Les frappes s'enchaînent sur les capitales du Moyen-Orient, de Téhéran à Beyrouth, en passant par les grandes villes du Golfe et Tel-Aviv. Une escalade qui inquiète le reste du monde. La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran fait déjà grimper les prix du pétrole et du gaz. La Russie, alliée de l’Iran, pourrait en profiter. De son côté, la Chine, l’autre allié de Téhéran, demande à ses raffineurs de pétrole de suspendre leurs exportations d’essence et de gasoil.
Plus de 1 100 navires ont été affectés par des interférences GPS au Moyen-Orient depuis le début de la guerre, selon l’entreprise maritime Windward. Des attaques qui comportent de nombreux risques pour la navigation et contribuent au blocage de ce détroit primordial pour le commerce mondial, selon des experts interrogés.
Depuis le début de la guerre, le 28 février, l’Iran mène régulièrement des frappes sur l’Irak. La cible ? Les quartiers généraux de groupes d'opposition kurdes iraniens basés dans la région du Kurdistan irakien. Ces groupes sont accusés par l’Iran de préparer une infiltration à la frontière iranienne afin de mener des opérations terrestres contre le régime dans la région du Kurdistan iranien.
Tandis que l'opération "Fureur épique" bouleverse l'équilibre géostratégique au Moyen-Orient, les États-Unis ont pris contact avec les groupes dissidents kurdes iraniens basés dans la zone semi-autonome d'Irak. Les Kurdes d'autres pays ont déjà connu une situation similaire, mais sous l'administration Trump, ceux d'Iran sont confrontés à des défis colossaux.
Robert Malley, ancien envoyé spécial américain pour l'Iran sous Joe Biden et acteur clé de l'accord nucléaire iranien de 2015, a accordé un entretien à France 24. Aujourd'hui chercheur associé à l'université de Yale, aux Etats-Unis, l’ancien diplomate juge que la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran n'est "ni nécessaire, ni justifiée, ni légale". Selon lui, l'argument d'une attaque imminente d'Israël et d'une réplique iranienne est "foncièrement absurde". Il considère qu'il n'y a "ni justification, ni objectif clair associé à cette guerre".
Les Etats-Unis justifient leur attaque contre l'Iran par leur volonté de prévenir une future agression iranienne. Suffisant pour expliquer la guerre ? On va plus loin avec Anne Corpet, Zyad Limam et Matthieu Mabin à Washington.
Il n’y a pas de répit au Proche-Orient. Au sixième jour de l'opération israélo-américaine contre l'Iran, l'armée israélienne a lancé une nouvelle salve de bombardements et Téhéran poursuit sa riposte. Iran : une guerre aux fronts multiples, parlons-en avec Azadeh Kian, professeure émérite de sociologie à l’université Paris Cité, le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, Anthony Samrani, co-rédacteur en chef à L’Orient-Le Jour et Gauthier Rybinski, chroniqueur international à France 24.
Deux drones ont frappé jeudi l'Azerbaïdjan, faisant quatre blessés selon Bakou, qui accuse l'Iran et le menace de "représailles". Téhéran dément pour sa part être à l'origine des tirs et rejette la faute sur Israël.
Des pétroliers navigant aux abords du détroit d'Ormuz ont été pris pour cible par des drones, tandis que des centaines de navires jettent l'ancre à l'extérieur de ce passage maritime étroit entre l'Iran et la péninsule arabique. Téhéran avait annoncé samedi avoir fermé la navigation dans le détroit, par lequel transite 20 % du pétrole mondial. Les explications avec Philippe Chalmin, économiste et professeur à l'Université Paris-Dauphine.
En conférence de presse sur l'opération "Epic Fury" en Iran, le secrétaire d'état américain Pete Hegseth a été interrogé sur le bombardement d'une école survenu samedi à Minab dans le sud de l'Iran. Il assure que les Etats-Unis enquêtent sur les circonstances de cette frappe. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Aragchi dénonce un massacre de civils et publie une photo aérienne du lieu où seront inhumés les enfants. Le cliché a généré une vague de désinformation.
Dans la banlieue sud de Beyrouth, la panique gagne la population après l’ordre israélien d’évacuer immédiatement toute la zone. Donald Trump a estimé qu'il "devait être impliqué" dans le choix du successeur du guide suprême iranien Ali Khamenei. Suivez notre direct.
La journée de mercredi a été marquée par plusieurs frappes israéliennes autour de la capitale du Liban. La banlieue sud, bastion du Hezbollah, a été frappée, rapporte le correspondant à Beyrouth, Serge Berberi. "Pour la première fois, la région de Hazmieh, une banlieue chrétienne, a été touchée, un hôtel (où se trouvait un responsable iranien, selon des sources sécuritaires) a été visé." Les frappes visent toutes les régions, en dehors des bastions du Hezbollah.
Alors qu'Israël élargit le champ de ses attaques au Liban, le chef du Hezbollah Naïm Qassem s'est dit, mercredi, déterminé à "faire face" à l'État hébreu. L'armée israélienne a émis, jeudi, de nouveaux ordres d'évacuation visant une banlieue de Beyrouth, avant de frapper des cibles qu'elle affirme être liées au Hezbollah.
Au cinquième jour de guerre, les bombes continuent de tomber sur Téhéran. Israël a visé mercredi un complexe militaire. Mais la République islamique n’a pas dit son dernier mot. L'Iran se battra "quel qu'en soit le prix", a affirmé sur X, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. Dans son viseur, l’état hébreu mais aussi les pays du Golfe.
Les systèmes de défense de l'Otan ont neutralisé, mercredi, un missile balistique qui se dirigeait vers l'espace aérien turc, indique le ministère turc de la Défense. D'après Ankara, qui a toutefois convoqué l'ambassadeur d'Iran, l'engin ne visait pas la Turquie. Les États-Unis ont assuré Ankara d'un soutien "total".
En choisissant d'ouvrir un nouveau front contre Israël au nom de son allégeance à la République islamique d'Iran et en hommage à son défunt guide suprême, Ali Khamenei, le Hezbollah se retrouve totalement isolé sur la scène politique libanaise. La colère gronde même au sein de la communauté chiite, en première ligne des bombardements et des incursions de l'armée israélienne dans le sud du pays.
Un missile tiré depuis l’Iran vers la Turquie a été intercepté par l’OTAN, provoquant une vive inquiétude en ce cinquième jour de conflit au Moyen-Orient. Selon nos journalistes, il s’agirait d’une erreur rapidement minimisée par Ankara, qui estime que cela ne justifie pas l’activation de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord. Rivale de l’Iran, la Turquie se dit surtout préoccupée par la stabilité régionale et la création éventuelle d’un Kurdistan à sa frontière. Analyse de Ludovic de Foucaud.
Un sous-marin américain a coulé un navire de guerre iranien dans l'océan Indien, a annoncé mercredi 5 mars le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, après que la marine sri-lankaise a annoncé le naufrage au large de ses côtes de la frégate iranienne Dena. Le chroniqueur international de France 24, Gauthier Rybinski, analyse les incidences de cette annonce sur les parties du conflit, et sur le commerce dans le détroit d'Ormuz.
Aux États-Unis, "la situation est extrêmement tendue", comme l’a reconnu Pete Hegseth lors de son point presse, mais le pays cherche "à éviter que ce conflit régional n’entraîne directement l’OTAN dans la guerre", analyse Matthieu Mabin. Au cinquième jour de la guerre autour de l’Iran, la Turquie a intercepté un missile iranien dans la nuit, montrant que les combats débordent largement l’Iran, tandis que les divisions politiques à Washington s’accentuent à l’approche des Midterms.
À Jérusalem, les sirènes ont retenti tout l’après-midi de ce mercredi 5 mars, mais tous les missiles venant d'Iran ont été interceptés. Selon l’État hébreu, le pays reste sous pression, mais les attaques sont moins intenses qu’au début de l’offensive, les forces iraniennes seraient déjà partiellement neutralisées. Notre correspondant à Jérusalem, Stéphane Amar, détaille également les tensions sur l’autre front, à la frontière avec le Liban, où deux soldats israéliens ont été tués.
Au cinquième jour de la guerre, Israël et les États-Unis poursuivent leurs frappes sur l’Iran, ciblant sites de missiles et centres de commandement. Un F-35 israélien a abattu un avion iranien au-dessus de Téhéran, tandis qu’un missile iranien vers la Turquie a été intercepté par l’OTAN, provoquant des tensions diplomatiques à Ankara.
En pleine offensive contre l’Iran, Donald Trump et Benjamin Netanyahou incitent la population à se soulever contre le régime, toujours en place malgré les tensions. Le régime iranien dispose d’un puissant système de surveillance de masse, reposant sur un logiciel russe de reconnaissance faciale, dont le fonctionnement a été révélé grâce à une fuite de données par Forbidden Stories et ses partenaires. Le rédacteur en chef de Forbidden Stories, Frédéric Métézeau, était l'invité de France 24 pour parler de cette enquête à la lumière des derniers développements en Iran.
Les gouvernements d’Amérique latine ont exprimé leur inquiétude après le lancement des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran samedi, révélant de profondes divisions sur le continent. Certains dirigeants ont condamné ces attaques et insisté sur le respect du droit international, tandis que d’autres ont privilégié la diplomatie et refusé tout engagement militaire direct, comme analyse Léa Hurel, correspondante de France 24 en Colombie.
Un missile balistique tiré depuis l'Iran et qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan positionnés en Méditerranée orientale. Un responsable turc a estimé par la suite, sous couvert de l'anonymat, que le missile visait Chypre. La Turquie a convoqué mercredi soir l'ambassadeur d'Iran pour exprimer ses "préoccupations" alors que le conflit s'étend de plus en plus, comme l'explique Jenna Le Bras depuis Istanbul.