Les VPN, prochaine cible du gouvernement pour protéger les mineurs
Nous en parlions pas plus tard que mardi, la France s’apprête à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, grâce à une loi imposant aux plateformes en ligne de vérifier l’âge de l’utilisateur de la même manière qu’elle l’a imposé aux sites de plaisirs solitaires (ou à plusieurs, qui sommes nous pour juger ?) en août 2025.
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Déjà à l’époque, comme en début de semaine, nombreux sont ceux qui ont mentionné pour contourner ces nouvelles règles l’utilisation possible d’un VPN. Il semble cependant que la réjouissance ne sera que de courte durée, la ministre déléguée au numérique l’ayant indiqué sans ambages durant une interview ce matin sur France Info : la prochaine cible, ce sont les VPN, tels le fameux NordVPN ou encore Cyberghost.
L’Assemblée nationale valide l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Le temps de la ministre pensant qu’un pare-feu se cachait dans les fonctions d’OpenOffice semble loin, même si certains auront toujours un coup d’avance, et les mailles du filet se resserrent autour des jeunes qui souhaiteraient contourner les restrictions imposées. Déjà en 2023, le gouvernement avait tenté d’interdire les réseaux sociaux aux mineurs, sans succès, la réglementation européenne limitant les capacités d’un pays membre de l’Union à poser des interdictions locales. Or, comme le rappelle Anne Le Hénanff, les précautions ont cette fois été prises :
[...] Donc je peux vous assurer aujourd’hui que ce texte est conforme au DSA, le Digital Services Act, qui va permettre notamment d’appliquer des mesures de vérification, de contrôle et de sanctions côté Bruxelles. Mais par contre, l’âge à partir duquel les plateformes ne pourront pas autoriser l’accès, c’est bien 15 ans et c’est une évolution du droit européen qui s’est produit [en] juillet dernier.
Le gouvernement semble avoir aussi pris en compte les risques de représailles des États-Unis d’Amérique, et la ministre balaye l’argument d’un revers de main : « Le marché européen, c’est le plus grand marché au monde en nombre de citoyens ».
L’argumentaire menant à cette interdiction des plateformes aux jeunes ados est lui aussi bien rôdé : il s’agit de les protéger « de la dépendance, l’addiction, voire les protéger de comportements destructeurs qui peuvent aller jusqu’au suicide ». Bien entendu, dès mardi les jeunes interrogés par les médias avaient la parade : le sacro-saint VPN. Cependant, la réjouissance risque d’être de courte durée, le gouvernement ayant décidé de s’attaquer à cet outil dans la foulée :
Les VPN, je ne suis pas naïve, on connaît l’environnement numérique dans lequel nous évoluons tous, évidemment que le VPN existe. Mais moi, si j’ai réussi, en faisant passer ce texte avec l’aide des députés, à protéger déjà 65-70 % des enfants, je rappelle que l’âge moyen de création de son premier compte sur un réseau social, c’est huit ans et demi. [...] Et les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste.
Il est fort à parier que le gouvernement utilise pour cette nouvelle limitation le même procédé que pour les sites aux mœurs légères, laissant la plateforme libre de choisir sa méthode de contrôle tant que celle-ci permet avec certitude de confirmer l’âge de l’utilisateur. Cependant, le cas des VPN pourrait être encore plus simple : que ce soit les deux plus gros cités plus haut, tout comme leurs concurrents directs ProtonVPN ou Surfshark, tous ces fournisseurs de services le font contre rémunération, et donc une carte de paiement valide. Voilà qui devrait faciliter le contrôle, sachant que les cartes distribuées au mineurs ont des numéros spéciaux, permettant de les distinguer des cartes de paiement « standard ».
Reste que le gouvernement devra faire attention à la méthode employée, tout comme aux limites à s’imposer : la nuance est fine entre une protection des plus fragiles et une sensation (justifiée ou non) d’État liberticide...

























