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Manifestations en Iran : où en est la mobilisation qui s'étend dans tout le pays ?

Quatre jours. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la mobilisation contre la vie chère, partie d’un marché de Téhéran où des commerçants dénonçaient une inflation record, s’étende dans tout l’Iran. Ce 31 décembre, un membre des forces de sécurité iraniennes a été tué lors d’une nouvelle journée de manifestations, dans la ville de Kouhdasht, a rapporté l’agence de presse semi-officielle Fars, ajoutant que 13 membres des forces de sécurité avaient également été blessés par des jets de pierre.

Sur des images authentifiées par BBC Persian, on y voit des policiers tirant sur des manifestants de la ville le jour où l’incident s’est déroulé. Ce 1er janvier, des affrontements ont également été signalés dans la province méridionale de Fars et dans les provinces occidentales de Hamedan et du Lorestan, où des manifestants ont tenté de pénétrer dans un bâtiment administratif local. La veille, les autorités de la capitale avaient pourtant décrété un jour férié où les écoles, universités et banques étaient fermées, officiellement pour économiser l’énergie en raison du froid, officieusement pour apaiser les troubles et calmer les retraits de liquide désordonnés, alors que les taux de change s’envolent.

Une flambée des prix

La flambée des prix dénoncée par les manifestants, avec une hausse de 72 % pour les denrées alimentaires et de 50 % pour les articles de santé par rapport à l’année précédente, s’explique par l’effondrement de la monnaie nationale. Le rial chute sous l’effet des sanctions occidentales contre l’économie iranienne et a perdu près de la moitié de sa valeur en un an, pour atteindre mardi un plus bas record de 1 400 000 rials par dollar, d’après des chiffres agrégés par des plateformes en ligne.

Le régime iranien, qui a réprimé par la force des protestations similaires dans le passé, s’est engagé à instaurer un dialogue avec les manifestants, mais les tensions sont fortes. A Fasa, ville de la province du Fars, "un groupe organisé a tenté (mercredi) de pénétrer dans le bâtiment du gouvernorat", selon l’agence de presse Tasnim, bien que "leur attaque ait échoué après l’intervention des forces de sécurité".

Une mobilisation étendue

Initialement circonscrit à une poignée de vendeurs du plus grand marché pour téléphones portables de Téhéran, le mouvement s’est ensuite étendu à la jeunesse iranienne, qui a scandé des slogans contre la politique de la République islamique. "Les manifestations pacifiques pour la défense des moyens de subsistance […] sont compréhensibles", a reconnu le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, cité par la télévision d’État. Avant toutefois de mettre en garde : "Toute tentative visant à transformer les manifestations économiques en un outil d’insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en œuvre de scénarios conçus à l’étranger sera inévitablement suivie d’une réponse légale, proportionnée et ferme."

Le régime des mollahs redoute en effet l’implication de l’État hébreu, après que le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, a invité en persan les protestataires iraniens à intensifier leur mobilisation, affirmant sur X être présent avec eux "sur le terrain". L’Iran avait déjà connu des manifestations en 2022 contre la hausse des prix, dont celui du pain. En 2023, un mouvement de protestation consécutif à la mort d’une jeune Kurde aux mains de la police des moeurs, Mahsa Amnini, avait aussi été violemment réprimé.

© Fars News Agency via ZUMA Press Wire

Après les commerçants, les étudiants : le mouvement de protestation contre la vie chère et la dégradation de la situation économique s'étend en Iran, où le président s'est dit à l'écoute des "revendications légitimes" des manifestants.
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Après plusieurs revers judiciaires, Donald Trump contraint de retirer la Garde nationale dans plusieurs villes

C’est un nouveau revers pour le président américain. Mercredi 31 décembre, Donald Trump a annoncé sur son réseau social Truth Social le retrait de la Garde nationale de Chicago, Los Angeles et Portland (Oregon), alors même que les troupes y étaient déjà déployées, à la suite de poursuites judiciaires menées par ces Etats pour empêcher leur déploiement.

"Nous retirons la Garde nationale de Chicago, Los Angeles et Portland, même si la CRIMINALITÉ (sic) a considérablement diminué grâce à la présence de ces grands patriotes dans ces villes, et UNIQUEMENT grâce à ce fait", a-t-il écrit, une affirmation non confirmée par les données disponibles.

Donald Trump avait jugé nécessaire l’envoi de soldats de la Garde nationale sur ces territoires pour lutter contre la criminalité et protéger les biens fédéraux face aux contestataires, alors que des manifestations majoritairement pacifiques ont eu lieu plus tôt cette année pour dénoncer les raids anti-immigration effectués par des agents fédéraux à travers le pays. Mais le déploiement de la Garde nationale dans ces trois villes avait été jugé inutile par les autorités locales et par les démocrates, qui accusaient la Maison-Blanche d’utiliser des incidents isolés comme prétexte pour envoyer des troupes. Après plusieurs recours judiciaires, des juges ont effectivement déclaré que l’administration Trump avait outrepassé son autorité, estimant qu’il n’y avait aucune preuve pour justifier du caractère indispensable du déploiement de soldats.

Circonstances exceptionnelles

"Le président a déployé ces hommes et ces femmes courageux contre leurs propres communautés, au mépris de la Constitution et du droit fédéral", a réagi Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie, quelques heures après une décision d’une cour d’appel fédérale qui a ordonné à l’administration de remettre les troupes de la Garde nationale de Californie sous son contrôle. "Nous sommes heureux d’accueillir à nouveau les membres de la Garde nationale de Californie au service de l’Etat", a-t-il poursuivi dans un communiqué.

Jusqu’à ces décisions, Donald Trump revendiquait une autorité quasi illimitée pour déployer la Garde nationale généralement placée sous l’autorité des gouverneurs, mais les juges ont statué qu’il ne pouvait fédéraliser les troupes que dans des circonstances exceptionnelles, telles qu’une invasion étrangère, une rébellion ou lorsque l’armée régulière est incapable de faire appliquer la loi fédérale en raison d’une rupture de l’ordre public. "À ce stade préliminaire, le gouvernement n’a pas identifié de fondement juridique permettant à l’armée d’appliquer les lois de l’Illinois", indique la décision rapportée par le Washington Post. C’est "une étape importante pour freiner les abus de pouvoir constants de l’administration Trump et ralentir sa dérive autoritaire", s’est félicité dans un communiqué le gouverneur démocrate de l’Illinois, Jay Robert Pritzker.

En août dernier, Trump avait également ordonné le déploiement de milliers de membres de la Garde nationale à Washington pour lutter contre la criminalité violente, ce qui a provoqué une action en justice du procureur général du district de Columbia, Brian Schwalb. Dans ce cas néanmoins, une cour d’appel fédérale a statué, dans une ordonnance préliminaire rendue en décembre, que la Garde nationale pouvait rester pour le moment et que l’administration Trump avait de fortes chances d’obtenir gain de cause en appel contre une décision de première instance, car l’absence d’autonomie juridique du district de Columbia conférait au président un large pouvoir sur la mise en œuvre de la Garde nationale dans les limites de la ville.

© REUTERS/Jonathan Ernst

Donald Trump, à Mar-a-Lago, en Floride, le 29 décembre 2025.
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En Crimée, le très luxueux palais caché de Vladimir Poutine

Elle offre un incroyable panorama sur la mer Noire, et se trouve à la fois à l’abri des regards et non loin de Sébastopol, la capitale de la Crimée. Mardi 30 décembre, la Fondation anti-corruption (FBK), l’ONG fondée par le défunt leader de l’opposition russe, Alexeï Navalny, a révélé qu’une luxueuse bâtisse construite sur la côte du territoire annexé par la Russie appartiendrait au président Vladimir Poutine.

Cette demeure, autrefois propriété de Viktor Ianoukovytch, l’ancien président pro-russe de l’Ukraine entre 2010 et 2014, vaudrait aujourd’hui plus de 10 milliards de roubles (plus de 105 millions d’euros) d’après l’ONG, qui a pu consulter des documents d’architectes. Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, les autorités locales avaient déclaré que le domaine inachevé pourrait être transféré aux autorités russes, mais a finalement été placé sous la tutelle du Département de gestion des biens présidentiels, selon des informations antérieures.

Si l’on en croit FBK, ce palais "secret" n’appartiendrait néanmoins pas directement à Vladimir Poutine, trop attaché à son image publique d'"homme du peuple", mais à un réseau de sociétés liées à Iouri Kovaltchouk, souvent surnommé le "banquier personnel de Vladimir Poutine" – qui gère aussi une partie de la résidence présidentielle de Valdaï – et à un cabinet d’avocats associé à une autre demeure de Vladimir Poutine, dans la région de Krasnodar. L’enquête de l’ONG a également mis en lumière des documents techniques nécessitant la supervision du Service fédéral de protection (FPS), responsable de la sécurité de Vladimir Poutine, ainsi que d’entrepreneurs liés à d’autres sites qui auraient été utilisés par le président.

Une salle de cryogénisation

Ce lieu fastueux comporterait plusieurs spas, une salle de cinéma, des salons de plusieurs centaines de mètres carrés, ainsi qu’une piscine intérieure et extérieure. Se trouverait également une chambre de cryogénisation, symbole de l’obsession de Vladimir Poutine pour vivre longtemps. Si le palais est bien la propriété du dirigeant russe, cela ferait de lui l’heureux bénéficiaire d’au moins six demeures, à la fois à titre personnel et en tant que chef de l’Etat. Une telle propriété serait aussi "politiquement significative, car cela renforce le fait que le président russe n’acceptera jamais de rétrocéder la péninsule à l’Ukraine", souligne Stephen Hall, spécialiste de la Russie à l’université de Bath, interrogé par France 24.

Le Kremlin, de son côté, n’a pas immédiatement commenté ces allégations. Il faut dire que la prétendue attaque de la résidence présidentielle à Valdaï par des drones interceptés le 28 décembre, que la Russie impute à l’Ukraine, concentre toute l’attention politique et médiatique. Vladimir Poutine a même évoqué un "acte terroriste" qui le pousse à reconsidérer son attitude à l’égard des négociations de paix.

En 2021 déjà, l’équipe de Navalny avait publié une enquête largement diffusée sur un autre palais situé sur la côte russe de la mer Noire. D’après elle, cette bâtisse avait été construite pour le dirigeant, là encore, par le biais d’un réseau de sociétés écrans et aurait coûté plus d’un milliard de dollars - une information qui avait déclenché des manifestations à travers tout le pays.

© Sputnik/Mikhail Metzel/Pool via REUTERS

Vladimir Poutine, lors de ses vœux télévisés aux Russes, le mercredi 31 décembre 2025.
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Suisse : des dizaines de morts présumées après un incendie dans un bar de la station de ski de Crans-Montana

Des dizaines de personnes "sont présumées décédées" et une centaine d’autres blessées, la plupart grièvement, après qu’un incendie a ravagé un bar bondé lors d’une fête du Nouvel An dans la station de ski huppée de Crans-Montana, dans le sud-ouest de la Suisse, a déclaré jeudi 1er janvier la police suisse. Le sinistre s’est produit à 1h30 dans un établissement appelé "Le Constellation" dans la célèbre station balnéaire.

"Nous dénombrons une centaine de blessés, la plupart grièvement et malheureusement plusieurs dizaines de personnes sont présumées décédées", a annoncé dans la matinée Frédéric Gisler, le commandant de la police cantonale, ajoutant que des patients avaient été transférés vers des hôpitaux de Sion, Lausanne, Genève et Zurich.

Parmi les victimes, certaines sont de nationalité étrangère, a indiqué Stéphane Ganzer, responsable de la sécurité du canton du Valais. Le Quai d’Orsay a précisé de son côté que deux Français figuraient parmi les nombreux blessés. Les autorités suisses ont précisé que 10 hélicoptères et 40 ambulances avaient été mobilisés.

La piste de l’attentat écartée

La police avait précédemment indiqué que de nombreuses personnes étaient soignées pour des brûlures. La plupart des blessés sont dans un état grave, a déclaré Mathias Reynard, chef du gouvernement cantonal. Le service de réanimation de l’hôpital du Valais est saturé et des patients ont été transférés vers d’autres établissements, a-t-il précisé.

Deux Françaises qui se trouvaient dans le bar ont déclaré à BFMTV avoir vu l’incendie se déclarer au sous-sol de l’établissement après qu’une bouteille contenant des "bougies d’anniversaire" a été approchée trop près du plafond en bois. "Le feu s’est propagé au plafond à une vitesse fulgurante", a déclaré l’une des deux femmes, qui se sont présentées comme Emma et Albane, à BFMTV. Elles ont expliqué avoir réussi à emprunter un escalier étroit pour rejoindre le rez-de-chaussée, prises de panique, et à s’échapper du bâtiment. Quelques minutes plus tard, le feu avait également atteint le rez-de-chaussée, ont-elles ajouté. Il n’a pas été possible dans l’immédiat de vérifier leur version des faits auprès d’autres sources. Des images vidéo, authentifiées par Reuters, montrent le feu se propageant depuis le bâtiment, tandis que des personnes se trouvent à l’extérieur de la boîte de nuit, certaines courant et criant.

Incendie mortel à Crans-Montana: les images du départ de feu à l'intérieur du bar pic.twitter.com/SLNlDFPChD

— BFM (@BFMTV) January 1, 2026

La zone a été totalement bouclée et une zone d’exclusion aérienne a été instaurée au-dessus de Crans-Montana, a indiqué la police dans un communiqué.

L’explosion est considérée comme un incendie et non comme un attentat, a déclaré lors d’une conférence de presse la procureure Béatrice Pilloud, ajoutant que les autorités s’efforçaient de restituer les corps des victimes à leurs familles. Plus de 100 personnes étaient présentes dans le bar au moment de l’explosion, a rapporté le média suisse Blick, citant la police.

© REUTERS/Denis Balibouse

Le feu s'est déclaré à 1h30 dans un établissement appelé "Le Constellation", situé dans la station huppée du sud-ouest de la Suisse.
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Taïwan, heavy metal et nucléaire : Sanae Takaichi, la Première ministre qui dynamite la diplomatie du Japon

En cette fin d'année 2025, le zoo d’Ueno, à Tokyo, ne désemplit pas. La faute à Xiao Xiao et Lei Lei. Les deux pandas stars doivent retourner fin janvier en Chine, leur propriétaire, et ne seront pas remplacés. Pour la première fois depuis 1972 et le rétablissement des liens diplomatiques entre les deux voisins, il n’y aura plus de panda dans l’archipel. Un crève-cœur pour nombre de Japonais et une nouvelle preuve de la dégradation, depuis novembre, des relations entre Tokyo et Pékin. La Chine a appelé ses ressortissants à renoncer à se rendre au Japon, a annulé plusieurs événements culturels nippons et des incidents ont eu lieu entre les deux armées.

La montée des tensions suit de près l’arrivée au pouvoir de Sanae Takaichi, le 21 octobre. Depuis, la première femme à diriger un gouvernement nippon impose sa marque, nationaliste et décomplexée. Sa rencontre avec le président chinois, Xi Jinping, fin octobre en marge du sommet de l’APEC en Corée du Sud, a été "fraîche", dixit des sources diplomatiques. Les deux dirigeants ont certes accepté d'établir une "relation stratégique mutuellement bénéfique". Mais Takaichi a titillé Xi sur la question brûlante des activités militaires de son pays en mer de Chine orientale, notamment autour des îlots disputés Senkaku-Diaoyu. Le 7 novembre, ses déclarations au Parlement sur la "menace existentielle pour le Japon" que représenterait une attaque sur Taïwan, ont mis le feu aux poudres. Ses propos suggéraient une possible intervention nippone.

Taïwan, colonie japonaise entre 1895 et 1945 mais aujourd'hui en bons termes avec Tokyo, est un sujet ultrasensible pour la Chine, qui considère l’île comme un territoire rebelle lui appartenant. "Personne ne devrait se faire d'illusions en pensant pouvoir franchir la ligne rouge sur la question de Taïwan sans en payer le prix" a tonné Le Quotidien du peuple, organe officiel chinois, après les déclarations de Takaichi.

Fin décembre, malgré les appels de Pékin à revenir sur ses propos, la Première ministre campait sur ses positions. Celle qui a pour modèle la "Dame de fer" britannique Margaret Thatcher (au pouvoir de 1979 à 1990) n'a pas pour habitude de faire des concessions.

Esprit rebelle et politique d'extrême droite

Née en 1961 à Nara, dans l’ouest du Japon, Sanae Takaichi est la fille d’un commercial de Toyota et d’une policière. Ses parents lui inculquent le Rescrit impérial sur l’éducation de 1890, texte considéré comme un fondement de l’idéologie militariste nippone d’avant-guerre. Diplômée en gestion d'entreprise, elle passe par le très libéral Institut Matsushita, école inspirée de l’ENA.

Esprit rebelle, Sanae Takaichi assume son goût pour la moto – elle roule en Kawasaki Z400GP jusqu’à son entrée au parlement, en 1993 –, le heavy metal, découvert à 9 ans grâce à un voisin employé d’une maison de disques, et la batterie. Elle se délecte d’Aces High d'Iron Maiden et de Painkiller de Judas Priest, dont elle apprécie les paroles. "Un sauveur vient du ciel pour donner de l’espoir au monde. J'adore ça", a-t-elle raconté en novembre au très droitier quotidien Sankei, qui se pâme : "Même dans l'obscurité, elle semble croire que le Japon, comme le heavy metal, peut renaître, fort, fier et invincible."

Une conviction qu’elle incarne depuis son entrée en politique après quelques années comme présentatrice sur une chaîne privée. Elle rejoint en 1996 le Parti libéral démocrate (PLD) et sa très droitière faction Seiwakai où elle rencontre le futur Premier ministre Shinzo Abe, figure montante d’une nouvelle génération de politiciens. Ils n’ont pas connu la guerre, rejettent toute forme de repentance pour les crimes de l’armée impériale, et amorcent un "virage vers la droite sur fond de déclin économique propice à la montée du nationalisme", explique Koichi Nakano, politologue de l’université Sophia.

Takaichi baigne dans son élément. N’a-t-elle pas, en 1994 vanté l’ouvrage d'un élu du PLD, intitulé "la stratégie électorale d’Hitler, une bible pour gagner les élections modernes". Elle adhère à la Nippon Kaigi, la "Conférence du Japon", une organisation politique d'extrême droite créée pour promouvoir une réforme de la Constitution pacifiste, la remilitarisation du Japon et le révisionnisme historique. Elle devient une habituée du sanctuaire Yasukuni, où sont honorés, outre les morts au combat, les criminels de guerre nippons. Niché au cœur de Tokyo, le site reste un symbole du militarisme japonais pour la Corée comme pour la Chine.

L’élue de Nara décroche un poste ministériel dans le premier gouvernement Abe en 2006, un portefeuille qui inclut l'égalité des sexes même si elle reste cloîtrée dans le carcan des valeurs familiales traditionnelles. Abe apprécie cette bûcheuse qui ne dort que deux à quatre heures par nuit et ne goûte guère les longues soirées à boire avec les autres élus. De nouveau ministre pendant le second mandat d’Abe, entre 2012 et 2020, elle apparaît comme un successeur possible.

L’assassinat en 2022 de l’ancien chef de gouvernement lui ouvre la voie pour s’imposer comme vitrine de la puissante frange nationaliste du PLD, qui regroupe une centaine de parlementaires. Sa niaque paye. Elle succède en octobre au trop indécis Shigeru Ichiba à la tête de la quatrième économie mondiale.

La fin de l'ambiguité stratégique

En s’exprimant sur Taïwan, Sanae Takaichi rompt avec l’ambiguïté stratégique maintenue jusque-là par le Japon. Avant même son entrée en fonction, elle s'est rendue à Taïwan en avril, où elle a appelé à une coopération sur les "défis en matière de défense". "Ses propos s'inscrivent dans le cadre d'une initiative plus large visant à [...] faire passer le Japon du statut de 'pays normal capable de faire la guerre' à celui de puissance sécuritaire à part entière, souligne Park So-young, éditorialiste du quotidien sud-coréen JoongAng. Pékin ne considère pas les commentaires de Takaichi comme de la simple rhétorique diplomatique, mais comme le signe d'un changement d'orientation politique du Japon".

D’où la virulence des réactions chinoises après sa déclaration du 7 novembre : "Il faut couper le cou sale qui s'immisce dans nos affaires", ose le consul général chinois à Osaka, dans un message publié sur X, supprimé par la suite. Ses propos irritent même Washington. "Ne vous mêlez pas de la question taïwanaise", lui aurait notifié fin novembre un Donald Trump soucieux de ses relations avec Xi Jinping, selon la presse japonaise.

Pas de quoi ébranler Takaichi. Le 18 décembre, un de ses conseillers a même évoqué la nécessité pour le Japon de "se doter d’un arsenal nucléaire". Sujet explosif qui a fait réagir Pékin mais aussi Washington, qui s’est cru obligé de rappeler la solidité de l’alliance bilatérale de sécurité et de souligner l’attachement du Japon à la lutte contre la prolifération.

Or Takaichi écrivait en 2024 qu’interdire l'introduction d'armes nucléaires au Japon "est irréaliste, si nous attendons des Etats-Unis qu'ils nous offrent une dissuasion élargie", en référence à l'engagement des Etats-Unis à défendre l'archipel. En novembre, elle a éludé une question sur les trois principes selon lesquels le Japon ne doit pas posséder, fabriquer ou accueillir sur son sol des armes nucléaires et a annoncé une révision de la stratégie de défense. Avec la "Dame de fer" nippone, la diplomatie se joue au rythme du heavy metal, ce qui ne déplaît pas aux Japonais : sa cote de popularité planait à 75 % fin décembre.

© via REUTERS

Sanae Takaichi, Première ministre japonaise, s'exprime lors d'une conférence de presse le 17 décembre 2025.
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"La démocratie en Europe est en danger" : la mise en garde de la présidente de la Moldavie

Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont entretenus autour d’un déjeuner à Palm Beach (Floride), dimanche 28 décembre. Devant un parterre de journalistes, les deux chefs d’Etat se félicitent d’un accord "presque conclu à 95 %". Washington applaudit de "nombreux progrès" et Kiev se réjouit d’une "très bonne rencontre". Car le président des Etats-Unis persiste et signe : il mettra très prochainement fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Pourtant, les présages réels de cette paix ne se manifestent pas. Dans un entretien mardi 30 décembre accordé au Telegraph, la présidente de la Moldavie, Maia Sandu, tranche : "Vladimir Poutine n’a aucun intérêt à faire la paix avec l’Ukraine."

Dans les colonnes du quotidien britannique, la cheffe d’Etat voisine de l’Ukraine alerte sur l’ambition moscovite de semer le chaos en Europe, à coups d’ingérences électorales.

Le Kremlin a bien besoin d’une pause. Après quatre ans de guerre, l’industrie militaire du pays est à bout de souffle. En décembre 2024, Moscou a annoncé allouer environ 126 milliards de dollars à la défense nationale, soit plus d’un tiers des dépenses publiques en 2025. Un record depuis la fin de la guerre froide.

Aussi, un accord de paix asymétrique ne pourrait garantir une paix durable. Au contraire, Maia Sandu y perçoit une occasion pour la Russie de reprendre son souffle avant de frapper de plus belle, et ce en l’espace de quelques mois. Et une telle issue ne mettrait pas que l’Ukraine en péril mais aussi les autres États post-soviétiques, et par ricochet, le reste de l’Europe, assure la Moldave. "Je crois que le président Trump veut la paix, et nous l’apprécions beaucoup", a-t-elle déclaré au Telegraph. Et la présidente de regretter : "Je ne crois simplement pas qu’il y ait aujourd’hui suffisamment de pression sur la Russie pour les amener à accepter de mettre fin à la guerre en Ukraine."

"Plus de 700 opérations d’influence"

Et lorsqu’il est question des capacités de Vladimir Poutine à ébranler l’Europe, Maia Sandu a acquis une expertise de terrain. En septembre, se tenaient les élections législatives moldaves, échéance dans laquelle le Kremlin a investi quelque 115 millions d’euros. Selon Ksenia Iliuk, cofondatrice de LetsData, entreprise ukrainienne spécialisée dans le renseignement sur les opérations informationnelles, "plus de 700 opérations d’influence ont été détectées à l’approche de l’élection, dont beaucoup visaient à discréditer personnellement Maia Sandu", rapportait à l’époque le média en ligne Politico.

Le but de cette ingérence ? Renverser le parti pro-européen, au pouvoir depuis 2021, de la cheffe d’Etat moldave. Raté : son mouvement, le PAS a rassemblé 50,03 % des voix, contre 24,26 % pour le Bloc électoral patriotique, pro-Kremlin. Malgré cet échec, la tentative russe a été décrite par des "diplomates occidentaux chevronnés […] comme l’attaque la plus soutenue contre un processus démocratique qu’ils aient jamais observée" selon le Telegraph.

Moscou ne relâche pas pour autant sa pression. Sur les 14 derniers mois, le Kremlin a orchestré deux autres ingérences en Moldavie : un référendum entérinant la volonté de la Moldavie d’adhérer à l’Union européenne ainsi que la (ré) élection présidentielle de Maia Sandu.

"La cible, c’est l’Europe"

Et la Moldave d'avertir : les ambitions de Vladimir Poutine dépassent largement son pays, "il veut contrôler le continent". Un projet qu’elle n’imagine pas seulement par la force armée mais aussi par une campagne massive d’ingérences électorales.

Dans les colonnes du Telegraph, Maia Sandu décrit son pays comme un "terrain d’essai" où Moscou a testé la mise en pratique de ses capacités à structurer une guerre électronique et des campagnes de désinformation, le tout pour influencer les électeurs. La présidente perçoit un avenir sombre pour le continent : "La cible, c’est l’Europe […] qui devrait s’inspirer des pays qui sont en première ligne dans la lutte pour la démocratie."

Et à l’approche de plusieurs scrutins européens, la présidente met en garde : "La démocratie sur le continent est en danger." Si l'élection présidentielle française se tient en 2027, notre pays n’est pas le seul à voir le rassemblement national, populiste et proche du Kremlin caracoler dangereusement en tête des sondages. Les Allemands, qui se rendront aux urnes en 2029, se confrontent à l’ascension fulgurante de l’AfD, accusé d’espionnage pour Moscou.

© COSTAS BALTAS / Anadolu via AFP

La présidente de la Moldavie, Maia Sandu, à Athènes, en Grèce, le 15 décembre 2025.
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Donald Trump – Elon Musk : comment J.D. Vance a désamorcé la bombe Musk

Entre Elon Musk et Donald Trump, on le sait, la relation battait de l’aile après les déboires du premier à la tête du Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE). Mais en réalité, ce sont les actions d’un proche d’Elon Musk, Jared Isaacman, qui ont mis le feu aux poudres, raconte cette semaine le Washington Post. Nommé à la tête de la Nasa en janvier sur proposition du patron de Tesla, ce dernier s’est trouvé au coeur d’une controverse au mois de mai. Un rapport gouvernemental a révélé qu’il avait fait des dons conséquents à plusieurs élus démocrates. De quoi horripiler le président américain, qui a immédiatement suspendu Isaacman de ses fonctions.

La même semaine, Elon Musk, qui venait de démissionner du DOGE, ne digère pas la mise à l’écart de son allié de la Nasa - qui finance l’entreprise d’exploration spatiale de Musk Space X. Il multiplie alors les reproches envers le président américain sur les réseaux sociaux, fustigeant d’une part sa loi fiscale (dite "One Big Beautiful Bill"), lançant de l’autre la piste d’une implication de Donald Trump dans le dossier Epstein. Et annonce même créer son propre parti, en concurrence directe, donc, avec le parti républicain (GOP). Ce dernier élément alarme aussitôt le vice-président américain J.D. Vance, inquiet de voir les républicains perdre la majorité aux midterms de 2026.

Médiation sur plusieurs mois et par personnes interposées

Ni une ni deux, J.D. Vance s’improvise alors comme médiateur entre le président américain et son ex-soutien financier. Une opération de réconciliation qui va prendre plusieurs mois, et impliquer plusieurs proches d’Elon Musk, pour parvenir à ses fins, relate le Washington Post, qui a interrogé plus d’une dizaine de personnes familières de la relation entre les deux hommes.

Au fil des mois, les conseillers de Trump et Vance arrivent à la conclusion suivante : le soutien d’Elon Musk implique des exigences plus élevées que celles habituellement fixées par les donateurs riches. Le patron de Tesla étant parfois désireux de capter l’attention des médias — et d’orienter la politique selon sa propre vision du monde. "Il aime ce rôle de faiseur de rois", explique au Washington Post un proche du milliardaire. De son côté, Elon Musk accepte de rester éloigné de la politique et de laisser la place à ses alliés. Il ose même une audacieuse comparaison : "Le Bouddha est-il nécessaire au bouddhisme ? N’était-il pas plus fort après sa disparition ?".

Opération réconciliation réussie ?

L’opération rabibochage menée par J.D. Vance se solde finalement par une réussite, du moins en apparence : Jared Isaacman retrouve ses fonctions à la tête de la Nasa et Elon Musk sera même invité à la Maison-Blanche en novembre pour un dîner avec le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane. Mais un autre événement, tout à fait extérieur à J.D. Vance, contribue également à l’abandon par Elon Musk de son projet de troisième parti : l’assassinat de l’activiste conservateur Charlie Kirk. Assassinat à la suite duquel le milliardaire aurait décidé d’injecter ses fonds dans des groupes conservateurs existants plutôt que de fonder son propre parti.

Le jeu s’est calmé entre les deux hommes, et J.D. Vance y est pour beaucoup. Mais à en croire plusieurs proches de Trump et Musk, la trêve reste toutefois fragile. Et pourrait avoir des impacts sur la suite de la carrière de Vance, qui loin d’être un médiateur désintéressé, compte bien sûr le soutien de Musk s’il officialisait sa candidature à la prochaine présidentielle…

© afp.com/Kevin Dietsch

Elon Musk et le président Donald Trump, dans le bureau Ovale à Washington le 30 mai 2025.
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Finlande : un navire parti de Russie saisi par la police après des dégâts à un câble sous-marin

La police finlandaise a annoncé, ce mercredi 31 décembre, avoir saisi un navire soupçonné d'avoir endommagé, dans le golfe de Finlande, un câble de télécommunications sous-marin reliant Helsinki à Tallinn, la capitale estonienne.

La police n'a divulgué aucun détail sur l'origine du navire, mais la chaîne de télévision publique finlandaise Yle, citant le site spécialisé MarineTraffic, a déclaré qu'il s'agissait du Fitburg, un cargo de 132 mètres de long battant pavillon de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, parti de Saint-Pétersbourg, en Russie, pour Haïfa, en Israël. Le bateau est soupçonné d'être "responsable des dégâts causés au câble", qui appartient au groupe finlandais de télécoms Elisa et se situe dans la zone économique exclusive estonienne, a indiqué la police dans un communiqué.

Elisa a déclaré dans un communiqué que les dommages causés au câble n'avaient "en aucune façon affecté le fonctionnement" de ses services. Le golfe de Finlande, qui fait partie de la mer Baltique, est bordé par l'Estonie, la Finlande et la Russie. Ces dernières années, des infrastructures énergétiques et de communication, dont des câbles et pipelines sous-marins, ont été endommagées en mer Baltique. Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en février 2022, de nombreux experts et responsables politiques considèrent le sabotage présumé de câbles comme un élément de la "guerre hybride" menée par la Russie contre les pays occidentaux.

Tôt mercredi matin, le groupe de télécoms avait détecté une anomalie sur son câble et l'avait signalée aux autorités finlandaises. Un patrouilleur et un hélicoptère des garde-côtes finlandais ont localisé le navire suspect dans la zone économique exclusive de la Finlande. Sa chaîne d'ancre était à l'eau, a précisé la police. Les garde-côtes ont ordonné au navire de s'arrêter et de relever son ancre, puis de se déplacer et de mouiller dans les eaux territoriales finlandaises.

"La Finlande est préparée à relever les défis sécuritaires"

La police finlandaise a annoncé enquêter sur l'incident pour "dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et entrave aggravée aux télécommunications". Elle a précisé coopérer avec plusieurs autorités nationales et internationales, notamment estoniennes.

"La Finlande est préparée à relever les défis sécuritaires de toutes sortes et nous y répondons en conséquence", a déclaré le président finlandais Alexander Stubb dans un communiqué publié mercredi sur X.

Le procureur général adjoint Jukka Rappe a déclaré à Yle avoir ordonné une enquête préliminaire sur l'affaire, qui sera menée par le Bureau national d'enquête finlandais. "Le cargo est soupçonné d'avoir sectionné le câble de données dans des circonstances dans lesquelles il apparaît désormais évident qu'il y a également l'éventualité d'un acte criminel", a-t-il estimé, sans toutefois exclure la possibilité d'un accident.

© Mikkel Berg Pedersen / Ritzau Scanpix / AFP)

Image d'illustration.
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"Les terroristes méritent la mort" : en Israël, le retour de la peine capitale fait débat

Le 8 janvier 2017, Chir Hadjadj visite Jérusalem avec ses camarades d'un cours d'officiers de l'armée israélienne. Vers 13h15, la soldate de 23 ans sort du car stationné sur la promenade Hass, un célèbre promontoire offrant un panorama époustouflant sur la ville sainte. A cet instant, un Palestinien du village voisin de Jabel Moukaber surgit au volant un camion. Il fauche Chir et trois autres soldats avant d'être abattu. "Si cet homme savait qu'il risquait la peine de mort, il aurait peut-être hésité avant de tuer ma fille", soupire Meirav Hadjadj, la mère de Chir. Depuis, elle milite avec son mari pour la restauration de la peine de mort en Israël. Proche d'Itamar Ben-Gvir, ministre de la police et chef du parti d'extrême droite Puissance Juive, le couple vient d'obtenir une victoire : le 10 novembre dernier, la Knesset a voté pour le rétablissement de la peine capitale en Israël.

Le texte, qui doit encore franchir deux lectures devant le Parlement, imposera aux magistrats d'appliquer automatiquement la peine de mort aux auteurs d'attentats terroristes contre des Israéliens "dans le but de nuire à la renaissance du peuple juif sur sa terre".

Pour les Hadjadj, ce vote du Parlement découle directement du traumatisme des massacres du 7 octobre 2023. "Avant le 7-Octobre, les gens nous prenaient pour des illuminés", raconte Meirav. "Maintenant ils nous comprennent parce que chaque personne dans ce pays connaît au moins une victime de ces massacres. Et les gens comprennent que pour arrêter ou au moins ralentir le terrorisme, la peine de mort reste la seule solution", estime-t-elle.

L'exception Eichman

Prévue lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948, la peine capitale est abolie en 1954 après avoir été appliquée une seule fois – à tort, la victime ayant été innocentée par la suite. En 1961, un tribunal de Jérusalem condamne exceptionnellement à mort le criminel nazi Adolf Eichman dans le cadre d'une loi spéciale sur les crimes contre l'humanité. "A cette époque, même les rescapés de la Shoah se montraient divisés sur la peine de mort, indique Hannah Yablonka, une historienne spécialiste du procès Eichman. Beaucoup estimaient que tuer Eichman bafouait le principe de proportionnalité au regard de l'immensité de son crime. Et aussi que cela ne ramènerait pas les six millions de victimes juives du nazisme." Le Premier ministre de l'époque, David Ben Gourion, penche pour l'application de la peine de la mort en invoquant le procès de Nuremberg à l'issue duquel douze hauts dignitaires du régime nazi ont été condamnés à mort. Eichman sera pendu le 1er juin 1962.

Depuis, le débat sur la peine de mort ressurgit régulièrement, notamment lors de vagues d'attentats terroristes. La Knesset la plus à droite de l'histoire du pays a donc décidé de franchir le pas en votant un texte transpartisan. Le parti russophone d'Avigdor Lieberman, opposant à Benyamin Netanyahou, a voté pour. En revanche, les partis orthodoxes, membres de la coalition, ont voté contre au nom de principes religieux. Le 9 décembre, une commission de la Knesset a examiné les modalités d'exécution : pendaison, chaise électrique ou injection létale. "Nous envoyons un message très clair : les terroristes méritent la mort", s'est réjoui Itamar Ben-Gvir devant la commission. Il arborait un pin's représentant une corde de pendaison.

Tirer sans sommation

Le rétablissement de la peine de mort s'inscrit dans une radicalisation de la répression de la lutte armée palestinienne, en témoigne la modification des règles d'engagement lors de confrontations entre des soldats de Tsahal et des combattants palestiniens. Strictement encadrées avant le 7-Octobre, elles ont été assouplies par une hiérarchie militaire régulièrement accusée de mettre en danger les soldats pour ne pas risquer d'enfreindre les lois internationales de la guerre. Désormais, à la moindre menace, les soldats peuvent tirer, quitte à exposer leur armée à la vindicte. Fin novembre, des images montrant des soldats israéliens abattant deux combattants palestiniens levant les mains en l'air ont déclenché un tollé. L'ONU a dénoncé une "apparente exécution sommaire" et ordonné une enquête.

"Aujourd'hui, la priorité, c'est de se défendre. On doit d'abord tirer. Après, on voit si vraiment il y a eu une exagération", assume Meïr Ben Hayoun, porte-parole francophone de Puissance Juive. Selon lui, l'assouplissement des règles d'engagement résulte également du traumatisme du 7-Octobre. "Ce jour-là, des pilotes d'hélicoptères ont vu des dizaines de pick-up du Hamas s'introduire en Israël et ils n'ont pas voulu tirer. Tout simplement parce que les conseillers juridiques de l'armée ne leur ont pas donné le feu vert. Aujourd'hui, ce serait impensable. Nous avons changé d'ère", constate-t-il.

Ce changement de paradigme effraie les organisations de défense des droits de l'Homme, vent debout contre la loi sur la peine de mort et la modification des règles d'engagement. "De nombreuses études montrent que la peine de mort ne dissuade pas les auteurs d'attentats. Cette loi ne répond pas à une exigence sécuritaire. Elle étanche la soif de vengeance de ce gouvernement et d'une partie de la population", déplore Noa Sattah, directrice du centre israélien pour les droits civiques. Elle envisage un recours devant la Cour suprême en cas d'adoption définitive du texte.

© AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir (à droite), se rendent sur les lieux d'une fusillade dans la partie est de Jérusalem annexée par Israël, le 8 septembre 2025.
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Résidence de Vladimir Poutine : pourquoi le scénario d’une attaque ukrainienne est peu crédible

La Russie n’en démord pas. Selon Moscou, des dizaines de drones ukrainiens auraient attaqué cette semaine une résidence de Vladimir Poutine. Info ou intox ? Ce que l’on sait, à ce stade, c’est que la Russie n’avait fourni jusqu’à ce matin aucune preuve de cette attaque présumée. Et que parmi tous les habitants de la région en question interrogés par la presse, aucun n’a été témoin d’activité de drones à ce moment-là.

Un manque de preuves qui n’a pas empêché plusieurs alliés de Moscou de lui réitérer aussitôt tout leur soutien. A commencer par les présidents kazakh et ouzbek, ou encore les Premiers ministres indien et pakistanais, "profondément préoccupés" par cette "menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité".

48 heures sans aucune preuve

Vladimir Poutine s’est également empressé de téléphoner à Donald Trump, pour l’informer de l’attaque présumée et indiquer que la Russie réexaminait sa position sur les négociations en conséquence. Le président américain a indiqué avoir cru Vladimir Poutine sur parole… avant de reconnaître que l’attaque n’avait peut-être pas eu lieu. Mais en semant le doute, le président russe participe quand même à amadouer son homologue américain, qui aurait même déclaré : "Dieu merci, nous n’avons pas fourni de missiles Tomahawk à Zelensky !", à en croire le conseiller diplomatique du Kremlin.

Au micro de CNN mardi, le président ukrainien a de son côté fait état de ses échanges avec les Américains. "Ils ont examiné les détails et nous comprenons qu’il s’agit d’une fausse information. Et, bien sûr, nos partenaires peuvent toujours utiliser leurs outils technologiques pour vérifier qu’il s’agissait bien d’une fausse information", a fait valoir Volodymyr Zelensky. "La Russie n’a fourni aucune preuve de cette attaque. Et ils n’en auront pas. Parce qu’il n’y en a pas. Aucune attaque de ce genre n’a eu lieu", a renchéri sur X son ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha.

Dans la même veine, une source proche du président français Emmanuel Macron a déclaré qu’"il n’existe aucune preuve solide permettant de corroborer les graves accusations portées par les autorités russes, même après avoir recoupé les informations avec nos partenaires". Mercredi sur X, la cheffe de la diplomatie européenne a elle aussi haussé le ton : "L’affirmation de la Russie selon laquelle l’Ukraine aurait récemment pris pour cible des sites gouvernementaux clés en Russie est une diversion délibérée", a déclaré Kaja Kallas, ajoutant que "Moscou cherche à faire dérailler les progrès réels vers la paix réalisés par l’Ukraine et ses partenaires occidentaux".

Pour répondre aux accusations d’allégations infondées, Moscou a publié ce jour une vidéo sur Telegram, montrant un appareil qui aurait été abattu lors de cette attaque, ainsi qu'un soldat au visage dissimulé se tenant près des débris d'un drone. L'armée russe a également divulgué une carte montrant la trajectoire des engins lancés lors de cette attaque présumée, ainsi que le témoignage d'un homme présenté comme un habitant d'un village proche de la résidence du président russe. Des éléments qui n’ont pour l’instant pas pu être authentifiés.

Durcir la position russe

S’agit-il alors d’une vraie attaque, comme l’assure la Russie, ou d’un prétexte pour légitimer de futures frappes russes contre l’Ukraine ? L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) basé à Washington penche clairement pour la seconde hypothèse. "Les circonstances de cette frappe présumée ne correspondent pas au schéma des preuves observées lorsque les forces ukrainiennes mènent des frappes en Russie", avance-t-il auprès de CNN, notant l’absence de déclarations des autorités russes locales et régionales.

Le média russe indépendant Agentstvo a même noté mardi que le chef du district de Valdaï avait tenu une allocution télévisée en direct lundi à 17 heures, heure locale, au cours de laquelle il n’a mentionné aucune attaque. L’Agentstvo a déclaré qu’elle n’avait pas non plus pu trouver de rapports faisant état d’attaques de drones sur les réseaux sociaux publics de la ville de Valdaï, qui compte 14 000 habitants et se situe à 20 kilomètres de la résidence.

Sans parler du manque de cohérence entre les déclarations officielles russes, lesquelles divergent tant sur le nombre de vecteurs que sur les régions visées. Lundi, dès 7h45, le ministère de la Défense évoquait une attaque de drones sur la région de Novgorod, puis sur celle de Briansk, tandis que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, intervenant deux heures plus tard, évoquait pour sa part la résidence présidentielle de Valdaï comme seule cible.

Selon l’expert militaire Iouri Fiodorov, cité par Le Monde, "Décidé à empêcher Trump d’adopter des sanctions contre la Russie, Poutine doit lui présenter une explication plausible pour ne pas risquer d’entrer en conflit avec lui. D’où cette provocation". La presse russe ne s’en cache pas : "Moscou a désormais les mains libres", titrait mardi le tabloïd Komsomolskaïa Pravda.

© Mikhail METZEL / POOL / AFP

Vladimir Poutine, au Kremlin, le mardi 30 décembre 2025.
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Yémen : tout comprendre aux tensions croissantes entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis

Ce mardi 30 décembre, l’Arabie saoudite a frappé le port de d’Al-Mukalla, dans le sud du Yémen, accusant les Emirats arabes unis de fournir des armes aux séparatistes yéménites du Conseil de transition du Sud (STC). Un bombardement symptomatique des tensions entre Ryad et Abou Dhabi qui pèsent sur leur voisin de la péninsule arabique, en proie à un conflit à la fois, civil, religieux et régional depuis 11 ans. Le 21 septembre 2014, les rebelles houthistes - chiites zaydites - ont pris Sanaa, la capitale, marquant ainsi le début de leur coup d’Etat au Yémen. La milice, classée comme "terroriste" par les Etats-Unis, est épaulée par l’Iran dans son offensive. Quant au gouvernement, sunnite, il est reconnu par l'ONU et bénéficie depuis du soutien d’une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite. Mais depuis le mois de décembre, un nouveau front s’est ouvert. L’offensive est appuyée par les Emirats arabes unis.

A distance, Ryad et Abou Dhabi s’affrontent, chacun dans l’objectif d’imposer sa vision pour l’avenir politique du pays. L’Express décrypte la situation en trois points.

Que se passe-t-il au Yémen ?

Aux premières heures de la matinée, la coalition militaire dirigée par Ryad a annoncé des frappes sur le port d’Al-Mukalla, capitale de la province de l’Hadramout récemment conquise par les séparatistes du STC. La cible était une cargaison chargée d'"une grande quantité d’armes et de véhicules de combat" séparatistes yéménites, soutenus par Abou Dhabi, selon l’agence officielle saoudienne SPA, qui précise que cette "opération militaire limitée" n’a fait aucune victime.

Et ce bombardement n’est pas la première riposte militaire du mois. Menacé par cette progression du STC dans son pays, le gouvernement yéménite a demandé à Ryad de prendre "mesures militaires" afin de "protéger les civils innocents dans la province de Hadramout et d’aider les forces armées à ramener le calme", selon l’agence de presse officielle du pays, Saba. Requête à laquelle l’allié a répondu le 28 décembre, indique la chaîne - proche des séparatistes - Aden Independent.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a accusé les Emirats d’être derrière la récente avancée de l’organisation dissidente. Et jugé que les actions d’Abou Dhabi étaient "extrêmement dangereuses" et constituaient "une menace pour la sécurité" de l’Arabie saoudite et de la région.

Une source proche de l’armée saoudienne a indiqué que la coalition avait été "contrainte d’agir, les efforts diplomatiques ayant été ignorés". Mais "la diplomatie reste une option pour empêcher toute nouvelle escalade", a-t-elle ajouté. L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, traditionnellement de proches alliés, avaient initialement uni leurs forces contre les Houthis au sein de la coalition au Yémen. En 2015, Abou Dhabi s’est engagé militairement pour défendre le gouvernement yéménite et ses troupes sont parvenues à libérer Aden, alors aux mains des Houthis. Après cette victoire, Mohammed Ben Zayed, président émirati hostile aux printemps arabes, a alors décidé de miser sur le STC, plutôt que sur les loyalistes pro- gouvernement, à ses yeux trop proches des Frères musulmans.

Qui sont les séparatistes soutenus par Abou Dhabi ?

Pendant le mois de décembre, le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud, qui est pourtant membre du gouvernement - avec qui il lutte contre les Houthis - s’est emparé de vastes portions du pays, sans rencontrer de grande résistance. Le territoire saisi constituait l’ancienne République populaire du Sud, qui avait déclaré son indépendance en 1967 jusqu’à la réunification du pays 23 ans plus tard. Désormais, les partisans du STC appellent l’organisation à y rétablir un Etat.

Cette zone qui comprend les provinces de l’Est du Yémen - l’Hadramaout et Al-Mahra - permet aux dissidents de prendre le contrôle de sites pétroliers, de l’ensemble de la frontière avec Oman ainsi que de 600 kilomètres de celle avec l’Arabie saoudite. De plus, les dissidents n’ont pas dissimulé leur volonté de déloger des régions conquises par un chef tribal proche de Ryad.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait averti courant décembre que les avancées du STC augmentaient le risque d’une "plus grande escalade" dans le pays, déjà frappé par l’une des pires crises humanitaires au monde, selon son organisation.

Comment ont réagi les Emirats arabes unis ?

Dans les minutes qui ont suivi le bombardement, le ministère émirati des Affaires étrangères a démenti les accusations saoudiennes. Dans un communiqué, il assure que "la cargaison en question ne comprenait aucune arme, et les véhicules déchargés n’étaient destinés à aucun acteur yéménite", mais aux forces émiraties opérant au Yémen. Et le pays le certifie : l’arrivée de cette cargaison avait été coordonnée avec Ryad. Quant à son implication dans la montée des tensions, Abou Dhabi nie en bloc, il n’a jamais été question d'"attiser le conflit au Yémen".

Toutefois, deux heures après la frappe, les Emirats arabes unis ont annoncé retirer leurs "équipes antiterroristes" du Yémen… Après que l’Arabie saoudite a fixé un délai de 24 heures pour leur départ. Mais le pays l’assure, cette décision relève "de sa propre initiative". Rien avoir avec l’ultimatum donc, le seul enjeu est de veiller "à la sécurité de son personnel et en coordination avec les partenaires concernés".

Mais les tensions risquent de ne pas retomber de sitôt, car les séparatistes yéménites refusent de reculer. "Il n’est pas question de se retirer. Il est déraisonnable de demander au propriétaire d’une terre de la quitter. La situation exige de rester et de se renforcer", a déclaré à l’AFP Anwar Al-Tamimi, porte-parole du STC.

© afp.com/Saleh Al-OBEIDI

De membres de tribus manifestent leur soutien au mouvement séparatiste sudiste à Aden, dans le sud du Yémen, le 14 décembre 2025
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Manifestations en Iran : le régime des mollahs face au réveil de la rue

Vers un soulèvement d’ampleur importante ? Des manifestations ont éclaté depuis plusieurs jours en Iran, sur fond de tensions sociales et de mécontentement grandissant à l’égard du régime iranien, très affaibli ces derniers mois. La contestation s’est amorcée dimanche 28 décembre, au moment où plusieurs commerçants, notamment à Téhéran, ont décidé de fermer boutique. La raison ? Des conditions dégradées pour leur activité marchande, en raison de l’incertitude du contexte économique dans le pays. Selon l’agence semi-officielle ILNA, détenue par un syndicat contrôlé par le gouvernement, ces professionnels "réclament une intervention immédiate du gouvernement pour enrayer les fluctuations du taux de change et définir une stratégie économique claire".

Crise économique

En cause, selon les vendeurs et acheteurs ? La dégringolade sans fin du taux du rial, la devise du pays, vis-à-vis du dollar américain. Ce week-end, la monnaie iranienne a ainsi atteint son plus bas historique, d’après le taux informel en vigueur sur le marché noir. Un dollar s’échange désormais contre 1,4 million de rials. Concrètement, cette dépréciation crée une volatilité importante de la monnaie, rendant difficilement lisible l’évolution des prix des produits en vente. Sous l’effet de l’inflation, ces tarifs sont souvent tirés vers le haut. Dans ces conditions, "de nombreux commerçants ont préféré suspendre leurs transactions pour éviter d’éventuelles pertes", a indiqué une autre agence de presse proche du gouvernement, Irna.

Ce mardi, la mobilisation s’est étendue au-delà du milieu marchand. Des étudiants d’universités disséminées dans tout le pays ont rejoint le mouvement. En plus de la capitale, des manifestations ont été constatées dans les villes d’Ispahan, Chiraz, Mashhad, ou encore Hemedan. Vérifiées par une agence spécialisée associée au groupe du Wall Street Journal, plusieurs vidéos montrent des protestataires défiler dans les rues, criant parfois quelques slogans, comme le mot "azadi" ("liberté" en farsi). L’une d’entre elles, citée par le prestigieux quotidien économique américain, affiche des manifestants sur l’île de Qeshm Island, au bord du golfe Persique, scandant la formule "mort au dictateur !".

Ces différents faits sont notables, précise le journal, puisque la répression des opposants et de toute forme de rébellion par le régime des mollahs n’a pas faibli en Iran depuis le dernier soulèvement populaire dans le pays, lors du mouvement "Femme, vie, liberté" en 2022. De nombreuses peines de prison sont régulièrement prononcées pour ce type de motif. Pour le moment, l’ampleur de cette contestation demeure difficile à chiffrer. Toutefois, les autorités iraniennes ont de quoi s’inquiéter, car le contexte social devient de plus en plus explosif, tant l’économie du pays se porte mal. Pour le gouvernement, il existe un risque de voir la grogne se généraliser. D’après Mustapha Pakzad, analyste géopolitique spécialisé sur l’Iran interrogé par le Wall Street Journal, les circonstances du moment "ont découragé même les plus optimistes".

Message inhabituel du président iranien

Depuis la répression du mouvement de 2022, la République islamique a affronté différentes crises militaires. La dernière en date, cet été, a participé à faire grossir la colère des Iraniens. Tandis que Téhéran menace perpétuellement ses ennemis occidentaux de réponse "sévère" en cas d’agression, l’armée iranienne s’est révélée incapable de protéger efficacement sa population lors de la guerre contre Israël, au mois de juin. Au total, d’après les autorités, plus de 1 000 Iraniens sont morts dans les bombardements menés par l’État hébreu. Sur le plan militaire, le pays s’est par ailleurs affaibli, plusieurs frappes américaines ayant visé des sites de son programme nucléaire. Dans le même temps, face à l’hyperinflation, le pouvoir d’achat des Iraniens s’est encore amenuisé. Pénuries d’eau et coupures de courant sont devenues monnaie courante.

Tant de facteurs qui ont poussé le président iranien, Massoud Pezeshkian, à diffuser ce mardi un message d’une inhabituelle tonalité dans ce genre de circonstances. "J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’écouter les revendications légitimes des manifestants en dialoguant avec leurs représentants afin que le gouvernement puisse agir de toutes ses forces pour résoudre les problèmes et agir de manière responsable", a-t-il détaillé, dans une déclaration publiée sur son compte X. D’après les médias iraniens, le dirigeant a lui-même rencontré des responsables syndicaux ce mardi pour tenter de trouver des solutions à la crise économique.

Dimanche, Massoud Pezeshkian a en parallèle présenté le budget pour l’an prochain, promettant entre autres une augmentation de 20 % des salaires en 2026. Mais ce taux demeure bien inférieur à celui de l’inflation, qui a culminé en décembre à 52 % sur un an, d’après les données officielles iraniennes. D’autre part, les médias d’État iraniens ont relayé ces dernières semaines une autre information, bien moins favorable aux ménages : la volonté du gouvernement d’augmenter les impôts à compter de mars prochain, mois du Nouvel An iranien.

Pression internationale

Sur le plan politique, les gardiens de la Révolution, eux, maintiennent des positions inflexibles. Si, en marge de la signature du plan de paix à Gaza, le président américain Donald Trump avait ouvert la voie à une reprise des négociations diplomatiques avec Téhéran, l’espoir a aujourd’hui fait long feu. Le milliardaire républicain vient d’ailleurs de menacer de nouveau le régime d’une nouvelle intervention militaire si Téhéran cherchait à se réarmer. Dans le même temps, les pays européens ont activé l’été dernier le mécanisme de "snapback" dans le cadre de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPoA), arrivé à échéance cette année, afin de rétablir les sanctions contre l’économie iranienne.

Mais, pour le pouvoir iranien, pas question pour autant de montrer quelque signe de détente. "À mon avis, nous sommes en guerre totale contre les États-Unis, Israël et l’Europe, ils veulent mettre notre pays à terre", a lancé Massoud Pezeshkian plus tôt dans la semaine, sur le site du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Les autorités du pays ont d’ailleurs mis en garde sa population contre toute contestation qui pourrait être selon elles instrumentalisées par des pays étrangers dans l’optique de semer "le chaos et des troubles". En 2019, de précédentes manifestations contre la hausse du prix du carburant avaient fait plusieurs centaines de morts. Un scénario que souhaite à tout prix éviter Téhéran, alors que le gouvernement vient d’annoncer une hausse des tarifs à la pompe pour les conducteurs les plus consommateurs en la matière.

© AFP

Une photo fournie par le bureau du président iranien le 30 août 2025 montre le président Masoud Pezeshkian s'exprimant lors d'une interview télévisée à Téhéran.
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Vladislav Sourkov, Alain Aspect, Robert Kaplan... Nos dix grands entretiens qui ont marqué l’année 2025

Ils pensent le monde, bousculent les croyances ou sont les grands acteurs de la géopolitique et de l’économie internationale… De Moscou à New York, des arcanes du pouvoir russe aux vertiges de la physique quantique, de la crise démographique aux métamorphoses du travail, L’Express a donné la parole à celles et ceux qui éclairent notre époque.

Stratèges de l’ombre, philosophes, économistes, scientifiques, ou intellectuels en alerte face à Donald Trump ou Vladimir Poutine. Tous ces entretiens, qui ont marqué 2025, vont vous permettre de vous replonger dans l’année écoulée - et celles à venir. Voici notre sélection :

1) Vladislav Sourkov, le vrai mage du Kremlin

Jamais, depuis le début del’invasion russe en Ukraine, il n’a accordé d’interview politique. Ni fait le moindre commentaire public sur cette guerre qui ravage le cœur de l’Europe. Vladislav Sourkov, sans doute le personnage le plus mystérieux de Russie, s’est muré dans le silence. Pourtant, l’homme qui a "fabriqué" Vladimir Poutine, le conseiller de l’ombre qui a inspiré son formidable Mage du Kremlin au romancier Giuliano da Empoli, a beaucoup de choses à dire sur la Russie et l’homme qui la dirige.

2) Nicolas Puech, l’héritier ruiné d’Hermès brise le silence

Celui qui fut toute sa vie le richissime héritier Hermès et son premier actionnaire familial ne s’était pas exprimé publiquement depuis 2011, quand bien même, ces trois dernières années, la presse de toute l’Europe – et jusqu’aux Etats-Unis - s’est interrogée sur l’escroquerie phénoménale dont il se dit victime, décortiquant sa vie affective, soupesant ses capacités cognitives ou interrogeant sa désarmante bonhomie.

3) L’avertissement du patron de l’Essec

Y a-t-il une crise du management à la française ? Selon Vincenzo Vinzi, la formation au management en France est l’une des meilleures en Europe. Toutefois, l’approche verticale des managers tricolores "engendre de la rigidité, qui ne favorise pas la créativité". Entretien décapant.

4) Le regard avisé de Fabian Hoffmann sur la Russie de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, le 19 décembre 2025 à Moscou
Le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, le 19 décembre 2025 à Moscou

Méfiez-vous des apparences, surtout quand la conversation concerne les ambitions du Kremlin. C’est, en substance, l’avertissement que donne Fabian Hoffmann, chercheur à l’Oslo Nuclear Project de l’Université d’Oslo et au Center for European Policy Analysis. Selon lui, le fait que la Russie subisse des pertes humaines et matérielles record en Ukraine ne signifie pas qu’une attaque contre l’Otan serait vouée à l’échec. Pour l’expert,Vladimir Poutine a un plan : une opération éclair, de haute intensité, susceptible d’escalader à très court terme vers une véritable guerre.

5) Alain Aspect et les "bizarreries" de la physique quantique

Le Prix Nobel de physique Alain Aspect, le 7 décembre 2022 à Stockholm.
Le Prix Nobel de physique Alain Aspect, le 7 décembre 2022 à Stockholm.

Alain Aspect a donné tort à Einstein, décroché le Graal scientifique et cofondé un champion français de l’ordinateur quantique (Pasqal). Mais ce fils d’instituteurs du Lot-et-Garonne assure que ce dont il est le plus fier, c’est de "son rôle de professeur et de mentor". Cette passion de la transmission anime son livre Si Einstein avait su. Dans l'entretien accordé à L'Express, il dénonce les détournements pseudoscientifiques du mot "quantique".

6) La mise en garde d’un éminent psychiatre italien

"Voici les signes que vous avez grandi avec un parent pervers narcissique", "Comment repérer un narcissique à sa manière de faire des câlins", "Plus on est narcissiques et moins l’on fait d’enfants", "Le narcissisme pathologique de Trump"… Pour le psychiatre italien Giancarlo Dimaggio, l’emballement médiatique relève de la caricature. Ce spécialiste de la psychothérapie démonte les idées reçues.

7) La charge de David Frum, ex-plume de Bush, contre Trump

David Frum, éditorialiste vedette au magazine The Atlantic, ancienne plume de George W. Bush et anti-Trump acharné, prévenait déjà dans nos colonnes qu’un second mandat de Donald Trump serait cataclysmique aussi bien sur le plan intérieur que sur la scène internationale. Ce fin connaisseur des rouages de la politique américaine analyse les conséquences possibles de ce revirement brutal des Etats-Unis.

8) Les projections vertigineuses de McKinsey

On ne mesure pas encore l’ampleur de cette lame de fond, qui va bouleverser nos sociétés et nos économies dans quelques dizaines d’années. D’ici la fin du siècle, certains pays vont voir leur population se contracter de 20 à 50 %. La faiblesse de la natalité dans la plupart des régions du monde va recomposer les équilibres internationaux. Consommation, marché du travail, implantation des sites de production des entreprises, modèle social… Le bureau de recherche McKinsey Global Institute a récemment publié un rapport balayant les répercussions de ce déclin démographique mondial.

9) L'interview décapante d'André Comte-Sponville

Passer du temps en sa compagnie vous donne le sentiment (l'illusion ?) d'avoir gagné quelques modestes points de sagesse. Crinière grise, regard mélancolique, phrasé limpide de celui qui se sait sûr de son propos, André Comte-Sponville a le physique de l'emploi. Le succès phénoménal du Petit traité des grandes vertus en 1995 l'a imposé comme le champion d'une philosophie rigoureuse, mais accessible à tous. Et le penseur n'a pas sa langue dans sa poche.

10) Les prédictions de Robert Kaplan sur la Russie post-Poutine

Le dernier ouvrage du reporter américain Robert Kaplan,Waste Land : A World in Permanent Crisis (non traduit), paru outre-Atlantique, se lit comme un thriller. Il ne s’agit pourtant en rien d’une fiction.

Géopolitologue et auteur de nombreux ouvrages à succès, Kaplan juge "troublantes" les similitudes entre notre époque et celle qui précipita l’Allemagne, puis le monde entier, dans le chaos des années 1930. Selon lui, "la Russie post-Poutine sera sans doute la première grande puissance à s’effondrer".

© L'Express

Vladislav Sourkov. L’homme qui a "fabriqué" Vladimir Poutine, a beaucoup de choses à dire sur la Russie et l’homme qui la dirige.
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Vladimir Poutine visé par des drones ukrainiens ? A Valdaï, la résidence très secrète du maître du Kremlin

Une "attaque terroriste" pour Moscou, un "mensonge" d'après Kiev. Lundi 29 décembre, la Russie a accusé l'Ukraine d'avoir ciblé la "Dolgiye Borody", une résidence d'État de Vladimir Poutine du nord-ouest du pays, avec 91 drones. Druss'après le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tous ces appareils auraient été interceptés. De quoi conduire Moscou à "réexaminer" sa position dans les négociations actuelles menées par Washington pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. En réaction à ces propos, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a immédiatement nié avoir mené une telle opération. "Près d'une journée s'est écoulée et la Russie n'a toujours pas fourni de preuves plausibles à l'appui de ses accusations", a encore réagi le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrïï Sybiga, ce mardi.

Bowling, terrain de golf et espace spa

Au moment où les efforts diplomatiques s'accentuent pour cheminer vers un plan de paix à l'est de l'Europe, l'épisode risque de laisser des traces dans les futures tractations. Quelle que soit la vérité, le lieu au cœur de cette affaire représente en tout cas le symbole de la puissance de Vladimir Poutine à la tête de la Russie. Qu'il soit perçu comme – potentiellement – attaqué constitue un marqueur fort pour le pouvoir russe afin de justifier de nouvelles opérations en Ukraine. Longeant un lac et bordant une forêt, le complexe est situé près de la ville de Valdaï, dans la région de Novgorod. Il s'agit d'une "datcha", une résidence secondaire destinée à octroyer à ses occupants du repos au grand air.

En 2021, le domaine avait fait l'objet de nombreuses révélations de la Fondation anticorruption (FBK) créé par l'ex-opposant au président russe, Alexeï Navalny. Une enquête qui permet d'en savoir un peu plus sur les nombreux services proposés au sein des quelque 80 bâtiments présents en son sein. Grand de 250 hectares, le terrain de la "Dolgiye Borody" se structure comme une sorte de ville à taille miniature. La demeure principale, haute de quatre étages, dispose d'une superficie de 3 500 mètres carrés. Plus loin, un immense bâtiment de 7 000 mètres carrés permet aux occupants de la datcha de profiter de différents équipements nécessaires à des soins de bien-être : massages, cryothérapie, solarium... Une piscine, un cabinet dentaire et un institut de beauté sont également présents.

Outre cet espace spa, il prévoit par ailleurs différents lieux pour divertir ses visiteurs. Une aire de jeux avec toboggans, un cinéma, une salle de billard, un bowling et même... un casino ont été construits dans cette résidence secondaire. Au niveau sportif, le terrain comprend par ailleurs un parcours de golf. Une église, un bâtiment à l'architecture d'inspiration chinoise et une maison traditionnelle russe en bois ont aussi été érigés sur le site. D'après la FBK, qui a publié des plans du complexe, la "Dolgiye Borody" serait le lieu de villégiature préférée de Vladimir Poutine. Il s'y rend en effet régulièrement.

Réplique du bureau de Vladimir Poutine

En novembre dernier, une autre enquête, publiée par Radio Free Europe/Radio Liberty, a montré que des répliques du bureau de la résidence principale de Vladimir Poutine, près de Moscou, avait été fabriquée au sein de deux sites étatiques russes, dont la maison de Valdaï. L'objectif ? Pouvoir camoufler les déplacements du président russe hors de la capitale. Certaines photographies communiquées par les services du Kremlin montrent ainsi le chef de la Fédération russe en train de travailler dans son bureau de Moscou... alors qu'il se trouve en réalité à plusieurs centaines de kilomètres de son domicile. La même copie du bureau a été observée dans une seconde résidence de Vladimir Poutine, située près de Sotchi. D'après les journalistes à l'origine de l'enquête, le pouvoir russe aurait menti à plusieurs centaines de reprises sur l'emplacement du président.

Outre l'opulence longtemps tenue secrète de ce complexe de Valdaï, un autre élément majeur a été révélé par l'enquête de la FBK en 2021. Seule une partie du site appartiendrait en réalité à l'État russe. L'autre est détenue par un oligarque russe, Iouri Kovaltchouk. Cet homme d'affaires, actionnaire de la banque Rossiya et proche de Vladimir Poutine, loue donc cette parcelle d'environ 100 hectares au Kremlin. Toujours selon la FBK, la facture s'élèverait chaque année à 300 millions de roubles, soit 3,15 millions d'euros. Une dépense réalisée "juste pour que Poutine ait un endroit où se prélasser (...) et inviter des artistes", s'offusquait la Fondation anticorruption dans sa vidéo.

Dans une autre enquête de 2021, Alexeï Navalny avait également dévoilé l'existence d'une gigantesque demeure située près de Sotchi, au bord de la mer Noire. Aménagé pour accueillir le président russe, le site avait été baptisé par le militant anti-corruption comme le "palais de Poutine". Ce domaine, là aussi particulièrement luxueux, comprendrait amphithéâtre, vignoble, terrain de hockey sur glace, héliport ou encore jacuzzi. D'après l'opposant, décédé en prison en février 2024, 100 milliards de roubles, soit plus d'un milliard d'euros ont été dépensés par Moscou pour réaliser cet immense palais. À l'époque des révélations, Vladimir Poutine avait nié ces accusations. "Je n’ai pas vu ce film, faute de temps", avait-il lancé. "Rien de ce qui est montré dedans comme étant mes biens ne m’appartient à moi ou à mes proches."

© afp.com/Vyacheslav PROKOFYEV

Le président russe Vladimir Poutine face à la presse à Moscou (Russie) le 23 octobre 2025, sur une photographie distribuée par l'agence étatique Spoutnik.
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Guerre en Ukraine : nos analyses, décryptages et entretiens

Le 24 février 2022, la Russie a déclenché son attaque sur l'Ukraine, tentant de s'emparer de la capitale Kiev dans une offensive éclair. Mais les forces ukrainiennes ont opposé une résistance farouche, obligeant les troupes russes à la retraite et déplaçant les combats vers le bassin du Donbass, dans l'est du pays, et dans son sud agricole. Du côté de l'Occident, le temps diplomatique a laissé place à celui des sanctions contre Moscou. Alors que la guerre se poursuit, inexorablement, peu de signes de progrès sont visibles.

© afp.com/Tetiana DZHAFAROVA

Kramatorsk, est de l'Ukraine, le 15 septembre 2025
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Hamas, Iran, Syrie… Ce qu’il faut retenir de la rencontre entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou

Le décor a un peu changé, mais les protagonistes restent les mêmes. Plutôt qu’à la Maison-Blanche, théâtre de leurs précédentes rencontres aux États-Unis, Donald Trump a cette fois convié lundi 29 décembre Benyamin Netanyahou dans sa résidence privée de Mar-a-Lago (Floride), où il passe les fêtes de fin d’année. Le contenu des échanges, lui, s’est inscrit dans la même tonalité que lors de leurs récents tête-à-tête : malgré quelques désaccords, le Premier ministre israélien a pu constater que son allié américain continuait d’afficher un puissant soutien à sa politique. Israël "n’existerait peut-être pas" sans le rôle de Benyamin Netanyahou depuis les attaques terroristes du 7 octobre 2023, a ainsi loué le milliardaire conservateur. "Nous n’avons jamais eu d’ami comme le président Trump à la Maison-Blanche", lui a rendu la pareille le dirigeant israélien.

Menaces américaines contre le Hamas

Pourtant, avant ce nouveau rendez-vous, Washington avait mis une certaine pression sur Israël, l’enjoignant à accélérer la mise en œuvre du plan de paix à Gaza. Comme rapporté dans la presse américaine, certains hauts responsables américains avaient notamment fait part de leur "frustration" face aux choix israéliens dans l’enclave palestinienne. Des critiques évacuées d’un revers de main par Donald Trump ce lundi. "Je suis préoccupé par ce que font, ou peut-être ne font pas, d’autres acteurs, mais, en ce qui concerne Israël, je ne suis pas inquiet : ils ont respecté le plan", a lancé le républicain. Israël est notamment mis en cause par le Hamas pour plusieurs violations du cessez-le-feu depuis la signature du plan de paix, au début de l’automne.

Donald Trump a préféré concentrer ses critiques contre le mouvement islamiste palestinien. La deuxième phase de l’accord prévoit entre autres un désarmement de ses forces. "S’ils ne se désarment pas comme ils s’y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé. Or, la branche armée du Hamas a réaffirmé lundi qu’elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l’occupation perdurera". Cette nouvelle étape doit aussi permettre un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza. Vendredi, le média américain Axios a indiqué que Washington souhaitait faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier. Une solution pour laquelle Benyamin Netanyahou traîne des pieds. Des désaccords persistent aussi sur l’action israélienne en Cisjordanie.

Nouvel avertissement à Téhéran

En parallèle, les deux hommes ont également évoqué la position à tenir vis-à-vis du régime iranien. Samedi, le président du pays, Massoud Pezeshkian, avait déclaré que les États-Unis, Israël et les Européens menaient une "guerre totale" contre Téhéran. En juin, Américains et Israéliens avaient frappé plusieurs sites iraniens, dans l’optique de mettre à mal le programme nucléaire développé par la République islamique. Depuis ces bombardements, des sanctions ont aussi été rétablies contre l’Iran grâce au mécanisme du "snapback", prévu dans l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPoA), conclu en 2015 et arrivé à échéance cette année.

Ce lundi, Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde les dirigeants iraniens. "J’espère qu’ils ne sont pas encore en train d’essayer de se réarmer, parce que s’ils le font, nous n’aurons pas d’autre choix que d’éliminer très rapidement ce réarmement", qu’il s’agisse d’installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti. "Toute agression" envers l’Iran serait "immédiatement suivie d’une réponse très sévère", a réagi sur X Ali Shamkhani, un proche conseiller du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Cette montée en tension n’empêche pas Donald Trump de penser que l’Iran reste intéressé par un accord avec les États-Unis au sujet de ses programmes nucléaires et balistiques, quand bien même Téhéran "se comporte peut-être mal".

Les relations entre la Syrie et Israël ont aussi fait l’objet de discussions entre le président américain et le Premier ministre israélien. Donald Trump a ainsi dit espérer que Benyamin Netanyahou pourrait "s’entendre" avec le nouveau président syrien et ancien djihadiste, Ahmed al-Charaa, reçu en grande pompe par le républicain à la Maison-Blanche en novembre. Ces derniers mois, Israël a mené plusieurs frappes sur le territoire syrien. Pour conclure un nouveau compromis de sécurité, Benyamin Netanyahou, exige notamment une démilitarisation de toute la partie du territoire syrien allant du sud de la capitale, Damas, jusqu’à la ligne de démarcation fixée par l’accord de 1974 entre les deux pays. Une demande pour le moment fermement rejetée par les autorités syriennes.

© JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou tiennent une conférence de presse le 29 décembre, à Mar-a-Lago, en Floride (États-Unis).
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Venezuela : Donald Trump confirme que les Etats-Unis ont frappé une installation portuaire

Donald Trump a affirmé, ce lundi 29 décembre, que les Etats-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, une possible première frappe terrestre depuis le début de la campagne militaire américaine contre le trafic de drogue en Amérique latine.

Les Etats-Unis exercent une forte pression sur Caracas depuis des mois, cherchant à pousser au départ le président Nicolas Maduro, accusé par Washington d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic. Ils ont mené jusqu’à présent une trentaine de frappes contre des embarcations de trafiquants présumés, faisant près de 107 morts dans les Caraïbes et le Pacifique.

"Il y a eu une grande explosion sur la zone de mise à quai où ils chargent les bateaux de drogue. […] Nous avons donc frappé tous les bateaux et maintenant nous frappons la zone, […] et ça n’est plus là", a déclaré lundi le président américain depuis sa résidence Mar-a-Lago, où il a reçu le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Il n’a pas révélé le lieu de cette frappe, précisant simplement qu’elle s’était produite "sur le rivage". Il a également refusé de dire qui, de l’armée ou de la CIA, avait mené cette opération.

Donald Trump agitait depuis plusieurs semaines la menace de frappes terrestres visant des cartels de la drogue en Amérique latine, mais aucune attaque n’avait été encore confirmée à ce jour.

Selon CNN et le New York times, il s’agit d’une frappe de drone qui a visé un débarcadère isolé utilisé par le gang de narcotrafiquants vénézuéliens du Tren de Aragua pour stocker de la drogue et la charger sur des bateaux bateau en vue de son expédition.

Personne sur place

Personne ne se trouvait sur place au moment de la frappe, il n’y a donc eu aucune victime, toujours selon ces deux médias, s’appuyant sur des sources anonymes familières du dossier.

Le président Trump était interrogé par des journalistes après une allusion à une telle frappe dans un entretien diffusé vendredi. Dans une interview radio avec le milliardaire John Catsimatidis, l’un de ses soutiens, Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis avaient frappé une "grande installation d’où viennent les navires" servant selon lui à la production de bateaux utilisés pour le narcotrafic. "Il y a deux nuits, nous l’avons détruite. Donc nous les avons frappés très durement", avait-il assuré, laissant donc entendre que l’opération a eu lieu le mercredi 24 décembre.

Interrogés par l’AFP, ni le Pentagone, ni la Maison-Blanche n’avaient confirmé ces déclarations. De son côté, le gouvernement vénézuélien n’a fait aucun commentaire officiel sur une telle frappe.

L’attaque pourrait considérablement aggraver les tensions avec le président vénézuélien Nicolas Maduro, dont les Etats-Unis tentent d’obtenir la démission par leur pression militaire dans les Caraïbes. Lundi, l’armée américaine a par ailleurs fait état d’une nouvelle frappe dans l’est du Pacifique contre un navire "impliqué dans des opérations de narcotrafic", lors de laquelle deux personnes ont été tuées.

Jusqu’à présent, l’administration américaine n’a pas apporté de preuves démontrant que ces embarcations visées transportent effectivement de la drogue. Washington a déployé un important dispositif militaire dans les Caraïbes et imposé au Venezuela un blocus visant des pétroliers sous sanctions. Nicolas Maduro dément les accusations américaines, et assure que les Etats-Unis cherchent à le renverser pour s’emparer du pétrole vénézuélien, principale ressource du pays.

© afp.com/ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Le président américain Donald Trump dans sa résidence de Mar-a-Lago, à Palm Beach, le 22 décembre 2025 en Floride
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Face à la menace russe, la Pologne débloque deux milliards d'euros pour son "bouclier" anti-drones

Varsovie s’est décidé à moderniser la panoplie de défense de sa frontière Est. La mesure a été prise en riposte aux nombreuses incursions de drones russes sur son territoire. Si le phénomène affecte toute l’Europe, la Pologne - qui partage une frontière avec la Russie - est particulièrement visée. En septembre, une dizaine d’engins pénétraient illégalement son espace aérien. Un incident qui a conduit à la fermeture d’aéroports, au déploiement en urgence d’avions de chasse et à des dégâts sur des bâtiments provoqués par l’abattage des drones. Face à l’ampleur de la situation, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a tiré alors la sonnette d’alarme : d’après lui, le pays est plus proche d’un conflit militaire "que jamais depuis la Seconde guerre mondiale".

Varsovie, qui se donne deux ans pour atteindre entièrement son objectif, entend dédier deux milliards d’euros à cette entreprise. Tout n’est pas à construire. Le pays dispose déjà d’un système de défense vieux d’une décennie. Son ambition est de le moderniser en y intégrant son nouvel arsenal.

Des mitrailleuses, des canons et des systèmes de brouillage de drones

Interrogé par le journal britannique The Guardian, le vice-ministre polonais de la Défense, Cezary Tomczyk, précise son calendrier : "Nous prévoyons que les premières fonctionnalités du système soient disponibles dans environ six mois, voire plus tôt. La mise en place complète […] prendra 24 mois".

La nouvelle panoplie comprendra plusieurs niveaux de défense, dont des mitrailleuses, des canons, des missiles et des systèmes de brouillage de drones, a précisé le ministre. Et de poursuivre : "Certains de ces équipements ne sont destinés à être utilisés que dans des conditions extrêmes ou en temps de guerre. Par exemple, ces mitrailleuses multicanons sont difficiles à utiliser en temps de paix, parce que tout ce qui monte doit redescendre [les balles]".

L’investissement que représente cette nouvelle panoplie militaire sera rendu possible grâce au programme européen SAFE (Security Action for Europe), selon Cezary Tomczyk. Le mécanisme de prêts de 150 milliards d’euros est voué à financer des achats conjoints d’équipements militaires dans l’UE.

Un budget tourné vers la Défense

Mais Varsovie consacre également une part importante de son propre budget au domaine militaire. Depuis 2022, date de l’invasion russe en Ukraine, le pays a revu à la hausse ses dépenses de défense, jusqu’à se hisser parmi les taux les plus élevés de l’Union européenne. Alors qu’elle y dédiait 2,2 % de son PIB en 2021 - selon les données du Stockholm International Peace Research Institute - la Pologne a poussé son effort à 4,2 % du PIB en 2024, soit 38 milliards de dollars - comptez environ 32 milliards d’euros -. A titre de comparaison, la France consacre 2,1 % de son PIB à la défense soit 50,5 milliards d’euros, hors pensions.

Dans les colonnes du Guardian, Cezary Tomczyk explique ces investissements : "Aujourd’hui, l’Ukraine consacre environ 40 % de son PIB à la guerre, et ceux qui se demandent quel pourcentage nous devrions consacrer à l’armée devraient se demander s’il vaut mieux augmenter les dépenses de 2 % à 3 ou 3,5 %, par exemple, ou les laisser passer de 2 % à 40 % plus tard".

Car la Pologne - qui prévoit de former des centaines de milliers de ses citoyens à la survie - ne dissimule plus sa crainte d’une confrontation directe avec Moscou si l’Ukraine venait à perdre la guerre. Depuis le début du conflit, la Russie ne se limite pas à violer l’espace aérien de son voisin. En quatre ans, Varsovie a signalé des cas de sabotages et d’incendies criminels. Ses services de renseignements ont été en mesure d’établir des liens avec le Kremlin. Depuis 2022, de nombreux Polonais se portent volontaires pour suivre une formation militaire.

"Prévenir le chaos mondial"

Afin de faire face à la menace sous toutes ses formes, Varsovie ne se limite pas à sa frontière Est. Le pays entreprend également de fortifier sa frontière avec la Biélorussie ainsi que l’enclave russe de Kaliningrad, située en plein coeur de l’Europe, entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique. Et Cezary Tomczyk ne compte pas en rester là. Devant les journalistes du Guardian, le vice-ministre de la Défense a partagé son ambition de construire des "centres logistiques spéciaux" dans chaque municipalité frontalière où serait stocké du matériel de défense.

Et le pays compte aussi sur la coopération internationale. Dimanche 28 décembre, Radoslaw Sikorski, le vice-premier ministre polonais appelait, dans une tribune au Monde à d’avantage de solidarité au sein de l’UE, notamment en matière de sécurité. "Notre ordre mondial, fondé sur le respect du droit international, est certes imparfait, comme toutes les créations humaines. Mais malgré ses défauts, il reste le meilleur outil dont nous disposons pour prévenir le chaos mondial", insiste le dirigeant.

© afp.com/Wojtek RADWANSKI

Un char allemand Leopard 2 de l'armée polonaise en exercices en Pologne le 19 mai 2022.
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Menace nucléaire : des missiles balistiques russes déployés en Biélorussie ?

C’est une arme de dernière génération, hypersonique et capable de transporter une charge nucléaire. Le missile balistique russe Orechnik serait actuellement déployé à l’Est de la Biélorussie, alliée de la Russie de Vladimir Poutine. Le président russe avait annoncé en août dernier la production en série de l’Orechnik et son intention de déployer cette arme de dernière génération chez son voisin en 2025.

Mi-décembre, le président biélorusse Alexandre Loukachenko avait confirmé la présence du missile sur son territoire. "Il prend son service de combat", avait-il ajouté. Il n’a cependant pas dévoilé la localisation de l’arsenal, alors même que la Biélorussie borde trois pays européens. Le territoire biélorusse avait déjà été utilisé par Moscou pour lancer son offensive contre l’Ukraine en 2022.

Une gare de triage et du camouflage

Deux chercheurs américains, dont l’agence Reuters rapporte les travaux, ont identifié grâce à des images satellites un site biélorusse qui pourrait "possiblement" abriter des missiles Orechnik. Il s’agit de l’ancienne base aérienne de Krichev, située à 307 kilomètres à l’Est de la capitale biélorusse, Minsk, et à 478 kilomètres de Moscou. Jeffrey Lewis, du Middlebury Institute of International Studies, et Decker Eveleth, de l’organisation de recherche et analyse CNA, ont utilisé des images satellites et décortiqué les déclarations du président biélorusse ​pour identifier l’ancienne base soviétique, expliquent-ils dans un article de blog. Ils ont notamment identifié une construction hâtive en août dernier qui porte les caractéristiques d’une base de missiles stratégiques russes.

L’indice révélateur est la construction d’une gare de triage, indiquant que des missiles et leurs lanceurs mobiles peuvent être acheminés en train. L’un des endroits du site a par ailleurs été recouvert de terre, ce qui pourrait faire penser à un camouflage. De quoi être sûr "à 90 %" de la présence de lanceurs de missiles Orechnik à cet endroit, ce qui recoupe les informations des renseignements américains, selon Reuters, qui cite une source anonyme. L’agence a interrogé l’ambassade de Russie à Moscou, qui n’a pas commenté dans l’immédiat, ainsi que l’ambassade de Biélorussie qui a refusé de s’exprimer. La Maison-Blanche n’a pas non plus répondu aux journalistes, et la CIA, les services de renseignements américains, n’ont pas souhaité commenter.

Une portée de 5 500 kilomètres

Le missile russe Orechnik - dont le nom signifie "noisetier" en russe - est une arme de portée intermédiaire, qui peut atteindre des cibles situées entre 3 000 et 5 500 kilomètres. Sa vitesse dépasse Mach 10, soit dix fois la vitesse du son, ce qui le rend impossible à intercepter, selon Vladimir Poutine. Il peut par ailleurs transporter plusieurs têtes, nucléaires ou conventionnelles, et inquiète particulièrement les Occidentaux depuis sa première utilisation en novembre 2024. La Russie avait utilisé l’Orechnik sans charge nucléaire pour frapper une usine militaire dans la ville de Dnipro, dans le centre de l’Ukraine.

En août dernier, la Biélorussie avait affirmé s’entraîner au déploiement de missiles Orechnik durant des exercices militaires avec la Russie. Son président avait par la suite ajouté que son pays pourrait abriter jusqu’à dix de ces missiles. Mais selon les chercheurs américains Eveleth et Lewis, le site qu’ils ont identifié ne pourrait accueillir que trois lanceurs. Les autres missiles pourraient donc être stationnés ailleurs dans le pays.

Un signal politique plus que militaire

Selon les chercheurs interrogés par Reuters, l’escalade militaire de la Russie traduit sa volonté de recourir à la menace nucléaire pour empêcher l’Otan de fournir à Kiev des armes capables de frapper la Russie. Un message politique plus que militaire : le déploiement des Orechnik en Biélorussie n’apporte pas d’avantage militaire supplémentaire à Moscou. D’autres sites, situés en Russie, seraient plus proches de Paris et Londres, note Jeffrey Lewis sur son blog.

Le déploiement des missiles Orechnik pourrait aussi être une réaction au stationnement, prévu dès 2026, de missiles hypersoniques conventionnels américains en Allemagne. C’est enfin un message politique envoyé à la Biélorussie, qui cherche la protection de son allié.

L’annonce par le pays de la présence de telles armes sur son sol intervient en tout cas quelques semaines avant l’expiration du traité de désarmement nucléaire New Start, signé en 2010 entre Washington et Moscou. Il prévoit un contrôle et une limitation des armements nucléaires des deux parties. La Russie avait suspendu sa participation en 2023, avant de proposer en septembre 2025 de le prolonger d’un an.

© AFP

Mi-décembre, le président biélorusse Alexandre Loukachenko avait confirmé la présence du missile russe Orechnik sur son territoire.
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Guerre en Ukraine : la Russie accuse Kiev d’avoir tenté d’attaquer une résidence de Vladimir Poutine

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré ce lundi 29 décembre que l’Ukraine avait tenté d’attaquer la résidence du président Vladimir Poutine dans la région de Novgorod, ce que dément fermement Kiev.

Sergueï Lavrov a expliqué sur Telegram que dans la nuit du dimanche 28 décembre, l’Ukraine avait visé la résidence d’État du président russe dans la région de Novgorod avec 91 drones à longue portée qui ont tous été détruits par la défense aérienne russe. "De tels actes irresponsables ne resteront pas impunis", a déclaré le ministre, ajoutant que l’attaque s’apparentait à du "terrorisme d’État". Il a déclaré que des cibles avaient déjà été sélectionnées pour des frappes de représailles par les forces armées russes.

Sergueï Lavrov a fait remarquer que l’attaque avait eu lieu pendant les négociations en Floride sur un éventuel accord de paix en Ukraine et que, même si la Russie ne quitterait pas la table des négociations, la position de Moscou serait réexaminée prochainement. Il n’a pas précisé si Vladimir Poutine se trouvait dans le bâtiment au moment de l’attaque.

Une "nouvelle série de mensonges", selon Volodymyr Zelensky

Volodymyr Zelensky a immédiatement rejeté ces accusations russes, évoquant une "nouvelle série de mensonges" de Moscou. Le président ukrainien a déclaré aux journalistes via WhatsApp qu’avec de telles déclarations, la Russie tentait de saper les progrès réalisés dans les pourparlers de paix entre l’Ukraine et les États-Unis et "prépar (ait) simplement le terrain pour mener des frappes, probablement sur la capitale et probablement sur des bâtiments gouvernementaux".

"La Russie récidive, utilisant des déclarations dangereuses pour saper tous les résultats de nos efforts diplomatiques communs avec l’équipe du président Trump", a déclaré le dirigeant ukrainien sur les réseaux sociaux.

© afp.com/Alexander KAZAKOV

Le président russe Vladimir Poutine lors d'une réunion télévisée avec des membres de son Conseil de sécurité, le 22 septembre 2025 au Kremlin.
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Vladimir Poutine, Pascal Praud et le Mossad... Nos dix grands récits et enquêtes qui ont marqué 2025

Enquêtes au long cours, grands récits, révélations exclusives : cette année encore, L’Express a pris le temps d’explorer l’actualité en profondeur. Des services secrets aux laboratoires de pointe, de l’influence des puissances étrangères aux dérives économiques, des figures d’influence de la tech aux grandes fractures de notre époque, ces articles racontent les grands bouleversements géopolitiques et économiques à l’œuvre en 2025.

Pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui, mais aussi celui de demain. Voici notre sélection :

Les 13 agressions de Poutine en France

C’est un document inédit de 16 pages que L’Express s’est procuré. Rédigée par la DGSI, la DGSE, la Direction du renseignement militaire, la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense et compilée par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), cette note, à destination exclusive des ministres tant son contenu est jugé sensible, s’intitule "Menaces et actions russes contre la France". Son contenu est vertigineux : vol d’ordinateurs, menace nucléaire, pannes électriques, espionnage à Polytechnique…

Nicolas Puech, les derniers secrets d’un héritier ruiné

L’épopée pourrait se résumer en une question : où sont passés les quelque six millions d’actions de la société Hermès, représentant 5,7 % du capital, détenus par Nicolas Puech, descendant d’une des trois dynasties fondatrices de l’empire ? Aujourd’hui, il se dit totalement ruiné. Tous ses titres lui auraient été subtilisés. Et il porte plainte à Paris. Enquête.

Diplômes, enquête sur le krach qui vient

"Les diplômés d’aujourd’hui sont fichus". En juin, le magazine The Economist choisissait un titre choc pour alerter sur une tendance de fond : dans de nombreux pays, les diplômés sont en train de perdre leur position privilégiée, alors même que la révolution de l’IA n’en est qu’à ses débuts. Les conséquences sociales pourraient être majeures.

Pascal Praud, le journaliste le plus influent de France

La vedette de CNews écrase la concurrence. Depuis ses audiences de l’été, le sexagénaire surexposé passe pour le journaliste le plus influent du paysage médiatique. Portrait d’un fumeur de cigares convaincu de fabriquer l’opinion de droite. Ses derniers éclats ont électrisé l’Elysée. Qui désormais ne lui parle plus.

Raphaël Rodriguez, le chercheur qui a trouvé la faille des métastases

Raphaël Rodriguez a raté la première année de médecine, mais il n’a pas renoncé à sauver des vies humaines. Beaucoup de vies, même. Ce chimiste à l’Institut Curie a mis au point une molécule qui pourrait détruire ces tumeurs secondaires à l’origine de 70 % des décès par cancer. Ses travaux suscitent un immense intérêt dans la communauté scientifique.

Mossad - DGSE, nos révélations sur leurs liaisons

Depuis 1948, les services secrets français et israéliens cultivent une relation spéciale, malgré des tensions fréquentes. La France connaît bien la zone, son expertise est sollicitée. "A Gaza, les meilleurs capteurs sont ceux de la DGSE", affirme un récent retraité du service secret. Un lien aujourd’hui fragilisé par la reconnaissance de la Palestine.

Les fausses promesses de Naali

Cette start-up lyonnaise est sortie grande gagnante en février de l’émission phare de M6, Qui veut être mon associé : ses fondateurs ont su convaincre un jury d’entrepreneurs d’investir plus de 600 000 euros dans leur aventure commerciale. Depuis, les ventes de la société ont explosé, tout comme l’intérêt autour de "safranothérapie", l’art de se soigner par le safran (sic) qu’elle entend bien "démocratiser".

Boualem Sansal gracié par l'Algérie : nos révélations sur les tractations

L’Elysée a plusieurs fois cru à la libération de l’écrivain, otage du régime d’Abdelmadjid Tebboune. Jusqu’à ce 12 novembre, date à laquelle Alger l'a gracié et accepté son transfert en Allemagne afin qu'il puisse être soigné. Récit de douze mois de tractations secrètes.

La bulle de l'IA est-elle sur le point d’éclater ?

Tout le monde de a attrapé la fièvre IA ! Microsoft a prévu de dépenser 80 milliards de dollars sur la seule année 2025 dans des centres de données. Et Alphabet, 75 milliards. Le patient zéro s’appelle Sam Altman. Le cofondateur d’OpenAI s’est engagé dès janvier avec Oracle, SoftBank et MGX à investir 500 milliards de dollarspour construire aux Etats-Unis de gigantesques data centers. Mais derrière les promesses révolutionnaires se cache une réalité économique alarmante.

Ce scénario sous-estimé où l’Europe se refroidit

Tandis que le sud de l’Europe ne connaît presque plus d’hivers en 2100, subissant de plein fouet les effets du changement climatique, imaginez Londres grelotter sous des températures dignes du Canada – ou des pays scandinaves, au choix.

La Tamise gelée, les transports au ralenti, y compris le fameux Tube de la capitale. Tim Lenton, directeur du Global Systems Institute de l’université d’Exeter, a participé à l’élaboration d’un rapport alarmant outre-Manche...

© AFP

Le président russe Vladimir Poutine, au Kazakhstan, le 12 novembre 2025. La Russie agresse quotidiennement la France selon un document confidentiel de la DGSI et de la DGSE.
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Navires d’assaut amphibie, tirs réels : les manœuvres militaires de la Chine mettent Taïwan sous pression

Drones, bombardiers et destroyers… Pour finir l’année 2025, la Chine s’est lancée lundi 29 décembre dans une démonstration de force autour de Taïwan. Des exercices militaires "majeurs", préfère décrire Pékin, dont l’agenda s’étendra sur au moins deux jours. En riposte, Taïpei a déployé son armée, fustigeant l'"intimidation" chinoise. Mais pourquoi de tels manœuvres ? L’Express décrypte.

"Mission Justice 2025"

La manœuvre qui a été baptisée "Mission Justice 2025" se démarque par son ampleur. "À partir du 29 décembre, le Commandement des zones orientales de l’APL (armée chinoise) déploie ses troupes de l’Armée de terre, de la Marine, de l’Armée de l’air et de la Force des missiles pour mener des exercices militaires conjoints", a détaillé dans un communiqué le colonel major Shi Yi, porte-parole du commandement chinois, ce lundi matin.

Les troupes de Pékin se focaliseront sur "les patrouilles de préparation au combat air-mer, la saisie conjointe de la supériorité globale, le blocus de ports et zones clés, ainsi que la dissuasion multidimensionnelle", a précisé le militaire.

Dans un autre communiqué, l’armée chinoise ajoute : "Pour des raisons de sécurité, il est conseillé à tout navire ou avion non concerné de ne pas pénétrer dans les eaux et l’espace aérien susmentionnés". Plusieurs analystes, cités par CNN, perçoivent ces actions militaires comme des entraînements visant à empêcher l’accès à la région à des forces armées étrangères.

Un accord avec Washington comme élément déclencheur

Ce lundi, Taïwan s’est donc réveillé en assistant à une simulation de blocus de ses ports. L’île qui dit avoir détecté une formation de navires d’assaut amphibie chinois opérant dans le Pacifique occidental, décompte 89 avions militaires ainsi que 28 navires de guerre. Un simple exercice assure Pékin, qui a annoncé utiliser "des tirs à munitions réelles sur des cibles maritimes".

Et le ministère des Affaires étrangères d’envoyer un message : "Les forces extérieures qui tentent d’utiliser Taïwan pour contenir la Chine et d’armer Taïwan ne feront qu’encourager l’arrogance des partisans de l’indépendance et pousser le détroit de Taïwan dans une situation périlleuse de guerre imminente."

Une déclaration qui ne laisse que peu de place au doute : la Chine n’a toujours pas digéré l’accord passé entre Washington et Taïpei. A la mi-décembre, les Etats-Unis ont annoncé une vente d’armes à Taïwan estimée à 11,1 milliards de dollars. Si cette transaction militaire - qui doit encore être approuvée par le Congrès américain - aboutit, elle se hisserait parmi les plus importante de l’histoire des deux Etats.

Pour la financer, le président taïwanais, Lai Ching-te, espère convaincre son Parlement d’augmenter le budget de la défense de 40 milliards de dollars. "Il n’y a pas de place pour le compromis sur la sécurité nationale", justifie-t-il. De quoi irriter Pékin. En réponse à ce projet de vente, la Chine a infligé des sanctions à 20 entreprises américaines de défense.

Des intimidations récurrentes

Mais pour Taïpei, pas question de faire volte-face. L’Etat insulaire, qui a assuré déployer les "forces appropriées" dans un "exercice de riposte rapide", subit régulièrement l’ire chinoise. De tels "exercices" ne sont pas une première : en avril 2025, la Chine avait déjà eu recours à des tirs réels aux alentours de l’île. Ces manœuvres, qui n’avaient cette fois pas été annoncés, survenaient après la tournée asiatique du secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth. A cette occasion le dirigeant avait affirmé que Washington assurerait la "dissuasion" dans le détroit de Taïwan.

Face aux élans d’émancipation de Taïwan, la Chine considère toujours l’île comme sa propriété, quitte à menacer d’employer la force pour la récupérer. Une justification à nouveau servie ce lundi matin par le porte-parole des Affaires étrangères à Pékin : "Toute manœuvre malveillante visant à entraver la réunification de la Chine est vouée à l’échec."

Cette démonstration de force intervient également après des semaines de crispations diplomatiques entre Pékin et Tokyo au sujet de l’île. En novembre, la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, avait laissé entendre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan.

© afp.com/ADEK BERRY

Un navire chinois est aperçu dans les eaux proches de l'île de Pingtan, le point le plus proche de Taïwan, dans la province du Fujian, dans l'est de la Chine, le 29 décembre 2025
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Comment la Chine a bâti une industrie de l'armement capable de rivaliser avec l'Occident

En septembre, Pékin offrait au monde le spectacle d’un gigantesque défilé militaire. Dans les gradins, une vingtaine de chefs d’Etats étrangers, dont Vladimir Poutine et Kim Jong-un. Drones, véhicules sous-marins et même loups robots… Cette démonstration de puissance était-elle vouée à envoyer un message à l’Occident ? Si oui, il n’était pas des plus subtils. Comme l'illustre le petit nom attribué à l’un de ces nouveaux missiles balistiques : Guam killer - tueur de Guam - nom du territoire insulaire américain abritant une base militaire. Face à un tel spectacle belliqueux, une question s’impose : la Chine peut-elle désormais rivaliser avec les armées occidentales ? On décrypte.

Depuis quelques années, Pékin se renforce militairement, au point de se classer au rang de premier exportateur mondial. Mais celle que l’on surnomme l’usine du monde a longtemps peiné à lancer sa production dans un domaine : l’armement. Au début du siècle, la Chine était encore le plus gros importateur d’armes dans le monde, selon les données du Sipri - Stockholm International Peace Research Institute -. Ses premiers vendeurs : la Russie, suivie de la France puis de l’Ukraine.

Mais, depuis quelques années, les commandes chinoises se sont considérablement réduites. Entre 2019 est 2023, le Sirpri note une diminution de 44 % par rapport aux cinq années précédentes. Interrogé en 2024 par un journaliste du Quotidien du peuple - titre officiel du Comité central du Parti communiste chinois - sur la parution de ce rapport, le porte-parole du ministère de la Défense, Wu Qian, a invoqué l’attachement de son pays aux principes "d’autonomie et d’innovation indépendante". Et le responsable d’ajouter : Pékin "s’appuie principalement sur sa propre force pour la recherche, le développement et la production".

Un budget six fois supérieur à la France

Une ligne tenue par le Parti communiste chinois (PCC) depuis 1949. L’organe politique n’a jamais cessé de clamer sa volonté d’atteindre l’indépendance militaire, comme le souligne le Wall Street Journal. Dans un effort impulsé par Mao Zedong, l’empire du Milieu est parvenu à développer ses propres missiles balistiques et à se doter du nucléaire, avant de stagner pendant de nombreuses années.

Et conformément aux propos avancés par Wu Qian, la Chine déploie des moyens financiers très importants pour développer son armée. Selon les estimations du Sipri - qui diffèrent des déclarations officielles du PCC - les dépenses militaires de Pékin seraient passées de 22,2 milliards de dollars en 2000 à 313,6 milliards en 2024. De quoi dépasser largement le budget français de la Défense - plus grosse puissance militaire de l’UE - fixé à 50,5 milliards d’euros, hors pensions. Six fois moins donc. Toutefois, la Chine est encore très loin de talonner les Etats-Unis, champions en la matière. En 2024, Washington a dédié 997,3 milliards de dollars à ses troupes.

Pour combler ses lacunes, la Chine n’hésite pas à injecter des fonds dans son industrie de l’armement. En 2018, les subventions accordées à l’entreprise publique China Electronics Technology Group Corporation (CETC) s’élevaient à plus de trois milliards de yuans - comptez plus de 300 millions d’euros -. Sur cette somme, 9,64 millions de yuans étaient dédiés à la "recherche" et à "l’innovation". Quant au reste des fonds accordés à la recherche, difficile de les estimer, faute de communication de Pékin.

Beaucoup d’argent donc… Et un peu d’espionnage. En 2016, un leader de l’aviation et de l’aérospatiale chinoise a plaidé coupable à Los Angeles "pour son rôle dans le complot criminel visant à voler des données techniques militaires, notamment des données relatives à l’avion de transport stratégique C-17 et à certains avions de combat produits pour l’armée américaine", selon le ministère de la Justice des Etats-Unis. Et l’affaire n’est pas une première dans l’aéronautique chinoise. Dans les années 2010, Pékin a cloné puis revendu le chasseur russe Sukhoi-27.

Des armes made in China aux quatre coins du globe

Une chose demeure certaine, l’attention accordée par le PCC à son armée a finalement porté ses fruits. Car si la Chine a ralenti ses importations, c’est aussi grâce à sa récente capacité à répondre elle-même à ses besoins. Une situation qui s’aligne sur la vision autosuffisante que se fait Xi Jinping de son pays.

Depuis les années 2010, la Chine s’impose parmi les plus grands exportateurs d’armes à l’international, gravitant dans le top 5. 40 pays - dont une partie considérable est en Asie - s’en remettent désormais à elle pour leurs commandes. Selon le rapport du Sipri, Pékin représentait 5,8 % des exportations mondiales entre 2019 et 2023.

Une armée qui "ne bougera pas le petit doigt"

Désormais, certaines technologies made in China démontrent de meilleures performances que celles des pays les plus expérimentés dans le domaine militaire.

Entre autres, leurs missiles hypersoniques, capables de voyager à une vitesse au moins cinq fois supérieure à celle du son et d’échapper à la plupart des défenses aériennes, surpassent l’arsenal occidental. Et Pékin semble porter une attention singulière à ce type d’arme. Interrogé par la BBC, Alexander Neill, chercheur associé au Pacific Forum, analyse cette stratégie de dissuasion : puisque la Chine n’est pas en capacité de rivaliser avec la puissance de la marine américaine, elle développe des missiles capables de frapper ces "cibles faciles". Et Alexander Neill de poursuivre : Pékin crée une "capacité de seconde frappe" soit la possibilité de riposter en cas d’attaque.

Mais hormis la dissuasion et la riposte, les troupes chinoises sont-elles en capacité de rivaliser ? Difficile de trancher, mais à croire l’analyse de Michael Raska, professeur à l’université technologique Singapourienne de Nanyang, si les technologies présentées impressionnent, l’exécution est un autre sujet. Premièrement, les deux millions de soldats qui forment ses rangs - la France en compte 200 000 - n’ont jamais véritablement exercé, le pays n’ayant pas connu de grande guerre depuis de nombreuses années. Ensuite, la force des troupes américaines se trouve dans la culture "ascendante" qui permet à ses militaires d’évaluer une situation sur le terrain et de prendre des décisions. L’armée chinoise se construit, elle, autour de l’exact inverse : "Elle ne bougera pas le petit doigt tant qu’elle n’aura pas reçu d’ordre de ses supérieurs."

Aussi, le professeur conclu : "Au niveau opérationnel, certains événements ont montré qu’ils ne sont peut-être pas aussi bons qu’ils le prétendent." Référence, entre autres, à la collision entre deux navires de guerre chinois pendant l’été 2025. "Tout art de la guerre repose sur la duperie", écrivait ainsi Sun Tzu, le plus célèbre militaire chinois de l’histoire, au Ve siècle avant Jésus-Christ.

© Xinhua via AFP

Le président chinois Xi Jinping, également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois et président de la Commission militaire centrale, passe en revue les troupes lors de son inspection de la garnison de l'Armée populaire de libération de la Chine stationnée dans la Région administrative spéciale de Macao, dans le sud de la Chine, le 20 décembre 2024. (Xinhua/Li Gang)
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Garanties de sécurité en Ukraine : Volodymyr Zelensky juge nécessaire la présence de troupes étrangères

Donald Trump a estimé, dimanche 28 décembre, être plus près que jamais d’un accord de paix en Ukraine, après une rencontre en Floride avec Volodymyr Zelensky et un entretien avec Vladimir Poutine, sans toutefois détailler aucune avancée concrète.

S’exprimant depuis sa résidence Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, où il a reçu le dirigeant ukrainien en présence de plusieurs hauts-responsables des deux pays, le président américain s’est montré résolument optimiste mais évasif, assurant que les prochaines semaines diraient si la guerre peut prendre fin.

Les infos à retenir :

⇒ Volodymyr Zelensky juge la présence de troupes étrangères en Ukraine nécessaire dans le cadre des garanties de sécurité

⇒ Vladimir Poutine affirme que les troupes russes "avancent avec assurance" en Ukraine

⇒ Donald Trump propose de s’exprimer devant le Parlement ukrainien sur son plan de paix

Volodymyr Zelensky juge la présence de troupes étrangères en Ukraine nécessaire dans le cadre des garanties de sécurité

Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, a estimé ce lundi que le déploiement dans son pays de troupes étrangères serait une garantie de sécurité nécessaire et "réelle" pour dissuader la Russie de l’attaquer à nouveau. "Pour être honnête, oui", a répondu M. Zelensky lors d’une conférence de presse en ligne, interrogé sur le fait de savoir s’il considérait cette option comme nécessaire. "Je crois que la présence de troupes internationales constitue une réelle garantie de sécurité, un renforcement des garanties de sécurité que nos partenaires nous offrent déjà", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont proposé à l’Ukraine des garanties de sécurité "solides" pour une période de 15 ans prolongeable face à la Russie, a indiqué par ailleurs le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ajoutant avoir demandé à Washington une durée plus longue lors de sa rencontre dimanche avec Donald Trump.

"Je voulais vraiment que ces garanties soient plus longues. Et je lui ai dit que nous voulons vraiment considérer la possibilité de 30, 40, 50 ans", a indiqué Volodymyr Zelensky, précisant que son homologue américain lui avait assuré qu’il allait réfléchir à cette possibilité. Selon Volodymyr Zelensky, l’obtention par Kiev de garanties de sécurité sera la condition pour la levée en Ukraine de la loi martiale en vigueur depuis le premier jour de l’invasion russe de février 2022 et qui interdit notamment aux hommes ukrainiens mobilisables (âgés entre 25 et 60 ans), sauf autorisation spéciale, de quitter le pays.

Le président ukrainien a par ailleurs affirmé lundi que tout plan pour mettre fin à la guerre entre l’Ukraine et la Russie devra être signé par Kiev, Moscou, Washington et les Européens.

Vladimir Poutine affirme que les troupes russes "avancent avec assurance" en Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé ce lundi que les forces russes "avancent avec assurance" tout le long de la ligne de front en Ukraine, notamment dans les régions du Donbass, de Zaporijia et de Kherson.

Les troupes "avancent avec assurance, en perçant les défenses de l'ennemi. Les unités des Forces armées ukrainiennes se replient partout, sur l'ensemble de la ligne de contact", a-t-il affirmé lors d'une réunion sur la situation sur le front ukrainien retransmise à la télévision, disant aussi que la prise de territoires dans le Donbass (est) et dans les régions méridionales de Zaporijia et Kherson se déroule "conformément au plan".

Donald Trump propose de s’exprimer devant le Parlement ukrainien sur son plan de paix

"Ça a été une négociation très difficile", a dit dimanche à Mar-a-Lago le président américain, évoquant de "nombreux progrès". "Je ne veux pas dire quand, mais je pense que nous allons y arriver", a-t-il poursuivi, proposant aussi de venir s’exprimer devant le Parlement ukrainien pour faire avancer son plan de paix.

Prenant la parole à ses côtés, Volodymyr Zelensky s’est également voulu enthousiaste, parlant de "grandes avancées", notamment "90 %" du plan de paix américain en vingt points "approuvé", des "garanties de sécurité" pour l’Ukraine "approuvées" pour certaines et "presque approuvées" pour d’autres, ainsi "un plan de prospérité en cours de finalisation". Une rencontre aux Etats-Unis avec Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens est prévue en janvier, a déclaré le président ukrainien.

Volodymyr Zelensky jouait gros à travers la rencontre avec son homologue américain, soucieux surtout d’obtenir l’imprimatur de Donald Trump sur une nouvelle version du plan de paix présenté par Washington il y a près d’un mois, retravaillé après d’âpres négociations réclamées par Kiev qui jugeait la première version beaucoup trop proche des revendications russes. "Il y aura des garanties de sécurité. Elles seront fortes. Et les pays européens sont très impliqués", a assuré dimanche le président américain sur le perron de Mar-a-Lago.

Emmanuel Macron annonce une réunion des alliés de Kiev début janvier à Paris

En parallèle, le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi une réunion des alliés de Kiev à Paris début janvier, autour des garanties de sécurité pour l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix.

"Nous réunirons les pays de la Coalition des volontaires à Paris début janvier pour finaliser les contributions concrètes de chacun", a écrit sur X Emmanuel Macron, qui avait auparavant échangé avec ses homologues ukrainien Volodymyr Zelensky et américain Donald Trump, aux côtés de plusieurs autres dirigeants européens. "Nous progressons sur les garanties de sécurité qui seront centrales pour construire une paix juste et durable", a affirmé le dirigeant français, qui s’est également entretenu seul avec Volodymyr Zelensky.

© afp.com/Jim WATSON

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (G) et le président américain Donald Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach (Floride), aux Etats-Unis, le 28 décembre 2025
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