Les États-Unis ont expulsé une demandeuse d'asile homosexuelle vers le Cameroun, pays où l'homosexualité est illégale

© LAURENCE GEAI/MYOP POUR « LE MONDE »

© GENYA SAVILOV/AFP
Les dirigeants européens ont accusé la Hongrie de saboter le soutien à l'Ukraine, à la veille du quatrième anniversaire de l'invasion russe, après le blocage par Budapest de nouvelles sanctions contre Moscou. Ce lundi 23 février, l'Allemagne, la France et d'autres Etats membres de l'Union européenne (UE) n'ont pas réussi à convaincre le gouvernement de Viktor Orban d'approuver un nouveau train de sanctions ni un prêt de 90 milliards d'euros destiné à aider Kiev à répondre à ses besoins militaires et financiers.
"C'est un revers et un message que nous ne voulions pas envoyer aujourd'hui mais le travail continue", a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles.
L'incompréhension est d'autant plus vive que le blocage hongrois intervient malgré un accord trouvé en décembre par les dirigeants européens. "Une décision prise par le Conseil européen doit être respectée. Lorsque des dirigeants parviennent à un consensus, ils sont liés par leur décision. Tout manquement à cet engagement constitue une atteinte au principe de coopération loyale", a écrit Antonio Costa, président du Conseil européen, dans une lettre adressée à Viktor Orban et consultée par Reuters. "Aucun Etat membre ne peut être autorisé à saper la crédibilité des décisions prises collectivement par le Conseil européen", a-t-il ajouté. "Il est vraiment regrettable que la décision à laquelle tous les pays sont parvenus au Conseil européen, tous les dirigeants, fasse maintenant l'objet d'un revirement", a ajouté Kaja Kallas. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a, lui, qualifié les agissements de Budapest de "sabotage politique".
La Hongrie avait annoncé dès ce week-end son intention de bloquer cette adoption. Une manière de punir l'Ukraine pour les retards dans la reprise de l'acheminement du pétrole russe vers la Hongrie via l'oléoduc Droujba, infrastructure datant de l'époque soviétique.
Le sort de cet oléoduc, qui approvisionnait la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe jusqu'à son arrêt le mois dernier après une énième attaque de l'armée russe contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, empoisonne les relations entre Kiev et les dirigeants hongrois et slovaques, ouvertement pro-russes. Ces deux derniers accusent l'Ukraine d'empêcher la réouverture de l'oléoduc qui, selon Kiev, a été endommagé par des frappes russes. En représailles, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a annoncé lundi soir l'arrêt des livraisons d'électricité d'urgence à l'Ukraine.
Le Premier ministre hongrois a assuré pendant le week-end qu'il bloquerait, pour les mêmes raisons, l'adoption d'un prêt de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine. Viktor Orban, qui entretient des relations chaleureuses avec la Russie, fait du conflit entre Moscou et Kiev un élément central de sa campagne en vue des élections du 12 avril. Il avait présenté le vote de lundi comme un choix radical entre "la guerre ou la paix" et affirmé que ses rivaux, donnés en tête par les sondages d'intention de vote, entraîneraient la Hongrie dans le conflit.
Si les Etats-Unis tentent de négocier un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, les progrès se font attendre. Les dernières discussions menées par Washington, qui se sont tenues à Genève les 17 et 18 février, n'ont débouché sur aucune avancée significative. Une nouvelle série de pourparlers visant à mettre fin à la guerre en Ukraine pourrait avoir lieu à la fin de cette semaine, a déclaré lundi le chef de cabinet du président Volodymyr Zelensky aux médias ukrainiens.
© via REUTERS

© OLYMPIA DE MAISMONT/AFP
Nouveau coup de tonnerre à Londres. L'ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, sous le coup d'une enquête en raison de ses liens avec le prédateur sexuel Jeffrey Epstein, a été arrêté, lundi 23 février, par la police à son domicile.
La police n'a pas donné l'identité de la personne interpellée mais a précisé dans un communiqué avoir arrêté un homme de 72 ans, l'âge de Peter Mandelson, soupçonné de manquement présumé au devoir de probité dans l'exercice de ses fonctions publiques.
Peter Mandelson a été relevé de ses fonctions en septembre dernier à la suite d'une première salve de révélations dans l'affaire Epstein. Il a depuis été déchu de son titre de "lord" et a quitté le Parti travailliste. Le quotidien britannique The Times a rapporté précédemment que des policiers s'étaient rendus au domicile de Peter Mandelson pour procéder à son arrestation. Nommé ambassadeur aux États-Unis par le Premier ministre Keir Starmer en février 2025, il aurait notamment communiqué au prédateur sexuel, mort en prison en 2019, des informations relatives à d’éventuelles cessions d’actifs britanniques.
Des courriels échangés entre Mandelson et Epstein, publiés par le ministère américain de la Justice fin janvier, ont révélé que les deux hommes entretenaient une relation plus étroite qu'on ne le savait publiquement, et que Mandelson avait partagé des informations avec le financier lorsqu'il était ministre dans le gouvernement de l'ancien Premier ministre Gordon Brown en 2009.
Si Peter Mandelson dit regretter "profondément" ses liens avec Epstein, il n'a fait aucun commentaire public et n'a pas répondu aux demandes d'interrogatoire concernant les dernières révélations. Les domiciles de Mandelson à Londres et dans l'ouest de l'Angleterre ont été perquisitionnés par la police au début du mois. "Il a été arrêté à une adresse de Camden le lundi 23 février et conduit dans un commissariat londonien pour être interrogé", a indiqué la police dans un communiqué.
Les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein sont au cœur d'un scandale politique britannique qui a entraîné la démission de deux hauts responsables gouvernementaux. Keir Starmer fait l'objet d'un examen plus approfondi depuis que le Parlement a ordonné la publication de documents relatifs à son enquête de moralité. Un ministre a déclaré lundi que les premiers documents devraient être publiés début mars.
Par ailleurs, l'affaire Epstein a également éclaboussé la couronne britannique. La semaine dernière, Andrew Mountbatten-Windsor, le frère cadet du roi Charles, a également été arrêté, soupçonné d'abus de pouvoir, à la suite d'accusations distinctes selon lesquelles il aurait transmis des documents gouvernementaux confidentiels à Jeffrey Epstein. Il a toujours nié toute malversation.
© REUTERS
À quelques mois de la Coupe du monde 2026, le défi sécuritaire s’impose comme l’une des principales inquiétudes du Mexique. Les violences déclenchées cette semaine par des membres du cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) après la mort de leur chef, Nemesio Oseguera Cervantes, dit "El Mencho", rappellent la fragilité du contexte dans un pays qui s’apprête à accueillir des dizaines de milliers de supporters venus du monde entier. La vague d’attaques — incendies de commerces, barricades enflammées et blocages routiers — a touché une vingtaine d’États, dont Jalisco, où se situe Guadalajara, l’une des villes hôtes du Mondial.
Dans la foulée de l’opération ayant conduit à la mort d’El Mencho, les autorités ont déclenché un plan d’alerte rouge dans la région. Bars et restaurants ont fermé, plusieurs matchs de football ont été reportés et la vie quotidienne s’est retrouvée paralysée. Ces "narcobloqueos", une tactique régulièrement utilisée par les cartels, consistent à réquisitionner et incendier bus ou taxis pour bloquer les axes routiers.
À l’approche de la grande messe du ballon rond, ces événements ont ravivé des souvenirs douloureux, notamment la fusillade de 2011 près du stade Corona de Santos Laguna, dans le nord du pays. Selon The Guardian, cet épisode avait provoqué la fuite de joueurs et de supporters vers les vestiaires, illustrant la vulnérabilité du football face à la violence du crime organisé. La question sécuritaire est d’autant plus sensible que Guadalajara doit accueillir quatre matchs de la Coupe du monde 2026 dans son stade d’environ 48 000 places.
Les autorités mexicaines comptaient pourtant sur un dispositif massif de surveillance pour l'occasion : plus de 2 000 caméras, l’usage de drones, de systèmes anti-drones, ainsi que le déploiement de la Garde nationale et de l’armée dans la zone métropolitaine. Le Mexique se serait d'ailleurs vanté, selon nos confrères du Figaro, de la qualité de ses voitures blindées, idéales pour transporter les joueurs et le personnel de la Fédération internationale de football association (FIFA). Dans l’industrie de la sécurité privée, l’augmentation de la violence avait créé un secteur économique prospère.
Selon des responsables de la sécurité de l’État de Jalisco, le pays reste également en état d’alerte face à la possible infiltration de réseaux criminels étrangers. Les autorités s’inquiètent notamment de l’arrivée de ressortissants colombiens, certains anciens militaires ou ex-guérilleros, dont l’implication dans des groupes criminels mexicains a été observée ces dernières années, notamment depuis le démantèlement partiel des FARC en 2017 et la réduction du budget militaire colombien, rappelle Le Parisien. Les cartels pourraient profiter de l’afflux touristique lié au Mondial.
Au niveau diplomatique, la question sécuritaire dépasse les seules frontières du Mexique. Selon des informations rapportées par le Guardian, des discussions auraient eu lieu avec les États-Unis afin de limiter les opérations contre certains chefs de cartel durant le tournoi, pour éviter un scénario de violence massive. Toutefois, la décision d’éliminer El Mencho cette semaine semble montrer qu’une autre stratégie a été privilégiée.
La FIFA affiche de son côté sa confiance. En novembre 2025, Jürgen Mainka, son directeur exécutif au Mexique, avait affirmé travailler depuis plusieurs années avec les autorités mexicaines et nord-américaines pour préparer les protocoles de sécurité. "Nous sommes absolument certains que tous les plans mis en œuvre fourniront le cadre nécessaire pour les supporters et les équipes", avait-il voulu rassurer. Certains experts, plus optimistes, estiment que les cartels pourraient limiter les attaques spectaculaires durant le tournoi, voire bénéficier d’une forme de statu quo tacite avec les autorités en échange d’une relative accalmie pendant la compétition. Réponse cet été.
© REUTERS

© Evelyn Hockstein / REUTERS