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TEST GRID Legends: Deluxe Edition – Un portage Nintendo Switch 2 qui en a sous le capot

Alors que la concurrence se compte aujourd’hui sur les doigts d’une main sur Nintendo Switch 2, les jeux de course aux graphismes réalistes (en excluant notamment Mario Kart World et Kirby Air Riders) arrivent petit à petit. Tandis que Gear.Club Unlimited 3 est attendu pour février 2026, Feral Interactive saisit l’occasion pour dégainer quelques semaines plus tôt un portage de GRID Legends, un épisode sympathique mais qui manquait quelque peu de contenu lors de sa sortie initiale. Mais qu’en est-il de cette version Deluxe en 2026 ? Réponse dans notre test complet.

Testé sur Nintendo Switch 2 grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur

Un spécialiste des portages en bord de piste

Depuis sa sortie en 2022 sur consoles et PC, GRID Legends a connu de nombreuses évolutions. Entre la publication de multiples DLC et son adaptation sur smartphones (iOS et Android), le jeu développé par Codemasters s’est ouvert à de nouveaux supports. Déjà à l’origine du portage mobile, Feral Interactive est de nouveau à la manœuvre pour adapter le titre sur Nintendo Switch 2, et uniquement sur la dernière console du constructeur japonais. Bien que le jeu soit également disponible sur PS4 et Xbox One, les développeurs londoniens ont fait le choix de ne pas proposer cette version sur l’ancienne Switch.

Rappelons que Feral Interactive n’est pas un novice en la matière : sa spécialité est justement de porter des jeux sortis depuis plusieurs années vers de nouvelles plateformes. On leur doit notamment les portages de Hitman: Absolution et Hitman: Blood Money sur Nintendo Switch, ainsi que celui de GRID Autosport en 2019. Si les deux premiers titres ont été largement critiqués pour leur optimisation décevante, GRID Autosport reste l’un des meilleurs jeux de course disponibles sur Switch, même s’il s’agissait d’un portage PS3/Xbox 360.

TEST GRID Legends : Cinématiques
Les cinématiques sont entièrement doublées en français et expriment la rivalité entre les écuries

Cette nouvelle adaptation de GRID Legends arrive donc à un prix compétitif de 29,99 €, incluant l’ensemble des contenus additionnels sortis à ce jour. Mais la question demeure : s’agit-il réellement d’une bonne affaire en 2026 ?

Une adaptation qui n’a pas à rougir des autres supports

Au vu de la faible concurrence dans ce secteur, GRID Legends s’impose comme le précurseur d’un genre apprécié par de nombreux joueurs, mais encore trop peu représenté sur Nintendo Switch 2. On retrouve ici un jeu simu-arcade signé par des spécialistes du domaine : Codemasters. Le gameplay est à la fois plaisant, stimulant et très accessible, avec une large palette d’options de personnalisation. Si vous souhaitez éviter la gestion des dégâts ou profiter d’aides à la conduite, tout est prévu. Avec plus de 120 voitures et 156 circuits répartis sur 24 territoires (France, Russie, Japon…), les sensations varient réellement selon les combinaisons choisies. On ne s’ennuie jamais et le feeling est au rendez-vous, surtout avec 7 types de vues (cockpit, capot…) qui conviendront à tous les joueurs.

TEST GRID Legends : Conduite sous la pluie
Sous temps de pluie, GRID Legends est très joli sur Nintendo Switch 2

Ce portage a été réalisé dans de bonnes conditions, et Feral Interactive a tenu compte de la capacité de stockage limitée de la console. Disponible uniquement en version numérique, le jeu pèse 28,4 Go, un volume conséquent puisqu’il représente plus d’un septième de l’espace disponible par défaut. Mais le luxe visuel a un prix, et pour le coup, vous en aurez pour votre argent : le portage est une très grande réussite technique. Avec quatre modes graphiques en portable et deux en mode docké, chacun peut trouver le compromis idéal selon l’expérience recherchée.

En mode portable, le mode Graphismes propose un affichage stable à 30 fps, avec une meilleure résolution et davantage de détails. Le mode Économie d’énergie conserve les 30 fps mais réduit fortement la résolution (540p). De notre côté, nous avons privilégié le mode Équilibré, qui offre une résolution dynamique (entre 540p et 864p) pour un affichage à 40 fps. Enfin, le mode Performance est le seul à atteindre les 60 fps (aidé par le VRR), au prix d’une résolution oscillant entre 684p et 828p et de réglages graphiques réduits. En mode docké, le mode Performance maintient les 60 fps, tandis que le mode Graphismes tourne en 1080p / 30 fps, avec de très rares ralentissements.

TEST GRID Legends : Vue cockpit
La vue cockpit est l’une des sept vues disponibles

Au-delà de l’aspect technique pur, le jeu est visuellement très réussi, riche en détails aussi bien sur les pistes que sur les nombreux véhicules. Mis à part un peu de popping parfois gênant, les effets visuels sont de qualité, et courir sous la pluie devient presque plus agréable que dans la réalité. Le titre prend également en charge plusieurs éléments importants : l’écran tactile pour naviguer dans les menus, la manette Pro, la manette GameCube, ainsi que les vibrations HD des Joy-Con 2. Là où ces vibrations se révèlent souvent grossières dans d’autres portages, elles sont ici finement calibrées, parfaitement synchronisées avec l’action à l’écran.

Une Deluxe Edition amputée d’un mode phare

Vendu uniquement avec ses précédents contenus téléchargeables, GRID Legends se destine clairement aux joueurs en quête d’un jeu de course solo orienté simu-arcade. Entrons directement dans le vif du sujet : le titre est, à l’heure où nous écrivons ces lignes, dépourvu de mode en ligne, pourtant présent sur les autres supports. Tout n’est pas perdu : pour GRID Autosport, une mise à jour était arrivée six mois après le lancement pour combler cette absence. Reste à savoir si l’histoire se répétera. Dans les faits, il n’est donc possible de jouer qu’en solo, aucun mode local n’étant proposé. On devra se contenter des deux modes principaux de cet opus : Histoire et Carrière.

TEST GRID Legends : Mode histoire
Tous les DLC sont inclus dans cette Deluxe Edition

Lors de la sortie du jeu sur PS5, nous gardions le souvenir d’un titre plein de qualités mais finalement assez vide. Avec l’intégralité des DLC inclus, l’offre devient enfin plus consistante, et le mode Histoire – qui ne comptait qu’une trentaine de courses à l’époque – s’étoffe grâce à de nouveaux arcs scénaristiques. La trame principale nous place dans la peau du pilote numéro 22, jeune talent approché par une écurie en perdition. L’objectif est simple : remonter la hiérarchie pour décrocher le titre de champion. Pour illustrer ces scénarios, le jeu propose des cinématiques doublées en français… parfois assez malaisantes. Entre clichés et jeu d’acteur approximatif, l’immersion en prend temps en temps un coup.

Les quatre autres histoires suivent la même logique, enchaînant les épreuves avec des objectifs généralement faciles à atteindre. Même en dépassant largement les attentes, ne vous attendez pas à des récompenses particulièrement gratifiantes. Là où GRID Legends tire réellement son épingle du jeu, c’est dans son mode Carrière, bien plus varié, tant dans les objectifs que dans les catégories de véhicules. Le fonctionnement reste classique, mais la possibilité de créer son écurie, d’attirer des sponsors et de monétiser ses performances pour débloquer de nouvelles voitures ou améliorer son staff technique apporte une vraie profondeur.

À l’issue de chaque course, vous remporterez de l’argent pour débloquer de nouvelles voitures ou pièces

On retrouve également un mode Libre pour lancer rapidement une course, tandis que la seule fonctionnalité en ligne permet de participer à des épreuves renouvelées régulièrement. Fait étonnant : les scores sont partagés uniquement avec les joueurs iOS et Android. Avec du recul, cela s’explique par le fait que Feral Interactive était déjà derrière le portage mobile et en profite pour mutualiser les données. Néanmoins, il aurait été appréciable d’y inclure les joueurs consoles et PC.

Enfin, un mot sur l’ambiance sonore : si les thèmes musicaux deviennent rapidement lassants, le sound design, lui, est solide et contribue efficacement à l’immersion, que l’on soit sur circuit ou en pleine course urbaine.

Verdict


GRID Legends: Deluxe Edition est un solide portage sur Nintendo Switch 2. Techniquement impressionnant pour le support, le titre adapté par Feral Interactive s’en sort très bien, aussi bien en mode portable qu’en mode docké. Si vous recherchez un jeu de course arcade agréable à prendre en main, son prix contenu – incluant l’ensemble des DLC sortis à ce jour – constitue un argument supplémentaire pour passer (ou repasser) à la caisse. On regrettera simplement l’absence d’un mode local, mais surtout la disparition pure et simple du véritable multijoueur en ligne : dommage.

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River City Saga : Journey to the West - l'increvable Kunio-kun s'attaque à la légende de Son Goku

Jamais fatigué de traîner ses baskets dans les classiques de la littérature orientale, Kunio-kun s'apprête à délaisser Les Trois Royaumes pour une autre épopée fondatrice. Arc System Works et le studio APlus Games viennent d'annoncer River City Saga : Journey to the West, une relecture musclée du Voyage vers l'ouest attendue pour 2026.

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Cairn : déjà 200 000 joueurs ont tenté l'ascension

Peu de temps avant la fin du mois est sorti Cairn, le jeu d’escalade et d’alpinisme made in France de chez The Game Bakers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le studio a su frapper fort avec cette nouvelle expérience différente des autres productions du studio sur la forme, mais intrinsèquement lié sur le fond.

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Trente ans après avoir posé les fondations de Blood Omen, Denis Dyack tente de rallumer la flamme de Silicon Knights avec Deadhaus Sonata. Un trailer baptisé "Reawakening" vient d'être livré, et il joue lourdement la carte de la filiation avec Kain et Raziel pour séduire les nostalgiques de l'ère PlayStation.

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Test : Dragon Quest VII Reimagined pèche par excès de tendresse

Mais pourquoi, exactement, ressuciter Dragon Quest VII, près de 26 ans après sa sortie sur PlayStation, au détriment d'autres épisodes certainement plus ancrés dans l'imaginaire collectif de la saga - comme le V ? Il y a certainement une part de popularité locale qui joue - plus grand best seller sur PlayStation, sa plateforme d'origine, avec pas moins de 4,1 millions d'unités vendues -, mais aussi son tout relatif anonymat sur le vieux continent, dont seul le remake 3DS est arrivé de par chez nous, pour de modestes ventes. Ajoutez à cela un quart de siècle anniversaire, et l'excuse d'un cinquième remake depuis la sortie de Dragon Quest XI en 2016 paraît toute trouvée.

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TEST Dragon Quest VII Reimagined – Une aventure à perte de vue

L’histoire de Dragon Quest VII est, à elle seule, une longue aventure. Initialement paru sur la première PlayStation en 2000 au Japon, le jeu a ensuite eu droit à un remake sur Nintendo 3DS en 2013, toujours au Japon, avant de connaître une sortie européenne en 2016. Nous voilà aujourd’hui dix ans après ce premier remake et vingt-six ans après sa parution originale, prêts à accueillir ce JRPG iconique dans une version reimagined proposée sur Xbox Series, Nintendo Switch 1 et 2, PC et PlayStation 5.

Test réalisé sur Xbox Series X grâce à une version numérique fournie par l’éditeur

Seuls au monde ? Vraiment ?

Toujours édité par Square Enix, ce remake est développé en collaboration entre Square Enix et le studio japonais HEXADRIVE. Il s’inscrit dans la lignée des remakes récents de l’éditeur, à l’image de Dragon Quest I & II ou encore Dragon Quest III. Développé sous Unreal Engine, Dragon Quest VII Reimagined est présenté comme une refonte en profondeur de l’histoire, des graphismes et du gameplay. Et il y a matière, tant le titre était réputé à la fois pour la richesse exceptionnelle de son aventure que pour son démarrage particulièrement lent et sa durée intimidante.

Dès les premiers instants, les nouveautés se font ressentir. Takeshi Ichikawa, producteur de Dragon Quest VII, avait déclaré vouloir concevoir ce remake de manière à satisfaire à la fois les nouveaux venus et les joueurs ayant déjà parcouru l’aventure originale. Le jeu propose ainsi quatre niveaux de difficulté : détente, équilibré, parcours du combattant et personnalisé. Ce dernier permet d’ajuster librement l’expérience selon ses préférences. Autre différence notable, notamment par rapport à la version 3DS : la caméra adopte ici une vue du dessus, presque panoramique, là où l’opus portable proposait une caméra plus rapprochée du groupe. Ce choix offre une meilleure lisibilité de l’environnement, mais se fait parfois au détriment de l’immersion.

Capture d'écran de Dragon Quest VII Reimagined
Les environnements sont charmants en vue aérienne

Ici, pas de création de personnage : le joueur incarne le héros iconique de Dragon Quest VII et n’a pour seule liberté que le choix de son nom. Pour la première fois dans cet opus, le jeu propose un doublage quasi intégral des personnages principaux, avec le choix entre voix anglaises et japonaises. Les deux options sont convaincantes, mais nous avons privilégié le doublage anglais pour des raisons de compréhension.

L’histoire de Dragon Quest VII Reimagined reprend le scénario originel du titre. L’aventure débute sur les côtes paisibles de l’île de Melyor, où des amis d’enfance sont convaincus que le monde s’étend bien au-delà de leur île natale. Animés par le désir d’aventure, ils rêvent de découvrir ce qui se cache au-delà de l’océan. Pourtant, rattrapés par la réalité et les échecs répétés des expéditions passées, les habitants ont depuis longtemps abandonné toute ambition de découverte. Cela ne suffit toutefois pas à décourager notre joyeuse troupe, qui met la main sur les fragments d’une ancienne tablette de pierre, vestige d’une carte mystérieuse. En réunissant les fragments disséminés sur l’île, les protagonistes accèdent à un temple énigmatique. Grâce à ladite carte, ils sont alors téléportés depuis le temple vers une île inconnue, en proie à de multiples dangers et infestée de monstres. En libérant cette île et ses habitants de ses menaces, ils découvrent de nouveaux fragments menant à d’autres terres inconnues, et ainsi de suite. Très vite, ils comprennent que ces voyages ne les transportent pas seulement dans l’espace, mais aussi dans le temps. Chaque île visitée correspond à une époque différente, parfois très éloignée de la leur. Cette structure narrative épisodique constitue le cœur même de l’expérience de Dragon Quest VII, fidèle à l’esprit du titre original, comme le suggérait déjà son sous-titre : La Quête des vestiges du monde.

Une fois sauvées, ces îles réapparaissent mystérieusement au large de Melyor, dans le présent. Les habitants découvrent alors avec stupeur qu’ils ne sont pas seuls au monde. Ces terres nouvellement émergées peuvent être revisitées et, pour beaucoup, ont profondément changé depuis le passage des héros. Ceux-ci y sont parfois vénérés comme des figures légendaires, intégrés au folklore local ou totalement tombés dans l’oubli. Le jeu incite ainsi le joueur à voyager d’île en île pour trouver de nouveaux fragments de tablette. Et lors des premières heures de l’aventure, c’est un peu le seul but de nos jeunes aventuriers : passer d’une île à une autre sans trop savoir pourquoi ni comment ils doivent le faire. Là où l’opus de 3DS était réputé pour être très long à véritablement rentrer dans le cœur de l’intrigue, l’annonce de Takeshi Ichikawa laissait potentiellement entrevoir une refonte profonde du début de l’aventure, ce qui n’est pas véritablement le cas sur les premières heures de jeu. 

Fort heureusement, au fil de l’aventure, et après plusieurs heures de jeu, les enjeux deviennent plus clairs. Le présent se peuple progressivement de nouvelles îles à explorer, et, à travers les dialogues avec les PNJ et même certains monstres, le joueur commence à saisir les contours d’un récit plus vaste, évoquant des divinités, un roi-démon et un affrontement ancien ayant conduit à la fragmentation du monde. C’est à vous qu’il incombera de lui redonner sa forme originelle.

Capture d'écran de Dragon Quest VII Reimagined
L’intrigue tarde à se mettre en place

Mobilité verte : voyage en bateau, dans le temps, en tapis ou à dos de dragon.

Si le postulat paraît simple, la narration se révèle en réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît, grâce à son découpage temporel et épisodique. Chaque île raconte une histoire unique, souvent mature, parfois tragique, indépendante des autres, donnant l’impression de participer à une aventure d’une ampleur colossale.

Et pour cause : le contenu proposé est particulièrement dense. Déjà avoisinant les 80 heures de jeu sur Nintendo 3DS, Dragon Quest VII Reimagined a été repensé pour répondre aux attentes des anciens comme des nouveaux joueurs. Certains arcs narratifs jugés trop déconnectés de l’intrigue principale ont été supprimés, tandis que de nouvelles histoires optionnelles ont été ajoutées afin d’approfondir certains personnages. Malgré ces ajustements bienvenus, l’histoire principale souffre encore de longueurs. L’intrigue met beaucoup de temps à se dévoiler, tout comme certaines mécaniques clés. Il nous a fallu une quinzaine d’heures pour débloquer les vocations, et près de vingt heures pour accéder aux doubles vocations. Le début de l’aventure se montre donc répétitif et peu engageant : on se contente d’enchaîner les îles et de combattre les ennemis rencontrés. Heureusement, l’intérêt grandit au fil du temps ; lorsque le récit s’étoffe, que de nouveaux personnages jouables rejoignent l’équipe et que l’on interagit avec les mêmes protagonistes à travers différentes époques. De nouveaux items vous inciteront à retourner dans le passé, puis dans le présent, et ainsi de suite. De véritables voyageurs temporels en somme. Malheureusement, le jeu ne récompense que très peu l’exploration et les retours dans le passé. Il n’y a souvent que très peu de choses à faire, si ce n’est chercher les quelques coffres qui traînent ici et là ou encore, les mini-médailles.

Les modifications de ce remake ne se limitent pas à la narration. Le gameplay a lui aussi été largement retravaillé pour gagner en confort et séduire un public plus large. Comme dans les récents remakes de la série, il est possible d’accélérer les animations de combat ou d’activer des stratégies automatiques qui gèrent les actions des personnages : priorité aux soins, pas de pitié, agir avec sagesse, etc. Autre ajout notable : lorsque le joueur affronte des ennemis largement en dessous de son niveau, les combats peuvent être remportés automatiquement. Un gain de temps appréciable, évitant des affrontements devenus inutiles.

Capture d'écran de Dragon Quest VII Reimagined
Le design des personnages et des monstres sont convaincants

Le design des personnages, initialement imaginé par Akira Toriyama, a été fidèlement transposé en 3D. PNJ, monstres, environnements et donjons bénéficient d’un style artisanal évoquant des dioramas. Cette direction artistique, très enfantine, a l’avantage d’être charmante et accessible, tout en atténuant la gravité de certaines situations. Un choix qui pourra diviser : s’il rend l’aventure plus accessible aux plus jeunes, il crée parfois un décalage entre la dureté des thèmes abordés et leur représentation visuelle, donnant lieu à des situations presque involontairement comiques. Le sound design a lui aussi été amélioré pour coller aux nouvelles animations lors des combats, mais aussi des cinématiques. La bande originale reprend sans surprise le thème de Dragon Quest si cher au cœur des fans et si agréable à écouter. Les différents thèmes manquent toutefois de diversité sonore et peuvent parfois être très répétitifs, en particulier lorsque l’on s’attarde plusieurs heures sur une même île. 

L’aventure nous mène à travers de nombreuses îles et continents aux paysages variés : plaines verdoyantes, déserts arides, villes, villages et donjons aux inspirations diverses. Certaines régions empruntent des références culturelles marquées, avec des accents et expressions inspirés de langues européennes, souvent caricaturales mais amusantes. Chaque lieu possède sa propre identité, et l’on prend plaisir à y revenir à différentes époques pour observer l’impact de nos actions. Les donjons ont eux aussi été repensés par rapport à la version 3DS : plus lisibles, moins punitifs, ils profitent de la vue du dessus pour faciliter la navigation, là où la caméra rapprochée de la version portable pouvait parfois mener le joueur dans des guets-apens. Ici, il est désormais bien plus facile de se repérer et d’éviter les ennemis alentours. Encore une fois, cette nouveauté pourra diviser puisque le sentiment d’exploration est fortement dégradé.

Capture d'écran de Dragon Quest VII Reimagined
La vue aérienne facilite la navigation et l’exploration au détriment du sentiment de découverte

Easy peasy

Le système de combat reste fidèle aux standards du JRPG au tour par tour. Il faudra choisir son équipement avec soin en fonction des adversaires rencontrés. Au fil de l’aventure, de nouvelles armes et armures sont obtenues dans des coffres ou auprès des marchands. Les combats ont été enrichis de nouvelles animations et de designs de monstres inédits. La grande nouveauté réside dans le système de double vocation. Là où la version 3DS limitait chaque personnage à une seule vocation à la fois, il est désormais possible d’en combiner deux, en conservant les acquis de la première tout en développant une seconde. Les vocations sont à Dragon Quest VII ce que les classes sont au RPG traditionnels. Les vocations telles que prêtre, voleur, berger, guerrier et bien d’autres permettent de débloquer de nouvelles compétences et sorts à utiliser lors des combats. De nouvelles vocations font également leur apparition dans cet opus et les frénésies combatives permettent à nouveau de réaliser des attaques spéciales. Malgré la présence de nombreuses options de confort, comme l’augmentation de l’expérience gagnée, la réduction de la difficulté des ennemis ou les soins automatiques après les combats, l’aventure ne nous a pas semblé particulièrement exigeante en difficulté normale. Les K.O. restent rares. Pour apprécier pleinement l’expérience, nous déconseillons l’usage excessif de ces facilités, qui atténuent le sentiment de progression. À l’inverse, il est aussi possible de durcir l’expérience en augmentant la puissance des ennemis ou en réduisant celle des personnages. Square Enix a clairement souhaité offrir une aventure modulable, adaptée aux préférences de chacun, ce qui constitue un véritable atout au regard de la densité du jeu.

Capture d'écran de Dragon Quest VII Reimagined
Malheureusement, les tenues sont limitées
Capture d'écran de Dragon Quest VII Reimagined
Les boss ont des designs convaincants et variés

En revanche, certains aspects de la personnalisation font défaut. Changer d’armure n’affecte pas l’apparence des personnages, un choix cohérent avec les récents remakes de la licence, mais regrettable dans une aventure de cette ampleur. Contrairement à la version 3DS, où les tenues variaient selon les vocations, il faudra ici se tourner vers des contenus additionnels, souvent liés à des bonus de précommande, pour modifier l’apparence des héros. Sauver le monde vêtu de guenilles nuit quelque peu à la crédibilité de l’ensemble. Seules les armes et les boucliers visibles permettent de distinguer visuellement la progression. 

Techniquement, la proposition de ce Dragon Quest VII Reimagined est solide puisque notre aventure s’est déroulée sans accros avec des images fluides et une qualité visuelle vraiment apprécibable. Toutefois, cela reste un JRPG à l’ancienne qui tente de se moderniser avec des améliorations graphiques et de gameplay déjà vue par le passé sur Nintendo 3DS. Là où d’autres remakes de Dragon Quest tels que le remake du I & II ou encore, du III proposaient une véritable rupture entre l’opus original et le remake, Dragon Quest VII Reimagined n’est pas véritablement une version améliorée de la version Nintendo 3DS mais plutôt, une proposition différente. Avec ses points positifs et négatifs. Il reste toutefois une très bonne porte d’entrée dans la licence pour ceux qui souhaiteraient découvrir la franchise.

Capture d'écran de Dragon Quest VII Reimagined
Un niveau supplémentaire pour la vocation
Capture d'écran de Dragon Quest VII Reimagined
La frénésie combative permet des attaques spéciales et des bonus

Verdict

Dragon Quest VII Reimagined propose une réinterprétation d’un monument du JRPG, fidèle à son héritage. Riche, dense et narrativement ambitieux, le jeu conserve cette structure épisodique unique qui fait toute sa singularité, tout en lissant de nombreuses aspérités grâce à des améliorations de confort bienvenues. Toutefois, son démarrage toujours très lent, la révélation tardive de mécaniques majeures et une exploration parfois peu gratifiante risquent encore d’éprouver la patience des joueurs les moins persévérants. La nouvelle direction artistique saura convaincre la majorité des joueurs tandis que la difficulté modulable permettra à chacun d’adapter l’expérience à son rythme. Plus qu’un simple remake, Dragon Quest VII Reimagined s’impose comme une interprétation alternative de l’opus original et en particulier de l’opus sorti sur 3DS : imparfaite, parfois frustrante, mais profondément généreuse. Une aventure exigeante par sa durée, mais gratifiante pour qui accepte de s’y investir pleinement. Dragon Quest VII Reimagined est la porte d’entrée idéale de la franchise pour ceux qui souhaitent la découvrir. Les joueurs ayant déjà eu l’occasion de jouer à Dragon Quest VII par le passé auront plaisir à redécouvrir cette aventure haute en couleur avec nostalgie. Bien que les améliorations apportées à ce remake soient en majorité bienvenues, elles ne changent pas en profondeur l’aventure.

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