On démonte le chargeur USB Ikea 20 W à 3 euros et… surprise !
Faut mettre des GANs
Le chargeur Ikea 20 W Power Delivery vendu 4 euros cachait une partie de son jeu. Nous l’avons démonté et découvert que le contrôleur primaire utilisait la technologie GaN, sans qu’Ikea n’en fasse la promotion. Ce démontage est aussi l’occasion de découvrir le PCB et le reste des composants.
Hier, nous avons testé le nouveau chargeur Ikea de 20 watts en Power Delivery vendu 3 euros à son lancement, et désormais proposé à 4 euros.
Les performances sont bonnes, la puissance annoncée est tenue et il ne chauffe pas trop. Curieux, nous avons décidé de voir quels composants il utilise, et si ces derniers sont à la hauteur du reste de notre analyse.
En étudiant les références des puces, nous tombons sur une (bonne) surprise concernant le module de charge. Explications.




On ouvre le chargeur (sans marteau, promis)
Première étape, ouvrir le boîtier du chargeur. À l’examiner, il n’y a qu’une seule possibilité sans tout casser : enlever le cache au niveau du port USB. Quelques coups de tournevis (c’était tentant, mais le marteau est resté sagement dans la caisse à outils), le cache saute et nous voyons l’intérieur du chargeur.
Nous découvrons un PCB chargé en composants, plus en tout cas que celui des chargeurs à quelques euros de chez AliExpress. Avec une pince, nous attrapons le PCB pour le retirer du boîtier en plastique. Il glisse facilement. Le reste de la coque est une même pièce moulée, avec des connecteurs sous la forme de petites griffes pour « attraper » le PCB et faire circuler le courant en 220 volts.
Dongke Semiconductor aux commandes, en primaire et secondaire
Le contrôleur primaire de la charge est une puce DK8020AP du chinois Dongke Semiconductor (son datasheet est disponible ici). Elle est vendue à moins de 20 centimes chez un revendeur en ligne (c’est du moins le tarif affiché sur le site, avant négociation donc).




Sa fiche technique annonce bien 20 watts, rien à redire là-dessus. Plus surprenant, cette puce utilise la technologie GaN (nitrure de gallium). Alors que les fabricants le mettent généralement en avant car cela procure une meilleure efficacité, Ikea n’en fait aucune mention.
Du côté du circuit secondaire, c’est une autre puce de chez Dongke Semiconductor qui est utilisée : la DK5V85R15VP. Elle est placée juste à côté du port USB Type-C. Là encore, comptez moins de 20 centimes en tarif public chez le même revendeur.


IP2723T d’Injoinic Corp pour les protocoles de charge USB
Puisque nous trainons au niveau du port USB, regardons derrière le petit bout de PCB sur lequel il se trouve. On y découvre, un peu cachée, une puce estampillée IP2723T de chez Injoinic Corp, un autre fabricant chinois. On la trouve pour moins d’un centime si on en commande plusieurs centaines de pièces.
C’est la puce en charge de définir les protocoles de charge utilisables. Sa fiche technique annonce évidemment Power Delivery 3.0, mais aussi Quick Charge 2.0 et 3.0, SCP, FCP, AFC et Apple2.4 que nous avions détectés :

La fiche produit fait aussi état de Quick Charge 4 et 4 +, ainsi que du mode PPS (Programmable Power Supply pour ajuster finement la tension) pour Power Delivery, mais nous ne les avons pas détectés avec notre Power-Z KM003C, qui est pourtant compatible. En effet, il détecte sans problème ces protocoles sur d’autres chargeurs.
Enfin, le dernier des quatre mousquetaires que nous avons identifiés est le MOSFET (LT)80N03. Il s’occupe – sous le contrôle de la puce IP2723T – d’ajuster la tension de sortie entre 5 et 20 volts. Il supporte une tension de 30 volts maximum, il est donc parfaitement adapté à ce chargeur (qui ne dépasse pas les 20 volts).






Condos, fusible, varistance…
Pour le reste, on retrouve des condensateurs pour lisser le courant, un fusible de 2 ampères et 250 volts, une varistance (en bleu) pour protéger des surtensions du réseau électrique et, bien évidemment, un transformateur (avec l’autocollant jaune). C’est ce dernier composant qui chauffe principalement lors d’une charge intensive.
Voici quelques photos à la caméra thermique après une session de 30 minutes de charge (nous avons coupé, puis avons retiré le PCB avec une pince avant de prendre les clichés) :




Nos connaissances (et nos vagues souvenirs d’un lointain Bac E d’il y a maintenant plus de 30 ans) s’arrêtent là. Nous n’irons donc pas plus loin dans l’analyse. Mais si des experts passent dans le coin, l’espace commentaire vous est grand ouvert pour vous exprimer ! S’il faut d’autres photos ou références pour analyser le chargeur, je peux en ajouter.

























