Grâce à la Nintendo Switch 2, les cartes (micro)SD Express arrivent enfin
Nintendo a annoncé la console Switch 2, vous ne l'avez probablement pas raté. Et la société japonaise a choisi une voie particulière pour les cartes mémoire de sa console, qui peuvent stocker des jeux, mais aussi certaines données des utilisateurs : des cartes microSD Express. C'est une norme qui a déjà quelques années, mais qui est très peu utilisée. Les cartes, rares, sont onéreuses : comptez 67 € pour une microSD Express de 128 Go, par exemple.

Un peu de contexte : les cartes SD datent du début des années 2000 et reposent sur la technologie des cartes MMC, un peu plus anciennes. Au fil des années, la norme a évolué en gardant une rétrocompatibilité. Les premières cartes avaient une capacité maximale de 1 Go et un débit maximal de 12,5 Mo/s, alors que les cartes SDUC peuvent atteindre 128 To.
Au niveau des débits, il y a trois solutions en 2025. La première, c'est l'UHS-I, une évolution de la norme originale qui permet un débit maximal de 104 Mo/s1. Ensuite, il y a l'UHS-II et l'UHS-III, pris en charge par Apple dans ses lecteurs : les cartes intègrent des broches supplémentaires qui servent pour un protocole totalement différent de l'UHS-I, plus rapide. Il permet 312 ou 624 Mo/s au maximum. Enfin, il y a les cartes SD Express : elles utilisent les broches supplémentaires pour faire passer une ligne PCI-Express2, avec le protocole NVMe. Dans la pratique, les cartes actuelles ont un débit maximal de 1 Go/s (une ligne PCI-Express 3.0) mais la norme permet environ 4 Go/s (deux lignes PCIe 4.0). Dans les deux cas, les broches classiques restent présentes et toutes les cartes UHS-II ou SD Express sont donc aussi compatibles UHS-I.

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Le choix de Nintendo
Nintendo impose les cartes microSD Express pour le stockage des jeux pour des questions de performances. Les cartes peuvent atteindre environ 1 Go/s avec un protocole très optimisé (le NVMe des SSD), alors que les cartes microSD classiques de la première Switch ne dépassent pas 100 Mo/s et qu'une bonne partie des cartes du marché est largement en deçà. Dans les faits, la Switch 2 n'est pas incompatible avec les cartes microSD classiques, mais elles ne peuvent pas servir pour les jeux : vous pourrez en insérer une pour récupérer des photos ou des vidéos, par exemple. De même, les cartes microSD Express ne nécessitent pas un lecteur microSD Express (le lecteur de Sandisk vaut 100 €) mais peuvent parfaitement être lues dans un lecteur classique, mais avec le débit de l'UHS-I.

Si le choix de Nintendo peut sembler être curieux, il a du sens : de nombreux fabricants proposent déjà des cartes ou comptent le faire. Sony, avec les PlayStation 5, a choisi de laisser les joueurs installer un SSD M.2 classique (une solution intéressante) alors que Microsoft passe par des cartes mémoire propriétaires sur les Xbox Series. La société a simplement légèrement modifié le format CFexpress Type B pour ses cartes, qui utilisent donc les mêmes technologies que les microSD Express : du PCI-Express et du NVMe.
Si le prix des cartes peut faire peur plusieurs mois avant le lancement de la console, il ne faut pas oublier une chose : alors que la première Switch avait une capacité de stockage assez faible (32 Go), la nouvelle version intègre 256 Go de stockage. C'est normalement largement suffisant pour patienter avant une diminution du prix des cartes microSD Express : les quelques jeux annoncés ne nécessitent pas un espace de stockage énorme, comme l'indique Frandroid, de l'ordre de 10 à 20 Go environ.

La Nintendo Switch 2 sera disponible le 5 juin à 469 €

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Enfin, l'arrivée des cartes microSD Express dans la Switch 2 pourrait aussi peut-être donner un coup de fouet à l'adoption de la norme dans les appareils photo, un domaine où les cartes CFexpress ont pris l'ascendant.