TEST Resident Evil Requiem : Amazing Grace
Avec Resident Evil Requiem, la célèbre saga de survival horror de Capcom poursuit son exploration de l’horreur biologique et psychologique en proposant un nouvel épisode misant sur une atmosphère oppressante et dérangeante tout en cherchant à renouveler certains codes établis de la série.
Testé sur PC grâce à une version numérique fournie par l’éditeur
Tout beau, tout 9
L’histoire se déroule en octobre 2026, soit 28 ans après la destruction de Raccoon City. L’intrigue suit deux protagonistes dont les destins s’entrecroisent : Grace Ashcroft, une jeune analyste du FBI qui enquête sur la mort mystérieuse de sa mère Alyssa Ashcroft, décédée dans un hôtel abandonné du Midwest, et le légendaire Leon S. Kennedy, agent chevronné du DSO. Alors que des décès inexpliqués se multiplient, ils découvrent que les vestiges de Raccoon City cachent une nouvelle menace biologique.

Tandis que Grace doit utiliser son sens de la déduction et la discrétion pour naviguer dans des environnements oppressants avec des ressources limitées, Leon apporte une approche plus frontale et musclée pour démanteler le complot de Gideon et son mystérieux projet Elpis. Entre nostalgie et modernité, ce chapitre confronte les héros aux fantômes de leur passé tout en menaçant de déclencher une nouvelle apocalypse mondiale.
Requiem for a Scream
L’une des grandes forces de Resident Evil Requiem réside dans son alternance entre deux styles de jeu distincts, incarnés par deux personnages aux approches radicalement différentes. Par défaut, les séquences jouées avec Grace adoptent une vue à la première personne, renforçant considérablement l’immersion et le sentiment de vulnérabilité. Cette approche accentue l’aspect oppressant de l’aventure, en plaçant le joueur au plus près de l’horreur et de l’inconnu. Le jeu privilégie alors une ambiance pesante et profondément malsaine, misant davantage sur la tension psychologique, l’exploration anxiogène et la gestion de la peur plutôt que sur l’affrontement direct.

Ces passages rappellent fortement l’atmosphère malsaine de Resident Evil 7, avec des environnements étroits, un sentiment constant d’insécurité et une mise en scène qui joue sur l’angoisse plus que sur l’action. Le rythme y est volontairement plus lent, laissant place à une horreur plus intime et dérangeante. À l’inverse, les passages mettant en scène Leon S. Kennedy adoptent par défaut une vue à la troisième personne, privilégiant une approche beaucoup plus dynamique et orientée action. Le gameplay se montre alors plus nerveux, avec des affrontements plus fréquents et un arsenal plus conséquent.
Ces séquences évoquent clairement le rythme et les sensations proposés par Resident Evil 4. Le joueur se sent ici davantage en position de force, même si la tension reste présente à travers l’intensité des combats et la pression constante exercée par les créatures rencontrées. Cependant, le titre laisse une grande liberté au joueur : il est possible de modifier le point de vue dans les options. Cette possibilité de parcourir l’intégralité de l’aventure en FPS ou en TPS constitue l’une des idées les plus intéressantes du titre, offrant une personnalisation rare dans le genre et permettant à chacun de façonner son expérience.
Dans Resident Evil Requiem, les modes Moderne et Classique permettent d’adapter l’expérience aux préférences du joueur. La principale différence réside dans la gestion des sauvegardes du jeu. En moderne, Resident Evil Requiem dispose de sauvegardes automatiques à divers moments clés, rendant possible de reprendre une partie sans être trop pénalisée après une mort, là où le mode classique vous ramènera à votre dernier point de sauvegarde effectué. De plus, le nombre de sauvegardes est limité, avec utilisation d’un ruban encreur à chaque utilisation.
Quand la technique sublime l’horreur
Sur PC, Resident Evil Requiem propose un rendu global particulièrement soigné. Les environnements se distinguent par leur richesse visuelle, avec un rendu détaillé, des jeux de lumière très travaillés et une gestion efficace des ombres qui renforce l’atmosphère oppressante du jeu. Les modèles de personnages affichent également un haut niveau de précision, notamment dans les expressions faciales et les animations.

Sur le plan technique, le titre propose un large éventail d’options graphiques permettant d’adapter précisément le rendu selon la configuration du joueur. Résolution, qualité des textures, éclairage, effets volumétriques, ray tracing peuvent être ajustés individuellement, offrant une expérience très personnalisable et accessible à différentes machines. Cette flexibilité permet d’obtenir un bon équilibre entre qualité visuelle et performances, que l’on privilégie la fluidité ou le rendu.
Toutefois, l’expérience PC n’est pas exempte de défauts. Certaines configurations peuvent rencontrer des baisses de framerate dans les zones les plus chargées, quelques micro-saccades lors du chargement de nouvelles zones ou encore une optimisation parfois irrégulière selon les paramètres choisis. Ces problèmes restent globalement ponctuels, mais peuvent affecter la stabilité de l’expérience sur les machines moins puissantes. À noter que certains problèmes de performances peuvent aussi être liés à l’envoi d’informations aux serveurs de Capcom. Si vous notez des chutes de framerate trop fréquentes, il est possible de désactiver cette feature dans les options.
Une identité sonore surprenante
Sur le plan sonore, Resident Evil Requiem fait le choix d’une direction musicale plutôt inattendue. Sans être mauvaise, la bande-son se révèle parfois déroutante, privilégiant des sonorités électroniques et industrielles très marquées. Ce parti pris renforce par moments la tension et l’étrangeté de certaines séquences, mais peut aussi surprendre les habitués de la saga, au point de donner de temps en temps l’impression d’évoluer dans un univers plus proche de DOOM que d’un épisode traditionnel de Resident Evil. Ce choix artistique contribue à l’identité du jeu, même s’il pourra diviser selon les sensibilités.

Le doublage, testé en version anglaise, constitue en revanche une excellente surprise. L’interprétation des acteurs se montre crédible et naturelle, avec des performances bien plus convaincantes que par le passé dans la série. Les dialogues gagnent en justesse et en émotion, renforçant l’immersion et la cohérence des personnages. Cette progression est d’autant plus notable lorsqu’on la compare à certaines prestations plus inégales de précédents épisodes, notamment celle de Ethan Winters, dont l’interprétation peinait parfois à convaincre. Ici, le casting vocal se montre globalement solide et participe pleinement à la réussite de l’expérience narrative.
Pour venir à bout de Resident Evil Requiem, il nous aura fallu une dizaine d’heures en ligne droite, une durée cohérente avec les standards récents de la série. Le rythme global se montre bien maîtrisé durant la première moitié de l’aventure, qui installe efficacement son ambiance et ses enjeux. La seconde partie nous a toutefois semblé légèrement moins convaincante, avec une progression parfois précipitée et certains éléments narratifs donnant l’impression que des coupes ont pu être effectuées dans l’histoire. Malgré ce léger déséquilibre, l’aventure reste globalement plaisante et suffisamment engageante pour maintenir l’intérêt jusqu’au générique de fin.
Rejouer pour mieux survivre
Côté rejouabilité, le jeu propose plusieurs éléments à débloquer une fois la campagne terminée, dont un mode de difficulté supplémentaire ainsi qu’un New Game+ permettant de recommencer l’aventure avec certains acquis. Dans la lignée de Resident Evil 2 et de ses suites, de nombreux défis viennent enrichir le contenu secondaire et encourager l’exploration approfondie du jeu. Leur complétion permet notamment de débloquer divers bonus comme des modèles 3D, des artworks, mais aussi de nouveaux costumes et des armes pour les personnages, offrant des objectifs supplémentaires aux joueurs souhaitant prolonger l’expérience.

Enfin, il faut malheureusement souligner l’absence de compatibilité avec le PS VR2 pour les supports PS5 (voire même de VR tout court), contrairement aux dernières productions de Capcom qui avaient su proposer des expériences en réalité virtuelle particulièrement convaincantes. Aucun support n’est actuellement prévu pour Resident Evil Requiem, faute de moyens selon le studio. Une décision regrettable, tant la possibilité de parcourir l’intégralité du jeu en vue à la première personne semblait parfaitement adaptée à une conversion VR, qui aurait pu décupler l’immersion et renforcer l’intérêt pour le casque de Sony. Reste désormais à espérer que les plans évoluent à l’avenir et qu’une prise en charge finisse par voir le jour.
Verdict
Resident Evil Requiem réussit à proposer une aventure immersive et rafraîchissante en combinant habilement deux approches du survival horror, entre tension oppressante et séquences d’action nerveuses. Porté par une direction artistique soignée, un gameplay modulable particulièrement réussi, le jeu offre une expérience intense et engageante du début à la fin. Malgré quelques défauts, notamment un rythme inégal dans sa seconde moitié, cet épisode s’impose comme une proposition solide et ambitieuse qui confirme la bonne forme de la saga et séduira autant les fans de longue date que les nouveaux joueurs.
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UPDATE
Pre-orders open on 17 March 2026 at 4 PM UTC.












