Pendant des décennies, Photoshop a été synonyme de graphisme professionnel. Quiconque s'adonnait à la conception, à la retouche photo ou à la création de contenu visuel utilisait tôt ou tard le produit phare d'Adobe. Cette époque touche clairement à sa fin, du moins aux yeux des investisseurs boursiers. L'action Adobe a perdu plus de 30 % de sa valeur au cours de l'année écoulée. L'entreprise restera déficitaire dans trois ans, une situation rare parmi les grandes entreprises technologiques. À titre de comparaison, sur la même période, Palantir a vu son cours bondir de plus de 2 300 %, NVIDIA de 953 % et Google de 264 %. Le marché démontre clairement que l'avenir appartient aux entreprises proposant des solutions basées sur l'IA, et non aux développeurs de logiciels traditionnels. Le problème d'Adobe, c'est que ses produits sont particulièrement vulnérables à l'automatisation par l'intelligence artificielle. Il y a quelques années encore, pour obtenir des graphismes professionnels pour une publicité, un dépliant ou un site web, il fallait maîtriser Photoshop ou faire appel à un graphiste. Aujourd'hui, il suffit de saisir quelques mots dans ChatGPT, Microsoft Copilot ou Google Gemini pour obtenir une image correcte.
Bien sûr, la qualité des graphismes générés n'est pas comparable à celle d'un graphiste professionnel, mais elle est suffisante pour la plupart des applications professionnelles. De plus en plus d'entreprises, y compris de grandes sociétés, abandonnent les coûteuses licences Adobe au profit de solutions d'IA rapides et abordables. Adobe a tenté de relever ces défis en créant son propre générateur d'images, Firefly. Cependant, les résultats n'ont pas été à la hauteur des attentes. Des banques d'investissement, dont Goldman Sachs, ont abaissé la recommandation sur le titre Adobe. Les analystes prévoient que les outils d'IA deviendront de plus en plus performants et que des logiciels comme Photoshop deviendront superflus pour la plupart des utilisateurs. Adobe a tenté de sauver ses actifs en rachetant son concurrent Figma, mais l'opération a été bloquée par les autorités de régulation. Parallèlement, Figma et Canva proposent des outils plus simples et plus abordables, mieux adaptés à l'ère de l'intelligence artificielle. De plus, les jeunes générations s'attendent à ce que la conception graphique soit rapide et intuitive. Pour elles, Photoshop, avec sa complexité d'apprentissage, peut sembler une relique du passé. (
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