↩ Accueil

Vue lecture

Iran : quels moyens militaires les Etats-Unis ont-ils déployés dans la région ?

Donald Trump n'en finit pas de souffler le chaud et le froid sur l'Iran. Prônant tantôt la voie diplomatique, tantôt l'intervention militaire, le président américain continue d'entretenir le flou. Mais la presse américaine l'assure : Donald Trump a désormais l'arsenal suffisant pour lancer dès ce weekend une guerre contre l'Iran sur plusieurs semaines. "La plupart des Américains ne se rendent pas compte à quel point le gouvernement Trump est proche d’une guerre de grande ampleur au Moyen-Orient", écrit le journaliste Barak Ravid dans les colonnes d'Axios.

Le président américain, qui s'est entretenu mercredi avec ses conseillers diplomatiques sur le dossier, a en effet menacé à plusieurs reprises d'attaquer l'Iran si ses conditions n'étaient pas acceptées. "Je ne pense pas qu'ils souhaitent subir les conséquences d'un échec des négociations", a-t-il fait savoir. S'il se dit favorable à une résolution diplomatique, Donald Trump a bien conscience que l'Iran est peu susceptible de se plier à toutes ses exigences. Celles-ci incluent notamment l'élimination du programme nucléaire iranien, mais aussi le démantèlement des missiles balistiques, un point bloquant pour Téhéran, dont la principale force de dissuasion repose sur ses missiles.

Il est donc possible que Donald Trump intervienne en Iran, comme il l'avait promis aux manifestants descendus en masse dans les rues pour protester contre le régime. Mais rien ne dit, à ce stade, quel serait l'objectif de l'opération. Selon le Wall Street Journal, la Maison-Blanche serait encore indécise sur le type d'intervention : renverser le régime, détruire le programme nucléaire, ou anéantir des missiles balistiques ? En cas de renversement du régime, s'agirait-il uniquement de Khamenei ou aussi de sa garde rapprochée ? Qui lui succéderait ? Rien ne semble avoir été défini à ce stade.

Force de frappe considérable

Reste que l'arsenal déployé dans la région est considérable. Il aurait même atteint une puissance de feu inédite depuis l'invasion américaine de l'Irak en 2003, même si celle déployée aujourd'hui reste bien inférieure. Chasseurs, bombardiers et systèmes de défense aérienne ont notamment été rassemblés ces dernières semaines, ainsi que treize navires de guerre, notamment le porte-avions Abraham Lincoln, arrivé fin janvier, accompagné de neuf destroyers capables de se défendre contre les missiles balistiques. Un second porte-avions (l'USS Gerald Ford), le plus grand au monde, se dirige également vers la région, chargé d'avions d'attaque, et accompagné par trois destroyers. Des avions de commandement et de contrôle, indispensables à la coordination de vastes opérations aériennes, sont également en route.

A la puissance matérielle s'ajoute en outre des dizaines de milliers de soldats présents à bord de ces porte-avions et dans des bases militaires à travers la région. La base aérienne de Muwaffaq Salti, dans l'est de la Jordanie, semble être devenue un nœud central pour ces déploiements. Et comme le rappellent les experts, certains systèmes de frappes comme les bombardiers B2, qui ne sont pas présents sur place, sont entraînés depuis longtemps à mener des missions au Moyen-Orient directement depuis les États-Unis, comme ce fut le cas en juin, ou depuis la base conjointe américano-britannique de Diego Garcia, dans l'océan Indien.

Vraie supériorité américaine ?

Avec une telle armada, les Etats-Unis seraient donc en capacité de mener une guerre aérienne soutenue, durant plusieurs semaines, contre l'Iran - à la différence de la frappe ponctuelle "Midnight Hammer" menée en juin contre trois sites nucléaires iraniens. L'armée américaine serait donc en position de force sur l'Iran, notamment grâce à sa technologie furtive et à ses armes de précision à distance. Néanmoins, l'Iran dispose aussi de plusieurs atouts, notamment un arsenal de missiles encore conséquent qui pourrait être dirigé contre les bases américaines et leurs alliés dans la région, et des forces militaires qui pourraient tenter de fermer le détroit d'Ormuz, une voie maritime vitale pour les pétroliers.

Devant ces incertitudes, plusieurs anciens officiers militaires ont appelé Washington à privilégier la voie diplomatique. "Le meilleur scénario qui puisse résulter de cette opération, c'est d'indiquer que Trump ne plaisante pas avec l'usage de la force", incitant ainsi les dirigeants iraniens à parvenir à un accord, explique David Deptula, général trois étoiles de l'armée de l'air américaine à la retraite qui a joué un rôle majeur dans la campagne Tempête du désert de 1991 contre l'Irak. Mais les responsables américains et étrangers sont de plus en plus pessimistes quant à la possibilité que l'Iran accepte les exigences des États-Unis.

© via REUTERS

  •  

Mort de Quentin Deranque : la tension monte entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni

La mort de Quentin Deranque dépasse désormais les frontières et résonne jusqu'à l'Italie. Le militant nationaliste, âgé de 23 ans, est mort samedi 14 février après une violente agression survenue jeudi lors d'affrontements entre militants d'ultradroite et d'ultragauche, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan.

Dans la péninsule, Quentin est hissé au rang de "martyr". Des groupes néofascistes lui rendent hommage, exhibant des banderoles floquées de la mention "Justice pour Quentin" ou "Fidèle au devoir jusqu’au dernier instant".

Le pouvoir italien s'est lui aussi empressé de prendre la parole. Mercredi 18 février, la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, écrivait sur X "le meurtre du jeune Quentin Deranque en France est un événement qui nous choque et nous attriste profondément", dénonçant une agression "par des groupes liés à l'extrémisme de gauche et emportée par un climat de haine idéologique qui traverse plusieurs pays".

L’uccisione del giovane Quentin Deranque in Francia è un fatto che sconvolge e addolora profondamente.
La morte di un ragazzo poco più che ventenne, aggredito da gruppi riconducibili all’estremismo di sinistra e travolto da un clima di odio ideologico che attraversa diverse… pic.twitter.com/F7vzDhT9X8

— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) February 18, 2026

Une prise de parole qui n'a visiblement pas été au goût d'Emmanuel Macron. Depuis New Delhi, où il est en visite officielle, le chef de l'Etat a demandé à la cheffe du gouvernement italien d'arrêter de "commenter ce qui se passe chez les autres". "Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés", a-t-il lancé.

Mais son message n'est pas passé. Ce jeudi, le ministre italien des Affaires étrangères a estimé que la mort de Quentin Deranque est "un événement grave qui nous concerne tous, un épisode qui doit être condamné sans hésitation", a-t-il lui aussi écrit sur X.

De leur côté, le bureau de la Première ministre italienne Giorgia Meloni a réagi avec "stupéfaction" aux propos du président français. Les propos de la dirigeante ultraconservatrice étaient destinés à exprimer "un signe de solidarité avec le peuple français touché par ce terrible événement" et étaient "sans aucune incidence sur les affaires intérieures de la France", a précisé une source gouvernementale.

Raphaël Arnault, connu de l'autre côté des Alpes

L'affaire Quentin résonne autant dans la péninsule transalpine car le fondateur de la Jeune Garde n'est pas un inconnu sur ces terres. Comme le rapporte le quotidien conservateur Il Giornale, le député Raphaël Arnault a publié une vidéo sur ses réseaux sociaux en janvier dernier aux côtés de militants "antifascistes italiens locaux". Une manifestation qui aurait tourné aux affrontements, assure l'ancien eurodéputé meloniste Vincenzo Sofo. "Le député Raphaël Arnault était à Rome lors de la manifestation antifasciste au cours de laquelle un commando d’extrême gauche a lynché des jeunes militants de Fratelli d’Italia", prétend sur X l'ancien élu qui demande aux gouvernements italien et français "d’ouvrir une enquête conjointe sur Raphaël Arnault et sur les liens entre les différents réseaux antifascistes en Europe".

© RICCARDO ANTIMIANI/EPA/MaxPPP

  •  

Soudan : une mission d’enquête de l’ONU dénonce des actes de « génocide » à El-Fasher ; Washington annonce des sanctions

La mission onusienne a établi, dans un rapport publié jeudi, que « l’intention génocidaire était la seule conclusion raisonnable que l’on puisse tirer des agissements systématiques » des paramilitaires des Forces de soutien rapide lors de la prise de la ville du Darfour, fin octobre 2025.

© Mohammed Abaker/AP

  •  

Affaire Epstein : la fin de l'impunité ?

L'ex-prince Andrew a été arrêté et placé en garde à vue jeudi, à la suite d'allégations de "faute dans l'exercice de fonctions officielles", liées à l'affaire Epstein. Un coup de tonnerre pour la famille royale britannique. Aux Etats Unis, l’affaire Epstein provoque des remous au sein de la sphère trumpiste. Les MAGA se divise entre ceux qui font figure de loyauté à l’égard de Trump et les autres qui fustigent les élites et parlent même d’une dissimulation du scandale par le président américain

  •  

Le "paquet Dmitriev" ou la folle promesse des 14 000 milliards de dollars aux États-Unis

Kirill Dmetriev, qui négocie pour Vladimir Poutine d’éventuelles accords économiques avec les États-Unis, a promis un pactole de 14 000 milliards de dollars pour Washington. La condition : en finir avec les sanctions économiques américaines contre la Russie. Un montant délirant d’après les économistes, qui reconnaissent que Donald Trump pourrait être séduit par ces promesses.

  •  

« En asphyxiant Cuba, Trump fait le pari d’un effondrement du régime »

Donald Trump menace d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les biens importés de tout pays qui vendrait ou fournirait du pétrole à Cuba. Il plonge ainsi un peu plus la population cubaine dans la détresse, analysent, dans une tribune au « Monde », deux spécialistes de l’Amérique latine, Jean Baptiste Thomas et Thomas Posado.

© LE MONDE

  •  
❌