↩ Accueil

Vue lecture

Frappe contre une école en Iran : des zones d’ombre à éclaircir, la piste d'une implication américaine

Elles comptent parmi les premières images marquantes de cette guerre. Les frappes du 28 février qui ont touché une école primaire de Minab, dans le sud de l’Iran, constituent l’épisode le plus meurtrier connu en termes de victimes civiles depuis les attaques menées par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. À ce stade, aucune des parties n’a officiellement assumé la responsabilité de cette frappe. Mais un ensemble d’éléments rassemblés par le New York Times semble désigner une piste probable, tout en laissant subsister de nombreuses zones d’ombre.

Selon le journal américain, l’analyse d’images satellites récemment publiées, de vidéos géolocalisées et de messages diffusés sur les réseaux sociaux montre que l’école aurait été gravement endommagée par une frappe de précision. Celle-ci serait intervenue simultanément à des attaques visant une base navale voisine, gérée par le Corps des gardiens de la révolution islamique, à proximité du détroit d’Ormuz, zone stratégique du Golfe.

Les déclarations officielles américaines évoquent des frappes visant des installations navales dans cette région, selon le New York Times. Interrogée sur une éventuelle responsabilité américaine dans la destruction de l’école, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a rétorqué : "Pas à notre connaissance", ajoutant que le département de la Défense avait ouvert une enquête. De leur côté, les autorités israéliennes affirment n’avoir été mises au courant d’aucune opération militaire menée dans ce secteur au moment des faits.

Un accès aux journalistes étrangers impossible

La difficulté à établir avec certitude la chaîne des responsabilités tient aussi aux conditions d’enquête, rappelle le New York Times. Aucun fragment d’arme n’a été rendu public et l’accès des journalistes étrangers au site reste impossible. Le bilan humain exact n’a pas non plus été confirmé de manière indépendante. Les autorités sanitaires iraniennes et les médias d’État évoquent toutefois au moins 175 morts, parmi lesquels un grand nombre d’enfants scolarisés à l’école primaire Shajarah Tayyebeh.

L’attaque a eu lieu samedi 28 février au matin, jour de reprise de la semaine de travail en Iran. Les enfants et les enseignants étaient donc en classe lorsque les frappes ont été signalées. Les premiers signalements sont apparus sur les réseaux sociaux vers 11h30, heure locale. L’analyse croisée de photos et de vidéos publiées par des témoins dans l’heure qui a suivi confirme que l’école a été touchée en même temps que la base militaire voisine. Une vidéo authentifiée par des experts en géolocalisation montre d’épais panaches de fumée s’élever simultanément des deux sites.

Une frappe d'une grande précision

Des images diffusées par des organisations de défense des droits humains et par les médias iraniens montrent ensuite des équipes de secours fouillant les décombres à mains nues, à la recherche de survivants. D’autres séquences montrent des habitants et des proches rassemblés autour de l’école détruite, certains criant ou pleurant à l’extérieur du bâtiment partiellement effondré.

Les analyses du New York Times suggèrent que la frappe aurait été d’une grande précision, compte tenu de la nature des dégâts observés. Des vidéos montrent également d’importants dommages au sein de la base des Gardiens de la révolution, où des panneaux indiquant un commandement médical naval et l’insigne du corps militaire iranien étaient visibles à l’entrée du complexe. D’épaisses volutes de fumée noire s’élevaient des bâtiments militaires visés.

Dans un cimetière de Minab, des ouvriers ont par ailleurs creusé près de 100 tombes avant les funérailles des victimes, témoignant de l’ampleur du bilan humain redouté par les autorités locales. Cette attaque ravive les tensions dans la région, alors que la responsabilité exacte des frappes demeure officiellement non établie et que les enquêtes militaires et diplomatiques se poursuivent.

© via REUTERS

Des personnes et des équipes de secours interviennent après une frappe signalée dans une école de Minab, en Iran, le 28 février 2026.
  •  

Alicia Garcia Herrero : "La chute du régime iranien pourrait freiner une attaque de la Chine sur Taïwan"

Alors que l'issue du conflit en Iran est incertaine, la Chine, dont Téhéran constituait l'un des alliés dans la région, n'est pas sortie du bois. Fidèle à sa ligne, Pékin appelle à la fin des combats et met en garde contre le risque d’un embrasement régional. Même si la fragilisation de l'Iran et le blocus du détroit d'Ormuz compliquent son approvisionnement énergétique, le pays dispose de réserves suffisantes pour tenir plusieurs semaines. A l'origine de la retenue chinoise : les victoires symboliques et les gains commerciaux que pourrait obtenir Xi Jinping lors de sa rencontre avec Donald Trump à la fin du mois, soutient Alicia Garcia Herrero, chef économiste de Natixis à Hong Kong.

L'Express : En quoi la campagne militaire menée par les Etats-Unis et Israël en Iran perturbe-t-elle les plans de la Chine ?

Alicia Garcia Herrero : La Chine souffre d'une vulnérabilité énergétique. Or elle a fait de l'Iran, qui est assis sur les troisièmes réserves mondiales de pétrole, un acteur clé de son approvisionnement. Pékin absorbe aujourd'hui entre 80 et 90 % du pétrole iranien, ce qui représente quasiment 13 % de ses importations d'or noir. Un pétrole qu'elle achète à des prix très décotés, probablement autour de 35 dollars le baril, soit quasiment moitié moins que le cours mondial au moment du déclenchement de la guerre. Cela lui donne un avantage compétitif indéniable, d'autant qu'elle achète aussi énormément de pétrole à la Russie, à des prix bradés eux aussi.

La Chine a parié également sur l'Iran pour son futur énergétique en investissant 40 milliards de dollars dans le corridor Chine-Pakistan et le développement du port pakistanais de Gwadar. L'objectif est d'utiliser les oléoducs existants entre le Pakistan et l'Iran et de les prolonger sur près de 200 kilomètres jusqu'à Gwadar. De cette façon, la Chine pourrait théoriquement s'approvisionner directement en Iran sans passer par le détroit d'Ormuz et en évitant même celui de Malacca. Tout cela est aujourd'hui compromis.

Une chute du régime des mollahs pourrait-elle remettre en cause la politique géostratégique de Pékin ?

Evidement car au-delà de la sécurité énergétique, l'Iran est crucial pour le prestige diplomatique de la Chine et dans la rivalité qui l'oppose aux Etats-Unis. C'est particulièrement vrai au Moyen-Orient. Rappelons que la Chine a orchestré l'adhésion de l'Iran à l'Organisation de coopération de Shanghai, en juillet 2023, et plus récemment aux Brics, en janvier 2024. Elle a aussi joué un rôle de médiateur dans la réconciliation de mars 2023 entre l'Iran et l'Arabie saoudite. Sans un Iran stable, la Chine perd un levier géopolitique majeur.

La fragilité énergétique de la Chine peut-elle freiner une opération militaire à Taïwan?

La dépendance énergétique chinoise est, sur le papier, inquiétante. Le pays a importé pour 11,55 millions de barils par jour l'an passé. Une bonne partie a servi à remplir ses réserves stratégiques. Officiellement, elles se montent à 80 jours de consommation. Ces chiffres sont probablement faux. Elles sont sans doute quatre à cinq fois plus importantes. Reste que cette fragilité énergétique pourrait freiner une opération à Taïwan : une guerre longue nécessiterait des flux ininterrompus, ce qui est aujourd'hui compromis avec la déstabilisation de l'Iran. Pékin sait aussi qu’un conflit avec Taïwan exposerait ses importations d'or noir - dont 90 % passent par la mer - à des strangulations américaines.

Que peut-on espérer de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin à la fin du mois ?

Il est intéressant de noter que depuis le début de l'intervention en Iran, la Chine reste très en retrait car elle n’a pas les moyens militaires d’intervenir efficacement loin de chez elle. En réalité, elle préfère préserver sa relation commerciale avec les États-Unis et joue le long terme : condamner verbalement sans se "mouiller", en espérant que le chaos profite indirectement à sa diplomatie "anti-hégémonique" sans coût direct.

Le sommet Trump-Xi, qui doit se dérouler du 31 mars au 2 avril, risque d’être tendu mais pragmatique. Donald Trump voudra arracher des concessions commerciales et des engagements sur Taïwan. Quant à Xi Jinping, il cherchera à stabiliser le commerce et à éviter l’escalade. Peu de percées sont attendues, mais un affichage de "dialogue" pour calmer les marchés. La Chine ne lâchera rien de stratégique.

© REUTERS

Xi Jinping lors de la session annuelle du Parlement chinois, le 5 mars 2026.
  •  

En Iran, la guerre des souterrains : les "villes missiles" de Téhéran sous pression américaine

Depuis des décennies, l’Iran a multiplié la construction de bunkers souterrains pour protéger son arsenal de missiles. Mais cette stratégie pourrait-elle se retourner contre Téhéran ? Moins d’une semaine après le début de la guerre au Moyen-Orient, elle commence à apparaître comme une possible faiblesse, estime le Wall Street Journal. Des images satellites montrent ainsi les restes de plusieurs missiles et lanceurs iraniens détruits lors de frappes américano-israéliennes, souvent à proximité des entrées des "villes missiles", comme les responsables iraniens désignent leurs sites souterrains. L’Iran dispose par ailleurs de l’un des plus vastes arsenaux de missiles de la région, avec plus de 3 000 missiles balistiques estimés en 2022 par le Commandement central américain.

Selon plusieurs analystes militaires, la quasi-totalité des dizaines de bases iraniennes seraient souterraines. En mars 2025, des images de propagande montrant l’inauguration de l’une de ces installations dévoilaient des commandants supérieurs parcourant de longs couloirs sans fenêtres, bordés de camions transportant des missiles. La vidéo ne précisait toutefois pas l’emplacement de cette base. Ces infrastructures sont souvent creusées dans les montagnes. Dissimulées sur l’ensemble du territoire iranien, elles peuvent notamment abriter des missiles à longue portée comme les Shahab-3, ainsi que les modèles Sejil et Khorramshahr, capables de frapper des cibles situées jusqu’à 2 000 kilomètres, selon El Pais. Sur certaines bases, Téhéran a également construit des silos souterrains rudimentaires permettant de lancer des missiles sans les remonter à la surface.

La localisation de ces "villes missiles" est suivie depuis plusieurs années par l’armée américaine, ces bunkers pouvant être repérés grâce aux bâtiments, routes et entrées visibles en surface sur les images satellites. À la fois redoutés et étudiés de près, ils figurent parmi les priorités des services de renseignement américains. Selon le Wall Street Journal, des avions de combat et des drones armés américains et israéliens survolent régulièrement ces dizaines de bases, frappant les lanceurs de missiles dès qu’ils sortent pour tirer. Parallèlement, des bombardiers lourds ont mené des frappes massives sur ces sites, contribuant à enfouir davantage certaines armes iraniennes sous terre.

Une partie des missiles déplacée

Leurs cachettes ayant été en partie révélées, Téhéran aurait déplacé une portion de ses missiles et de ses lanceurs mobiles hors des bunkers avant le début du conflit, dans l’espoir de les protéger en les dispersant sur le territoire. Selon l’amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, les Etats-Unis et Israël affirment avoir détruit des centaines de missiles, de lanceurs et de drones. Les autorités militaires américaines ont par ailleurs indiqué mercredi que les tirs de missiles iraniens avaient diminué de 86 % en quatre jours.

Dans ce contexte, les frappes occidentales ont notamment visé des infrastructures stratégiques iraniennes. L’armée israélienne a ainsi annoncé, samedi 28 février, que l’une des cibles attaquées dans la région de Tabriz était une base appartenant à une "unité de missiles balistiques iranienne", d’où "des dizaines de missiles devaient être lancées vers Israël". Des images satellites ont ensuite montré l’effondrement de certains tunnels de l’installation. Parmi les sites les plus importants ciblés par Tel-Aviv et Washington figure celui de Khorramabad, dans la province iranienne du Lorestan, qui sert de base de stockage et de lancement pour des missiles sol-sol et de croisière, notamment le Shahab-3. Cette installation avait déjà été visée par des frappes israéliennes en juin dernier, rappelle El País.

Si Israël et les Etats-Unis parviennent à endommager les "entrées et sorties" facilement identifiables de ces installations souterraines, ou les "ouvertures" par lesquelles les projectiles sont lancés, ces "villes missiles" pourraient se transformer en "tombes", prévient l’analyste militaire Guillermo Pulido toujours dans El País. Les missiles deviendraient alors incapables de décoller, tandis que les camions équipés de lanceurs mobiles resteraient bloqués à l’intérieur des bases. Dans ce scénario, ces infrastructures, conçues pour protéger les arsenaux iraniens, pourraient paradoxalement limiter leur capacité opérationnelle et affaiblir la riposte militaire de Téhéran.

© via REUTERS

Une image satellite montre une deuxième entrée de tunnel et des bâtiments de soutien au complexe de missiles de Khorramabad, en Iran, le 8 janvier 2026.
  •  

Affaire Epstein : ces documents du FBI qui pourraient embarrasser Donald Trump

Le ministère américain de la Justice a publié, jeudi 5 mars, des documents du FBI qui retranscrivent les auditions d'une femme qui a formulé il y a plus de six ans des accusations graves de violences sexuelles contre le président Donald Trump.

En 2019, des agents du FBI ont interrogé cette femme à quatre reprises dans le cadre de leur enquête sur Jeffrey Epstein, accusé de trafic sexuel. Le ministère de la Justice avait précédemment publié un compte rendu confirmant la tenue de ces entretiens, mais n'avait diffusé qu'un résumé de l'une de ces quatre rencontres, au cours de laquelle elle accusait Epstein de l'avoir agressée sexuellement lorsqu'elle était adolescente.

Les documents récemment divulgués, publiés jeudi sur le site web du département de la Justice, montrent qu'elle a également affirmé que Donald Trump avait tenté de la forcer à lui faire une fellation après que Jeffrey Epstein l'a présentée au futur président à New York ou dans le New Jersey dans les années 1980, alors qu'elle avait entre 13 et 15 ans.

La Maison-Blanche n'a pas immédiatement réagi aux questions concernant ces révélations. Politico, qui a révélé l'affaire en premier, a indiqué que la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, avait qualifié les allégations d'"accusations totalement infondées", sans le moindre élément de preuve crédible".

Des "allégations mensongères et sensationnalistes"

Le ministère de la Justice a averti que certains documents contenaient des "allégations mensongères et sensationnalistes à l'encontre du président Trump". Reuters n'a pas pu confirmer de manière indépendante l'exactitude des allégations de cette femme, et les archives du FBI indiquent que les agents ont cessé de la contacter en 2019. Le ministère de la Justice a déclaré dans un message publié sur le réseau social X que les documents qu'il a publiés jeudi faisaient partie de 15 documents qu'il avait "incorrectement codés comme dupliqués" et qui, par conséquent, n'avaient pas été publiés.

Cette révélation intervient alors que le ministère de la Justice est sous le feu des critiques du Congrès concernant sa gestion des documents de l'enquête Epstein, qu'il est tenu de rendre publics. Les démocrates accusent l'administration Trump d'avoir dissimulé des documents le concernant, et une commission de la Chambre des représentants a voté pour assigner la procureure générale Pam Bondi à comparaître afin que les parlementaires puissent l'interroger sur la manière dont le gouvernement gère ces divulgations.

Donald Trump a déclaré que sa relation avec Jeffrey Epstein avait pris fin au milieu des années 2000 et qu'il n'avait jamais eu connaissance des agressions sexuelles commises par le financier. Des documents précédemment publiés par le département de la Justice montrent que Donald Trump a voyagé à plusieurs reprises à bord de l'avion d'Epstein dans les années 1990, ce qu'il a nié. Après les premières accusations de violences sexuelles portées contre le financier, Donald Trump a appelé le chef de la police de Palm Beach pour déclarer : "Tout le monde savait qu'il faisait ça", selon le compte rendu d'un interrogatoire du FBI.

Dans le rapport relatant la dernière audition de la femme, menée en octobre 2019, durant la première présidence de Donald Trump, les agents lui ont demandé si elle était disposée à fournir davantage d'informations sur le président. L'agent a alors indiqué qu'elle avait répondu "quel intérêt y aurait-il à fournir ces informations à ce stade de sa vie, alors qu'il était fort probable qu'on ne puisse plus rien y faire".

© REUTERS

Donald Trump, le 2 janvier 2026, à bord d'Air Force One.
  •  

Des missiles contre des drones d’interception : le deal proposé par Volodymyr Zelensky à Donald Trump

Kiev propose un échange de bons procédés à Washington. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à fournir des drones intercepteurs aux Etats-Unis et à leurs alliés au Moyen-Orient afin de les aider à contrer les attaques de drones iraniens Shahed dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, a indiqué à Reuters une source proche du dossier. En retour, l’Ukraine espère obtenir davantage de missiles américains Patriot, devenus indispensables pour se protéger des frappes russes. Le Pentagone et au moins un gouvernement du Golfe, le Qatar, discutent actuellement avec Kiev de l’acquisition de ces systèmes destinés à neutraliser les drones.

Pourquoi l'Ukraine est-elle appelée à la rescousse ? Kiev est forte de son expérience acquise depuis l’invasion russe, débutée en février 2022. Depuis près de quatre ans, Moscou utilise massivement le drone kamikaze Shahed pour frapper les infrastructures ukrainiennes. Face à cette menace, Kiev a progressivement développé toute une gamme de drones intercepteurs peu coûteux, capables de détruire ces appareils en vol. "Nous avons reçu une demande des Etats-Unis pour un soutien spécifique en matière de protection contre les drones Shahed au Moyen-Orient", a écrit Volodymyr Zelensky en anglais sur le réseau social X.

Comme le rappelait L'Express, l'Iran privilégie ses drones Shahed pour frapper les pays du Golfe. Objectif : préserver une partie de son arsenal balistique. Quand un missile coûte entre un et deux millions de dollars, un drone kamikaze iranien vaut entre 20 000 et 50 000 dollars selon le Middle East Eye. Une disproportion qui pousse les armées occidentales à chercher des alternatives moins onéreuses. "Le rôle clé dans la contre-action passe désormais aux drones-intercepteurs", a martelé, mardi 3 mars, le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, sur les réseaux sociaux, rapportent nos confrères de BFMTV. Selon le haut gradé, ces dispositifs ont permis d’abattre près de 70 % des drones russes au-dessus de Kiev et de sa banlieue au mois de février.

L’armée ukrainienne manque de missiles Patriot

Si Kiev se dit prêt à partager ses technologies et ses spécialistes, l’objectif est aussi d’obtenir en retour des moyens supplémentaires pour sa propre défense. L’armée ukrainienne manque de missiles Patriot, essentiels pour protéger les infrastructures énergétiques et militaires contre les missiles balistiques russes. Dans l’arsenal ukrainien, seuls les systèmes Patriot de fabrication américaine permettent aujourd’hui d’intercepter ce type de projectile.

Derrière cette offre de coopération se cache aussi une préoccupation stratégique pour Kiev. Le président ukrainien s'inquiète que l’escalade militaire autour de l’Iran puisse détourner une partie des ressources militaires occidentales destinées à l’Ukraine, notamment les systèmes de défense aérienne, rapporte Reuters. Les alliés de Kiev se sont engagés à livrer 37 missiles PAC-3 depuis leur dernière réunion à la mi-février. À noter que l'Italie a exclu de retirer des ressources de la défense aérienne de Kiev pour soutenir les Etats du Golfe, selon une autre source auprès de Reuters.

Des stocks de missiles Patriot limités

Or les stocks sont déjà limités. Selon Serhii Kuzan, directeur du Centre ukrainien de sécurité et de coopération à Kiev, les quelque 600 missiles PAC-3 produits chaque année par l’industriel américain Lockheed Martin ne suffisent pas à couvrir les besoins combinés des Etats-Unis, de leurs alliés du Golfe et de l’Ukraine, avance Reuters. La pression sur ces capacités est d’autant plus forte que la Russie a intensifié ses frappes ces derniers mois. Selon Kiev, plus de 700 missiles ont visé les infrastructures énergétiques ukrainiennes durant la dernière campagne hivernale. Le mois dernier encore, Moscou aurait lancé 32 missiles balistiques en une seule nuit.

Dans ce contexte, l’offre ukrainienne ressemble à un pari diplomatique autant que militaire : transformer l’expérience acquise sur le champ de bataille en monnaie d’échange pour obtenir les systèmes de défense dont le pays a besoin.

© REUTERS

Un drone intercepteur STING FPV est exposé lors d'une exposition de fabricants de drones ukrainiens, dans un lieu tenu secret, en Ukraine, le 20 février 2026, alors que la Russie attaque l'Ukraine.
  •  

EN DIRECT. La guerre au Moyen-Orient déclarée "crise humanitaire majeure" par l'ONU

Sur les plateaux de télévision du monde entier, les images d'explosions, de fumées et d'immeubles éventrés tournent en boucle. Depuis le début de cette guerre, il y a sept jours, l'Iran a pris pour cible Israël, les Etats du Golfe, Chypre, la Turquie et l'Azerbaïdjan, et s'est étendu à l'océan Indien au large du Sri Lanka, où un sous-marin américain a coulé un navire de guerre iranien. Vendredi 6 mars, l'Etat hébreu a annoncé avoir lancé une vague d'attaques de grande envergure contre des infrastructures à Téhéran, tandis que l'armée américaine estime avoir coulé plus de 30 navires iraniens depuis le début du conflit.

Parallèlement, la guerre se poursuit au Liban, où Israël laisse planer la menace d'une intervention terrestre après des tirs du Hezbollah en direction de son territoire. L'armée israélienne a dit, ce jeudi, avoir commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth.

Les infos à retenir

⇒ La situation au Moyen-Orient constitue une "urgence humanitaire majeure", d'après l'ONU

⇒ Des troupes au sol seraient "une perte de temps", selon Donald Trump

⇒ Le Hezbollah demande aux habitants israéliens d'évacuer les villes proches de la frontière

13h21

Le bunker militaire souterrain d'Ali Khamenei détruit par l'armée israélienne

L'armée israélienne a dit avoir détruit le bunker militaire souterrain d'Ali Khamenei à Téhéran avec des frappes exercées par 50 avions de chasse.

"Ce bunker militaire souterrain (...) était destiné à servir de centre de commandement d'urgence sécurisé au Guide suprême du régime iranien", a déclaré Tsahal sur Telegram, soulignant que le complexe était toujours utilisé par des dirigeants de Téhéran malgré la mort d'Ali Khamenei.

12h48

Sébastien Lecornu va réunir les partis politiques à Matignon mercredi

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réunira mercredi 11 mars les partis politiques afin de les informer de "l'état de la menace et du positionnement de la France" dans le conflit, a annoncé Matignon.

Les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat seront également présents à la réunion, organisée "dans un cadre confidentiel".

11h30

La situation au Moyen-Orient constitue une "urgence humanitaire majeure", d'après l'ONU

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré ce vendredi que près de 100 000 personnes avaient été déplacées à l'intérieur du Liban et que des dizaines de milliers de réfugiés syriens présents sur place ont fui vers la frontière, qualifiant la situation dans la région d'"urgence humanitaire majeure".

Israël a émis des ordres d'évacuation à grande échelle pour le sud du Liban et certaines parties de Beyrouth en raison des combats avec le Hezbollah, groupe libanais soutenu par l'Iran, depuis le début de la campagne aérienne américano-israélienne contre l'Iran le 28 février.

11h00

Les ordres d'évacuation massive au Liban soulèvent des préoccupations en matière de droit international, selon l'ONU

Le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les ordres d'évacuation émis par l'armée israélienne pour le sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth soulevaient de sérieuses préoccupations au regard du droit international.

"Ces ordres d'évacuation généralisée et massive concernent des milliers de personnes", a-t-il déclaré. "Cela soulève de sérieuses préoccupations au regard du droit international humanitaire, en particulier en ce qui concerne les questions liées au transfert forcé", a-t-il ajouté.

10h30

Le Qatar prévient qu'il ne reprendra pas ses exportations d'énergie avant plusieurs semaines

Le ministre qatari de l'Énergie, Saad al-Kaabi, a déclaré que même si la guerre prenait fin immédiatement, il faudrait au Qatar "des semaines, voire des mois", pour revenir à un cycle normal de livraisons de gaz et de pétrole, a-t-il déclaré au Financial Times dans une interview publiée ce vendredi.

Le Qatar a interrompu sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) lundi, alors que l'Iran poursuivait ses frappes contre les pays du Golfe en représailles aux frappes israéliennes et américaines. La production de GNL du pays représente environ 20 % de l'offre mondiale et joue un rôle majeur dans l'équilibre de la demande en combustible sur les marchés asiatiques et européens.

10h00

Maersk suspend deux services maritimes

Le groupe de transport maritime de conteneurs Maersk a annoncé aujourd'hui avoir temporairement suspendu deux services dépendant du Moyen-Orient à l'Asie et à l'Europe, le conflit perturbant les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Le groupe danois a annoncé dans un communiqué qu'il suspendrait ses services FM1 reliant l'Extrême-Orient au Moyen-Orient et ME11 reliant le Moyen-Orient à l'Europe. "Cette décision a été prise par mesure de précaution afin d’assurer la sécurité de notre personnel et de nos navires tout en minimisant les perturbations opérationnelles sur l’ensemble de notre réseau", a indiqué Maersk dans un avis à ses clients.

08h50

52 navires français bloqués dans le golfe Persique

Une cinquantaine de navires français sont actuellement bloqués dans le golfe Persique et huit autres en mer Rouge, a déclaré ce vendredi le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, alors que Paris cherche un soutien pour constituer une coalition de pays afin de sécuriser le trafic maritime dans la région.

"Il y a une cinquantaine de navires - 52 pour être précis - dans le golfe Persique et huit dans la mer Rouge, et nous sommes également en contact permanent avec les équipages, car il y a des marins français à bord de plusieurs de ces navires", a déclaré le ministre à la sur CNews et Europe 1.

08h30

Bien que blessé, le régime iranien conserve une dangereuse puissance de feu

Bien qu’affaiblie comme jamais par le pilonnage intensif des forces américaines et israéliennes, la République islamique d'Iran conserve une dangereuse puissance de feu. "On remarque un saut qualitatif dans les frappes qui sont conduites, relève David Khalfa, cofondateur de l’Atlantic Middle East Forum. Il y a une augmentation de la précision, de la vélocité et de la létalité qui est liée à une montée en gamme capacitaire."

>>> Notre analyse

Des missiles iraniens sont exposés au Musée des forces aérospatiales du Corps des gardiens de la révolution islamique à Téhéran, en Iran, le 12 novembre 2025
Des missiles iraniens sont exposés au Musée des forces aérospatiales du Corps des gardiens de la révolution islamique à Téhéran, en Iran, le 12 novembre 2025

08h00

La Corée du Sud et l'armée américaine discutent du transfert de missiles Patriot

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a déclaré ce vendredi lors d'une audition devant le Parlement, que les armées américaine et sud-coréenne discutaient du transfert de certains systèmes de défense antimissile américains Patriot basés en Corée du Sud pour être déployés dans la guerre contre l'Iran.

07h30

Des troupes au sol seraient "une perte de temps", selon Donald Trump

Interrogé par la chaîne NBC News, le président américain a jugé que le déploiement au sol de soldats était une option inutile.

"C’est une perte de temps. Les Iraniens ont tout perdu. Ils ont perdu leur marine. Ils ont perdu tout ce qu’ils pouvaient perdre", a déclaré Donald Trump à la chaîne américaine.

07h20

Les compagnies aériennes des pays du Golfe reprennent des vols limités

Emirates et Etihad Airways ont repris ce vendredi des vols limités vers les principales villes du monde depuis les Emirats arabes unis, bien que la menace de tirs de missiles ait accentué la pression sur les compagnies aériennes qui s'efforcent d'accueillir les voyageurs.

La majeure partie de l'espace aérien du Moyen-Orient restant fermée en raison des risques liés aux missiles et aux drones depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, les autorités ont organisé des vols charters et réservé des places sur des vols commerciaux limités afin d'évacuer des dizaines de milliers de personnes. Un vol Air France affrété par le gouvernement pour rapatrier des ressortissants français des Emirats arabes unis a été contraint de faire demi-tour jeudi en raison de tirs de missiles dans la région, a déclaré le ministre français des Transports, Philippe Tabarot.

07h00

L'armée américaine affirme avoir coulé plus de 30 navires iraniens jusqu'à présent

L'armée américaine a annoncé jeudi avoir coulé plus de 30 navires iraniens depuis le début du conflit mené conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, dont un navire-drone iranien en feu. Les frappes de missiles balistiques iraniens ont diminué de 90 % depuis le début des hostilités, a indiqué aux journalistes l'amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient au sein du Commandement central.

06h45

Donald Trump exhorte les Kurdes iraniens à attaquer l'Iran

Alors que le conflit au Moyen-Orient s'étend, le président américain Donald Trump a encouragé les forces kurdes iraniennes en Irak à lancer des attaques contre l'Iran. Interrogé sur le sujet, Donald Trump a martelé : "Je trouve formidable qu'elles veuillent le faire, je suis tout à fait pour." D'après trois sources proches du dossier, des milices kurdes iraniennes ont consulté les Etats-Unis ces derniers jours afin de déterminer s'il convient d'attaquer les forces de sécurité iraniennes dans l'ouest du pays, et comment. La coalition kurde iranienne, basée à la frontière irano-irakienne dans la région semi-autonome du Kurdistan irakien, s'entraîne en vue d'une telle attaque, dans l'espoir d'affaiblir l'armée iranienne, alors que les Etats-Unis et Israël bombardent des cibles iraniennes.

06h30

Donald Trump veut être impliqué dans le choix du nouveau dirigeant à Téhéran

Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il voulait être impliqué dans le choix du nouveau dirigeant à Téhéran, alors que les bombardements d'Israël et des Etats-Unis se sont poursuivis en Iran pour un sixième jour consécutif. "Nous voulons être impliqués dans le choix de la personne qui dirigera l'Iran à l'avenir", a-t-il indiqué.

Le Pentagone avait indiqué en début de semaine que la campagne militaire, baptisée "Opération Furie Épique", visait à détruire les missiles offensifs, la production de missiles et la marine iranienne, tout en empêchant Téhéran de se doter de l'arme nucléaire." Nos objectifs restent inchangés. Nous savons précisément ce que nous cherchons à accomplir", a indiqué Pete Hegseth, secrétaire à la Défense américain. Il a ajouté que Donald Trump avait "une influence considérable sur le choix du dirigeant iranien, compte tenu de l'opération en cours".

06h15

Le Hezbollah demande aux habitants israéliens d'évacuer les villes proches de la frontière

Le Hezbollah libanais a sommé les habitants israéliens d'évacuer les villes situées à moins de 5 kilomètres de la frontière, dans un message diffusé en hébreu sur sa chaîne Telegram tôt vendredi matin. Ce message du mouvement pro-iranien intervient moins de 24 heures après qu'Israël a exhorté les habitants de la banlieue sud de Beyrouth à quitter les lieux, provoquant un exode massif d'une partie de la capitale, notamment du quartier de Dahiyeh. Israël a affirmé qu'il n'évacuerait pas ses villes frontalières et a déployé des renforts au Liban, invoquant une mesure défensive visant à protéger ses citoyens vivant à proximité.

© REUTERS

Israël frappe le Liban depuis plusieurs jours.
  •  

Guerre en Iran : bien que blessé, le régime conserve une dangereuse puissance de feu

Au sixième jour de l'opération "Rugissement du lion", Jérusalem s’est une fois de plus réveillée au son déchirant des explosions. Au terme d’une brève accalmie de sept heures, Tsahal a annoncé ce jeudi matin avoir placé plusieurs régions du pays en état d’alerte face à la menace de "missiles lancés d’Iran". Dans le ciel israélien, les stries laissées par le passage de ces engins, et celles des défenses antiaériennes envoyées pour les intercepter en vol, sont devenues tristement banales moins d’une semaine après le début de la guerre.

Bien qu’affaiblie comme jamais par le pilonnage intensif des forces américaines et israéliennes, la République islamique conserve une dangereuse puissance de feu. "On remarque un saut qualitatif dans les frappes qui sont conduites, relève David Khalfa, cofondateur de l’Atlantic Middle East Forum. Il y a une augmentation de la précision, de la vélocité et de la létalité qui est liée à une montée en gamme capacitaire."

Course contre la montre pour détruire les missiles

Avant la guerre des Douze Jours qui l’avait opposée à Israël en juin dernier, la République islamique disposait d’un stock estimé à environ 3 000 missiles balistiques - des engins qui suivent une trajectoire en parabolique hors de l’atmosphère avant de retomber sur leur cible. Si des centaines d'engins avaient été utilisés ou détruits durant le conflit, les industriels iraniens n’avaient pas tardé à relancer la production. "Le régime de Téhéran s’est employé à en fabriquer des dizaines chaque mois, abonde le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole de l’armée israélienne. Depuis la guerre du mois de juin, ils ont reconstitué des stocks de centaines de missiles balistiques." Parmi eux, des vecteurs de courte, moyenne et longue portée, dont le Khorramshahr, son engin le plus lourd, capable d’atteindre une cible à 2 000 kilomètres, voire 3 000 selon les variantes.

Téhéran dispose de nombreux missiles balistiques dans son arsenal.
Téhéran dispose de nombreux missiles balistiques dans son arsenal.

Un défi de taille pour les défenses antiaériennes des Etats-Unis et de leurs alliés dans la région, dont les batteries THAAD, Patriot ou encore Arrow-3, tirent à tout va pour détruire ces menaces aériennes avant qu’elles n’explosent au sol. En toile de fond, la question de savoir qui tombera à court de munitions en premier. "Les défenses antiaériennes américaines et israéliennes affichent des taux d’interception excellents, mais leurs stocks pourraient commencer à manquer si le conflit s’éternise", jauge Behnam Ben Taleblu, chercheur principal à la Foundation for Defense of Democracies, à Washington. Dans ce domaine, le calcul n'est pas à l’avantage du défenseur. La neutralisation d’un missile adverse nécessite l’utilisation d’au moins deux missiles intercepteurs pour maximiser les chances de succès - vidant d’autant plus rapidement les réserves disponibles.

Washington n’ignore rien de ce défi. "[Les Iraniens] produisent, selon certaines estimations, plus de 100 missiles par mois. Comparez cela aux six ou sept intercepteurs qui peuvent être construits par mois", a résumé le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, le 2 mars. Un sujet d'autant plus aigu que la demande pour ces précieuses défenses antiaériennes ne se limite pas au Moyen-Orient, entre les besoins de Washington dans le Pacifique et ceux des Européens, qui veulent en acheter pour approvisionner la défense du ciel en Ukraine. Les Etats-Unis et Israël se sont donc lancés dans une course contre la montre pour détruire les lanceurs de missiles iraniens. Quatre jours après le début de l’offensive, le Pentagone a indiqué avoir touché plus de 2 000 cibles et affirmé que ses frappes avaient permis de réduire de 86 % les tirs de missiles balistiques. La veille, Tsahal avait revendiqué la destruction de 300 lanceurs de missiles iraniens, soit un peu plus de la moitié de ses capacités.

Le défi des drones

En parallèle de ces tirs de missiles, Téhéran continue aussi de lancer des centaines de drones kamikazes Shahed - et en aurait encore plusieurs milliers en stock. Abondamment utilisés par Poutine en Ukraine, ces aéronefs low cost (35 000 dollars pièce) sont capables d’atteindre des cibles distantes de 2 500 kilomètres. "L'Iran a augmenté leur production ces dernières années, relève Behnam Ben Taleblu. Le régime les utilise principalement pour cibler les installations énergétiques du Golfe et les infrastructures civiles." Le 4 mars, la plus grande raffinerie de pétrole d’Arabie saoudite à Ras Tanura a été ciblée par des drones, deux jours après une précédente attaque qui avait entraîné la fermeture du site.

La "défense mosaïque" mise en place par Téhéran, avec des unités militaires autonomes et réparties sur le vaste territoire iranien, rend compliqué leur repérage et leur destruction. Le 3 mars, des drones se sont écrasés sur les sites de l’ambassade des Etats-Unis à Riyad et du consulat américain à Dubaï. "Ces engins servent également à saturer les défenses antiaériennes des Américains et leurs alliés, note David Khalfa. Le régime les associe notamment à des missiles balistiques de courte et moyenne portée et des missiles de croisière." Objectif de ces drones, qui volent à basse altitude avec un bruit caractéristique de tondeuse à gazon : ouvrir la voie aux autres engins et maximiser le potentiel destructeur de chaque attaque.

Dans ce contexte, Washington et les monarchies du Golfe lorgnent sur l’expérience acquise, à plus de 2 000 kilomètres de là, par l’Ukraine. Des contacts ont déjà eu lieu avec le Pentagone, l’Arabie saoudite, le Qatar et les Emirats, pour évoquer la possibilité d’acheter des drones intercepteurs fabriqués sur le sol ukrainien, nous confirme une source au sein de l’industrie de défense du pays. L’intérêt, détruire ces menaces à moindres frais alors que Kiev a développé toute une panoplie d'aéronefs capables de neutraliser les Shahed. Le tout, pour un coût très inférieur aux millions de dollars des munitions utilisées par les systèmes Patriot pour assurer la défense du ciel.

© via REUTERS

Des missiles iraniens sont exposés au Musée des forces aérospatiales du Corps des gardiens de la révolution islamique à Téhéran, en Iran, le 12 novembre 2025
  •  

Au-delà du gaz et du pétrole, ces secteurs mis à mal par le blocage du détroit d'Ormuz

Des effets en cascade sur le commerce mondial. La fermeture du détroit d'Ormuz, provoquée par la guerre ouverte par Israël et les États-Unis contre l'Iran le 28 février, engendre de multiples difficultés pour l'acheminement des matières premières vers et depuis le Golfe persique. Des centaines de navires sont actuellement bloqués derrière l'étroit passage qui sépare les côtes iraniennes, au nord, de celles omanaises, au sud. Chaque mois, environ 3 000 bateaux empruntent cette route, particulièrement stratégique pour les échanges maritimes dans de nombreux secteurs. Les hostilités des derniers jours, marquées par des frappes de Téhéran sur les riches monarchies de la région, perturbent avant tout les exportations de pétrole et de gaz de la région. Plusieurs sites liés aux hydrocarbures ont d'ailleurs été touchés par les tirs de drones et de missiles iraniens. Les gigantesques ports de Jebel Ali de Dubaï, aux Émirats arabes unis, et Ras Tanura, sur la côte saoudienne, sont pour le moment paralysés.

La fermeture du détroit d'Ormuz, combinée à l'incertitude du contexte actuel dans la région, inquiète déjà grandement les entreprises du secteur. Mais ces dernières sont loin d'être les seules à subir dès à présent des répercussions sur leurs activités par ce blocage. "Un conflit limité à quelques jours ou semaines – hypothèse privilégiée à ce jour – devrait avoir un impact limité", détaille Ruben Nizard, responsable de la recherche sectorielle au sein de la compagnie Coface, qui a mené un rapport sur les conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient. "Cependant, si le conflit devait se prolonger, son impact macroéconomique pourrait être majeur et dépasser la question des prix de l’énergie." Au-delà du gaz et du pétrole, les États de la région exportent habituellement beaucoup d'autres produits via le détroit d'Ormuz.

Des engrais venus du Moyen-Orient

Parmi les plus touchés par cette immobilisation brutale des navires ? Les entreprises spécialisées dans la vente d'engrais. Selon Coface, 33,1 % des flux maritimes mondiaux du secteur sont passés l'an dernier par ce chemin aujourd'hui bloqué. Pour la quasi-totalité d'entre eux, il s'agissait d'exportations. Les envois de différents types d'engrais sont perturbés. Les engrais azotés, conçus à base de gaz, proviennent en partie dans la région. Des usines sont spécialisées dans ce domaine en Iran et en Arabie saoudite. "Près de 50 % des exportations mondiales d'urée", l'un des engrais à base d'azote les plus courants, "proviennent de pays situés à l'ouest du détroit et transitent par cette voie navigable essentielle", note The Fertilizer Institute, un des lobbies de l'industrie aux États-Unis.

La seconde famille d'engrais, phosphatés cette fois, n'est pas mieux lotie. Au nord de l'Arabie saoudite, l'immense mine de Hazm Al Jalamid alimente le royaume en roches phosphatées, la matière première de ces produits. Autre composant essentiel à leur fabrication : le soufre. Or, près de la moitié des exportations de cet élément au niveau mondial proviennent également de zones desservies par les navires du détroit d'Ormuz. Cherchant toujours plus à diversifier son économie, Riyad est ainsi devenu le 6ᵉ producteur mondial en matière d'engrais. Mais les événements des derniers jours mettent désormais en difficulté sa montée en puissance dans le domaine. À court terme, des retards d'approvisionnement pourraient intervenir auprès de clients dès les prochaines semaines.

L'Europe, qui se fournit peu en engrais dans la péninsule arabique, ne sera concernée qu'à la marge par ces difficultés d'acheminement. Mais les principaux clients des pays du Golfe en engrais – l'Inde, le Brésil, l'Australie ou encore les États-Unis – vont forcément reporter leur demande vers d'autres marchés. L'offre se réduisant momentanément, les agriculteurs du Vieux continent peuvent donc s'attendre à une montée des prix au moment de faire leurs commandes. Loin d'être anodin, au moment où l'UE importe aujourd'hui plus de 60 % de ses engrais. L'augmentation des tarifs pourrait être d'autant plus importante pour les produits azotés : le prix des gaz qui les compose est lui aussi tiré vers le haut par la crise au Moyen-Orient.

Les vendeurs d'aluminium et d'acier dans l'attente

Les métaux n'échappent pas non plus à cette configuration. Le Qatar, l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis possèdent une myriade de fonderies productrices d'aluminium. C'est également le cas de Bahreïn, petit État qui a exporté plus d'un million de tonnes d'alliage réalisé avec ce métal l'an dernier. Avec 8 % de la production mondiale, la région est devenue une des places fortes du commerce d'aluminium à l'international. Et ce, bien qu'elle reste loin de la Chine, qui représente à elle seule près de la moitié de l'offre de la planète. Mais les pays de la région font face à une faiblesse : pour fabriquer l'aluminium, ils doivent importer de l'étranger les deux matières essentielles à sa conception, la bauxite et l'alumine. Or, celles-ci parviennent jusqu'aux usines... par le détroit d'Ormuz.

Si le conflit venait à s'enliser, les usines locales ne disposeraient pas de stocks interminables de ces ressources. Les spécialistes estiment qu'elles peuvent continuer de fonctionner pendant quelques semaines au maximum sans nouvelle réception d'alumine. Là encore, le principal risque en Europe lié à cette situation est d'abord lié à un coût plus important de l'aluminium. "L'escalade du conflit entre les États-Unis/Israël et l'Iran accroît principalement les risques de hausse des primes physiques de l'aluminium, plutôt que de réduire sensiblement l'offre mondiale", indique Ewa Manthey, analyste en matières premières, sur le site web du think tank relié à la banque ING.

Plus que le continent européen, une autre puissance pourrait davantage souffrir du blocage du détroit d'Ormuz : la Chine. Pékin, dans une position inconfortable sur le plan diplomatique depuis le début du conflit, exporte 16 % de son acier destiné à l'étranger vers le Golfe. Comme rapporté par Reuters, la guerre a conduit plusieurs fournisseurs chinois à reporter leurs ventes vers la région dans l'attente d'une amélioration de la situation dans le détroit. Sur place, les prix du matériau devraient monter en flèche, dans l'attente de l'arrivée de nouvelles commandes sur place.

La solution d'acheminer l'acier venu de l'étranger via les ports omanais encore ouverts, à l'est de la péninsule, puis par camions jusqu'à leur destination est une possibilité explorée par les pétromonarchies pour limiter la casse. Mais cette option se heurte à des surcoûts importants. Quant à l'acier originaire d'Iran, pays qui en a maintenu une production conséquente, plusieurs nations asiatiques risquent de faire face à des retards de livraisons à cause de la fermeture du détroit d'Ormuz. Au total, 24,4 % des minéraux mondiaux ont transité par ce passage maritime l'an dernier, selon le rapport mené par Coface.

Industrie pétrochimique au ralenti

Enfin, le commerce lié aux produits plastiques est de la même façon particulièrement touché par l'interruption de la navigation dans la région. Avec 10,5 et 5 millions de tonnes exportées chaque année, l'Arabie saoudite et l'Iran représentent tous deux d'importants producteurs de polyéthylène, la matière plastique la plus commune et facile à concevoir. Le Moyen-Orient, au total, concentre "15 % de la capacité mondiale" de fabrication en la matière. Problème : une grande partie du polyéthylène produit au Moyen-Orient est exporté depuis le port de Jebel Ali, à Dubaï, aujourd'hui mis à l'arrêt. Tout comme les autres plateformes portuaires au Qatar, à Bahreïn ou encore au Koweït. Les envois de polymères et de polypropylène, autres matières plastiques très produites dans la région, vont par ailleurs connaître un ralentissement.

Toujours dans ce domaine pétrochimique, la Chine pourrait connaître des répercussions importantes pour son économie. Avant le début de la guerre, Pékin importait de grosses quantités de méthanol, substance de synthèse souvent utilisée par l'industrie chinoise pour fabriquer de nombreux produits, y compris plastiques. Selon Coface, 32 % de ce liquide transite par le détroit d'Ormuz. Dans l'attente d'une accalmie militaire, ces exportations de Téhéran vers son partenaire asiatique vont donc là aussi être mises à mal. De manière plus générale, les tarifs des matériaux plastiques pourraient s'accroître sous l'effet de ces différents éléments. La hausse du prix du baril de pétrole pourrait également affecter leur coût.

© REUTERS/Amr Alfiky

Des navires bloqués dans le détroit d'Ormuz, au large de Fujairah (Émirats arabes unis), le 3 mars 2026.
  •  

Guerre en Iran : Australie, France... Ces pays qui déploient des moyens militaires au Moyen-Orient

Alors que s'ouvre le sixième jour d'une guerre meurtrière lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, plusieurs pays ont annoncé l'envoi de moyens militaires au Moyen-Orient. Parmi eux, des pays européens, dont la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne. L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont également entrepris de tels déploiements. Retour sur les ressources militaires allouées, pays par pays.

Australie

Le Premier ministre australien a annoncé ce jeudi 5 mars déployer des "ressources militaires" au Moyen-Orient en réaction à la guerre provoquée par l’offensive américano-israélienne sur l’Iran. "Nous avons déployé des ressources militaires dans le cadre de nos plans d’urgence déclenchés au début de la semaine", a déclaré Anthony Albanese au Parlement, alors que quelque 115 000 ressortissants australiens se trouvent dans la région.

Il n’a pas précisé quels étaient les moyens en question, mais il s'agirait, selon le média australien SBS News, de deux avions militaires.

Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande a annoncé le déploiement d’avions de défense dans la région mercredi. Le gouvernement néo-zélandais a déclaré qu'il enverrait deux avions C-130J Hercules des forces de défense au Moyen-Orient au cas où ils seraient nécessaires pour évacuer les Néo-Zélandais de la région.

Royaume-Uni

Le gouvernement britannique va déployer un navire de guerre de la Royal Navy - HMS Dragon, un destroyer de type 45 - en Méditerranée orientale afin de renforcer la sécurité autour de la base aérienne britannique d'Akrotiri à Chypre. Deux hélicoptères Wildcat de la Royal Navy, équipés de missiles Martlet conçus pour contrer les attaques de drones, seront également envoyés.

Cette décision intervient au lendemain de l'attaque de drones tirés du Liban voisin, "très probablement" par le Hezbollah, contre la piste de la base aérienne britannique de Chypre, la RAF Akrotiri, qui a causé des "dommages minimes", selon une source gouvernementale chypriote.

France

Dans une allocution télévisée à la nation mardi, Emmanuel Macron a annoncé qu'il mobilisait le porte-avion Charles-de-Gaulle. Une fois arrivés au Moyen-Orient, la vingtaine d'avions de combat Rafale à son bord ainsi que ses deux avions radars Hawkeye pourront concourir à la sécurisation du ciel. La France a également envoyé une frégate - Languedoc - à Chypre. Des moyens de défense antiaérienne ont également été déployés par Paris.

Outre Chypre, membre de l'Union européenne, la France est liée par des accords de défense signés dans les années 1990 avec le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis. En clair : si l'un de ces pays est attaqué, la France doit se concerter avec lui, évaluer la menace et peut intervenir militairement. Elle est aussi liée par des "engagements solides avec la Jordanie et l'Irak, et notamment là-bas avec nos alliés kurdes", a rappelé Emmanuel Macron.

Grèce

La Grèce a elle aussi déployé deux frégates et des avions F-16 à Chypre, a déclaré lundi le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias. "À la suite des attaques non provoquées sur le territoire de Chypre, la Grèce contribuera de toutes les manières possibles à la défense de la République de Chypre afin de faire face aux menaces et aux actions illégales qui se déroulent sur son territoire", a déclaré Nikos Dendias.

Italie

L'Italie prévoit d'envoyer des moyens de défense aérienne aux pays du Golfe en réponse aux frappes iraniennes, a fait savoir Giorgia Meloni, soulignant la préoccupation de Rome pour la sécurité de ses citoyens et de ses troupes dans la région, ainsi que pour la sécurité énergétique. "À l'instar du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, l'Italie a l'intention d'envoyer une aide aux pays du Golfe, notamment dans le domaine de la défense et en particulier de la défense aérienne", a déclaré la Première ministre à la radio ce jeudi.

Elle a également fait savoir que l'Italie n'était "pas en guerre" et ne voulait "pas entrer en guerre", mais que si des demandes venaient à être formulées en vue d'une utilisation plus large des bases italiennes dans le Golfe, le gouvernement et le Parlement italien aviseraient.

Espagne

L'Espagne va envoyer sa frégate Christophe Colomb à Chypre, où elle rejoindra le porte-avions français Charles de Gaulle et d'autres navires de la marine grecque, a annoncé jeudi le ministère de la Défense dans un communiqué. La frégate espagnole, qui arrivera en Crète vers le 10 mars, est utilisée pour la défense aérienne.

L'Espagne s'est vue menacer mardi d'un arrêt des échanges commerciaux avec les Etats-Unis alors que Donald Trump reproche à Pedro Sanchez de n'avoir pas autorisé l'armée américaine à utiliser des bases espagnoles pour l'offensive contre l'Iran.

Allemagne

Dimanche 1er mars, l'Allemagne a simplement indiqué, aux côtés des dirigeants français et britanniques, être prête à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de"détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran. Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui s'est entretenu avec Donald Trump à la Maison-Blanche ce mardi et a autorisé l'utilisation de bases allemandes au Moyen-Orient par les Américains, n'a toutefois pas annoncé à ce stade l'envoi de moyens militaires supplémentaires au Moyen-Orient.

© REUTERS/Carlos Jasso

Le HMS Dragon lors d'opérations de ravitaillement en munitions à l'Upper Harbour Ammunitioning Facility (UHAF) dans le port de Portsmouth, le 4 mars 2026.
  •  

Guerre en Iran : l'offensive menée par Donald Trump est-elle légale ?

IL est neuf heures, heure locale, samedi, lorsque les Etats-Unis et Israël attaquent conjointement l'Iran. Pour justifier ces frappes, Washington affirme que Téhéran serait à une semaine de disposer de l'arme nucléaire et construirait des missiles capables d'atteindre les Etats-Unis. Des allégations aussitôt démenties par l'agence internationale de l'énergie atomique et qui interrogent sur la légalité de cette guerre. Si les experts rappellent la nécessité d'examiner séparément les différentes frappes - assassinat d'Ali Khamenei, frappes aériennes, attaque d'un sous-marin, ils s'accordent pour dire que le droit international a été largement bafoué. Explications.

Alors que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a décrit l'opération aérienne menée en Iran comme "la plus meurtrière, la plus complexe et la plus précise de l’histoire" et que Donald Trump a annoncé qu'elle pourrait durer cinq semaines, les démocrates ont insisté pour qu'un vote puisse avoir lieu - comme cela aurait dû être fait préalablement - au Congrès. Mercredi 4 février, le Sénat, largement acquis aux républicains, a refusé de limiter les pouvoirs de Donald Trump. La Chambre des représentants doit quant à elle se prononcer ce jeudi.

Droit international bafoué

Si la Maison-Blanche se défend de toute action illégale, plusieurs juristes interviewés par le Guardian affirment le contraire. "Ce sont des objectifs de politique militaire", explique Wells Dixon, avocat principal au Center for Constitutional Rights, après avoir examiné les arguments de Donald Trump. "Ils ne constituent pas un fondement juridique pour lancer une attaque armée contre un autre pays." Marko Milanovic, professeur de droit international à l'université de Reading, reconnaît que l'Iran pouvait constituer une menace, mais avance qu'il existait de nombreuses manières d'y répondre. "Le recours à la force nécessiterait un fondement de légitime défense", détaille-t-il.

La notion de "menace imminente" avancée par le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio - qui a par ailleurs affirmé que la Maison-Blanche avait été contrainte de lancer des frappes contre l'Iran parce que son proche allié, Israël, était déterminé à agir - s'apprécie au regard de la preuve d'un risque clair, visible et imminent. Des critères qui ne s'appliquent pas dans le cas de l'Iran, à en croire les experts. "Pour qu'un acte soit considéré comme de la légitime défense, il faut qu'il soit nécessaire, c'est-à-dire qu'il n'existe aucune autre solution", explique Brian Finucane, ancien juriste du département d'Etat américain. "Or, ce n'est pas le cas ici. Une autre option existait : les Etats-Unis auraient pu empêcher Israël d'attaquer."

Des voix critiques s'élèvent

Plusieurs parlementaires américains ont partagé l'évaluation des juristes concernant la menace potentielle que représente l'Iran. "Les Iraniens ne représentaient aucune menace imminente pour les Etats-Unis. La menace visait Israël", affirme Mark Warner, vice-président démocrate de la commission du renseignement du Sénat. "Si nous assimilons une menace contre Israël à une menace imminente contre les Etats-Unis, alors nous nous aventurons en terrain inconnu." De son côté, le sénateur démocrate Tim Kaine a tenu un discours similaire : "Nous ne devrions pas mener une guerre affirmative au nom d'une nation quelconque dans le monde, aussi proche soyons-nous", a-t-il fait valoir.

Les voix critiques se sont également élevées de l'autre côté de l'Atlantique, à commencer par le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, qui a dénoncé une "guerre illégale" et interdit aux avions militaires américains d'utiliser les bases espagnoles lors des attaques contre l'Iran, tout comme le Royaume-Uni. Une prise de position à laquelle Emmanuel Macron semble s'être plus ou moins rallié mardi, dénonçant à son tour des frappes "en dehors du droit international", que Paris "ne peut pas approuver".

Nécessité d'une analyse au cas par cas

Si les frappes aériennes dans leur globalité semblent donc a fortiori contourner la loi, reste à élucider l'assassinat d'Ali Khamenei et l'attaque d'un sous-marin iranien au large du Sri Lanka. Sur ces deux questions, l'interprétation du droit pourrait être plus libre. D'une part parce que c'est Israël qui aurait mené la frappe dans laquelle Khamenei a été tué, tandis que les Etats-Unis auraient surtout fourni du renseignement. D'autre part parce qu'il faudrait déterminer si les Etats-Unis étaient en guerre au moment de sa mort et s’il était considéré comme un dirigeant militaire.

Concernant le sous-marin iranien coulé, plusieurs juristes ont indiqué à Reuters que cette action pourrait être conforme au droit de la guerre, puisqu'elle a eu lieu dans les eaux internationales et que la cible était un navire militaire qui n’était pas hors d’état de combattre. Cependant, il faudrait démontrer comment ce navire de guerre, qui se trouvait loin de l’Iran, était relié aux menaces vis-à-vis de Washington.

© REUTERS

Donald Trump prononce un discours à Washington, le 28 janvier 2026.
  •  

Le Liban est déjà le grand perdant de la guerre en Iran

Ni la population, ni les autorités, ni même certains cadres du Hezbollah ne souhaitaient cette escalade militaire dramatique au Levant. Et pourtant, voilà que le Liban se retrouve percuté par l’embrasement régional, transformant le pays du Cèdre en théâtre connexe de la guerre en Iran. Le 2 mars, la milice chiite - parrainée par la République islamique - a pris la décision d’envoyer un cocktail de roquettes et de drones sur Israël, offrant à l’Etat hébreu les conditions d’une nouvelle offensive d’envergure. "Une fois de plus, le Liban (est utilisé) comme plateforme pour des guerres qui ne [le] concernent pas", se désespère le président Joseph Aoun. "Un acte irresponsable qui met en danger la sécurité du Liban et donne à Israël des excuses pour continuer ses attaques contre ce pays", critique encore le Premier ministre, Nawaf Salam.

Conséquence, les Libanais se réveillent depuis plusieurs jours au milieu du fracas des bombes avec des frappes massives de Tsahal dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion de la milice chiite, le sud du pays ainsi que dans la vallée de la Bekaa. Les représailles israéliennes ont déjà coûté la vie à des dizaines de Libanais et fait déjà 60 000 déplacés selon l'ONU, alors que le pays pansait encore ses plaies, quinze mois après le cessez-le-feu entre l'Etat hébreu et le "parti de Dieu".

La décision unilatérale de la direction du Hezbollah a pris de court jusqu'à certains cadres… de son propre mouvement et son précieux allié chiite Nabih Berri, le président du Parlement. "Après l’élimination du Guide suprême Ali Khamenei, le Hezbollah n’avait plus le choix", explique Danny Citrinowicz chercheur à l’Institut for national security studies, à Tel-Aviv.

Un choix suicidaire pour le Hezbollah

Cette décision d’entrer en guerre semble donc bien émaner directement des hautes sphères de l’organisation terroriste, comme son bras armé le "Conseil du Djihad" et son cerveau stratégique, le "Conseil de la Choura", où les Iraniens occupent des positions stratégiques. Un choix suicidaire, alors que le Hezbollah n’est plus que l'ombre de lui-même depuis l'opération des bipeurs en 2024 menée par le Mossad qui a décapité tout son état-major et dont la puissance militaire s'est considérablement affaiblie : environ 80 % de ses roquettes, notamment celles de longue portée et de haute précision, auraient été détruites par Israël au cours de l’année écoulée !

Cette nouvelle poussée de fièvre tombe mal, au moment où Beyrouth déploie tous ses efforts pour reprendre le contrôle par l’Etat des armes en circulation. Les forces armées libanaises ont déjà mené à bien la première phase d’un plan de désarmement du Hezbollah - sous la pression de Washington - dans le sud du Liban et s’engagent à poursuivre ce vaste chantier au nord du fleuve Litani. Dans ce contexte de guerre en Iran, le président Joseph Aoun et Emmanuel Macron ont été contraints de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien à l’armée, prévue initialement ce 5 mars à Paris.

Un long processus de réhabilitation que les Occidentaux espèrent ne pas voir torpiller. "Maintenant que le Liban a officiellement interdit les activités militaires du Hezbollah, une opportunité réelle pourrait émerger à l’issue de ce conflit, espère Matthew Levitt, spécialiste du terrorisme au sein du Washington Institute for Near East Policy. Avec une milice chiite affaiblie sur le plan politique et militaire, Israël et le Liban pourraient enfin dépasser leur état de guerre officiellement déclaré".

Un coup de fil entre Macron et Netanyahou

En réponse aux tensions actuelles avec le Hezbollah, Tel-Aviv a déjà mis en place une "zone tampon" destinée à sécuriser la zone nord du Liban. Tsahal n’exclut pas de s’emparer de "territoires stratégiques supplémentaires", a laissé entendre le ministre de la Défense, Israël Katz. Pour parer à toute initiative risquée, Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump mais aussi Benyamin Netanyahou, pour lui demander "de s’abstenir d’une offensive terrestre" au Liban.

Si pour l’heure, l’Etat hébreu ne semble pas avoir de visées d’occupation à long terme, les violations répétées de la souveraineté libanaise se sont multipliées depuis plusieurs mois. Ces derniers jours encore, Tsahal a franchi la fameuse "ligne bleue" tracée par l'ONU, sous le regard impuissant de la Finul - la Force intérimaire des Nations unies au Liban -, au sein de laquelle sont déployés des soldats français. Il est évident que toute présence militaire prolongée de Tsahal offrirait au Hezbollah un alibi en or pour tenter de se refaire une "virginité". A Israël d'éviter une erreur stratégique qui pourrait s'avérer monumentale, alors que le Liban paye déjà le plus lourd tribut de cette guerre en Iran.

© REUTERS

Des membres du Hezbollah défilent lors d'un rassemblement marquant la Journée d'al-Quds dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 5 avril 2024.
  •  

L’extraordinaire histoire de l'espion américain qui réussit à changer le régime en Iran

Plusieurs conjurés ont été arrêtés ; le chah a fui en avion à Bagdad ; le coup d’Etat fomenté par la Central Intelligence Agency (CIA) a échoué. Nous sommes à l’aube du 16 août 1953 et la tentative américaine de renverser le Premier ministre pour installer à Téhéran un gouvernement favorable aux intérêts des Occidentaux est mal engagée. Mais ce n’est que partie remise. Trois jours plus tard, à la suite de péripéties rocambolesques, l’envoyé de la CIA réussira dans son entreprise.

L'affaire est peu connue en Europe, mais le changement du régime iranien, auquel aspire le président Donald Trump, a bien un précédent : il y a trois quarts de siècle, les services secrets américains renversèrent le seul gouvernement réellement démocratique que la Perse ait connu dans son histoire millénaire. L’opération "Ajax", selon son nom de code à la CIA, mit en branle une série de tragédies, dont le peuple iranien continue à souffrir aujourd’hui, comme le souligne le journaliste américain Stephen Kinzer dans un livre-enquête* sur le sujet.

En 1953, le monde est plongé dans la guerre froide ; la guerre de Corée s’achève par un armistice en forme de match nul entre communistes et pro-américains ; en Egypte, l’arrivée au pouvoir du colonel Nasser, l’année précédente, a inauguré une vague révolutionnaire dans le monde arabo-musulman. A Washington, on craint que l’Iran, pays frontalier de l’Union soviétique, tombe à son tour dans l’orbite de Moscou.

A la source du conflit, on trouve, comment souvent au XXe siècle dans la région, le pétrole. L’accord anglo-perse de 1919 réduisait de facto l’Iran à un protectorat britannique. Il confiait la gestion exclusive des hydrocarbures à une société détenue en majorité par Londres, l’Anglo-Iranian Oil Company (l’ancêtre de BP), qui devient bientôt la compagnie anglaise la plus rentable du monde. Winston Churchill parle alors de l’Iran comme d’un "pays de cocagne, au-delà de nos rêves les plus fous". Mais dans la population iranienne, la confiscation des royalties par Londres et son refus obstiné de les partager nourrissent une frustration croissante. Un nationaliste pur et dur, Mohammad Mossadegh, est élu Premier ministre en 1951 par le Parlement.

A la demande de Winston Churchill

Grand bourgeois francophone, docteur en droit formé en Suisse, Mossadegh allume la mèche peu après son arrivée au pouvoir : il nationalise l’exploitation du pétrole. La mesure est accueillie avec enthousiasme dans le pays. Le chef du gouvernement promet à ses concitoyens que grâce à l’argent des hydrocarbures, l’Iran pourra enfin sortir du sous-développement. Son audace résonne à travers le monde au moment où la décolonisation s’accélère.

À Londres cependant, les autorités dénoncent une spoliation. Churchill, qui vient de retrouver son poste de Premier ministre, somme Mossadegh de revenir sur sa décision. Arc-bouté sur ses principes, l’Iranien refuse. Le Britannique impose une série de sanctions économiques (déjà !) contre l’Iran. Il fait arraisonner par la Royal Navy un pétrolier italien chargé de brut iranien. Il dépose plainte devant la Cour internationale de justice. Mossadegh, qui vient en personne à La Haye plaider devant les juges, obtient gain de cause.

Churchill se tourne alors vers les Américains. Il leur propose d’employer la manière forte pour déposer l’entêté et installer à sa place un Premier ministre à la solde des Occidentaux. Élu à la Maison-Blanche en novembre 1952, le républicain Dwight Eisenhower rompt avec la prudence de son prédécesseur Harry S. Truman et fait droit aux arguments de Churchill, dont il a besoin du soutien en Corée. Le nouveau chef de la CIA, Allen Dulles, anticommuniste convaincu, se charge avec zèle de la tâche. Il dépêche en Iran l’un de ses agents les plus expérimentés, Kermit Roosevelt, le petit-fils du président Theodore Roosevelt. C’est lui qui va changer le cours de l’Histoire.

L'obstination de Roosevelt

Avec l’aide du MI6 britannique qui dispose d’un réseau d’agents sur le terrain, l'émissaire américain, des dollars plein les poches, stipendie des mollahs, des journalistes et des officiers de l’armée, pour dresser la population contre Mossadegh. La désinformation bat son plein. Le Premier ministre est faussement décrit dans la presse comme un aventurier à la solde du Parti communiste, le Toudeh, qui de son côté agite la rue. L’Iran est au bord du chaos.

Pour donner à son action un vernis de légalité, Roosevelt convainc le chah de signer en secret un décret qui destitue son Premier ministre et qui nomme à sa place un général acquis aux Américains. Au soir du 15 août, l'agent de la CIA dépêche le chef de la garde impériale, le colonel Nassiri, pour se saisir de Mossadegh. Mais les conjurés n’ont pas été assez prudents ; le complot a été éventé ; Nassiri est arrêté. Craignant la vengeance de Mossadegh, le chah quitte le pays.

Roosevelt s’obstine pourtant, faisant fi des instructions de Langley lui ordonnant de déguerpir d’Iran sur-le-champ. Non seulement il reste à Téhéran mais il relance le complot et parvient à rallier une partie de l’armée autour d’officiers loyaux au chah. Le 19 août, des unités encerclent la maison de Mossadegh, qui ne tarde pas à se rendre. Comme l’écrit L’Express dans son édition du 22 août 1953, "la seule carte qui restait à Mossadegh était l'appel au Toudeh. Ni sa formation ni ses convictions profondes - ni même son intérêt - ne pouvaient l’inciter à en faire usage. Et c’est là, semble-t-il, toute la raison de sa chute."

Des conséquences toujours visibles aujourd'hui

De retour dans son pays à l’invitation des militaires putschistes, Mohammed Reza Pahlavi est réinstallé sur le trône du Paon. Dès lors, le monarque règne d’une main de fer, tout en déployant un vaste programme de modernisation et de mise au pas du clergé chiite, qui jamais ne lui pardonnera. Mais le soutien que le chah a apporté à la CIA au détriment d’un gouvernement patriote et populaire a compromis sa légitimité. Il ne s’en remettra jamais vraiment. Pour asseoir son pouvoir, il use d’une répression de plus en plus féroce par le biais de sa redoutable police secrète, la Savak, créé en 1957 avec l’assistance de la centrale américaine. La terreur s’intensifie jusqu’à l’explosion populaire de 1979 qui contraint le souverain, définitivement cette fois, à l’exil.

La révolution islamique est marquée par le retour de l’ayatollah Khomeini qui, jeune mollah, s’était opposé à Mossadegh, avant de devenir l’ennemi juré du chah. Les révolutionnaires installent à la tête du pays des clercs fanatiques, radicalement anti-américains et anti-occidentaux. Ces derniers n’ont de cesse depuis lors d’œuvrer contre le "grand satan" de Washington et le "petit satan" israélien, lesquels mènent, depuis le 28 février, une campagne de bombardements aériens dans l’espoir de mettre à bas le régime théocratique, tandis que le fils du shah, le prince Reza, attend son heure à Washington.

Les racines de cette campagne remontent à 1953. En faisant dérailler l’ébauche de démocratie iranienne, les Américains ont créé un foyer d’instabilité qui a contribué à répandre le désordre au Moyen-Orient et à promouvoir à travers le monde l’islamisme et son cortège de violences. Bien avant les opérations américaines en Irak ou en Afghanistan, le sort de Mossadegh et ses suites ont témoigné des risques des interventions politico-militaires occidentales, dont l’issue échappe souvent à leurs initiateurs. Mais il est douteux que Donald Trump se soit penché sur cette affaire avant de déclencher ses frappes sur l’Iran.

(*) All The Shah’s Men, Trade Paper Press, 2008, non traduit en français.

© IMAGO/piemags via Reuters Connec

Mohammad Mossadegh, ancien Premier ministre iranien, le 28 mai 1952.
  •  

Guerre au Moyen-Orient : Emmanuel Macron annonce "l'envoi immédiat d'une aide humanitaire" au Liban

Alors que la guerre entre dans sa sixième journée, Israël et les Etats-Unis poursuivent, ce jeudi 5 mars, leurs bombardements sur l'Iran. Au Liban, le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, a été la cible d’une nouvelle frappe aérienne israélienne, dans la nuit de mercredi à jeudi. Les autorités libanaises ont, elles, annoncé trois nouveaux morts dans des frappes ayant visé deux voitures près de la capitale. Israël laisse toujours planer la menace d'une intervention terrestre au Liban.

Par ailleurs, le Sénat américain a refusé, mercredi, de limiter les pouvoirs de Donald Trump dans la guerre contre l’Iran, une résolution en ce sens ayant été rejetée grâce au soutien robuste de la majorité républicaine.

Les infos à retenir

⇒ Donald Trump affirme qu'il doit être impliqué dans le choix du prochain dirigeant iranien

⇒ Israël ordonne l'évacuation d'une partie de Beyrouth

Joseph Aoun demande à Emmanuel Macron d'intervenir auprès d'Israël pour empêcher le bombardement du sud de Beyrouth

20h05

Un avion de rapatriement d’Air France contraint de "faire demi-tour en raison de tirs de missiles"

Un avion d'Air France envoyé pour rapatrier les citoyens français aux Emirats arabes unis a été contraint de faire demi-tour en raison de tirs de missiles dans la zone, a annoncé le ministre des Transports Philippe Tabarot sur X.

"Malgré les moyens mis en œuvre, en lien avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, pour poursuivre le rapatriement des Français qui le souhaitent depuis le Moyen-Orient, le vol Air France affrété par le Gouvernement pour aller chercher nos compatriotes aux Émirats arabes unis a été contraint ce soir de faire demi-tour en raison de tirs de missiles dans la zone", a-t-il indiqué.

19h42

Selon Kaja Kallas, l'Iran cherche à intensifier le conflit

L'Iran cherche à intensifier le conflit au Moyen-Orient en attaquant sans discernement d'autres pays de la région, a déclaré jeudi la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

"L’Iran exporte la guerre", a déclaré Kallas aux journalistes lors d’une visite à Zurich. "Actuellement, le régime tente d’entraîner le plus grand nombre de pays possible dans ce conflit."

18h47

Emmanuel Macron annonce "l'envoi immédiat d'une aide humanitaire" pour les Libanais qui fuient le sud du pays

"Le Hezbollah doit immédiatement cesser les tirs vers Israël. Israël doit renoncer à toute intervention terrestre ou d’envergure sur le territoire libanais", a déclaré Emmanuel Macron sur X, indiquant envoyer immédiatement "une aide humanitaire" pour les "dizaines de milliers de civils libanais qui fuient actuellement le sud" du pays.

"Plusieurs tonnes de médicaments sont en cours d’acheminement, ainsi que des solutions d’abri et d’aide. C’est le témoignage de l’amitié que les Français portent aux Libanais", a-t-il ajouté.

Pour le Liban, nous devons agir.

Tout doit être fait pour empêcher que ce pays proche de la France soit à nouveau entraîné dans la guerre.

Les Libanais ont droit à la paix et à la sécurité. Comme tous au Moyen-Orient.

C’est pour enrayer la guerre…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 5, 2026

17h45

Joseph Aoun demande à Emmanuel Macron d'intervenir auprès d'Israël pour éviter le bombardement du sud de Beyrouth

Le président libanais Joseph Aoun a demandé à Emmanuel Macron d'intervenir auprès d'Israël pour éviter le bombardement des banlieues sud de Beyrouth, après les appels à évacuer la zone de l'armée israélienne.

"Le président Aoun a sollicité l'intervention de M. Macron auprès des autorités israéliennes afin de prévenir des attaques contre la banlieue sud de Beyrouth, suite aux menaces proférées à l'encontre des habitants par les autorités militaires israéliennes, les exhortant à évacuer. Le président Aoun a également demandé que des efforts soient déployés pour parvenir au plus vite à un cessez-le-feu", a indiqué la présidence libanaise dans un communiqué.

17h27

Donald Trump affirme qu'il doit être impliqué dans le choix du prochain dirigeant iranien

Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi à Axios qu'il devait être personnellement impliqué dans le choix du prochain dirigeant iranien. "Le fils de Khamenei est inacceptable à mes yeux. Nous voulons quelqu'un qui apporte l'harmonie et la paix à l'Iran", a déclaré Donald Trump lors d'une interview accordée à Axios.

"Je dois être impliqué dans cette nomination, comme pour Delcy (Rodriguez) au Venezuela", a-t-il déclaré.

Mojtaba Khamenei, fils du défunt Guide suprême iranien, a survécu aux frappes aériennes américaines et israéliennes contre l'Iran au cours desquelles son père, l'ayatollah Ali Khamenei, a été tué, ont indiqué des sources iraniennes à Reuters mercredi.

Mojtaba, un religieux de rang intermédiaire ayant des liens étroits avec l'élite des Gardiens de la révolution iraniens, est l'une des figures les plus influentes du clergé iranien et est considéré comme un successeur possible de son père. L'Iran n'a pas encore désigné de nouveau dirigeant.

17h08

Israël ordonne l'évacuation d'une partie de Beyrouth

Israël a averti jeudi les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, y compris les zones contrôlées par le Hezbollah, de quitter les environs, provoquant un exode d'une partie de la capitale, qui, selon un ministre israélien d'extrême droite, ressemblera bientôt à certaines parties de Gaza.

Laissant présager une escalade majeure dans l'offensive israélienne contre le Hezbollah soutenu par l'Iran, un porte-parole militaire israélien a ordonné aux habitants des banlieues sud de se déplacer vers l'est et le nord, en publiant une carte montrant quatre grands quartiers de la capitale qu'ils devaient quitter. "Sauvez vos vies, évacuez immédiatement vos maisons", a publié sur X le porte-parole militaire, Avichay Adraee, précisant que tout mouvement vers le sud pourrait mettre leur vie en danger.

16h07

L'Azerbaïdjan ferme son espace aérien près de l'Iran

L'Azerbaïdjan a fermé jeudi une partie de son espace aérien dans le sud du pays après avoir déclaré que quatre drones iraniens avaient survolé sa frontière. L'espace aérien restera fermé pendant 12 heures, selon un avis aux navigateurs aériens (NOTAM) émis par l'Azerbaïdjan.

15h20

Pour Reza Pahlavi, "toute tentative de nommer un successeur" à Ali Khamenei "est vouée à l'échec"

Pour le fils de Mohammad Reza Pahlavi, chah d'Iran de 1941 à 1979, "quiconque sera désigné – Mojtaba ou Hassan – sera dépourvu de légitimité et considéré comme complice du bilan sanglant de ce régime et de ses dirigeants criminels, Khomeini et Khamenei". "Toute tentative de nommer un successeur" à Ali Khamenei "est vouée à l'échec", a affirmé Reza Pahlavi sur X.

"Le régime en ruine de la République islamique n'a aucune légitimité. La seule alternative légitime à ce régime est le Système de transition, dont les grandes lignes vous ont été communiquées", a-t-il ajouté.

Dear compatriots,

As I emphasized in my message following the demise of Khamenei, any attempt to appoint a successor for him is pre-destined to fail. Whomever is introduced—be it Mojtaba or Hassan—will lack legitimacy and will be considered an accomplice to the bloody record of… https://t.co/mrWAQAHDXw

— Reza Pahlavi (@PahlaviReza) March 5, 2026

15h14

Quatre médecins tués en Iran, selon l'OMS

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé a déclaré jeudi avoir vérifié 13 attaques contre des infrastructures sanitaires en Iran dans le cadre d'une campagne américano-israélienne, faisant quatre morts parmi les travailleurs de la santé et 25 blessés.

"L’OMS a vérifié 13 attaques contre des établissements de santé en Iran et une au Liban", a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse, sans désigner de coupable.

Lors du même point de presse, le Dr Hanan Balkhy a ajouté que quatre ambulances en Iran avaient également été touchées et que des hôpitaux et autres établissements de santé avaient subi des dégâts mineurs en raison des frappes survenues à proximité. L'un de ces hôpitaux, situé dans la capitale Téhéran, a été évacué, comme l'avait précédemment indiqué l'agence sanitaire des Nations Unies.

13h15

La France autorise la présence temporaire d'avions américains sur ses bases militaires

La France a autorisé la présence temporaire d'avions américains sur certaines de ses bases militaires, a confirmé ce jeudi à Reuters un responsable de l'état-major de l'armée française. "Compte tenu du contexte, la France exige que les ressources concernées ne participent d’aucune manière aux opérations menées par les Etats-Unis en Iran, mais uniquement au soutien de la défense de nos partenaires dans la région", a déclaré le haut gradé.

12h35

L'Azerbaïdjan promet de riposter après une attaque

L'Azerbaïdjan a averti ce jeudi qu'il préparait des mesures de riposte après que deux drones iraniens ont survolé sa frontière et blessé quatre personnes dans l'enclave de Nakhitchevan. "Ces attaques ne resteront pas sans réponse", a déclaré le ministère azerbaïdjanais de la Défense dans un communiqué.

Il a ajouté qu'il enquêtait sur les types de drones utilisés lors de l'attaque et qu'il "préparait les mesures de riposte nécessaires pour protéger l'intégrité territoriale et la souveraineté du pays".

Les relations entre l'Azerbaïdjan et l'Iran sont déjà tendues en raison du renforcement des liens économiques, énergétiques et militaires de Bakou avec la Turquie et Israël. L'Iran, qui riposte aux frappes américaines et israéliennes depuis samedi dans le cadre d'une guerre aérienne qui ravage actuellement le Moyen-Orient, compte également une importante population d'origine azerbaïdjanaise.

12h20

L'Italie, l'Espagne, la France et les Pays-Bas vont envoyer des navires de guerre à Chypre

L'Italie, l'Espagne, la France et les Pays-Bas enverront des moyens navals pour protéger Chypre dans les prochains jours, a déclaré ce jeudi le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, devant le Parlement.

Lundi, une base de la Royal Air Force britannique, située sur l'île, a été visée par un drone iranien.

La Première ministre, Giorgia Meloni, a déclaré de son côté à la radio que l'Italie répondrait aux demandes d'aide des pays du Golfe qui souhaitent se procurer du matériel de défense antiaérienne pour contrer les frappes iraniennes. Des sources ont indiqué à Reuters cette semaine que les livraisons pourraient inclure des batteries de missiles sol-air SAMP/T, bien qu'aucune décision définitive n'ait encore été prise.

11h30

L'Espagne va envoyer une frégate à Chypre

L'Espagne enverra sa frégate Christophe Colomb à Chypre, rejoignant ainsi le porte-avions français Charles de Gaulle et d'autres navires de la marine grecque, a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué ce jeudi.

La frégate espagnole, qui arrivera en Crète vers le 10 mars, est utilisée pour la défense aérienne.

11h00

La France autorise les Etats-Unis à utiliser ses bases militaires, selon BFMTV

La France a autorisé les forces armées américaines à utiliser ses bases militaires durant la guerre au Moyen-Orient, rapporte ce jeudi BFMTV.

10h30

La Turquie affirme suivre de près les actions du groupe militant kurde iranien PJAK

La Turquie dit surveiller de près les actions menées par le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), organisation kurde anti-iranienne basée dans la zone frontale entre l'Irak et l'Iran, qui menace selon elle la sécurité de l'Iran et la stabilité régionale.

"Les activités de groupes qui alimentent le séparatisme ethnique, comme l'organisation terroriste PJAK, nuisent non seulement à la sécurité de l'Iran, mais aussi à la paix et à la stabilité de la région", a déclaré le ministère turc de la Défense lors d'un point de presse hebdomadaire à Ankara.

09h40

L'Azerbaïdjan accuse l'Iran d'avoir tiré deux drones sur son territoire

L'Azerbaïdjan a accusé ce jeudi l'Iran d'avoir tiré deux drones sur son territoire, blessant deux personnes, et a déclaré avoir convoqué l'ambassadeur iranien afin de protester fermement.

Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a déclaré qu'un drone s'était écrasé sur un aéroport de Nakhitchevan, près de la frontière avec l'Iran, et qu'un autre avait atterri près d'une école. Dans un communiqué, elle a condamné les attaques, exigé des explications de l'Iran et déclaré que l'Azerbaïdjan se réservait le droit de prendre des "mesures de riposte appropriées".

09h00

Les Gardiens de la révolution disent avoir frappé un pétrolier américain

Les Gardiens de la révolution ont annoncé ce matin avoir touché un pétrole américain dans le nord du golfe Persique et réaffirmé avoir le contrôle du détroit d'Ormuz, voie de transit essentielle au trafic mondial des hydrocarbures.

08h45

L'Iran affirme avoir ciblé des "groupes séparatistes" kurdes

Le ministère iranien du Renseignement a déclaré ce jeudi avoir ciblé des positions de "groupes séparatistes" qui avaient l'intention d'entrer par les frontières occidentales du pays, ajoutant qu'ils avaient subi de lourdes pertes.

Selon CNN, la CIA et l'administration Trump sont en discussion avec plusieurs groupes d'opposition iraniens et des dirigeants kurdes irakiens pour les soutenir militairement. Le communiqué du ministère iranien relayé par les médias d'Etat, indique que les forces iraniennes coopèrent avec les "nobles Kurdes" pour contrecarrer le plan "israélo-américain" d'attaque du sol iranien.

08h25

Pete Hegseth exhorte Israël à poursuivre ses efforts "jusqu'au bout", selon le ministère israélien de la Défense

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a dit à Israël de "continuer jusqu'au bout", affirmant que les États-Unis étaient solidaires d'Israël, lors d'entretiens nocturnes avec le ministre de la Défense israélien Israël Katz, a déclaré ce jeudi le ministère israélien de la Défense.

Israël Katz a remercié Pete Hegseth pour l'aide considérable apportée par les Etats-Unis dans la défense des citoyens israéliens contre la menace des missiles iraniens, a-t-on indiqué.

07h30

Des explosions sont signalées à Téhéran et Karaj, au nord-ouest de la capitale iranienne, par les médias officiels iraniens

06h45

Un chef du Hamas tué au Liban, selon l’agence ANI

L’agence de presse officielle libanaise ANI rapporte qu’une frappe israélienne a tué un chef du mouvement islamiste Hamas dans un camp de réfugiés palestiniens du nord du Liban.

Wassim Atallah Al-Ali et sa femme ont été tués lorsqu’un "drone ennemi a visé leur habitation" dans le camp de Beddawi, près de Tripoli, pendant la nuit, a rapporté l’agence, le décrivant comme un haut responsable du Hamas. Il s’agit du premier dirigeant du groupe islamiste palestinien tué depuis le début de l’offensive américano-israélienne sur l’Iran.

06h30

Les forces armées iraniennes nient avoir tiré un missile en direction de la Turquie

Les forces armées iraniennes respectent la souveraineté de la Turquie et nient avoir tiré un missile vers son territoire, ont-elles déclaré jeudi dans un communiqué relayé par les médias d'État.

Le ministère turc de la Défense avait déclaré mercredi qu'un missile balistique tiré depuis l'Iran vers l'espace aérien turc après avoir traversé la Syrie et l'Irak avait été détruit par les systèmes de défense aérienne et antimissile de l'Otan au-dessus de la Méditerranée orientale.

06h00

Les opérations de rapatriement continuent au Moyen-Orient

Les opérations de rapatriement de ressortissants étrangers se sont poursuivies dans la nuit de mercredi à jeudi au Moyen-Orient, alors que la guerre se poursuit pour la sixième journée consécutive.

Qatar Airways va opérer à partir de jeudi un nombre limité de vols d'assistance pour les passagers bloqués. Des vols sont prévus au départ d'Oman et de l'Arabie saoudite, alors que les opérations de la compagnie depuis Doha sont toujours suspendues en raison de la fermeture de l'espace aérien. Ces vols devraient relier Muscat vers Amsterdam, Berlin, Copenhague, Londres-Heathrow, Madrid et Rome, ainsi que de Riyad vers Francfort.

Un avion affrété par le gouvernement américain rapatrie aussi des ressortissants américains depuis le Moyen-Orient et des vols supplémentaires sont en train d'être organisés à travers la région, déclare le département d'Etat américain.

Un vol britannique destiné à rapatrier des ressortissants britanniques après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient n'a pas décollé comme prévu d'Oman mercredi soir et a été reporté à plus tard dans la journée de jeudi, a rapporté Sky News.

05h00

L'Arabie saoudite annonce avoir intercepté un drone dans son espace aérien, à l'est de la région de al-jawf

04h00

Deux soldats américains tués dans une attaque de drones au Koweit

Le Pentagone a identifié deux soldats tués dimanche dans une attaque de drone au Koweït. Quatre autres réservistes, identifiés mardi, avaient été tués dans cette attaque.

03h00

"La résilience de l'économie mondiale est mise à l'épreuve par l'escalade du conflit au Moyen-Orient", estime la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva

Le conflit imposera de nouvelles exigences aux décideurs politiques partout dans le monde, et le monde pourrait connaître une longue période de bouleversements, a-t-elle déclaré.

La Corée du Sud, qui fournit environ les deux tiers des semi-conducteurs dans le monde, craint également un impact de la guerre sur la production mondiale de ceux-ci, dont l'approvisionnement dépend largement du Moyen-Orient.

"Les responsables ont évoqué la possibilité d'une perturbation de la production de semi-conducteurs si certains de ces matériaux essentiels ne pouvaient plus être approvisionnés depuis le Moyen-Orient", a déclaré un député du parti au pouvoir en Corée du Sud, ajoutant que les entreprises sud-coréennes s'approvisionnaient en certains matériaux essentiels à la fabrication de puces, tels que l'hélium, depuis le Moyen-Orient.

02h00

Explosion d'un pétrolier dans le détroit d'Ormuz

Le capitaine d'un pétrolier à l'ancrage rapporte avoir entendu et vu une importante explosion au sud-est de Moubarak al Kabir, au Koweït, a dit l'agence britannique des opérations maritimes commerciales (UKMTO). Du pétrole a été observé dans l'eau, ce qui pourrait avoir un impact environnemental. Le Koweït affirme que l'incident impliquant un pétrolier s'est produit en dehors de ses eaux territoriales.

Sept navires de la Corée du Sud transportant du pétrole brut sont bloqués dans le détroit d'Ormuz, selon Reuters.

Le corps des Gardiens de la Révolution islamique iranienne a dit mercredi que la marine avait le "contrôle complet" du détroit d'Ormuz, menaçant tout navire qui tenterait d'emprunter cette voie essentielle au trafic mondial des hydrocarbures.

01h00

Le Qatar évacue les résidents vivant près de l'ambassade américaine

Le Qatar évacue les résidents vivant à proximité de l'ambassade américaine à Doha à titre de "mesure de précaution temporaire", a déclaré jeudi matin le ministère de l'Intérieur du pays du Golfe.

"Un hébergement approprié leur a été fourni dans le cadre des mesures préventives nécessaires", a indiqué le ministère dans un communiqué.

00h50

Le Sénat américain refuse de limiter les pouvoirs de Donald Trump

Une majorité du Sénat américain a soutenu mercredi la campagne militaire du président Donald Trump contre l'Iran, en votant pour bloquer une résolution visant à mettre fin à la guerre en Iran et à exiger que toute offensive soit autorisée par le Congrès.

© AURELIEN MORISSARD / PISCINE/EPA/MaxPPP

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une réunion du Conseil national de défense et de sécurité sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, au palais de l'Élysée, à Paris, le 1er mars 2026.
  •  

De la RFA à aujourd’hui : comment l’Allemagne a su se réinventer

Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.

Il y a quelques jours, le chancelier allemand Friedrich Merz était en Chine puis aux Etats-Unis, tant pour défendre l’économie allemande, que pour parler au nom de toute l’Union européenne. Des déplacements qui illustrent la nouvelle place que souhaite désormais prendre l’Allemagne, comme on peut le lire cette semaine dans les pages de L’Express.

Car depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le modèle allemand s’est retrouvé ébranlé. La réussite allemande reposait sur un gaz russe très bon marché, la forte proximité avec les Etats Unis, et des exportations très élevées vers la Chine. Ces piliers de la croissance allemande se sont écroulés : les robinets du gaz ont été fermés, la confiance s’étiole avec Washington notamment sur le dossier ukrainien, et l’industrie chinoise monte en gamme dans les secteurs phares pour l’Allemagne comme l’automobile.

A ces difficultés s’ajoute l’instabilité politique. L’après Merkel a été complexe, les coalitions se sont révélées impossibles. Et le résultat, c’est un pays immobile face à ces nouveaux défis.

Mais l’Allemagne est en pleine révolution. Sur le plan diplomatique, Berlin compte bien retrouver sa place en Europe, notamment en s’éloignant du couple franco-allemand. Déjà en difficulté avec le chancelier Olaf Scholz, la relation entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz semble au point mort. Le nouveau chancelier poursuit aussi l’éloignement avec l’allié américain, et se rapproche de l’Italie de Meloni.

Un tournant pris également concernant la défense. Alors que le sujet de l’armée restait tabou dans l’opinion publique, les Allemands ont décidé d’investir massivement et de se transformer en l’une des armées les plus puissantes du Vieux Continent. En s’appuyant sur leurs atouts et notamment une économie peu endettée, ils ont mobilisé un effort spectaculaire pour se reconfigurer, en à peine un an.

Désormais, Berlin se voit à nouveau comme une puissance. Pourtant, rien n’est gagné : Friedrich Merz reste assez faible sur le volet politique intérieure, notamment face à la montée en puissance de l’extrême droite. Faire renaître l'armée prendra du temps. Et l’industrie doit être largement repensée.

Mais dans son histoire récente, l’Allemagne a dû - et su - se réinventer plusieurs fois, comme on a pu le lire dans les pages du magazine ces dernières décennies.

En 1979, alors que l'Allemagne est encore coupée en deux, sa réussite est décryptée depuis la France, loin des clichés qui ont encore cours à l'époque.

Puis, 10 ans après la chute du mur de Berlin, c'est un véritable "modèle allemand" qui est installé.

RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS

Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et CastBox.

Cet épisode a été écrit par Charlotte Baris, réalisé par Jules Krot, avec Anne Marion à la documentation.

Crédits : INA, Direk von ort

Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent

Visuel : Alice Lagarde

Comment écouter un podcast ? Suivez le guide.

© EPA

Le chancelier allemand Friedrich Merz avant sa rencontre avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, à la 62e Conférence sur la Sécurité de Munich, le 13 février 2026. EPA/Sean Gallup / POOL
  •  

Guerre en Ukraine : avec Starlink, l'influence hors norme du très versatile Elon Musk

Sur le front ukrainien, la température glaciale du mois de février s’est accompagnée d’un vent de panique sur les chaînes Telegram des blogueurs militaires russes. Mais celui-ci ne devait rien à la météo. "La désactivation brutale de Starlink par Musk s’avère extrêmement problématique pour nos forces, témoigne, angoissé, l’un de ces comptes très populaires et ultranationalistes. Pour l’instant, nos troupes ne disposent pas de système équivalent." Un autre, suivi par plus d’1,5 million de personnes en appelle, lui, aux dons, afin de financer des radios et palier aux "problèmes de communication" survenus parmi les troupes : "Après le blocage de Starlink, les soldats sur le front ont besoin en urgence de notre aide pour relancer l’offensive et repousser les attaques ennemies."

A l’origine de cet affolement inhabituel, Elon Musk, patron de SpaceX et de sa filiale Starlink, qui, début février, a soudainement décidé d'empêcher l'accès de l’armée russe à sa constellation de plus de 10 000 satellites, qui fournissent une connexion Internet partout sur le front. Un revers cinglant pour les forces de Poutine, mais surtout, un rappel du spectaculaire impact que peuvent avoir sur le champ de bataille les décisions de l'homme d’affaires américain, qui avait lancé ce service en 2015. "Cette connectivité par satellite est devenue cruciale, confirme Thibault Fouillet, directeur scientifique de l’Institut d’études de stratégie et de défense. Concrètement, elle permet d’échanger des informations en temps réel, de coordonner des frappes d’artillerie et de drones, ou même de guider des missiles et munitions nécessitant une connexion GPS."

Sérieuse déconvenue

Tout est parti d’un tweet. "Il semblerait que les mesures prises pour empêcher l'utilisation non autorisée de Starlink par la Russie aient porté leurs fruits", a simplement constaté le multimilliardaire le 1er février, dans un court message sur sa plateforme X. Bien que les sanctions américaines interdisent de vendre les services de Starlink à la Russie, Moscou avait, dès 2023, trouvé des moyens de contournement en mettant la main sur des terminaux permettant de s’y connecter, sur le marché noir ou par l’intermédiaire de pays tiers. Mais la mise en place par SpaceX et Kiev en février d’un système de filtrage qui autorise uniquement la connexion aux dispositifs préalablement inscrits sur une "liste blanche" - et bloque tous les autres - a brutalement privé les Russes de toute connexion.

La déconvenue est d'autant plus sévère pour l'armée russe qu'elle en avait généralisé l'usage au combat. Au point d’aller jusqu’à équiper certains drones à longue portée de terminaux, pour en démultiplier le potentiel destructeur. "L’intégration de Starlink dans leurs systèmes aériens leur permettait d’être presque insensibles au brouillage et pilotables avec une grande précision", retrace Kateryna Bondar, chercheuse au Center for Strategic and International Studies de Washington. Ces engins ont rapidement fait leurs preuves. Fin janvier, les Russes ont ainsi revendiqué des frappes avec des drones BM-35 et Molniya-2 dotés d'équipements Starlink contre plusieurs véhicules circulant sur une autoroute dans l’est du pays, et même contre deux trains - des cibles en mouvement, bien plus difficiles à toucher.

Privés des technologies d’Elon Musk, les Russes tentent de s'adapter. A la mi-février, plusieurs médias du pays ont relayé le premier test d’un système baptisé Barrage-1, sorte de ballon stratosphérique censé transporter des équipements 5G et servir de relais Internet aux troupes au sol. "Ce serait plus de l’ordre de la rustine, jauge Thibault Fouillet. Pour l'heure, il n’existe pas de capacité clé en main qui leur permettrait de remplacer les performances et la fiabilité de la constellation spatiale d’Elon Musk." Il faut dire que le projet "Rassvet", le Starlink "made in Russia" piloté par la société privée Bureau 1440, a du plomb dans l’aile. Le lancement de ses 16 premiers satellites initialement prévu en 2025 a dû être reporté… faute d'avoir été assemblés à temps. A court de solutions, Moscou cherche désormais à soudoyer des Ukrainiens pour qu’ils enregistrent à leur nom des terminaux destinés à être utilisés par les forces russes. Deux habitants de la région d'Odessa ont d'ores et déjà été arrêtés pour ce motif le 24 février, et accusés de haute trahison par Kiev.

En attendant, l’armée ukrainienne a habilement su tirer parti de ce coup de pouce donné par le patron de Starlink. Rien qu’en février, ses contre-attaques lui ont permis de réaliser des gains inédits depuis plus d’un an et demi, en libérant jusqu’à 200 kilomètres carrés, selon les données de l’Institute for the Study of War de Washington. "La capacité de communication des Russes a été fortement altérée et c’est très problématique en première ligne, souligne Katja Bego, chercheuse à la Chatham House, à Londres. Cela en dit long sur l'état de leur armée, censée être l'une des meilleures du monde, mais totalement dépendante d'un système externe."

Une dépendance qui interroge

L’Ukraine n’en reste pas moins tributaire de ce service aux mains d’un Elon Musk aussi versatile qu’imprévisible. Son positionnement ambigu sur le conflit n’avait d’ailleurs pas manqué d’éveiller les craintes en mars dernier. "Mon système Starlink est l'épine dorsale de l'armée ukrainienne. Toute leur ligne de front s'effondrerait si je le coupais", s'était-il énervé sur X, quelques jours après l’altercation inédite entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump dans le bureau Ovale. Effondrement ou pas, la connectivité permanente offerte par Starlink est effectivement précieuse à plus d’un titre. Dans les endroits les plus reculés, elle est essentielle pour faire tourner le système Delta, une plateforme clé pour organiser l'action des troupes ukrainiennes sur le front.

Ce n’est pas sa seule application. "Tous les drones maritimes ukrainiens reposent sur Starlink pour pouvoir être contrôlés à distance avec une faible latence, souligne Kateryna Bondar, du CSIS. En cas de coupure, l’Ukraine se retrouverait quasiment sans force navale." Par le passé, le magnat de la tech américaine n’a pas hésité à faire usage de son pouvoir pour influer sur les opérations ukrainiennes. En 2022, craignant une escalade, il avait secrètement ordonné à ses équipes de désactiver son service au large de la Crimée pour déjouer une attaque contre la flotte russe.

En l'absence de boussole claire, difficile de savoir ce qu'a en tête le milliardaire. "Nous ne le considérons ni comme un héros, ni comme un ennemi, jauge Lesia Orobets, fondatrice de l’ONG ukrainienne Price of Freedom, qui œuvre à la protection du ciel ukrainien. Mais l’influence que peuvent avoir ses décisions sur le cours de la guerre et le sort de milliers de vies ne fait que démontrer l’immense responsabilité qui est la sienne."

Au-delà de Kiev, les chancelleries européennes s’interrogent elles aussi sur une solution de secours. Le franco-britannique Eutelsat, avec sa constellation de satellites OneWeb, pourrait-il s’y substituer ? "Même si elle ne dispose pas encore des moyens de Starlink, cette entreprise a récemment gagné de nombreux clients, note Katja Bego, de la Chatham House. De plus en plus de pays européens l’envisagent comme un moyen de ne pas dépendre des services d’Elon Musk." En mars dernier, sa PDG, Eva Berneke, avait affiché l’ambition d’atteindre à terme 40 000 terminaux en Ukraine – soit rigoureusement le nombre de ceux déployés par Starlink. Une telle opération nécessiterait toutefois du temps, et surtout, beaucoup d’argent. D’ici là, Kiev n’a guère d’autres choix que s’assurer les bonnes grâces de l'imprévisible Elon Musk.

© REUTERS

"Psycho", 22 ans, membre de la 80e brigade aéroportée indépendante, déconnecte son terminal Starlink, à proximité de la ligne de front, dans la région de Kreminna, en Ukraine, le 6 janvier 2023.
  •  

Guerre en Iran : la CIA souhaiterait soutenir des milices kurdes pour provoquer un coup d'Etat

Après être intervenus en Iran par l'extérieur, les États-Unis souhaitent désormais agir de l'intérieur. Selon CNN, la CIA et l'administration Trump sont en discussion avec plusieurs groupes d'opposition iraniens et des dirigeants kurdes irakiens pour les soutenir militairement. Une manière de faciliter un soulèvement populaire, alors que les bombardements ayant tué l'ayatollah Khamenei et des dizaines de dignitaires iraniens ont fortement fragilisé le régime.

Selon CNN, citant un haut responsable kurde, Donald Trump s'est notamment entretenu mardi avec le président du Parti démocratique du Kurdistan iranien (KDPI), Mustafa Hijri. Son groupe avait été ciblé par le Corps des Gardiens de la révolution islamique, à l'instar des autres groupes kurdes qui opèrent le long de la frontière entre l'Irak et l'Iran. Au total, plusieurs milliers de combattants kurdes seraient mobilisés dans cette zone, notamment dans le Kurdistan irakien. Selon Axios, le milliardaire avait déjà échangé dimanche avec les dirigeants des deux principales factions kurdes irakiennes, Masoud Barzani du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et Bafel Talabani de l'Union patriotique du Kurdistan (PUK), pour discuter de l'opération militaire en Iran.

Le soutien irakien nécessaire

Depuis le début de la guerre, alors que plusieurs groupes kurdes iraniens ont fait allusion à des actions militaires contre les forces iraniennes, une opération terrestre pourrait aussi être déclenchée dans les prochains jours, selon ce responsable, à condition d'un soutien militaire américain et israélien. Car sans le soutien américain et israélien, les Kurdes n'ont pas la capacité militaire et structurelle de renverser le pouvoir iranien.

Mais l'armement des groupes kurdes iraniens n'est pas pour autant une tâche simple pour les Américains. Pour que les armes circulent vers les Kurdes iraniens, il faut avoir le soutien des groupes kurdes irakiens et ainsi utiliser le Kurdistan irakien comme terrain de lancement. Un point que le conseiller à la sécurité nationale de l'Irak, Qasim al-Araji, a justement refusé dans un communiqué, affirmant que son pays n'autorisera pas les factions kurdes "à infiltrer ou à traverser la frontière iranienne pour effectuer des actes terroristes depuis le territoire irakien".

Malgré la proximité historique entre les Kurdes et les États-Unis, le comportement imprévisible de Donald Trump pourrait aussi refroidir les factions souhaitant s'allier à eux. D'autant qu'en 2019, il les avait justement abandonnés à leur sort en Syrie, en retirant les troupes américaines du pays. "Il ne fait aucun doute que le peuple kurde s'oppose massivement au régime de la République islamique d'Iran, estime un haut responsable du gouvernement régional du Kurdistan. Pourtant, ils craignent aussi d'être abandonnés une fois de plus." En Syrie, le rapprochement entre l'administration Trump et le gouvernement syrien d'Ahmed al-Charaa a fait perdre une grande partie de son influence depuis janvier à la milice kurde syrienne des Forces démocratiques syriennes (FDS), pourtant historiquement alliée aux États-Unis dans la lutte contre l'État islamique.

Les craintes d'un nouvel abandon américain

Si la CIA a refusé de répondre aux informations de CNN, le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth a affirmé qu'"aucun de nos objectifs ne se fonde sur le soutien à l'armement d'une force particulière. Nous sommes donc conscients de ce que d'autres entités peuvent faire, mais nos objectifs ne sont pas centrés sur cela." D'autant que la réalité du terrain contredit les négations d'Hegseth. Depuis le début de l'offensive israélo-américaine, Tsahal frappe les avant-postes militaires du nord-ouest du pays, le long de la frontière avec l'Irak. Une manière d'affaiblir les défenses frontalières iraniennes et de faciliter l'entrée de soldats kurdes dans le pays. Ces frappes pourraient s'intensifier dans les prochains jours.

Dès les premières heures de l'offensive en Iran, Donald Trump avait exhorté les Iraniens à prendre le pouvoir dans leur pays. "L'heure de votre liberté est à portée de main", avait-il déclaré avant même la fin des premiers bombardements et la confirmation de la mort du Guide suprême Ali Khamenei. Une éventualité à laquelle ne croit pas Donald Heflin, ancien ambassadeur américain qui enseigne désormais à la Fletcher School de l'Université de Tufts, interrogé par The Conversation. "Il est difficile pour les gens qui n'ont pas d'armes dans les mains de faire tomber un régime très étroitement contrôlé qui dispose de beaucoup d'armes", ajoutant que pendant la guerre du Golfe, la population irakienne n'avait pas pu prendre le pouvoir, réprimée par Saddam Hussein, malgré les bombardements américains.

Mercredi soir, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a démenti ces informations citées par plusieurs médias américains. Elle a revanche confirmé que le président américain avait "parlé avec des dirigeants kurdes" au sujet de la base dont disposent les Etats-Unis dans le nord de l'Irak.

© via REUTERS

Donald Trump aux côtés du directeur de la CIA John Ratcliffe, de la cheffe de cabinet de la Maison-Blanche Susie Wiles et du secrétaire d'État Marco Rubio, lors des opérations militaires en Iran, à Mar-a-Lago le 28 février 2026.
  •  

Iran : Mojtaba Khamenei, le fils du Guide suprême qui pourrait hériter du pouvoir

Un Khamenei peut en cacher un autre. Quatre jours après la mort d'Ali Khamenei, son second fils Mojtaba semble s'imposer comme le premier choix pour devenir le prochain Guide suprême. Lors de deux réunions virtuelles de l'Assemblée d'experts iranienne, composée des 88 principaux clercs du régime, le nom de Mojtaba a été coché comme le principal candidat pour succéder à son père, selon plusieurs responsables iraniens, sous couvert d'anonymat. Selon le New York Times, le choix aurait dû être annoncé ce mercredi matin mais plusieurs réserves avaient été exprimées, craignant qu'il ne devienne une cible pour les États-Unis et Israël. Une frappe israélienne a d'ailleurs détruit le bâtiment où devaient se réunir initialement les membres de l'Assemblée. Selon l'agence de presse, proche du pouvoir iranien, il était vide lors du bombardement.

Figure influente du régime iranien, très proche des Gardiens de la révolution, Mojtaba Khamenei manœuvre depuis longtemps dans les arcanes du pouvoir. Alors qu'il gérait jusque-là le Beit, le bureau chargé de valider toutes les décisions prises par l’Etat iranien, l'homme de 56 ans a longtemps été perçu comme l'héritier politique de son père, même s'il avait petit à petit disparu de la scène ces dernières années. "Mojtaba est le choix le plus sage en ce moment parce qu'il est intimement familier avec la gestion et la coordination des appareils de sécurité et militaires, selon l'analyste iranien Mehdi Rahmati au New York Times. Il était en charge de cela."

Une future dynastie Khamenei ?

Adepte de la ligne dure du régime, le fils de l'ancien ayatollah a étudié la théologie au séminaire de Qom, à l'instar de son père et d'Ali Larijani, qui assure l'intérim à la tête de l'Iran, le temps de choisir un nouveau Guide suprême. S'il n'a jamais exercé de fonctions publiques, ce qui pourrait être un frein à sa nomination, Mojtaba Khamenei s'est construit une légitimité révolutionnaire en servant dans l'armée iranienne à partir de ses 17 ans, notamment lors de la guerre contre l'Irak.

Mais la nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père serait un paradoxe dans le régime : il est construit sur la révolution de 1979, qui s'opposait fermement à la monarchie des Pahlavi. Alors que le fils Khamenei est vu comme un potentiel successeur depuis plusieurs années, l'ancien Premier ministre iranien Mir Hossein Moussavi s'en était justement étonné en 2022. "Des rumeurs sur ce complot circulent depuis 13 ans. S'ils ne le poursuivent pas vraiment, pourquoi ne démentent-ils pas une telle intention une fois pour toutes ?", avait-il écrit en 2022, selon le Guardian. Des soupçons qu'avait balayé l'Assemblée des experts, qui avait affirmé sélectionner "les plus qualifiés et les plus appropriés".

L'élection de Mojtaba Khamenei comme prochain Guide suprême enverrait un message fort, autant en Iran qu'à l'international. Alors que son nom est porté par les Gardiens de la révolution, il serait le symbole d'une continuité à la tête du pays pour les partisans du pouvoir en place, alors que le régime connaît l'une des périodes les plus instables de son histoire depuis plusieurs jours. En revanche, pour les opposants au régime des mollahs, le "fils de" est l'un des responsables politiques du pouvoir qui a tué au moins 7 000 Iraniens lors des violentes manifestations ces derniers mois. Pour les réformistes iraniens, il est l'un des acteurs clés de la sanglante répression du "mouvement vert" de 2009, qui dénonçait des fraudes à l'élection présidentielle.

115 millions d'euros de patrimoine

Un nom clivant en Iran, qui représente la corruption et les détournements du régime en place. En janvier dernier, une enquête de Bloomberg révélait que le fils Khamenei était à la tête d'un empire immobilier de luxe à travers le monde, construit notamment grâce aux revenus pétroliers du pays. Contournant les sanctions américaines qui le visent depuis 2019, il est derrière onze propriétés à Londres, une villa à Dubaï, des hôtels cinq étoiles à Francfort et à Majorque, des comptes en banque en Suisse, au Liechtenstein ou encore aux Émirats arabes unis, pour une valeur totale supérieure à 100 millions de livres sterling (près de 115 millions d'euros). Loin de l'image humble que le régime souhaite envoyer à sa population. Selon l'enquête, le dirigeant iranien se serait caché derrière un tentaculaire réseau de sociétés écrans. De nombreux documents seraient également au nom du magnat de la construction iranien Ali Ansari.

À l'international, le choix de Mojtaba serait un bras d'honneur aux Américains et la preuve que le régime ne souhaite pas négocier avec eux. Sur la question du successeur du Guide suprême, Donald Trump a affirmé, mardi, lors d'une conférence de presse, qu'il voulait éviter le "pire" scénario. "Quelqu'un prend le relais qui est aussi mauvais que la personne précédente", a-t-il précisé. La ligne anti-occidentale que Mojtaba représente ne risque pas de faciliter le dialogue avec les États-Unis. D'autant qu'il pourrait en faire une affaire personnelle : si son père est mort dans le bombardement, il a également perdu sa femme, sa mère et l'un de ses fils.

© Saeid Zareian/dpa/picture-alliance/Newscom/MaxPPP

Mojtaba Khamenei (au centre), fils du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, est photographié lors d’une manifestation marquant la Journée d’al-Quds (Journée de Jérusalem).
  •  

Guerre en Iran : ces questions autour du déploiement du Charles de Gaulle en Méditerranée

Il aurait dû continuer ses exercices avec l'Otan en Atlantique Nord, où il participait à la mission "Lafayette 26". Il se dirige finalement vers le sud, en Méditerranée. Dans son allocution mardi soir à la télévision, Emmanuel Macron a annoncé le départ du porte-avions français Charles de Gaulle vers la Méditerranée. "Nous avons des accords de défense qui nous lient au Qatar, au Koweït et aux Émirats arabes unis, a annoncé le président dans son discours. Ces derniers sont particulièrement ciblés, et nous leur devons de la solidarité". Le bâtiment français va participer à la construction d'une coalition pour sécuriser notamment le transport maritime, alors que le détroit d'Ormuz est fermé par l'Iran.

Parti dès mardi soir, le bâtiment de 261 mètres devrait arriver dans la zone dans une dizaine de jours selon le ministère de la Défense. Fort d'un équipage de près de 1 900 marins, il tient sa force dans son groupe aérien embarqué qu'il transporte, qui peut être composé de 40 aéronefs : des avions de combat Rafale Marine, des Grumman E-2 Hawkeye, des avions américains de commandement équipés de radars, ou encore des hélicoptères Caïman Marine. Au total, 600 marins sont chargés du groupe aérien embarqué. Mis en service en 2001, en remplacement du porte-avions Foch, il transporte également plusieurs armes de combat comme des canons, des mitrailleuses et des systèmes anti-missiles, précise le ministère de la Défense.

"Légitime défense"

Mais le Charles de Gaulle ne se déplace pas seul en Méditerranée. Le groupe aéronaval français, articulé autour de son porte-avions, est aussi composé de plusieurs frégates de défense, d'un pétrolier ravitailleur ou encore d'un sous-marin nucléaire d'attaque. En Méditerranée, il rejoint le plus grand porte-avions, le bâtiment américain USS Gerald R. Ford, arrivé mercredi dans la zone.

Interrogée mardi soir par BFMTV sur la mission du porte-avions français, Alice Rufo, la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, a tenté de rassurer sur l'utilisation de ces armes, niant l'entrée de la France dans la guerre. "On est sur une logique défensive, de défense de nos intérêts", a-t-elle affirmé, qualifiant la présence française en mer Méditerranée de "légitime défense"." Selon elle, l'arrivée du Charles de Gaulle permet d'apporter "des moyens aériens supplémentaires". "C'est une capacité d'agir de manière plus active, plus efficace, plus rapide", a-t-elle ajouté.

Dissuasion nucléaire

Mais le déploiement en Méditerranée du Charles de Gaulle a aussi une dimension symbolique, une "démonstration de puissance" pour Alice Rufo. "C'est un signalement stratégique, a-t-elle reconnu sur BFMTV. Ça veut dire que nous défendons nos intérêts, que nous sommes là". Seul porte-avions à propulsion nucléaire à ne pas être américain, seul porte-avions de l'Union européenne, le Charles de Gaulle permet à la France d'affirmer sa puissance.

Un signe fort, qui résonne avec le discours sur la dissuasion nucléaire, prononcé par Emmanuel Macron le lundi 2 mars. "Notre dissuasion est robuste et efficace. Tous ceux qui auraient l'audace de s'en prendre à la France savent le prix insoutenable qu'il y aurait à payer", a notamment lancé le chef de l'État, depuis la base militaire de l'Île Longue dans le Finistère, devant le sous-marin nucléaire Le Téméraire.

Au-delà du déploiement du Charles de Gaulle, la France a également envoyé la frégate "Languedoc" aux abords de Chypre, membre de l'Union européenne. Arrivée mardi soir, elle devra œuvrer à la sécurisation de l'île, où la base britannique Akrotiri a été touchée par des drones ces derniers jours. Polyvalente dans son utilisation, la frégate peut autant servir d'escorte que pour la lutte anti-sous-marine et antiaérienne. Deux frégates grecques sont aussi sur place.

© via REUTERS

Le porte-avions français Charles de Gaulle, à Malmö en Suède, le 25 février 2026.
  •  

Guerre en Iran : l'Otan détruit un missile balistique qui se dirigeait vers la Turquie

Un missile balistique tiré depuis l'Iran et se dirigeant vers l'espace aérien turc a été intercepté mercredi 4 mars par les systèmes de défense de l'Otan déployés en Méditerranée orientale, a déclaré le ministère turc de la Défense. "Un missile balistique tiré depuis l'Iran, qui avait traversé les espaces aériens de l'Irak et de la Syrie avant d'être détecté comme se dirigeant vers l'espace aérien turc, a été intercepté et neutralisé par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan stationnés en Méditerranée orientale [...] Aucun mort ni blessé n’a été signalé lors de cet incident", a indiqué le ministère turc de la Défense dans un communiqué publié sur X.

Statement Regarding the Neutralized Ballistic Munition#MillîSavunmaBakanlığı pic.twitter.com/wFjZuoAgPI

— T.C. Millî Savunma Bakanlığı (@tcsavunma) March 4, 2026

Un débris issu de la munition d'interception est toutefois retombé dans le district de Dörtyol, province de Hatay, dans le sud-est de la Turquie, une zone proche de la frontière syrienne.

"Toute action hostile recevra la réponse appropriée"

"Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays", a ajouté le ministère. L'ambassadeur iranien à Ankara sera convoqué au ministère des Affaires étrangères, a indiqué une source diplomatique turque.

Burhanettin Duran, directeur des communications de la présidence turque, a renchéri sur la plateforme : "Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du droit international. La consultation et la coopération avec l'Otan et nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus." Il a également exhorté toutes les parties à "s'abstenir de toute action susceptible d'exacerber les tensions" régionales.

Par la voix de sa porte-parole Allison Hart, l’Alliance atlantique a "condamné le ciblage" de la Turquie par l'Iran. "L'Otan se tient fermement aux côtés de tous les alliés, y compris la Turquie, au moment où l’Iran poursuit ses attaques indiscriminées dans toute la région", a-t-elle déclaré.

© via REUTERS

Un missile est lancé lors d'un exercice dans le sud de l'Iran, comme le montre cette image diffusée le 17 février 2026.
  •  

Iran : comment les tentatives d'assassinat contre Donald Trump ont influencé sa décision d'attaquer Téhéran

La justification de la guerre menée par Washington en Iran, aux côtés d'Israël, semble encore floue cinq jours après le début des frappes dans la région. Dans une tentative d'explication, Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, avait expliqué lundi devant les journalistes que les frappes avaient débuté samedi face à "une menace imminente" d'une attaque de l'Iran sur Israël, instillant l'idée que Tel-Aviv aurait poussé Washington à agir.

Mais le président américain ne semble pas tout à fait en accord avec cette justification, suggérant même l'inverse. Mardi, Donald Trump a ainsi déclaré que ces frappes étaient prévues de longue date et que c'est probablement lui qui "leur a forcé la main [à Israël, NDLR]", et non l'inverse. Et d'ajouter : "Si nous n'avions pas frappé, ils auraient attaqué en premier. J'en étais convaincu. Cela devait être fait", a-t-il dit.

Une dimension personnelle

A ce jour, Donald Trump n'a toujours pas fourni de preuves expliquant pourquoi son administration pensait que l'Iran constituait une menace imminente pour les Etats-Unis. Toutefois, le président américain aurait reconnu dimanche auprès de journalistes, et notamment du correspondant à Washington de la chaîne ABC News, Jonathan Karl, que ces frappes en Iran avait une dimension personnelle pour lui. Selon le journaliste, le président a rapporté le fait que les efforts de l'Iran pour l'assassiner en 2024, lors de la campagne présidentielle, ont pu faire partie des facteurs dans la décision de lancer l'opération conjointe américano-israélienne qui a tué l'ayatollah Ali Khamenei.

"Je l'ai eu avant qu'il ne m'ait eu", aurait déclaré Donald Trump dans son échange avec ABC News. "Je l'ai eu en premier", rapporte le journaliste citant directement le président américain.

"Ils ont essayé deux fois"

En 2024, quand Joe Biden était encore président et candidat à la Maison-Blanche, les services secrets américains avaient alors indiqué que l'Iran avait un plan pour assassiner le candidat républicain Donald Trump, pour venger l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani dans une frappe de Washington en Irak en janvier 2020, lors du premier mandat du milliardaire. En novembre 2024, les autorités judiciaires américaines avaient ainsi annoncé l’inculpation d’un "agent de l’Iran" accusé d’avoir reçu l’ordre de Téhéran d’organiser des projets d’assassinat aux Etats-Unis visant notamment Donald Trump. Les deux tentatives d'assassinat, l'une lors d'un meeting en Pennsylvanie l'autre à sa résidence de Mar-a-lago en Floride, auxquelles le candidat Trump a échappé n'ont toutefois pas de lien avec ces menaces. Donald Trump a, lui, suggéré qu'il voyait un lien, en déclarant auprès d'ABC : "Ils ont essayé deux fois."

"Il y a un million de raisons d'éliminer des terroristes comme l'ayatollah Khamenei", a déclaré un haut responsable de l'administration, s'exprimant sous couvert d'anonymat auprès du Washington Post. "Ses complots pour assassiner le président Trump ne sont qu'une raison". L'ambassadeur de Donald Trump auprès des Nations unies, Mike Waltz, a lui même cité cet argument parmi d'autres, dès samedi, pour justifier l'attaque américaine sur Téhéran. L'Iran "est responsable d'une série d'attaques armées non provoquées contre les Etats-Unis et Israël, de violations de la Charte des Nations unies et de menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité internationales au Moyen-Orient", a-t-il déclaré lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. "Il a même tenté d'assassiner le président américain, le président Trump".

Si les raisons de l'entrée en guerre des Etats-Unis contre l'Iran restent floues, Donald Trump a toutefois énuméré lundi ses quatre objectifs : détruire les missiles de Téhéran, sa marine, réduire à néant ses ambitions nucléaires et la capacité de soutenir le terrorisme, notamment au Liban avec le Hezbollah. Il a aussi précisé que les frappes américaines devraient durer entre quatre et cinq semaines.

© REUTERS/Elizabeth Frantz

Le président américain Donald Trump s'adresse aux familles de militaires lors d'une visite à Fort Bragg, en Caroline du Nord, le 13 février 2026.
  •  

Guerre en Iran : Donald Trump menace l'Espagne, Pedro Sanchez refuse de "jouer à la roulette russe"

Le torchon brûle entre Washington et Madrid. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a réaffirmé, ce mercredi 4 mars, son opposition à l'attaque menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, suite aux menaces de Donald Trump de couper les échanges commerciaux avec l'Espagne en raison de sa position sur le conflit au Moyen-Orient.

"C’est ainsi que commencent les grandes catastrophes de l’humanité… On ne peut pas jouer à la roulette russe avec le destin de millions de personnes", a déclaré ce matin Pedro Sanchez lors d'une allocution télévisée à la nation.

Les tensions entre les deux alliés de l'Otan se sont intensifiées après que Pedro Sanchez a dénoncé les bombardements américains et israéliens en Iran, une position peu commune parmi les pays européens. Madrid est allé plus loin en interdisant aux avions américains d'utiliser les bases navales et aériennes du sud de l'Espagne pour l'offensive contre Téhéran. Un crime de lèse-majesté pour Washington, qui a été obligé de déplacer 15 appareils, dont des ravitailleurs, qui se trouvaient sur ces sites militaires.

"Nous ne voulons rien avoir à faire avec l'Espagne"

"L'Espagne est épouvantable", a lâché mardi Donald Trump dans le bureau Ovale avant de s'entretenir avec le chancelier allemand Friedrich Merz, en visite à la Maison-Blanche. "Nous allons stopper tous les échanges commerciaux avec l'Espagne. Nous ne voulons rien avoir à faire avec l'Espagne", a-t-il dit. "J'ai le droit de stopper tout cela. Des embargos - je fais ce que je veux, et on pourrait le faire contre l'Espagne".

Du côté de Madrid, pas question de céder aux menaces américaines. "La position du gouvernement espagnol peut se résumer en quatre mots : 'Non à la guerre'", a déclaré Pedro Sanchez, ajoutant que cette position n’était "pas hypocrite mais cohérente". "Nous n'allons pas nous rendre complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est contraire à nos valeurs et à nos intérêts simplement pour éviter des représailles de la part de quelqu'un", a déclaré le Premier ministre espagnol, faisant référence aux menaces commerciales de la Maison-Blanche.

L'Espagne peu dépendante des Etats-Unis

L'Espagne doit-elle vraiment craindre ces sanctions commerciales ? Réagissant aux commentaires de Donald Trump, le gouvernement espagnol a déclaré dès mardi soir dans un communiqué que les Etats-Unis devaient "garder à l'esprit l'autonomie des entreprises privées, le droit international et les accords commerciaux entre les Etats-Unis et l'Union européenne". Madrid a ajouté avoir "les ressources nécessaires pour contenir les potentielles répercussions d'un embargo commercial" imposé par les Etats-Unis et "pour soutenir les secteurs affectés."

Principal exportateur mondial d'huile d'olive, l'Espagne vend également de l'acier, des pièces automobiles détachées et des produits chimiques aux Etats-Unis. Mais elle est moins vulnérable que d'autres pays européens aux menaces de sanctions économiques émanant de l'administration Trump. En 2025, les Etats-Unis ont enregistré pour la quatrième année consécutive un excédent commercial avec l'Espagne, à hauteur de 4,8 milliards de dollars, selon des données gouvernementales américaines.

© MaxPPP

Donald Trump et Pedro Sanchez, lors d'un sommet de l'Otan, à Bruxelles, le 11 juillet 2018.
  •  

Guerre en Iran : le régime des mollahs frappe la CIA à Ryad

Parmi les frappes de drones lancées par l'Iran dans la région après l'attaque coordonnée des Etats-Unis et Israël samedi 28 février, l'une d'elles a atterri sur l'ambassade des Etats-Unis à Ryad en Arabie saoudite. Et selon le journal The Washington Post, une antenne de la CIA aurait alors été touchée. Si l'information venait à être confirmée officiellement cela "représenterait une victoire symbolique pour le régime des mollahs", écrit le quotidien, qui cherche à frapper les représentations américaines dans la région, au Qatar, en Arabie saoudite ainsi qu'aux Emirats arabes unis.

Dégâts matériels

Selon les informations du journal, deux drones se sont abattus sur le bâtiment, et plus précisément sur l'aile qui abrite la CIA. Si aucune victime n'est à déplorer, l'explosion a toutefois engendré de gros dégâts matériels, provoquant l'effondrement d'une partie du toit et un incendie. Une alerte interne du Département d'État obtenue par le Washington Post a ainsi déclaré que l'attaque du drone a "effondré" une partie du toit de l'ambassade et "contaminé" l'intérieur avec de la fumée. L'avis a déclaré que l'ambassade a subi des "dommages structurels" et que le personnel "continue de s'abriter sur place".

Néanmoins, l'étendue des dommages causés à l'agence, qui se trouvait au dernier étage de l'ambassade et est l'une des plus importantes de la région, n'est pas claire, poursuit le quotidien.

"Être pris pour cible fait partie du job"

Selon des sources proches de la CIA ou membres de la CIA elles-mêmes, la perte de cette station à Ryad n'est qu'une perturbation et cela n'affectera pas sa mission dans le pays car il existe des "solutions de contournement". "Être pris pour cible, ça fait partie du job", a déclaré un ancien officier qui a servi au Moyen-Orient. Et de poursuivre en déclarant que "la relation de liaison avec les autorités locales est si forte que je pense que les Saoudiens vont déployer le tapis rouge" pour accueillir le personnel de l'agence d'espionnage. Un autre ancien agent officier de la CIA a par ailleurs rapporté, toujours sous le couvert de l'anonymat, que "l'agence a déjà eu beaucoup d'expérience dans ce domaine au fil des ans... donc avoir une frappe de drone qui détruit le bureau est beaucoup moins perturbant que d'avoir une prise de contrôle d'une ambassade", comme cela s'est produit à Téhéran en 1979.

Depuis que les Etats-Unis et Israël ont mené des frappes contre l'Iran samedi, près de 1 250 missiles iraniens et des drones d'attaque auraient frappé le Koweït, le Qatar, Israël, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, visant des bases américaines mais aussi des cibles civiles. Mardi soir, le Pentagone a d'ailleurs publié les noms de quatre soldats américains tués dans une attaque de drone au Koweït dimanche. En outre, le Pentagone a annoncé ce mercredi que près de 2 000 frappes avaient été effectuées par les Américains en Iran, ajoutant que 17 navires iraniens, dont un sous-marin, ont été détruits. Selon le même communiqué, l'armée a par ailleurs assuré que les frappes des premières 24 heures étaient "deux fois" plus importantes que celles menées au début de l'invasion de l'Irak en 2003.

© REUTERS/Dado Ruvic/Illustration

Le logo de la CIA (Agence centrale de renseignement) et le drapeau américain apparaissent sur cette illustration prise le 6 mai 2025.
  •  

Guerre en Iran : Emmanuel Macron affirme avoir demandé à Benyamin Netanyahou "de s’abstenir d’une offensive terrestre" au Liban

Israël et les Etats-Unis poursuivent, ce mercredi 4 mars, leurs bombardements incessants sur l'Iran pour une cinquième journée, visant notamment les sites de tirs de missiles, les défenses antiaériennes et les centres de commandement du régime des mollahs. Le conflit s'est aussi étendu au Liban, où Israël laisse planer la menace d'une intervention terrestre après des tirs du Hezbollah sur son territoire.

Malgré le ciblage méthodique des dirigeants iraniens, dont le Guide suprême Ali Khamenei tué dès samedi, l'Iran continue pour sa part de riposter en tentant de frapper Israël mais aussi des pays du Golfe accueillant des forces occidentales.

Les infos à retenir

⇒ La Maison-Blanche dit avoir vu des informations "sur une possible succession de Mojtaba Khamenei"

⇒ Un missile tiré d'Iran qui visait la Turquie détruit par l’Otan

⇒ Emmanuel Macron appelle à ce que le Hezbollah libanais et Israël "reviennent à l'accord de cessez-le-feu"

20h23

Emmanuel Macron appelle à ce que le Hezbollah libanais et Israël "reviennent à l'accord de cessez-le-feu"

Le président français Emmanuel Macron a déclaré mercredi avoir parlé avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam et avoir discuté de la situation au Liban, les exhortant à la désescalade.

Dans un message publié sur la plateforme de médias sociaux X, Emmanuel Macron a déclaré que la stratégie d'escalade du Hezbollah constituait une grave erreur qui mettait en danger toute la région. "J'ai réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà. Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région.De même, j'ai appelé le Premier ministre israélien à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à s’abstenir d’une offensive terrestre. Il est important que les parties reviennent à l’accord de cessez-le-feu", a-t-il indiqué.

Je me suis entretenu ce jour avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, ainsi qu'avec le Président de la République libanaise Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, pour évoquer la situation au Liban, qui est très préoccupante.

J'ai réaffirmé la nécessité…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 4, 2026

19h42

Les Américains sont favorables à des frappes contre l'Iran, selon la Maison-Blanche

Le président américain Donald Trump estime que les Américains soutiennent les frappes militaires américaines contre l'Iran, a déclaré mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

"Le président est suffisamment intelligent pour ne pas se laisser tromper par les nombreux titres mensongers publiés par certaines personnes ici présentes, qui prétendent que son action était injustifiable", a déclaré Leavitt lors d'une conférence de presse. "Il s'agit d'un régime terroriste voyou qui menace les États-Unis, nos alliés et notre peuple depuis 47 ans, et les Américains sont suffisamment lucides pour le savoir."

19h30

La Maison-Blanche dit avoir vu des informations sur une possible succession de Mojtaba Khamenei

Les États-Unis ont pris connaissance d'informations selon lesquelles Mojtaba Khamenei, le fils du Guide suprême iranien assassiné, serait en tête de liste pour lui succéder, et les agences de renseignement américaines surveillent de près la situation, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, lors d'un point de presse mercredi.

17h55

"Le gouvernement iranien justifie la nécessité de sa chute", dit Kaja Kallas

Par ses actions, en attaquant de manière indiscriminée ses voisins, le gouvernement iranien justifie la nécessité de sa chute, dit la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors d'une visite à Varsovie. "La stratégie de l'Iran est de semer le chaos et de mettre la région en feu", dit-elle devant les journalistes.

17h30

L'"agression" israélo-américaine n'a laissé d'autre choix à Téhéran que de se défendre, déclare Masoud Pezeshkian

"Dirigeants respectés de nos pays amis et voisins, nous avons tenté d'éviter la guerre avec votre aide et par la voie diplomatique, mais l'attaque militaire américano-sioniste ne nous a laissé d'autre choix que de nous défendre", a déclaré sur X le président de l'Iran, Masoud Pezeshkian. "Nous respectons votre souveraineté et restons convaincus que la paix régionale doit être garantie par les pays de la région", a-t-il ajouté.

روسای محترم کشورهای دوست و همسایه ما کوشیدیم با کمک شما و از طریق دیپلماسی از جنگ اجتناب کنیم اما حمله نظامی آمریکایی صهیونی هیچ راه دیگری جز دفاع از خود برای ما باقی نگذاشت ما به حاکمیت شما احترام می‌گذاریم و هنوز هم معتقدیم آرامش منطقه باید به دست کشورهای منطقه تامین شود https://t.co/6s6dYepSmv

— Masoud Pezeshkian (@drpezeshkian) March 4, 2026

17h17

L'Iran a tort d'étendre la guerre à des pays qui ne l'ont pas attaqué, déclare la Pologne

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a déclaré mercredi que l'Iran commettait des erreurs en étendant la guerre à des pays qui ne l'avaient pas attaqué, après que la Turquie a affirmé que les défenses aériennes de l'Otan avaient détruit un missile iranien qui se dirigeait vers l'espace aérien turc.

"L’Iran étend la guerre à des pays qui ne l’ont pas attaqué, à un pays de l’Otan et à un pays de l’UE. Comme le dit l’adage, c’est pire qu’un crime, c’est une erreur", a déclaré Sikorski après une réunion du Conseil des États de la mer Baltique.

16h10

Missile iranien tiré vers la Turquie : l'ambassadeur d'Iran à Ankara convoqué

La Turquie a convoqué mercredi l'ambassadeur iranien à Ankara à son ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de sa protestation et de ses inquiétudes concernant un missile balistique tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers son espace aérien, a déclaré une source diplomatique turque.

15h13

L'UE s'inquiète de la flambée des prix de l'énergie provoquée par l'Iran

L'Union européenne a mis en garde ses États membres contre la flambée des prix du gaz provoquée par la crise iranienne, mais n'a constaté aucune menace immédiate sur les approvisionnements et n'a pas prévu de réponse d'urgence, ont déclaré des responsables à Reuters. Les marchés mondiaux du pétrole et du gaz ont été secoués par la guerre américano-israélienne contre l'Iran et par les attaques iraniennes au Moyen-Orient, interrompant la production de GNL qatari et les expéditions d'énergie via le détroit d'Ormuz.

Le prix de référence du gaz en Europe, le contrat néerlandais à terme du mois suivant sur le hub TTF TFMBMc1, a légèrement baissé mercredi, après avoir atteint des sommets en trois ans lors des échanges de mardi - culminant à 65,79 euros/MWh, soit plus du double des prix de la semaine dernière. La Commission européenne a fait part à ses membres, lors de visioconférences, de son inquiétude face à la flambée des prix du pétrole et du gaz, mais a affirmé qu'il n'y avait pas de risque immédiat pour les approvisionnements de l'UE, selon quatre responsables au fait des discussions.

La Commission a indiqué que, pour l'instant, l'UE ne prévoyait pas de mesures d'urgence en réponse.

15h10

Les États-Unis éliminent le chef iranien du complot visant à assassiner Trump

L'armée américaine a déclaré avoir tué un responsable iranien qui dirigeait une unité à l'origine d'un prétendu complot d'assassinat contre le président Donald Trump, mais que la cible n'était pas l'objectif initial de la guerre. "Le chef de l'unité qui a tenté d'assassiner le président Trump a été traqué et tué. L'Iran a essayé de tuer le président Trump, et c'est le président Trump qui a eu le dernier mot", a déclaré le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, lors d'un point de presse.

"Bien que cela n'ait absolument pas été l'objectif principal de cette opération – en fait, ni le président ni personne d'autre n'en ait jamais parlé –, je me suis assuré, et d'autres se sont assurés, que les responsables de cela figurent finalement sur la liste des personnes visées", a déclaré Hegseth aux journalistes. Pete Hegseth n'a pas nommé la personne, mais a indiqué que l'opération avait eu lieu hier.

13h55

L'armée américaine a frappé un navire militaire iranien au large du Sri Lanka

L'armée américaine a mené une frappe contre un bâtiment de guerre iranien au large des côtes du Sri Lanka, ont déclaré ce mercredi à Reuters trois responsables américains.

L'un des responsables, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat, a précisé que l'attaque avait été menée par un sous-marin américain.

13h40

Israël ordonne l'évacuation d'une vaste zone du sud du Liban

Israël a ordonné ce mercredi l'évacuation d'une partie du sud du Liban, y compris la ville de Tyr, demandant aux habitants de se déplacer au nord du fleuve Litani, au troisième jour d'hostilités avec le Hezbollah, le groupe libanais soutenu par l'Iran.

Alors qu'Israël avait déjà averti les habitants de dizaines de villages du sud de quitter le pays, l'ordre d'évacuation de mercredi est plus large, couvrant une zone située entre la frontière et le fleuve Litani, qui se jette dans la Méditerranée à environ 10 kilomètres au nord de Tyr, une ville portuaire historique et l'une des plus grandes du Liban.

Le Liban est devenu un théâtre d'opérations majeur dans la guerre qui ravage la région depuis l'attaque menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. Lundi, le Hezbollah a lancé des drones et des roquettes sur l'Etat hébreu, provoquant une riposte israélienne qui a fait des dizaines de morts. Plusieurs milliers de Libanais ont déjà fui leurs foyers. Le porte-parole de Tsahal Effie Defrin a déclaré que l'armée israélienne avait attaqué plus de 250 cibles du Hezbollah au Liban en l'espace de 48 heures.

12h50

La Turquie affirme que les défenses de l'Otan ont détruit un missile tiré d'Iran

Les systèmes de défense antiaérien et antimissile de l'Otan stationnés en Méditerranée orientale ont détruit un missile balistique tiré d'Iran alors qu'il pénétrait dans l'espace aérien turc après avoir survolé la Syrie et l'Irak, a déclaré mercredi le ministère turc de la Défense.

C'est la première fois que la Turquie, membre de l'Otan et voisine de l'Iran, est impliquée dans le conflit grandissant entre Téhéran et les États-Unis et Israël, qui touche désormais plusieurs pays de la région.

"Nous mettons en garde toutes les parties contre toute action susceptible d'aggraver le conflit dans la région. Dans ce contexte, nous poursuivrons nos consultations avec l'Otan et nos autres alliés", a déclaré le ministère, précisant qu'il n'y avait ni morts ni blessés. "Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec résolution et sans hésitation. Nous rappelons à toutes les parties que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays", a-t-il ajouté.

Ankara a déclaré que des débris du missile de défense antiaérien qui a intercepté le missile balistique sont tombés dans le district de Dortyol, dans la province de Hatay, au sud-est de la Turquie.

12h20

L'hommage national pour Ali Khamenei prévu ce mercredi soir à Téhéran est "reporté"

"La cérémonie d’adieu à la mosquée de Téhéran a été reportée et un nouveau programme sera communiqué ultérieurement", a annoncé ce matin l’agence de presse d'Etat Tasnim.

11h55

Emmanuel Macron convoque un nouveau Conseil de défense et de sécurité

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a annoncé ce matin lors du compte rendu du Conseil des ministres qu'Emmanuel Macron avait convoqué pour ce mercredi soir un nouveau Conseil de défense et de sécurité à l'Elysée.

EN DIRECT | Compte rendu du Conseil des ministres du 4 mars 2026. https://t.co/VFgk5U9znB

— Élysée (@Elysee) March 4, 2026

11h00

L'Iran sur le point de choisir un nouveau Guide suprême ?

L'Iran est sur le point de choisir un nouveau Guide suprême pour remplacer l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré ce mercredi à la télévision d'État un membre de l'Assemblée des experts iraniens, chargée de choisir le nouveau dirigeant.

"Le Guide suprême sera identifié dès que possible, nous sommes proches d'une conclusion, cependant le pays est en situation de guerre", a déclaré l'ayatollah Ahmad Khatami à la télévision d'État.

10h40

Au moins 101 personnes sont portées disparues après une attaque de sous-marin contre un navire iranien au large du Sri Lanka

Au moins 101 personnes sont portées disparues et 78 blessées après une attaque de sous-marin contre un navire iranien au large des côtes du Sri Lanka, ont indiqué mercredi à Reuters des sources au sein de la marine et du ministère de la Défense sri-lankais.

10h10

Un F-35 israélien a abattu un avion de chasse iranien au-dessus de Téhéran

"Un avion impressionnant (F-35I) de l’armée de l’air israélienne a abattu il y a peu un avion de chasse iranien (YAK-130) au-dessus du ciel de Téhéran", a annoncé Tsahal dans un communiqué publié sur Telegram. "C’est la première interception au monde d’un avion de chasse piloté par un F-35", se félicite le porte-parole de l'armée israélienne cité dans le communiqué.

09h30

Pedro Sanchez répond à Donald Trump : "On ne peut pas jouer à la roulette russe avec le destin de millions de personnes"

L'Espagne est opposée au "désastre" de la guerre en cours au Moyen-Orient, a déclaré ce mercredi le Premier ministre Pedro Sanchez, suite aux menaces du président Donald Trump de couper les échanges commerciaux avec Madrid en raison de sa position sur le conflit.

"C’est ainsi que commencent les grandes catastrophes de l’humanité… On ne peut pas jouer à la roulette russe avec le destin de millions de personnes", a déclaré le chef du gouvernement dans une allocution télévisée à la nation. Les tensions entre les deux alliés de l'Otan se sont accrues après que Pedro Sanchez a dénoncé les bombardements américains et israéliens sur l'Iran, et a par la suite interdit aux avions américains d'utiliser les bases navales et aériennes du sud de l'Espagne pour l'offensive contre Téhéran.

08h50

La France prévoit des vols de rapatriement ce mercredi

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré ce matin que plusieurs vols de rapatriement pour les ressortissants français au Moyen-Orient étaient prévus aujourd'hui.

"L’un partira des Émirats arabes unis, un autre d’Égypte… et un autre d’Israël", a déclaré le ministre sur France 2. Jean-Noël Barrot n'a pas précisé le nombre de passagers à bord de ces vols. Environ 400 000 ressortissants français se trouvent actuellement dans la région.

08h40

Israël prévient que tout successeur à Ali Khamenei est destiné à être "éliminé"

Dans un message posté sur X, le ministre de la Défense israélien Israël Katz prévient Téhéran que, "peu importe son nom ou son lieu de refuge", tout futur dirigeant iranien sera une "cible à éliminer".

"Tout dirigeant nommé par le régime terroriste iranien pour poursuivre le plan visant à détruire Israël, à menacer les États-Unis, le monde libre et les pays de la région, et à opprimer le peuple iranien, sera sans aucun doute une cible à éliminer", a annoncé le ministre.

כל מנהיג שימונה ע"י משטר הטרור האיראני כדי להמשיך ולהוביל את התוכנית להשמדת ישראל, לאיים על ארה"ב והעולם החופשי ומדינות האזור, ולדכא את העם האירני - יהיה יעד חד משמעי לחיסול.

לא חשוב מה שמו והמקום בו יסתתר.

רה"מ ואני הנחינו את צה"ל להיערך ולפעול בכל האמצעים למימוש המשימה כחלק…

— ישראל כ”ץ Israel Katz (@Israel_katz) March 4, 2026

08h15

Le Sri Lanka a secouru 30 personnes à bord d'un navire iranien en détresse

L'armée sri-lankaise a secouru ce mercredi au moins 30 personnes à bord d'un navire iranien qui coulait près des eaux sri-lankaises, a déclaré le ministre des Affaires étrangères du pays au Parlement.

La marine sri-lankaise a dépêché une mission de sauvetage après un appel de détresse provenant d'un navire iranien, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense. Les médias locaux ont rapporté que le navire avait lancé un signal de détresse au large de Galle, dans le sud du pays, et que les blessés avaient été admis dans un hôpital de Galle.

07h30

Les Iraniens rendront un dernier hommage au Guide suprême Khamenei ce mercredi

Les Iraniens doivent faire leurs adieux au Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une cérémonie qui se tiendra ce mercredi à 22 heures (heure locale) sur le terrain de prière Imam Khomeini de Téhéran, ont rapporté les médias d'État. La cérémonie durera trois jours, a-t-on indiqué.

07h00

Liban : au moins quatre morts dans une frappe israélienne au Liban

Au moins quatre personnes ont été tuées et six autres blessées dans une frappe israélienne contre un immeuble résidentiel de la ville de Baalbek, dans l'est du Liban, a rapporté mercredi l'agence de presse libanaise NNA. Le Liban est depuis le début de la semaine une nouvelle cible de la campagne militaire israélienne, le Hezbollah ayant ouvert le feu avec des drones et des missiles après l'attaque américano-israélienne menée samedi contre l'Iran.

L'armée israélienne a déclaré mardi avoir déployé des forces supplémentaires dans le sud du Liban pendant la nuit, afin de prendre des positions défensives pour se prémunir contre toute attaque potentielle du Hezbollah. L'armée israélienne a ainsi émis mercredi des ordres d'évacuation dans 16 villages libanais. De son côté, le Hezbollah a déclaré mercredi que ses combattants avaient lancé une salve de roquettes sur les forces israéliennes en représailles aux frappes ayant visé des dizaines de villes au Liban.

06h30

Israël annonce avoir mené de nouvelles frappes sur "des dizaines" de cibles à Téhéran

Tôt ce mercredi, l'armée israélienne a annoncé avoir mené de nouvelles frappes, sur "des dizaines" de cibles à Téhéran. Tsahal a dit avoir visé "des sites de lancement, des systèmes de défense antiaérien et d’autres infrastructures". Elle avait annoncé plus tôt avoir visé un centre militaire souterrain secret dans la région de Téhéran, détruisant "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques ".

06h15

2 000 frappes effectuées par les Etats-Unis en Iran

Dans la nuit de mardi à mercredi, de nouveaux bombardements ont visé l'Iran, en provenance d'Israël et des Etats-Unis. Au total, près de 2 000 frappes ont été effectuées par les Américains en Iran, a indiqué mardi le Pentagone, ajoutant que 17 navires iraniens, dont un sous-marin, ont été détruits. Selon le même communiqué, l'armée a par ailleurs assuré que les frappes des premières 24 heures étaient "deux fois" plus importantes que celles menées au début de l'invasion de l'Irak en 2003. En outre, l'assaut américain contre l'Iran était en avance sur le calendrier, a déclaré le haut commandant américain pour le Moyen-Orient.

06h00

Le ministère de la Défense saoudien a annoncé l’interception de deux missiles et de neuf drones

Le ministère de la Défense d'Arabie saoudite a déclaré mercredi qu'il avait intercepté et détruit neuf drones et deux missiles, notamment dans la province orientale du pays. Le ministère n'a pas immédiatement fourni plus de détails sur l'origine du drone ou si l'incident a causé des dommages ou des victimes.

© via REUTERS

Emmanuel Macron lors de son discours sur la dissuasion nucléaire à l'ïle Longue, le 2 mars 2026.
  •  

Iran, Venezuela, Syrie... Vladimir Poutine, le pire allié du monde

Avant de rendre son dernier souffle, Ali Khamenei a peut-être eu une pensée pour son ami Vladimir Poutine. Drôle d’ami, qui n’aura pas bougé un petit doigt pour le sauver. Tout juste a-t-il présenté ses "plus sincères condoléances", déplorant "une violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international". C’est sûr, le président russe en connaît un rayon sur ces questions.

Depuis une décennie, l’aspirant tsar et l’ayatollah affichaient leur proximité, unis dans leur haine de "l’Occident collectif" et leur croisade contre les sanctions. En janvier 2025, les deux pays avaient conclu un nouveau partenariat stratégique, signé à Moscou sous les dorures du Kremlin. Trois ans plus tôt, la République islamique volait au secours de Vladimir Poutine dans sa guerre contre l’Ukraine. D'abord en conseillant le Kremlin pour s’adapter – et contourner – les sanctions occidentales. Ensuite, en lui fournissant une précieuse aide militaire.

Dès 2022, l’Iran livre à l’armée russe des drones Shahed par milliers. Des aéronefs bon marché, capables de voler jusqu’à 2 500 kilomètres. Redoutables pour cibler les infrastructures et les civils ukrainiens. Conquis par cette technologie, le gouvernement russe signe en 2023 un accord de 1,75 milliard de dollars autorisant la Russie à les importer, mais aussi à développer les capacités pour les produire localement. Trois ans plus tard, elle maîtrise jusqu’à 90 % de leur fabrication.

Clause d'assistance mutuelle

Ainsi Vladimir Poutine dispose-t-il de ses "alliés", exactement comme de ses soldats envoyés au hachoir à viande en Ukraine : des consommables. Après la Syrie et le Venezuela, l’Iran en fait les frais, pour la seconde fois en quelques mois. En juin 2025, au lendemain des frappes aériennes américaines et israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes, la Russie s’était contentée de dénoncer un acte d’"agression non provoquée" sans "fondement ni justification"… mais sans apporter la moindre aide militaire. La Russie n’en a, semble-t-il, ni les moyens ni la volonté. "Moscou a besoin de ses systèmes de défense antiaérienne S-400 pour sa guerre contre l’Ukraine, précise la chercheuse Nicole Grajewski, associée au Centre de recherches internationales de Sciences Po. Si la situation venait à empirer, les Iraniens pourraient se tourner vers les Russes, pour récupérer par exemple certains des missiles balistiques à courte portée qu’ils ont livrés à la Russie et qui n'ont pas été utilisés. Reste à savoir la réponse qu’ils auront."

Rien n’oblige Moscou à épauler son "camarade". Le partenariat stratégique conclu en décembre ne comprend aucune clause d’assistance mutuelle. Et l’accord secret de 500 millions d’euros que Téhéran aurait signé dans la foulée avec Moscou pour acquérir des milliers de missiles portables MANPADS à partir de 2027 n’y change rien.

L’Iran n’est pas le premier pays à éprouver les limites de l’amitié russe, notait dès juillet 2025 la chercheuse Elena Davlikanova dans une note pour l’Atlantic Council. "Il suffit de demander à l’Arménie, qui a été laissée sans le soutien du Kremlin ces dernières années face à l’escalade des hostilités avec l’Azerbaïdjan. En tant que membre fondateur de l’Organisation du traité de sécurité collective, dirigée par la Russie, et allié de longue date de Moscou, l’Arménie comptait sur l’appui russe, mais n’a rien reçu. Une situation similaire s’est produite en Syrie à la fin de l’année dernière, lorsque le régime d’Assad, soutenu par le Kremlin, s’est effondré en l’espace de quelques jours. Une fois encore, la Russie a refusé de s’impliquer directement et a choisi de ne pas fournir à son allié le soutien militaire dont il avait désespérément besoin. Au lieu de cela, la principale contribution de Moscou a été d’offrir l’asile au dirigeant syrien déchu."

Les vrais-faux amis de Moscou

Quant à ceux qui ont eu "droit" au déploiement militaire russe, ils ne s’en portent guère mieux, bien au contraire. En témoigne l’état des pays sahéliens qui ont contracté avec le groupe paramilitaire Wagner, devenu Africa Corps, officiellement pour combattre les groupes djihadistes sur leur territoire. Au Mali, le bilan est catastrophique. "Les forces du groupe Wagner ont été incapables de prendre le contrôle des zones du nord et du centre du pays, où des groupes terroristes et séparatistes armés contestent l’autorité de l’État malien, rapporte une étude de l’ONG américaine The Sentry publiée en août dernier. Les attaques contre les civils et les décès parmi ces derniers ont considérablement augmenté depuis l’arrivée du groupe Wagner au Mali, ce qui, à son tour, a gravement compromis les relations entre l’armée et le public maliens." Le tout pour une facture exorbitante. Le "partenariat" sécuritaire avec la Russie aurait coûté la bagatelle de 900 millions de dollars à Bamako en quatre ans, selon une récente enquête de Jeune Afrique.

Ni le Mali, ni le Niger ni le Burkina Faso, tous les trois dirigés par des juntes prorusses, ne semblent prêts à sacrifier ce partenariat, si boiteux soit-il. Tant que ce dernier leur garantit la pérennité de leur régime. "Quand le régime iranien a été ébranlé au début de l’année par des manifestations de masse, les Russes l’ont aidé à censurer Internet et à brouiller Starlink, rappelle Nicole Grajewski. Les relations entre la Russie et l'Iran restent guidées par leur désir commun d’assurer à tout prix la survie de leur régime." Vladimir Poutine n’a peut-être pas dit son dernier mot, d’autant qu’il a investi en Iran pour exploiter pétrole et gaz et construire quatre réacteurs nucléaires, et qu’il compte sur ce pays pour construire son corridor nord sud, cette route ferroviaire et navale censée relier la Russie et l’Inde via l’Iran. "Les prochaines initiatives du Kremlin seront vraisemblablement calibrées pour préserver sa crédibilité en tant que partenaire contre-occidental, tout en évitant d'être entraîné dans un second conflit de haute intensité", présage dans une note, parue le 2 mars, Grégoire Roos, directeur des programmes Europe, Russie et Eurasie à la Chatham House.

Pour l’heure, le Kremlin profite des avantages que lui offre cette guerre. Non seulement l’attention mondiale est détournée du front ukrainien, mais des moyens militaires destinés à Kiev pourraient être détournés vers le Moyen-Orient. Surtout, le cours du pétrole s’envole : le baril pour le Brent de mer du Nord atteint lundi 2 mars au matin un peu plus de 80 dollars, en hausse de 13 %. Une excellente nouvelle pour les caisses de l’État russe. L’an dernier, les recettes pétrolières et gazières de la Russie ont reculé de près de 25 %.

© REUTERS

Vladimir Poutine, le 26 février 2026 à Moscou.
  •  
❌