Europe ». Objectif dans le viseur : les 5% du PIB consacrés à la sécurité d’ici à 2035, un cap poussé par Donald Trump au sein de l’Otan.  

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Affaire Epstein: le parquet de Paris s'est saisi de trois affaires

Grace à la pression médiatique, le parquet de Paris rouvrent les dossiers. Des magistrats vont "réanalyser intégralement" le dossier d'instruction de Jean-Luc Brunel, l'ex-agent de mannequins qui s'est suicidé en prison il y a 4 ans. Le parquet de Paris s'est saisi de 3 affaires révélées par la presse.

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Iran: les Gardiens de la révolution lancent des exercices dans le détroit d'Ormuz en pleine négociation avec Washington

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont débuté lundi 16 février des exercices militaires dans le stratégique détroit d'Ormuz, selon la télévision d'État iranienne, à la veille de pourparlers sur le nucléaire avec les États-Unis à Genève.

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Affaire Epstein : des perquisitions sont en cours à l’Institut du monde arabe dans le cadre de l’enquête visant Jack Lang

Si aucune charge ne pèse à ce stade contre Jack Lang, président démissionnaire de l’IMA, son nom est mentionné des centaines de fois dans des échanges avec Jeffrey Epstein, et les documents révèlent des liens d’intérêt. « Je n’ai rien à cacher », a réagi M. Lang.

© STEPHANE DE SAKUTIN/AFP/« Le Monde »

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Le carnaval de Rio rend un vibrant hommage au président Lula en pleine année électorale

Le président brésilien Lula a eu droit, dimanche soir, à un défilé en son honneur au carnaval de Rio de Janeiro, sous les critiques de la droite à quelques mois des élections générales. Son prédécesseur Jair Bolsonaro a été, à son corps défendant, la vedette d'un temps fort du défilé, avec un char allégorique le brocardant en clown affligé d'un bracelet électronique.

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