Les CPU de nos Mac : Pentium 4 (2) ou quand Intel a sauvé les Mac !
Certains se souviennent de l'investissement de Microsoft chez Apple, où Bill Gates a été hué bien que sauvant la multinationale, tout en l'étranglant avec Internet Explorer 5 qui a donné lieu à la création de Safari et d'une tonne d'autres navigateurs. À ma botte Apple.
Ça c'est passé différemment avec Intel, son CEO Paul Otellini étant un ami proche de Steve Jobs.
Pas un ennemi!
Le Mac Pro 3,0 Ghz promis deux ans avant par Steve Jobs n'est pas arrivé, les PowerBook G5 ne sont pas arrivés, ce dernier étant une catastrophe pour les ordinateurs individuels car conçus comme des puces serveurs par IBM.
Leur force c'est le nombre de cœur et l'efficacité en serveurs de datacenter, pas la fréquence pure, pas plus pour un ordinateur portable.
La dernière et ultime trahison de Motorola, alors comme fondeur dans l'alliance AIM (Apple/IBM/Motorola), après avoir successivement trahi Apple en arrêtant la série 68K pourtant vendeuse, et fourni ses meilleurs puces à des concurrents utilisant une licence Mac OS comme PowerMax pour vendre des copies de Mac plus performantes que les Mac eux-mêmes!
Et la première (et dernière) trahison IBM qui ne s'est préoccupé que de sa ligne Power, en se foutant royalement d'Apple et de ses besoins d'ordinateurs individuels, tant puissants comme les PowerMac qu'autonomes comme les PowerBook.
IBM vend ou loue maintenant des tonnes de x86...
Apple avait alors ses deux partenaires qui l'ont laissé tomber.
Apple avait tiré le meilleur des G5 en terme de performances, quitte à utiliser du refroidissement liquide dans les PowerMac qui se révèlera pour le moins problématique, et en terme d'autonomie sur les PowerBook avec des puces propriétaires chargées de sauver les meubles avec succès.
À ce moment, Intel préparait l'avenir sous deux formes: la continuation des Pentium-M 32 bits assez autonomes via les Core™ [1] toujours aussi autonomes mais plus performants, et une toute nouvelle plateforme 64 bits via les Core™ 2 visant d'abord les performances.
Sous la même marque Core™, deux plateformes disjointes, une 32 bits et une 64 bits.
Apple et Steve Jobs connaissaient les plans d'Intel, ils ont probablement travaillé ensemble depuis 2003 là-dessus.
On est en 2005, et pour Steve Jobs la performance par watt est essentielle.
C'est ce qui assure la création de produits portables ou mobiles.
Et c'est pour cela qu'il propose une transition vers les CPU Intel x86, les performances par watt, et en fait aussi les performances tout court!
Steve Jobs a alors annoncé qu'un an plus tard, en juin 2006, Apple vendrait des Mac Intel, et que la transitions prendrait plusieurs années.
On le sait, Steve jobs est un énervé, et la transition s'est passée très vite, je dirais brutalement.
Comme la transition plus récente aux SoC Apple Silicon sur l'architecture ARMv9 en 2020 et 2021 pour l'essentiel des Mac!
Steve Jobs a révélé à cette occasion que Mac OS X tournait sur x86 depuis 2000. Portable et porté.
Et que chaque version de Mac OS X, depuis la première, a été compilée et tournant sur du x86! "Just in case" !
Ça explique le portable Sony Vaio avec Mac OS X présenté sur un par de golf au patron de Sony...
Et voilà le premier Mac purement Intel, le DTK 2005 Pentium4 @ 3,6 Ghz avec 2 Go de RAM dans un habillage de PowerMac. Réservé aux développeurs.
Essentiellement, il s'agissait d'une carte-mère pour Pentium-4 fixée dans un PowerMac déshabillé.
Les développeurs ont pu le "louer", mais Apple à cette époque faisait encore des cadeaux, des beaux cadeaux, et sur le retour de ce Mac Intel P4 3,6Ghz 2Go de RAM, les développeurs recevaient gratuitement en retour un iMac neuf!
Dès janvier 2006, il y a cette incroyable présentation de Steve Jobs avec Paul Otellini, respectivement CEO d'Apple et d'Intel. Les premiers Mac Intel sont là!
D'une certaine façon, Intel a sauvé Apple, a sauvé les Mac!
Quand je critique Intel aujourd'hui, je n'oublie jamais que si nous avons des Mac avec macOS aujourd'hui, c'est grâce à Intel et aussi grâce à Paul Otellini son dirigeant d'alors et ami proche de Steve Jobs.
Il y a néanmoins un point à aborder, les Core™ [1] 32 bits. Un cul-de-sac, une erreur incroyable. Je vous reviens dessus...