TEST Styx: Blades of Greed : Le retour de la Magie du Cambriolage
Attendu depuis des années par les amateurs de jeux d’infiltration se déroulant dans des univers de fantasy médiévale, notre gobelin roublard préféré est de retour pour un troisième épisode, reprenant directement son histoire là où nous l’avions laissé, 9 ans plus tôt. Alors, est-ce que l’attente en valait la peine ? Découvrez-le avec notre test de Styx: Blades of Greed. Une aventure de cambriolage comme vous n’en avez jamais vue.
Test réalisé sur PS5 grâce à une version numérique fournie par l’éditeur
Reprenons les bases
Pour ceux qui ne le savaient donc pas, Styx: Blades of Greed est le troisième épisode d’une série de jeux d’infiltration, ayant pour personnage principal le gobelin Styx. Il s’agit de la suite de Styx: Shards of Darkness (2017) et lui-même la suite de Styx: Master of Shadows (2014). Ces trois titres partagent le même univers que le jeu de rôle Of Orcs and Men (2012), qui – en revanche – est la préquelle de Styx: Blades of Greed. Il s’agit d’un monde de fantasy médiévale, mêlant humains, orcs, elfes, nains et gobelins, où chacun tente de survivre face à la menace que représente son voisin. Ces quatre jeux bénéficient d’une vision assez sombre et mature de la fantasy médiévale, surtout ceux ayant Styx comme protagoniste principal. Le monde est cruel, il n’y a pas d’entités divines capables de nous sauver et les héros légendaires n’existent pas. En revanche, il y a de la mauvaise bière et de jolies dagues.

C’était déjà ce qui faisait la force des précédents jeux Styx (pas la mauvaise bière), le fait de présenter un monde rude comme une peau d’orc, avec un humour aussi noir que l’âme d’un gobelin. Malgré les années passées sans donner de nouvelles, ce nouveau jeu Styx ne déroge pas à la règle, avec son héros plus cynique que jamais et la quantité absurde de problèmes dans lesquels sa cupidité va le conduire. Pour faire un rapide résumé de l’histoire : nous reprenons le récit de Styx après sa fuite d’une citadelle elfique où il a découvert l’usage du quartz. Un minerai magique, que les elfes et les humains utilisent pour maintenant pratiquer une nouvelle forme de magie et alimenter de puissantes machines. Coup de chance, notre gobelin comprend qu’il est le seul être capable de l’absorber pour se renforcer et désire maintenant en acquérir le plus possible.
Partir en cure de Lithothérapie…
Styx: Blades of Greed ouvre donc la chasse au quartz comme moteur de son intrigue principale, et notre gobelin sera entouré d’une fine équipe qui viendra le seconder dans sa quête d’avarice. Car l’absorption de quartz par Styx remplit d’autres objectifs secondaires : en plus d’affaiblir les forces adverses, certains voient en lui une arme potentielle, un libérateur ou un phénomène miraculeux à étudier. Le jeu se découpe en plusieurs actes vous emmenant dans trois types de décors différents à explorer, chacun atteignable grâce à un voyage en zeppelin : le Mur, l’Aube Turquoise et les ruines d’Akenash.

La première zone est une cité humaine de l’Empire où règnent les brigands et la terrible Inquisition. L’endroit idéal pour se familiariser avec les techniques de furtivité et d’assassinat de Styx. La seconde est une jungle profonde servant de frontière avec le territoire des orcs, recelant de nombreux dangers naturels. Et pour finir, le dernier territoire à explorer est un ancien royaume elfique abritant autrefois un arbre-monde qui produisait de l’ambre, une substance addictive capable de générer de l’énergie, mais que seuls les elfes peuvent récolter.
Durant les différents actes du jeu, nous serons amenés à explorer plusieurs fois ces trois zones, en débloquant à chaque fois de nouveaux espaces à explorer à mesure que Styx gagne en capacités, afin d’explorer un monde bien plus vaste que ceux des épisodes précédents. Il sera possible d’y accomplir les missions dans l’ordre de notre choix, qui se résumeront presque toujours par : « Va là-bas et trouve ce truc ». Ce qui n’est étonnamment pas un mal, car Styx: Blades of Greed parvient à faire preuve de créativité dans les différentes zones que l’on doit traverser et les énigmes à résoudre pour trouver le butin.
…avec ma Lithe et mon Couteau…
Le jeu arrive à créer à la perfection ce plaisir que l’on peut avoir en planifiant notre casse de mille et une manières différentes. Allez-vous vous infiltrer comme une ombre parmi les gardes ou les faire tourner en bourrique ? À moins que vous n’ayez prévu d’aiguiser votre lame sur leurs côtes ou de les écraser avec des chariots. Styx: Blades of Greed fait ressortir avec plaisir la crapule en chacun de nous. Styx possède toujours son agilité hors du commun, couplée avec sa petite taille, il devient possible de s’infiltrer dans les moindres recoins, que ce soit dans une cheminée ou une canalisation. Est-ce un délicieux agneau cuit à la vapeur dans ce tonneau ? Eh non ! C’est un gobelin surineur. Mais en plus de sa dague aiguisée et de sa verticalité concentrée, notre antihéros possède toute une panoplie de pouvoirs spéciaux, comme ceux issus de l’énergie de l’ambre, déjà présents depuis le premier jeu, permettant la création de clones ou encore la faculté de se rendre invisible.

Mais depuis le second opus, le quartz a fait son apparition et compte bien être un ingrédient de premier choix dans ce cocktail explosif qu’est Styx (dommage d’ailleurs qu’on ne puisse pas exploser, ce serait drôle). Ce troisième opus présente ainsi de nouvelles capacités très sympathiques, comme le contrôle mental d’un ennemi ou le ralentissement temporel. Oui, c’est particulièrement craqué et c’est absolument parfait quand vous êtes plutôt bas dans la chaîne alimentaire de la société civilisée. Mais ce qui n’est pas dans le muscle est dans la tête et Styx sait aussi fabriquer des outils pour assurer sa survie, qu’ils soient létaux comme les pièges d’acide ou pratiques comme des baguettes de crochetage. Il est possible d’améliorer toutes ses capacités pour en découvrir de nouveaux usages et débloquer tous types de situations. Également, un système de runes à trouver et à équiper permet à Styx de profiter de bonus passifs adaptés aux différentes situations rencontrées, par exemple en vous permettant de voir des emblèmes de voleurs à travers les murs ou d’avoir une fenêtre d’esquive plus large. Donnant ainsi la possibilité d’accéder à des combinaisons redoutables de compétences actives et passives.
Concernant les combats… Eh bien, vu que l’on incarne un gobelin d’environ 1 m 20, on n’est pas vraiment taillé pour remporter les tournois de bras de fer, surtout si le bras d’en face est celui armé et cuirassé d’un garde. Le moindre coup fait très mal, voire vous tue selon le niveau de difficulté choisi. Il est donc conseillé de frapper comme un lâche et de s’enfuir comme un rat si la victime est encore debout. Mais pour les courageux inconscients pour qui la taille ne compte pas, il est tout à fait possible de briller en duel. Styx possède une grande agilité, lui permettant d’esquiver les attaques, et si l’esquive est parfaite, alors il pourra exécuter son adversaire avec une belle animation. En revanche, la posture de combat ne peut cibler qu’un seul adversaire et les ennemis ont autant d’honneur que vous : c’est-à-dire aucun, et ils vous tomberont dessus comme des mouches à la moindre alerte, mais libre à vous d’essayer…

Le jeu encourage fortement à envisager plusieurs méthodes, en proposant différentes voies vers l’objectif et la possibilité de redistribuer ses points d’amélioration. Dans Styx: Blades of Greed, l’expérience se gagne avec la cupidité, en accomplissant des cambriolages de quêtes primaires et secondaires, mais aussi en récupérant des insignes de voleurs et des petits sacs d’or dispersés à travers les niveaux. Un point appréciable, c’est que même si les ennemis réapparaissent entre les actes, les ressources à récupérer restent. Ainsi, il est tout à fait possible de découvrir des collectibles que l’on aurait manqués, et ce alors qu’on était à la recherche du butin d’une quête secondaire dans un lieu déjà visité. Inutile donc d’essayer de fouiner dans chaque recoin du monde, de crainte de louper quelque chose. Profitez plutôt du monde qui s’offre à vous !
… Pour atteindre de nouveaux sommets…
Si on avait déjà eu droit à des mondes plutôt bien construits et sympathiques dans les précédents jeux, ici c’est à un autre niveau. Styx: Blades of Greed est un chef-d’œuvre de verticalité dans son exploration. Ce que notre héros ne possède pas, le level design le compense magistralement dans toute sa grandeur. Avec les bons outils, il est possible d’escalader un bâtiment pour se jeter de plusieurs centaines de mètres vers les niveaux les plus bas, pour ensuite remonter jusqu’à son point de saut en passant devant les ennemis sur son chemin. Ce qui peut prendre plusieurs heures selon votre style de jeu. Vous risquez même au passage de découvrir des chemins imprévus ou des petits secrets cachés par les développeurs. On s’est amusé à essayer de se fourrer dans des situations grotesques, et – presque – à chaque fois on a trouvé une solution pour s’en sortir et reprendre l’exploration sans être coincé. À nouveau, Cyanide Studio montre son expertise pour l’infiltration qui nous avait manqué durant toutes ces années.
Même si le jeu ne brille pas par ses graphismes, la seule chose qui mérite d’être mise en valeur sur Terre, c’est la lumière. Et ça aussi le studio l’a bien compris. Même sans bénéficier d’un rendu photoréaliste, les paysages et les scènes que l’on peut découvrir dans ce jeu sont un réel plaisir pour les mirettes. Certes, on se retrouve marron quand on explose la seule source de lumière de la pièce et que des ennemis, aussi aveugles que nous, cherchent notre derrière à tâtons, mais il n’en demeure pas moins que l’immersion par l’éclairage est une sacrée réussite. Combien de fois un garde nous est-il passé juste à côté sans nous voir dans les ténèbres ? Il suffirait de compter les cadavres dans les placards…

Mais cessons de tuer l’ambiance et redonnons-lui un peu de couleur en abordant sa musique. Un véritable effort fut fait pour les musiques du jeu, contrairement aux opus précédents, qui péchaient de ce côté-là. Sans être véritablement marquante, il est toujours agréable de l’entendre surgir alors qu’un ennemi nous repère et qu’on passe en posture de combat, prêt à esquiver les attaques pour porter un coup fatal. C’est un véritable duel au clair de lune qui se lance alors, avec des tons mêlant légèreté et gravité dignes du filou que nous sommes. Dans d’autres cas, on aurait apprécié qu’une place plus importante lui soit donnée, mais on comprend qu’un délicat équilibre pousse à privilégier les sons au détriment d’une musique d’ambiance. Mais le manque d’une ambiance sonore plus marquante se fait vite ressentir, surtout lors des phases d’observation où nous restons immobiles à scruter et à analyser chaque mouvement des ennemis.
…Et revivre cet air qui m’avait manqué
Styx: Blades of Greed est donc un troisième titre fortement apprécié, qui permet de retrouver cet univers de fantasy médiévale aussi drôle que sinistre. On apprécie énormément le fait d’endosser de nouveau le rôle d’une crapule gobeline, qui commence pourtant à gagner en maturité, à mesure que sa petite équipe de choc s’agrandit. On aurait apprécié avoir un peu plus de petites scènes entre eux, déblocables par exemple selon le nombre d’améliorations, de runes découvertes ou de quêtes secondaires effectuées. Cela aurait permis de profiter davantage de superbes animations de nos personnages et des dialogues.

Les développeurs ont réussi à retranscrire une ambiance digne des films de braquages dans la plupart des cinématiques, avec une animation au top et un doublage de qualité. On apprécie la mise en scène qui permet d’avoir droit à des échanges de répliques cinglantes, qui cachent beaucoup d’amitié, ou de simples gestes muets, des regards qui expriment avec adresse tout le ressenti d’un personnage. Il est presque dommage que Styx: Blades of Greed ne soit pas une aventure indépendante et nécessite d’avoir fait ses devoirs pour en comprendre toute l’intrigue.
Le titre risque de souffrir de sa coupure bien trop longue. On aurait aimé avoir une sorte de petit film servant de récapitulatif des jeux précédents, qui aurait été une option accessible depuis le menu du jeu ou durant son introduction. Surtout que l’éditeur a diffusé ce début février 2026 une courte vidéo reprenant les grands traits de l’histoire de Styx. Un point noir sur ce tableau, qui pourtant mérite qu’on s’y attarde tellement l’expérience qu’il propose est diaboliquement grisante.
Verdict
D’accord, ça fait presque 10 ans qu’on n’avait pas vu la couleur de Styx, mais ce n’est pas une raison pour le laisser dans le placard. Styx: Blades of Greed nous propose un sentiment de liberté digne des plus grands jeux d’infiltration jamais créés jusqu’à maintenant. Ne vous attendez pas à vous faire imposer des actions épiques ou spectaculaires, car ici c’est au joueur de se créer sa propre scène. Que l’on soit un courant d’air ou un cataclysme ambulant, Styx: Blades of Greed nous propose toujours une façon de jouer digne de nos méfaits. Le monde est aussi vaste à explorer que nous sommes libres de nos possibilités. On est facilement conquis par son ambiance qui mêle humour noir et réalisme sombre. Styx: Blades of Greed est l’une des meilleures expériences de cambriolage que peut proposer la dark fantasy médiévale.
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